Ă€ propos de ftpAME

Cet auteur n'a pas encore renseigné de détails.
Jusqu'à présent ftpAME a créé 1579 entrées de blog.

Revue de presse du MEDEF IDF du 1 Février 2017

2017-04-05T09:10:40+02:00Mots-clés : , , |

::: ILE-DE-FRANCE

LA TRIBUNE – 02/02/2017

Île-de-France : nouvel accrochage entre la région et la métropole

 

Valérie Pécresse ne veut décidément pas de la métropole du Grand Paris.

 

La prĂ©sidente de la rĂ©gion ĂŽle-de-France impose Ă  la mĂ©tropole du Grand Paris de prendre en charge le financement du logement social sur son pĂ©rimètre dès 2017. Problème, contrairement Ă  ce qu’affirme la majoritĂ© rĂ©gionale, la mĂ©tropole n’en a pas la compĂ©tence.

Imbroglio autour de la politique du logement de la rĂ©gion ĂŽle-de-France. Le conseil rĂ©gional francilien a en effet votĂ© la semaine passĂ©e, comme annoncĂ©, une rĂ©duction de ses financements au parc locatif social francilien de 30 millions d’euros en 2017. Pour justifier cette baisse, la prĂ©sidente de la rĂ©gion ValĂ©rie PĂ©cresse avance le doublon sur la compĂ©tence Logement entre la mĂ©tropole du Grand Paris (MGP), créée en 2016, et la rĂ©gion. Ainsi dès cette annĂ©e, sur le territoire mĂ©tropolitain (Paris et les trois dĂ©partements de la petite couronne) la rĂ©gion impose implicitement Ă  la MGP d’assumer le financement de cette politique du logement social, Ă  l’exception notable des logements destinĂ©s aux jeunes et aux étudiants (dont les crĂ©dits rĂ©gionaux sont en hausse), et des logements sociaux situĂ©s dans les quartiers concernĂ©s par le nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). « Dans l’attente d’une clarification et d’une simplification institutionnelle, la RĂ©gion suspendra son financement du parc social dans le pĂ©rimètre de la mĂ©tropole dans la mesure oĂą il revient Ă  celle-ci la compĂ©tence logement Ă  partir du 1er janvier 2017 », est-il concrètement indiquĂ© en annexe de la dĂ©libĂ©ration du budget rĂ©gional.

La mĂ©tropole n’a pas encore la compĂ©tence logement !

Problème : en rĂ©alitĂ©, la mĂ©tropole n’a pas encore rĂ©cupĂ©rĂ© de compĂ©tence Logement ! Elle doit en effet Ă©laborer au prĂ©alable son plan de l’habitat et de l’hĂ©bergement (PMHH). Or, ce PMHH ne sera pas mis en Ĺ“uvre avant le courant de l’annĂ©e 2018, et il ne pouvait en ĂŞtre autrement, indique-t-on Ă  la MGP. Sur ce point, la rĂ©gion se trompe, donc. La mĂ©tropole argue aussi que la manoeuvre du conseil rĂ©gional pourrait ĂŞtre juridiquement contestable, car elle crĂ©e une inĂ©galitĂ© de traitement entre les territoires d’ĂŽle-de-France. Mais la rĂ©gion assure le contraire. Par ailleurs, le vice-prĂ©sident chargĂ© du Logement Ă  la rĂ©gion, Geoffroy Didier, rappelle qu’Ă  la fin de l’Ă©tĂ© 2016, lors du comitĂ© rĂ©gional de l’habitat et de l’hĂ©bergement (CRHH), le prĂ©sident de la mĂ©tropole du Grand Paris Patrick Ollier aurait refusĂ© une proposition d’aide de la rĂ©gion Ă  la mĂ©tropole pour Ă©laborer son PMHH. Face Ă  ce refus, et « puisque la MGP a fait le choix politique de s’emparer de la compĂ©tence logement dès 2017, la rĂ©gion a laissĂ© la mĂ©tropole dĂ©finir seule sa politique du logement », explique Goeffroy Didier…

Sont-ce lĂ  de futiles querelles politiciennes ? PlutĂ´t l’envie de la prĂ©sidente de la rĂ©gion ĂŽle-de-France d’affirmer une nouvelle fois son opposition à la mĂ©tropole du Grand Paris. « La mĂ©tropole, c’est un non-sens », expliquait ValĂ©rie PĂ©cresse à La Tribune il y a quelques mois. Selon elle, incontestablement, « la mĂ©tropole, c’est la rĂ©gion ! ». Elle rĂ©pète Ă  qui veut l’entendre que rien n’est « pertinent en matière de rĂ©partition des compĂ©tences » entre les deux collectivitĂ©s. Critiquer sans relâche la MGP, c’est donc une manière pour ValĂ©rie PĂ©cresse d’ĂŞtre « cohĂ©rente politiquement » et d’imposer la simplification accrue territoriale qu’elle souhaite.

Les populations modestes, premières victimes

Mais in fine, ce sont les populations modestes de Paris et de la première couronne qui vont payer le coĂ»t cette guerre entre les deux Ă©chelons territoriaux. En 2017, il y aura donc 30 millions d’euros de financements en moins pour le logement social francilien, et donc in fine les mĂ©nages modestes qui seront pĂ©nalisĂ©s. Ce qui ne manque pas de rĂ©volter l’opposition rĂ©gionale : « La rĂ©alitĂ©, c’est que nombre de projets resteront dans les cartons, faute de financements, et que les collectivitĂ©s locales comme les bailleurs et les investisseurs renonceront », regrette dĂ©jĂ  Mounir Satouri, le prĂ©sident du groupe Ă©cologiste au conseil rĂ©gional francilien. « Il n’y aura plus un euro pour le logement social Ă  Paris et en petite couronne », a dĂ©noncĂ© CĂ©line MalaisĂ©, prĂ©sidente du groupe Front de Gauche au conseil rĂ©gional. MĂŞme son de cloches du cĂ´tĂ© du conseil mĂ©tropolitain : « il y a un trou, c’est irresponsable », dĂ©plorait Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers et prĂ©sident du groupe FDG Ă  la MGP,  alors que « rien n’empĂŞche une collectivitĂ© d’aider sur des champs qui ne sont pas les siens ». Las, la volontĂ© de cohĂ©rence et de simplification de la rĂ©gion semble plus forte que les Ă©ventuels dĂ©gâts sociaux qu’elle pourrait crĂ©er.

Mathias Thépot

 

 

L’USINE NOUVELLE – 02/02/2017

L’Île-de-France, cinquième destination mondiale pour les investissements internationaux

Avec 141 investissements directs en 2016, la région Île-de-France reste la cinquième destination mondiale pour les investissements internationaux. Elle figure, par ailleurs, au troisième rang pour les implantations de fonctions stratégiques.

L’ĂŽle-de-France reste la cinquième destination mondiale pour les investissements internationaux selon les derniers rĂ©sultats de l’observatoire des investissements internationaux dans les principales mĂ©tropoles dĂ©voilĂ©s mercredi matin Ă  Paris.

Réalisée par l’association Paris-Ile-de-France Capitale Economique et KPMG cette étude dresse le bilan des investissements dits « greenfield », soit les implantations nouvelles créatrices d’emplois, dans 35 villes globales du monde et sur une période allant du 1er octobre 2015 au 30 septembre 2016.

Avec 141 investissements recensés contre 126 lors de la précédente édition de ce baromètre annuel, l’Île-de-France conforte sa cinquième place mondiale et son rang de leader en Europe continentale à bonnes distances devant Barcelone (9e, 98 investissements), Amsterdam et Dublin, respectivement 11e et 12e avec 92 opérations.

Londres très loin devant

L’ĂŽle-de-France rĂ©duit l’écart avec New-York (4e, 159 investissements) mais perd en revanche du terrain par rapport au trio de tĂŞte composĂ© de Hong-Kong (3e), Shanghai (2e) et surtout Londres (1e) la grande rivale europĂ©enne qui Ă©volue Ă  des annĂ©es-lumière de Paris avec 364 implantations.

Cette insolente bonne santé de Londres a-t-elle été affectée par le Brexit ? « Il n’y a pas encore d’effets visibles du Brexit compte-tenu de la période de l’étude« , a expliqué Chiarra Corazza, directeur général de Paris-Ile-de-France capitale économique tout en rappelant que l’Île-de-France a plus que jamais l’ambition de « vouloir challenger », la capitale de la Grande-Bretagne.

La région-capitale progresse dans le sillage d’une Europe qui est la principale bénéficiaire de la hausse des investissements au plan mondial (+ 10,8 %). Le Vieux Continent dans son ensemble capte 36 % de ces investissements ce qui représente une augmentation de 22 %. Deux tiers de ces investissements ont été fléchés sur l’Europe de l’Ouest.

Liens étroits avec l’Amérique du Nord

« Les métropoles leaders en matière d’attractivité ont su développer un véritable business model constitué par des relations privilégiées avec certains pays » a souligné Nicolas Beaudoin, associé KPMG, directeur du développement Paris&Centre lors de la présentation.

L’ĂŽle-de-France est prisĂ©e des investisseurs europĂ©ens qui sont Ă  l’origine de la moitiĂ© des implantations dont elle a bĂ©nĂ©ficiĂ©es. Mais elle entretient Ă©galement des liens Ă©troits avec l’AmĂ©rique du Nord qui reprĂ©sente 33 % des investissements Ă©trangers sur son territoire. En revanche, la rĂ©gion-capitale peine toujours Ă  attirer les investissements asiatiques qui ne pèsent que 12 % de l’ensemble.
Paris-Île-de-France monte à la troisième place du podium du classement des métropoles pour l’accueil des fonctions stratégiques.

« Ce résultat est particulièrement satisfaisant car ces investissement qui concernent les quartiers généraux ou encore les centres de R&D sont particulièrement différenciants et porteurs de création de valeurs. C’est dans ce secteur que la compétition est la plus dure« , a relevé Chiarra Corazza.

« Miser sur l’innovation »

Autre satisfaction : Le quatrième rang de Paris au classement spĂ©cifique des investissements dans les services aux entreprises. Par contre la rĂ©gion-capitale occupe une dĂ©cevante dixième position – et vient mĂŞme après Dublin (9e) – au classement des implantations dans les services financiers. Un classement dont Londres est, comme ailleurs, leader avec cinq fois plus d’investissements !
« Ces résultats nous invitent à être plus ambitieux pour Paris-Ile-de-France : Notre région doit miser à fond sur l’innovation pour convaincre les investisseurs aussi bien asiatiques que Nord-Américains. Il s’agit de transformer les bons résultats sur les fonctions stratégiques en le dupliquant sur l’ensemble des investissements créateurs d’emplois« , a souligné Christian Nibourel, président de Paris-Île-de-France Capitale Economique.

Patrick Désavie

 

 

L’OPINION – 02/02/2017

L’attractivité de Paris est restée intacte en 2016

 

Dernier bilan positif pour Chiara Corazza qui quitte la direction de Paris Ile-de-France capitale économique pour rejoindre le Women’s forum

Selon le classement KPMG réalisé pour Paris Ile-de-France capitale économique, la région capitale française est restée au cinquième rang pour l’accueil des investissements étrangers l’an dernier, malgré le terrorisme. Une dynamique qui s’appuie sur des facteurs structurels

Paris et la région Ile-de-France restent toujours aussi attractives. La région capitale avait chuté dans les classements en 2012 et 2013, en partie à cause de l’arrivée d’un président de gauche faisant la promotion de sa taxe à 75 % pour les revenus supérieurs à 1 million d’euros. Elle est revenue depuis au premier plan. C’est ce que confirme le baromètre KPMG réalisé depuis huit ans pour le compte de Paris Ile-de-France capitale économique.

L’an dernier, Paris s’est maintenue au 5e rang pour le nombre d’investissements « greenfield », c’est-à-dire créateurs d’emplois, avec près de 141 projets labellisés (une progression de 12 %). Il s’agit d’une vraie performance quand on sait que le classement a été réalisé entre le quatrième trimestre 2015 et le troisième trimestre 2016, ce qui signifie qu’il coïncide avec les tragiques attentats du 13 novembre 2015 à Paris et du 14 juillet 2016 à Nice. La preuve que cette tendance s’explique par des raisons structurelles, parmi lesquelles la création d’une métropole du Grand Paris, irriguée par un système de transport moderne.

Au-delà de ce phénomène propre à la région capitale, d’une manière générale, toutes les grandes métropoles mondiales ont vu leur nombre de projets augmenter, du fait de l’accélération des investissements réalisés dans le monde par les grandes entreprises internationales. Londres reste très loin devant, mais le sondage n’intégrait pas pleinement les éventuelles conséquences du Brexit, voté en juin. Paris a su se maintenir dans le wagon de tête.

Faiblesse asiatique. Tout n’est pas résolu pour autant, loin s’en faut. Le problème majeur de Paris est parfaitement identifié par les équipes de Paris Ile-de-France capitale économique et celle qui les a dirigées pendant quinze ans, Chiara Corazza : le manque d’intérêt asiatique. Seuls 12 % des investissements réalisés à Paris sont en provenance de l’Asie, contre 33 % venant des Etats-Unis. Une faiblesse globale, pourrait-on se rassurer du côté de Paris, puisque même à New York seulement 14 % des investissements proviennent de cette zone.

Pour le reste, les équipes de Paris Ile-de-France peuvent afficher de nombreux motifs de satisfaction, comme la forte progression dans le domaine du logiciel, avec 43 projets d’investissements, soit la 5e place mondiale. En revanche, malgré la solidité de ses banques et leur réputation, la capitale n’occupe que la 9e position en termes d’investissements financiers.

« Le Brexit est un défi autant qu’une opportunité extraordinaire, créant pour nous des possibilités immenses », se félicite Christian Nibourel, président de Paris Ile-de-France capitale économique. L’année qui s’ouvre sera, en effet, décisive pour attirer des grandes banques.

Cyrille Lachèvre

 

::: ECONOMIE

LES ECHOS – 02/02/2017

Assurance-chômage : le président du Medef pris entre deux feux

 

La possible reprise des négociations sur l’assurance-chômage est dans les mains du président du Medef

Les partenaires sociaux diront le 15 février s’ils poursuivent ou non la négociation sur la réforme de l’Unédic. Tout dépendra de la décision du Medef, où deux camps continuent de s’opposer sur fond de bataille politique.

Ira ou ira pas ? Avec Pierre Gattaz, rien n’est jamais sĂ»r. Or la possible reprise des nĂ©gociations sur l’assurance-chĂ´mage est bel et bien dans les mains du prĂ©sident du Medef. Une partie des troupes patronales, Ă  commencer par l’UIMM (mĂ©tallurgie), fait valoir que le contexte actuel est beaucoup plus porteur qu’au printemps dernier, oĂą la nĂ©gociation a capotĂ©. Plus de loi travail en arrière-plan, plus de risque de prises de position jugĂ©es intempestives du gouvernement. La voie est dĂ©gagĂ©e. A ceci près qu’une autre partie des adhĂ©rents du Medef, qui n’a jamais portĂ© le paritarisme dans son coeur, ou qui ne voit aucun intĂ©rĂŞt Ă  se remettre autour de la table, en particulier s’il s’agit de taxer les contrats courts, refuse tout net un tel scĂ©nario.

Pour Jacques Chanut, le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration française du bâtiment, qui fait partie de ces derniers : « Quel est l’intĂ©rĂŞt de faire une nĂ©gociation maintenant si le candidat Ă©lu en mai veut faire table rase du système ? » Les opposants Ă  une rĂ©ouverture des nĂ©gociations voient d’un bon oeil le fait que ni François Fillon ni Emmanuel Macron ne tablent sur le paritarisme. Le premier veut lĂ©gifĂ©rer par ordonnance s’il entre Ă  l’ElysĂ©e, et le second veut Ă©tatiser le rĂ©gime. Du cĂ´tĂ© des partisans du dialogue social au sein du patronat, c’est justement pour cela qu’il est important de nĂ©gocier avant le mois de mai. Si accord il y a sur de nouveaux paramètres, il sera plus compliquĂ© pour le nouvel exĂ©cutif de passer outre que si le rĂ©gime reste rĂ©gi par un dĂ©cret faute d’accord entre les partenaires sociaux.

Enjeu politique

Le Medef Ă©tant divisĂ©, il revient au prĂ©sident Pierre Gattaz de trancher. L’exercice est compliquĂ©, car il ne s’agit pas que d’un dĂ©bat de fond, celui de savoir si le dialogue social est toujours utile en France. Il y a aussi un enjeu politique : faut-il donner raison Ă  l’UIMM, qui dĂ©fend la nĂ©gociation ? Le patronat de la mĂ©tallurgie a beau ĂŞtre isolĂ©, il reste l’une des plus influentes fĂ©dĂ©rations du Medef. Et avec la rĂ©forme de la reprĂ©sentativitĂ© patronale, le mouvement a plus que jamais besoin de ses adhĂ©rents. Le prĂ©sident de l’UIMM, Alexandre Saubot, jouit par ailleurs d’une forme de proximitĂ© avec Pierre Gattaz (mĂŞme profil de chef d’entreprise notamment). Mais une partie des adhĂ©rents veut qu’Alexandre Saubot rentre dans le rang et veut mettre un terme Ă  la toute puissance de la mĂ©tallurgie en matière sociale. Enfin, pour compliquer les choses, il est un candidat potentiel Ă  la succession de Pierre Gattaz qui doit avoir lieu l’an prochain. « Pierre Gattaz est tiraillĂ© entre son penchant naturel qui ne le porte guère vers le dialogue social et le fait de ne pas vouloir dĂ©savouer Alexandre Saubot », estime un responsable patronal. Verdict le 13 fĂ©vrier, date du prochain conseil exĂ©cutif du Medef.

DĂ©jĂ , certains Ă©voquent l’idĂ©e qu’il pourrait proposer aux syndicats de poursuivre les discussions sans pour autant ouvrir de vraies nĂ©gociations, ce qui permettrait Ă  Pierre Gattaz de sauver les apparences pour Alexandre Saubot. Encore faudrait-il que les syndicats acceptent un tel scĂ©nario…

LeĂŻla de Comarmond et Marie Bellan

 

 

LES ECHOS – 02/02/2017

Les divisions patronales s’exacerbent

 

Francois Asselin, président de la CPME, a organisé une négociation sur la RSE. Mais ni le Medef, ni l’U2P n’ont répondu présent

La CPME a organisé une négociation sur la RSE dans les PME. Avec les organisations syndicales, mais sans le Medef et l’U2P.

D’habitude, il suffit de parler de responsabilitĂ© sociale et environnementale (RSE) pour que tout le monde soit d’accord. C’est un sujet plutĂ´t consensuel et dans l’air du temps. Mais, cette fois, c’est tout le contraire qui s’est produit. La CPME a voulu organiser une nĂ©gociation interprofessionnelle sur le sujet cette semaine. Et elle s’est retrouvĂ©e Ă  parler avec les centrales syndicales, qui ont toutes rĂ©pondu prĂ©sent, mais sans ses deux partenaires patronaux, le Medef et l’U2P (ex-UPA) ayant dĂ©clinĂ© l’invitation au dernier moment.

La CPME avait pourtant bien fait les choses pour amadouer les autres organisations patronales, en prenant soin de poser deux prĂ©alables : la nĂ©gociation ne doit pas dĂ©boucher sur de nouvelles obligations pour les employeurs et elle doit respecter le principe d’une dĂ©marche volontaire. Le principe d’un label – sur des critères prĂ©cis et dans des domaines dĂ©finis – a Ă©tĂ© mis en avant afin d’exonĂ©rer les entreprises labellisĂ©es de contrĂ´le administratif sur les sujets concernĂ©s. Mais label RSE ou pas, c’est une tout autre raison qui a poussĂ© le Medef et l’U2P Ă  rester en marge de la nĂ©gociation. Pour le premier, il n’est pas question de laisser la CPME prendre l’initiative sur une nĂ©gociation, fĂ»t-elle non inscrite Ă  l’agenda social. Dans la tradition patronale, c’est le Medef qui reçoit les partenaires sociaux et c’est le Medef qui tient la plume. Ce qui lui donne une certaine influence sur l’issue des nĂ©gociations.

Quant Ă  l’UPA, elle n’a guère apprĂ©ciĂ© que la CPME vienne lui chercher des noises (un courrier de contestation a Ă©tĂ© envoyĂ© Ă  la Direction gĂ©nĂ©rale du travail) après son mariage avec l’Unapl. Pas question de lui faire le cadeau de se rendre Ă  sa nĂ©gociation. A l’heure oĂą chacune des trois organisations rivalise d’imagination pour prouver sa lĂ©gitimitĂ© avant la rĂ©forme de la reprĂ©sentation patronale, la CPME vient de perdre une première manche.

Marie Bellan

 

 

LE PARISIEN – 02/02/2017

Simplifions les factures pour éviter les faillites de PME !

Près de 40 PME mettent la clé sous la porte chaque jour à cause des retards de paiement. Une des raisons est la complexité des systèmes de facturation. Une mission se réunit dès demain pour trouver une solution.

L‘inventaire s’Ă©tale sur près de 20 pages. Pour Ă©tablir une « facture conforme », le fournisseur devra adresser un dossier papier, non pliĂ©, sans agrafe, avec le logo en haut Ă  droite, le numĂ©ro de Siren en haut Ă  gauche, etc. En cas d’impair, parfois Ă  la virgule près, la facture ne sera pas acceptĂ©e… et la PME, pas payĂ©e. VoilĂ  le quotidien de milliers de petits patrons, confrontĂ©s au cauchemar de la facturation imposĂ©e par les grands groupes. D’autant que chaque grande entreprise a sa propre nomenclature, son listing obligatoire. Un casse-tĂŞte pour les TPE-PME, qui perdent un temps prĂ©cieux Ă  entrer dans les clous et, donc… Ă  ĂŞtre rĂ©glĂ©es !

La preuve : près de 12 Mds€ sont en attente de versement entre les grandes et les petites entreprises. Pendant que les firmes font patienter leurs fournisseurs, entre 35 et 40 sociétés mettent la clé sous la porte chaque jour à cause des retards de paiement.

VoilĂ  pourquoi le mĂ©diateur des entreprises, selon nos informations, rassemblera dès demain des reprĂ©sentants de tous les secteurs pour tenter d’enrayer l’hĂ©catombe. La mission, commandĂ©e par le ministre de l’Economie, Michel Sapin, et le secrĂ©taire d’Etat Ă  la Simplification, Jean-Vincent PlacĂ©, doit permettre d’harmoniser les factures demandĂ©es par les grandes entreprises du privĂ© et du public.

Les paiements décalés pénalisent les TPE et PME

Le but est d’Ă©laborer, d’ici Ă  septembre, un document unique pour tous les contrats signĂ©s en France. Avec, si possible, le dĂ©ploiement de factures numĂ©riques. « Aujourd’hui, les exigences sont les mĂŞmes, que la facture soit de 3 000 € ou de 3 M€, assure Pierre Pelouzet, le mĂ©diateur des entreprises. Un patron de PME ne peut pas faire face Ă  cela. » D’autant qu’il y a toujours des PDG mal intentionnĂ©s, cherchant Ă  gonfler leur trĂ©sorerie sur le dos de leurs fournisseurs en dĂ©calant les paiements.

Ceux-lĂ  sont traquĂ©s par la RĂ©pression des fraudes et dĂ©sormais lourdement sanctionnĂ©s. N’empĂŞche : une faillite de TPE-PME sur quatre est liĂ©e Ă  des retards de paiement. Il est donc grand temps de trouver des solutions. Et d’en faire un thème de campagne ? C’est ce qu’espère l’association d’entrepreneurs CroissancePlus, qui dĂ©voile aujourd’hui un livre blanc adressĂ© aux candidats Ă  la prĂ©sidentielle.

Le mur des mauvais élèves

La liste des mauvais payeurs s’affiche en bonne place sur le site de la Direction gĂ©nĂ©rale de la consommation, de la concurrence et de la rĂ©pression des fraudes (DGCCRF). Depuis dĂ©cembre et l’entrĂ©e en vigueur de la loi Sapin 2, la DGCCRF* est tenue de publier chaque sanction prononcĂ©e contre une entreprise. Jusqu’ici, elles pouvaient ĂŞtre communiquĂ©es lors d’opĂ©rations de « name and shame » (« nommer et couvrir de honte », en anglais) pour dĂ©noncer les plus gros abus. DĂ©sormais, la liste est exhaustive. Sur le podium, figurent le groupe Accor et L’OrĂ©al, qui se sont vu infliger une amende au tarif maximal : 375 000 €. San Marina a dĂ» dĂ©bourser 332 000 €. Gare aux prochains mauvais payeurs : la loi Sapin 2 prĂ©voit dĂ©sormais une amende pouvant aller jusqu’Ă … 2 M€ !

Facturation des PME : « Un retard, et c’est l’effet domino »

 

Luc-Eric Krief, PDG de la PME SD2M

Des nuits blanches Ă  prĂ©parer des arguments solides pour convaincre son banquier, Luc-Eric Krief en a connu quelques-unes. PDG de SD2M, une PME de plasturgie, ferronnerie et tĂ´lerie basĂ©e dans les Hauts-de-Seine avec 98 salariĂ©s, ce patron travaille au quotidien avec de grands groupes comme la Snecma, EDF, Carrefour, Auchan ou encore L’OrĂ©al.

La galère de la facturation, il en parle comme d’une Ă©preuve au dĂ©nouement alĂ©atoire : « Quand vous avez dĂ©jĂ  travaillĂ© pour une grande boĂ®te, que vous avez Ă©pluchĂ© les 15 ou 20 pages qui expliquent comment faire une facture pour eux, c’est un bon dĂ©but. Mais après, votre facture commence un long pĂ©riple et doit traverser trois ou quatre services avant validation. »

Entre-temps, tout peut arriver. Exemples vĂ©cus : l’un des interlocuteurs est « en vacances » ou « malade », l’une des pièces du dossier « s’est Ă©garĂ©e dans les Ă©tages » ou, plus frĂ©quent, « un bug informatique a tout bloquĂ© ».

Et si la machine se grippe, l’engrenage infernal dĂ©marre alors. Il y a quelques mois, l’un des clients de Luc-Eric Krieg a rĂ©glĂ© sa facture avec quelques jours de retard. « Dans ce cas-lĂ , c’est l’effet domino, raconte le patron de la PME. J’ai dĂ» payer mes fournisseurs avec quelques jours de dĂ©calage. En bout de course, ce sont toujours eux, les plus petits, qui sont pĂ©nalisĂ©s. »

Déclassement et perte de crédibilité

En rĂ©glant son dĂ» en retard, le PDG de SD2M a aussi payĂ© les pots cassĂ©s. « J’ai Ă©tĂ© dĂ©classĂ© par les assurances, et certains fournisseurs ont donc hĂ©sitĂ© Ă  retravailler avec moi. Aujourd’hui, la plupart m’imposent d’ĂŞtre payĂ©s au moment de la commande ou dès la livraison. Cela diminue clairement mon fonds de roulement. » Et aussi sa crĂ©dibilitĂ© auprès de son banquier. Le patron a dĂ» faire des contorsions pour expliquer sa situation Ă  son conseiller. « A ce moment-lĂ , on perd dix jours en rendez-vous Ă  remettre tout Ă  flot, râle Luc-Eric Krief. Alors que l’on devrait ĂŞtre en train de prospecter pour de nouveaux contrats. »

* Documents consultables sur www.economie.gouv.fr/dgccrf/ sanctions-delais-paiement.

Aurélie LEBELLE

 

 

LE FIGARO – 02/02/2017

La gestion des impĂ´ts locaux coĂ»te 3 milliards net Ă  l’État

La collecte des taxes d’habitation, foncières et autres prĂ©sente des dĂ©faillances, dit la Cour des comptes.

La complexitĂ© a toujours un coĂ»t. La collecte des impĂ´ts locaux n’Ă©chappe pas Ă  la règle. L’État dĂ©pense 4 milliards d’euros pour prĂ©lever, au nom des collectivitĂ©s locales, les taxes foncière et d’habitation, ainsi que la cotisation sur la valeur ajoutĂ©e (CVAE) et la cotisation foncière des entreprises (CFE), chiffre la Cour des comptes dans un rapport remis mercredi Ă  la commission des finances de l’AssemblĂ©e nationale. Une ardoise jugĂ©e «significative» par les auteurs du rapport.

La Direction gĂ©nĂ©rale des finances publiques (DGFiP) de Bercy consacre en effet 14 % de ses effectifs et 17 % de ses crĂ©dits au prĂ©lèvement des impĂ´ts locaux. Or, «cette charge n’est plus que très partiellement compensĂ©e par des frais de gestion (facturĂ©s aux contribuables) qui ont perdu leur vocation», ont calculĂ© les magistrats de la Rue Cambon. Ces sommes sont en effet de plus en plus souvent reversĂ©es aux collectivitĂ©s afin de renflouer leurs finances, si bien que l’État n’en garde plus pour lui qu’un milliard d’euros. Reste donc une ardoise nette de 3 milliards, qui est due Ă  un système qualifiĂ© de «particulièrement complexe et mouvant» par la Cour des comptes.

De fait, une grande partie des impĂ´ts locaux est assise sur les locaux d’habitation pour les particuliers et sur les locaux professionnels pour les entreprises. Or, ces bases souffrent parfois de «retards d’actualisation» – les valeurs locatives n’ont pas Ă©tĂ© réévaluĂ©es depuis 1970 – ou de «dĂ©faillances dĂ©claratives».

Collectivités épargnées

L’administration fiscale rencontre ensuite des difficultĂ©s pour identifier les contribuables redevables. Particulièrement en matière de taxe d’habitation, due par près de 90 % des foyers fiscaux (contre moins de la moitiĂ© pour l’impĂ´t sur le revenu). Sachant que 15 % des habitants changent de domicile chaque annĂ©e, tout le problème pour les services des impĂ´ts est de savoir qui habite où…

Le fisc doit ensuite dĂ©terminer si la personne bĂ©nĂ©ficie d’un abattement ou d’une exonĂ©ration de taxe d’habitation. Ce n’est pas une mince affaire, alors que plus d’un mĂ©nage sur trois redevable de cette taxe y a droit. RĂ©sultat, le taux de recouvrement est jugĂ© «globalement peu satisfaisant», Ă  90 % pour la taxe d’habitation (contre 99 % pour l’impĂ´t sur le revenu).

En outre, les contrĂ´les fiscaux ne produisent que des rĂ©sultats «modestes», regrette la Cour. Les droits redressĂ©s par le fisc reprĂ©sentent 0,6 % des recettes des impĂ´ts locaux, contre 1,5 % pour la TVA, 4 % pour l’impĂ´t sur le revenu et 14,3 % pour l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s. Ce faible rĂ©sultat s’explique tout simplement, selon les magistrats financiers, par le fait que «le recouvrement forcĂ© n’est pas une prioritĂ© pour la DGFiP, compte tenu de la dispersion des dossiers et de la faiblesse des sommes considĂ©rĂ©es». Logiquement, le fisc se concentre sur des impĂ´ts oĂą les redressements promettent d’ĂŞtre plus juteux, comme l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s.

Les collectivitĂ©s locales ne souffrent pas de ces diffĂ©rents manquements. En effet, l’État leur règle rubis sur l’ongle les recettes fiscales «thĂ©oriques», comme si les impĂ´ts locaux Ă©taient parfaitement prĂ©levĂ©s. Comme c’est loin d’ĂŞtre le cas, cela alourdit d’autant plus la facture pour l’État.

Guillaume Guichard

 

::: ENTREPRISES

LES ECHOS – 02/02/2017

VTC : Uber promet un « effort considérable » pour les chauffeurs

 

Des chauffeurs de VTC manifestant, mi-janvier, place de la Bastille Ă  Paris, contre les plates-formes, au premier rang desquelles Uber.

La société américaine veut éviter une intervention du gouvernement dans sa politique tarifaire.

SommĂ© de prendre des mesures pour amĂ©liorer le revenu des chauffeurs de VTC, Uber s’efforce de garder la main. La plate-forme amĂ©ricaine s’est engagĂ©e mercredi Ă  « un effort considĂ©rable » (sans donner plus de prĂ©cisions) en faveur des vĂ©hicules de transport avec chauffeur en difficultĂ©. Cette annonce a Ă©tĂ© faite lors de l’ultime rĂ©union avec Jacques Rapoport, le mĂ©diateur nommĂ© par le gouvernement , alors que ce dernier s’apprĂŞtait Ă  prĂ©senter Ă  la presse ses prĂ©conisations, qui sont dĂ©favorables Ă  la start-up.

Après un mois et demi de consultations, Jacques Rapoport demande en effet Ă  Uber « des mesures financières de redressement du revenu » des chauffeurs, une recommandation qui ne concerne que la plate-forme amĂ©ricaine, et pas ses concurrents français. Le mĂ©diateur justifie cette distinction par la position dominante de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine (80 % de part de marchĂ© environ), mais aussi parce qu’elle concentre les critiques. « Uber a focalisĂ© du dĂ©samour, le sentiment d’avoir Ă©tĂ© abandonnĂ© », avance-t-il.

Des écarts importants

Selon ses calculs, un chauffeur VTC « normalement efficace » gagne 1.700 euros mensuels nets, mais Ă  condition de travailler 60 heures par semaine, sans congĂ©s payĂ©s, et avec une protection sociale qui ne compense pas la perte de revenu en cas de maladie. De surcroĂ®t, les Ă©carts sont importants : « Certains gagnent plus, d’autres moins, beaucoup moins », estime le mĂ©diateur. Et c’est encore pire pour les chauffeur sous statut Loti utilisĂ© pour contourner la lĂ©gislation VTC. Ceux-ci, du fait de charges plus Ă©levĂ©es, gagneraient Ă  peine le SMIC, voire moins.

Ces situations dĂ©gradĂ©es justifient donc pour Jacques Rapoport un geste financier de la part d’Uber, dont il ne prĂ©cise pas la nature, mais qui pourrait ĂŞtre un retour du taux de commission prĂ©levĂ©e sur chaque course de 25 % Ă  20 %. Le mĂ©diateur appelle Ă©galement l’ensemble des plates-formes Ă  mettre en place un « accompagnement professionnel » pour les chauffeurs en situation de prĂ©caritĂ©.

Si les difficultĂ©s de ces derniers devaient persister, Jacques Rapoport recommande au gouvernement une « intervention lĂ©gislative », qui pourrait ĂŞtre la fixation d’un tarif horo-kilomètrique minimum. Une mesure qui viendrait entraver la libertĂ© tarifaire du secteur et ne serait certainement pas du goĂ»t d’Uber.

Les associations de VTC très critiques

En annonçant Ă  la dernière minute « un dispositif financier, technique et humain d’envergure pour accompagner les chauffeurs en difficultĂ© », Uber semble donc devancer la demande du mĂ©diateur. Celui-ci a saluĂ© « un pas important », tout en reconnaissant que les associations de VTC, elles, restaient très critiques. Car la proposition d’Uber reste floue (« les contours exacts restent Ă  dĂ©finir dans les jours Ă  venir », reconnaĂ®t la start-up), et surtout l’« effort considĂ©rable » annoncĂ© n’est pas chiffrĂ©. La sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine va devoir rapidement prĂ©ciser sa proposition. Jacques Rapoport a indiquĂ© qu’il allait s’y employer dans les jours Ă  venir.

Lionel Steinmann

 

 

LE FIGARO – 02/02/2017

L’appel au secours des commerces de centre-ville

INFO LE FIGARO – LaminĂ©s par la concurrence des centres commerciaux de pĂ©riphĂ©rie et d’Internet, ils veulent l’Ă©quitĂ© fiscale et des aides Ă  l’investissement. Six fĂ©dĂ©rations remettent un livre blanc aux candidats Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle.

Interdire la crĂ©ation de nouveaux centres commerciaux hors des villes. Cette proposition choc n’Ă©mane ni de partisans de la dĂ©croissance ni de militants anticonsumĂ©risme. Au contraire, elle est faite par six fĂ©dĂ©rations reprĂ©sentant 260 enseignes spĂ©cialisĂ©es (Decathlon, Zara, Fnac, H&M, Darty…), plus de 100.000 magasins et près d’un million d’emplois. Ces dernières s’apprĂŞtent Ă  remettre aux candidats Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle et aux maires un livre blanc baptisĂ© «12 Propositions pour dĂ©velopper le commerce», dont Le Figaro rĂ©vèle la teneur.

«Nous demandons un moratoire sur les ouvertures de surfaces commerciales hors des centres-villes. C’est la seule façon de crĂ©er des centres d’attraction dans les villes», explique RĂ©gis Schultz. PDG de Darty jusqu’Ă  son rachat par la Fnac, l’actuel patron de Monoprix est prĂ©sident de l’Alliance du commerce, qui regroupe trois des six fĂ©dĂ©rations Ă  l’origine du livre blanc.

Peu visible dans les grandes mĂ©tropoles, le phĂ©nomène de dĂ©vitalisation commerciale des centres-villes vire au flĂ©au social dans bon nombre de citĂ©s de moins de 100.000 habitants. Si le taux de vacance commerciale (proportion de boutiques vides) est passĂ©, en moyenne, de 6,1 % en 2001 Ă  10,4 % en 2015, 89 des 187 municipalitĂ©s Ă©tudiĂ©s par l’Institut pour la ville affichent un taux supĂ©rieur Ă  10 %. Parmi les plus touchĂ©es figurent BĂ©ziers, Châtellerault, Forbach et Annonay, oĂą plus de 20 % des magasins sont fermĂ©s.

La vague des fermetures dĂ©bute par les commerces les plus vulnĂ©rables, et pas seulement les quincailleries. Les plus touchĂ©es sont les boutiques d’habillement multimarques indĂ©pendantes. Elles souffrent Ă  la fois de la baisse du marchĂ© global et de la triple concurrence des jeunes enseignes monomarques, d’Internet et des centres commerciaux qui fleurissent en pĂ©riphĂ©rie, voire loin des villes et deviennent des lieux de destination, tels ceux d’Unibail (lire ci-dessous).

Leur fermeture sans repreneur entraĂ®ne celles d’autres petits commerces et restaurants, qui prĂ©fèrent parfois se dĂ©localiser dans les centres commerciaux. «Cette situation impacte gravement les villes moyennes les plus fragiles, touchĂ©es par la dĂ©sindustrialisation et la rationalisation administrative, Ă  l’Ă©cart du dynamisme des nouvelles zones mĂ©tropolitaines, souligne le livre blanc. L’activitĂ© tend Ă  se concentrer autour de l’agglomĂ©ration parisienne et de quelques grands pĂ´les mĂ©tropolitains rĂ©gionaux, tandis que le reste du pays, constituĂ© de territoires ruraux et de villes petites et moyennes est trop souvent menacĂ© par le dĂ©crochage Ă©conomique, dĂ©mographique et commercial.»

Spirale infernale

Les villes touchĂ©es entrent dans une spirale infernale, avec des fermetures d’Ă©coles, cinĂ©mas, restaurants, services d’urgence, cabinets mĂ©dicaux et bureaux de poste. «Un processus de rĂ©gression se met en place, poursuivent les auteurs du rapport. La vacance commerciale s’accompagne d’un taux de chĂ´mage et de pauvretĂ© Ă©levĂ© et d’une baisse de la population accĂ©lĂ©rant la perte d’attractivitĂ© Ă©conomique.»

Face aux origines multiples de la dĂ©sertification de certains centres-villes, l’Alliance du commerce propose une batterie de solutions rĂ©glementaires et fiscales. La plus radicale, l’interdiction de nouveaux centres commerciaux, est inspirĂ©e de l’exemple d’Angers. Le maire et prĂ©sident de la communautĂ© d’agglomĂ©ration, Christophe BĂ©chu, a dĂ©crĂ©tĂ© un moratoire jusqu’en 2020 sur la crĂ©ation de nouvelles zones commerciales en entrĂ©e de ville, afin «d’Ă©viter de fragiliser davantage le commerce de centre-ville».

Outre le moratoire national, le livre blanc rĂ©clame un assouplissement de la fiscalitĂ© sur les commerces de centre-ville, pour s’adapter Ă  l’activitĂ©. «En France, on a multipliĂ© les taxes sur le commerce, rappelle RĂ©gis Schultz. C’Ă©tait d’autant plus facile que les gouvernements estimaient que l’activitĂ© n’Ă©tait pas dĂ©localisable. Ces impĂ´ts assis sur les surfaces de vente sont des frais fixes, qui deviennent insupportables quand le chiffre d’affaires baisse.»

Ă€ la taxe foncière s’ajoutent en effet rien moins que la taxe sur les ordures mĂ©nagères (due mĂŞme par les magasins qui recyclent tout), la contribution foncière des entreprises, la taxe sur les surfaces commerciales (Tascom) et la taxe locale sur la publicitĂ© extĂ©rieure… «En cinq ans, le chiffre d’affaires des boutiques de prĂŞt-Ă -porter a baissĂ© de 20 %,rappelle RĂ©gis Schultz.Du coup, la part du chiffre d’affaires consacrĂ©e aux loyers est passĂ©e de 10 % Ă  15 %, celle aux taxes de 2 % Ă  5 %.»

La vraie menace est Ă  venir, avec la rĂ©forme des valeurs locatives cadastrales, entrĂ©e en vigueur en janvier. «La taxe foncière va augmenter de 50 % sur dix ans avec l’actualisation Ă  la valeur du marchĂ© de la valeur locative, qui touche en particulier les centres-villes, rappelle le patron de l’Alliance du commerce. Les commerçants ne vont s’en rendre compte qu’au moment du paiement de la taxe foncière en septembre, cela va ĂŞtre dramatique.»

Le livre blanc rĂ©clame donc une fiscalitĂ© plus douce, dĂ©pendant de l’activitĂ© et non de coĂ»ts fixes.«La taxe foncière coĂ»te aussi cher Ă  collecter qu’elle rapporte, poursuit le prĂ©sident de l’Alliance du commerce. L’idĂ©al serait une taxe sur le chiffre d’affaires, mais c’est impossible et trop compliquĂ©. Égalisons les chances avec les e-commerçants. Il faut transfĂ©rer les cinq impĂ´ts assis sur la taxe foncière sur la cotisation sur la valeur ajoutĂ©e.»

Ultime proposition, une dĂ©rogation destinĂ©e Ă  faire venir les enseignes spĂ©cialisĂ©es dans les centres-villes. Dans certaines zones, et pour les surfaces de moins de 2 000 m2, ces dernières seraient ainsi exonĂ©rĂ©es de l’examen de passage devant la Commission dĂ©partementale d’amĂ©nagement commercial. La garantie de la revanche des centres-villes?

Ivan Letessier

 

::: POLITIQUE

LE MONDE – 02/02/2017

Yannick Jadot : « Je ne rentrerai pas dans des bidouillages d’appareils »

Le candidat d’Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle raconte au « Monde » sa rencontre, mardi, avec Benoît Hamon, pour discuter d’un éventuel rapprochement.

Le déjeuner a eu lieu, mardi 31 janvier, au Dôme, un restaurant près du QG de campagne de Benoît Hamon dans le 14e arrondissement de Paris. Yannick Jadot, candidat d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), y a retrouvé le vainqueur de la primaire organisée par le Parti socialiste pour explorer leurs éventuels points de convergence. « Un point de départ », pour M. Jadot. Pour l’heure, aucun autre rendez-vous n’a été fixé avec le socialiste qui a, par ailleurs, rencontré, en fin de journée, David Cormand, secrétaire national d’EELV.

Comment s’est passé votre déjeuner avec Benoît Hamon ?

Ce n’est qu’un point de départ, mais nous avons partagé le même diagnostic sur un espace qui couvrirait l’écologie, le social, l’Europe et la démocratie. Nous avançons aussi sur l’idée que toute nouvelle dynamique doit déborder les appareils politiques.

Y a-t-il eu des avancées concrètes ?

Non, mais nous souhaitons prendre très vite une initiative sur l’Union européenne dans la perspective du 60e anniversaire du traité de Rome. L’idée est d’avoir une expression commune sur la refondation de l’Europe et de ce que devrait être la position française sur ce sujet.

Que signifie « déborder les appareils politiques » ?

Il y a un ras-le-bol des arrangements entre partis politiques. Je ne rentrerai pas dans des bidouillages d’appareils. C’est voué à l’échec. Les primaires écologiste et socialiste ont dépassé les seuls adhérents. Il faut poursuivre et ouvrir toujours plus pour intéresser autour d’idées et pas simplement autour de l’homme providentiel.

A-t-il été question, dans le cadre d’un rapprochement, de votre retrait à la présidentielle ?

Aucunement. Ce n’est pas le sujet. L’urgence, c’est de dépasser les ego pour parler projet et de dépasser les appareils pour parler aux Français. On parlera des personnes après.

Vous avez mis dans le débat deux sujets que vous jugez essentiels : une loi de sortie du nucléaire et la proportionnelle aux législatives. Que vous a répondu M. Hamon ?

Qu’ils allaient regarder de leur côté. On n’a topé sur rien. Mais c’était important de savoir si on avait potentiellement des choses à discuter ensemble.

Comment peut-il maintenir l’unité de son parti sans dénaturer son projet ?

C’est son sujet. Hamon m’a assuré ne pas vouloir bouger de son projet. Je le crois sincère, ce n’est pas le problème. Mais il doit construire son espace et sa distance plus ou moins forte avec les compromis foireux du Parti socialiste. Son score lui permet de s’émanciper et de s’inscrire dans ce qui peut être la grande aventure politique de cette présidentielle. Sinon, le PS le rétrécira, la confusion s’installera et la dynamique retombera.

Comment sont vécues ces discussions dans votre parti ?

Positivement. Nous sortons tellement essorés de ce quinquennat qu’il y a un appétit pour le grand large. Nous sommes dans un pays au bord de la rupture, qui peut basculer sur le pire – Marine Le Pen – ou sur quelque chose qui soit écolo, social et européen. Nous sommes face à l’Histoire. Et je veux que la France se rassemble autour d’un projet positif.

Certains à EELV veulent un accord aux législatives…

Je ne suis pas là pour sauver des circonscriptions de parlementaires dans un jeu d’appareils. Si on fait ça, nous sommes définitivement morts. Mais s’il y a une grande dynamique, évidemment que ça bousculera les législatives. Il faut une majorité parlementaire derrière. Ça ne peut pas être la majorité actuelle qui n’a jamais rien fait de ce qu’il fallait sur l’écologie.

Que répondez-vous à Noël Mamère (député de Gironde) et Michèle Rivasi (députée européenne EELV) qui plaident pour « une candidature unique de la gauche progressiste et écologiste » ?

J’ai été surpris que l’Europe et la démocratie soient évacuées aussi facilement. Si on doit commencer à cacher ces gros sujets pour faire plaisir à Jean-Luc Mélenchon, on a un souci. Il faut au contraire discuter avec lui sur la question européenne et géopolitique pour sortir de la confusion.

  1. Mélenchon, lui, semble avoir fermé la porte à toute discussion…

Il est déstabilisé par le paysage politique qui arrive : il se prépare depuis un an à combattre le président sortant ou son représentant et se retrouve dans une situation très décalée avec face à lui quelqu’un qui était critique de la ligne gouvernementale et qui projette un horizon. On doit tous intégrer cette nouvelle donne.

Est-ce que la gauche telle que vous la souhaitez pourrait être au second tour ?

Oui, il y a un espace. Macron a bien compris que la clarification du projet se ferait à son détriment donc il le repousse sans cesse. Ça peut être la vraie nouveauté qui bouscule le jeu politique. Nous sommes dans une situation totalement inédite dans notre pays de destruction/recomposition politique. C’est une formidable opportunité. Est-ce que chacun reste dans son cadre et les pires gagneront ou est-ce qu’on en sort pour redonner de l’espoir ?

François Fillon peut-il encore être candidat après les révélations du « Canard enchaîné » ?

Il est disqualifié. Il a joué dans cette campagne la probité par rapport à la droite bling-bling d’un Nicolas Sarkozy. Mais sa droite de l’argent sous le matelas n’est pas plus glorieuse ni morale que celle de Sarkozy. Quelle que soit la légalité des contrats, ce qu’il a fait est profondément choquant. Marine Le Pen est d’ailleurs tout aussi embourbée dans les affaires d’assistants parlementaires que François Fillon.

Appelez-vous toujours les candidats à la présidentielle à faire une déclaration d’intérêts qui mentionne leurs revenus mais aussi la source de ces revenus ?

Plus que jamais ! Il faut absolument réconcilier les Français avec la politique autour de la transparence. Qu’un député fictif [François Fillon], qui n’a eu que 12 % de temps de présence à l’Assemblée et qui a quadruplé son salaire avec une société de conseil, se permette de dire « secret commercial sur mes clients », c’est inacceptable.

Raphaëlle Besse Desmoulières

 

 

LES ECHOS – 02/02/2017

Ce que propose Macron pour rĂ©former l’impĂ´t sur la fortune

Le candidat d’En marche souhaite restreindre l’ISF Ă  l’immobilier.
Cette réforme amputerait de moitié les recettes de cet impôt.

« PrivilĂ©gier le risque face Ă  la rente », disait Emmanuel Macron lorsqu’il Ă©tait encore ministre de l’Economie. Cette dĂ©claration vient de trouver une dĂ©clinaison dans son programme pour la prĂ©sidentielle, dont il commence Ă  dĂ©voiler les grandes lignes. Le candidat d’En marche a annoncĂ© mercredi sur France Inter son intention de « rĂ©former en profondeur » l’impĂ´t de solidaritĂ© sur la fortune (ISF) en supprimant « la part qui finance l’Ă©conomie rĂ©elle », c’est-Ă -dire la dĂ©tention d’actions, pour en faire un « impĂ´t sur la rente immobilière ».

En clair, Emmanuel Macron souhaite que l’ISF ne soit calculĂ© que sur la valeur du patrimoine immobilier. « L’ensemble des valeurs mobilières en seraient exclues », souligne-t-on dans son entourage. Exit donc l’assurance-vie et les investissements en actions. L’ex-ministre de l’Economie a prĂ©cisĂ© qu’il maintiendrait « l’abattement sur la rĂ©sidence principale », mais aussi l’exonĂ©ration pour les oeuvres d’art. Le barème actuel, pourtant relativement pĂ©nalisant dans un contexte de taux d’intĂ©rĂŞt bas, resterait inchangĂ©. Idem pour le seuil d’entrĂ©e, qui resterait Ă  un niveau de patrimoine de 1,3 million d’euros. En revanche, le candidat n’a pas prĂ©cisĂ© ce qu’il ferait du plafonnement ISF, mĂ©canisme qui limite l’impĂ´t Ă  75 % des revenus. Sur la fiscalitĂ© des revenus du capital, ses propositions devraient ĂŞtre connues dans une dizaine de jours, sachant qu’il propose dĂ©jĂ  d’alourdir la CSG pour financer des baisses de cotisations salariales (lire ci-dessous).

Position médiane

Alors que le sondage Elabe pour « Les Echos » et Radio Classique l’a propulsĂ© au rang de favori Ă  la prĂ©sidentielle, Emmanuel Macron adopte sur l’ISF une position mĂ©diane, entre la droite qui propose de supprimer cet impĂ´t et le candidat du PS, BenoĂ®t Hamon, pour qui l’alourdissement des impĂ´ts sur le foncier doit financer le revenu universel. Selon le leader d’En marche, sa proposition amputerait de moitiĂ© les recettes de l’ISF (5,2 milliards en 2016). « Mais vous attirez Ă  nouveau du capital », assure-t-il. ExonĂ©rer la dĂ©tention d’actions vise Ă  limiter les fuites de capitaux, et Ă  encourager les Français Ă  investir davantage en actions, alors qu’aujourd’hui les conditions sont assez encadrĂ©es. Les biens professionnels sont exonĂ©rĂ©s d’ISF, mais le patrimoine d’un entrepreneur devient assujetti dès qu’il revend sa sociĂ©tĂ©. Ce qui pousse un certain nombre d’entre eux soit Ă  quitter la France, soit Ă  bâtir des montages complexes pour Ă©chapper Ă  l’impĂ´t.

«Venant de gauche », l’ancien conseiller de François Hollande s’est permis de critiquer la suppression du bouclier fiscal, un totem de la droite devenu si embarrassant pour l’ex-prĂ©sident Nicolas Sarkozy que ce dernier avait dĂ» y renoncer. « Depuis la fin du bouclier, beaucoup de contribuables sont partis, beaucoup de jeunes crĂ©ateurs d’entreprises aussi », a-t-il dĂ©clarĂ©. Un message en contradiction avec la communication du gouvernement face aux chiffres inquiĂ©tants des dĂ©parts des contribuables aisĂ©s Ă  l’Ă©tranger. Bercy a toujours avancĂ© que cette augmentation Ă©tait un effet de la mondialisation et d’une plus grande mobilitĂ© chez les travailleurs internationaux.

Ingrid Feuerstein

 

 

LES ECHOS – 02/02/2017

Comment Macron veut doper le pouvoir d’achat au niveau du SMIC

L’ex-ministre, candidat Ă  la prĂ©sidentielle, veut augmenter de 50 % la prime d’activitĂ© et supprimer 10 points de cotisation au niveau du SMIC.

Aux antipodes de BenoĂ®t Hamon et de son projet de revenu universel , Emmanuel Macron se prĂ©sente comme « le candidat qui permet aux Français de vivre de leur travail ». « Le travail, ça n’est pas un malheur. C’est votre capacitĂ© Ă  trouver votre place dans la sociĂ©tĂ©, Ă  vous construire, Ă  vous sortir de votre condition », a martelĂ© le leader du mouvement En Marche sur France Inter ce mercredi. Il a annoncĂ© vouloir baisser de 10 points les charges sociales au niveau du SMIC, et revaloriser de 50 % la prime d’activitĂ©, qui concerne Ă©galement les bas salaires.

Pour redonner du pouvoir d’achat aux petits salaires, et inciter les chĂ´meurs Ă  reprendre un emploi, Emmanuel Macron compte d’abord muscler la prime d’activitĂ©, qui a remplacĂ© le RSA activitĂ© et la prime pour l’emploi il y a un an. Avec un taux de recours de 70 % (contre 33 % pour le RSA activitĂ©) et un budget de 4,4 milliards, ce dispositif ciblant les travailleurs pauvres a prouvĂ© son efficacitĂ©. Le ciblage actuel concentrĂ© sur les personnes gagnant 0,8 Ă  1 SMIC, et s’Ă©teignant Ă  1,3 SMIC, serait conservĂ©. Mais on ajouterait 2,1 milliards d’euros par an. La prime d’activitĂ© pour un smicard cĂ©libataire sans enfants est aujourd’hui de 132 euros par mois ; elle passerait Ă  212 euros.

La fin des cotisations salariales maladie et assurance-chĂ´mage

A ce gain de 80 euros par mois au niveau du SMIC, il faudrait ajouter 20 euros grâce Ă  la rĂ©forme de la protection sociale. Certaines protections qui relèvent aujourd’hui de l’assurance doivent reposer sur la solidaritĂ©, estime le candidat. C’est le cas de la maladie – puisque le droit d’ĂŞtre soignĂ© est dĂ©jĂ  universalisĂ© – mais aussi du chĂ´mage, dans une sociĂ©tĂ© qui se prĂ©carise. Les cotisations salariales maladie seraient donc supprimĂ©es, ainsi que les cotisations d’assurance-chĂ´mage, et cela pour tous les travailleurs. Soit environ 22 milliards de moins pour la SĂ©curitĂ© sociale, qui seraient compensĂ©s par une hausse de 1,7 point du taux de la CSG. Les retraitĂ©s (Ă  l’exception de ceux bĂ©nĂ©ficiant d’un taux rĂ©duit ou nul) contribueraient donc au financement, ainsi que les revenus du capital. Les indemnitĂ©s chĂ´mage ne seraient en revanche pas assujetties Ă  cette hausse de CSG.

Le candidat veut aussi transformer le crĂ©dit d’impĂ´t pour la compĂ©titivitĂ© et l’emploi (CICE) en un allĂ©gement de cotisations sociales patronales pĂ©renne. Une bascule dĂ©licate, car le versement des actuels 19 milliards de CICE serait avancĂ© d’un an. Le public ciblĂ© demeurerait le mĂŞme, jusqu’Ă  2,5 SMIC. Mais il y aurait de nouveaux bĂ©nĂ©ficiaires : les indĂ©pendants, l’Ă©conomie sociale et solidaire. Au total, la mesure vise 66 % de la masse salariale. Elle doit doper la compĂ©titivitĂ© des entreprises qui emploient.

Augmentation de la fiscalité écologique

Enfin, les bas salaires bĂ©nĂ©ficieraient d’une baisse supplĂ©mentaire de 4 points de charges, afin de parvenir Ă  une rĂ©duction de 10 points au niveau du SMIC – dont 6 points dus Ă  la conversion du CICE. Seules les charges gĂ©nĂ©rales sont concernĂ©es : pas la formation professionnelle, le 1 % logement, les accidents du travail et maladies professionnelles. Ces allĂ©gements seraient dĂ©gressifs jusqu’Ă  environ 1,6 SMIC, pour un coĂ»t annuel de 3 milliards d’euros. Ils seraient financĂ©s par une augmentation de la fiscalitĂ© Ă©cologique que doit bientĂ´t dĂ©tailler Emmanuel Macron.

Solveig Godeluck

 

 

L’OPINION – 02/02/2017

François Fillon: la droite balance

François Fillon entend tenir dans la tempête. Mais jusque dans son camp, sa candidature semble compromise. Déjà, une question revient : qui pour le remplacer s’il se retirait ?

Face à l’adversité, François Fillon ne plie pas et rejette tout plan B. « Je serai candidat à l’élection présidentielle », a-t-il répété mercredi. Dans son camp pourtant, l’unité n’est plus que de façade. Député du Rhône, proche de Nicolas Sarkozy et de Laurent Wauquiez, le député LR Georges Fenech a déclaré sur France Info : « Le résultat de la primaire est aujourd’hui caduc ».

« François Fillon demandait quinze jours ; il n’a même pas eu quinze minutes ». Il est 14 heures 30, mercredi 1er février. Un député LR vient de prendre connaissance des propos de son collègue Georges Fenech. Député du Rhône, proche de Nicolas Sarkozy et de Laurent Wauquiez, celui-ci vient de déclarer sur France Info que « le résultat de la primaire est aujourd’hui caduc face à cet événement imprévisible qui se situe non seulement sur le registre judiciaire mais sur le registre éthique et moral. » Pour désigner un nouveau candidat, il propose qu’un conseil national des Républicains soit convoqué dans les plus brefs délais.

Deux heures plus tôt, ce n’est pas tout à fait ce que Georges Fenech a dit lors de la réunion que François Fillon vient de tenir avec les parlementaires LR à son QG. Certes, il a été un des orateurs les plus sceptiques après la défense du candidat de la droite un peu plus affaibli par les nouvelles révélations du Canard enchaîné. « La situation n’est plus tenable, a-t-il lancé. Maintenant il faut que tu prennes une décision qui ne revient qu’à toi seul. »

Après le déjeuner, le député du Rhône est bien plus définitif sur le sort de François Fillon. En agissant ainsi, il ouvre une première brèche au sein de la droite. Est-ce parce que la réunion, qui vient de se tenir autour du candidat, ne s’est pas si mal passée ? Blême, très marqué, le candidat de la droite met ses tripes sur la table. « On a quinze jours à tenir. Dans quinze jours, on aura le résultat », les implore-t-il. Jean-Pierre Raffarin, François Baroin, Luc Chatel, Christian Jacob, Gérard Longuet… lui apportent leur soutien. Ceux-ci sont largement relayés sur les réseaux sociaux pro-Fillon. Même si au passage, certains d’entre eux ont quand même déploré l’organisation à leurs yeux défaillante de la campagne, il n’y a pas eu de fronde anti-Fillon exprimée tout haut.

Odeur de sang. « Avec ça, il va tenir une semaine », conclut un des présents. Il se trompe. Il y a désormais une odeur du sang à droite. C’est le midi des longs couteaux. Chacun interprète la sortie de Georges Fenech comme il se doit : les sarkozystes lâchent l’ex-Premier ministre. Mardi, Brice Hortefeux, désormais convaincu que le candidat est fini, a confié à un ami : « Il y a des élus qui vont parler demain. » De son côté, un député juppéiste n’est pas en reste. Philippe Gosselin, député LR de la Manche, se répand dans les médias et les couloirs de l’Assemblée nationale pour demander à Alain Juppé de « se tenir prêt » au cas où François Fillon se retirerait. Ballon d’essai ?

A droite, pour beaucoup, les jeux semblent désormais être faits. Depuis mardi soir et les nouvelles révélations du Canard enchaîné, le climat a complètement changé. « Tous les parlementaires pensent que cela ne peut plus durer et que François Fillon doit se retirer. On est tous d’accord avec Georges Fenech », confie un député pourtant très légitimiste. Peu sont encore nombreux à l’exprimer à haute voix, mais petit à petit la parole se libère. C’est le cas d’Alain Houpert, sénateur de Côte d’Or. « Je pense que notre candidat doit se retirer », déclare-t-il. « La pression va venir de la base », raconte un président de fédération LR, débordé par les réactions de colère de ses adhérents.

Désormais, beaucoup pensent donc à l’avenir. Par qui remplacer l’ex-Premier ministre ? Comment ? Alors qu’aucune solution n’est prévue et qu’organiser une nouvelle primaire est inenvisageable matériellement, la question de la procédure sera essentielle si François Fillon se retire. « Comment remplacer une telle légitimité ? », s’interroge un élu, faisant référence aux 2,9 millions de voix recueillies par le député de Paris dans un scrutin auquel 4,4 millions de Français ont participé. Trois formules sont possibles : un vote du bureau politique des Républicains, un vote du conseil national du parti ou un vote de ses adhérents (par voie électronique). Tout le monde perçoit d’ores et déjà que ce sera un vrai enjeu. « Ce qu’une élection a fait, seule une élection peut le défaire », a prévenu Bruno Le Maire auprès d’un autre élu qui le testait.

Imprimatur. Qui ? C’est l’autre question. Cinq noms peuvent figurer sur la liste : François Baroin, Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Pour l’instant, tous sont mutiques. Mais cela n’empêche pas en coulisses de se préparer. « Celui qui ira devra avoir l’imprimatur de François Fillon », ajoute un ancien ministre.

Pour l’instant, l’ancien Premier ministre ne voit pas d’autre candidat que lui-même sur la ligne de départ. « Je serai candidat à l’élection présidentielle », a-t-il affirmé lors de sa visite du Salon des entrepreneurs à Paris. Plus tôt, lors de la réunion avec les parlementaires LR, il a pris bien soin de dézinguer tout plan B. « Tout bricolage qui pourrait être imaginé se traduirait par notre échec », a-il prévenu.

Ludovic Vigogne

 

 

LE MONDE – 02/02/2017

Marine Le Pen : « Nous créerons une taxe sur tout nouveau contrat d’employé étranger »

Dans un entretien, la candidate du Front national à la présidentielle annonce son intention de mettre en place une « priorité nationale à l’emploi ».

La présidente du Front national, Marine Le Pen, présentera son programme ce week-end à Lyon. Son projet de rassemblement est fondé sur deux grands principes : « La parole au peuple et la démocratie de proximité. » Si elle est élue présidente de la République, elle entend proposer très vite deux référendums, dont un sur la révision constitutionnelle.

Vous avez refusé de rembourser 300 000 euros au Pfarlement européen pour l’emploi présumé fictif d’une de vos assistantes. Ses règles ne vous concernent pas ?

Le Parlement européen est une structure politique qui a décidé de mener contre les patriotes que nous sommes un combat sans prisonniers. Il ne supporte pas l’idée qu’il puisse exister une opposition en son sein.

Il n’est pas question que je me soumette à cette décision arbitraire, unilatérale, et pour laquelle il y a un conflit d’intérêt évident. Je me demande d’ailleurs si je ne vais pas saisir le Défenseur des droits. Nous sommes des députés européens élus par le peuple pour le défendre. Permettre de violer l’intégralité des règles qui fondent notre justice pour tenter d’empêcher un député d’exercer son mandat, car il s’agit de cela, est quelque chose d’extrêmement grave.

Vous dites que vous êtes ciblée, mais il y a eu 96 cas de recouvrements en 2015. Ça relativise la nature politique de cette décision…

Je conteste formellement le fait que Catherine Griset n’ait pas été fixée à Bruxelles. On m’indique l’inverse sans m’apporter aucun élément. Je n’ai même pas le rapport de l’OLAF [l’Office européen de lutte contre la fraude qui a mené l’enquête]. Catherine, elle vient à Bruxelles quand j’y vais. Et quand je n’y vais pas, elle badge. Demandez donc le listing des badges. Je suis obligée de saisir la justice pour me défendre. C’est le Parlement qui a les preuves en main pour savoir quand elle était à Bruxelles ; je n’ai pas accès à cela. Ils me demandent une preuve impossible à fournir.

Quelle était la nature du travail de votre assistante à Bruxelles ?

Vous la connaissez par cœur, vous êtes de mauvaise foi. Elle s’occupe absolument de tout : mes déplacements quand je vais au Parlement, les interviews. Quand les gens m’appellent, ils veulent voir qui ? La présidente du Front national ou la députée européenne ? Il n’y a qu’un malheur, c’est qu’à la différence des députés français, le député européen est en session du 1er janvier au 31 décembre.

Cela n’a rien à voir avec François Fillon. Je n’ai pas touché cet argent, c’est Catherine Griset qui l’a touché, en contrepartie du travail qu’elle a effectué, que personne ne remet en cause, même pas le Parlement européen. Cela fait vingt-cinq ans qu’elle travaille avec moi, elle m’a suivie absolument partout, quand j’étais avocate, quand j’ai travaillé au FN, quand je suis devenue députée européenne, et dans ma campagne présidentielle.

Un juge d’instruction a été saisi en France. Vous comptez, comme l’a promis François Fillon pour lui-même, retirer votre candidature en cas de mise en examen ?

Cette déclaration de François Fillon est totalement stupide. Elle a été prononcée dans le but de tirer dans les pattes de Nicolas Sarkozy. Est-ce que vous vous rendez compte dans quel gouvernement des juges nous vivrions ? Un juge pourrait décider qui est candidat et qui n’est pas candidat, c’est la fin de la démocratie.

Dans votre programme, il y a des propositions pour améliorer la transparence de la vie publique ?

Oui. Que les autorités chargées de la transparence soient indépendantes. Qu’elles ne soient pas utilisées dans le but exclusif de persécuter une opposition politique. J’ai un cuir de crocodile, ou de rhinocéros. On a tellement pris de coups que ça ne me fait pas bouger d’un cil.

Avez-vous trouvé un financement pour vos campagnes présidentielle et législatives ?

Je cherche. Point. Partout. Point. [Silence] Eh oui, je n’ai pas des donateurs multiples et variés comme M. Macron. Je cherche un prêt seulement. Je ne vais pas chercher des dons au Liban ou à Londres, comme lui. Il y a une indignation sélective. Il serait plus critiquable d’aller emprunter de l’argent à l’étranger, que l’on va donc rembourser, que d’aller chercher des dons à l’étranger.

A New York, en janvier, ce n’était pas le but de votre voyage ?

C’était éventuellement de trouver une banque. Pour une raison simple : la loi fait qu’il n’y a que les banques qui peuvent prêter. C’est quand même étonnant ! Les particuliers ne peuvent pas prêter, c’est dommage, surtout quand on n’a pas de très riches donateurs. Je n’évolue pas dans les mêmes milieux que M. Macron.

Et à Moscou, vous ne trouvez pas ?

Non.

L’ambassadeur russe en France a déclaré que le FN doit trouver de l’argent en France, pas en Russie.

Il a raison. C’est aux banques françaises de prêter aux candidats français. Le signal qui est envoyé à l’étranger est celui d’une démocratie imparfaite. Les étrangers ne comprennent pas que les banques françaises prêtent à tous les candidats, sauf à Marine Le Pen. Mais je n’ai aucune inquiétude, je trouverai le financement pour ma campagne.

A quoi ressembleraient vos cent premiers jours à l’Elysée ?

J’organise deux référendums. Le premier, tout de suite après les élections législatives, portera sur la révision constitutionnelle : inscription dans la Constitution de l’interdiction du communautarisme, autorisation de la priorité nationale, défense et promotion du patrimoine historique et culturel, suppression des régions et des intercommunalités, réduction du nombre des députés à 300 et des sénateurs à 200, introduction de la proportionnelle intégrale à l’Assemblée nationale – avec une prime majoritaire à 30 % –, suppression du chapitre sur l’Union européenne, supériorité de la loi française sur les traités européens et les droits dérivés antérieurs, référendum d’initiative populaire, élargissement du domaine d’intervention du référendum, obligation d’utiliser ce moyen pour réformer la Constitution…

Par ailleurs, je vais immédiatement à Bruxelles pour enclencher la négociation sur le retour des quatre souverainetés : monétaire, législative, budgétaire et territoriale. Et six mois après mon élection, j’organise un référendum sur la sortie de l’UE. Si j’ai obtenu gain de cause, je suggère aux Français de rester. Sinon, je leur conseille de sortir de l’UE.

Si vous deviez être élue, il vous faut une majorité parlementaire pour appliquer votre programme. Vous pensez que vous l’aurez ?

Oui. Depuis un certain nombre d’années, on a accueilli pas mal de gens qui viennent d’horizons divers. Nous allons avoir beaucoup d’autres personnes qui vont nous rejoindre, avant le premier tour, dans l’entre-deux-tours, après le second tour.

Le premier ministre ne sera pas forcément issu du FN. J’ai déjà un profil, mais je le garde dans ma tête. Par ailleurs, je limiterai le nombre de ministères. L’armée mexicaine, c’est fait pour respecter les équilibres politiques. Mettre en œuvre le programme de redressement du pays ne doit pas passer par des petits arrangements électoraux.

Sur quel projet porterait ce rassemblement ?

Il est fondé sur deux grands éléments : la parole au peuple et la démocratie de proximité, avec notamment la revalorisation du statut du maire. Sur l’économie de proximité, aussi, c’est-à-dire rompre avec un modèle fondé sur le libre-échange intégral et sur ce principe qui consiste à faire fabriquer à des esclaves pour vendre à des chômeurs. C’est le protectionnisme intelligent, la lutte contre les délocalisations sauvages, la mise en place de circuits courts, la protection de l’environnement et de la santé des Français.

Le fondement de tout ça, c’est le patriotisme, c’est-à-dire que chaque mesure prise et chaque euro dépensé a vocation à défendre l’intérêt des Français. Avec notamment un attachement particulier à régler le problème du pouvoir d’achat. Je vais mettre en place ce que j’ai nommé une prime de pouvoir d’achat, qui concernera tous les bas salaires et les petites retraites de moins de 1 500 euros nets. Elle sera financée par une contribution sociale à l’importation des biens et des services de 3 %, ce qui rapportera 15 milliards d’euros minimum. En moyenne, cette prime représentera près de 80 euros par mois.

Le prix des produits importés serait touché par cette contribution, et cela aurait un effet sur le pouvoir d’achat…

3 % sur l’importation, c’est totalement indolore. Vous parlez du produit fini, mais très souvent ce sont des matières premières, des pièces détachées. En réalité, le coût de ces dernières dans le produit fini est déjà minime. Ce n’est pas le cas de l’augmentation de deux points de la TVA [proposée par M. Fillon], qui, elle, sera particulièrement douloureuse.

Votre contribution suppose un accord avec l’UE. Elle se mettrait donc en place après le « Frexit » ?

On peut tomber d’accord assez rapidement sur la négociation sur le « Frexit ». Il y a beaucoup de bouleversements au sein de l’UE. De nombreux pays vont en profiter pour venir eux aussi obtenir le retrait de réglementations et de traités qui nuisent à leur sécurité ou leur économie. Je ne vais pas être toute seule dans cette négociation. Je suis convaincue que je lancerai un mouvement. Il va y avoir des élections dans toute l’Europe – Pays-Bas, Allemagne, Italie, peut-être –, l’UE est en très fâcheuse posture.

En cas de victoire au référendum, comment allez-vous mettre en œuvre une partie de votre programme alors que vous serez toujours dans l’UE ?

A partir du moment où le peuple français dit qu’il ne veut plus rester dans l’UE, je mettrai en œuvre toutes les mesures qui étaient interdites pas l’UE. Comme la première ministre Theresa May est en train de le faire au Royaume-Uni. Elle met en place tout de suite les conditions de limitation de l’immigration. Pour elle, c’est terminé.

Le solde migratoire en France est aujourd’hui de 40 000 personnes. Vous voulez le faire passer à 10 000. Comment faites-vous ?

Un certain nombre de personnes voudront repartir parce que la France arrêtera d’être incitative à l’immigration. Et pour le reste, on modulera pour faire en sorte que les gens que nous acceptons répondent à un certain nombre de critères et ne pèsent pas d’un poids quelconque sur les finances publiques. Par ailleurs, je précise que les clandestins ont vocation à repartir chez eux.

Vous avez déclaré à Coblence, le 21 janvier, lors d’une conférence avec vos alliés européens, que chaque pays doit avoir le choix souverain de rester ou non dans l’union monétaire. Si la France la quitte, l’euro peut survivre ?

Je ne pense pas. La seule structure qui pourrait rester c’est l’ancienne région mark : Autriche, Pays-Bas, Allemagne. Comme je le dis depuis cinq ans, on ne s’opposera pas à une monnaie commune, comme l’ancien ECU. Les grandes entreprises qui voudraient utiliser cet instrument pourront le faire, mais les Français ne s’en apercevront pas, car la seule devise en circulation en France sera notre nouvelle monnaie française. Et la dette sera libellée dans la monnaie nationale.

Vous comptez recruter beaucoup de fonctionnaires ?

A partir du moment où je supprime des strates, on va redistribuer les fonctionnaires territoriaux vers les structures qui ont récupéré les compétences. Il faut augmenter les effectifs dans le domaine de la police, de la santé, de la douane.

Et en termes de fiscalité, vous avez prévu des baisses d’impôt ?

Oui, de l’impôt sur le revenu : je veux baisser de 10 % les trois premières tranches. C’est un gros effort que nous faisons, mais ça va dans le sens de l’augmentation du pouvoir d’achat, notamment des classes moyennes, qui sont concernées par le troisième seuil. Par ailleurs, nous appliquerons la priorité nationale à l’emploi par l’intermédiaire d’une taxe additionnelle sur tout nouveau contrat d’employé étranger. Cette recette sera versée à l’indemnisation des chômeurs.

Tout cela a un impact sur le déficit public et sur la dette…

Nous avons été raisonnables dans le chiffrage. Nous n’avons pas fait de projets délirants, mais des projets sérieux. Parfois, nous avons même préféré des prévisions de croissance en deçà de nos calculs. Nous ne laissons pas filer la dette à partir du moment où on recrée de l’emploi et de la croissance. L’austérité aggrave la dette. Nous faisons une politique de relance, par conséquent, la première année, la dette publique augmente d’un point. Mais l’année suivante, elle diminue, car vous avez relancé la machine. Le Fonds monétaire international a soutenu pendant longtemps la politique d’austérité, et il reconnaît aujourd’hui qu’elle tue les pays et leur économie.

Vous êtes sur un objectif de 2,5 % de croissance en 2022 : vous ne faites pas partie de ceux, comme Benoît Hamon, qui pensent qu’elle ne reviendra jamais ?

Non, ça c’est la facilité de ceux qui pensent que tout a été tenté et refusent d’admettre que leurs recettes au pouvoir ont été mauvaises.

Votre slogan, c’est « La France apaisée ». Vous trouvez vraiment que Donald Trump c’est « l’Amérique apaisée », au vu des premiers jours de son mandat ? C’est un modèle pour vous ?

Trump a été élu sur des promesses qu’il met en œuvre. Ce respect des électeurs devrait être un modèle pour tout politique. Mais je n’ai pas de modèle. Je n’ai pas de fascination pour les Etats-Unis, l’Allemagne ou la Russie. J’ai une fascination pour la France. Je mettrai en œuvre une politique qui va dans le sens des intérêts de la France. Ces intérêts peuvent parfois être compatibles avec ceux de la Russie ou des Etats-Unis, ou pas. Ce n’est pas le souci.

L’histoire est en train de s’écrire avec un grand H. On a l’impression que personne ne mesure ce qui est en train de se passer. Trump a prononcé dans son discours d’investiture l’acte de décès de l’ultralibéralisme intégral, un modèle économique qui nous a été imposé depuis trente-cinq ans avec la complicité de nos dirigeants. C’est le retour du protectionnisme, des nations. Il dit surtout quelque chose qui aurait dû interpeller : les Etats-Unis n’ont plus à imposer aux autres nations un modèle. C’est une rupture totale avec la vision portée par les Etats-Unis. Ou par Mme Merkel. Je m’en réjouis.

Pourriez-vous signer, vous aussi, un décret d’interdiction d’entrée des ressortissants de pays musulmans ?

Ce décret n’est pas dans mon projet. Trump a le droit de le faire. Les Américains ont l’air d’accord.

Il dénonce le « système », comme vous. C’est quoi le « système » selon vous ?

C’est un groupe de personnes qui défendent leurs propres intérêts, sans le peuple ou contre lui, au bénéfice de quelques-uns et au détriment des autres. C’est M. Bergé qui défend Macron en possédant Le Monde et L’Obs, c’est M. Drahi qui défend Macron, ce sont les technocrates de l’UE qui imposent au peuple leurs volontés, alors qu’ils ne sont pas élus. Ce sont les dirigeants français qui imposent une politique que les Français rejettent. Une caste déconnectée, qui fonctionne pour elle-même.

Mais le « système », ce n’est pas le PDG d’ExxonMobil qui devient secrétaire d’Etat, ou Wall Street qui se réjouit de la victoire de Trump ?

Si la politique de Trump vise à renforcer le système, les Américains le verront très vite. Les décisions prises pour l’instant ne vont pas dans ce sens.

Olivier Faye, Alain Salles et Caroline Monnot

 

 

::: INTERNATIONAL

LES ECHOS – 02/02/2017

Merkel : visite éclair en Turquie sur fond de tensions

 

Les rencontres d’Angela Merkel avec le prĂ©sident Recep Tayyip Erdogan et son Premier ministre Binali Yıldırım, aujourd’hui Ă  Ankara,

promettent d’être délicates tant les sujets de contentieux sont nombreux (photo d’archive)

La chancelière rencontre ce jeudi le président turc Erdogan. Les sujets délicats ne manquent pas.

Angela Merkel se rend ce jeudi pour une visite de travail Ă©clair Ă  Ankara oĂą la lutte contre le terrorisme et la question des rĂ©fugiĂ©s auront bonne place. Les rencontres avec le prĂ©sident Recep Tayyip Erdogan et son Premier ministre Binali Yildirim promettent d’ĂŞtre dĂ©licates tant les sujets de contentieux sont nombreux.

Des relations qui se sont beaucoup tendues

Les relations entre l’Allemagne et la Turquie se sont beaucoup tendues après la très forte rĂ©pression qui a suivi le coup d’Etat ratĂ© de juillet dernier et qui a conduit des dizaines de milliers de Turcs en prison. Pour l’opinion publique allemande, la chancelière doit Ă©viter de se faire instrumentaliser par le prĂ©sident Erdogan. Ce dernier a en effet besoin d’appuis de poids alors que dĂ©marre la campagne prĂ©cĂ©dant un rĂ©fĂ©rendum de printemps, censĂ© lui confĂ©rer les pleins pouvoirs.

Appel de la gauche allemande Ă  un ton ferme

Plusieurs tenants de la gauche allemande et des organisations non gouvernementales ont ainsi appelĂ© la chancelière Ă  adopter un ton ferme vis-Ă -vis de l’homme fort d’Ankara, après les purges organisĂ©es ces derniers mois dans l’administration et l’armĂ©e, les milliers d’arrestations et les restrictions des libertĂ©s de la presse et d’opinion. « Le pouvoir d’influence de la chancelière est très rĂ©duit, tempère Kristian Brakel, expert Ă  Istanbul pour le think-tank allemand DGAP. Elle ne va pas contraindre Erdogan Ă  bouger d’un millimètre le système prĂ©sidentiel appelĂ© Ă  lui confĂ©rer les pleins pouvoirs ».

La dirigeante, qui visitera le Parlement, en partie endommagĂ© par le putsch de l’Ă©tĂ© dernier, pourra en revanche « insister lors de ses entretiens bilatĂ©raux sur les attentes de Berlin et de Bruxelles vis-Ă -vis de la Turquie, si ce pays espère obtenir en retour des avancĂ©es dans les relations Ă©conomiques avec l’Allemagne et l’Union EuropĂ©enne », ajoute Kristian Brakel.

Pas d’intĂ©rĂŞt Ă  se couper des partenaires commerciaux europĂ©ens

La Turquie n’aurait, de fait, aucun intĂ©rĂŞt Ă  se couper des partenaires commerciaux europĂ©ens. Le pays traverse une crise Ă©conomique marquĂ©e par l’effondrement de sa devise et la chute du PIB dans le sillage d’une saison touristique calamiteuse. D’un autre cĂ´tĂ©, sur la question des rĂ©fugiĂ©s, l’Europe, surtout l’Allemagne, souhaite la poursuite de l’application du plan d’action dĂ©cidĂ© en octobre 2015 avec Ankara. Celui-ci prĂ©voit une aide de 3 milliards d’euros Ă  la Turquie, en Ă©change d’un durcissement du contrĂ´le aux frontières.

Dans ce contexte, une affaire de demandes d’asile en Allemagne formulĂ©es par une quarantaine de militaires turcs de l’Otan risque de tourner Ă  la crise politique. L’Allemagne doit « absolument » rejeter ces demandes, a dĂ©clarĂ© dimanche dernier le ministre turc de la DĂ©fense, Fikri Is?k. Ankara a rendu ces militaires complices de la tentative de putsch de juillet. Ils peuvent craindre la prison et la torture s’ils retournent en Turquie. Berlin a dĂ©jĂ  fait savoir que le dossier ne se rĂ©glera pas de façon politique mais selon le droit en vigueur.

Jean-Philippe Lacour

 

 

LE FIGARO – 02/02/2017

Le Parlement britannique lance le Brexit

Les dĂ©putĂ©s se prononcent Ă  une large majoritĂ© pour le dĂ©clenchement de la sortie de l’Union europĂ©enne.

Le compte Ă  rebours est lancĂ©, avant le dĂ©clenchement officiel de la procĂ©dure de divorce du Royaume-Uni avec l’Union europĂ©enne par l’article 50 du traitĂ© du Lisbonne. Theresa May a promis d’en notifier Bruxelles avant fin mars. Pour tenir ce dĂ©lai, un Blitzkrieg lĂ©gislatif a dĂ©butĂ© mardi, une semaine après la dĂ©cision de la Cour suprĂŞme la forçant Ă  obtenir, au prĂ©alable, l’assentiment du Parlement sur cette procĂ©dure.

IntitulĂ© «projet de loi de l’Union europĂ©enne (notification de retrait)», le texte, très court, a Ă©tĂ© approuvĂ© Ă  une très large majoritĂ© lors d’un premier vote, ce mercredi soir: 498 dĂ©putĂ©s se sont prononcĂ©s en sa faveur, contre 114 s’y opposant. Un retournement remarquable: les trois quarts de ces Ă©lus avaient votĂ© contre la sortie de l’UE lors du rĂ©fĂ©rendum en juin.

Le projet de loi sera Ă  nouveau discutĂ© en commission la semaine prochaine, avant un nouveau vote aux Communes. Il sera ensuite transfĂ©rĂ© Ă  la Chambre des lords Ă  la fin du mois, dans l’espoir d’une adoption dĂ©finitive le 7 mars. Theresa May devrait donc obtenir le pouvoir de notifier l’article 50 en temps voulu, grâce au soutien de sa majoritĂ© conservatrice et d’une partie de l’opposition travailliste Ă  la Chambre des communes.

Le ministre des Affaires Ă©trangères, Boris Johnson, a saluĂ© un«vote historique» et s’est fĂ©licitĂ© de cette «énorme majoritĂ© pour faire avancer nos nĂ©gociations sur le Brexit». Si certains conservateurs proeuropĂ©ens s’inquiètent de la marche vers un Brexit «dur», hors du marchĂ© unique, ils ne tiennent pas Ă  se lancer dans une fronde contre-productive contre la première ministre sur cette question de principe. Ils ont Ă©tĂ© amadouĂ©s par la promesse du gouvernement de publier, ce jeudi, un «livre blanc» dĂ©taillant ses projets. Seul, parmi eux, l’ancien ministre franc-tireur Ken Clarke a votĂ© contre le gouvernement. Il a regrettĂ© que le Royaume-Uni «embarque pour un voyage vers un avenir inconnu qui sidère tous nos amis». Les dĂ©putĂ©s tories avaient Ă©tĂ© priĂ©s de rester dans l’enceinte du Palais de Westminster jusqu’Ă  minuit mardi soir, pour parer toute adoption subreptice d’amendements par l’opposition.

Le Labour déchiré

Les travaillistes, de leur cĂ´tĂ©, se sont dĂ©chirĂ©s sur la consigne ferme donnĂ©e par leur leader Jeremy Corbyn de voter avec la majoritĂ©. Quelque 47 dĂ©putĂ©s Labour ont bravĂ© ce mot d’ordre, entraĂ®nant le parti dans une nouvelle crise existentielle. Le dĂ©putĂ© chargĂ© du Brexit, Keir Starmer, avait reconnu qu’il s’agissait d’un choix «difficile» pour les travaillistes. «Nous sommes un parti fondamentalement internationaliste, nous sommes proeuropĂ©ens. Mais nous n’avons pas rĂ©ussi Ă  convaincre. Nous avons perdu le rĂ©fĂ©rendum», a-t-il reconnu, dĂ©pitĂ©. Plusieurs membres du «gouvernement fantĂ´me» de Corbyn ont toutefois dĂ©missionnĂ© de leur poste pour assumer leur dissidence avec la ligne officielle. Son rival dans la course Ă  la tĂŞte du parti l’an dernier, Owen Smith, a dĂ©posĂ© une motion soutenue par douze autres Ă©lus travaillistes pour rĂ©clamer un second rĂ©fĂ©rendum sur la sortie de l’UE. Un autre amendement dĂ©posĂ© demandait le maintien dans le marchĂ© unique, un troisième, la consultation des parlements rĂ©gionaux d’Écosse, d’Irlande du Nord et du pays de Galles. Un autre encore visait Ă  obtenir la protection du statut des ressortissants europĂ©ens installĂ©s au Royaume-Uni. Plus de 80 pages de modifications supplĂ©mentaires au texte initial devront ĂŞtre discutĂ©es la semaine prochaine. Cinquante Ă©lus nationalistes Ă©cossais, 7 libĂ©raux-dĂ©mocrates ont votĂ© mercredi contre l’article 50 avec les 47 frondeurs travaillistes, faute d’avoir rĂ©ussi Ă  imposer leurs amendements. Une guĂ©rilla qui s’apparente Ă  un baroud d’honneur pour les partisans du maintien dans l’Europe. «Ce n’est pas un projet de loi sur le fait de sortir ou non de l’UE ou sur la façon de le faire. Il s’agit simplement d’appliquer une dĂ©cision dĂ©jĂ  prise», avait rappelĂ© le ministre de la Sortie de l’UE, David Davis. «La seule question Ă  laquelle vous devez rĂ©pondre est: faites-vous confiance au peuple?», dramatisait de son cĂ´tĂ© Theresa May.

Florentin Collomp

 

 

 

Vous souhaitant une bonne journée.

 

Cordialement,

 

 

Elena NATALITCH

Service Presse, Communication / Formation

251, bd Pereire – 75852 PARIS Cedex 17

Tél. : 01 40 55 12 43

Fax : 01 40 55 12 40

elena.natalitch@medef-idf.fr

www.medef-idf.fr

https://www.facebook.com/medef.idf

RUGBY : MASSY – TARBES Dimanche 19 FĂ©vrier Ă  15 h

2017-03-02T07:02:32+01:00Mots-clés : , , |

[gview file= »http://www.massy-europe.fr/wp-content/uploads/2017/01/ANNONCE-MATCH-PARTENAIRES-PORTRAIT.pdf »]

RUGBY : Résultats du WE du 29 Janvier 2017

2017-03-02T07:02:48+01:00Mots-clés : , , |

Des résultats positifs pour nos équipes RCME ce dimanche.

Espoirs : Massy 34-15 Bourg-en-Bresse (BO)

Nos Espoirs relancent la machine face au 3ème de la poule.
Ce match dominé par nos Bleu & Noir nous rassurent et informent les autres clubs du groupe : il va falloir compter sur nos jeunes pour aller chercher la qualification en phase finale!

Au classement, cette victoire bonifiée permet à Massy (7ème) de recoller au podium des qualifiables, à 5 pts des 3èmes Provence Rugby et Bourg-en-Bresse.

Belascain : Massy 70-00 Versailles (BO)

Large succès des massicois face aux joueurs du 78.
Une rencontre à sens unique durant laquelle Massy aura scoré sans cesse pour un BO amplement mérité.

Au classement, le RCME reste évidemment leader invaincu de sa poule.

Crabos : Massy 07-07 ABCD XV

Nos Crabos ne confirment pas.
A domicile face au 6ème ABCD XV, Massy n’a pas su mettre son jeu en place face une Ă©quipe visiteuse qui n’aura jamais lâchĂ©.

Au classement, Grenoble creuse un peu plus l’Ă©cart en tĂŞte de classement, et les poursuivants du RCME se rapprochent de la 2ème place.

Séniors : Massy 12-03 Bourg-en-Bresse

Belle victoire de nos joueurs ce dimanche face au leader venu de l’Ain !
Après une superbe entame et deux essais de Lester Etien (dont le premier transformĂ© par Louis Grimoldby), le RCME mène 12-00 dès la 15ème minute. Le rythme ralentira ensuite durant la deuxième partie de première mi-temps, Massy et Bourg mettant beaucoup de coeur Ă  l’ouvrage dans les phases de combat. La mĂŞlĂ©e de l’USBPA prend l’avantage sur celle des massicois mais Ă  l’inverse, les Bleu & Noir dominent en touche. Les dĂ©bats s’Ă©quilibrent. Bourg prendra 3 pts Ă  la 30ème pour revenir Ă  9 longueurs de Massy Ă  la pause.
En seconde mi-temps, aucun point ne sera marquĂ© mais le scĂ©nario se sera affolĂ© : Bourg aura tentĂ© de scorer dans l’en-but essonnien mais la solide dĂ©fense du RCME, depuis le dĂ©but de saison, aura tenu bon. En fin de rencontre, Bourg ratera le bonus dĂ©fensif (pĂ©nalitĂ© Ă  cĂ´tĂ© Ă  la 70ème) et Massy n’aura pas converti ses occasions d’essais Ă  14-14 (carton jaune pour Girard) pour dĂ©crocher le BO. Les 4 pts pris, additionnĂ©s au zĂ©ro bonus pris par les visiteurs, permettent Ă  nos hommes de repasser leader de la poule Elite. Prochain match Ă  Valence/Romans dimanche prochain.

Dans le mĂŞme temps, Provence Rugby s’est imposĂ© 18-13 Ă  Limoges (première dĂ©faite Ă  domicile face Ă  un gros de la poule), Auch l’a emportĂ© face Ă  Valence/Romans (22-19) et Nevers-Tarbes a Ă©tĂ© reportĂ© en raison de l’Ă©tat du terrain de l’USON. Aubenas et ChambĂ©ry Ă©taient exempts.
Au classement, Massy 1er (36 pts -2 matches), Bourg 2ème (36 pts), Provence Rugby 3ème (34 pts -2 matches) et Nevers 4ème (33 pts -2 matches). Ferment la marche Valence/Romans et Aubenas.

Allez Massy !

 

Revue de presse du MEDEF IDF du 31 Janvier 2017

2017-03-02T07:03:04+01:00Mots-clés : , , |

 

::: ILE-DE-FRANCE

LES ECHOS – 31/01/2017

Actus franciliennes

LE PARISIEN – 31/01/2017

Grand Paris : la bataille du métro a commencé

 

Champigny, mardi dernier. Les travaux spectaculaires de la gare de la future ligne 15 Sud ont débuté.

C’est le marchĂ© du siècle, qui fait saliver plus d’une entreprise. Le Grand Paris Express, c’est 200 km de lignes nouvelles de mĂ©tro et 68 gares Ă  construire d’ici 2030, soit un chantier d’au moins… 25 Md€. « Un investissement d’avenir qui portera l’économie du pays », a lancĂ© Philippe Yvin, prĂ©sident de la SociĂ©tĂ© du Grand Paris (SGP), lors de ses vĹ“ux la semaine dernière. 2017 marque l’entrĂ©e en chantier de quatorze des seize gares de la ligne 15 Sud (Pont-de-Sèvres – Noisy-Champs), et la mise en route du premier tunnelier. Un chantier gigantesque qui fait rĂŞver PME, poids lourds du BTP, pros des transports et Ă©lus.

Qui pour creuser et construire ?

Plus de 4 000 salariés travaillent déjà sur le futur métro (2 500 ingénieurs et architectes, 1 500 ouvriers). Certains étaient à pied d’œuvre cette semaine avec SNCF Réseau pour une première opération majeure (5 M€) : le ripage d’un pont sous des voies de chemins de fer (photo ci-contre), à Champigny (Val-de-Marne). Il y en aura des dizaines d’autres ! Plus d’un milliard d’euros de travaux sont prévus cette année et, au plus fort des chantiers, en 2018, la Fédération régionale des travaux publics table sur 22 000 emplois.

Pour répartir cette masse de travail, la SGP a tronçonné les lignes en différents lots, afin que plusieurs entreprises puissent creuser ou construire les gares en même temps. 2017 sera très importante : les cinq derniers marchés de la 15 Sud et les deux premiers de la 16 seront attribués, soit près de 9 Mds€ ! Bouygues, Vinci et Eiffage, les géants français du secteur, sont dans les starting-blocks.

Mais l’attribution en 2016 d’un premier tunnel de 7 km pour 363 M€ au Français Demathieu Bard, associé à des Italiens, des Belges et des Suisses, a fait grincer quelques dents. « Il ne peut pas y avoir de préférence nationale, c’est interdit », tranche Philippe Yvin. En revanche, la SGP oblige les entreprises à faire travailler 20 % de PME. Un observatoire sera lancé dans les prochains jours pour vérifier que cette disposition est bien appliquée.

Qui pour faire rouler ?

Selon la loi sur le Grand Paris, la RATP, opérateur historique du métro parisien, bénéficie de droit de la gestion des infrastructures (rails et tunnels) du Grand Paris Express. Mais l’exploitant (celui qui fera rouler les métros) sera, lui, désigné à l’issue d’un appel d’offres ouvert à la concurrence. Celui-ci doit être lancé cette année. La RATP sera bien sûr sur les rangs, mais aussi Keolis (filiale de la SNCF), et sans doute d’autres professionnels des transports, français ou étrangers. La bataille sera rude. Keolis a déjà redouté publiquement que la gestion des infrastructures ne donne un avantage à la RATP, et a lancé une opération séduction pour montrer son savoir-faire, à Londres par exemple.

La même compétition devrait avoir lieu pour le matériel roulant : Alstom et ses concurrents seront sans doute sur les rangs pour construire les rames. La SGP va lancer cette année le marché des métros automatiques de la 15 Sud : à la clé, la construction de 120 trains, représentant 516 voitures, d’ici à 2025 ! Le gagnant sera connu en 2018.

Qui pour diriger ?

C’est une autre bataille, en coulisses, qui s’est jouée jusqu’en fin d’année dernière. Celle pour la gouvernance du futur métro. Valérie Pécresse a milité pour une fusion entre le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif), qu’elle préside, et la SGP. Une idée rejetée par Philippe Yvin, et ensuite par le Conseil économique, social et environnemental (Ceser), sollicité pour donner un avis.

Grâce à un lobbying discret et efficace, la SGP conserve son autonomie — et ses milliards… pour l’instant. Car les prochaines échéances électorales vont contribuer à remettre le dossier sur la table. Une autre étape dans la bataille du Grand Paris.

Jean-Gabriel Bontinck

 

 

FRANCE BLEU – 31/01/2017

L’Ă®le Seguin futur pĂ´le culturel du Grand Paris ?

 

Le futur visage de l’Ă®le Seguin, avec le projet de pĂ´le culturel (Ă  droite) et la Seine Musicale (Ă  gauche).

Elle veut devenir un haut lieu de la culture dans la mĂ©tropole du Grand Paris. L’Ă®le Seguin a dĂ©finitivement tournĂ© la page de son histoire industrielle. Le site des Hauts-de-Seine se prĂ©pare Ă  basculer dans une nouvelle ère, qui dĂ©butera en avril avec l’ouverture de la Seine Musicale.

Le projet de pĂ´le culturel et artistique sur l’Ă®le Seguin a Ă©tĂ© dĂ©voilĂ© ce lundi Ă  Boulogne-Billancourt (92). Cet Ă©quipement d’envergure verra le jour sur la pointe amont (au sud de l’Ă®le), Ă  l’opposĂ© de la Seine Musicale, la salle de concert de 6.000 places qui sera inaugurĂ©e le 22 avril prochain. Il s’agit en rĂ©alitĂ© de deux constructions distinctes, d’oĂą le nom du projet « S17 S18 ». La première, une grande vitrine dĂ©diĂ©e Ă  l’art et Ă  la culture, abritera la Fondation Emerige, des espaces d’exposition, un cinĂ©ma multiplex de 8 salles, 4.000 m² de bureaux et autant d’espaces commerciaux. La seconde sera un hĂ´tel de 13.000 m², rĂ©solument « arty » : chacune des 220 chambres aura son Ĺ“uvre d’art unique. L’Ă©tablissement 4 Ă©toiles sera dotĂ© d’un spa, d’une piscine, et d’un restaurant en rooftop.

 

L’entrĂ©e du Centre d’Art de l’Ă®le Seguin.

La mutation est en marche pour l’Ă®le Seguin, une bande de terre de 11,5 hectares Ă©tirĂ©e entre Billancourt et le Bas-Meudon, qui a abritĂ© les usines Renault pendant plus de 60 ans. Jadis point de passage pour les aristocrates entre Paris et Versailles, le site rĂŞve de rayonner tel un phare dans la mĂ©tropole. L’idĂ©e, est de « dĂ©placer le centre de gravitĂ© culturel de Paris vers l’ouest » assure le maire de Boulogne-Billancourt, Pierre-Christophe Baguet. Qui s’enthousiasme : « ce sera la plus belle concentration culturelle d’Europe sur une Ă®le, c’est extraordinaire ! »

Le Centre d’art sera multidisciplinaire (musique, cinĂ©ma, arts numĂ©riques…) et proposera une programmation moderne et variĂ©e, axĂ©e sur les artistes français. L’art contemporain sera particulièrement mis en valeur, avec les Ĺ“uvres du fonds de Laurent Dumas de chez Emerige, la collection d’art Renault ainsi que celle de la Fondation Giacometti.

 

Le projet d’amĂ©nagement de la pointe amont, vu depuis Meudon.

Le projet artistique et culturel est aussi architectural, avec un savant mĂ©lange entre minĂ©ral et vĂ©gĂ©tal. Une promenade sera amĂ©nagĂ©e sur les berges. Quant Ă  la partie centrale de l’Ă®le, elle devrait accueillir un parc. Le site, au cĹ“ur du futur rĂ©seau de transport de la mĂ©tropole, sera parfaitement desservi avec une gare du Grand Paris Express (ligne 15). Une liaison par câbles (tĂ©lĂ©cabines) est aussi Ă  l’Ă©tude. L’Ă®le Seguin pourrait accueillir Ă  terme un flux de 2 millions de visiteurs par an. Les travaux d’amĂ©nagement de la pointe amont (au sud de l’Ă®le) devraient dĂ©buter l’annĂ©e prochaine pour une livraison espĂ©rĂ©e en 2021.

Nicolas Olivier

 

 

LES ECHOS – 31/01/2017

Résidences secondaires : Paris vote la surtaxe, les autres villes sont plus prudentes

Le Conseil de Paris a voté ce lundi la majoration de 60 % de la taxe d’habitation des pieds-à-terre. Une surenchère fiscale que dénoncent les associations de propriétaires.

Trouver de nouvelles recettes, libĂ©rer des logements pour les Parisiens, le tout sans grever leurs impĂ´ts. C’est l’Ă©quation qu’a fait valoir le Conseil de Paris pour voter une nouvelle surtaxe d’habitation sur les rĂ©sidences secondaire ce lundi. Pour la deuxième fois en trois ans, les parlementaires ont donnĂ© dans la loi de finances la possibilitĂ© aux maires de doper les taxes des rĂ©sidents intermittents. Un surcroĂ®t de 20 % avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© votĂ© fin 2014, convaincant une centaine de communes de tous bords politiques de l’adopter. Il avait rapportĂ© une quinzaine de millions Ă  la capitale.

Cette fois, les maires des 1.149 communes en zones tendues se voient ouverte la possibilitĂ© de pousser la majoration entre 5 et 60  %. C’est Ă  nouveau la mairie de Paris qui a convaincu le gouvernement et le Parlement d’adopter cette mesure qui pourrait lui rapporter 43 millions d’euros. Plus prĂ©cisĂ©ment le groupe communiste de la majoritĂ© parisienne qui espĂ©rait mĂŞme une hausse de 100 %, soit un doublement de la taxe d’habitation des propriĂ©taires de rĂ©sidence secondaires. Le plafond a Ă©tĂ© limitĂ© par les dĂ©putĂ©s Ă  60  %, taquet repris Ă  Paris. Jacques Baudrier, Ă©lu du 20e arrondissement, rappelle qu’entre 1999 et 2014, le nombre de rĂ©sidences secondaires a bondi de 75.074 Ă  107.063 unitĂ©s, une augmentation de 43 % qu’il compare avec les 3 % d’augmentation des logements.

Un taux de 21 %

Lundi la maire de la capitale, Anne Hidalgo, a relativisĂ© l’impact fiscal : « Le produit cumulĂ© du taux de la taxe d’habitation et celui de la majoration sur les rĂ©sidences secondaires se traduira par un taux de 21 %, c’est moins que la moyenne nationale. » Dans sa communication, la mairie reconnaĂ®t que la première majoration de 2015 n’avait pas suffi pour inciter des reventes, espĂ©rant cette fois un taux plus dissuasif. « Nous tablons sur plusieurs milliers de vente », espère Jacques Baudrier.

La mesure ne suscitera probablement pas le mĂŞme engouement qu’avant. Son produit attendu est de 150 millions d’euros, similaire Ă  la projection de 2015. ContactĂ©e par « Les Echos », la mairie Modem de Biarritz, qui faisait partie de la quinzaine de communes de PyrĂ©nĂ©es-Atlantique ayant mobilisĂ© le levier en 2015, explique qu’elle ne le fera pas cette fois. « C’est la tendance sur la cĂ´te », assure par ailleurs le cabinet du maire.

En Ile-de-France, Philippe Laurent (UDI) Ă  Sceaux explique ne l’exclut pas dans les annĂ©es Ă  venir mais pas cette annĂ©e. En revanche, le maire communiste de Montreuil, Patrick Bessac, a inscrit une majoration de 60 %, soit 550.000 euros de recettes au Conseil municipal de mercredi. L’Union nationale des propriĂ©taire immobilier (UNPI) s’indigne, elle, de cette surenchère fiscale : « Certains propriĂ©taires doivent dĂ©jĂ  verser au titre de la taxe foncière jusqu’Ă  trois mois de loyer. »

Matthieu Quiret

 

 

LE FIGARO – 31/01/2017

NKM veut une couverture du périphérique parisien

Souhaitant rĂ©duire la fracture entre Paris et la banlieue, la chef de l’opposition municipale dĂ©fend ce projet mardi devant le Conseil de Paris.

Selon ses dĂ©tracteurs, Anne Hidalgo est taxĂ©e de crĂ©er la rupture entre Paris et sa banlieue en interdisant depuis l’Ă©tĂ© les berges rive droite aux voitures venant largement des villes voisines. Dans ce contexte de tension et de polĂ©mique toujours vive autour de ces trois kilomètres de route piĂ©tonnisĂ©e, Nathalie Kosciusko-Morizet (les RĂ©publicains) a bien l’intention de faire figure de rĂ©conciliatrice. La chef de file de l’opposition municipale a ressorti des cartons une idĂ©e qui figurait dans son programme lors des prĂ©cĂ©dentes municipales: la couverture du pĂ©riphĂ©rique.

Avec ce projet, soumis ce mardi au Conseil de Paris, la responsable politique compte adresser un message architectural: faire cesser la fracture qui existe entre Paris et sa banlieue. Avec ses 35 km de rocade utilisĂ©s chaque jour par 1,1 million de vĂ©hicules, le pĂ©riphĂ©rique constitue indĂ©niablement une frontière entre la capitale et les villes limitrophes. Il est aussi un enfer pour les quelque 100. 000 riverains en prise directe avec les Ă©missions de polluants et de bruit liĂ©es au trafic. Au passage, Nathalie Kosciusko-Morizet note dans son dossier de presse relatif Ă  ce projet qu’aujourd’hui l’HĂ´tel de ville dirigĂ© par l’Ă©lue socialiste se prĂ©occupe beaucoup des amĂ©nagements de l’hypercentre de Paris en proposant rues piĂ©tonnes et circulation douce «achevant de crĂ©er», peut-on lire, «un Paris Ă  plusieurs vitesses»…

Ă€ ce jour, seulement 6 kilomètres sont couverts, notamment Ă  l’ouest de la capitale. Il s’agit donc de poursuivre la couverture quand celle-ci est techniquement possible ou d’imaginer divers amĂ©nagements en vue de crĂ©er de nouveaux espaces urbains qui viendront ainsi effacer la rupture. Ă€ ceux qui dĂ©jĂ  dĂ©noncent ce projet comme Ă©tant irrĂ©alisable en raison de son coĂ»t pharaonique, l’entourage de la chef de file de l’opposition rĂ©torque qu’il s’agit de lancer un appel Ă  projets. «Il permettra aux promoteurs de financer ces travaux et en contrepartie ils exploiteront de nouvelles surfaces amĂ©nageables. C’est la nouveautĂ© de ce projet», explique-t-on en faisant valoir que de nombreuses viles se sont lancĂ©es dans ce type de travaux. Parmi elles: Hambourg et Madrid.

Cette proposition, qui a peu de chances d’ĂŞtre votĂ©e, rejoint les nombreuses rĂ©flexions en cours portant sur la circulation dans la capitale. L’Ă©quipe d’Anne Hidalgo a quant Ă  elle choisi de prĂ©senter lors du Conseil de Paris un vaste plan piĂ©ton, tout en gardant le cap sur l’objectif phare qui est la rĂ©duction de la place de la voiture. Nathalie Kosciusko-Morizet a donc une autre vision. Il s’agit pour elle de maintenir une part du trafic mais d’en effacer les effets nĂ©gatifs.

Angélique Négroni

 

::: ECONOMIE

L’OPINION – 31/01/2017

Medef : nouveaux tiraillements internes sur l’Assurance-chômage

Alors que la CPME, l’UPA mais aussi la plupart des syndicats seraient disposés à rouvrir une négociation sur l’assurance-chômage, le Medef pour l’instant freine des quatre fers, faute de consensus interne

Les réunions se multiplient en bilatérales, mais aussi en interne au sein du patronat, d’une part, et des syndicats, d’autre part, au sujet de l’Assurance-chômage. Les uns et les autres se sont engagés à se prononcer avant le 15 février sur la réouverture éventuelle d’une négociation.

Au Medef, la gêne est palpable. L’organisation patronale refuse tout commentaire sur les discussions en cours autour de l’assurance-chômage. Mercredi, se tient une réunion interne – avec de petits airs de réunion de crise – de son pôle social.

Syndicats et patronats ont en ligne de mire le 15 février. C’est à cette date qu’ils décideront d’ouvrir ou non de nouveau une négociation. Avec cet impératif que tous revendiquent : « Si on relance un round, c’est pour aboutir ». Reste que les syndicats (y compris FO) semblent nettement plus enclins à trouver des compromis, ne serait-ce que pour montrer que le paritarisme a sa raison d’être et sait prendre ses responsabilités.

Pas question, en effet, de revivre l’échec de juin dernier. « Le contexte est plus favorable, c’est dépassionné par rapport à la séquence de la loi Travail. Aujourd’hui, ça s’est apaisé », assure un membre de l’équipe patronale, plutôt optimiste. Pour d’autres, la période reste compliquée avec l’élection présidentielle : « Ouvrir une négo maintenant, c’est être kamikaze et n’avoir aucun sens politique ».

Ces deux points de vue traversent violemment le Medef. « On est de nouveau face à un patronat qui n’a pas de mandat et qui est incapable de se mettre d’accord », résume un négociateur syndical. Avec deux blocs. L’un, porté par les fédérations de la métallurgie et de la plasturgie, plutôt favorable à une reprise des négociations. L’autre, mené par la banque, l’assurance ou encore le bâtiment, nettement plus réticent.

Contrats courts. La taxation des contrats courts continue en effet de cristalliser les oppositions, même si des voies de passage semblent envisageables en faisant un distinguo entre contrats courts et très courts (moins d’un mois). Les syndicats exigent une taxation mais semblent prêts à plus de souplesse qu’en juin dernier : un prélèvement temporaire, modulé ou plus ciblé.

La dernière étude de l’Unedic montre que les embauches en CDD d’un mois ou moins sont passées d’un peu plus de 1,5 million par trimestre à plus de 4 millions, entre 2000 à 2016. Certains secteurs sont nettement plus consommateurs que d’autres, « ce qui est embarrassant car, si on taxe ceux qui ont le plus recours aux contrats courts, cela fait voler en éclat la notion de mutualisation au sein du Medef », confie un dirigeant patronal.

En rĂ©alitĂ©, les tiraillements ne concernent pas que l’Assurance-chĂ´mage. « Aujourd’hui, vu les divisions internes, on aboutit Ă  des propositions insipides », se dĂ©sole un adhĂ©rent. Ainsi, mardi, le Medef prĂ©sente-t-il ses propositions sur l’entreprenariat. Mais, selon une source proche du dossier, « tout a Ă©tĂ© aseptisĂ©. Ce n’est pas avec la crĂ©ation d’un numĂ©ro de Siret dès 16 ans qu’on va changer les choses…». Le Medef comptait encourager le travail indĂ©pendant mais y a renoncĂ© du fait d’une levĂ©e de boucliers de certaines fĂ©dĂ©rations, en interne.

Un poids lourd conclut : « On se moque des deux gauches mais on a aussi nos frondeurs ! Il faudrait qu’on ait une vraie clarification, ce n’est plus possible ». Pour le moment, Pierre Gattaz tente tant bien que mal de faire la synthèse.

Fanny Guinochet

 

 

LE FIGARO – 31/01/2017

Pénibilité : les entreprises au pied du mur

Les employeurs doivent remplir d’ici Ă  mardi soir les dĂ©clarations 2016 des expositions aux risques de leurs salariĂ©s, malgrĂ© leurs nombreuses rĂ©ticences vis-Ă -vis du dispositif.

Le couperet tombe… ce mardi! Ce 31 janvier, les entreprises doivent avoir rempli leurs dĂ©clarations sociales au titre de 2016, en indiquant l’exposition de leurs salariĂ©s Ă  dix facteurs de pĂ©nibilitĂ©. Elles auront jusqu’Ă  fin septembre pour corriger leurs saisies. Une obligation administrative source de complexitĂ© et d’inquiĂ©tude pour la majoritĂ© d’entre elles! Quatre facteurs – les plus faciles Ă  mesurer: travail de nuit, rĂ©pĂ©titif, en milieu hyperbare et en Ă©quipes successives alternantes – sont en vigueur depuis janvier 2015. Mais s’y sont ajoutĂ©s le 1er juillet dernier six critères (port de charge lourde, postures pĂ©nibles, vibrations mĂ©caniques, agents chimiques dangereux, tempĂ©ratures extrĂŞmes et bruit) bien plus complexes Ă  apprĂ©hender.

Toutes les entreprises se retrouvent donc en ce dĂ©but d’annĂ©e, au moment de l’envoi des dĂ©clarations annuelles de donnĂ©es sociales (DADS) ou de la dĂ©claration sociale nominative (DSN), au pied du mur. Il leur faut inscrire noir sur blanc si leurs salariĂ©s ont Ă©tĂ© exposĂ©s Ă  un ou plusieurs des critères l’annĂ©e passĂ©e et, si oui, dans quelle mesure. Or la très grande majoritĂ© des employeurs, notamment de PME et de TPE, n’aura pas rempli Ă  l’heure son obligation. «Elles ne sont mĂŞme pas capables de dire si elles sont ou non Ă©ligibles au dispositif car elles ne savent pas comment mesurer les six nouveaux critères», jure Jean-Eudes Du Mesnil, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la CPME (ex-CGPME). De fait, les branches professionnelles sont encore en train de dĂ©finir les rĂ©fĂ©rentiels, sorte de «mode d’emploi» Ă  l’attention de leurs adhĂ©rents, pour remplir les fiches d’exposition Ă  la pĂ©nibilitĂ©.

Au-delĂ  de la difficultĂ© technique, nombre de PME sont rĂ©ticentes Ă  appliquer cette mesure dont elles demandent l’abrogation. Et beaucoup jouent la montre, misant sur une alternance politique en mai (François Fillon a en effet promis de supprimer le dispositif) ou espĂ©rant un coup de pouce du Conseil d’État (la CPME a dĂ©posĂ© en dĂ©cembre un recours en annulation de ses dĂ©crets d’application).

Cotisation spécifique

Leur rĂ©ticence s’explique par trois raisons majeures. Primo, les patrons sont rebutĂ©s par la complexitĂ© de la mesure, qualifiĂ©e «d’usine Ă  gaz» Ă  l’heure de la simplification administrative. Secundo, remplir cette dĂ©claration revient Ă  reconnaĂ®tre que le salariĂ© est exposĂ© Ă  un risque, ce qui inquiète juridiquement les employeurs. Tertio, l’ensemble constitue une charge financière consĂ©quente. En effet, dĂ©clarer qu’un salariĂ© a Ă©tĂ© exposĂ© Ă  un risque dĂ©clenche le versement d’une cotisation spĂ©cifique – en plus de la cotisation gĂ©nĂ©rale touchant toutes les entreprises – qui viendra alimenter le compte de prĂ©vention de la pĂ©nibilitĂ© (C3P) du salariĂ©. Un compte que ce dernier pourra utiliser pour financer une formation Ă  un autre mĂ©tier moins exposĂ©, compenser un passage Ă  mi-temps ou financer un dĂ©part anticipĂ© en retraite.

D’autres, enfin, trouvent que la loi manque totalement son objectif. «C’est une loi scĂ©lĂ©rate. Les quotas d’heures d’exposition sont tellement Ă©levĂ©s que dans mon entreprise personne n’est concernĂ©, fulmine Jean-Claude Brossier, patron d’une PME (160 salariĂ©s) de travaux publics Ă  Tours. Il faudra justifier 6 mois de postures pĂ©nibles ou 4 mois Ă  lever des charges lourdes ou 6 mois en tempĂ©ratures extrĂŞmes pour ĂŞtre reconnu en pĂ©nibilité». Une hĂ©rĂ©sie selon lui sachant que «dans les travaux publics, Ă  peine 5 % de la population sera susceptible de rĂ©pondre Ă  l’un des critères».

Marathonien lui-mĂŞme, il s’est très tĂ´t intĂ©ressĂ© Ă  la santĂ© au travail de ses salariĂ©s et a mis en place depuis douze ans diverses actions de prĂ©vention. Déçu, il conclut que «cette loi pĂ©nalise un peu plus les entreprises qui doivent faire des dĂ©clarations salariĂ© par salariĂ© avec plein de paperasses. Tout cela pour rien. Car on fait croire aux salariĂ©s Ă  un rĂŞve qu’ils ne vivront jamais».

Ce que risquent les récalcitrants

En cas de contrĂ´le, les patrons qui n’auront pas dĂ©clarĂ© leurs salariĂ©s exposĂ©s Ă  l’un des dix facteurs de pĂ©nibilitĂ© risquent un redressement du montant des cotisations patronales spĂ©cifiques dues, mais Ă©galement une pĂ©nalitĂ© par salariĂ© jusqu’Ă  50 % du plafond mensuel de la SĂ©cu (fixĂ© Ă  3 269 euros en 2017), explique AngĂ©line Duffour, du cabinet Cohen & Gresser. Ces sommes sont versĂ©es Ă  l’État. En outre, si un salariĂ© est victime d’un accident du travail, la faute inexcusable de l’employeur peut ĂŞtre reconnue, engendrant une majoration des cotisations accident du travail, le versement d’une rente et des dommages et intĂ©rĂŞts qui pourraient ĂŞtre demandĂ©s par le salariĂ©.

Marie-Cécile Renault

 

 

LE FIGARO – 31/01/2017

Pénibilité: le patronat est désuni sur le sujet

 

Alexandre Saubot, Président de la métallurgie (UIMM) et numéro deux du MEDEF

DÉCRYPTAGE – Les organisations patronales rĂ©agissent diffĂ©remment au casse-tĂŞte de la pĂ©nibilitĂ© et adoptent des stratĂ©gies diffĂ©rentes face aux textes de loi.

Voilà qui ne va pas aider les entreprises à y voir clair: les organisations patronales réagissent différemment au casse-tête de la pénibilité et adoptent des stratégies différentes, voire dangereuses, face aux textes de loi.

Cinq fĂ©dĂ©rations professionnelles (nĂ©goce des matĂ©riaux de construction, poissonniers…) ont ainsi Ă©tabli un rĂ©fĂ©rentiel, qui a Ă©tĂ© homologuĂ© par le ministère du Travail, sur lequel pourront s’appuyer leurs adhĂ©rents pour remplir leur dĂ©claration de pĂ©nibilitĂ©. Neuf autres branches, dont le commerce Ă  distance, ont conclu un document en attente d’homologation. Ce qui est peu depuis l’Ă©tĂ© 2015. «Ce sont surtout des branches oĂą le personnel est peu concernĂ© par la pĂ©nibilité», assure en outre Jean-Eudes du Mesnil, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la CPME (ex-CGPME, reprĂ©sentant des PME). Au total, sur les 16 millions de salariĂ©s en France, seuls 515.000 seront couverts par ces rĂ©fĂ©rentiels.

Et pour cause: dans les branches très touchĂ©es, pas de rĂ©fĂ©rentiel en vue! «Il est impossible d’en faire un car les situations sont trop variables selon les chantiers», assène Jacques Chanut, le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration française du bâtiment (FFB). La mĂ©tallurgie n’en a pas publiĂ© non plus mais a Ă©ditĂ© un guide, qui a moins d’implications juridiques. Une variante de plus!

Légalisme du Medef

Autre complication, chacun interprète les textes Ă  sa manière. Ă€ l’U2P (artisans et professions libĂ©rales) et Ă  la CPME, on laisse entendre que les entrepreneurs peuvent attendre le 30 septembre pour remplir la dĂ©claration. «Les entreprises ont jusqu’Ă  cette date pour corriger leurs saisies», explique Pierre Burban, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’U2P. Et ce pour jouer la montre, mais sans le dire, en espĂ©rant la victoire de la droite, qui a promis d’abroger le compte pĂ©nibilitĂ©, Ă  la prĂ©sidentielle de mai. Le ministère du Travail conteste cette analyse, soulignant qu’«une dĂ©claration pour ĂŞtre corrigĂ©e doit d’abord avoir Ă©tĂ© produite».

Le Medef, de son cĂ´tĂ©, prĂ´ne le lĂ©galisme. «Nous demandons Ă  nos fĂ©dĂ©rations d’aider les entreprises qui le souhaitent Ă  remplir la dĂ©claration d’ici au 31 janvier», rappelle Alexandre Saubot, le prĂ©sident de la mĂ©tallurgie (UIMM) et numĂ©ro deux du Medef. Pas question pour l’organisation de Pierre Gattaz d’agacer le gouvernement dans la dernière ligne droite. MĂŞme si certains dirigeants comprennent que des fĂ©dĂ©rations professionnelles aient, sur le terrain, un discours très revendicatif. Pour ajouter Ă  cette cacophonie, la CPME a choisi d’attaquer en justice, seule, des dĂ©crets d’application du compte pĂ©nibilitĂ©.

Cécile Crouzel

 

 

LES ECHOS – 31/01/2017

Le nombre de dĂ©faillances d’entreprises est en très net recul

Moins de 58.000 entreprises ont fait l’objet d’une procĂ©dure judiciaire en 2016 (-8,3 %), selon Altares.
L’embellie va se poursuivre cette annĂ©e : le nombre de dĂ©faillances devrait se rapprocher de son niveau d’avant crise.

L’annĂ©e 2016 aura marquĂ© une rĂ©elle embellie sur au moins un point : les dĂ©faillances d’entreprises. Selon la sociĂ©tĂ© Altares, le nombre d’entreprises ayant fait l’objet d’une procĂ©dure judiciaire – redressement, liquidation ou sauvegarde – l’an passĂ© a reculĂ© de 8,3 % par rapport Ă  2015. Les dĂ©faillances sont mĂŞme passĂ©es en 2016 sous la barre des 60.000 puisqu’elles se sont Ă©levĂ©es Ă  57.844. « C’est 8.000 de plus qu’en 2007, avant la crise, mais on s’approche du niveau de 2008 », remarque Thierry Millon, directeur des Ă©tudes chez Altares. « Et si l’on ne s’intĂ©resse qu’au quatrième trimestre, alors le nombre de dĂ©faillances est presque Ă©quivalent à celui des trois derniers mois de 2007. A partir d’octobre, l’embellie s’est amplifiĂ©e chaque mois », souligne-t-il.

Le recul des dĂ©faillances sur le seul quatrième trimestre atteint 12,2 %. L’amĂ©lioration est donc indiscutable, malgrĂ© le fait que la croissance de 2016 – attendue Ă  1,2 % – n’a pas Ă©tĂ© meilleure que celle de 2015. Mais les marges des entreprises ont continuĂ© Ă  progresser l’an passĂ© grâce aux mesures du gouvernement comme le CrĂ©dit d’impĂ´t pour la compĂ©titivitĂ© et l’emploi (Cice) et le pacte de responsabilitĂ©, ainsi qu’Ă  la modĂ©ration du prix du pĂ©trole. Les taux d’intĂ©rĂŞt toujours bas ont aussi contribuĂ© Ă  les aider.

La confiance retrouvĂ©e des chefs d’entreprise

Autre preuve de l’embellie, tous les secteurs d’activitĂ© ont vu le nombre de sinistres reculer, Ă  l’exception notable de l’agriculture oĂą les dĂ©faillances ont continuĂ© Ă  grimper. La construction va ainsi nettement mieux, comme le dĂ©collage du nombre de permis de construire le montre : le secteur a comptĂ© 2.300 dĂ©faillances en moins en 2016 par rapport Ă  2015. Le commerce et les services aux particuliers ont profitĂ© de la hausse de consommation et du regain de pouvoir d’achat. MĂŞme les entreprises de l’hĂ©bergement et restauration, très touchĂ©es par les attentats, s’en sortent finalement bien.

De la mĂŞme façon, toutes les tailles d’entreprises profitent de cette amĂ©lioration, de la très petite à celle de plus de 100 salariĂ©s. Le recul est particulièrement prononcĂ© pour les grosses PME. Logiquement, les procĂ©dures enclenchĂ©es l’an passĂ© mettent donc moins d’emplois en danger : 200.000 environ, soit 35.000 de moins que l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Ce mieux va-t-il se confirmer en 2017 ? « On voit que, tant les chefs d’entreprise que les consommateurs, retrouvent la confiance », pointe Thierry Millon. Il s’attend Ă  un nouveau recul des dĂ©faillances, de 6 % cette annĂ©e, Ă  54.000 sinistres environ. Un tel chiffre ferait de 2017 la meilleure annĂ©e depuis 2007 et permettrait de s’approcher du niveau des dĂ©faillances enregistrĂ©es avant la crise. L’assureur-crĂ©dit Euler Hermes anticipe aussi un recul du mĂŞme ordre (-7 %).

Dans le mĂŞme temps, les crĂ©ations d’entreprises ont tendance Ă  augmenter. Plus de 330.000 entreprises ont Ă©tĂ© créées l’an passĂ©, hors micro-entreprises, soit autant qu’en 2007. D’autres pays, notaient rĂ©cemment les Ă©conomistes de la Coface, ne peuvent pas en dire autant. Ainsi, en Allemagne, les crĂ©ations d’entreprises sont de 20 % infĂ©rieures Ă  celles de 2007. Mais le pays affiche, il est vrai, un taux de chĂ´mage bien plus faible qu’en France.

Guillaume de Calignon

 

 

LES ECHOS – 31/01/2017

5 heures : la mise en garde de France Stratégie

Le think tank appelle les candidats Ă  la prĂ©sidentielle Ă  clarifier l’objectif poursuivi par une rĂ©forme du temps de travail.

C’est une « note d’action critique » sur un sujet politiquement très clivant dans la campagne prĂ©sidentielle, que publie France StratĂ©gie ce mardi matin et dont « Les Echos » ont eu copie. Elle porte en effet sur le temps de travail. Victorieux de la primaire du PS dimanche, BenoĂ®t Hamon prĂ´ne le passage de 35 Ă  32 heures. A droite, François Fillon, lui, veut supprimer toute durĂ©e lĂ©gale et, par voie de consĂ©quence, la majoration obligatoire des heures supplĂ©mentaires.

Le centre de rĂ©flexion rattachĂ© Ă  Matignon ne prend pas position pour l’un ou l’autre, mais « veut clarifier le dĂ©bat en identifiant l’objectif visé », explique l’un de ses auteurs, Fabrice Lenglart, commissaire gĂ©nĂ©ral adjoint de France StratĂ©gie. Celui d’une rĂ©duction ou d’une augmentation de la durĂ©e du travail est le mĂŞme : lutter contre le chĂ´mage, estime la note. Pour y rĂ©ussir, dans un cas comme dans l’autre, il faut « avant tout veiller Ă  maĂ®triser les coĂ»ts salariaux unitaires ».

Dans un « contexte de croissance faible et de rupture technologique », « une nouvelle baisse de la durĂ©e du travail […] peut ĂŞtre vue comme une modalitĂ© de partage du temps de travail » et « conduire Ă  des crĂ©ations d’emplois et Ă  une baisse du chĂ´mage Ă  court terme », admet France StratĂ©gie. Mais pour qu’elle soit « durable », il faut des gains de productivitĂ© via une « rĂ©organisation des mĂ©thodes de travail » et une modĂ©ration y compris des bas salaires. A dĂ©faut d’une baisse du SMIC mensuel, l’institut Ă©voque la nĂ©cessitĂ© de nouvelles baisses des prĂ©lèvements sur les entreprises, alors mĂŞme que les allĂ©gements de cotisations « ont dĂ©jĂ  considĂ©rablement augmenté ». A contrario, une hausse de la durĂ©e du travail « risque d’entraĂ®ner Ă  court terme une hausse du chĂ´mage dans la mesure oĂą les entreprises auront tendance, Ă  niveau donnĂ© de leurs carnets de commandes, Ă  ajuster leur cible de main-d’oeuvre Ă  la baisse », surtout si la conjoncture est dĂ©primĂ©e, juge le think tank. A moyen terme, l’effet peut s’inverser, Ă  la condition d’une hausse des salaires infĂ©rieure Ă  celle de la durĂ©e du travail, conduisant Ă  une baisse des coĂ»ts salariaux unitaires. Sans garantie cependant « sur la motivation des salariĂ©s et donc sur leur productivité ».

S’il renvoie donc dos Ă  dos droite et gauche sur le temps de travail, France StratĂ©gie n’oublie pas pour autant un troisième scĂ©nario : celui dĂ©fendu par Emmanuel Macron, qui a Ă©voquĂ© l’idĂ©e d’une durĂ©e du travail qui varierait selon l’âge du salariĂ©. D’autres pays ont d’ailleurs engagĂ© des rĂ©formes en ce sens. Mais elles visent Ă  « porter l’adĂ©quation tout au long de la vie des temps de travail aux aspirations des salariĂ©s Ă  plus de libertĂ© dans la gestion de leur temps et aux besoins de flexibilitĂ© des entreprises », pas Ă  baisser le chĂ´mage, avertit France StratĂ©gie, qui inclut dans une telle logique le travail du dimanche.

LeĂŻla de Comarmond

 

::: ENTREPRISES

LES ECHOS – 31/01/2017

HĂ´tellerie-restauration : le patronat pousse son plan d’action

L’Umih appelle à gagner 1 point de PIB en cinq ans.
Soit 200.000 emplois et 21 milliards supplémentaires.

Le tourisme ne sera pas absent des dĂ©bats de la campagne prĂ©sidentielle, ni de ceux des Ă©lections lĂ©gislatives et sĂ©natoriales qui suivront. L’Umih, la principale organisation patronale de l’hĂ´tellerie-restauration, et ses syndicats associĂ©s vont profiter de cette sĂ©quence politique chargĂ©e pour porter haut les couleurs de ce secteur clef – 7,4 % du PIB en 2015 et quelque 2 millions d’emplois – en proposant un « Plan d’actions Ă  l’adresse des candidats aux Ă©lections de 2017 ».

OfficialisĂ© ce mardi et prĂ©sentĂ© sous la forme d’un livret didactique, ce plan s’articule autour de « 7 prioritĂ©s » – accompagnĂ©es de diverses mesures -, la première d’entre elles entraĂ®nant les six autres : l’Umih appelle tout d’abord Ă  gagner 1 point de PIB supplĂ©mentaire en cinq ans, soit 21 milliards d’euros de recettes additionnelles (la consommation touristique reprĂ©sente près de 159 milliards) et 200.000 emplois.

CrĂ©ation d’un fonds pour la promotion

Reprenant l’objectif gouvernemental des 100 millions de visiteurs Ă©trangers en 2020, Ă  comparer Ă  environ 85 millions en 2015 et probablement entre 80 et 82 millions l’an dernier, l’Umih prĂ©conise de porter Ă  100 millions d’euros par an le budget allouĂ© Ă  la promotion. Pour ce faire, elle plaide pour la crĂ©ation d’un fonds, soutenu par l’Etat et alimentĂ© par « tous les acteurs » profitant du tourisme.

En outre, l’organisation prĂ©conise de simplifier le pilotage de la filière, qui dĂ©pend de deux ministères – Economie et Affaires Ă©trangères – et de deux secrĂ©tariats d’Etat, avec la crĂ©ation d’un ministère du Tourisme de « plein exercice ». Par ailleurs, le plan de l’Umih remet sur la table des thĂ©matiques bien connues mais pas assez « creusĂ©es », comme la valorisation de l’apprentissage et la simplification administrative. Autres sujets lancinants : la stabilisation de la fiscalitĂ© et le respect par les plates-formes Internet de leurs obligations lĂ©gales.

Christophe Palierse

 

LES ECHOS – 31/01/2017

Les grands ports français résistent

 

Les ports de Paris, Rouen et Le Havre constituent au sein d’Haropa le premier ensemble portuaire français et le cinquième en Europe.

Le ralentissement du commerce mondial, de mauvaises récoltes céréalières et la crise énergétique ont pesé en 2016.
Des investissements en hausse, des efforts sur la logistique et des chantiers innovants soutiennent l’activitĂ©.

PromulguĂ©e le 21 juin 2016, la loi sur l’Economie bleue censĂ©e traduire « une politique maritime ambitieuse », comme s’en fĂ©licitait Alain Vidalies, le secrĂ©taire d’Etat chargĂ© des Transports, de la Mer et de la PĂŞche, ne sera pas du luxe pour le domaine portuaire français. L’initiateur de ce texte, le dĂ©putĂ© PS Arnaud Leroy, en appelait d’ailleurs Ă  « un vĂ©ritable plan Marshall portuaire ». Au vu des bilans d’activitĂ© mitigĂ©s des grands ports maritimes français, ces infrastructures portuaires en ont plus que jamais besoin.

Haropa – Le Havre, Rouen, Paris

Les ports de Paris, Rouen et Le Havre, qui constituent au sein d’Haropa le premier ensemble portuaire français et le cinquième en Europe, ont enregistrĂ© en 2016 une baisse de 4,8 % de leurs trafics maritimes, Ă  87,1 millions de tonnes, pĂ©nalisĂ©s notamment par la mauvaise rĂ©colte cĂ©rĂ©alière. Pour HervĂ© Martel, son prĂ©sident (et directeur gĂ©nĂ©ral du Port du Havre), Haropa « a cumulĂ© les handicaps sur des facteurs exogènes ». Ceux-ci n’ont cependant pas empĂŞchĂ© le trafic de conteneurs de battre « pour la deuxième annĂ©e de suite son propre record de et vers le marchĂ© français », avec 1,96 million d’EVP (pour Ă©quivalent vingt pieds, unitĂ© de mesure des conteneurs), en hausse de 0,6 %. Sur la pĂ©riode 2011-2016, la part de marchĂ© des ports de Paris, Rouen et Le Havre sur les conteneurs Ă©changĂ©s dans les ports du « range nord » europĂ©en est passĂ©e de 5,9 % Ă  6,4 %. En 2017, Haropa va investir près de 95 millions d’euros, tandis que les investissements privĂ©s devraient atteindre plus de 595 millions, contre 527 millions en 2016.

Marseille Fos

MalgrĂ© « la rĂ©duction de la rente pĂ©trolière », que pointe du doigt Jean-Marc Forneri, le prĂ©sident du conseil de surveillance du Grand Port maritime de Marseille Fos, la hausse du nombre de conteneurs dĂ©barquĂ©s (+3 %), mais aussi de voitures (+5 %), remorques (+7 %), « petits vracs » et GNL a permis de stabiliser le trafic 2016 au niveau de 2015, avec un trafic total de 80,9 millions de tonnes. Quant au trafic passagers, Ă  2,7 millions (+6 % sur un an), il tĂ©moigne du succès de la destination provençale pour les croisiĂ©ristes (+9 %), du dynamisme des lignes vers l’international (+12 %) et d’un retour Ă  la normale pour la desserte de la Corse. De quoi rendre les autoritĂ©s portuaires « assez confiantes » pour 2017. D’autant que s’y ajoute, Ă  terre, un potentiel logistique, comme l’illustrent les 250.000 mètres carrĂ©s dĂ©veloppĂ©s en 2016. Les investissements totaux ont progressĂ© de 22 %, Ă  55 millions d’euros.

Si la fermeture de la raffinerie Total de La Mède symbolise la fin d’un modèle, le positionnement de Marseille Fos sur la transition Ă©nergĂ©tique est confortĂ© par de nombreux projets. Quant au choix du nĂ©erlandais d’Interxion de baser son futur data center dans des locaux portuaires obsolètes, il souligne encore ce changement d’ère. En 2017, le port de Marseille table sur une croissance de 2,2 % de son trafic et des investissements en hausse de 18 %, Ă  65 millions.

Dunkerque

Troisième des grands ports maritimes en termes de trafic, Dunkerque a vu son activitĂ© en 2016 freinĂ©e par les arrĂŞts techniques pour maintenance d’un des hauts fourneaux d’ArcelorMittal, la fermeture dĂ©finitive de la sociĂ©tĂ© de raffinerie de Dunkerque et le retard dans le dĂ©marrage de l’exploitation du terminal mĂ©thanier. Il a nĂ©anmoins rĂ©ussi Ă  maintenir son tonnage, Ă  46,7 millions de tonnes (+0,3 %). Avec le trafic de Calais et Boulogne-sur-Mer, les ports des Hauts-de-France totalisent 90,7 millions de tonnes. L’Association des ports des Hauts-de-France vient d’ailleurs d’ĂŞtre créée avec pour objectif avouĂ© de gagner des parts de marchĂ© sur Le Havre au sud et Anvers et Rotterdam au nord, grâce au futur canal Seine Nord, qui leur permettra d’aller chercher des flux de conteneurs dans l’« hinterland », Ă  l’intĂ©rieur des terres. Dunkerque-Port a dĂ©jĂ  enregistrĂ© en 2016 une progression record de 7 % de son trafic de conteneurs, Ă  341.000 EVP, souligne StĂ©phane Raison, prĂ©sident du directoire. Ce dernier se fĂ©licite du retour de grands groupes nordistes comme Castorama, Roquette ou encore Auchan. Selon des projections ambitieuses, le trafic conteneurs pourrait ĂŞtre multipliĂ© par 7 en… 2035, Ă  2,5 millions d’EVP.

Nantes-SaintNazaire

Après cinq ans de baisse continue, le trafic du port de Nantes-Saint-Nazaire a lĂ©gèrement progressĂ© en 2016, Ă  25,5 millions de tonnes (+0,3 %). La progression aurait Ă©tĂ© plus marquĂ©e sans les blocages de la raffinerie de Donges liĂ©s Ă  la loi travail, en mai et juin 2016. Les trafics Ă©nergĂ©tiques, qui reprĂ©sentent 64 % des volumes, ont nĂ©anmoins progressĂ© de 6,5 %. Autre satisfaction, le sursaut du trafic roulier (+19 %) portĂ© par l’autoroute de la mer Vigo-Montoir et par la Milk Run Med. Celle-ci, transportant des colis aĂ©ronautiques, est dĂ©sormais utilisĂ©e par Renault Nissan et Scania. Le trafic du terminal Ă  conteneurs de Montoir a lui perdu 2 %, Ă  183.000 EVP. Nantes-Saint-Nazaire reste très au-dessous de son Ă©quilibre Ă©conomique. Il lui faudrait 30 millions de tonnes pour couvrir ses coĂ»ts de fonctionnement. Pour y parvenir, les investissements se poursuivent avec 40 millions d’euros programmĂ©s cette annĂ©e, après 30 millions l’an dernier.

Bordeaux La Rochelle

Le port de Bordeaux a vu son trafic reculer de 6,5 %, Ă  7,85 millions de tonnes, l’an dernier sous l’effet de la baisse des exportations de cĂ©rĂ©ales, qui pèse un quart du tonnage traitĂ©. Les hydrocarbures, autre grand poste d’activitĂ©, ont faibli de 1,7 %. Une lente glissade qui a fait le bonheur de La Rochelle, un port en eau profonde et dĂ©sormais premier port en tonnage de la rĂ©gion Nouvelle-Aquitaine, Ă  9,23 millions de tonnes (-5,9 %). Avec le projet XL Gironde de dragage de l’estuaire dans lequel le port de Bordeaux investit 15 millions d’euros cette annĂ©e, le port a l’ambition de faire gagner près de 10 % de tirant d’eau aux navires. Enfin, Bordeaux s’invite parmi les destinations de choix pour les croisiĂ©ristes. Ils ont Ă©tĂ© 50 Ă  accoster en 2016, en hausse de 40 % par rapport Ă  2015, et devraient ĂŞtre 53 cette annĂ©e.

Antoine Boudet et Nicole Buyse

 

::: POLITIQUE

FRANCEINFO – 31/01/2017

Présidentielle : les propositions du Medef pour sauver l’entreprise

 

Le prĂ©sident du Medef Pierre Gattaz le 10 janvier 2017 Ă  l’ElysĂ©e au moment des vĹ“ux aux partenaires sociaux.

Franceinfo vous révèle les propositions que le Medef va soumettre mardi 31 janvier aux candidats à la présidentielle pour sauver l’entreprenariat. 

Pour le Medef, le constat est simple : le sujet de l’entreprenariat est en train de passer Ă  la trappe des programmes des candidats Ă  la prĂ©sidentielle. A trois mois du scrutin, le patronat se mobilise pour remettre ce sujet au centre du dĂ©bat. Le Medef et le collectif Entreprendre2017 dĂ©voilent mardi 31 janvier plusieurs  propositions concrètes Ă  destination des candidats de droite comme de gauche.

Insuffler l’esprit d’entreprendre aux plus jeunes

Le Medef prĂ©conise de sensibiliser les Ă©lèves dès l’Ă©cole primaire mais aussi les apprentis, les Ă©tudiants et les enseignants via des mĂ©thodes ou des formations spĂ©cifiques.

Encourager la crĂ©ation d’entreprise

Pour crĂ©er plus d’entreprise et diminuer le taux de dĂ©faillance, le Medef veut revoir le dispositif d’exonĂ©ration de charges sociales la première annĂ©e.

Simplifier la cession des entreprises

Le collectif propose de supprimer la loi Hamon sur l’Ă©conomie sociale et solidaire. Cette loi oblige les patrons Ă  informer les salariĂ©s de tout projet de vente de l’entreprise, deux mois avant l’échĂ©ance, sous peine d’amende.

Attribuer un numĂ©ro de Siret Ă  tous les Français dès l’âge de 16 ans

Le numĂ©ro Siret est un peu le numĂ©ro de la carte d’identitĂ© d’une entreprise. Avec cette mesure, le Medef estime que les Français pourront crĂ©er une entreprise Ă  n’importe quel moment. Cette proposition avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© avancĂ©e par Jean-François CopĂ© lors de la campagne de la primaire de la droite.

Sarah Lemoine

 

 

L’OPINION – 31/01/2017

Hamon ou la tentation du clash avec le PS

Rallier la gauche au-delà du PS ou rassembler l’ensemble de la famille socialiste ? Benoît Hamon est désormais au pied du mur. Prochain test : la convention d’investiture, ce dimanche

Le Premier ministre a reçu lundi Benoît Hamon. À l’issue de ce tête-à-tête, Bernard Cazeneuve a mis en garde le vainqueur de la primaire : « Je le dis franchement et nettement à Benoît Hamon, la gauche ne réussira pas sans assumer le bilan de François Hollande. » De son côté, le candidat socialiste à l’élection présidentielle a indiqué que le quinquennat était « bon sur certains aspects, plus discutables sur d’autres », souhaitant « enrichir son projet mais sans le dénaturer ». Benoît Hamon doit s’entretenir jeudi avec le président de la République.

Lundi, en fin d’après-midi, dans la cour de Matignon, le Premier ministre, après une heure et demie de tête-à-tête avec le candidat socialiste, a adopté un ton particulièrement grave : « Benoît Hamon a une responsabilité éminente. C’est à lui de rassembler, de trouver les mots ». Puis il a souligné qu’en tant que chef de la majorité, il œuvrerait lui-même pour rassembler les progressistes, mais « dans un souci de crédibilité, de vérité et de confrontation avec la réalité. » Chaque mot est pesé au trébuchet et renvoie aux interrogations qui pèsent sur Benoît Hamon.

Le Premier ministre n’a pas adopté ce ton « de la dernière chance » par hasard. Depuis quelques jours, les proches de Benoît Hamon ne cessaient de susurrer, dans un sourire entendu, « vous verrez dimanche, il fera un discours d’ouverture. » À l’heure dite, dimanche soir, la famille socialiste était donc sur France2 pour entendre son nouveau candidat à l’élection présidentielle. Son intervention a eu l’effet d’un coup de massue. En s’adressant directement à Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon, il a fait exactement le contraire de ce que beaucoup espéraient.

Héros des frondeurs. Benoît Hamon n’a envoyé aucun signe propre à rassurer les proches de Manuel Valls ou du chef de l’État. Ni sur le bilan, ni sur son propre programme qui aurait été passé à la paille de fer de la crédibilité. Il a suivi la dynamique de la primaire, qui le déporte sur sa gauche, visant à « ringardiser Mélenchon », à demeurer le héros des frondeurs et l’épouvantail de tous les socialistes qui estiment que l’histoire rendra justice à ce quinquennat. « Soit il représente une candidature de témoignage, qui va tenter de prendre deux ou trois points à Mélenchon dans l’objectif d’incarner après 2017 le leadership de l’opposition, soit il veut véritablement se hisser à 20 %, se battre pour être au deuxième tour de la présidentielle et il se recentre au cœur de la famille socialiste », souligne un poids lourd du gouvernement.

Lundi matin, à Matignon, le Premier ministre qui avait réuni tout son gouvernement, avait perçu une ambiance proche de la sidération. « Autour de la table, la plupart des ministres étaient plongés dans la stupéfaction, note un secrétaire d’État. Beaucoup ne vont avoir qu’une idée en tête, se mettre en quarantaine ».

« C’est manifestement notre candidat, remarque un ministre abattu. On ne peut donc pas lui cracher à la figure ». Même parmi les socialistes les moins critiques à l’égard de Benoît Hamon, on estime que son entrée en scène présidentielle a été une erreur. « Aujourd’hui, l’opinion majoritaire à gauche, c’est qu’être légitimiste, c’est voter Macron. Il doit renverser la vapeur », observe un leader du PS. Un proche de François Hollande approuve : « Macron, lui au moins, il ne dit pas de mal du bilan, il se contente de dire du bien de ce qu’il va faire ».

Un reproche qu’a dû percevoir Benoît Hamon. Lors du Journal de 20 heures, lundi 30 janvier sur France 2, l’ancien ministre a en effet admis que ce quinquennat était pourvu « d’éléments positifs », louant le combat de Matthias Fekl contre le Tafta ou la persévérance de Marisol Touraine sur le compte pénibilité. Il s’est par ailleurs dit prêt à s’inspirer des « contributions qui sont celles de la famille socialiste » pour enrichir son programme, tout en restant ferme sur le revenu universel, dont il « maintiendra le cap ».

Grand oral. « On a une vingtaine de jours utiles pour mettre tous les signaux au vert : rassembler, éviter l’hémorragie et poursuivre la dynamique. Il y a une bataille de l’opinion interne au PS à mener », estime Régis Juanico, le porte-parole de Benoît Hamon. Après avoir hésité, le candidat a préféré reporter l’épreuve d’affronter les députés socialistes à l’occasion de la réunion de groupe. Son grand oral face aux députés n’aura pas lieu ce mardi matin. « Il faut laisser les choses se décanter, ne pas mettre la pression », observe un proche de Hamon, ce que traduit un leader socialiste : « Il lui était difficile de faire face à 200 députés hostiles ».

En réalité, tout devrait se dénouer le 5 février, à la convention d’investiture. À 12 heures 30, Benoît Hamon prendra longuement la parole devant 2 000 socialistes. « On verra alors s’il est en capacité de parler à tous », note un proche du chef de l’État, qui sera présent à la Mutualité. Concrètement, cela veut dire donner des gages sur le bilan et ses propres propositions. Les Hollandais, qui se réunissaient lundi soir autour de Stéphane Le Foll, au ministère de l’Agriculture, rue de Varenne, ont une idée très précise des points durs. Pour eux, le bilan ne se cristallise pas sur le 49.3 ou sur la déchéance de nationalité, deux marqueurs dont ils ne font pas des totems.

En revanche, la loi El Khomri ne peut être simplement rayée d’un trait de plume. « Il faudra dimanche qu’il nous dise clairement ce qu’il peut garder de la loi », affirme l’un d’entre eux. Benoît Hamon est également attendu sur le Pacte de responsabilité. « Il a indiqué que la première marche de son revenu d’existence, c’était l’équivalent du Pacte de responsabilité et de compétitivité, soit 40 milliards d’euros. Soit il a pris seulement un élément de comparaison, soit il a l’intention de revenir sur le Pacte, et il franchit la ligne jaune ».

Droit d’inventaire. Lundi matin, autour de Bernard Cazeneuve, le débat s’est également noué sur la question du bilan. « L’idée qu’il y a une sorte de droit d’inventaire dans ce quinquennat n’est pas totalement absurde, souligne un membre du gouvernement. On voit bien que notre électorat rejette une partie de ce bilan, et que ceux qui s’en sortent le mieux dans l’opinion sont ceux qui ont pris leurs distances avec Hollande et son bilan. Après, on ne peut pas gagner en disant que tout a été nul non plus. Le problème, c’est de trouver la bonne distance. » Ce ministre fait remarquer que Benoît Hamon était membre du gouvernement lorsque François Hollande a annoncé le CICE, puis amorcé, avec le Pacte de responsabilité, son tournant social-libéral, et n’a pas bronché.

Au sein du gouvernement et du « marais » parlementaire, on est donc prêt à s’accorder sur un possible soutien à Benoît Hamon. Mais cela n’ira pas sans sacrifices pour ce dernier. « Il a donné suffisamment de gages à gauche, notamment aux jeunes CSP + qui soutiennent Mélenchon, maintenant, il doit se recentrer, faire la synthèse », espère encore un jeune ministre. Mais rien n’indique à ce stade que Benoît Hamon, fort de ses 59 % de suffrages, ait la moindre intention de se livrer à cet exercice.

Jean-Jérôme Bertolus

 

 

LE MONDE – 31/01/2017

Jadot invite Hamon à « s’émanciper » du PS

Le candidat écologiste déclare qu’il y aura « un bulletin Jadot à la présidentielle ». Les vallsistes, eux, demandent à Benoît Hamon un projet présidentiel de nature à créer « une dynamique de rassemblement ».

Benoît Hamon, qui a remporté la primaire à gauche dimanche 29 janvier, a annoncé au soir des résultats qu’il comptait dialoguer avec Yannick Jadot, candidat d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), et avec Jean-Luc Mélenchon, le fondateur du Parti de gauche qui se présente désormais sous la bannière du mouvement La France insoumise. « Je proposerai à Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon de construire une majorité gouvernementale sociale, économique et démocratique, a déclaré celui qui est désormais le candidat du PS à l’élection présidentielle. Il faudra rassembler la gauche et les écologistes. »

Invité sur BFM-TV, Yannick Jadot s’est félicité lundi de la victoire de Benoît Hamon. « En temps que candidat écologiste qui veut que le débat écologiste s’ouvre [largement] en France », c’est une « excellente nouvelle », a-t-il dit. En revanche, le candidat EELV ne s’est pas prononcé sur un éventuel soutien au candidat issu de la primaire à gauche, estimant que la question était maintenant celle de la « cohérence ».

« Si Benoît Hamon est prêt à s’émanciper d’un Parti socialiste qui n’a jamais fait sa conversion écologiste, je militerai à ses côtés pour que nous nous lancions ensemble dans cette grande aventure. » Mais « si l’objectif d’Hamon est de faire le compromis avec Valls, il n’y aura pas de grande dynamique ». « Ce que je lui propose, c’est le grand large », a-t-il déclaré.

  1. Jadot a souligné par ailleurs que la question de son désistement n’était pas à l’ordre du jour : « J’ai un mandat, je suis le candidat écologiste issu d’une primaire. » « Il y aura un bulletin Jadot à la présidentielle », a-t-il assuré, ajoutant qu’il avait pour l’heure rassemblé 350 signatures sur les 500 nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle.

« Tendre la main »

Lundi, le directeur de campagne du candidat vainqueur, Mathieu Hanotin, a répété l’appel au rassemblement lancé la veille par Benoît Hamon. « Le rassemblement c’est bien au-delà des acteurs institutionnels, politiques, qui ont fait le choix d’être candidats, ça s’adresse avant tout aux citoyens de gauche », a-t-il estimé à l’antenne de LCI.

« Est-ce que le bilan de François Hollande est indéfendable ? Certains l’ont dit, Benoît Hamon ne l’a pas dit », a également déclaré le député de Seine-Saint-Denis, soucieux de tendre la main aux soutiens de Manuel Valls. Soulignant trois divergences fortes avec la politique gouvernementale – « la déchéance de nationalité, la loi travail, l’utilisation du 49-3 » – M. Hanotin a ajouté : « En dehors de ça, il s’est quand même passé beaucoup de choses au gouvernement et beaucoup de choses sur lesquelles à titre personnel, [et] Benoît Hamon lui-même, nous avons voté les lois », a-t-il assuré.

Au micro de RTL, le porte-parole de Manuel Valls, Philippe Doucet, soutient qu’il revient à M. Hamon de « tendre la main » et de faire « l’inverse » de ce qu’a fait François Fillon après sa victoire à la primaire de la droite.

« Je pense qu’il y a des désaccords qui resteront. Mais Benoît Hamon, dans la semaine, dans les quinze jours qui viennent, il a un choix à faire (…). Il doit élargir, il doit passer d’un projet de la primaire à un projet de la présidentielle. »

  1. Doucet soutient que le vainqueur de la primaire à gauche a « intérêt à réunir les candidats de la primaire autour de lui » pour avoir « une dynamique de rassemblement » et regarder « où il y a des points de convergence ».

Interrogé sur d’éventuels ralliements à Emmanuel Macron de parlementaires socialistes, le porte-parole de M. Valls a répondu : « On ne sait pas ce que pense Emmanuel Macron et puis, par ailleurs, quand vous êtes un député socialiste, élu par des électeurs socialistes avec des militants socialistes, vous avez aussi des comptes à rendre à vos propres militants et à vos propres électeurs, fait valoir Philippe Doucet. Je pense que la majorité des députés socialistes ne suivra pas Macron, (…) peut-être même moins d’une dizaine. C’est mon sentiment, je peux me tromper mais je pense que ça n’ira pas beaucoup plus loin. »

« Pas de rendez-vous pris » avec Mélenchon

Egalement invité au rassemblement dimanche par Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon avait opposé jeudi une fin de non-recevoir à toute idée en ce sens. Depuis, le candidat de La France insoumise a adouci son discours envers le candidat socialiste, saluant dimanche « des paroles si proches des nôtres » et « un fait qui donnera ses fruits le moment venu ».

Lundi, le porte-parole de Jean-Luc MĂ©lenchon, Alexis Corbière, a estimĂ© que la candidature de BenoĂ®t Hamon n’incarnait pas le renouvellement souhaitĂ© par les Français et a Ă©cartĂ© l’idĂ©e que son leader puisse s’effacer au profit du candidat socialiste. « Ce serait extrĂŞmement arrogant que le candidat PS dise (…) “arrĂŞtez de faire campagne” », a-t-il dĂ©clarĂ©, prĂ©cisant qu’il y aurait bien un bulletin MĂ©lenchon Ă  la prĂ©sidentielle.

Réaction d’Alexis Bachelay, le porte-parole de Benoît Hamon, lundi sur Sud Radio-Public Sénat : « A ce stade, il n’y a pas encore de rendez-vous de pris » avec le candidat de La France insoumise.

Le candidat socialiste doit rencontrer lundi le premier ministre Bernard Cazeneuve et les membres du gouvernement, ainsi que François Hollande dans la semaine.

Vidéo : http://abonnes.lemonde.fr/primaire-de-la-gauche/article/2017/01/30/jadot-invite-hamon-a-s-emanciper-du-ps_5071594_5008374.html

 

 

LE FIGARO – 31/01/2017

François Fillon repart Ă  l’offensive et compte cibler Emmanuel Macron

Le candidat de la droite estime avoir remobilisé ses troupes dimanche lors de son grand meeting de la Villette.

La justice a exaucĂ© le vĹ“u de François Fillon: il souhaitait ĂŞtre reçu «dans les plus brefs dĂ©lais» par le parquet financier, il a Ă©tĂ© entendu lundi, avec son Ă©pouse. Pendant que l’enquĂŞte se poursuit, le candidat et son Ă©quipe essaient, eux, de continuer Ă  mener campagne. Comme si de rien n’Ă©tait, ou presque. Lors de la rĂ©union des cadres qui a prĂ©cĂ©dĂ© le meeting de la Villette, dimanche matin, Patrick Stefanini, le directeur de campagne, n’a pas dit un mot du soupçon d’emplois fictifs qui pèse sur Penelope Fillon. «Il n’a parlĂ© que de l’organisation, rapporte un participant, et c’Ă©tait du Stefanini pur jus: net, carrĂ©.» François Fillon ne s’est pas montrĂ©. Il ne devrait pas non plus apparaĂ®tre mardi devant les Ă©lus rĂ©gionaux les RĂ©publicains, convoquĂ©s par le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du parti, Bernard Accoyer.

Quant aux parlementaires qui espĂ©raient voir le candidat cette semaine, ils seront déçus. «Fillon considère que le meeting a remobilisĂ© les troupes, il ne veut pas donner l’impression de s’occuper de l’interne, explique un proche. Il doit ĂŞtre entièrement tournĂ© vers les Français.» Tous les porte-parole, Thierry Solère en tĂŞte, ont cĂ©lĂ©brĂ© le «beau discours» de leur champion Ă  la Villette. «C’Ă©tait puissant», a assurĂ© le dĂ©putĂ© LR des Hauts-de-Seine, reprenant un qualificatif employĂ© par Jean-Pierre Raffarin.

Les lieutenants de l’ex-premier ministre doivent repartir Ă  l’offensive. ConformĂ©ment aux «élĂ©ments de langage» – «EDL» , dans le jargon de la communication politique – diffusĂ©s par le QG, les fillonistes les plus frĂ©quemment invitĂ©s dans les mĂ©dias ont concentrĂ© leurs tirs sur Emmanuel Macron. Avant que l’issue de la primaire de gauche soit connue, la consigne Ă©tait dĂ©jĂ  de prĂ©senter le fondateur d’En marche! comme un «candidat de gauche». Depuis que BenoĂ®t Hamon a triomphĂ© de Manuel Valls, l’angle d’attaque a Ă©tĂ© affinĂ©. «Macron est dĂ©sormais le dernier survivant du hollandisme», explique Thierry Solère, qui se rĂ©jouit que «la gauche soit segmentĂ©e entre deux reprĂ©sentants irrĂ©conciliables».

«Se battre comme un lion»

Vue du terrain, la sĂ©quence «remobilisation» paraĂ®t moins aboutie qu’on semble le penser Ă  Paris. «Chez moi, c’est 50/50, raconte le dĂ©putĂ© du Var Philippe Vitel. La moitiĂ© de nos Ă©lecteurs considère qu’on harcèle notre candidat de façon ignoble, l’autre moitiĂ© est Ă©branlĂ©e.»

Assurant qu’il «garde le moral» et qu’il veut «se battre comme un lion», Vitel a apprĂ©ciĂ© le discours de Fillon, qu’il a suivi Ă  la tĂ©lĂ©, mais juge qu’il en faudra plus pour reconquĂ©rir des sympathisants dĂ©routĂ©s. Le problème, selon lui, ne se limite pas aux «boules puantes»: «Ce qui nous a fait beaucoup de mal, estime le dĂ©putĂ©, c’est la santĂ©. Le tract format carte postale de Marine Le Pen oĂą elle dit “Fillon va vous rendre malade” a causĂ© de gros dĂ©gâts, et ce que Fillon a dit Ă  la Villette n’a pas suffi Ă  rassurer les gens. Il faut leur expliquer qu’ils vont ĂŞtre mieux soignĂ©s pour moins cher!»

Dans le Var, «Macron prend au centre, mais aussi Ă  droite», affirme Philippe Vitel, qui explique par «une obsession de renouveau» l’attraction opĂ©rĂ©e par le candidat d’En marche!

Dans le Maine-et-Loire, terre plus centriste, le dĂ©putĂ© ex-juppĂ©iste Marc Laffineur fait le mĂŞme constat. Selon lui, «les gens sont très perplexes et très hĂ©sitants. Ceux qui se tournent vers Macron le font par attrait pour la nouveautĂ©, mais aussi par rejet des autres. Mais ils ne sont pas encore dans la prĂ©sidentielle. Ils ne s’intĂ©ressent pas Ă  son programme, ils ne se demandent pas avec quelle majoritĂ© il pourrait bien gouverner». «Rien n’est perdu», assure Laffineur, qui est revenu plein d’espoir du meeting de la Villette: «Fillon a mis dans son discours beaucoup plus d’affect que d’habitude, et c’est très bien!»

Dans le Grand Est, la conseillère rĂ©gionale sarkozyste ValĂ©rie Debord se rĂ©jouit, elle, des annonces sociales du candidat. «C’est exactement ce qu’on attendait, ça prouve qu’on a Ă©tĂ© entendus», confie-t-elle. Elle a pu vĂ©rifier lundi lors d’une galette des rois organisĂ©e par la Ville de Nancy que les retraitĂ©s avaient apprĂ©ciĂ© les augmentations promises par François Fillon. Elle assure que «c’est de nature Ă  contrebalancer la tentation de voter pour Marine Le Pen, plus prĂ©sente dans cette partie de la France que la tentation Macron». Le FN aussi espère profiter des malheurs du candidat de la droite.

Vidéo : http://premium.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/01/30/35003-20170130ARTFIG00328-fillon-repart-a-l-offensive-et-compte-cibler-macron.php

 

Judith Waintraub

 

::: INTERNATIONAL

LES ECHOS – 31/01/2017

Brexit : les entreprises préfèrent l’Allemagne et les Pays-Bas à la France

 

Bye-bye London ? Bonjour Paris ? Pas évident.

Selon une étude d’EY, la France n’est que le troisième pays préféré par les entreprises étrangères pour relocaliser leur activité.

« Et Ă  la fin, c’est toujours l’Allemagne qui gagne. » Cette cĂ©lèbre petite phrase du footballeur britannique Gary Lineker peut aussi s’appliquer Ă  l’Ă©conomie. En tout cas en ce qui concerne les consĂ©quences du Brexit. C’est ce qui ressort d’une Ă©tude effectuĂ©e par le cabinet de conseil EY qui a interrogĂ© 254 dirigeants de sociĂ©tĂ©s Ă©trangères implantĂ©es au Royaume-Uni en novembre dernier. Selon cette enquĂŞte, 14 % des entreprises Ă  capitaux Ă©trangers installĂ©es de l’autre cĂ´tĂ© de la Manche estiment que le vote de juin dernier aura des consĂ©quences sur leur organisation, ce qui les poussera Ă  transfĂ©rer tout ou une partie de leur activitĂ© autre part. « C’est considĂ©rable et cela va avoir un impact fort sur l’industrie manufacturière et l’industrie financière en Grande-Bretagne », estime Marc Lhermitte, associĂ© chez EY et coauteur de l’Ă©tude.

L’Allemagne est la destination privilĂ©giĂ©e par ces entreprises dĂ©sireuses de transfĂ©rer une partie de leur activitĂ© Ă  l’Ă©tranger, suivie des Pays-Bas. La France n’arrive qu’en troisième position, juste avant l’Irlande. « Le contexte gĂ©nĂ©ral est inquiĂ©tant pour les multinationales. Il existe une instabilitĂ© gĂ©nĂ©rale depuis l’Ă©lection de Donald Trump : les taux de change sont volatils et l’avenir du commerce international, incertain. Du coup, l’Allemagne, avec une Ă©lection Ă  venir qui ne fait pas particulièrement peur, est vue comme un Ă®lot de stabilitĂ© », explique Marc Lhermitte. D’ailleurs, chez les dirigeants interrogĂ©s, le Brexit n’apparaĂ®t que comme Ă©tant la troisième plus forte prĂ©occupation, derrière la volatilitĂ© des marchĂ©s et l’instabilitĂ© politique des pays europĂ©ens. A l’inverse, « la France ne propose pas un contexte politique très stable actuellement ni un environnement fiscal et rĂ©glementaire assez efficace », juge l’associĂ© d’EY. A ce titre, « le rĂ©sultat de l’Ă©lection prĂ©sidentielle sera important ».

Les Asiatiques intéressés

Toutefois, l’Hexagone a des atouts Ă  faire valoir, notamment sa capitale, dynamique et qui reste la plus grande ville d’Europe continentale. « A terme, le Grand Paris a beaucoup Ă  gagner. Le jeu reste ouvert », pointe Marc Lhermitte. A la question de savoir quelles villes seraient leur destination privilĂ©giĂ©e en Europe, les investisseurs Ă©trangers interrogĂ©s par le cabinet de conseil citent d’abord Londres – pour 54 % d’entre eux – puis Paris, mis en avant par 48 % des investisseurs et enfin, loin derrière, Francfort, Berlin et Madrid. « Paris a rĂ©duit l’Ă©cart avec Londres, parce que l’enthousiasme pour la capitale britannique baisse et parce que les investisseurs cherchent une autre ville « rĂ©ellement mondiale » en Europe, les Asiatiques se montrant particulièrement intĂ©ressĂ©s », notent les auteurs de l’Ă©tude.

VIDEO – Quels pays profitent vraiment du Brexit ? http://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/0211738648714-brexit-les-entreprises-preferent-lallemagne-et-les-pays-bas-a-la-france-2061379.php

 

Guillaume de Calignon

 

 

LE FIGARO – 31/01/2017

Merkel face Ă  la pression de plus en plus forte d’Erdogan

Le prĂ©sident turc exige que l’Europe lui livre tous ceux qui tentent d’Ă©chapper Ă  la purge dĂ©clenchĂ©e après le putsch manquĂ©.

Angela Merkel se prĂ©pare Ă  un exercice pĂ©rilleux. Jeudi, la chancelière allemande se rend en Turquie pour parler, officiellement, de la crise des rĂ©fugiĂ©s et de la lutte contre le terrorisme. Mais c’est tout simplement des relations entre l’Europe et Ankara dont il sera question, alors que le pouvoir se durcit dans la pĂ©ninsule et menace l’Union. Le prĂ©sident Recep Tayyip Erdogan rĂ©clame le soutien des EuropĂ©ens dans son entreprise de purge de l’opposition, faute de quoi, laisse-t-il comprendre, l’accord sur le contrĂ´le de la frontière, qui protège l’Union d’une Ă©ventuelle nouvelle crise migratoire, serait remis en cause.

De l’autre cĂ´tĂ© de la mer ÉgĂ©e, l’embarras est perceptible face Ă  l’escalade d’Ankara. En tĂ©moigne la gĂŞne des autoritĂ©s allemande ou grecque vis-Ă -vis des militaires turcs qui ont fui leur pays depuis la tentative de putsch avortĂ©e du 15 juillet dernier. Une quarantaine d’officiers de haut rang stationnĂ©s sur les bases de l’Otan ont ainsi demandĂ© l’asile en Allemagne, ont rĂ©vĂ©lĂ© Der Spiegel et l’ARD ce week-end. «Si je retourne en Turquie, je risque d’ĂŞtre emprisonnĂ© et peut-ĂŞtre mĂŞme torturé», a dĂ©clarĂ© l’un des militaires aux mĂ©dias allemands. Il craint d’ĂŞtre accusĂ© d’avoir soutenu le coup d’État. Il assure pourtant n’avoir «aucune sympathie pour les putschistes».

La rĂ©ponse turque n’en a pas moins Ă©tĂ© cinglante: «Les autoritĂ©s et les tribunaux allemands doivent y rĂ©flĂ©chir très attentivement et absolument rejeter leurs demandes», a affirmĂ© le ministre de la DĂ©fense, Fikri Isik. Les procĂ©dures suivront leur cours comme pour n’importe quelle demande d’asile, ont laconiquement rĂ©agi les autoritĂ©s allemandes.

La mise en garde du pouvoir turc Ă  Berlin est du mĂŞme ordre que celle adressĂ©e Ă  Athènes la semaine dernière. Le gouvernement turc exige que huit militaires, qui ont fui le pays le 16 juillet, lui soient remis. Mais la Cour suprĂŞme grecque s’est opposĂ©e Ă  leur extradition vers la Turquie, alors qu’ils ont Ă©tĂ© jugĂ©s et condamnĂ©s en Grèce pour ĂŞtre entrĂ©s illĂ©galement sur le territoire. «Nous ne pouvons pas regarder positivement un pays qui protège des terroristes, des traĂ®tres, des putschistes», a menacĂ© vendredi MevlĂĽt Cavusoglu, le ministre des Affaires Ă©trangères. «La Grèce doit savoir cela. Nous prendrons les mesures nĂ©cessaires, y compris l’annulation de l’accord de rĂ©admission», a-t-il prĂ©venu.

Ă€ Athènes, le premier ministre Alexis Tsipras s’est retranchĂ© derrière l’institution judiciaire. «Les responsables du coup d’État ne sont pas les bienvenus dans notre pays, a-t-il soulignĂ©, mais la justice grecque est indĂ©pendante.» Pour la Cour suprĂŞme, les militaires condamnĂ©s risquaient d’ĂŞtre torturĂ©s dans leur pays.

En Turquie, la chancelière se prĂ©pare Ă  un numĂ©ro d’Ă©quilibriste. L’opposition turque critique son voyage, qui ne pourra servir qu’Ă  «soutenir» Recep Tayyip Erdogan, a dĂ©clarĂ© son leader, Kemal Kiriçadaroglu, dans une interview Ă  la SĂĽddeutsche Zeitung. Ă€ quelques semaines d’un rĂ©fĂ©rendum pour renforcer ses pouvoirs, le prĂ©sident turc savoure son influence: avant de recevoir la chancelière, c’est la première ministre britannique, Theresa May, qui a fait le dĂ©placement jusqu’Ă  lui.

Ă€ Berlin, on est conscient des contradictions. Mais Angela Merkel tient coĂ»te que coĂ»te Ă  l’accord sur les rĂ©fugiĂ©s qu’elle a nĂ©gociĂ© l’annĂ©e dernière. Elle veut aussi Ă©viter un raidissement des relations diplomatiques qui pousserait Ankara dans les bras de Moscou. Au ministère des Affaires Ă©trangères, on plaide pour le maintien du dialogue avec Ankara. On veut croire aussi que la Turquie n’a pas intĂ©rĂŞt Ă  rompre ses relations avec l’Europe.

Nicolas Barotte

 

 

LE MONDE – 31/01/2017

Theresa May maintient l’invitation à Donald Trump en dépit des protestations

Des milliers de personnes ont manifesté, lundi en Grande-Bretagne, contre la venue annoncée du président américain.

« Honte à May ! ». Pour la première ministre britannique, le retour de bâton est spectaculaire. Deux jours après avoir été couverte de louanges par la presse conservatrice pour sa prestation jugée plutôt habile au côté de Donald Trump à Washington, des milliers de manifestants l’ont conspuée, lundi 30 janvier, toute la soirée, non seulement aux abords de Downing Street mais dans de nombreuses villes du pays. Au même moment, la pétition officielle lancée sur le site du Parlement contre la visite d’Etat du président américain à l’invitation de Theresa May dépassait 1,6 million de signataires.

Image flétrie

« C’était déjà embarrassant qu’elle se précipite pour être la première à faire la révérence à Trump. Mais qu’elle invite ce raciste ici, c’est vraiment trop », fulmine Caroline, 36 ans, une professeur d’anglais noyée dans le rassemblement londonien « contre le bannissement des musulmans ». « Non au racisme, non à Trump ! », « Expulsez Theresa May ! », « La relation spéciale [avec les Etats-Unis] ? Dites simplement non ! », proclament les banderoles. Dans une sono crachotante, des militants pro-droits de l’homme, des réfugiés de « pays musulmans » et des ténors politiques de gauche s’époumonent.

« May sacrifie nos valeurs pour obtenir un accord commercial post-Brexit. Elle se fait complice de la tyrannie ! », lance Caroline Lucas, leader des Verts, tandis que Diane Abbott, proche du leader Labour Jeremy Corbyn appelle à « résister à l’islamophobie ». Des militants musulmans disent leur « honte » et leur « crainte » ; certains démarrent leur harangue en scandant des « Allahou akbar ». Le patron d’un syndicat d’enseignants avertit : « On sait ce qui s’est passé dans les années 30 quand les gens n’ont rien dit ».

Plutôt accueillie avec fierté au Royaume-Uni, l’image de Theresa May en tailleur rouge marchant main dans la main, vendredi, avec Donald Trump, a commencé à se flétrir dès le lendemain lorsque, en déplacement en Turquie, elle a refusé à trois reprises de condamner la décision de Donald Trump de fermer les frontières aux ressortissants de sept pays. Il a fallu de longues heures pour que Downing Street réprouve du bout des lèvres la mesure, tout en considérant qu’elle « concerne le gouvernement des Etats-Unis ».

Reçu comme « Mugabe et Ceausescu »

Lundi, Mme May a fait savoir qu’elle était « très heureuse » que M. Trump ait accepté l’invitation formellement adressée par la reine Elizabeth. Boris Johnson, son ministre des affaires étrangères a même insisté : le président Trump, a-t-il déclaré au cours d’un tumultueux débat en urgence aux Communes, est « le chef d’un Etat qui est notre plus proche allié » et « il n’y a absolument aucune raison de ne pas lui accorder une visite d’Etat ». Tout en qualifiant la décision du président américain de « controversée, discriminatoire et mauvaise », M. Johnson a affirmé que M. Trump « aboie plus qu’il ne mord ».

Alors que les députés multipliaient les références à la montée du nationalisme dans les années 1930, certains qualifiant M. Trump de « fasciste », le chef du Foreign Office a usé d’un étonnant argument pour justifier l’invitation à M. Trump : après tout, a-t-il remarqué, en leur temps « Robert Mugabe [dictateur du Zimbabwe] et Nicolae Ceausescu [ex-dictateur roumain] ont été reçus par Sa Majesté la reine ».

Philippe Bernard

 

 

LE PARISIEN – 31/01/2017

Décret anti-immigration de Trump : Obama sort de son silence

 

Manifestation à Bruxelles contre le décret anti-immigration, le 30 janvier 2017

Le dĂ©cret amĂ©ricain qui interdit l’accueil de rĂ©fugiĂ©s et de ressortissant de sept pays musulmans continue de susciter des rĂ©actions hostiles à travers le monde et aux Etats-Unis.

Trois jours après la dĂ©cision de Donald Trump d’interdire vendredi par dĂ©cret l’entrĂ©e aux Etats-Unis des rĂ©fugiĂ©s de toute origine et des ressortissants de sept pays Ă  majoritĂ© musulmane*, l’onde de choc continue de se propager Ă  travers le monde. Aux Etats-Unis, des personnalitĂ©s du show business mais aussi du monde des affaires n’ont pas tardĂ© Ă  manifester leur dĂ©sapprobation, en Ă©cho aux manifestations qui ont eu lieu dimanche aux abords de la Maison blanche, dans le reste du pays et ailleurs dans le monde. Dix jours après avoir quittĂ© ses fonctions, Barack Obama est Ă©galement sorti de son silence. Les rĂ©actions sont tout aussi vives Ă  l’extĂ©rieur des frontières amĂ©ricaines.

Obama estime «les valeurs fondamentales» menacées

Barack Obama avait promis de se tenir Ă  l’Ă©cart du dĂ©bat politique sauf si «les valeurs fondamentales» de l’AmĂ©rique Ă©taient menacĂ©es : dix jours seulement après son dĂ©part de la Maison Blanche, il a jugĂ© que c’Ă©tait dĂ©jĂ  le cas, encouragĂ© par «le niveau de mobilisation» Ă  travers le pays.

«Le président (Obama) est en désaccord fondamental avec la notion de discriminer des individus en raison de leur croyance ou de leur religion», a déclaré son porte-parole, Kevin Lewis.

«Une discrimination fondée sur la nationalité»

Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, le Jordanien Zeid Ra’ad Al Hussein, a dĂ©noncĂ© lundi le «manque de gĂ©nĂ©rosité» du dĂ©cret. «La discrimination fondĂ©e sur la nationalitĂ© est interdite par les droits de l’Homme», a tweetĂ© le haut responsable onusien, qui s’exprime très rarement sur les rĂ©seaux sociaux. Selon lui, le dĂ©cret amĂ©ricain «gaspille les ressources nĂ©cessaires pour lutter contre le terrorisme».

Merkel : un décret anti-musulman 

«La lutte nĂ©cessaire contre le terrorisme ne justifie en aucune manière de gĂ©nĂ©raliser le soupçon contre les personnes en fonction de leur croyance, en l’occurrence ici des personnes de foi musulmane, ou en fonction de leur origine», a estimĂ© lundi la chancelière allemande Angela Merkel.

Ayrault : la France souhaite l’annulation du dĂ©cret

Le ministre des Affaires Ă©trangères français Jean-Marc Ayrault a souhaitĂ© lundi l’annulation du dĂ©cret du prĂ©sident amĂ©ricain. «Je pense que ce serait le bon sens» d’annuler cette dĂ©cision, a t-il dĂ©clarĂ© lors d’une visite Ă  TĂ©hĂ©ran, dĂ©nonçant une situation «inacceptable et très pĂ©nalisante pour les personnes concernĂ©es».

Les Européens binationaux dans le doute 

Un ressortissant de l’Union europĂ©enne ayant la double nationalitĂ© iranienne et française peut-il continuer Ă  rendre visite Ă  sa famille aux Etats-Unis ?Les consĂ©quences juridiques du dĂ©cret amĂ©ricain «ne sont pas encore claires» en ce qui concerne leur impact Ă©ventuel sur des ressortissants de l’UE dĂ©tenteurs de la double nationalitĂ© des pays visĂ©s, a expliquĂ© lundi le porte-parole de la commission europĂ©enne Margaritis Schinas, «Nos avocats sont en contact avec nos partenaires europĂ©ens et autres, et nous allons nous assurer qu’aucune discrimination n’est infligĂ©e Ă  nos citoyens.»

* Les sept pays visĂ©s par le dĂ©cret amĂ©ricain sont : l’Iran, l’Irak, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le YĂ©men.

Le transport aérien demande une clarification

«Le dĂ©cret a Ă©tĂ© signĂ© sans coordination ou avertissement prĂ©alable, ce qui a causĂ© de la confusion chez les compagnies aĂ©riennes comme chez les voyageurs», a dĂ©plorĂ© lundi l’Association du transport aĂ©rien international (IATA) qui a demandĂ© Ă  l’administration amĂ©ricaine de clarifier rapidement ses mesures. Les compagnies aĂ©riennes doivent vĂ©rifier les passeports et visas de leurs passagers avant le dĂ©part, sous peine d’amendes et de retour Ă  leurs frais des visiteurs indĂ©sirables. La principale difficultĂ© porte notamment sur les binationaux.

Damas appelle les réfugiés syriens à rentrer 

Le gouvernement syrien de Bachar-el-Assad, qui n’avait pas encore rĂ©agi, a renouvelĂ© hier, par la voix du chef de la diplomatie Walid Mouallem, «l’appel du gouvernement aux rĂ©fugiĂ©s syriens installĂ©s dans les pays voisins Ă  rentrer au pays, rĂ©affirmant sa disposition Ă  les accueillir et leur assurer une vie digne». Il n’a toutefois pas fait directement allusion au dĂ©cret amĂ©ricain qui vise directement les rĂ©fugiĂ©s syriens, sans limitation de temps.

L’Irak exige la rĂ©vision d’«une dĂ©cision erronĂ©e»

Le ministère irakien des Affaires Ă©trangères a appelĂ© lundi les Etats-Unis Ă  revoir lundi la dĂ©cision suspendant l’entrĂ©e des citoyens irakiens sur le sol amĂ©ricain, en la qualifiant d’ «erronĂ©e». «Il est malheureux que cette dĂ©cision ait Ă©tĂ© prise Ă  l’encontre d’un pays alliĂ©, liĂ© aux Etats-Unis par un partenariat stratĂ©gique», prĂ©cise l’Irak. Les dĂ©putĂ©s irakiens avaient votĂ© juste avant une motion appelant le gouvernement Ă  appliquer la rĂ©ciprocitĂ© avec les Etats-Unis si Washington ne revenait pas sur sa dĂ©cision de suspendre l’entrĂ©e des citoyens irakiens.

Trois Iraniens bloqués à Vienne

Trois ressortissants iraniens, une femme et un couple de personnes âgĂ©es disposant d’un visa pour les Etats-Unis, sont restĂ©s bloquĂ©s trois jours en zone de transit de l’aĂ©roport de Vienne (Autriche) après avoir Ă©tĂ© interdits d’embarquer pour les Etats-Unis. Ils ont finalement acceptĂ© de rentrer dans leur pays ce lundi. «Ils (Ă©taient) arrivĂ©s samedi matin et (avaient) refusĂ© de rĂ©embarquer pour Ispahan (sud de l’Iran), dans l’espoir que les autoritĂ©s amĂ©ricaines changent d’avis», avait expliquĂ© la compagnie Austrian Airlines. TĂ©hĂ©ran avait annoncĂ© samedi qu’il appliquerait le principe de rĂ©ciprocitĂ© pour les citoyens amĂ©ricains. L’Autriche a par ailleurs dĂ©plorĂ© lundi avoir dĂ» annuler 300 visas attribuĂ©s Ă  des membres de minoritĂ©s religieuses iraniennes (chrĂ©tiens, juifs, baha’i dĂ©sireux de s’installer aux Etats-Unis).

Des diplomates américains protestent

Plusieurs diplomates amĂ©ricains ont protestĂ© officiellement contre le dĂ©cret «ProtĂ©ger la nation contre l’entrĂ©e de terroristes Ă©trangers aux Etats-Unis», a confirmĂ© lundi le DĂ©partement d’Etat. Ces derniers, dont on ignore le nombre, ont utilisĂ© un «canal» officiel dit de «dissidence», qui permet de contester en interne une dĂ©cision de l’administration. Ce canal de communication avait ainsi Ă©tĂ© activĂ© en juin lorsqu’une cinquantaine de diplomates avaient rĂ©clamĂ© que les Etats-Unis frappent militairement le rĂ©gime syrien.

«L’AmĂ©rique doit de nouveau ĂŞtre sĂ»re», tweete Trump

Le secrĂ©taire Ă  la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure, John Kelly, «a dit que tout se passait bien avec très peu de problèmes. L’AMERIQUE DOIT DE NOUVEAU ETRE SURE ! », a tweetĂ© le prĂ©sident lundi le prĂ©sident Trump.

Selon lui, «les gros problèmes dans les aĂ©roports ont Ă©tĂ© causĂ©s par une panne d’ordinateur de Delta, les manifestants et les larmes du sĂ©nateur Schumer (un sĂ©nateur dĂ©mocrate Ndlr)». Il souligne que seulement 109 personnes ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©es Ă  leur arrivĂ©es sur le sol amĂ©ricain parmi les 325.000 passagers quotidiens.

Les manifestations Ă  travers tout le pays, les dĂ©cisions de certains juges de suspendre temporairement l’application de certaines clauses, empĂŞchant l’expulsion immĂ©diate de personnes arrĂŞtĂ©es Ă  l’aĂ©roport, et une certaine confusion dans les aĂ©roports du pays semblent avoir nĂ©anmoins poussĂ© l’administration amĂ©ricaine a mettre de l’eau dans son vin en particulier pour les dĂ©tenteurs d’un permis de rĂ©sident permanent, la fameuse carte verte, mais aussi pour les ressortissants des sept pays visĂ©s qui ont une double nationalitĂ©.

VIDEO. Manifestations contre le décret anti-immigration de Trump :  http://www.leparisien.fr/international/decret-anti-immigration-de-trump-l-onu-denonce-un-manque-de-generosite-30-01-2017-6639294.php

 

 

 

Vous souhaitant une bonne journée.

 

Cordialement,

 

 

Elena NATALITCH

Service Presse, Communication / Formation

251, bd Pereire – 75852 PARIS Cedex 17

Tél. : 01 40 55 12 43

Fax : 01 40 55 12 40

elena.natalitch@medef-idf.fr

www.medef-idf.fr

https://www.facebook.com/medef.idf

 

::: ILE-DE-FRANCE

LA TRIBUNE – 02/02/2017

Île-de-France : nouvel accrochage entre la région et la métropole

 

Valérie Pécresse ne veut décidément pas de la métropole du Grand Paris.

 

La prĂ©sidente de la rĂ©gion ĂŽle-de-France impose Ă  la mĂ©tropole du Grand Paris de prendre en charge le financement du logement social sur son pĂ©rimètre dès 2017. Problème, contrairement Ă  ce qu’affirme la majoritĂ© rĂ©gionale, la mĂ©tropole n’en a pas la compĂ©tence.

Imbroglio autour de la politique du logement de la rĂ©gion ĂŽle-de-France. Le conseil rĂ©gional francilien a en effet votĂ© la semaine passĂ©e, comme annoncĂ©, une rĂ©duction de ses financements au parc locatif social francilien de 30 millions d’euros en 2017. Pour justifier cette baisse, la prĂ©sidente de la rĂ©gion ValĂ©rie PĂ©cresse avance le doublon sur la compĂ©tence Logement entre la mĂ©tropole du Grand Paris (MGP), créée en 2016, et la rĂ©gion. Ainsi dès cette annĂ©e, sur le territoire mĂ©tropolitain (Paris et les trois dĂ©partements de la petite couronne) la rĂ©gion impose implicitement Ă  la MGP d’assumer le financement de cette politique du logement social, Ă  l’exception notable des logements destinĂ©s aux jeunes et aux étudiants (dont les crĂ©dits rĂ©gionaux sont en hausse), et des logements sociaux situĂ©s dans les quartiers concernĂ©s par le nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). « Dans l’attente d’une clarification et d’une simplification institutionnelle, la RĂ©gion suspendra son financement du parc social dans le pĂ©rimètre de la mĂ©tropole dans la mesure oĂą il revient Ă  celle-ci la compĂ©tence logement Ă  partir du 1er janvier 2017 », est-il concrètement indiquĂ© en annexe de la dĂ©libĂ©ration du budget rĂ©gional.

La mĂ©tropole n’a pas encore la compĂ©tence logement !

Problème : en rĂ©alitĂ©, la mĂ©tropole n’a pas encore rĂ©cupĂ©rĂ© de compĂ©tence Logement ! Elle doit en effet Ă©laborer au prĂ©alable son plan de l’habitat et de l’hĂ©bergement (PMHH). Or, ce PMHH ne sera pas mis en Ĺ“uvre avant le courant de l’annĂ©e 2018, et il ne pouvait en ĂŞtre autrement, indique-t-on Ă  la MGP. Sur ce point, la rĂ©gion se trompe, donc. La mĂ©tropole argue aussi que la manoeuvre du conseil rĂ©gional pourrait ĂŞtre juridiquement contestable, car elle crĂ©e une inĂ©galitĂ© de traitement entre les territoires d’ĂŽle-de-France. Mais la rĂ©gion assure le contraire. Par ailleurs, le vice-prĂ©sident chargĂ© du Logement Ă  la rĂ©gion, Geoffroy Didier, rappelle qu’Ă  la fin de l’Ă©tĂ© 2016, lors du comitĂ© rĂ©gional de l’habitat et de l’hĂ©bergement (CRHH), le prĂ©sident de la mĂ©tropole du Grand Paris Patrick Ollier aurait refusĂ© une proposition d’aide de la rĂ©gion Ă  la mĂ©tropole pour Ă©laborer son PMHH. Face Ă  ce refus, et « puisque la MGP a fait le choix politique de s’emparer de la compĂ©tence logement dès 2017, la rĂ©gion a laissĂ© la mĂ©tropole dĂ©finir seule sa politique du logement », explique Goeffroy Didier…

Sont-ce lĂ  de futiles querelles politiciennes ? PlutĂ´t l’envie de la prĂ©sidente de la rĂ©gion ĂŽle-de-France d’affirmer une nouvelle fois son opposition à la mĂ©tropole du Grand Paris. « La mĂ©tropole, c’est un non-sens », expliquait ValĂ©rie PĂ©cresse à La Tribune il y a quelques mois. Selon elle, incontestablement, « la mĂ©tropole, c’est la rĂ©gion ! ». Elle rĂ©pète Ă  qui veut l’entendre que rien n’est « pertinent en matière de rĂ©partition des compĂ©tences » entre les deux collectivitĂ©s. Critiquer sans relâche la MGP, c’est donc une manière pour ValĂ©rie PĂ©cresse d’ĂŞtre « cohĂ©rente politiquement » et d’imposer la simplification accrue territoriale qu’elle souhaite.

Les populations modestes, premières victimes

Mais in fine, ce sont les populations modestes de Paris et de la première couronne qui vont payer le coĂ»t cette guerre entre les deux Ă©chelons territoriaux. En 2017, il y aura donc 30 millions d’euros de financements en moins pour le logement social francilien, et donc in fine les mĂ©nages modestes qui seront pĂ©nalisĂ©s. Ce qui ne manque pas de rĂ©volter l’opposition rĂ©gionale : « La rĂ©alitĂ©, c’est que nombre de projets resteront dans les cartons, faute de financements, et que les collectivitĂ©s locales comme les bailleurs et les investisseurs renonceront », regrette dĂ©jĂ  Mounir Satouri, le prĂ©sident du groupe Ă©cologiste au conseil rĂ©gional francilien. « Il n’y aura plus un euro pour le logement social Ă  Paris et en petite couronne », a dĂ©noncĂ© CĂ©line MalaisĂ©, prĂ©sidente du groupe Front de Gauche au conseil rĂ©gional. MĂŞme son de cloches du cĂ´tĂ© du conseil mĂ©tropolitain : « il y a un trou, c’est irresponsable », dĂ©plorait Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers et prĂ©sident du groupe FDG Ă  la MGP,  alors que « rien n’empĂŞche une collectivitĂ© d’aider sur des champs qui ne sont pas les siens ». Las, la volontĂ© de cohĂ©rence et de simplification de la rĂ©gion semble plus forte que les Ă©ventuels dĂ©gâts sociaux qu’elle pourrait crĂ©er.

Mathias Thépot

 

 

L’USINE NOUVELLE – 02/02/2017

L’Île-de-France, cinquième destination mondiale pour les investissements internationaux

Avec 141 investissements directs en 2016, la région Île-de-France reste la cinquième destination mondiale pour les investissements internationaux. Elle figure, par ailleurs, au troisième rang pour les implantations de fonctions stratégiques.

L’ĂŽle-de-France reste la cinquième destination mondiale pour les investissements internationaux selon les derniers rĂ©sultats de l’observatoire des investissements internationaux dans les principales mĂ©tropoles dĂ©voilĂ©s mercredi matin Ă  Paris.

Réalisée par l’association Paris-Ile-de-France Capitale Economique et KPMG cette étude dresse le bilan des investissements dits « greenfield », soit les implantations nouvelles créatrices d’emplois, dans 35 villes globales du monde et sur une période allant du 1er octobre 2015 au 30 septembre 2016.

Avec 141 investissements recensés contre 126 lors de la précédente édition de ce baromètre annuel, l’Île-de-France conforte sa cinquième place mondiale et son rang de leader en Europe continentale à bonnes distances devant Barcelone (9e, 98 investissements), Amsterdam et Dublin, respectivement 11e et 12e avec 92 opérations.

Londres très loin devant

L’ĂŽle-de-France rĂ©duit l’écart avec New-York (4e, 159 investissements) mais perd en revanche du terrain par rapport au trio de tĂŞte composĂ© de Hong-Kong (3e), Shanghai (2e) et surtout Londres (1e) la grande rivale europĂ©enne qui Ă©volue Ă  des annĂ©es-lumière de Paris avec 364 implantations.

Cette insolente bonne santé de Londres a-t-elle été affectée par le Brexit ? « Il n’y a pas encore d’effets visibles du Brexit compte-tenu de la période de l’étude« , a expliqué Chiarra Corazza, directeur général de Paris-Ile-de-France capitale économique tout en rappelant que l’Île-de-France a plus que jamais l’ambition de « vouloir challenger », la capitale de la Grande-Bretagne.

La région-capitale progresse dans le sillage d’une Europe qui est la principale bénéficiaire de la hausse des investissements au plan mondial (+ 10,8 %). Le Vieux Continent dans son ensemble capte 36 % de ces investissements ce qui représente une augmentation de 22 %. Deux tiers de ces investissements ont été fléchés sur l’Europe de l’Ouest.

Liens étroits avec l’Amérique du Nord

« Les métropoles leaders en matière d’attractivité ont su développer un véritable business model constitué par des relations privilégiées avec certains pays » a souligné Nicolas Beaudoin, associé KPMG, directeur du développement Paris&Centre lors de la présentation.

L’ĂŽle-de-France est prisĂ©e des investisseurs europĂ©ens qui sont Ă  l’origine de la moitiĂ© des implantations dont elle a bĂ©nĂ©ficiĂ©es. Mais elle entretient Ă©galement des liens Ă©troits avec l’AmĂ©rique du Nord qui reprĂ©sente 33 % des investissements Ă©trangers sur son territoire. En revanche, la rĂ©gion-capitale peine toujours Ă  attirer les investissements asiatiques qui ne pèsent que 12 % de l’ensemble.
Paris-Île-de-France monte à la troisième place du podium du classement des métropoles pour l’accueil des fonctions stratégiques.

« Ce résultat est particulièrement satisfaisant car ces investissement qui concernent les quartiers généraux ou encore les centres de R&D sont particulièrement différenciants et porteurs de création de valeurs. C’est dans ce secteur que la compétition est la plus dure« , a relevé Chiarra Corazza.

« Miser sur l’innovation »

Autre satisfaction : Le quatrième rang de Paris au classement spĂ©cifique des investissements dans les services aux entreprises. Par contre la rĂ©gion-capitale occupe une dĂ©cevante dixième position – et vient mĂŞme après Dublin (9e) – au classement des implantations dans les services financiers. Un classement dont Londres est, comme ailleurs, leader avec cinq fois plus d’investissements !
« Ces résultats nous invitent à être plus ambitieux pour Paris-Ile-de-France : Notre région doit miser à fond sur l’innovation pour convaincre les investisseurs aussi bien asiatiques que Nord-Américains. Il s’agit de transformer les bons résultats sur les fonctions stratégiques en le dupliquant sur l’ensemble des investissements créateurs d’emplois« , a souligné Christian Nibourel, président de Paris-Île-de-France Capitale Economique.

Patrick Désavie

 

 

L’OPINION – 02/02/2017

L’attractivité de Paris est restée intacte en 2016

 

Dernier bilan positif pour Chiara Corazza qui quitte la direction de Paris Ile-de-France capitale économique pour rejoindre le Women’s forum

Selon le classement KPMG réalisé pour Paris Ile-de-France capitale économique, la région capitale française est restée au cinquième rang pour l’accueil des investissements étrangers l’an dernier, malgré le terrorisme. Une dynamique qui s’appuie sur des facteurs structurels

Paris et la région Ile-de-France restent toujours aussi attractives. La région capitale avait chuté dans les classements en 2012 et 2013, en partie à cause de l’arrivée d’un président de gauche faisant la promotion de sa taxe à 75 % pour les revenus supérieurs à 1 million d’euros. Elle est revenue depuis au premier plan. C’est ce que confirme le baromètre KPMG réalisé depuis huit ans pour le compte de Paris Ile-de-France capitale économique.

L’an dernier, Paris s’est maintenue au 5e rang pour le nombre d’investissements « greenfield », c’est-à-dire créateurs d’emplois, avec près de 141 projets labellisés (une progression de 12 %). Il s’agit d’une vraie performance quand on sait que le classement a été réalisé entre le quatrième trimestre 2015 et le troisième trimestre 2016, ce qui signifie qu’il coïncide avec les tragiques attentats du 13 novembre 2015 à Paris et du 14 juillet 2016 à Nice. La preuve que cette tendance s’explique par des raisons structurelles, parmi lesquelles la création d’une métropole du Grand Paris, irriguée par un système de transport moderne.

Au-delà de ce phénomène propre à la région capitale, d’une manière générale, toutes les grandes métropoles mondiales ont vu leur nombre de projets augmenter, du fait de l’accélération des investissements réalisés dans le monde par les grandes entreprises internationales. Londres reste très loin devant, mais le sondage n’intégrait pas pleinement les éventuelles conséquences du Brexit, voté en juin. Paris a su se maintenir dans le wagon de tête.

Faiblesse asiatique. Tout n’est pas résolu pour autant, loin s’en faut. Le problème majeur de Paris est parfaitement identifié par les équipes de Paris Ile-de-France capitale économique et celle qui les a dirigées pendant quinze ans, Chiara Corazza : le manque d’intérêt asiatique. Seuls 12 % des investissements réalisés à Paris sont en provenance de l’Asie, contre 33 % venant des Etats-Unis. Une faiblesse globale, pourrait-on se rassurer du côté de Paris, puisque même à New York seulement 14 % des investissements proviennent de cette zone.

Pour le reste, les équipes de Paris Ile-de-France peuvent afficher de nombreux motifs de satisfaction, comme la forte progression dans le domaine du logiciel, avec 43 projets d’investissements, soit la 5e place mondiale. En revanche, malgré la solidité de ses banques et leur réputation, la capitale n’occupe que la 9e position en termes d’investissements financiers.

« Le Brexit est un défi autant qu’une opportunité extraordinaire, créant pour nous des possibilités immenses », se félicite Christian Nibourel, président de Paris Ile-de-France capitale économique. L’année qui s’ouvre sera, en effet, décisive pour attirer des grandes banques.

Cyrille Lachèvre

 

::: ECONOMIE

LES ECHOS – 02/02/2017

Assurance-chômage : le président du Medef pris entre deux feux

 

La possible reprise des négociations sur l’assurance-chômage est dans les mains du président du Medef

Les partenaires sociaux diront le 15 février s’ils poursuivent ou non la négociation sur la réforme de l’Unédic. Tout dépendra de la décision du Medef, où deux camps continuent de s’opposer sur fond de bataille politique.

Ira ou ira pas ? Avec Pierre Gattaz, rien n’est jamais sĂ»r. Or la possible reprise des nĂ©gociations sur l’assurance-chĂ´mage est bel et bien dans les mains du prĂ©sident du Medef. Une partie des troupes patronales, Ă  commencer par l’UIMM (mĂ©tallurgie), fait valoir que le contexte actuel est beaucoup plus porteur qu’au printemps dernier, oĂą la nĂ©gociation a capotĂ©. Plus de loi travail en arrière-plan, plus de risque de prises de position jugĂ©es intempestives du gouvernement. La voie est dĂ©gagĂ©e. A ceci près qu’une autre partie des adhĂ©rents du Medef, qui n’a jamais portĂ© le paritarisme dans son coeur, ou qui ne voit aucun intĂ©rĂŞt Ă  se remettre autour de la table, en particulier s’il s’agit de taxer les contrats courts, refuse tout net un tel scĂ©nario.

Pour Jacques Chanut, le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration française du bâtiment, qui fait partie de ces derniers : « Quel est l’intĂ©rĂŞt de faire une nĂ©gociation maintenant si le candidat Ă©lu en mai veut faire table rase du système ? » Les opposants Ă  une rĂ©ouverture des nĂ©gociations voient d’un bon oeil le fait que ni François Fillon ni Emmanuel Macron ne tablent sur le paritarisme. Le premier veut lĂ©gifĂ©rer par ordonnance s’il entre Ă  l’ElysĂ©e, et le second veut Ă©tatiser le rĂ©gime. Du cĂ´tĂ© des partisans du dialogue social au sein du patronat, c’est justement pour cela qu’il est important de nĂ©gocier avant le mois de mai. Si accord il y a sur de nouveaux paramètres, il sera plus compliquĂ© pour le nouvel exĂ©cutif de passer outre que si le rĂ©gime reste rĂ©gi par un dĂ©cret faute d’accord entre les partenaires sociaux.

Enjeu politique

Le Medef Ă©tant divisĂ©, il revient au prĂ©sident Pierre Gattaz de trancher. L’exercice est compliquĂ©, car il ne s’agit pas que d’un dĂ©bat de fond, celui de savoir si le dialogue social est toujours utile en France. Il y a aussi un enjeu politique : faut-il donner raison Ă  l’UIMM, qui dĂ©fend la nĂ©gociation ? Le patronat de la mĂ©tallurgie a beau ĂŞtre isolĂ©, il reste l’une des plus influentes fĂ©dĂ©rations du Medef. Et avec la rĂ©forme de la reprĂ©sentativitĂ© patronale, le mouvement a plus que jamais besoin de ses adhĂ©rents. Le prĂ©sident de l’UIMM, Alexandre Saubot, jouit par ailleurs d’une forme de proximitĂ© avec Pierre Gattaz (mĂŞme profil de chef d’entreprise notamment). Mais une partie des adhĂ©rents veut qu’Alexandre Saubot rentre dans le rang et veut mettre un terme Ă  la toute puissance de la mĂ©tallurgie en matière sociale. Enfin, pour compliquer les choses, il est un candidat potentiel Ă  la succession de Pierre Gattaz qui doit avoir lieu l’an prochain. « Pierre Gattaz est tiraillĂ© entre son penchant naturel qui ne le porte guère vers le dialogue social et le fait de ne pas vouloir dĂ©savouer Alexandre Saubot », estime un responsable patronal. Verdict le 13 fĂ©vrier, date du prochain conseil exĂ©cutif du Medef.

DĂ©jĂ , certains Ă©voquent l’idĂ©e qu’il pourrait proposer aux syndicats de poursuivre les discussions sans pour autant ouvrir de vraies nĂ©gociations, ce qui permettrait Ă  Pierre Gattaz de sauver les apparences pour Alexandre Saubot. Encore faudrait-il que les syndicats acceptent un tel scĂ©nario…

LeĂŻla de Comarmond et Marie Bellan

 

 

LES ECHOS – 02/02/2017

Les divisions patronales s’exacerbent

 

Francois Asselin, président de la CPME, a organisé une négociation sur la RSE. Mais ni le Medef, ni l’U2P n’ont répondu présent

La CPME a organisé une négociation sur la RSE dans les PME. Avec les organisations syndicales, mais sans le Medef et l’U2P.

D’habitude, il suffit de parler de responsabilitĂ© sociale et environnementale (RSE) pour que tout le monde soit d’accord. C’est un sujet plutĂ´t consensuel et dans l’air du temps. Mais, cette fois, c’est tout le contraire qui s’est produit. La CPME a voulu organiser une nĂ©gociation interprofessionnelle sur le sujet cette semaine. Et elle s’est retrouvĂ©e Ă  parler avec les centrales syndicales, qui ont toutes rĂ©pondu prĂ©sent, mais sans ses deux partenaires patronaux, le Medef et l’U2P (ex-UPA) ayant dĂ©clinĂ© l’invitation au dernier moment.

La CPME avait pourtant bien fait les choses pour amadouer les autres organisations patronales, en prenant soin de poser deux prĂ©alables : la nĂ©gociation ne doit pas dĂ©boucher sur de nouvelles obligations pour les employeurs et elle doit respecter le principe d’une dĂ©marche volontaire. Le principe d’un label – sur des critères prĂ©cis et dans des domaines dĂ©finis – a Ă©tĂ© mis en avant afin d’exonĂ©rer les entreprises labellisĂ©es de contrĂ´le administratif sur les sujets concernĂ©s. Mais label RSE ou pas, c’est une tout autre raison qui a poussĂ© le Medef et l’U2P Ă  rester en marge de la nĂ©gociation. Pour le premier, il n’est pas question de laisser la CPME prendre l’initiative sur une nĂ©gociation, fĂ»t-elle non inscrite Ă  l’agenda social. Dans la tradition patronale, c’est le Medef qui reçoit les partenaires sociaux et c’est le Medef qui tient la plume. Ce qui lui donne une certaine influence sur l’issue des nĂ©gociations.

Quant Ă  l’UPA, elle n’a guère apprĂ©ciĂ© que la CPME vienne lui chercher des noises (un courrier de contestation a Ă©tĂ© envoyĂ© Ă  la Direction gĂ©nĂ©rale du travail) après son mariage avec l’Unapl. Pas question de lui faire le cadeau de se rendre Ă  sa nĂ©gociation. A l’heure oĂą chacune des trois organisations rivalise d’imagination pour prouver sa lĂ©gitimitĂ© avant la rĂ©forme de la reprĂ©sentation patronale, la CPME vient de perdre une première manche.

Marie Bellan

 

 

LE PARISIEN – 02/02/2017

Simplifions les factures pour éviter les faillites de PME !

Près de 40 PME mettent la clé sous la porte chaque jour à cause des retards de paiement. Une des raisons est la complexité des systèmes de facturation. Une mission se réunit dès demain pour trouver une solution.

L‘inventaire s’Ă©tale sur près de 20 pages. Pour Ă©tablir une « facture conforme », le fournisseur devra adresser un dossier papier, non pliĂ©, sans agrafe, avec le logo en haut Ă  droite, le numĂ©ro de Siren en haut Ă  gauche, etc. En cas d’impair, parfois Ă  la virgule près, la facture ne sera pas acceptĂ©e… et la PME, pas payĂ©e. VoilĂ  le quotidien de milliers de petits patrons, confrontĂ©s au cauchemar de la facturation imposĂ©e par les grands groupes. D’autant que chaque grande entreprise a sa propre nomenclature, son listing obligatoire. Un casse-tĂŞte pour les TPE-PME, qui perdent un temps prĂ©cieux Ă  entrer dans les clous et, donc… Ă  ĂŞtre rĂ©glĂ©es !

La preuve : près de 12 Mds€ sont en attente de versement entre les grandes et les petites entreprises. Pendant que les firmes font patienter leurs fournisseurs, entre 35 et 40 sociétés mettent la clé sous la porte chaque jour à cause des retards de paiement.

VoilĂ  pourquoi le mĂ©diateur des entreprises, selon nos informations, rassemblera dès demain des reprĂ©sentants de tous les secteurs pour tenter d’enrayer l’hĂ©catombe. La mission, commandĂ©e par le ministre de l’Economie, Michel Sapin, et le secrĂ©taire d’Etat Ă  la Simplification, Jean-Vincent PlacĂ©, doit permettre d’harmoniser les factures demandĂ©es par les grandes entreprises du privĂ© et du public.

Les paiements décalés pénalisent les TPE et PME

Le but est d’Ă©laborer, d’ici Ă  septembre, un document unique pour tous les contrats signĂ©s en France. Avec, si possible, le dĂ©ploiement de factures numĂ©riques. « Aujourd’hui, les exigences sont les mĂŞmes, que la facture soit de 3 000 € ou de 3 M€, assure Pierre Pelouzet, le mĂ©diateur des entreprises. Un patron de PME ne peut pas faire face Ă  cela. » D’autant qu’il y a toujours des PDG mal intentionnĂ©s, cherchant Ă  gonfler leur trĂ©sorerie sur le dos de leurs fournisseurs en dĂ©calant les paiements.

Ceux-lĂ  sont traquĂ©s par la RĂ©pression des fraudes et dĂ©sormais lourdement sanctionnĂ©s. N’empĂŞche : une faillite de TPE-PME sur quatre est liĂ©e Ă  des retards de paiement. Il est donc grand temps de trouver des solutions. Et d’en faire un thème de campagne ? C’est ce qu’espère l’association d’entrepreneurs CroissancePlus, qui dĂ©voile aujourd’hui un livre blanc adressĂ© aux candidats Ă  la prĂ©sidentielle.

Le mur des mauvais élèves

La liste des mauvais payeurs s’affiche en bonne place sur le site de la Direction gĂ©nĂ©rale de la consommation, de la concurrence et de la rĂ©pression des fraudes (DGCCRF). Depuis dĂ©cembre et l’entrĂ©e en vigueur de la loi Sapin 2, la DGCCRF* est tenue de publier chaque sanction prononcĂ©e contre une entreprise. Jusqu’ici, elles pouvaient ĂŞtre communiquĂ©es lors d’opĂ©rations de « name and shame » (« nommer et couvrir de honte », en anglais) pour dĂ©noncer les plus gros abus. DĂ©sormais, la liste est exhaustive. Sur le podium, figurent le groupe Accor et L’OrĂ©al, qui se sont vu infliger une amende au tarif maximal : 375 000 €. San Marina a dĂ» dĂ©bourser 332 000 €. Gare aux prochains mauvais payeurs : la loi Sapin 2 prĂ©voit dĂ©sormais une amende pouvant aller jusqu’Ă … 2 M€ !

Facturation des PME : « Un retard, et c’est l’effet domino »

 

Luc-Eric Krief, PDG de la PME SD2M

Des nuits blanches Ă  prĂ©parer des arguments solides pour convaincre son banquier, Luc-Eric Krief en a connu quelques-unes. PDG de SD2M, une PME de plasturgie, ferronnerie et tĂ´lerie basĂ©e dans les Hauts-de-Seine avec 98 salariĂ©s, ce patron travaille au quotidien avec de grands groupes comme la Snecma, EDF, Carrefour, Auchan ou encore L’OrĂ©al.

La galère de la facturation, il en parle comme d’une Ă©preuve au dĂ©nouement alĂ©atoire : « Quand vous avez dĂ©jĂ  travaillĂ© pour une grande boĂ®te, que vous avez Ă©pluchĂ© les 15 ou 20 pages qui expliquent comment faire une facture pour eux, c’est un bon dĂ©but. Mais après, votre facture commence un long pĂ©riple et doit traverser trois ou quatre services avant validation. »

Entre-temps, tout peut arriver. Exemples vĂ©cus : l’un des interlocuteurs est « en vacances » ou « malade », l’une des pièces du dossier « s’est Ă©garĂ©e dans les Ă©tages » ou, plus frĂ©quent, « un bug informatique a tout bloquĂ© ».

Et si la machine se grippe, l’engrenage infernal dĂ©marre alors. Il y a quelques mois, l’un des clients de Luc-Eric Krieg a rĂ©glĂ© sa facture avec quelques jours de retard. « Dans ce cas-lĂ , c’est l’effet domino, raconte le patron de la PME. J’ai dĂ» payer mes fournisseurs avec quelques jours de dĂ©calage. En bout de course, ce sont toujours eux, les plus petits, qui sont pĂ©nalisĂ©s. »

Déclassement et perte de crédibilité

En rĂ©glant son dĂ» en retard, le PDG de SD2M a aussi payĂ© les pots cassĂ©s. « J’ai Ă©tĂ© dĂ©classĂ© par les assurances, et certains fournisseurs ont donc hĂ©sitĂ© Ă  retravailler avec moi. Aujourd’hui, la plupart m’imposent d’ĂŞtre payĂ©s au moment de la commande ou dès la livraison. Cela diminue clairement mon fonds de roulement. » Et aussi sa crĂ©dibilitĂ© auprès de son banquier. Le patron a dĂ» faire des contorsions pour expliquer sa situation Ă  son conseiller. « A ce moment-lĂ , on perd dix jours en rendez-vous Ă  remettre tout Ă  flot, râle Luc-Eric Krief. Alors que l’on devrait ĂŞtre en train de prospecter pour de nouveaux contrats. »

* Documents consultables sur www.economie.gouv.fr/dgccrf/ sanctions-delais-paiement.

Aurélie LEBELLE

 

 

LE FIGARO – 02/02/2017

La gestion des impĂ´ts locaux coĂ»te 3 milliards net Ă  l’État

La collecte des taxes d’habitation, foncières et autres prĂ©sente des dĂ©faillances, dit la Cour des comptes.

La complexitĂ© a toujours un coĂ»t. La collecte des impĂ´ts locaux n’Ă©chappe pas Ă  la règle. L’État dĂ©pense 4 milliards d’euros pour prĂ©lever, au nom des collectivitĂ©s locales, les taxes foncière et d’habitation, ainsi que la cotisation sur la valeur ajoutĂ©e (CVAE) et la cotisation foncière des entreprises (CFE), chiffre la Cour des comptes dans un rapport remis mercredi Ă  la commission des finances de l’AssemblĂ©e nationale. Une ardoise jugĂ©e «significative» par les auteurs du rapport.

La Direction gĂ©nĂ©rale des finances publiques (DGFiP) de Bercy consacre en effet 14 % de ses effectifs et 17 % de ses crĂ©dits au prĂ©lèvement des impĂ´ts locaux. Or, «cette charge n’est plus que très partiellement compensĂ©e par des frais de gestion (facturĂ©s aux contribuables) qui ont perdu leur vocation», ont calculĂ© les magistrats de la Rue Cambon. Ces sommes sont en effet de plus en plus souvent reversĂ©es aux collectivitĂ©s afin de renflouer leurs finances, si bien que l’État n’en garde plus pour lui qu’un milliard d’euros. Reste donc une ardoise nette de 3 milliards, qui est due Ă  un système qualifiĂ© de «particulièrement complexe et mouvant» par la Cour des comptes.

De fait, une grande partie des impĂ´ts locaux est assise sur les locaux d’habitation pour les particuliers et sur les locaux professionnels pour les entreprises. Or, ces bases souffrent parfois de «retards d’actualisation» – les valeurs locatives n’ont pas Ă©tĂ© réévaluĂ©es depuis 1970 – ou de «dĂ©faillances dĂ©claratives».

Collectivités épargnées

L’administration fiscale rencontre ensuite des difficultĂ©s pour identifier les contribuables redevables. Particulièrement en matière de taxe d’habitation, due par près de 90 % des foyers fiscaux (contre moins de la moitiĂ© pour l’impĂ´t sur le revenu). Sachant que 15 % des habitants changent de domicile chaque annĂ©e, tout le problème pour les services des impĂ´ts est de savoir qui habite où…

Le fisc doit ensuite dĂ©terminer si la personne bĂ©nĂ©ficie d’un abattement ou d’une exonĂ©ration de taxe d’habitation. Ce n’est pas une mince affaire, alors que plus d’un mĂ©nage sur trois redevable de cette taxe y a droit. RĂ©sultat, le taux de recouvrement est jugĂ© «globalement peu satisfaisant», Ă  90 % pour la taxe d’habitation (contre 99 % pour l’impĂ´t sur le revenu).

En outre, les contrĂ´les fiscaux ne produisent que des rĂ©sultats «modestes», regrette la Cour. Les droits redressĂ©s par le fisc reprĂ©sentent 0,6 % des recettes des impĂ´ts locaux, contre 1,5 % pour la TVA, 4 % pour l’impĂ´t sur le revenu et 14,3 % pour l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s. Ce faible rĂ©sultat s’explique tout simplement, selon les magistrats financiers, par le fait que «le recouvrement forcĂ© n’est pas une prioritĂ© pour la DGFiP, compte tenu de la dispersion des dossiers et de la faiblesse des sommes considĂ©rĂ©es». Logiquement, le fisc se concentre sur des impĂ´ts oĂą les redressements promettent d’ĂŞtre plus juteux, comme l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s.

Les collectivitĂ©s locales ne souffrent pas de ces diffĂ©rents manquements. En effet, l’État leur règle rubis sur l’ongle les recettes fiscales «thĂ©oriques», comme si les impĂ´ts locaux Ă©taient parfaitement prĂ©levĂ©s. Comme c’est loin d’ĂŞtre le cas, cela alourdit d’autant plus la facture pour l’État.

Guillaume Guichard

 

::: ENTREPRISES

LES ECHOS – 02/02/2017

VTC : Uber promet un « effort considérable » pour les chauffeurs

 

Des chauffeurs de VTC manifestant, mi-janvier, place de la Bastille Ă  Paris, contre les plates-formes, au premier rang desquelles Uber.

La société américaine veut éviter une intervention du gouvernement dans sa politique tarifaire.

SommĂ© de prendre des mesures pour amĂ©liorer le revenu des chauffeurs de VTC, Uber s’efforce de garder la main. La plate-forme amĂ©ricaine s’est engagĂ©e mercredi Ă  « un effort considĂ©rable » (sans donner plus de prĂ©cisions) en faveur des vĂ©hicules de transport avec chauffeur en difficultĂ©. Cette annonce a Ă©tĂ© faite lors de l’ultime rĂ©union avec Jacques Rapoport, le mĂ©diateur nommĂ© par le gouvernement , alors que ce dernier s’apprĂŞtait Ă  prĂ©senter Ă  la presse ses prĂ©conisations, qui sont dĂ©favorables Ă  la start-up.

Après un mois et demi de consultations, Jacques Rapoport demande en effet Ă  Uber « des mesures financières de redressement du revenu » des chauffeurs, une recommandation qui ne concerne que la plate-forme amĂ©ricaine, et pas ses concurrents français. Le mĂ©diateur justifie cette distinction par la position dominante de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine (80 % de part de marchĂ© environ), mais aussi parce qu’elle concentre les critiques. « Uber a focalisĂ© du dĂ©samour, le sentiment d’avoir Ă©tĂ© abandonnĂ© », avance-t-il.

Des écarts importants

Selon ses calculs, un chauffeur VTC « normalement efficace » gagne 1.700 euros mensuels nets, mais Ă  condition de travailler 60 heures par semaine, sans congĂ©s payĂ©s, et avec une protection sociale qui ne compense pas la perte de revenu en cas de maladie. De surcroĂ®t, les Ă©carts sont importants : « Certains gagnent plus, d’autres moins, beaucoup moins », estime le mĂ©diateur. Et c’est encore pire pour les chauffeur sous statut Loti utilisĂ© pour contourner la lĂ©gislation VTC. Ceux-ci, du fait de charges plus Ă©levĂ©es, gagneraient Ă  peine le SMIC, voire moins.

Ces situations dĂ©gradĂ©es justifient donc pour Jacques Rapoport un geste financier de la part d’Uber, dont il ne prĂ©cise pas la nature, mais qui pourrait ĂŞtre un retour du taux de commission prĂ©levĂ©e sur chaque course de 25 % Ă  20 %. Le mĂ©diateur appelle Ă©galement l’ensemble des plates-formes Ă  mettre en place un « accompagnement professionnel » pour les chauffeurs en situation de prĂ©caritĂ©.

Si les difficultĂ©s de ces derniers devaient persister, Jacques Rapoport recommande au gouvernement une « intervention lĂ©gislative », qui pourrait ĂŞtre la fixation d’un tarif horo-kilomètrique minimum. Une mesure qui viendrait entraver la libertĂ© tarifaire du secteur et ne serait certainement pas du goĂ»t d’Uber.

Les associations de VTC très critiques

En annonçant Ă  la dernière minute « un dispositif financier, technique et humain d’envergure pour accompagner les chauffeurs en difficultĂ© », Uber semble donc devancer la demande du mĂ©diateur. Celui-ci a saluĂ© « un pas important », tout en reconnaissant que les associations de VTC, elles, restaient très critiques. Car la proposition d’Uber reste floue (« les contours exacts restent Ă  dĂ©finir dans les jours Ă  venir », reconnaĂ®t la start-up), et surtout l’« effort considĂ©rable » annoncĂ© n’est pas chiffrĂ©. La sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine va devoir rapidement prĂ©ciser sa proposition. Jacques Rapoport a indiquĂ© qu’il allait s’y employer dans les jours Ă  venir.

Lionel Steinmann

 

 

LE FIGARO – 02/02/2017

L’appel au secours des commerces de centre-ville

INFO LE FIGARO – LaminĂ©s par la concurrence des centres commerciaux de pĂ©riphĂ©rie et d’Internet, ils veulent l’Ă©quitĂ© fiscale et des aides Ă  l’investissement. Six fĂ©dĂ©rations remettent un livre blanc aux candidats Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle.

Interdire la crĂ©ation de nouveaux centres commerciaux hors des villes. Cette proposition choc n’Ă©mane ni de partisans de la dĂ©croissance ni de militants anticonsumĂ©risme. Au contraire, elle est faite par six fĂ©dĂ©rations reprĂ©sentant 260 enseignes spĂ©cialisĂ©es (Decathlon, Zara, Fnac, H&M, Darty…), plus de 100.000 magasins et près d’un million d’emplois. Ces dernières s’apprĂŞtent Ă  remettre aux candidats Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle et aux maires un livre blanc baptisĂ© «12 Propositions pour dĂ©velopper le commerce», dont Le Figaro rĂ©vèle la teneur.

«Nous demandons un moratoire sur les ouvertures de surfaces commerciales hors des centres-villes. C’est la seule façon de crĂ©er des centres d’attraction dans les villes», explique RĂ©gis Schultz. PDG de Darty jusqu’Ă  son rachat par la Fnac, l’actuel patron de Monoprix est prĂ©sident de l’Alliance du commerce, qui regroupe trois des six fĂ©dĂ©rations Ă  l’origine du livre blanc.

Peu visible dans les grandes mĂ©tropoles, le phĂ©nomène de dĂ©vitalisation commerciale des centres-villes vire au flĂ©au social dans bon nombre de citĂ©s de moins de 100.000 habitants. Si le taux de vacance commerciale (proportion de boutiques vides) est passĂ©, en moyenne, de 6,1 % en 2001 Ă  10,4 % en 2015, 89 des 187 municipalitĂ©s Ă©tudiĂ©s par l’Institut pour la ville affichent un taux supĂ©rieur Ă  10 %. Parmi les plus touchĂ©es figurent BĂ©ziers, Châtellerault, Forbach et Annonay, oĂą plus de 20 % des magasins sont fermĂ©s.

La vague des fermetures dĂ©bute par les commerces les plus vulnĂ©rables, et pas seulement les quincailleries. Les plus touchĂ©es sont les boutiques d’habillement multimarques indĂ©pendantes. Elles souffrent Ă  la fois de la baisse du marchĂ© global et de la triple concurrence des jeunes enseignes monomarques, d’Internet et des centres commerciaux qui fleurissent en pĂ©riphĂ©rie, voire loin des villes et deviennent des lieux de destination, tels ceux d’Unibail (lire ci-dessous).

Leur fermeture sans repreneur entraĂ®ne celles d’autres petits commerces et restaurants, qui prĂ©fèrent parfois se dĂ©localiser dans les centres commerciaux. «Cette situation impacte gravement les villes moyennes les plus fragiles, touchĂ©es par la dĂ©sindustrialisation et la rationalisation administrative, Ă  l’Ă©cart du dynamisme des nouvelles zones mĂ©tropolitaines, souligne le livre blanc. L’activitĂ© tend Ă  se concentrer autour de l’agglomĂ©ration parisienne et de quelques grands pĂ´les mĂ©tropolitains rĂ©gionaux, tandis que le reste du pays, constituĂ© de territoires ruraux et de villes petites et moyennes est trop souvent menacĂ© par le dĂ©crochage Ă©conomique, dĂ©mographique et commercial.»

Spirale infernale

Les villes touchĂ©es entrent dans une spirale infernale, avec des fermetures d’Ă©coles, cinĂ©mas, restaurants, services d’urgence, cabinets mĂ©dicaux et bureaux de poste. «Un processus de rĂ©gression se met en place, poursuivent les auteurs du rapport. La vacance commerciale s’accompagne d’un taux de chĂ´mage et de pauvretĂ© Ă©levĂ© et d’une baisse de la population accĂ©lĂ©rant la perte d’attractivitĂ© Ă©conomique.»

Face aux origines multiples de la dĂ©sertification de certains centres-villes, l’Alliance du commerce propose une batterie de solutions rĂ©glementaires et fiscales. La plus radicale, l’interdiction de nouveaux centres commerciaux, est inspirĂ©e de l’exemple d’Angers. Le maire et prĂ©sident de la communautĂ© d’agglomĂ©ration, Christophe BĂ©chu, a dĂ©crĂ©tĂ© un moratoire jusqu’en 2020 sur la crĂ©ation de nouvelles zones commerciales en entrĂ©e de ville, afin «d’Ă©viter de fragiliser davantage le commerce de centre-ville».

Outre le moratoire national, le livre blanc rĂ©clame un assouplissement de la fiscalitĂ© sur les commerces de centre-ville, pour s’adapter Ă  l’activitĂ©. «En France, on a multipliĂ© les taxes sur le commerce, rappelle RĂ©gis Schultz. C’Ă©tait d’autant plus facile que les gouvernements estimaient que l’activitĂ© n’Ă©tait pas dĂ©localisable. Ces impĂ´ts assis sur les surfaces de vente sont des frais fixes, qui deviennent insupportables quand le chiffre d’affaires baisse.»

Ă€ la taxe foncière s’ajoutent en effet rien moins que la taxe sur les ordures mĂ©nagères (due mĂŞme par les magasins qui recyclent tout), la contribution foncière des entreprises, la taxe sur les surfaces commerciales (Tascom) et la taxe locale sur la publicitĂ© extĂ©rieure… «En cinq ans, le chiffre d’affaires des boutiques de prĂŞt-Ă -porter a baissĂ© de 20 %,rappelle RĂ©gis Schultz.Du coup, la part du chiffre d’affaires consacrĂ©e aux loyers est passĂ©e de 10 % Ă  15 %, celle aux taxes de 2 % Ă  5 %.»

La vraie menace est Ă  venir, avec la rĂ©forme des valeurs locatives cadastrales, entrĂ©e en vigueur en janvier. «La taxe foncière va augmenter de 50 % sur dix ans avec l’actualisation Ă  la valeur du marchĂ© de la valeur locative, qui touche en particulier les centres-villes, rappelle le patron de l’Alliance du commerce. Les commerçants ne vont s’en rendre compte qu’au moment du paiement de la taxe foncière en septembre, cela va ĂŞtre dramatique.»

Le livre blanc rĂ©clame donc une fiscalitĂ© plus douce, dĂ©pendant de l’activitĂ© et non de coĂ»ts fixes.«La taxe foncière coĂ»te aussi cher Ă  collecter qu’elle rapporte, poursuit le prĂ©sident de l’Alliance du commerce. L’idĂ©al serait une taxe sur le chiffre d’affaires, mais c’est impossible et trop compliquĂ©. Égalisons les chances avec les e-commerçants. Il faut transfĂ©rer les cinq impĂ´ts assis sur la taxe foncière sur la cotisation sur la valeur ajoutĂ©e.»

Ultime proposition, une dĂ©rogation destinĂ©e Ă  faire venir les enseignes spĂ©cialisĂ©es dans les centres-villes. Dans certaines zones, et pour les surfaces de moins de 2 000 m2, ces dernières seraient ainsi exonĂ©rĂ©es de l’examen de passage devant la Commission dĂ©partementale d’amĂ©nagement commercial. La garantie de la revanche des centres-villes?

Ivan Letessier

 

::: POLITIQUE

LE MONDE – 02/02/2017

Yannick Jadot : « Je ne rentrerai pas dans des bidouillages d’appareils »

Le candidat d’Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle raconte au « Monde » sa rencontre, mardi, avec Benoît Hamon, pour discuter d’un éventuel rapprochement.

Le déjeuner a eu lieu, mardi 31 janvier, au Dôme, un restaurant près du QG de campagne de Benoît Hamon dans le 14e arrondissement de Paris. Yannick Jadot, candidat d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), y a retrouvé le vainqueur de la primaire organisée par le Parti socialiste pour explorer leurs éventuels points de convergence. « Un point de départ », pour M. Jadot. Pour l’heure, aucun autre rendez-vous n’a été fixé avec le socialiste qui a, par ailleurs, rencontré, en fin de journée, David Cormand, secrétaire national d’EELV.

Comment s’est passé votre déjeuner avec Benoît Hamon ?

Ce n’est qu’un point de départ, mais nous avons partagé le même diagnostic sur un espace qui couvrirait l’écologie, le social, l’Europe et la démocratie. Nous avançons aussi sur l’idée que toute nouvelle dynamique doit déborder les appareils politiques.

Y a-t-il eu des avancées concrètes ?

Non, mais nous souhaitons prendre très vite une initiative sur l’Union européenne dans la perspective du 60e anniversaire du traité de Rome. L’idée est d’avoir une expression commune sur la refondation de l’Europe et de ce que devrait être la position française sur ce sujet.

Que signifie « déborder les appareils politiques » ?

Il y a un ras-le-bol des arrangements entre partis politiques. Je ne rentrerai pas dans des bidouillages d’appareils. C’est voué à l’échec. Les primaires écologiste et socialiste ont dépassé les seuls adhérents. Il faut poursuivre et ouvrir toujours plus pour intéresser autour d’idées et pas simplement autour de l’homme providentiel.

A-t-il été question, dans le cadre d’un rapprochement, de votre retrait à la présidentielle ?

Aucunement. Ce n’est pas le sujet. L’urgence, c’est de dépasser les ego pour parler projet et de dépasser les appareils pour parler aux Français. On parlera des personnes après.

Vous avez mis dans le débat deux sujets que vous jugez essentiels : une loi de sortie du nucléaire et la proportionnelle aux législatives. Que vous a répondu M. Hamon ?

Qu’ils allaient regarder de leur côté. On n’a topé sur rien. Mais c’était important de savoir si on avait potentiellement des choses à discuter ensemble.

Comment peut-il maintenir l’unité de son parti sans dénaturer son projet ?

C’est son sujet. Hamon m’a assuré ne pas vouloir bouger de son projet. Je le crois sincère, ce n’est pas le problème. Mais il doit construire son espace et sa distance plus ou moins forte avec les compromis foireux du Parti socialiste. Son score lui permet de s’émanciper et de s’inscrire dans ce qui peut être la grande aventure politique de cette présidentielle. Sinon, le PS le rétrécira, la confusion s’installera et la dynamique retombera.

Comment sont vécues ces discussions dans votre parti ?

Positivement. Nous sortons tellement essorés de ce quinquennat qu’il y a un appétit pour le grand large. Nous sommes dans un pays au bord de la rupture, qui peut basculer sur le pire – Marine Le Pen – ou sur quelque chose qui soit écolo, social et européen. Nous sommes face à l’Histoire. Et je veux que la France se rassemble autour d’un projet positif.

Certains à EELV veulent un accord aux législatives…

Je ne suis pas là pour sauver des circonscriptions de parlementaires dans un jeu d’appareils. Si on fait ça, nous sommes définitivement morts. Mais s’il y a une grande dynamique, évidemment que ça bousculera les législatives. Il faut une majorité parlementaire derrière. Ça ne peut pas être la majorité actuelle qui n’a jamais rien fait de ce qu’il fallait sur l’écologie.

Que répondez-vous à Noël Mamère (député de Gironde) et Michèle Rivasi (députée européenne EELV) qui plaident pour « une candidature unique de la gauche progressiste et écologiste » ?

J’ai été surpris que l’Europe et la démocratie soient évacuées aussi facilement. Si on doit commencer à cacher ces gros sujets pour faire plaisir à Jean-Luc Mélenchon, on a un souci. Il faut au contraire discuter avec lui sur la question européenne et géopolitique pour sortir de la confusion.

  1. Mélenchon, lui, semble avoir fermé la porte à toute discussion…

Il est déstabilisé par le paysage politique qui arrive : il se prépare depuis un an à combattre le président sortant ou son représentant et se retrouve dans une situation très décalée avec face à lui quelqu’un qui était critique de la ligne gouvernementale et qui projette un horizon. On doit tous intégrer cette nouvelle donne.

Est-ce que la gauche telle que vous la souhaitez pourrait être au second tour ?

Oui, il y a un espace. Macron a bien compris que la clarification du projet se ferait à son détriment donc il le repousse sans cesse. Ça peut être la vraie nouveauté qui bouscule le jeu politique. Nous sommes dans une situation totalement inédite dans notre pays de destruction/recomposition politique. C’est une formidable opportunité. Est-ce que chacun reste dans son cadre et les pires gagneront ou est-ce qu’on en sort pour redonner de l’espoir ?

François Fillon peut-il encore être candidat après les révélations du « Canard enchaîné » ?

Il est disqualifié. Il a joué dans cette campagne la probité par rapport à la droite bling-bling d’un Nicolas Sarkozy. Mais sa droite de l’argent sous le matelas n’est pas plus glorieuse ni morale que celle de Sarkozy. Quelle que soit la légalité des contrats, ce qu’il a fait est profondément choquant. Marine Le Pen est d’ailleurs tout aussi embourbée dans les affaires d’assistants parlementaires que François Fillon.

Appelez-vous toujours les candidats à la présidentielle à faire une déclaration d’intérêts qui mentionne leurs revenus mais aussi la source de ces revenus ?

Plus que jamais ! Il faut absolument réconcilier les Français avec la politique autour de la transparence. Qu’un député fictif [François Fillon], qui n’a eu que 12 % de temps de présence à l’Assemblée et qui a quadruplé son salaire avec une société de conseil, se permette de dire « secret commercial sur mes clients », c’est inacceptable.

Raphaëlle Besse Desmoulières

 

 

LES ECHOS – 02/02/2017

Ce que propose Macron pour rĂ©former l’impĂ´t sur la fortune

Le candidat d’En marche souhaite restreindre l’ISF Ă  l’immobilier.
Cette réforme amputerait de moitié les recettes de cet impôt.

« PrivilĂ©gier le risque face Ă  la rente », disait Emmanuel Macron lorsqu’il Ă©tait encore ministre de l’Economie. Cette dĂ©claration vient de trouver une dĂ©clinaison dans son programme pour la prĂ©sidentielle, dont il commence Ă  dĂ©voiler les grandes lignes. Le candidat d’En marche a annoncĂ© mercredi sur France Inter son intention de « rĂ©former en profondeur » l’impĂ´t de solidaritĂ© sur la fortune (ISF) en supprimant « la part qui finance l’Ă©conomie rĂ©elle », c’est-Ă -dire la dĂ©tention d’actions, pour en faire un « impĂ´t sur la rente immobilière ».

En clair, Emmanuel Macron souhaite que l’ISF ne soit calculĂ© que sur la valeur du patrimoine immobilier. « L’ensemble des valeurs mobilières en seraient exclues », souligne-t-on dans son entourage. Exit donc l’assurance-vie et les investissements en actions. L’ex-ministre de l’Economie a prĂ©cisĂ© qu’il maintiendrait « l’abattement sur la rĂ©sidence principale », mais aussi l’exonĂ©ration pour les oeuvres d’art. Le barème actuel, pourtant relativement pĂ©nalisant dans un contexte de taux d’intĂ©rĂŞt bas, resterait inchangĂ©. Idem pour le seuil d’entrĂ©e, qui resterait Ă  un niveau de patrimoine de 1,3 million d’euros. En revanche, le candidat n’a pas prĂ©cisĂ© ce qu’il ferait du plafonnement ISF, mĂ©canisme qui limite l’impĂ´t Ă  75 % des revenus. Sur la fiscalitĂ© des revenus du capital, ses propositions devraient ĂŞtre connues dans une dizaine de jours, sachant qu’il propose dĂ©jĂ  d’alourdir la CSG pour financer des baisses de cotisations salariales (lire ci-dessous).

Position médiane

Alors que le sondage Elabe pour « Les Echos » et Radio Classique l’a propulsĂ© au rang de favori Ă  la prĂ©sidentielle, Emmanuel Macron adopte sur l’ISF une position mĂ©diane, entre la droite qui propose de supprimer cet impĂ´t et le candidat du PS, BenoĂ®t Hamon, pour qui l’alourdissement des impĂ´ts sur le foncier doit financer le revenu universel. Selon le leader d’En marche, sa proposition amputerait de moitiĂ© les recettes de l’ISF (5,2 milliards en 2016). « Mais vous attirez Ă  nouveau du capital », assure-t-il. ExonĂ©rer la dĂ©tention d’actions vise Ă  limiter les fuites de capitaux, et Ă  encourager les Français Ă  investir davantage en actions, alors qu’aujourd’hui les conditions sont assez encadrĂ©es. Les biens professionnels sont exonĂ©rĂ©s d’ISF, mais le patrimoine d’un entrepreneur devient assujetti dès qu’il revend sa sociĂ©tĂ©. Ce qui pousse un certain nombre d’entre eux soit Ă  quitter la France, soit Ă  bâtir des montages complexes pour Ă©chapper Ă  l’impĂ´t.

«Venant de gauche », l’ancien conseiller de François Hollande s’est permis de critiquer la suppression du bouclier fiscal, un totem de la droite devenu si embarrassant pour l’ex-prĂ©sident Nicolas Sarkozy que ce dernier avait dĂ» y renoncer. « Depuis la fin du bouclier, beaucoup de contribuables sont partis, beaucoup de jeunes crĂ©ateurs d’entreprises aussi », a-t-il dĂ©clarĂ©. Un message en contradiction avec la communication du gouvernement face aux chiffres inquiĂ©tants des dĂ©parts des contribuables aisĂ©s Ă  l’Ă©tranger. Bercy a toujours avancĂ© que cette augmentation Ă©tait un effet de la mondialisation et d’une plus grande mobilitĂ© chez les travailleurs internationaux.

Ingrid Feuerstein

 

 

LES ECHOS – 02/02/2017

Comment Macron veut doper le pouvoir d’achat au niveau du SMIC

L’ex-ministre, candidat Ă  la prĂ©sidentielle, veut augmenter de 50 % la prime d’activitĂ© et supprimer 10 points de cotisation au niveau du SMIC.

Aux antipodes de BenoĂ®t Hamon et de son projet de revenu universel , Emmanuel Macron se prĂ©sente comme « le candidat qui permet aux Français de vivre de leur travail ». « Le travail, ça n’est pas un malheur. C’est votre capacitĂ© Ă  trouver votre place dans la sociĂ©tĂ©, Ă  vous construire, Ă  vous sortir de votre condition », a martelĂ© le leader du mouvement En Marche sur France Inter ce mercredi. Il a annoncĂ© vouloir baisser de 10 points les charges sociales au niveau du SMIC, et revaloriser de 50 % la prime d’activitĂ©, qui concerne Ă©galement les bas salaires.

Pour redonner du pouvoir d’achat aux petits salaires, et inciter les chĂ´meurs Ă  reprendre un emploi, Emmanuel Macron compte d’abord muscler la prime d’activitĂ©, qui a remplacĂ© le RSA activitĂ© et la prime pour l’emploi il y a un an. Avec un taux de recours de 70 % (contre 33 % pour le RSA activitĂ©) et un budget de 4,4 milliards, ce dispositif ciblant les travailleurs pauvres a prouvĂ© son efficacitĂ©. Le ciblage actuel concentrĂ© sur les personnes gagnant 0,8 Ă  1 SMIC, et s’Ă©teignant Ă  1,3 SMIC, serait conservĂ©. Mais on ajouterait 2,1 milliards d’euros par an. La prime d’activitĂ© pour un smicard cĂ©libataire sans enfants est aujourd’hui de 132 euros par mois ; elle passerait Ă  212 euros.

La fin des cotisations salariales maladie et assurance-chĂ´mage

A ce gain de 80 euros par mois au niveau du SMIC, il faudrait ajouter 20 euros grâce Ă  la rĂ©forme de la protection sociale. Certaines protections qui relèvent aujourd’hui de l’assurance doivent reposer sur la solidaritĂ©, estime le candidat. C’est le cas de la maladie – puisque le droit d’ĂŞtre soignĂ© est dĂ©jĂ  universalisĂ© – mais aussi du chĂ´mage, dans une sociĂ©tĂ© qui se prĂ©carise. Les cotisations salariales maladie seraient donc supprimĂ©es, ainsi que les cotisations d’assurance-chĂ´mage, et cela pour tous les travailleurs. Soit environ 22 milliards de moins pour la SĂ©curitĂ© sociale, qui seraient compensĂ©s par une hausse de 1,7 point du taux de la CSG. Les retraitĂ©s (Ă  l’exception de ceux bĂ©nĂ©ficiant d’un taux rĂ©duit ou nul) contribueraient donc au financement, ainsi que les revenus du capital. Les indemnitĂ©s chĂ´mage ne seraient en revanche pas assujetties Ă  cette hausse de CSG.

Le candidat veut aussi transformer le crĂ©dit d’impĂ´t pour la compĂ©titivitĂ© et l’emploi (CICE) en un allĂ©gement de cotisations sociales patronales pĂ©renne. Une bascule dĂ©licate, car le versement des actuels 19 milliards de CICE serait avancĂ© d’un an. Le public ciblĂ© demeurerait le mĂŞme, jusqu’Ă  2,5 SMIC. Mais il y aurait de nouveaux bĂ©nĂ©ficiaires : les indĂ©pendants, l’Ă©conomie sociale et solidaire. Au total, la mesure vise 66 % de la masse salariale. Elle doit doper la compĂ©titivitĂ© des entreprises qui emploient.

Augmentation de la fiscalité écologique

Enfin, les bas salaires bĂ©nĂ©ficieraient d’une baisse supplĂ©mentaire de 4 points de charges, afin de parvenir Ă  une rĂ©duction de 10 points au niveau du SMIC – dont 6 points dus Ă  la conversion du CICE. Seules les charges gĂ©nĂ©rales sont concernĂ©es : pas la formation professionnelle, le 1 % logement, les accidents du travail et maladies professionnelles. Ces allĂ©gements seraient dĂ©gressifs jusqu’Ă  environ 1,6 SMIC, pour un coĂ»t annuel de 3 milliards d’euros. Ils seraient financĂ©s par une augmentation de la fiscalitĂ© Ă©cologique que doit bientĂ´t dĂ©tailler Emmanuel Macron.

Solveig Godeluck

 

 

L’OPINION – 02/02/2017

François Fillon: la droite balance

François Fillon entend tenir dans la tempête. Mais jusque dans son camp, sa candidature semble compromise. Déjà, une question revient : qui pour le remplacer s’il se retirait ?

Face à l’adversité, François Fillon ne plie pas et rejette tout plan B. « Je serai candidat à l’élection présidentielle », a-t-il répété mercredi. Dans son camp pourtant, l’unité n’est plus que de façade. Député du Rhône, proche de Nicolas Sarkozy et de Laurent Wauquiez, le député LR Georges Fenech a déclaré sur France Info : « Le résultat de la primaire est aujourd’hui caduc ».

« François Fillon demandait quinze jours ; il n’a même pas eu quinze minutes ». Il est 14 heures 30, mercredi 1er février. Un député LR vient de prendre connaissance des propos de son collègue Georges Fenech. Député du Rhône, proche de Nicolas Sarkozy et de Laurent Wauquiez, celui-ci vient de déclarer sur France Info que « le résultat de la primaire est aujourd’hui caduc face à cet événement imprévisible qui se situe non seulement sur le registre judiciaire mais sur le registre éthique et moral. » Pour désigner un nouveau candidat, il propose qu’un conseil national des Républicains soit convoqué dans les plus brefs délais.

Deux heures plus tôt, ce n’est pas tout à fait ce que Georges Fenech a dit lors de la réunion que François Fillon vient de tenir avec les parlementaires LR à son QG. Certes, il a été un des orateurs les plus sceptiques après la défense du candidat de la droite un peu plus affaibli par les nouvelles révélations du Canard enchaîné. « La situation n’est plus tenable, a-t-il lancé. Maintenant il faut que tu prennes une décision qui ne revient qu’à toi seul. »

Après le déjeuner, le député du Rhône est bien plus définitif sur le sort de François Fillon. En agissant ainsi, il ouvre une première brèche au sein de la droite. Est-ce parce que la réunion, qui vient de se tenir autour du candidat, ne s’est pas si mal passée ? Blême, très marqué, le candidat de la droite met ses tripes sur la table. « On a quinze jours à tenir. Dans quinze jours, on aura le résultat », les implore-t-il. Jean-Pierre Raffarin, François Baroin, Luc Chatel, Christian Jacob, Gérard Longuet… lui apportent leur soutien. Ceux-ci sont largement relayés sur les réseaux sociaux pro-Fillon. Même si au passage, certains d’entre eux ont quand même déploré l’organisation à leurs yeux défaillante de la campagne, il n’y a pas eu de fronde anti-Fillon exprimée tout haut.

Odeur de sang. « Avec ça, il va tenir une semaine », conclut un des présents. Il se trompe. Il y a désormais une odeur du sang à droite. C’est le midi des longs couteaux. Chacun interprète la sortie de Georges Fenech comme il se doit : les sarkozystes lâchent l’ex-Premier ministre. Mardi, Brice Hortefeux, désormais convaincu que le candidat est fini, a confié à un ami : « Il y a des élus qui vont parler demain. » De son côté, un député juppéiste n’est pas en reste. Philippe Gosselin, député LR de la Manche, se répand dans les médias et les couloirs de l’Assemblée nationale pour demander à Alain Juppé de « se tenir prêt » au cas où François Fillon se retirerait. Ballon d’essai ?

A droite, pour beaucoup, les jeux semblent désormais être faits. Depuis mardi soir et les nouvelles révélations du Canard enchaîné, le climat a complètement changé. « Tous les parlementaires pensent que cela ne peut plus durer et que François Fillon doit se retirer. On est tous d’accord avec Georges Fenech », confie un député pourtant très légitimiste. Peu sont encore nombreux à l’exprimer à haute voix, mais petit à petit la parole se libère. C’est le cas d’Alain Houpert, sénateur de Côte d’Or. « Je pense que notre candidat doit se retirer », déclare-t-il. « La pression va venir de la base », raconte un président de fédération LR, débordé par les réactions de colère de ses adhérents.

Désormais, beaucoup pensent donc à l’avenir. Par qui remplacer l’ex-Premier ministre ? Comment ? Alors qu’aucune solution n’est prévue et qu’organiser une nouvelle primaire est inenvisageable matériellement, la question de la procédure sera essentielle si François Fillon se retire. « Comment remplacer une telle légitimité ? », s’interroge un élu, faisant référence aux 2,9 millions de voix recueillies par le député de Paris dans un scrutin auquel 4,4 millions de Français ont participé. Trois formules sont possibles : un vote du bureau politique des Républicains, un vote du conseil national du parti ou un vote de ses adhérents (par voie électronique). Tout le monde perçoit d’ores et déjà que ce sera un vrai enjeu. « Ce qu’une élection a fait, seule une élection peut le défaire », a prévenu Bruno Le Maire auprès d’un autre élu qui le testait.

Imprimatur. Qui ? C’est l’autre question. Cinq noms peuvent figurer sur la liste : François Baroin, Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Pour l’instant, tous sont mutiques. Mais cela n’empêche pas en coulisses de se préparer. « Celui qui ira devra avoir l’imprimatur de François Fillon », ajoute un ancien ministre.

Pour l’instant, l’ancien Premier ministre ne voit pas d’autre candidat que lui-même sur la ligne de départ. « Je serai candidat à l’élection présidentielle », a-t-il affirmé lors de sa visite du Salon des entrepreneurs à Paris. Plus tôt, lors de la réunion avec les parlementaires LR, il a pris bien soin de dézinguer tout plan B. « Tout bricolage qui pourrait être imaginé se traduirait par notre échec », a-il prévenu.

Ludovic Vigogne

 

 

LE MONDE – 02/02/2017

Marine Le Pen : « Nous créerons une taxe sur tout nouveau contrat d’employé étranger »

Dans un entretien, la candidate du Front national à la présidentielle annonce son intention de mettre en place une « priorité nationale à l’emploi ».

La présidente du Front national, Marine Le Pen, présentera son programme ce week-end à Lyon. Son projet de rassemblement est fondé sur deux grands principes : « La parole au peuple et la démocratie de proximité. » Si elle est élue présidente de la République, elle entend proposer très vite deux référendums, dont un sur la révision constitutionnelle.

Vous avez refusé de rembourser 300 000 euros au Pfarlement européen pour l’emploi présumé fictif d’une de vos assistantes. Ses règles ne vous concernent pas ?

Le Parlement européen est une structure politique qui a décidé de mener contre les patriotes que nous sommes un combat sans prisonniers. Il ne supporte pas l’idée qu’il puisse exister une opposition en son sein.

Il n’est pas question que je me soumette à cette décision arbitraire, unilatérale, et pour laquelle il y a un conflit d’intérêt évident. Je me demande d’ailleurs si je ne vais pas saisir le Défenseur des droits. Nous sommes des députés européens élus par le peuple pour le défendre. Permettre de violer l’intégralité des règles qui fondent notre justice pour tenter d’empêcher un député d’exercer son mandat, car il s’agit de cela, est quelque chose d’extrêmement grave.

Vous dites que vous êtes ciblée, mais il y a eu 96 cas de recouvrements en 2015. Ça relativise la nature politique de cette décision…

Je conteste formellement le fait que Catherine Griset n’ait pas été fixée à Bruxelles. On m’indique l’inverse sans m’apporter aucun élément. Je n’ai même pas le rapport de l’OLAF [l’Office européen de lutte contre la fraude qui a mené l’enquête]. Catherine, elle vient à Bruxelles quand j’y vais. Et quand je n’y vais pas, elle badge. Demandez donc le listing des badges. Je suis obligée de saisir la justice pour me défendre. C’est le Parlement qui a les preuves en main pour savoir quand elle était à Bruxelles ; je n’ai pas accès à cela. Ils me demandent une preuve impossible à fournir.

Quelle était la nature du travail de votre assistante à Bruxelles ?

Vous la connaissez par cœur, vous êtes de mauvaise foi. Elle s’occupe absolument de tout : mes déplacements quand je vais au Parlement, les interviews. Quand les gens m’appellent, ils veulent voir qui ? La présidente du Front national ou la députée européenne ? Il n’y a qu’un malheur, c’est qu’à la différence des députés français, le député européen est en session du 1er janvier au 31 décembre.

Cela n’a rien à voir avec François Fillon. Je n’ai pas touché cet argent, c’est Catherine Griset qui l’a touché, en contrepartie du travail qu’elle a effectué, que personne ne remet en cause, même pas le Parlement européen. Cela fait vingt-cinq ans qu’elle travaille avec moi, elle m’a suivie absolument partout, quand j’étais avocate, quand j’ai travaillé au FN, quand je suis devenue députée européenne, et dans ma campagne présidentielle.

Un juge d’instruction a été saisi en France. Vous comptez, comme l’a promis François Fillon pour lui-même, retirer votre candidature en cas de mise en examen ?

Cette déclaration de François Fillon est totalement stupide. Elle a été prononcée dans le but de tirer dans les pattes de Nicolas Sarkozy. Est-ce que vous vous rendez compte dans quel gouvernement des juges nous vivrions ? Un juge pourrait décider qui est candidat et qui n’est pas candidat, c’est la fin de la démocratie.

Dans votre programme, il y a des propositions pour améliorer la transparence de la vie publique ?

Oui. Que les autorités chargées de la transparence soient indépendantes. Qu’elles ne soient pas utilisées dans le but exclusif de persécuter une opposition politique. J’ai un cuir de crocodile, ou de rhinocéros. On a tellement pris de coups que ça ne me fait pas bouger d’un cil.

Avez-vous trouvé un financement pour vos campagnes présidentielle et législatives ?

Je cherche. Point. Partout. Point. [Silence] Eh oui, je n’ai pas des donateurs multiples et variés comme M. Macron. Je cherche un prêt seulement. Je ne vais pas chercher des dons au Liban ou à Londres, comme lui. Il y a une indignation sélective. Il serait plus critiquable d’aller emprunter de l’argent à l’étranger, que l’on va donc rembourser, que d’aller chercher des dons à l’étranger.

A New York, en janvier, ce n’était pas le but de votre voyage ?

C’était éventuellement de trouver une banque. Pour une raison simple : la loi fait qu’il n’y a que les banques qui peuvent prêter. C’est quand même étonnant ! Les particuliers ne peuvent pas prêter, c’est dommage, surtout quand on n’a pas de très riches donateurs. Je n’évolue pas dans les mêmes milieux que M. Macron.

Et à Moscou, vous ne trouvez pas ?

Non.

L’ambassadeur russe en France a déclaré que le FN doit trouver de l’argent en France, pas en Russie.

Il a raison. C’est aux banques françaises de prêter aux candidats français. Le signal qui est envoyé à l’étranger est celui d’une démocratie imparfaite. Les étrangers ne comprennent pas que les banques françaises prêtent à tous les candidats, sauf à Marine Le Pen. Mais je n’ai aucune inquiétude, je trouverai le financement pour ma campagne.

A quoi ressembleraient vos cent premiers jours à l’Elysée ?

J’organise deux référendums. Le premier, tout de suite après les élections législatives, portera sur la révision constitutionnelle : inscription dans la Constitution de l’interdiction du communautarisme, autorisation de la priorité nationale, défense et promotion du patrimoine historique et culturel, suppression des régions et des intercommunalités, réduction du nombre des députés à 300 et des sénateurs à 200, introduction de la proportionnelle intégrale à l’Assemblée nationale – avec une prime majoritaire à 30 % –, suppression du chapitre sur l’Union européenne, supériorité de la loi française sur les traités européens et les droits dérivés antérieurs, référendum d’initiative populaire, élargissement du domaine d’intervention du référendum, obligation d’utiliser ce moyen pour réformer la Constitution…

Par ailleurs, je vais immédiatement à Bruxelles pour enclencher la négociation sur le retour des quatre souverainetés : monétaire, législative, budgétaire et territoriale. Et six mois après mon élection, j’organise un référendum sur la sortie de l’UE. Si j’ai obtenu gain de cause, je suggère aux Français de rester. Sinon, je leur conseille de sortir de l’UE.

Si vous deviez être élue, il vous faut une majorité parlementaire pour appliquer votre programme. Vous pensez que vous l’aurez ?

Oui. Depuis un certain nombre d’années, on a accueilli pas mal de gens qui viennent d’horizons divers. Nous allons avoir beaucoup d’autres personnes qui vont nous rejoindre, avant le premier tour, dans l’entre-deux-tours, après le second tour.

Le premier ministre ne sera pas forcément issu du FN. J’ai déjà un profil, mais je le garde dans ma tête. Par ailleurs, je limiterai le nombre de ministères. L’armée mexicaine, c’est fait pour respecter les équilibres politiques. Mettre en œuvre le programme de redressement du pays ne doit pas passer par des petits arrangements électoraux.

Sur quel projet porterait ce rassemblement ?

Il est fondé sur deux grands éléments : la parole au peuple et la démocratie de proximité, avec notamment la revalorisation du statut du maire. Sur l’économie de proximité, aussi, c’est-à-dire rompre avec un modèle fondé sur le libre-échange intégral et sur ce principe qui consiste à faire fabriquer à des esclaves pour vendre à des chômeurs. C’est le protectionnisme intelligent, la lutte contre les délocalisations sauvages, la mise en place de circuits courts, la protection de l’environnement et de la santé des Français.

Le fondement de tout ça, c’est le patriotisme, c’est-à-dire que chaque mesure prise et chaque euro dépensé a vocation à défendre l’intérêt des Français. Avec notamment un attachement particulier à régler le problème du pouvoir d’achat. Je vais mettre en place ce que j’ai nommé une prime de pouvoir d’achat, qui concernera tous les bas salaires et les petites retraites de moins de 1 500 euros nets. Elle sera financée par une contribution sociale à l’importation des biens et des services de 3 %, ce qui rapportera 15 milliards d’euros minimum. En moyenne, cette prime représentera près de 80 euros par mois.

Le prix des produits importés serait touché par cette contribution, et cela aurait un effet sur le pouvoir d’achat…

3 % sur l’importation, c’est totalement indolore. Vous parlez du produit fini, mais très souvent ce sont des matières premières, des pièces détachées. En réalité, le coût de ces dernières dans le produit fini est déjà minime. Ce n’est pas le cas de l’augmentation de deux points de la TVA [proposée par M. Fillon], qui, elle, sera particulièrement douloureuse.

Votre contribution suppose un accord avec l’UE. Elle se mettrait donc en place après le « Frexit » ?

On peut tomber d’accord assez rapidement sur la négociation sur le « Frexit ». Il y a beaucoup de bouleversements au sein de l’UE. De nombreux pays vont en profiter pour venir eux aussi obtenir le retrait de réglementations et de traités qui nuisent à leur sécurité ou leur économie. Je ne vais pas être toute seule dans cette négociation. Je suis convaincue que je lancerai un mouvement. Il va y avoir des élections dans toute l’Europe – Pays-Bas, Allemagne, Italie, peut-être –, l’UE est en très fâcheuse posture.

En cas de victoire au référendum, comment allez-vous mettre en œuvre une partie de votre programme alors que vous serez toujours dans l’UE ?

A partir du moment où le peuple français dit qu’il ne veut plus rester dans l’UE, je mettrai en œuvre toutes les mesures qui étaient interdites pas l’UE. Comme la première ministre Theresa May est en train de le faire au Royaume-Uni. Elle met en place tout de suite les conditions de limitation de l’immigration. Pour elle, c’est terminé.

Le solde migratoire en France est aujourd’hui de 40 000 personnes. Vous voulez le faire passer à 10 000. Comment faites-vous ?

Un certain nombre de personnes voudront repartir parce que la France arrêtera d’être incitative à l’immigration. Et pour le reste, on modulera pour faire en sorte que les gens que nous acceptons répondent à un certain nombre de critères et ne pèsent pas d’un poids quelconque sur les finances publiques. Par ailleurs, je précise que les clandestins ont vocation à repartir chez eux.

Vous avez déclaré à Coblence, le 21 janvier, lors d’une conférence avec vos alliés européens, que chaque pays doit avoir le choix souverain de rester ou non dans l’union monétaire. Si la France la quitte, l’euro peut survivre ?

Je ne pense pas. La seule structure qui pourrait rester c’est l’ancienne région mark : Autriche, Pays-Bas, Allemagne. Comme je le dis depuis cinq ans, on ne s’opposera pas à une monnaie commune, comme l’ancien ECU. Les grandes entreprises qui voudraient utiliser cet instrument pourront le faire, mais les Français ne s’en apercevront pas, car la seule devise en circulation en France sera notre nouvelle monnaie française. Et la dette sera libellée dans la monnaie nationale.

Vous comptez recruter beaucoup de fonctionnaires ?

A partir du moment où je supprime des strates, on va redistribuer les fonctionnaires territoriaux vers les structures qui ont récupéré les compétences. Il faut augmenter les effectifs dans le domaine de la police, de la santé, de la douane.

Et en termes de fiscalité, vous avez prévu des baisses d’impôt ?

Oui, de l’impôt sur le revenu : je veux baisser de 10 % les trois premières tranches. C’est un gros effort que nous faisons, mais ça va dans le sens de l’augmentation du pouvoir d’achat, notamment des classes moyennes, qui sont concernées par le troisième seuil. Par ailleurs, nous appliquerons la priorité nationale à l’emploi par l’intermédiaire d’une taxe additionnelle sur tout nouveau contrat d’employé étranger. Cette recette sera versée à l’indemnisation des chômeurs.

Tout cela a un impact sur le déficit public et sur la dette…

Nous avons été raisonnables dans le chiffrage. Nous n’avons pas fait de projets délirants, mais des projets sérieux. Parfois, nous avons même préféré des prévisions de croissance en deçà de nos calculs. Nous ne laissons pas filer la dette à partir du moment où on recrée de l’emploi et de la croissance. L’austérité aggrave la dette. Nous faisons une politique de relance, par conséquent, la première année, la dette publique augmente d’un point. Mais l’année suivante, elle diminue, car vous avez relancé la machine. Le Fonds monétaire international a soutenu pendant longtemps la politique d’austérité, et il reconnaît aujourd’hui qu’elle tue les pays et leur économie.

Vous êtes sur un objectif de 2,5 % de croissance en 2022 : vous ne faites pas partie de ceux, comme Benoît Hamon, qui pensent qu’elle ne reviendra jamais ?

Non, ça c’est la facilité de ceux qui pensent que tout a été tenté et refusent d’admettre que leurs recettes au pouvoir ont été mauvaises.

Votre slogan, c’est « La France apaisée ». Vous trouvez vraiment que Donald Trump c’est « l’Amérique apaisée », au vu des premiers jours de son mandat ? C’est un modèle pour vous ?

Trump a été élu sur des promesses qu’il met en œuvre. Ce respect des électeurs devrait être un modèle pour tout politique. Mais je n’ai pas de modèle. Je n’ai pas de fascination pour les Etats-Unis, l’Allemagne ou la Russie. J’ai une fascination pour la France. Je mettrai en œuvre une politique qui va dans le sens des intérêts de la France. Ces intérêts peuvent parfois être compatibles avec ceux de la Russie ou des Etats-Unis, ou pas. Ce n’est pas le souci.

L’histoire est en train de s’écrire avec un grand H. On a l’impression que personne ne mesure ce qui est en train de se passer. Trump a prononcé dans son discours d’investiture l’acte de décès de l’ultralibéralisme intégral, un modèle économique qui nous a été imposé depuis trente-cinq ans avec la complicité de nos dirigeants. C’est le retour du protectionnisme, des nations. Il dit surtout quelque chose qui aurait dû interpeller : les Etats-Unis n’ont plus à imposer aux autres nations un modèle. C’est une rupture totale avec la vision portée par les Etats-Unis. Ou par Mme Merkel. Je m’en réjouis.

Pourriez-vous signer, vous aussi, un décret d’interdiction d’entrée des ressortissants de pays musulmans ?

Ce décret n’est pas dans mon projet. Trump a le droit de le faire. Les Américains ont l’air d’accord.

Il dénonce le « système », comme vous. C’est quoi le « système » selon vous ?

C’est un groupe de personnes qui défendent leurs propres intérêts, sans le peuple ou contre lui, au bénéfice de quelques-uns et au détriment des autres. C’est M. Bergé qui défend Macron en possédant Le Monde et L’Obs, c’est M. Drahi qui défend Macron, ce sont les technocrates de l’UE qui imposent au peuple leurs volontés, alors qu’ils ne sont pas élus. Ce sont les dirigeants français qui imposent une politique que les Français rejettent. Une caste déconnectée, qui fonctionne pour elle-même.

Mais le « système », ce n’est pas le PDG d’ExxonMobil qui devient secrétaire d’Etat, ou Wall Street qui se réjouit de la victoire de Trump ?

Si la politique de Trump vise à renforcer le système, les Américains le verront très vite. Les décisions prises pour l’instant ne vont pas dans ce sens.

Olivier Faye, Alain Salles et Caroline Monnot

 

 

::: INTERNATIONAL

LES ECHOS – 02/02/2017

Merkel : visite éclair en Turquie sur fond de tensions

 

Les rencontres d’Angela Merkel avec le prĂ©sident Recep Tayyip Erdogan et son Premier ministre Binali Yıldırım, aujourd’hui Ă  Ankara,

promettent d’être délicates tant les sujets de contentieux sont nombreux (photo d’archive)

La chancelière rencontre ce jeudi le président turc Erdogan. Les sujets délicats ne manquent pas.

Angela Merkel se rend ce jeudi pour une visite de travail Ă©clair Ă  Ankara oĂą la lutte contre le terrorisme et la question des rĂ©fugiĂ©s auront bonne place. Les rencontres avec le prĂ©sident Recep Tayyip Erdogan et son Premier ministre Binali Yildirim promettent d’ĂŞtre dĂ©licates tant les sujets de contentieux sont nombreux.

Des relations qui se sont beaucoup tendues

Les relations entre l’Allemagne et la Turquie se sont beaucoup tendues après la très forte rĂ©pression qui a suivi le coup d’Etat ratĂ© de juillet dernier et qui a conduit des dizaines de milliers de Turcs en prison. Pour l’opinion publique allemande, la chancelière doit Ă©viter de se faire instrumentaliser par le prĂ©sident Erdogan. Ce dernier a en effet besoin d’appuis de poids alors que dĂ©marre la campagne prĂ©cĂ©dant un rĂ©fĂ©rendum de printemps, censĂ© lui confĂ©rer les pleins pouvoirs.

Appel de la gauche allemande Ă  un ton ferme

Plusieurs tenants de la gauche allemande et des organisations non gouvernementales ont ainsi appelĂ© la chancelière Ă  adopter un ton ferme vis-Ă -vis de l’homme fort d’Ankara, après les purges organisĂ©es ces derniers mois dans l’administration et l’armĂ©e, les milliers d’arrestations et les restrictions des libertĂ©s de la presse et d’opinion. « Le pouvoir d’influence de la chancelière est très rĂ©duit, tempère Kristian Brakel, expert Ă  Istanbul pour le think-tank allemand DGAP. Elle ne va pas contraindre Erdogan Ă  bouger d’un millimètre le système prĂ©sidentiel appelĂ© Ă  lui confĂ©rer les pleins pouvoirs ».

La dirigeante, qui visitera le Parlement, en partie endommagĂ© par le putsch de l’Ă©tĂ© dernier, pourra en revanche « insister lors de ses entretiens bilatĂ©raux sur les attentes de Berlin et de Bruxelles vis-Ă -vis de la Turquie, si ce pays espère obtenir en retour des avancĂ©es dans les relations Ă©conomiques avec l’Allemagne et l’Union EuropĂ©enne », ajoute Kristian Brakel.

Pas d’intĂ©rĂŞt Ă  se couper des partenaires commerciaux europĂ©ens

La Turquie n’aurait, de fait, aucun intĂ©rĂŞt Ă  se couper des partenaires commerciaux europĂ©ens. Le pays traverse une crise Ă©conomique marquĂ©e par l’effondrement de sa devise et la chute du PIB dans le sillage d’une saison touristique calamiteuse. D’un autre cĂ´tĂ©, sur la question des rĂ©fugiĂ©s, l’Europe, surtout l’Allemagne, souhaite la poursuite de l’application du plan d’action dĂ©cidĂ© en octobre 2015 avec Ankara. Celui-ci prĂ©voit une aide de 3 milliards d’euros Ă  la Turquie, en Ă©change d’un durcissement du contrĂ´le aux frontières.

Dans ce contexte, une affaire de demandes d’asile en Allemagne formulĂ©es par une quarantaine de militaires turcs de l’Otan risque de tourner Ă  la crise politique. L’Allemagne doit « absolument » rejeter ces demandes, a dĂ©clarĂ© dimanche dernier le ministre turc de la DĂ©fense, Fikri Is?k. Ankara a rendu ces militaires complices de la tentative de putsch de juillet. Ils peuvent craindre la prison et la torture s’ils retournent en Turquie. Berlin a dĂ©jĂ  fait savoir que le dossier ne se rĂ©glera pas de façon politique mais selon le droit en vigueur.

Jean-Philippe Lacour

 

 

LE FIGARO – 02/02/2017

Le Parlement britannique lance le Brexit

Les dĂ©putĂ©s se prononcent Ă  une large majoritĂ© pour le dĂ©clenchement de la sortie de l’Union europĂ©enne.

Le compte Ă  rebours est lancĂ©, avant le dĂ©clenchement officiel de la procĂ©dure de divorce du Royaume-Uni avec l’Union europĂ©enne par l’article 50 du traitĂ© du Lisbonne. Theresa May a promis d’en notifier Bruxelles avant fin mars. Pour tenir ce dĂ©lai, un Blitzkrieg lĂ©gislatif a dĂ©butĂ© mardi, une semaine après la dĂ©cision de la Cour suprĂŞme la forçant Ă  obtenir, au prĂ©alable, l’assentiment du Parlement sur cette procĂ©dure.

IntitulĂ© «projet de loi de l’Union europĂ©enne (notification de retrait)», le texte, très court, a Ă©tĂ© approuvĂ© Ă  une très large majoritĂ© lors d’un premier vote, ce mercredi soir: 498 dĂ©putĂ©s se sont prononcĂ©s en sa faveur, contre 114 s’y opposant. Un retournement remarquable: les trois quarts de ces Ă©lus avaient votĂ© contre la sortie de l’UE lors du rĂ©fĂ©rendum en juin.

Le projet de loi sera Ă  nouveau discutĂ© en commission la semaine prochaine, avant un nouveau vote aux Communes. Il sera ensuite transfĂ©rĂ© Ă  la Chambre des lords Ă  la fin du mois, dans l’espoir d’une adoption dĂ©finitive le 7 mars. Theresa May devrait donc obtenir le pouvoir de notifier l’article 50 en temps voulu, grâce au soutien de sa majoritĂ© conservatrice et d’une partie de l’opposition travailliste Ă  la Chambre des communes.

Le ministre des Affaires Ă©trangères, Boris Johnson, a saluĂ© un«vote historique» et s’est fĂ©licitĂ© de cette «énorme majoritĂ© pour faire avancer nos nĂ©gociations sur le Brexit». Si certains conservateurs proeuropĂ©ens s’inquiètent de la marche vers un Brexit «dur», hors du marchĂ© unique, ils ne tiennent pas Ă  se lancer dans une fronde contre-productive contre la première ministre sur cette question de principe. Ils ont Ă©tĂ© amadouĂ©s par la promesse du gouvernement de publier, ce jeudi, un «livre blanc» dĂ©taillant ses projets. Seul, parmi eux, l’ancien ministre franc-tireur Ken Clarke a votĂ© contre le gouvernement. Il a regrettĂ© que le Royaume-Uni «embarque pour un voyage vers un avenir inconnu qui sidère tous nos amis». Les dĂ©putĂ©s tories avaient Ă©tĂ© priĂ©s de rester dans l’enceinte du Palais de Westminster jusqu’Ă  minuit mardi soir, pour parer toute adoption subreptice d’amendements par l’opposition.

Le Labour déchiré

Les travaillistes, de leur cĂ´tĂ©, se sont dĂ©chirĂ©s sur la consigne ferme donnĂ©e par leur leader Jeremy Corbyn de voter avec la majoritĂ©. Quelque 47 dĂ©putĂ©s Labour ont bravĂ© ce mot d’ordre, entraĂ®nant le parti dans une nouvelle crise existentielle. Le dĂ©putĂ© chargĂ© du Brexit, Keir Starmer, avait reconnu qu’il s’agissait d’un choix «difficile» pour les travaillistes. «Nous sommes un parti fondamentalement internationaliste, nous sommes proeuropĂ©ens. Mais nous n’avons pas rĂ©ussi Ă  convaincre. Nous avons perdu le rĂ©fĂ©rendum», a-t-il reconnu, dĂ©pitĂ©. Plusieurs membres du «gouvernement fantĂ´me» de Corbyn ont toutefois dĂ©missionnĂ© de leur poste pour assumer leur dissidence avec la ligne officielle. Son rival dans la course Ă  la tĂŞte du parti l’an dernier, Owen Smith, a dĂ©posĂ© une motion soutenue par douze autres Ă©lus travaillistes pour rĂ©clamer un second rĂ©fĂ©rendum sur la sortie de l’UE. Un autre amendement dĂ©posĂ© demandait le maintien dans le marchĂ© unique, un troisième, la consultation des parlements rĂ©gionaux d’Écosse, d’Irlande du Nord et du pays de Galles. Un autre encore visait Ă  obtenir la protection du statut des ressortissants europĂ©ens installĂ©s au Royaume-Uni. Plus de 80 pages de modifications supplĂ©mentaires au texte initial devront ĂŞtre discutĂ©es la semaine prochaine. Cinquante Ă©lus nationalistes Ă©cossais, 7 libĂ©raux-dĂ©mocrates ont votĂ© mercredi contre l’article 50 avec les 47 frondeurs travaillistes, faute d’avoir rĂ©ussi Ă  imposer leurs amendements. Une guĂ©rilla qui s’apparente Ă  un baroud d’honneur pour les partisans du maintien dans l’Europe. «Ce n’est pas un projet de loi sur le fait de sortir ou non de l’UE ou sur la façon de le faire. Il s’agit simplement d’appliquer une dĂ©cision dĂ©jĂ  prise», avait rappelĂ© le ministre de la Sortie de l’UE, David Davis. «La seule question Ă  laquelle vous devez rĂ©pondre est: faites-vous confiance au peuple?», dramatisait de son cĂ´tĂ© Theresa May.

Florentin Collomp

 

 

 

Vous souhaitant une bonne journée.

 

Cordialement,

 

 

Elena NATALITCH

Service Presse, Communication / Formation

251, bd Pereire – 75852 PARIS Cedex 17

Tél. : 01 40 55 12 43

Fax : 01 40 55 12 40

elena.natalitch@medef-idf.fr

www.medef-idf.fr

https://www.facebook.com/medef.idf

[/fusion_text]

[/fusion_builder_column][/fusion_builder_row][/fusion_builder_container]

31/01/2017 Assistante de Manager en alternance – TAMBULU Patience

2017-01-31T08:22:34+01:00Mots-clés : |

TAMBULU Patience
1 rue Max Bourgouin
91330 Yerres
07.71.26.85.54
patience.tambulu@gmail.com

 
Objet :

Candidature spontanĂ©e au poste d’assistante de manager
Madame, Monsieur,
IntĂ©grant Ă  la rentrĂ©e prochaine l’Ă©cole IGF pour y suivre une formation de BTS Assistant de Manager en alternance (2 jours Ă©cole ; 3 jours entreprise), je m’intĂ©resse de près Ă  votre sociĂ©tĂ© pour y effectuer mon apprentissage. Je vous soumets donc, par la prĂ©sente, ma candidature.

Ayant un baccalaurĂ©at professionnel secrĂ©tariat comptabilitĂ©, je possède d’ores et dĂ©jĂ  d’excellentes bases en secrĂ©tariat classique ainsi qu’une parfaite maĂ®trise des outils bureautiques. IntĂ©grer Ă  prĂ©sent votre Ă©quipe serait pour moi une rĂ©elle chance d’Ă©largir mon domaine de compĂ©tences et d’acquĂ©rir la technicitĂ© indispensable Ă  la rĂ©ussite de mon brevet de technicien supĂ©rieur.

Je vous apporterai de plus amples renseignements sur mes compĂ©tences et mes motivations lors d’un entretien que vous accepterez de m’accorder.

Dans l’attente de votre rĂ©ponse, veuillez agrĂ©er, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments les plus sincères.
TAMBULU Patience

CV

Hand-Ball : Samedi 4 Février à 20h30 au COS Massy Essonne Handball vs Istres

2017-03-02T07:03:17+01:00Mots-clés : , , |

 

Chers partenaires,

Les Experts sur le toit du monde !

L’Équipe de France est incroyable. Jamais rassasié les bleus remportent un 11e trophée et un 6e sacre mondial. La bande de Nikola Karabatic a dominé la compétition du début à la fin avec talent, brio et expérience.

Pendant ce mondial rĂ©ussi en France, les Lions ont repris l’entrainement avec dĂ©termination.

Les hommes de Benjamin Braux restent sur une série de 10 matches sans défaite et attaquent la phase retour avec ambition.

Les hostilitĂ©s reprennent dès ce week-end avec la rĂ©ception d’Istres, concurrent direct dans la course aux play-offs. L’annĂ©e passĂ©e les IstrĂ©ens avaient rĂ©alisĂ© l’exploit de venir gagner au COS.

Les Lions doivent donc prendre leur revanche et signer une 10e victoire cette saison.

 Nous vous donnons rendez-vous le :

Samedi 4 Février

Ă  20h30 au COS

Massy Essonne Handball vs Istres

pour suivre ce match qui s’annonce palpitant !

 

Excellente semaine Ă  tous

 

Allez Massy !

 

 

 

 

 

 

 

 

Revue de presse du MEDEF IDF du samedi 28 au lundi 30 janvier 2017

2017-03-02T07:03:33+01:00Mots-clés : , , |

:: ECONOMIE

LE FIGARO – 28/01/2017

Assurance-chĂ´mage : syndicats et patronat proches d’un accord sur les contrats courts

INFO LE FIGARO – La surtaxation des CDD de moins d’un mois avait Ă©tĂ© le point bloquant de la nĂ©gociation avortĂ©e en juin 2016.

Vers un dĂ©blocage? Peut-ĂŞtre bien. En tout cas, les discussions entre patronat et syndicats autour de l’assurance-chĂ´mage avancent Ă  grands pas. Depuis dĂ©cembre, les partenaires sociaux se rĂ©unissent de manière informelle afin d’«établir un diagnostic commun» sur le marchĂ© du travail et l’assurance-chĂ´mage. Ils se reverront le 8 fĂ©vrier avant de dĂ©cider, le 15, de relancer ou non la nĂ©gociation qui avait avortĂ© en juin 2015 faute d’accord. Avec, en cas de rĂ©ponse positive, l’objectif de s’accorder avant l’Ă©lection prĂ©sidentielle sur une nouvelle convention.

La nĂ©gociation avait achoppĂ© l’annĂ©e dernière sur le point prĂ©cis des CDD de moins d’un mois. Selon une Ă©tude de l’Unedic prĂ©sentĂ©e mercredi aux partenaires sociaux, le recours Ă  ces contrats a plus que doublĂ© en quinze ans, passant de 1,5 million par trimestre en 2000 Ă  plus de 4 millions en 2016. Pour inciter les entreprises Ă  en limiter le recours, les syndicats exigeaient au printemps un système de bonus-malus a minima, voire une surtaxation, des contrats courts.

Surtaxation expérimentale

Jusqu’Ă  prĂ©sent, le patronat avait opposĂ© son veto Ă  toute forme de prĂ©lèvement sur les CDD de moins d’un mois. Mais les lignes seraient en train de bouger. Selon nos informations, les chefs de file des dĂ©lĂ©gations patronales et syndicales planchent actuellement sur le principe d’une surtaxation expĂ©rimentale, donc temporaire, rĂ©servĂ©e aux entreprises les plus utilisatrices de contrats courts. Et notamment l’hĂ´tellerie-restauration, les Ă©tudes de marchĂ©, sondages et agences de publicitĂ©, et les entreprises d’hĂ©bergement social pour personnes âgĂ©es et handicapĂ©es, pointĂ©es du doigt par l’Unedic dans son Ă©tude.

«On est très loin d’avoir dĂ©cidĂ© si on reprenait la nĂ©gociation, nuance-t-on du cĂ´tĂ© patronal. On travaille.» Une source syndicale est plus catĂ©gorique: «On est proche de la solution qui permettrait de relancer la nĂ©gociation.» La raison est simple. «Il est essentiel de dĂ©montrer que nous pouvons nĂ©gocier, sinon les politiques reprendront le dossier, prĂ©vient Éric Courpetin, le chef de file CFTC. Nous sommes ouverts Ă  tout.» Michel Beaugas est, lui, plus circonspect. «Nous dĂ©fendons toujours un système de bonus-malus qui s’applique Ă  l’ensemble des contrats», explique le leader FO.

Les rencontres bilatĂ©rales vont s’enchaĂ®ner d’ici Ă  la mi-fĂ©vrier. Chacun va prendre le temps de mesurer les rapports de force entre les diffĂ©rents camps, mais aussi dans son organisation avant de se lancer dans une nouvelle nĂ©gociation. Quant au patronat, il fixera un mandat prĂ©cis Ă  son chef de file. «Si on y retourne, c’est qu’on sera sĂ»r de conclure», jure un acteur du dossier. Un nouvel Ă©chec, après l’Ă©pisode de juin, dĂ©crĂ©dibiliserait durablement le dialogue social et n’est donc pas une option. Et ce, d’autant que plusieurs candidats Ă  la prĂ©sidentielle ont annoncĂ© leur intention de lĂ©gifĂ©rer, notamment pour rĂ©introduire la dĂ©gressivitĂ© des allocations-chĂ´mage.

Refonte de la filière senior

Trouver un consensus sur les contrats courts est d’autant plus crucial que les partenaires sociaux ont avancĂ© sur d’autres points sensibles, comme la refonte de la filière senior. Les chĂ´meurs de plus de 50 ans ont aujourd’hui droit, s’ils ont cotisĂ© pendant trois ans, Ă  36 mois d’indemnisation, contre 24 mois maximum pour les autres. Cet avantage coĂ»te 1 milliard par an au rĂ©gime, selon la Cour des comptes. Au printemps, le Medef a proposĂ© de relever Ă  55 ans l’entrĂ©e dans cette filière.

Les modalitĂ©s de cumul allocation-salaire sont Ă©galement dans le viseur. La formule a Ă©tĂ© revue lors de la convention de 2014 mais n’incite toujours pas assez Ă  reprendre un emploi. Des salariĂ©s, notamment en intĂ©rim, peuvent enchaĂ®ner contrats courts et pĂ©riodes de chĂ´mage pour toucher un revenu proche du smic de ceux qui travaillent Ă  temps plein aux mĂŞmes postes, voire supĂ©rieur.

Anne de Guigné

 

 

L’OPINION – 30/01/2017

Pourquoi la CPME lance une négociation avec les syndicats sur la responsabilité sociale et environnementale

Cette idée en a fait sourire plus d’un. Une négociation afin de mieux faire reconnaître les actions sociales et environnementales que mènent les entreprises, surtout les petites. Le Medef n’en voulait pas, ni les artisans (U2P). Finalement François Asselin, le numéro un de la CPME a réussi convaincre tout le monde. Y compris les syndicats, qui tous ont répondu présent. La CGT a même été la première à dire oui.

C’est ainsi que le 1er février se tiendra la première réunion des partenaires sociaux. « L’idée est d’encourager la vertu», explique François Asselin à l’Opinion : « De nombreuses entreprises font du recyclage des déchets, des plans de préventions santé, encouragent la promotion des femmes, sans jamais être valorisées. Pire, lorsqu’une patrouille –Urssaf, inspection du travail- vient les contrôler, elles se font sanctionner si elles n’ont pas appliqué avec formalisme un programme égalité homme-femme, une mesure pénibilité etc. C’est insupportable !».

Aussi, la CPME aimerait-elle aboutir à la création d’une sorte de certification RSE qui puisse être valorisée, notamment lorsque les entreprises concourent à des appels d’offres.

Si l’intention est louable, le risque n’est-il pas de créer une contrainte supplémentaire ? « Au contraire, puisque dans cette certification RSE nous pourrions réunir de nombreuses obligations (égalité homme-femme, environnement, diversité, seniors etc..) » répond encore François Asselin.

Ses homologues patronaux traînent encore un peu les pieds. Ils craignent d’ouvrir la boîte de Pandore « Lancer une négo sur ce thème ramasse-tout, en ce moment, c’est ouvrir la boîte à claques. Les syndicats vont vouloir y mettre tout et n’importe quoi, et à chaque fois qu’on dira non, on passera pour des réac’», juge un membre du Medef.

François Asselin, lui, n’a pas peur : «C’est une occasion aussi pour les partenaires sociaux de traiter des sujets ouverts et positifs ». Bref de se refaire une santé au moment où le paritarisme est si décrié.

Fanny Guinochet

 

 

L’EXPRESS – 30/01/2017

Travaux Ă  domicile: les artisans obligĂ©s d’annoncer leurs prix sur leur site web

 

L’activitĂ© de dĂ©pannage Ă  domicile constitue l’un des premiers postes d’enregistrement des plaintes

Afin de contrer les arnaques des artisans, lors de dĂ©pannages et travaux Ă  domicile, un arrĂŞtĂ© qui entrera en vigueur le 1er avril les oblige Ă  afficher leurs tarifs sur leur site internet, s’ils en possèdent un.

Le texte est paru samedi, au Journal officiel. A partir du 1er avril 2017, il imposera aux professionnels intervenant au domicile des particuliers pour des travaux, comme les plombiers ou les serruriers, d’afficher obligatoirement leurs tarifs sur internet, s’ils ont un site.

Parmi ces informations devront figurer le taux horaire de main d’oeuvre, les modalitĂ©s de dĂ©compte du temps estimĂ©, les prix des prestations forfaitaires, les frais de dĂ©placement, ou le caractère gratuit ou payant du devis. Elles devaient dĂ©jĂ , pour la plupart, ĂŞtre communiquĂ©es au consommateur avant toute prestation. Ces informations « doivent Ă©galement ĂŞtre aisĂ©ment accessibles sur tout espace de communication en ligne dĂ©diĂ© au professionnel », indique le texte.

Le dépannage à domicile, visé par de nombreuses plaintes

Cet arrĂŞtĂ© prĂ©voit par ailleurs qu’avant tout travaux, les professionnels devront remettre au client un document dĂ©taillĂ© oĂą figureront ces informations. Elles devront auparavant avoir dĂ©jĂ  Ă©tĂ© prĂ©cisĂ©es dans les documents appelĂ©s « ordre de rĂ©paration » et « devis ».

Selon les donnĂ©es de la Direction de la rĂ©pression des fraudes (DGCCRF), l’activitĂ© de dĂ©pannage Ă  domicile constitue l’un des premiers postes d’enregistrement des plaintes. En septembre, cette dernière a menĂ© une campagne de sensibilisation, destinĂ©e Ă  informer les consommateurs sur les pratiques de certains professionnels du dĂ©pannage Ă  domicile qui profitent de leur vulnĂ©rabilitĂ© pour les tromper.

 

LE PARISIEN – 28/01/2017

Salaires : les Français gagnent en moyenne 2225 euros net par mois

 

Le BTP est le seul secteur où les salaires ont baissé en 2014

Bonne nouvelle : les salaires continuent de progresser. Selon la dernière Ă©tude de la Darès, la direction des Ă©tudes statistiques du ministère du Travail, ils ont progressĂ© en 2014 de 1% après +0,7% en 2013. RĂ©sultat, le salaire moyen s’Ă©tablit dĂ©sormais Ă  2225 euros net et Ă  2957 euros brut. «La croissance des rĂ©munĂ©rations est intervenue dans un contexte de de reprise soutenue de l’activitĂ© Ă©conomique», explique la Darès.

Un écart de 18,6% entre hommes et femmes

Ces moyennes dissimulent cependant de fortes disparitĂ©s. En premier lieu, l’Ă©cart de salaires entre hommes et femmes, qui diminue depuis 2008, reste important puisqu’il est en moyenne de 18,6%. Autre facteur d’inĂ©galitĂ©, vous ne gagnerez pas la mĂŞme chose selon que vous travaillez dans une multinationale et chez un artisan. «Plus l’entreprise est grande et plus les salaires net moyens sont Ă©levĂ©s», confirme la Darès. Ainsi, le salaire moyen est de 1883 euros net dans les entreprises de moins de 10 salariĂ©s mais il bondit Ă  2461 dans les groupes de plus de 500 employĂ©s.

Des salaires en baisse dans le BTP

Enfin, la paie n’est pas du tout la mĂŞme selon les secteurs. Dans le haut de la fourchette des rĂ©munĂ©rations, les cadres de la finance et de l’assurance Ă©margent en moyenne Ă  3251 euros net alors qu’un technicien de la chimie et de la pharmacie gagne 3021 €. La rĂ©munĂ©ration tombe sous la barre des 2000 € dans le textile et descend Ă  1661 dans l’hĂ´tellerie-restauration. Dernière prĂ©cision : les mĂ©tiers du BTP ont presque tous vu les rĂ©munĂ©rations baisser en 2014. Mais ce secteur fait figure d’exception.

Pour en savoir plus : http://www.leparisien.fr/economie/les-francais-gagnent-en-moyenne-2225-euros-nets-par-mois-27-01-2017-6627072.php

 

Marc Lomazzi

 

 

LE FIGARO – 30/01/2017

Bercy accentue la lutte contre le blanchiment

INFO LE FIGARO – En 2016, les amendes payĂ©es par les sociĂ©tĂ©s ayant manquĂ© Ă  leurs obligations en la matière sont allĂ©es jusqu’Ă  200.000 euros.

Depuis les Ă©vĂ©nements tragiques de 2015, l’Europe et plus particulièrement la France ont mis un vĂ©ritable coup d’accĂ©lĂ©rateur Ă  la lutte contre le blanchiment de capitaux. La Commission nationale des sanctions, créée fin 2014 et dĂ©pendant de Bercy, est dĂ©sormais un vĂ©ritable outil pour punir les professionnels qui, volontairement ou non, crĂ©ent des conditions favorables Ă  du blanchiment d’argent ou au financement du terrorisme Ă  travers des entitĂ©s lĂ©gales. Son action commence Ă  payer: au cours de l’annĂ©e 2016, la Commission s’est prononcĂ©e sur 22 dossiers et a sanctionnĂ© 43 personnes. Et au total, depuis le lancement de ses travaux, elle a examinĂ© 43 dossiers et sanctionnĂ© 79 personnes, selon le rapport annuel remis ce lundi au ministre de Finances, Michel Sapin, dĂ©voilĂ© par Le Figaro.

Le rĂ´le de cette autoritĂ© consiste Ă  sanctionner les professionnels qui manquent Ă  leurs obligations. Elle ne surveille pas ceux qui appartiennent au secteur financier ou du droit, ces derniers dĂ©pendant d’organismes disciplinaires spĂ©cifiques. Mais elle a autoritĂ© sur les agences immobilières, les personnes exerçant l’activitĂ© de domiciliation, les professionnels du jeu ou encore, depuis dĂ©but dĂ©cembre, les antiquaires et les agents sportifs. Tous ont des obligations strictes: non seulement mettre en place en interne des systèmes de gestion des risques financiers, mais aussi conserver certains documents, vĂ©rifier les identitĂ©s de tous leurs clients, former leur personnel et s’adresser Ă  Tracfin (la cellule antiblanchiment de Bercy) lorsqu’ils ont un doute sur l’origine ou la destination des flux financiers.

Rendre publiques les entreprises sanctionnées

L’an dernier, onze affaires ont concernĂ© des agences immobilières. Il peut s’agir par exemple d’un professionnel qui ne s’interroge pas sur le fait qu’un de ses clients fasse l’acquisition de plusieurs biens immobiliers en un temps rĂ©duit et semble indiffĂ©rent Ă  l’emplacement, ainsi qu’au coĂ»t des travaux. Une situation qui est susceptible de prĂ©senter un risque de blanchiment des capitaux.

Neuf dossiers ont, par ailleurs, concernĂ© des entreprises de domiciliation, qui offrent Ă  leurs clients une adresse et diverses prestations. Ces sociĂ©tĂ©s ont pu ne pas demander les pièces permettant de confirmer l’identitĂ© de la personne (la sociĂ©tĂ© de domiciliation ne rencontrant pas toujours physiquement son client). Des montages financiers peuvent alors ĂŞtre destinĂ©s Ă  masquer l’origine des fonds ou leur bĂ©nĂ©ficiaire effectif. Pour la première fois, enfin, la Commission nationale des sanctions a connu deux cas concernant de casinos et de cercles de jeux.

Ces affaires se sont soldĂ©es par des avertissements et des interdictions temporaires d’exercice de l’activitĂ© allant de trois mois Ă  trois ans, avec sursis. Les amendes, prĂ©sentes dans 40 % des cas de sanctions, se sont Ă©chelonnĂ©es de 1000 Ă  200.000 euros. C’est bien plus que l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, oĂą la sanction la plus importante n’avait pas dĂ©passĂ© 8000 euros. «Cela a pu tenir Ă  la gravitĂ© des manquements, mais aussi au fait que l’ignorance de leurs obligations par les professionnels peut plus difficilement ĂŞtre invoquĂ©e comme circonstance attĂ©nuante avec les annĂ©es qui passent», explique François Lamy, conseiller d’État et prĂ©sident de la Commission nationale des sanctions. Aujourd’hui, il prĂ©vient: «Nous allons, Ă  l’avenir, rendre nominatives les publications de sanctions.»

Marie Visot

 

::: ENTREPRISES

LE MONDE – 28/01/2017

L’Etat tente d’éviter le naufrage d’une grande usine de la Creuse

A court de trésorerie, le site GM & S de La Souterraine est menacé de liquidation. Deux cent quatre-vingt-deux emplois sont en jeu.

C’est un des paradoxes de cette fin de quinquennat : le chômage diminue, les marges des entreprises remontent, mais le gouvernement se retrouve face à une nouvelle série d’entreprises en difficulté. Après la restructuration de Vivarte qui va entraîner la suppression de centaines d’emplois, après l’annonce de la délocalisation de l’usine Whirlpool d’Amiens (Somme), les pouvoirs publics se mobilisent à présent pour sauver l’usine GM & S Industry de La Souterraine (Creuse).

Ce site de pièces pour l’automobile risque d’être rayé de la carte de façon imminente. Une audience est prévue vendredi 27 janvier au tribunal de Poitiers. En jeu, 282 emplois. Le personnel a le sentiment – pas forcément infondé – d’être victime d’une succession de patrons voyous et de chasseurs de primes, et de stratégies définies loin d’eux par les constructeurs.

Placée le 2 décembre 2016 en redressement judiciaire, l’entreprise devait bénéficier d’une période d’observation de six mois, jusqu’en juin. Mais faute d’activité, la trésorerie a fondu, et « on risque la liquidation dès vendredi », s’alarme Vincent Labrousse, de la CGT. A moins que le gouvernement et les clients de l’usine n’apportent les fonds nécessaires pour faire tenir le site quelques mois encore, le temps de trouver un repreneur. Le président François Hollande lui-même a été alerté. Il a reçu une délégation de syndicalistes à l’occasion d’un déplacement en Corrèze, le 6 janvier.

« Nous avons déjà lancé un appel d’offres pour trouver un nouvel actionnaire, et trois groupes, dont deux industriels, ont marqué leur intérêt, indique l’administrateur judiciaire, Vincent Gladel. Ils vont expertiser le dossier. Encore faut-il que nous disposions de financements complémentaires pour leur laisser le temps de formuler des offres. »

Manque de compétitivité

Le cas de La Souterraine, « La Sout’» comme on l’appelle, est suivi depuis des années par les pouvoirs publics. L’usine a été construite en 1963, en pleines « trente glorieuses ». C’était alors un atelier de fabrication de jouets en métal et de trottinettes. L’entreprise s’est ensuite reconvertie avec succès dans l’emboutissage pour l’automobile. Avec près de 700 salariés, elle fut un temps le premier employeur de la Creuse.

Mais depuis plus de dix ans, ce site souffre d’un double problème : un manque de compétitivité, comme beaucoup de sites français de l’industrie lourde, et une forte instabilité de ses actionnaires et dirigeants. En 2009, au moment où toute la filière automobile a plongé, l’usine a été reprise par Altia-Caddie, un petit groupe industriel monté de bric et de broc à partir de sociétés achetées à la barre de tribunaux de commerce. Mais l’espoir d’un nouvel essor a vite été douché. En 2014, Altia-Caddie s’est écroulé comme un château de cartes, provoquant l’ouverture d’une enquête pénale, et tous ses actifs ont été éparpillés.

L’usine de La Souterraine, renommée GM & S, a alors été récupérée par Gianpiero Colla, un entrepreneur italien décidé à profiter de la crise pour faire ses emplettes en France. « Je ne suis pas un industriel de passage », affirmait-il à l’époque, en promettant des investissements. Nouvelle déception. A La Souterraine, rachetée pour 3 euros symboliques, M. Colla n’a injecté que 50 000 euros en capital, puis s’est fait invisible. La relance annoncée ne s’est pas concrétisée malgré le soutien des pouvoirs publics et de l’un des donneurs d’ordre, PSA.

Interrogations sur le rĂ´le de PSA

Les clients Renault, Plastic Omnium, etc., ont peu à peu pris le large, jusqu’au dépôt de bilan. L’équipe italienne s’est néanmoins rémunérée de façon confortable, le nouveau directeur commercial prélevant par contrat 1 % du chiffre d’affaires. Le reste de la campagne de M. Colla en France n’a guère été plus triomphant : deux de ses autres acquisitions, des fonderies installées à Fumel (Lot-et-Garonne) et Saint-Michel-de-Maurienne (Savoie), sont retombées en faillite.

S’agit-il d’un simple échec industriel ? Les syndicats s’interrogent sur le rôle de PSA, le grand donneur d’ordres de « La Sout’». Selon eux, PSA aurait pu se servir de M. Colla comme d’un mercenaire, chargé de maintenir l’usine en marche tant qu’elle était indispensable à la fabrication de ses modèles, puis de la fermer maintenant que d’autres sources d’approvisionnement ont été mises en place. « C’est une hypothèse qu’on ne peut écarter », opinent deux des experts appelés à analyser la situation.

« On se trompe de cible quand on nous attaque », réplique-t-on au siège de PSA. Le constructeur refuse d’endosser la responsabilité des déboires de La Souterraine. « Depuis le départ, nous avons au contraire toujours été là. Nous avons accepté des hausses de prix, maintenu un volume d’achats constant, avancé de l’argent pour que les matières premières puissent être achetées… » Si PSA a diversifié ses approvisionnements, c’est simplement pour ne pas être bloqué en cas de soucis chez son sous-traitant, ce qui est arrivé en décembre, assure le groupe : « 750 000 pièces ne nous ont pas été livrées, alors que nous avions préfinancé l’achat des matières. »

Ces dernières semaines, PSA a suggéré des noms de repreneurs. Comme les pouvoirs publics, le constructeur suit le dossier comme le lait sur le feu.

Denis Cosnard

 

 

LE FIGARO – 30/01/2017

La filière solaire mise sur un rebond en 2017

INFO LE FIGARO – Plus de 1000 mĂ©gawatts devraient ĂŞtre raccordĂ©s au rĂ©seau. Des grands appels d’offres sont en prĂ©paration.

La fin de la mandature Hollande s’annonce chargĂ©e pour la filière solaire. Plusieurs dĂ©crets sont en prĂ©paration, dont les professionnels attendent la signature avec impatience. Les textes en question concernent notamment l’auto-
consommation, le partage du coĂ»t du raccordement entre le gestionnaire du rĂ©seau de distribution d’Ă©lectricitĂ© Enedis et les opĂ©rateurs ainsi que l’Ă©volution des tarifs pour les petites centrales de moins de 100 kilowatts (kW).

Cette Ă©tape rĂ©glementaire permettrait de complĂ©ter les mesures dĂ©jĂ  prises dans le cadre de la loi sur la transition Ă©nergĂ©tique (votĂ©e en 2015) et d’accĂ©lĂ©rer l’activitĂ© après un exercice 2016 qualifiĂ© de «petit millĂ©sime» parla nouvelle Ă©dition de l’Observatoire de l’Ă©nergie solaire photovoltaĂŻque, publiĂ©e lundi.

L’annĂ©e dernière, moins de 700 mĂ©gawatts (MW) solaires ont Ă©tĂ© raccordĂ©s au rĂ©seau, contre un bon millier en 2015. La quasi-totalitĂ© des segments ont Ă©tĂ© impactĂ©s par cette baisse mais les grandes installations (1 MW et plus) l’ont Ă©tĂ© encore plus. «Pourtant après le doublement des volumes octroyĂ© lors des appels d’offres en 2015, les chiffres de raccordement auraient dĂ» ĂŞtre très supĂ©rieurs en 2016», souligne Daniel Bour, le prĂ©sident d’Enerplan, le syndicat professionnel, membre du think tank France Territoire Solaire qui Ă©dite l’Observatoire.

Parmi les explications, le document pointe les difficultĂ©s et les lenteurs administratives liĂ©es au cahier des charges qui ont retardĂ© le dĂ©marrage des projets laurĂ©ats. De manière gĂ©nĂ©rale, il faut toujours entre trois et cinq ans pour voir aboutir un chantier photovoltaĂŻque d’envergure. Les dĂ©lais sont un peu supĂ©rieurs pour l’Ă©olien, au grand dam des partisans des Ă©nergies renouvelables qui insistent sur la nĂ©cessitĂ© de se doter de procĂ©dures d’examen des projets plus souples.

«Heureusement, des programmes sont en train de sortir de terre: l’annĂ©e 2017 sera un bon millĂ©sime pour le solaire avec plus de 1000 MW raccordĂ©s, poursuit Daniel Bour. Et la loi de transition Ă©nergĂ©tique permet de tabler Ă  l’avenir sur des chiffres rĂ©gulièrement supĂ©rieurs Ă  1000 MW avec la mise en place par la Commission de rĂ©gulation de l’Ă©nergie (CRE) d’appels d’offres bi ou tri-annuels.»

La CRE justement attend d’ici Ă  quelques jours la remise de l’ensemble des dossiers pour un nouvel appel d’offres de 450 MW pour des centrales au sol ou sur des ombrières de parking. Les professionnels du secteur s’attendent d’ores et dĂ©jĂ  Ă  une concurrence vivace: «Les projets laurĂ©ats des derniers appels d’offres se situaient entre 70 et 100 euros par mĂ©gawattheure (MWh) selon la taille et le type d’installation, contre plus de 320 euros Ă  la fin des annĂ©es 2010, insiste Daniel Bour. Ces chiffres vont continuer Ă  baisser, ce qui rend le solaire comme l’une des Ă©nergies les plus compĂ©titives au monde.» Toutefois, cette Ă©nergie reste largement subventionnĂ©e, avec en France un tarif de rachat du MWh solaire qui varie en fonction de la taille de l’installation.

Soutien au renouvelable

En marge des chantiers industriels, la filière solaire observe Ă©videmment avec attention les programmes des diffĂ©rents candidats Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle et leur degrĂ© de soutien, affichĂ© ou non, aux Ă©nergies renouvelables. Une trajectoire ambitieuse a Ă©tĂ© assignĂ©e au photovoltaĂŻque dans le cadre de la loi d’orientation Ă©nergĂ©tique – Ă  hauteur de 10,2 gigawatts (GW) en 2018 et entre 18 et 20 GW en 2023 -, ce qui requiert une accĂ©lĂ©ration du rythme de lancement des projets. Actuellement, la France compte 6,2 GW d’Ă©nergie solaire. Ă€ titre de comparaison, l’Allemagne a dĂ©jĂ  dĂ©passĂ© les 40 GW et mène largement la danse en Europe.

«Après plusieurs annĂ©es difficiles, la loi sur la transition Ă©nergĂ©tique a permis de retrouver du dynamisme en France, mais la progression ne suit pas le mĂŞme rythme que celle observĂ©e Ă  l’Ă©chelle de la planète, explicite Daniel Bour. Cet essor mondial ouvre d’ailleurs de nombreuses perspectives pour nos entreprises.»

En 2015, le photovoltaĂŻque s’est imposĂ© comme la deuxième Ă©nergie dans le monde en termes de nouvelles capacitĂ©s installĂ©es. Le parc mondial a dĂ©passĂ© les 230 GW de puissance cumulĂ©e, dont 42 % sont disponibles en Europe.

Frédéric de Monicault

 

 

LES ECHOS – 30/01/2017

Reprise confirmée pour les logements neufs en 2016

Dans la construction neuve, la reprise amorcĂ©e en 2015 s’est amplifiĂ©e en 2016.

Sortie de crise pour le bâtiment : la reprise de la construction de logements neufs, amorcĂ©e en 2015, s’est confirmĂ©e et amplifiĂ©e en 2016. Quelque 376.500 logements neufs ont en effet Ă©tĂ© mis en chantier l’an dernier, soit une progression de 10,4 % par rapport Ă  2015, montrent les chiffres publiĂ©s vendredi par le ministère du Logement. Dans le dĂ©tail, les mises en chantier de logements ordinaires ont augmentĂ© de 10,7 % Ă  349.300 unitĂ©s, tirĂ©es par les logements collectifs. Celles des logements en rĂ©sidence pour seniors, Ă©tudiants ou touristes, segment plus volatil, ont affichĂ© une hausse plus modeste : +6,4 %, Ă  27.100 unitĂ©s.

« Reprise en cours »

Parallèlement, les permis de construire ont bondi de 14,2 %, Ă  453.200 unitĂ©s. «  La reprise en cours est essentiellement liĂ©e Ă  deux facteurs : avant tout, des taux de crĂ©dit extrĂŞmement bas qui provoquent des effets de rattrapage ou d’aubaine et stimulent les ventes, mais aussi le plan de relance dans le neuf, avec le dispositif Pinel et le renforcement du prĂŞt Ă  taux zĂ©ro », analyse l’Ă©conomiste de CrĂ©dit Agricole SA, Olivier Eluère, citĂ© par l’AFP. «  La dynamique des ventes se ressent dans les mises en chantier : ce sont les mĂ©nages accĂ©dants Ă  la propriĂ©tĂ©, mais aussi l’investissement, qui ont portĂ© le secteur », estime Alexandra François-Cuxac, la prĂ©sidente de la FĂ©dĂ©ration des promoteurs immobiliers (FPI) qui se fĂ©licite que la construction neuve ait retrouvĂ© l’an passĂ© «  ses volumes de mises en chantier et de logements autorisĂ©s de 2012, après avoir chutĂ© en 2013 et 2014 en raison de l’encadrement des loyers ». Les taux de crĂ©dit immobilier s’Ă©tablissaient Ă  1,34 % en moyenne en dĂ©cembre, ce qui signe une très lĂ©gère remontĂ©e après une annĂ©e de baisse continue, indique l’Observatoire CrĂ©dit Logement/CSA. Ces conditions d’emprunt exceptionnelles ont permis Ă  un nombre croissant de mĂ©nages de boucler leur dossier de financement. Le crĂ©dit Ă  l’habitat a ainsi connu l’an passĂ© un rebond marqué : la production de nouveaux prĂŞts, qui avait dĂ©jĂ  quasiment doublĂ© en 2015, a atteint un « nouveau record historique ». A fin novembre (les chiffres pour l’annĂ©e ne sont pas encore publiĂ©s), le crĂ©dit Ă  l’habitat avait mobilisĂ© 258 milliards d’euros, en progression de 20 % sur un an. Les rĂ©gions oĂą la construction de logements neufs a le plus progressĂ© sont la Provence-Alpes-CĂ´te-d’Azur (+22,9 %), la Nouvelle-Aquitaine (+18,4 %), l’Occitanie (+17,2 %), la Bretagne (+15,5 %) et l’Ile-de-France (+12,7 %), loin derrière le micromarchĂ© de la Corse (+77,1 %) qui affiche un spectaculaire rebond. En revanche, les mises en chantier ont reculĂ© dans le Grand Est (-2,9 %) et en Normandie (-1,3 %).

Jean-Michel Gradt

 

 

LES ECHOS – 30/01/2017

La pression monte sur le prix des médicaments

 

La ministre de la SantĂ©, Marisol Touraine, a dĂ©clarĂ© que l’accès aux traitements innovants contre l’hĂ©patite C serait « universalisé ».

La ministre de la SantĂ© a menacĂ© de baisser unilatĂ©ralement les prix dans l’hĂ©patite C.

Qui dit mieux ? Vendredi, le laboratoire AbbVie a officiellement abaissĂ© le prix de son antiviral contre l’hĂ©patite C. La cure combinĂ©e de Viekirax et Exviera sur trois mois est dĂ©sormais commercialisĂ©e au prix public de 28.700 euros. Autrement dit, le laboratoire s’aligne sur le prix, nĂ©gociĂ© quelques jours auparavant, par son concurrent MSD. Il affiche Ă©galement un tarif de 26.400 euros pour un traitement simple au Viekirax, qui ne fonctionnera que pour certains malades, mais qui a l’avantage d’ĂŞtre pour l’instant le plus bas du marchĂ©. La course est engagĂ©e. Huit mois après que la ministre de la SantĂ©, Marisol Touraine, a dĂ©clarĂ© que l’accès aux traitements innovants contre l’hĂ©patite C serait « universalisé » – ouvert aux porteurs sains du virus et aux malades lĂ©gers -, c’est Ă  qui dĂ©trĂ´nera le leader, Gilead, en offrant le meilleur rapport qualitĂ©-prix.

Mais le laboratoire pionnier, lui, n’a pas renoncĂ© Ă  ses prĂ©tentions financières. Sa combinaison-vedette Harvoni coĂ»te toujours 46.000 euros, et la nĂ©gociation est serrĂ©e pour fixer le prix de son dernier nĂ©, Epclusa, la seule molĂ©cule qui peut traiter tous les malades quel que soit leur gĂ©notype. Marisol Touraine s’en est Ă©mue. Le 17 janvier, lors de la rĂ©union des ministres de la SantĂ© de l’OCDE, elle a appelĂ© la communautĂ© internationale Ă  se mobiliser. « Tous les pays, sans exception, sont confrontĂ©s au risque de mĂ©dicaments innovants inaccessibles car trop chers : ce serait Ă©conomiquement absurde, socialement inĂ©galitaire et humainement insupportable », a-t-elle expliquĂ©, demandant Ă  l’industrie pharmaceutique de « garantir la soutenabilitĂ© de l’innovation mĂ©dicale ». Puis elle a menacĂ© Gilead : « En France, si le principal laboratoire concernĂ© reste sourd Ă  cet appel, les outils renforcĂ©s en loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale seront mobilisĂ©s. »

Les contentieux font perdre 40 millions d’euros

A l’automne, l’arsenal de la maĂ®trise des dĂ©penses pharmaceutiques s’est en effet enrichi de dispositions permettant au gouvernement de baisser unilatĂ©ralement les tarifs. Cette possibilitĂ© Ă©tait dĂ©jĂ  inscrite dans la loi, mais de façon trop peu dĂ©taillĂ©e, si bien que les dĂ©cisions du CEPS (ComitĂ© Ă©conomique des produits de santĂ©) Ă©taient rĂ©gulièrement retoquĂ©es. En 2016, les contentieux ont ainsi fait perdre 40 millions d’euros Ă  la SĂ©curitĂ© sociale, suite Ă  l’annulation de certaines baisses de prix pour « dĂ©faut de base lĂ©gale ». La loi fixe dĂ©sormais six critères. D’abord, un principe gĂ©nĂ©ral, celui de la soutenabilitĂ© financière pour la collectivitĂ©. Si les montants remboursĂ©s sont très Ă©levĂ©s, ou bien si les dĂ©penses augmentent fortement au sein de la mĂŞme famille de pathologies, la baisse unilatĂ©rale est possible. D’autres critères amplifient les marges de manoeuvre du CEPS : l’anciennetĂ© des produits, l’Ă©cart de prix avec des mĂ©dicaments du mĂŞme type, la nĂ©cessitĂ© de combiner plusieurs molĂ©cules pour soigner, l’existence de ristournes dans la chaĂ®ne de distribution et des prix encore plus bas dans d’autres pays. De quoi contraindre les laboratoires les plus rĂ©calcitrants.

Solveig Godeluck

 

::: POLITIQUE

L’OPINION – 30/01/2017

Après la victoire de Hamon, les socialistes entrent dans la semaine de tous les dangers

Une période de turbulences s’ouvre au PS, entre désaccords sur la ligne et risques de ralliements à Emmanuel Macron

Benoît Hamon défendra les couleurs socialistes à l’élection présidentielle après sa nette victoire face à Manuel Valls dimanche au second tour de la primaire élargie du PS. A 49 ans, il a réuni 58,65 % des suffrages, contre 41,35 % pour Manuel Valls, 54 ans, selon les premiers résultats de ce scrutin, qui marque aussi un désaveu pour ceux qui ont exercé le pouvoir depuis 2012, François Hollande et Manuel Valls en tête.

Benoît Hamon l’a largement emporté dimanche soir face à Manuel Valls. Avec 58,5 % des voix, contre 41,5 % pour son rival, et une participation plus importante qu’au premier tour, l’ancien frondeur est désormais, contre toute attente, le candidat de la Belle Alliance populaire de Jean-Christophe Cambadélis. Imaginée il y a un peu moins d’un an pour redonner une légitimité à François Hollande au sein de sa famille politique, cette primaire a donc mis en selle celui qui a réussi à incarner le mieux le vote-sanction à l’égard de la politique de François Hollande.

Le député des Yvelines a verbalisé dimanche soir sa volonté de « rassembler les socialistes, tous les socialistes ». Mais sans opérer la moindre inflexion programmatique, vantant une nouvelle fois son « revenu universel », largement considéré comme irréalisable au sein de la gauche de gouvernement. En revanche, Benoît Hamon s’est tourné dès dimanche soir vers le candidat écologiste Yannick Jadot et celui de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, afin de « construire ensemble une majorité cohérente et durable ». Comme si, au fond, Benoît Hamon cherchait davantage à séduire à gauche du PS, qu’au cœur de celui-ci.

Electrochoc. La victoire de Benoît Hamon, que personne n’imaginait le 15 décembre – jour limite pour le dépôt des candidatures – constitue en tout cas pour beaucoup de socialistes un véritable électrochoc. Car Benoît Hamon a pris la tête de la « fronde » à l’Assemblée depuis qu’il a quitté, à l’insu de son plein gré, le gouvernement, et n’a eu de cesse, depuis, que de pilonner la politique du gouvernement. Aussi sa victoire est-elle susceptible d’ouvrir une crise au sein du PS, où nombreux désormais sont ceux tentés de rallier Emmanuel Macron. « On peut tout imaginer, y compris que la moitié du BN (Bureau national) s’en aille », soupire un ministre.

Dès lundi, aux premières heures de la matinée, le Premier ministre Bernard Cazeneuve a prévu de réunir l’ensemble du gouvernement. Objectif : maintenir la cohésion gouvernementale, et éviter les déclarations contradictoires dans les médias. Le chef de la majorité s’entretiendra avec Jean-Christophe Cambadélis à 11 heures, puis recevra Benoît Hamon dans l’après-midi. Il devrait demander au candidat socialiste, pour prix du « rassemblement » autour de sa candidature, qu’il défende le bilan de l’exécutif depuis 2012…

L’enjeu est désormais, pour les principaux responsables socialistes, que le parti ne se fracture pas en deux. Au Bureau national, lundi soir, Jean-Christophe Cambadélis menacera quiconque soutient la candidature d’Emmanuel Macron de lui retirer son investiture pour les élections législatives. Premiers visés, les « rénovateurs » du PS, qui doivent se réunir mardi pour débattre de leur ralliement au candidat d’En Marche !

Benoît Hamon devrait de son côté, dès dimanche soir, s’entretenir par téléphone avec le président François Hollande. Les prochains jours vont être décisifs pour Benoît Hamon, pour rassembler les socialistes, la gauche et faire fructifier la dynamique que lui aura conférée sa victoire sur Manuel Valls. Avec en point d’orgue la convention d’investiture, prévue le 5 février à la Mutualité.

Jean-Jérôme Bertolus et Nathalie Segaunes

 

 

LE JDD – 29/01/2017

François Fillon : « Des forces sont Ă  l’Ĺ“uvre pour me faire taire »

 

François Fillon samedi à son QG de campagne porte de Versailles, à Paris.

INTERVIEW – Pris dans la tourmente du « Penelopegate », François Fillon assure qu’il se battra « jusqu’au bout ». Avant son meeting cet après-midi Ă  Paris, il dĂ©voile au JDD des mesures en faveur des classes moyennes.

Cette semaine, vous avez parlĂ© de « boules puantes » au sujet des accusations concernant l’emploi de votre Ă©pouse, Penelope. Avez-vous le sentiment d’ĂŞtre victime d’un coup politique?
Comment ne pas avoir ce sentiment? Comment ne pas considĂ©rer qu’il y a des forces qui sont Ă  l’Ĺ“uvre pour me faire taire et tenter d’affaiblir ma candidature, voire tenter de m’empĂŞcher de me prĂ©senter? Comment expliquer une telle violence? Quel clan ai-je dĂ©rangĂ©? Quels intĂ©rĂŞts ai-je remis en cause? C’est une manipulation grossière, mais je suis certain que la justice ne se laissera pas instrumentaliser par ces manĹ“uvres qui puent la calomnie.

Ces faits remontent Ă  des annĂ©es, les feuilles de paie sont enregistrĂ©es Ă  l’AssemblĂ©e nationale, tout a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© au fisc, des majoritĂ©s se sont succĂ©dĂ© Ă  l’AssemblĂ©e et Ă  Bercy. Et tout cela sort Ă  moins de trois mois de l’Ă©lection prĂ©sidentielle… Comment imaginer un seul instant que cette affaire ne soit pas montĂ©e de toutes pièces pour m’abattre? Mais je ne me laisserai pas abattre. 

C’est peu dire que cette affaire trouble les Français…
Je comprends que les Français s’interrogent et doutent. Comment pourrait-il en ĂŞtre autrement? Mais je sais aussi qu’on n’a pas le droit de laisser abĂ®mer la dĂ©mocratie par ces officines. C’est la raison pour laquelle je vais me battre de toutes mes forces. Et jusqu’au bout.

Plusieurs de vos proches se sont Ă©tonnĂ©s de la cĂ©lĂ©ritĂ© de la justice dans cette affaire. Souhaitez-vous qu’elle aille vite?
Le plus vite possible. D’ailleurs, sur le fond, je ne rĂ©pondrai plus qu’Ă  la justice. C’est Ă  elle seule que je fais confiance pour Ă©tablir la vĂ©ritĂ©. Je ne me soumettrai pas au tribunal mĂ©diatique.

Comprenez-vous que les niveaux de rémunération évoqués puissent choquer les Français?
Les niveaux de rémunération évoqués sont faux. On mélange le brut et le net. Je donnerai tous les éléments aux enquêteurs.

Avez-vous déjà remis des documents à la justice?
Oui.

Quel type de documents?
Des bulletins de salaire notamment, pour établir les montants et les dates.

Vous avez dit que vous aviez dĂ©cidĂ© d’arrĂŞter cette collaboration avec votre Ă©pouse en 2013. Pourquoi?
S’agissant du travail que mon Ă©pouse a effectuĂ© pour Marc Ladreit de Lacharrière, elle a souhaitĂ© arrĂŞter. Elle aurait aimĂ© en faire plus mais elle a bien senti l’hostilitĂ© du directeur de la revue.

S’agissant de son travail d’assistante parlementaire, nous sommes bien conscients que l’opinion a Ă©voluĂ© sur ces sujets et c’est la première raison pour laquelle nous avons dĂ©cidĂ© qu’elle cesserait d’ĂŞtre rĂ©munĂ©rĂ©e. Ensuite, la valeur ajoutĂ©e la plus importante de ma femme Ă©tait liĂ©e Ă  sa connaissance du terrain dans la Sarthe. Étant devenu dĂ©putĂ© de Paris, je pensais qu’elle pourrait maintenir le lien avec la Sarthe, mais cela n’avait plus le mĂŞme sens.

Quand vous vous êtes lancé dans cette campagne, vous vous attendiez à ce que ce soit aussi dur?
Non. [Rire triste.]

Mais n’est-ce pas toujours le cas, dans une campagne prĂ©sidentielle?
Je ne pouvais pas imaginer un seul instant que ce serait d’une telle violence et d’une telle bassesse.

Nicolas Sarkozy dit que faire une campagne prĂ©sidentielle, c’est comme ĂŞtre nu dans la rue et « scanné » sous toutes les coutures…
C’est exactement ce que j’Ă©prouve. Et ma femme encore plus que moi. Ce que je trouve le plus ignoble dans tout ça, c’est la prise en otage de ma famille.

Nicolas Sarkozy vous-a-t-il appelé?
Vendredi matin, oui. Un coup de fil très sympathique. Et utile.

Regrettez-vous d’avoir dit : « Qui imagine un seul instant le gĂ©nĂ©ral de Gaulle mis en examen? »
Non. C’est ma conviction profonde. Je pense qu’il n’y a pas beaucoup d’hommes politiques qui vous diraient les yeux dans les yeux : si je suis mis en examen, je ne me prĂ©senterai pas Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle.

Vous êtes en meeting à la Villette cet après-midi. Quel sera votre message?
Je veux montrer que l’essence de mon projet, c’est la libertĂ©. Il faut libĂ©rer un pays qui a toutes les raisons de rĂ©ussir, qui devrait ĂŞtre leader europĂ©en, ĂŞtre en situation de plein-emploi et qui est tout le contraire parce qu’il s’est enfermĂ© sous les rĂ©glementations, les normes, les impĂ´ts. C’est facile de redresser la France : il suffit de lever cette contrainte administrative qui nous Ă©touffe. Ma politique permettra immĂ©diatement d’amĂ©liorer les conditions de vie, en particulier des Français les plus modestes.

En quoi?
Les capacitĂ©s financières dĂ©gagĂ©es par le passage progressif de l’âge de la retraite Ă  65 ans permettront d’augmenter les petites retraites. Ainsi, toutes les pensions du rĂ©gime de base infĂ©rieures Ă  1.000 euros augmenteront de plus de 300 euros par an. De mĂŞme, on augmentera d’au moins 600 euros par an les petites pensions de reversion. Et ce dès le dĂ©but du quinquennat. De mĂŞme, c’est grâce Ă  l’augmentation de la TVA que je mettrai en place une franchise de cotisations salariales. Je veux augmenter de façon significative le salaire net des Français, via un abattement forfaitaire qui sera de l’ordre de 250 euros par an pour un ­salariĂ©. Cela sera directement visible sur la feuille de paie et cela vaudra pour les salariĂ©s du public comme du privĂ©.

Quel sera le coût de cet abattement?
Six milliards d’euros. Je propose aussi l’augmentation du plafond du quotient familial, le rĂ©tablissement de l’universalitĂ© des allocations ­familiales, ainsi qu’une mesure sur les donations aux enfants et petits-enfants. Je veux faire passer le dĂ©lai entre deux donations de quinze Ă  dix ans et rĂ©duire les droits en fonction de l’âge du donateur.

Je propose aussi une mesure puissante pour encourager l’Ă©pargne salariale et dĂ©velopper l’intĂ©ressement dans les entreprises de moins de 50 ­salariĂ©s avec un dispositif beaucoup plus souple et avantageux. Tout cela est rendu possible par la hausse de la TVA, le relèvement de l’âge de la retraite et un effort rigoureux de maĂ®trise des dĂ©penses publiques.

Est-ce votre façon de répondre aux critiques sur la dureté libérale de votre projet?
C’est ma façon de dĂ©montrer que si mon projet comporte des mesures de compĂ©titivitĂ©, elles sont d’abord destinĂ©es Ă  donner du travail aux Français et Ă  atteindre le plein-­emploi.

C’est cela que vous promettez aux Français, le plein-emploi?
Oui.

Il est dangereux de faire ce genre de promesses…
Je prends tous les risques, car sans prise de risques il n’y a pas de bĂ©nĂ©fice Ă  la clĂ© pour les Français. Je pense qu’on peut descendre en dessous de 7% de chĂ´mage dans cinq ans.

Avez-vous compris les critiques contre votre projet?
Ces critiques reflètent surtout le fait que beaucoup de responsables politiques et sociaux français pensent qu’il n’est pas possible de changer les choses. La gauche ne croit plus Ă  la croissance. Dans leurs programmes, mes concurrents n’essaient mĂŞme plus de dĂ©fendre l’objectif d’une rĂ©duction du chĂ´mage. Ils prĂ©fèrent parler de revenu universel et aligner des mesures coĂ»teuses qu’ils n’ont pas les moyens de financer.

Vous n’ĂŞtes donc pas convaincu par les arguments de BenoĂ®t Hamon…
Penser que l’Ă©conomie numĂ©rique est la fin de l’emploi, c’est un contresens terrible. Toutes les rĂ©volutions technologiques ont créé de la richesse et des emplois. Vouloir taxer les robots, comme le propose M. Hamon, c’est absurde.

Moi, ce que je propose, c’est de prendre en compte cette rĂ©volution numĂ©rique en crĂ©ant un statut de travailleur ­indĂ©pendant pour permettre Ă  ceux qui veulent se mettre Ă  leur compte grâce Ă  ces nouvelles technologies de le faire, et de pouvoir passer des contrats avec des entreprises ou des collectivitĂ©s tout en ayant une protection sociale par ailleurs. Cela reprĂ©sente un gisement d’un million d’emplois potentiels. Le deuxième gisement d’emplois, ce sont les ­emplois de service. On va donc mettre le paquet dessus.

C’est-Ă -dire?
Non seulement nous allons rĂ©tablir les mesures de dĂ©fiscalisation remises en cause par la gauche, mais je propose des emplois de service avec un niveau de charges extrĂŞmement bas pour rĂ©duire leur coĂ»t horaire au minimum. Nous mettrons en place des plateformes pour simplifier la vie des employeurs et des employĂ©s. On pourra, par exemple, avec son smartphone, commander trois heures de garde d’enfant. Le salariĂ©, lui, n’aura plus Ă  gĂ©rer 36 employeurs diffĂ©rents, tout passera par cette plateforme. C’est une idĂ©e chère Ă  Jean-Louis Borloo, avec qui j’ai beaucoup travaillĂ© sur cette question. LĂ  aussi, le potentiel est de l’ordre d’un million d’emplois.

Les critiques contre votre projet n’Ă©manent pas que de la gauche…
Cette idĂ©e qu’on ne peut rien changer existe aussi dans mon camp, c’est vrai. Mais ce serait quand mĂŞme invraisemblable qu’un pays qui a autant d’atouts que le nĂ´tre ne se saisisse pas du potentiel de croissance et d’innovation qu’il y a aujourd’hui dans le monde. Prenons un exemple : il suffirait d’un tout petit effort pour que la France soit parmi les leaders mondiaux de l’intelligence artificielle. [Il s’anime.] Je veux reprendre les privatisations, sortir une partie des participations de l’État du capital d’entreprises oĂą cet argent ne sert Ă  rien pour le rĂ©investir dans des domaines de pointe comme celui-lĂ .

Ce dimanche se tient le second tour de la primaire de la gauche. Entre Valls et Hamon, vous avez une préférence?
Aucune. La seule qualitĂ© de BenoĂ®t Hamon, c’est une forme d’authenticitĂ© et de sincĂ©ritĂ©. S’agissant de Manuel Valls, il n’y a rien de financĂ© dans son projet et aucune mesure rĂ©ellement nouvelle. Au fond, comme le disait AndrĂ© Malraux il y a un peu plus de cinquante ans, et je vais conclure mon discours en le citant, il y a quatre gauches en France.

La première, c’est la gauche pure, dure, rouge. C’est MĂ©lenchon, le Fidel Castro de YouTube. La deuxième, c’est la gauche socialiste ; c’est l’Ă©quipage des naufragĂ©s du Titanic hollandais qui viennent de s’entredĂ©vorer sur le radeau de la MĂ©duse de la primaire. La gauche numĂ©ro 3, c’est Macron : il fait croire qu’il est neuf, en rĂ©alitĂ© c’est lui qui a fait le programme de Hollande. Toute l’Ă©quipe gouvernementale de Hollande est en train de le rejoindre. Macron, c’est le sortant, c’est l’hĂ©ritier, c’est Hollande. C’est pour ça que ce sera très difficile pour lui. La gauche numĂ©ro 4, c’est le FN : sortie de l’euro, retraite Ă  60 ans, augmentation du salaire minimum, recrutement illimitĂ© de fonctionnaires… L’original, c’est MĂ©lenchon ; la copie, c’est Marine Le Pen.

Vous voulez nous faire croire que Macron n’est pas votre adversaire le plus dangereux?
Il dit qu’il est rĂ©formateur, il l’est beaucoup moins que moi. Quand j’entends certaines de ses propositions, je me dis qu’il est sĂ»rement très intelligent mais qu’il ne connaĂ®t pas le pays. Et il aura quand mĂŞme du mal Ă  incarner les classes populaires!

Mais il apparaît comme nouveau…
Ça, ça ne marche pas dans une Ă©lection prĂ©sidentielle. Il s’agit de choisir le chef des armĂ©es, la personne qui va dĂ©fendre le pays dans un contexte international et sĂ©curitaire extrĂŞmement difficile. Pour rĂ©sumer : on a un prĂ©sident amĂ©ricain dont le moins que l’on puisse dire est qu’il est inattendu ; une Russie qui dĂ©rive de manière dangereuse ; une guerre commerciale qui s’amorce entre les États-Unis et la Chine ; le totalitarisme islamique qui nous menace ; et au milieu de tout ça, une Europe qui se dĂ©fait.

Peut-on confier la prĂ©sidence de la RĂ©publique française Ă  quelqu’un qui a zĂ©ro expĂ©rience en matière internationale, qui n’a aucun projet sur le plan sĂ©curitaire, qui explique que les rĂ©fugiĂ©s sont les bienvenus et qui, au Liban cette semaine, change de position en fonction de ses interlocuteurs?

La ferveur qu’il suscite ne vous impressionne pas?
J’ai vĂ©cu ça pendant deux ans dans la primaire… Le miroir mĂ©diatique est dĂ©formant.

Ne pensez-vous pas qu’aujourd’hui l’inexpĂ©rience passe pour de la modernitĂ©?
C’est la raison pour laquelle je propose un projet de rupture et que je veux faire entrer la sociĂ©tĂ© civile dans mon gouvernement.

Justement, vous aviez promis de rendre publics les noms de vos trois principaux ministres. Alors?
C’est trop tĂ´t. J’attends de voir qui va se rĂ©vĂ©ler dans la campagne, qui seront les plus actifs.

Pensez-vous, comme certains dirigeants politiques, qu’il y a rĂ©ellement un risque aujourd’hui que le FN arrive au pouvoir?
Si on continue Ă  tenter de ­dĂ©truire tous les candidats crĂ©dibles Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle, cela va finir par arriver.

Anna Cabana, Hervé Gattegno et Christine Ollivier

 

 

::: INTERNATIONAL

LE FIGARO – 30/01/2017

L’Union europĂ©enne mise au dĂ©fi par Donald Trump

Face au prĂ©sident amĂ©ricain, qui s’est notamment rĂ©joui du Brexit et a estimĂ© que l’Alliance atlantique Ă©tait «obsolète», François Hollande a appelĂ© Ă  l’union et Ă  la «fermeté».

Les premiers contacts entre Donald Trump et les chefs de file europĂ©ens, France, Allemagne et Grande-Bretagne, n’ont pas Ă©tĂ© de nature Ă  rassurer l’UE. Le choix de rĂ©server sa première rencontre avec un dirigeant Ă©tranger depuis son investiture Ă  Theresa May, première ministre d’un pays en train de quitter l’Union, a Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une provocation par les autres EuropĂ©ens. Donald Trump s’est en effet rĂ©joui du Brexit, une «chose merveilleuse» selon lui dont il appliquerait volontiers le modèle Ă  d’autres pays du Vieux Continent.

Depuis l’Ă©lection de Donald Trump, l’un des principaux sujets d’inquiĂ©tude des pays europĂ©ens rĂ©side dans la future relation Ă  l’Otan, dont les États-Unis sont le pilier, Ă  la fois militaire, Ă©conomique et politique. Pour Donald Trump, l’Alliance atlantique est «obsolète», son article 5, qui organise la dĂ©fense collective en cas d’attaque d’un de ses membres, est sujet Ă  discussion et son organisation financière doit ĂŞtre repensĂ©e.

Dans ses conversations tĂ©lĂ©phoniques avec François Hollande et Angela Merkel samedi, le nouveau prĂ©sident amĂ©ricain a cherchĂ© Ă  apaiser ses alliĂ©s europĂ©ens, qui depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale font en partie reposer leur sĂ©curitĂ© sur l’Organisation atlantique et aimeraient qu’elle continue Ă  tenir ce rĂ´le face Ă  la montĂ©e en puissance de l’impĂ©rialisme russe. Il a ainsi rĂ©affirmĂ© l’attachement amĂ©ricain Ă  l’Otan, qui conserve Ă  ses yeux une «importance fondamentale». Mais il a aussi rappelĂ© Ă  François Hollande la nĂ©cessitĂ© de rééquilibrer le fonctionnement de l’Alliance et de mieux «partager le fardeau des dĂ©penses de dĂ©fense». Une manière de dire Ă  ses alliĂ©s europĂ©ens: si vous voulez que l’Otan continue Ă  vous dĂ©fendre, vous allez devoir payer.

Deuxième sujet de contentieux, la Russie de Vladimir Poutine. La longue conversation tĂ©lĂ©phonique entre les prĂ©sidents amĂ©ricain et russe, samedi, visait Ă  amorcer le rĂ©chauffement entre les États-Unis et la Russie après des annĂ©es de dĂ©gradation marquĂ©es par l’annexion de la CrimĂ©e, l’intervention russe en Syrie et l’ingĂ©rence du Kremlin dans l’Ă©lection prĂ©sidentielle amĂ©ricaine. Pour tourner la page des annĂ©es Obama, Trump a souvent Ă©voquĂ© la possibilitĂ© de lever les sanctions imposĂ©es Ă  la Russie pour sanctionner la dĂ©stabilisation de l’Ukraine. Ce qui placerait les EuropĂ©ens, divisĂ©s Ă  ce sujet, en porte Ă  faux.

Theresa May accusĂ©e de renier les droits de l’homme

Mais c’est le dĂ©cret sur l’immigration qui a jetĂ© le plus grand trouble chez les EuropĂ©ens. Theresa May en a Ă©tĂ© la victime collatĂ©rale: elle a Ă©tĂ© vivement critiquĂ©e en Grande-Bretagne pour avoir refusĂ© de le dĂ©noncer lorsqu’elle Ă©tait Ă  Washington. AccusĂ©e de renier les droits de l’homme au profit de la relation spĂ©ciale avec les États-Unis, elle a dĂ» revenir sur son silence.

Dans leur conversation avec le prĂ©sident amĂ©ricain, Angela Merkel et François Hollande ont tous deux critiquĂ© la dĂ©cision du prĂ©sident amĂ©ricain. La première, dont la politique d’ouverture migratoire avait Ă©tĂ© qualifiĂ©e d’«erreur catastrophique» par Donald Trump, «regrette» les limites imposĂ©es Ă  l’immigration. Le second appelle Trump Ă  respecter le principe de «l’accueil des rĂ©fugiĂ©s», un fondement des «dĂ©mocraties». La chancelière comme le prĂ©sident français considèrent que la lutte contre le terrorisme ne peut pas servir d’excuse pour bannir les immigrants musulmans.

Jusque-lĂ , les EuropĂ©ens s’Ă©taient rassurĂ©s en croyant dĂ©tecter dans l’attitude de Donald Trump une part de bluff. Ils comptent aussi sur les contre-pouvoirs, notamment le Congrès amĂ©ricain, pour poser des limites au caractère imprĂ©visible et incontrĂ´lable du nouveau prĂ©sident. Mais les dĂ©cisions de politique Ă©trangère prises par Donald Trump depuis son investiture ont creusĂ© le doute, qu’il s’agisse de la construction d’un mur Ă  la frontière du Mexique ou de l’abandon de l’accord de partenariat transpacifique (TPP). Sans compter les menaces profĂ©rĂ©es contre l’accord sur le nuclĂ©aire iranien, contre les engagements pour le climat ou contre l’ONU.

La multiplication des signes d’unilatĂ©ralisme, l’amorce d’un repli sur soi, le court termisme des dĂ©cisions et plus gĂ©nĂ©ralement l’incertitude quant Ă  la politique Ă©trangère qui sera menĂ©e constituent en elles-mĂŞmes une nouvelle donne gĂ©opolitique. François Hollande considère qu’il s’agit d’un «dĂ©fi» pour l’Union europĂ©enne. Il appelle ses alliĂ©s Ă  l’union et Ă  la «fermeté». Mais le chemin risque d’ĂŞtre long et sinueux. Ă€ Lisbonne, Ă  l’occasion d’un sommet des pays du sud de l’UE, il Ă©tait l’un des seuls, samedi, Ă  appeler l’Europe Ă  faire front contre la politique de Trump.

Isabelle Lasserre

 

 

LE MONDE – 30/01/2017

Donald Trump soulève l’indignation après son décret sur l’immigration

Après un week-end de confusion, de jugements défavorables et de manifestations, la Maison Blanche a assuré que l’interdiction d’entrée des ressortissants de sept pays restait en vigueur.

Une vague d’indignation internationale, un parti partagé, un imbroglio juridique… le décret paraphé vendredi 27 janvier par Donald Trump au nom de la sécurité des Etats-Unis a placé son administration sur la défensive, samedi et dimanche. Pendant la campagne, le candidat républicain avait suggéré d’interdire l’accès au territoire américain aux musulmans. Devant le tollé suscité par une mesure probablement anticonstitutionnelle, il avait alors reformulé sa proposition en mentionnant des mesures spécifiques visant les pays en proie au terrorisme.

De nombreux ressortissants de sept pays, tous à majorité musulmane (Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen), ont été pris de court par l’entrée en vigueur d’une décision interdisant pour quatre-vingt-dix jours les entrées aux Etats-Unis, y compris pour ceux qui venaient d’arriver dans des aéroports américains. Cette mesure sera pérennisée pour les seuls Syriens. La situation s’est compliquée lorsqu’il est apparu que les détenteurs de titres de séjour légaux, temporaires comme permanents, étaient également concernés par l’interdiction, vite considérée comme antimusulmane.

Une ligne dure vite fragilisée

Dans un premier temps, samedi, M. Trump avait minimisé la confusion. « Tout marche très bien », avait-il assuré après avoir signé de nouveaux décrets présidentiels. « Nous étions totalement préparés. On le voit dans les aéroports, on le voit partout », ajoutait le président contre toute évidence.

Quelques instants auparavant, de hauts responsables de la nouvelle administration, s’exprimant officieusement, avaient défendu le texte, assurant que toutes les dispositions nécessaires avaient été prises en amont avec les administrations concernées, le département d’Etat et le département de la sécurité intérieure. Une affirmation contestée tout aussi officieusement par des responsables de ces dernières auprès de la presse américaine.

Les conseillers de la Maison Blanche ont défendu une lecture stricte du décret en assurant que le sort des détenteurs de permis de séjour légaux se trouvant actuellement à l’étranger serait examiné « au cas par cas ». Selon les associations opposées à ce texte, un demi-million de résidents seraient concernés.

Cette ligne dure a été fragilisée, dans la soirée de samedi, par les décisions de juges fédérales de l’Etat de New York et de Virginie d’autoriser l’entrée de personnes disposant de titre de séjour en règle mais bloquées dans les aéroports américains. Elles avaient été saisies par des organisations de défense des droits des citoyens.

Déclarations contradictoires sur les « cartes vertes »

Ces décisions n’ont cependant pas remis en cause le décret en lui-même, qui empêche par ailleurs l’arrivée de réfugiés parvenus au terme de longues procédures d’admission pendant cent vingt jours.

Dimanche matin, le chef de cabinet de la Maison Blanche, Reince Priebus, a fait machine arrière sur la question des détenteurs de permis de séjour permanent (« carte verte »). Le sort des binationaux n’a cependant pas été totalement éclairci.

Dimanche soir, un haut responsable de l’administration américaine a toutefois assuré que les détenteurs de « cartes vertes » ayant demandé une exemption au nouveau décret migratoire du président Donald Trump l’ont obtenue : « Toutes les personnes qui ont demandé une exemption dans le cadre de la carte verte l’ont reçue », a déclaré ce haut responsable lors d’une conférence téléphonique avec la presse. Selon lui, leur nombre se montait dimanche à 170.

Les médias incriminés

Dans l’après-midi, la Maison Blanche a diffusé un communiqué dans lequel M. Trump a mis en avant pour expliquer ses déboires son bouc émissaire habituel, les médias, incriminés à deux reprises dans un communiqué de douze lignes.

Le président s’est retranché derrière un gel bien plus ciblé visant l’Irak pratiqué en son temps par son prédécesseur, Barack Obama, pour défendre ses mesures, en dépit de situations très peu comparables. « Ce n’est pas une interdiction [anti-] musulmane », a assuré M. Trump, qui a ajouté que les pays concernés étaient « des sources de terrorisme ».

Si la liste comporte effectivement des Etats en proie à des troubles, elle ne comprend pas l’Afghanistan, le Pakistan ni l’Arabie saoudite, auxquels étaient liés les responsables des attentats de San Bernardino (Californie) et d’Orlando (Floride), respectivement en décembre 2015 et en juin 2016.

  1. Trump assure, en outre, vouloir combattre en priorité l’organisation Etat islamique (EI), alors que cette dernière n’est pas implantée en Iran, pays à majorité chiite. Le djihadisme concerne principalement des groupes extrémistes sunnites.

Le décret fait également référence au 11-Septembre mais aucun des pays dont étaient originaires les kamikazes (Arabie saoudite, Egypte, Emirats arabes unis et Liban) n’y figure. Enfin, l’écrasante majorité des attaques terroristes perpétrées aux Etats-Unis, depuis cette date, l’ont été par des citoyens américains ou naturalisés.

Dissensions dans les rangs républicains

Le décret signé le 27 janvier ne mentionne spécifiquement aucune religion, mais il prévoit une procédure discrétionnaire pour les minorités persécutées. M. Trump s’est chargé du sous-titrage du jargon administratif en publiant sur son compte Twitter, dimanche matin, un message déplorant que « les chrétiens au Moyen-Orient [aient] été exécutés en grand nombre », sans mentionner les victimes musulmanes de la violence qui y sévit, pourtant beaucoup plus nombreuses. « Nous ne pouvons pas laisser cette horreur continuer », a-t-il ajouté.

En fin d’après-midi, des conseillers de la Maison Blanche, s’exprimant officieusement, ont relativisé le nombre de personnes bloquées pendant le week-end, et assuré que le texte restait pleinement en vigueur, à l’exception des résidents permanents.

La confusion a fait apparaître de premières dissensions dans les rangs républicains, alors que dans le même temps, le Parti démocrate annonçait une mobilisation générale, parallèlement aux associations de défense des droits des citoyens. Une trentaine de parlementaires du Grand Old Party (GOP) se sont inquiétés de ses possibles conséquences, notamment pour les relations entre les Etats-Unis et l’Irak. Cela a été le cas du président de la commission des affaires étrangères du Sénat, Bob Corker (Tennessee), et du président de la commission des forces armées, John McCain (Arizona), qui a déploré avec le sénateur Lindsey Graham (Caroline du Sud) « une blessure faite à soi-même dans la lutte contre le terrorisme ».

Gilles Paris

 

 

 

Vous souhaitant une bonne journée.

 

Cordialement,

 

 

Elena NATALITCH

Service Presse, Communication / Formation

251, bd Pereire – 75852 PARIS Cedex 17

Tél. : 01 40 55 12 43

Fax : 01 40 55 12 40

elena.natalitch@medef-idf.fr

www.medef-idf.fr

https://www.facebook.com/medef.idf

Revue de presse du MEDEF IDF du 27 janvier 2017

2017-03-02T07:03:45+01:00Mots-clés : , , |

::: ILE-DE-FRANCE

LA TRIBUNE – 27/01/2017

Voies sur berges : la guerre des chiffres

 

A Paris, la fermeture des voies sur berges, comme ici le 26 octobre 2016, entraîne mécaniquement une augmentation des véhicules sur les voies et rues qui bordent en surplomb les quais de la Seine.

 

Chacune dotĂ©e de son comitĂ© de suivi, la Mairie de Paris et la RĂ©gion se livrent une lutte acharnĂ©e au sujet de l’impact de la piĂ©tonisation des voies en matière de trafic, de temps de parcours et de pollution.

« Nous n’assistons pas Ă  l’effet d’Ă©vaporation attendu : les effets de report sont très importants, allant jusqu’Ă  l’A86 ; les nuisances sonores augmentent, et la pollution de l’air s’aggrave. »

C’est ainsi que, le 19 janvier, ValĂ©rie PĂ©cresse rĂ©sumait le troisième rapport d’Ă©tape du comitĂ© d’Ă©valuation rĂ©gional de la fermeture de la voie Georges-Pompidou, installĂ© en septembre sous l’autoritĂ© du professeur Pierre Carli, mĂ©decin chef du Samu de Paris.

Pourtant, trois jours plus tĂ´t, la Ville de Paris notait une nouvelle rĂ©duction du trafic sur les principaux axes de report, et des temps de parcours infĂ©rieurs Ă  ceux prĂ©vus par l’Ă©tude d’impact.

« La réduction du trafic sur les axes de report, constatée depuis octobre, se confirme en décembre 2016, indique un communiqué de presse de la Mairie. Elle démontre que les automobilistes qui empruntaient autrefois les quais bas rive droite sont de plus en plus nombreux à adapter leur itinéraire ou leur mode de transport. »

Et la Ville de conclure : « La situation est donc encourageante et cohĂ©rente avec les prĂ©visions de l’Ă©tude d’impact. »

Des chiffres en Open Data qui n’empĂŞchent par la guerre de diagnostics

Mois après mois, ces dĂ©clarations contradictoires rythment le feuilleton dont la piĂ©tonisation de la voie Georges-Pompidou a constituĂ© le premier Ă©pisode. Sur l’Ă©volution entre septembre 2015 et septembre 2016, quand la Mairie de Paris notait un allongement de 39% du temps de trajet sur les quais hauts le soir, la RĂ©gion affichait une augmentation de 74%.

C’est bien connu, on peut faire dire aux chiffres ce que l’on veut. Mais il n’en reste pas moins Ă©tonnant d’aboutir Ă  des rĂ©sultats si divergents Ă  partir de mesures dont une grande partie est commune. En effet, les donnĂ©es concernant le trafic, qu’elles soient utilisĂ©es par la Ville de Paris, qui les transmet Ă  la prĂ©fecture, ou par la RĂ©gion, proviennent de capteurs de type boucles Ă©lectromagnĂ©tiques appartenant Ă  la Ville. InstallĂ©s de façon permanente dans les chaussĂ©es, ils alimentent la rĂ©gulation en temps rĂ©el des feux tricolores mais aussi une base de donnĂ©es servant Ă  Ă©tablir des statistiques. L’Institut d’amĂ©nagement et d’urbanisme (IAU), qui les traite pour le compte du comitĂ© de suivi rĂ©gional, les rĂ©cupère lorsqu’ils sont mis en open data. C’est-Ă -dire entre un mois et un mois et demi plus tard.

Ainsi, les donnĂ©es commentĂ©es le 19 janvier par la RĂ©gion datent de novembre 2016, quand les analyses de la Ville trois jours plus tĂ´t portent sur ceux de dĂ©cembre. La RĂ©gion se penche aussi sur des itinĂ©raires de report tels que le pĂ©riphĂ©rique ou l’A86, pour lesquels les donnĂ©es de circulation sont fournies Ă  l’IAU par l’État et les dĂ©partements. Quant aux temps de parcours, suivis Ă  la fois par la Ville et par la RĂ©gion, ils sont Ă©tablis grâce aux donnĂ©es de GPS embarquĂ©s dans les vĂ©hicules.

Des méthodes de présentation qui entravent la comparaison

Abstraction faite du dĂ©calage dans la rĂ©cupĂ©ration des donnĂ©es, des contradictions subsistent entre les rapports prĂ©sentĂ©s par les deux collectivitĂ©s concernant un mĂŞme mois. C’est qu’Ă  partir des mĂŞmes donnĂ©es, les deux collectivitĂ©s ne calculent pas et, surtout, ne prĂ©sentent pas les mĂŞmes choses. En effet, l’IAU raisonne sur les seuls mardis et jeudis ouvrĂ©s, hors vacances scolaires, car ce sont les jours les moins susceptibles de subir de variations.

« C’est comme cela que nous pourrons vraiment comparer 2015 et 2016, repĂ©rer compteur par compteur les anomalies (telles que les manifestations, les camps de migrants, les pannes, etc.) susceptibles de biaiser les rĂ©sultats, exclure les secteurs perturbĂ©s par des travaux tels que ceux du tramway, etc. », explique un expert.

Mais ce sont aussi les jours qui connaissent la circulation la plus dense, accuse la Ville, qui, pour sa part, raisonne sur cinq jours ouvrés.

Autre diffĂ©rence : les horaires pris en considĂ©ration pour Ă©tudier le pic de circulation du soir varient Ă©galement, l’IAU travaillant sur la tranche de 18 heures Ă  19 heures, quand la Ville prend en compte le crĂ©neau de 19 heures Ă  20 heures.

Surtout, quand la RĂ©gion communique en pourcentage, la Ville prĂ©sente des allongements du temps global de traversĂ©e de quelques minutes seulement et, surtout, en majoritĂ© infĂ©rieurs Ă  ceux prĂ©vus par l’Ă©tude d’impact prĂ©alable. L’augmentation de 31% en novembre le matin sur le boulevard Saint-Germain correspond ainsi Ă  un allongement de 3 minutes et demie.

La RĂ©gion dĂ©fend la qualitĂ© de l’air et s’oppose Ă  la rĂ©duction de la circulation

Mais c’est avant tout sur la qualitĂ© de l’air que la RĂ©gion concentre ses attaques. Un sujet sur lequel elle rappelle ĂŞtre chef de file et qu’elle affirme prendre « très Ă  coeur », comme en tĂ©moigne la multiplication par 13 des moyens dĂ©diĂ©s au plan air dans son budget 2017, dont 4 millions d’aides au remplacement des vĂ©hicules polluants pour les artisans et commerçants, et autant pour le remplacement des chaudières Ă  bois.

« Il y a eu plus d’embouteillages en novembre 2016, ce qui produit par consĂ©quent plus de pollution », s’alarmait ainsi le professeur Carli le 19 janvier, citant une augmentation de 53% pour le NOx et 49% pour les particules fines sur les quais hauts. « Cette dĂ©gradation constitue une tendance prĂ©occupante. Contrairement Ă  l’objectif affichĂ© par la maire de Paris, la fermeture des voies sur berges n’a pas entraĂ®nĂ© d’amĂ©lioration de la qualitĂ© de l’air », a-t-il conclu.

Ces chiffres proviennent des relevĂ©s de 13 capteurs implantĂ©s le long des quais hauts et du boulevard Saint-Germain, directement concernĂ©s par la fermeture, mais ne disent rien de la qualitĂ© gĂ©nĂ©rale de l’air dans la capitale.

L’impact des conditions mĂ©tĂ©o

Airparif, qui a installĂ© depuis novembre de nouveaux capteurs sur les voies et les quais hauts et en petite couronne, a prĂ©vu deux campagnes pour mesurer l’incidence de la fermeture des voies sur berges. La première a Ă©tĂ© menĂ©e de mi-novembre Ă  mi-dĂ©cembre et la seconde est prĂ©vue entre les mois de mai et de juin.

Dans une note du 16 janvier, on peut lire : « Les niveaux mensuels ne montrent aucune tendance claire imputable Ă  la seule fermeture des voies sur berges. Ces variations constatĂ©es sur le rĂ©seau de stations permanentes d’Airparif traduisent l’effet imbriquĂ© des Ă©missions de polluants et de la mĂ©tĂ©orologie. De ce fait, elles ne peuvent ĂŞtre interprĂ©tĂ©es directement et uniquement par rapport aux variations de trafic induites par la seule fermeture des voies sur berges. »

L’impact de la mĂ©tĂ©o se traduit notamment par les pics de pollution de dĂ©cembre, non imputables Ă  la seule piĂ©tonisation, puisqu’ils touchaient toute l’ĂŽle-de-France mais aussi les rĂ©gions de Lyon ou de Londres. Airparif insiste surtout sur le fait qu’il ne sera pas possible de tirer des enseignements valables avant les six mois d’observation prĂ©vus, et qu’il faudra tenir compte de la mĂ©tĂ©o et de l’Ă©ventuelle Ă©volution des comportements.

Le rapport complet de la première campagne comprenant l’interprĂ©tation de l’ensemble de ces rĂ©sultats en lien avec ceux du trafic sera diffusĂ© en mars 2017, correspondant en principe avec la fin de la pĂ©riode d’observation. Mais le rapport final de l’Ă©tude, intĂ©grant la deuxième campagne de mesure en pĂ©riode estivale et la comparaison entre ces deux campagnes, ne sera, lui, disponible qu’en septembre.

Autant dire que le feuilleton n’est pas près de s’achever…

 

::: ECONOMIE

LE MONDE – 27/01/2017

Pierre Gattaz : « La mondialisation est la seule solution de croissance et d’emplois durables »

Tribune de Pierre GATTAZ, Président du MEDEF

Le protectionnisme de Donald Trump ne peut pas être transposé dans notre pays, le marché intérieur français ne pourrait pas soutenir notre économie. Il faut choisir l’international en misant sur nos atouts, selon le président du Medef.

Les déclarations antimondialisation de Donald Trump suscitent visiblement des interrogations ou des vocations de certains de nos politiques. La fermeture des frontières est-elle donc une stratégie économique possible ?

Il faut raison garder et constater tout d’abord qu’à ce stade, on est dans le discours, à la fois pour les menaces, mais aussi pour les promesses. Attendons de voir la réalité des faits. M. Trump l’a suffisamment démontré durant sa campagne : c’est un joueur de poker de génie. Et dans cette affaire, ce n’est pas forcément le seul…

Néanmoins, cette volonté affichée de repli américain à l’intérieur de ses frontières est, à plus d’un titre, inquiétante. En adoptant cette stratégie, les Etats-Unis choisiraient de s’exonérer des traités internationaux et de revenir à la loi du plus fort, certains que leur puissance les protégerait. Elle apparaît donc comme une aventure solitaire risquée même avec la maîtrise monétaire et un important marché intérieur.

Une telle stratégie provoquerait des réactions des autres pays et continents, Chine en tête. Si une telle aventure peut s’envisager pour le pays le plus fort économiquement au niveau mondial, transposée au niveau de la France, elle serait suicidaire : le seul marché français ne suffit pas à assurer un débouché à nos produits et services, et l’absence de liberté monétaire, même en imaginant sortir de l’euro, réduit fortement nos marges de manœuvre.

L’exemple de l’Allemagne montre bien que, pour un pays industriel de taille moyenne, la mondialisation est la seule solution de croissance et d’emplois durables.

Alors, que faut-il faire ? Contrairement à ce que pensent certains de nos politiques, la stratégie doit être de se tourner résolument vers la mondialisation en capitalisant sur nos atouts. Comment ?

En arrêtant de nous auto-dénigrer.

Je rentre du Mali, j’étais aux Etats-Unis tout début janvier, en Chine fin 2016… Partout, la France est admirée et respectée. Nos atouts sont considérables d’un point de vue économique. Cessons de penser que nous allons continuer à perdre en nous mondialisant. C’est faux et beaucoup d’entreprises françaises le prouvent et gagnent des marchés. Pas assez malheureusement.

En amenant plus d’entreprises à l’exportation.

C’est ce que je fais tous les mois, dans différents pays, en accompagnant des PME et des ETI à l’international. Mais notre volontarisme ne suffira pas à lui seul pour régler les problèmes structurels de notre pays. Voilà pourquoi les réformes doivent être menées. Vite et fort.

En ayant une vraie vision et déployer une stratégie internationale.

Les Etats-Unis resteront un marché important, mais les difficultés à prévoir doivent nous pousser à agir dans trois directions complémentaires de manière plus résolue :

Nous devons achever la construction européenne d’urgence. L’Europe, par la taille de son marché, peut être un vrai atout, mais cela nécessite évidemment d’achever rapidement une forme de convergence sociale et fiscale. Nous devons le faire d’abord au sein de la zone euro qui donne l’avantage d’une monnaie commune cohérente. Là encore agissons vite et fort.

Capitalisons aussi sur l’Afrique. Je ne le dirai jamais assez : l’Afrique est un continent pour les entreprises françaises. D’abord, parce qu’en maîtrisant deux langues (le français et l’anglais), on peut agir sur presque tout le continent. Ensuite, grâce à la diaspora africaine que nous avons en France : beaucoup de jeunes Français ont une double culture (française et du pays de leurs parents ou grands-parents). C’est un atout clé pour notre développement en Afrique.

Allons résolument sur ce continent en proposant un modèle de codéveloppement respectueux, en ayant une véritable approche gagnant-gagnant, humblement et respectueusement. Nous en tirerons tous bénéfice.

Enfin, tournons-nous vers l’Asie plus résolument. En France, la Chine fait peur, souvent par méconnaissance. Là encore, les opportunités sont faramineuses et les relations compliquées à prévoir avec les Etats-Unis offrent des opportunités à nos industriels. Profitons-en !

En cessant d’être naïfs.

La mondialisation est vertueuse si elle obéit à des règles. A cet égard, ceux qui ont dénoncé les accords de type TTIP ont rejeté des règles qui permettraient, si elles étaient bien négociées, d’encadrer notamment l’acteur dominant (les Etats-Unis) et d’ouvrir à nos PME d’immenses marchés. On peut critiquer le contenu de l’accord ou la méthode de négociation, mais rejeter l’idée même de ces traités, c’est accepter de laisser les Etats-Unis imposer leurs règles au reste du monde !

Alors que la France va être amenée à faire un choix important dans les mois qui viennent, je pense qu’il nous faut cesser de nous dénigrer et faire enfin le choix de la fierté, de la conquête et de l’enthousiasme.

Pierre Gattaz

 

 

LES ECHOS – 27/01/2017

Entreprises : un nouvel outil contre l’optimisation fiscale

 

La France a posé un « jalon important » dans la lutte contre l’évasion fiscale, selon les termes du secrétaire d’Etat chargé du Budget, Christian Eckert.

La France a ratifié l’accord de l’OCDE instaurant un échange automatique des données « pays par pays » des multinationales. Deux cents grands groupes français devront fournir ces informations au fisc.

La France a posĂ© un « jalon important » dans la lutte contre l’Ă©vasion fiscale, selon les termes du secrĂ©taire d’Etat chargĂ© du Budget, Christian Eckert. Il s’exprimait face aux sĂ©nateurs qui ont ratifiĂ©, ce jeudi, l’accord international, signĂ© par une cinquantaine d’Etats, permettant d’Ă©changer de façon automatique des donnĂ©es stratĂ©giques sur les multinationales. Chiffre d’affaires, bĂ©nĂ©fices, impĂ´ts, actifs, capital social, nombre de salariĂ©s… Les entreprises de plus de 750 millions d’euros de chiffre d’affaires devront transmettre l’ensemble de ces donnĂ©es Ă  l’administration fiscale de leur pays, qui les Ă©changera ensuite avec les Etats signataires de l’accord.

Lutte contre l’optimisation fiscale

Ce processus de reporting « pays par pays » constitue l’un des volets du plan de l’Organisation de coopĂ©ration et de dĂ©veloppement Ă©conomiques (OCDE) contre l’optimisation fiscale (« BEPS ») , adoptĂ© par le G20 fin 2015. Sa logique est comparable Ă  celle de l’Ă©change automatique sur les comptes bancaires, qui permettra dès 2018 Ă  l’administration fiscale d’ĂŞtre informĂ©e sur les comptes Ă  l’Ă©tranger de ses ressortissants.

Sans permettre au fisc de dĂ©clencher directement des contrĂ´les, le reporting « pays par pays » lui apportera de prĂ©cieuses informations pour vĂ©rifier que les « prix de transfert » correspondent bien Ă  une rĂ©alitĂ© Ă©conomique. Car les flux intragroupes constituent souvent un moyen pour les grandes entreprises de localiser leurs bĂ©nĂ©fices dans les pays Ă  faible fiscalitĂ©. « L’objectif global est de localiser les assiettes en cohĂ©rence avec le lieu oĂą se produit la valeur ajoutĂ©e », expliquait Bruno Parent, le patron de l’administration fiscale, lors d’une audition Ă  l’AssemblĂ©e nationale.

200 grands groupes français concernés

Ce dispositif s’applique aux entreprises de plus de 750 millions de chiffre d’affaires, soit 10 % des entreprises reprĂ©sentant 90 % du chiffre d’affaires mondial. En France, ce sont près de 200 grands groupes qui sont concernĂ©s.

S’il renforce les moyens de l’administration fiscale, le reporting « pays par pays » n’est pas sans limite. Les sĂ©nateurs ont exprimĂ© jeudi Ă  plusieurs reprises leur inquiĂ©tude sur la position ambiguĂ« des Etats-Unis, qui ont adoptĂ© ce reporting mais sans ratifier l’accord d’Ă©change international (lire ci-dessous). Et le changement d’administration Ă  Washington laisse planer des doutes sur l’application des mesures anti-optimisation validĂ©es au sein de l’OCDE. « On ne peut qu’espĂ©rer que, malgrĂ© l’Ă©volution du contexte international, les engagements pris par chacun seront respectĂ©s », a dĂ©clarĂ© Christian Eckert au SĂ©nat. Dans le cas oĂą les Etats-Unis ne transmettraient pas leurs donnĂ©es, le secrĂ©taire d’Etat a Ă©voquĂ© l’existence d’un mĂ©canisme alternatif : le fisc français pourrait obliger les filiales hexagonales des groupes amĂ©ricains Ă  fournir leurs informations sur la France.

Confidentialité du reporting

Des questions se posent Ă©galement sur la confidentialitĂ© de ce reporting. Que se passe-t-il si un Etat transmet Ă  une entreprise nationale des donnĂ©es sur un concurrent Ă©tranger ? L’accord signĂ© Ă  l’OCDE prĂ©voit que les renseignements obtenus soient tenus secrets. « MalgrĂ© ces strictes conditions, le risque d’une utilisation dĂ©tournĂ©e ne peut ĂŞtre complètement Ă©cartĂ© », alerte un rapport du SĂ©nat. Sur ce point, Christian Eckert affirme que « la France suspendra ses Ă©changes si la confidentialitĂ© n’est pas respectĂ©e ».

Quant Ă  la perspective de rendre ce reporting public, comme le rĂ©clament les ONG et certains dĂ©putĂ©s, elle s’Ă©loigne. VotĂ©e dans la loi Sapin 2, cette disposition a Ă©tĂ© censurĂ©e par le Conseil constitutionnel. « La France est favorable au reporting public dès lors qu’il sera la règle au sein de l’UE », a rappelĂ© Christian Eckert.

Ingrid Feuerstein

 

 

LE PARISIEN – 27/01/2017

Contrats de travail : les CDD très courts explosent, avec moins de CDI à la clé

 

L’Ă©tude de France StratĂ©gie, Ă©galement prĂ©sentĂ©e aux partenaires sociaux, relève que seul un CDD sur cinq (20%) se transforme en CDI, contre un sur quatre (24%) avant la crise de 2008.

Selon l’Ă©tude de l’UnĂ©dic – qui porte sur les annĂ©es de 2000 Ă  2016 – les embauches en CDD d’un mois ou moins sont passĂ©es d’un peu plus de 1,5 million par trimestre Ă  plus de 4 millions. 

Le nombre d’embauches en CDD de moins d’un mois a plus que doublĂ© en 15 ans et ces contrats dĂ©bouchent de moins en moins sur un CDI, selon deux Ă©tudes de l’UnĂ©dic et de France StratĂ©gie.

Selon l’Ă©tude de l’UnĂ©dic – qui porte sur les annĂ©es de 2000 Ă  2016 – les embauches en CDD d’un mois ou moins sont passĂ©es d’un peu plus de 1,5 million par trimestre Ă  plus de 4 millions, tandis que celles de plus d’un mois n’ont pas bougĂ© (environ un million). Ce document a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© aux partenaires sociaux mercredi lors d’une rĂ©union de diagnostic du marchĂ© du travail, prĂ©alable Ă  une Ă©ventuelle reprise des nĂ©gociations sur l’assurance chĂ´mage.

MalgrĂ© cette tendance au raccourcissement des CDD, la part globale de ces contrats dans l’emploi reste stable sur cette pĂ©riode, Ă  9%, alors que les CDI reprĂ©sentent 76% de l’emploi total.

Un CDD sur cinq se transforme en CDI

Arts et spectacles, Ă©dition et audiovisuel, activitĂ©s pour la santĂ©, hĂ´tellerie-restauration, immobilier et enseignement privĂ© notamment sont les secteurs qui ont eu, en 2012, le plus recours Ă  des contrats de moins d’un mois, voire quelques jours.

L’Ă©tude de l’UnĂ©dic, qui gère l’assurance chĂ´mage, souligne aussi le «poids croissant» de la rĂ©embauche, 84% des CDD de moins d’un mois Ă©tant des rĂ©embauches par un ancien employeur, selon des donnĂ©es de 2012.

«Dans certains secteurs, certains employeurs s’entendent implicitement avec leurs salariĂ©s sur la possibilitĂ© d’embauches successives avec parfois des engagements d’exclusivité», observe l’UnĂ©dic, sans plus de prĂ©cisions.

L’Ă©tude de France StratĂ©gie, Ă©galement prĂ©sentĂ©e aux partenaires sociaux, relève que seul un CDD sur cinq (20%) se transforme en CDI, contre un sur quatre (24%) avant la crise de 2008. «Ces Ă©tudes confirment que les contrats courts sont au coeur du problème», a estimĂ© Éric Courpotin (CFTC) après la rĂ©union.

La surcotisation des contrats courts

Les nĂ©gociations sur une nouvelle convention d’assurance chĂ´mage avaient Ă©chouĂ© en juin 2016, après le refus du patronat de taxer les contrats courts. L’actuelle convention a Ă©tĂ© prolongĂ©e par l’État pour une durĂ©e indĂ©terminĂ©e.

Syndicats et patronat ont repris langue en dĂ©cembre pour faire un «diagnostic partagé» sur l’Ă©pineux dossier, en programmant une sĂ©rie de rĂ©unions jusqu’au 15 fĂ©vrier, date Ă  laquelle ils dĂ©cideront de rouvrir ou non les nĂ©gociations.

«Toutes ces Ă©tudes ne font pas avancer le « schmilblick ». On sent le mĂŞme blocage qu’au printemps, les employeurs ne veulent pas discuter de leur choix dans le recours Ă  la prĂ©caritĂ© car ils savent que ça aboutit forcĂ©ment Ă  la surcotisation des contrats courts», a commentĂ© Denis Gravouil (CGT).

Olivier Boitet

 

 

LE FIGARO – 27/01/2017

Incroyable mais vrai, le nombre de plans sociaux a chuté en 2016

Le nombre de plans de sauvegarde de l’emploi a baissĂ© de 12% l’an passĂ©. Lors de ses vĹ“ux Ă  la presse, Myriam El Khomri a rĂ©pondu aux critiques sur la loi travail qui, selon ses dĂ©tracteurs, faciliterait les licenciements.

Myriam El Khomri avait rĂ©servĂ© l’annonce pour ses vĹ“ux Ă  la presse: entre 2015 et 2016, le nombre de plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) a diminuĂ© de 12%. «Qu’il n’y ait aucun malentendu, je ne veux absolument pas minimiser l’ampleur» des derniers plans de restructuration, comme celui du groupe Vivarte, «ni minimiser la souffrance de ces salariĂ©s», a tenu Ă  prĂ©ciser d’emblĂ©e la ministre. Chez Vivarte en effet, la direction a annoncĂ©, lundi, le lancement de deux PSE, Ă  la Halle aux Chaussures et dans sa filiale Vivarte Services.

Si ce recul des plans sociaux est la consĂ©quence logique de la reprise Ă©conomique, le sujet est sensible pour Myriam El Khomri. Une partie de la gauche reproche Ă  la loi travail, qui porte son nom, de faciliter les plans sociaux. BenoĂ®t Hamon, finaliste Ă  la primaire socialiste, avait ainsi, lors du premier dĂ©bat public entre les candidats, expliquĂ© que le plan social de la Voix du Nord n’aurait pas Ă©tĂ© possible sans la loi El Khomri. Une affirmation rĂ©futĂ©e par la ministre elle-mĂŞme. La direction du quotidien rĂ©gional Ă©voque en effet la sauvegarde de la compĂ©titivitĂ© pour justifier son plan. Or ce motif Ă©tait acceptĂ© par la jurisprudence de la Cour de cassation bien avant la loi El Khomri.

Pour les plans sociaux, la grande nouveauté date de 2013

Selon la ministre, «la loi travail ne facilite pas les licenciements». Le texte «explicite seulement, sur la base de la jurisprudence actuelle, dans quelles circonstances précises une entreprise a le droit de procéder à des licenciements économiques». «Elle leur donne un cadre clair et sécurisé sans rien retirer au pouvoir des juges», a-t-elle appuyé.

Myriam El Khomri a raison. MĂŞme si elle a fait couler beaucoup moins d’encre, la rĂ©forme la plus importante du quinquennat en matière de plans sociaux date de juin 2013 et de la loi sur la sĂ©curisation de l’emploi. Le texte visait Ă  simplifier les procĂ©dures des licenciements Ă©conomiques de taille importante. Il s’applique aux entreprises de 50 salariĂ©s et plus qui souhaitent licencier pour motif Ă©conomique au moins dix salariĂ©s sur une mĂŞme pĂ©riode de 30 jours.

Deux modalitĂ©s sont dĂ©sormais prĂ©vues: soit l’employeur conclut un accord collectif majoritaire avec les reprĂ©sentants syndicaux, qui est soumis Ă  validation par l’administration rĂ©gionale, soit il prend une dĂ©cision unilatĂ©rale, soumise dans ce cas Ă  homologation de l’administration. Auparavant le chef d’entreprise devait seulement notifier le PSE auprès de l’administration. Pour les entreprises, ce cadre prĂ©sente le grand avantage de limiter les contentieux. Elles se fĂ©licitent aussi d’avoir dĂ©sormais Ă  faire, en cas de recours, au juge administratif et non plus judiciaire. Enfin, la nouvelle procĂ©dure est Ă©galement plus rapide.

En 2014, 728 PSE ont Ă©tĂ© mis en Ĺ“uvre. 39 % de ces plans rĂ©sultaient de la validation d’un accord entre l’entreprise et les organisations syndicales. Les services du ministère du travail publieront dans les prochaines semaines les donnĂ©es pour 2015 et 2016.

Anne de Guigné

 

::: ENTREPRISES

LE MONDE – 27/01/2017

Autoroutes : un plan de relance à 800 millions d’euros

Après une première vague d’investissement décidée en avril 2015, ce deuxième plan devrait permettre la création de 5 000 emplois supplémentaires.

Derniers chantiers avant les élections. Durant son quinquennat, François Hollande aura choyé les autoroutes. Pas moins de deux plans de relance auront été mis en place en l’espace de deux ans : le premier de 3,2 milliards d’euros a été signé en avril 2015 et un nouveau programme d’investissements de 800 millions d’euros a été annoncé jeudi 26 janvier. Un montant légèrement inférieur au milliard espéré.

Cela permettra la création de 5 000 emplois qui s’ajouteront aux 8 000 à 10 000 prévus dans le cadre du premier chantier. Une ampleur jamais vue. A titre de comparaison, le paquet vert autoroutier réalisé en 2010 par Jean-Louis Borloo, alors ministre de l’écologie, sous la présidence de Nicolas Sarkozy avait déjà été salué par son importance. Il prévoyait 1 milliard d’euros d’investissements pour améliorer les performances environnementales du réseau et 4 000 emplois.

32 échangeurs, 25 aires de covoiturages

Les deux plans de ce quinquennat diffèrent à la fois sur la nature des travaux et sur leur financement. Si le premier consistait principalement à aménager les grands axes existants en les élargissant, le second répond à des préoccupations locales.

Pour le secrétaire d’Etat chargé des transports, Alain Vidalies, ce programme prévoyant 32 échangeurs, 25 aires de covoiturages ainsi que des aménagements pour la protection du milieu naturel a « pour objectif de répondre à des attentes fortes des collectivités territoriales », explique-t-il, dans un communiqué. « Il vise à améliorer la desserte des territoires et à créer de l’activité en investissant dans l’amélioration de la qualité des infrastructures. »

En conséquence, le financement sera réparti entre les collectivités locales et les automobilistes. Les premières contribueront pour « plus de 50 % en moyenne pour les opérations routières d’intérêt local. Le complément proviendra d’une faible augmentation des péages, limitée de 0,1 % à 0,4 % par an de 2019 à 2021 », a précisé le secrétaire d’Etat. Rien à voir avec le plan de relance de 2015. En contrepartie de la prise en charge des 3,2 milliards d’investissement, les sociétés privées d’autoroutes ont obtenu un rallongement de deux ans et demi en moyenne de la durée des concessions.

Vinci sera le plus grand bénéficiaire

Dans les deux cas Vinci qui exploite 52 % du réseau autoroutier français est le plus grand bénéficiaire. Sur les 3,2 milliards d’euros du plan de 2015, il contribuait pour plus de 2 milliards, le reste étant réparti entre deux autres groupes Eiffage avec APRR et AREA, et Sanef contrôlé par l’espagnol Abertis.

Cette fois, sur les 800 millions d’euros du programme, Vinci fera un peu plus de la moitié des chantiers, Eiffage et Abertis, engageront des travaux estimés respectivement à 220 millions et 147 millions. Toutefois les protocoles d’accord entre l’Etat et les sociétés concessionnaires d’autoroutes doivent encore être examinés par le régulateur du rail et de la route, l’Arafer. « Toutes ces étapes permettront d’engager les premiers travaux dès la fin de l’année 2017 », espère M. Vidalies.

La rapidité avec laquelle le deuxième programme a été entériné tranche aussi avec le précédent. Si le premier plan avait abouti trois ans après son annonce en 2012 – sur fond d’une vive polémique concernant le niveau élevé des péages – le nouveau, annoncé en juillet 2016 par François Hollande, a mis à peine six mois pour se conclure.

Dominique Gallois

 

 

LA TRIBUNE – 27/01/2017

Rapprochement DCNS/Fincantieri : c’est non pour le moment

 

Le patron de DCNS HervĂ© Guillou a Ă©tĂ© autorisĂ© Ă  poursuivre l’examen du dossier Magellan, le dossier de rapprochement entre son groupe et Fincantieri

 

Ces dernières semaines, le PDG de DCNS HervĂ© Guillou proposait Ă  ses actionnaires Ă  l’occasion de la future prise de contrĂ´le de STX par Fincantieri, d’aller un cran plus loin. Et plus prĂ©cisĂ©ment, il voulait profiter de cette fenĂŞtre pour lancer une prise de participations croisĂ©es entre son groupe et Fincantieri.

C’est l’un des rĂŞves d’HervĂ© Guillou. Depuis son arrivĂ©e Ă  la barre de DCNS, le PDG du groupe naval travaille Ă  une consolidation europĂ©enne. Ces dernières semaines, il proposait Ă  ses actionnaires Ă  l’occasion de la future prise de contrĂ´le de STX par Fincantieri, d’aller un cran plus loin. Et plus prĂ©cisĂ©ment, il voulait profiter de cette fenĂŞtre pour lancer une prise de participations croisĂ©es entre son groupe et Fincantieri, un dossier qui a pour nom de code Magellan. C’est non, lui a rĂ©cemment signifiĂ© l’État, selon des sources concordantes. Une nouvelle dĂ©ception pour celui qui a la foi du charbonnier concernant l’Europe et la consolidation du secteur. InterrogĂ© par La Tribune, DCNS n’a pas souhaitĂ© faire de commentaires.

« Je ne peux faire aucune prĂ©vision concernant une Ă©ventuelle consolidation ou m’engager sur un calendrier mais je m’engage Ă  ĂŞtre prĂŞt si un tel moment se prĂ©sente », avait-il expliquĂ© en fĂ©vrier 2015.

A l’Ă©tĂ© 2015, HervĂ© Guillou s’Ă©tait dĂ©jĂ  heurtĂ© Ă  un refus. DCNS et Fincantieri Ă©taient pourtant en train de nĂ©gocier un rapprochement Ă  paritĂ© dans les bâtiments de surface. Les deux groupes navals, qui ont dĂ©veloppĂ© en commun le programme de frĂ©gates multimissions (FREMM), avaient alors secrètement signĂ© un « Head of Agreement » (HoA), un document non engageant pour encadrer leurs nĂ©gociations après des discussions entamĂ©es depuis la fin 2014.

DCNS autorisĂ© Ă  poursuivre l’examen du dossier Magellan

Pour des questions pratiques notamment, l’État veut dissocier les deux dossiers : celui de STX, oĂą DCNS devrait entrer dans le capital pour accompagner l’État, et Magellan. C’est d’ailleurs pour cela que la porte reste ouverte pour un rapprochement entre DCNS et Fincantieri. Tout n’est donc pas perdu pour HervĂ© Guillou mais la porte n’est qu’entrouverte. Dans ce cadre, DCNS a Ă©tĂ© autorisĂ© Ă  poursuivre l’examen du dossier Magellan par l’État sans prĂ©juger de sa rĂ©ponse dĂ©finitive. Car ce dernier s’interroge encore sur la nĂ©cessitĂ© d’une telle opĂ©ration, surtout Ă  quelques mois de l’Ă©lection prĂ©sidentielle. « L’État n’est pas convaincu mais reste ouvert », explique-t-on Ă  La Tribune. A HervĂ© Guillou de transmettre sa foi de charbonnier …

Le morcellement de l’industrie navale militaire europĂ©enne se rĂ©sorbe peu Ă  peu grâce Ă  une consolidation au niveau national autour de grands maĂ®tres d’Ĺ“uvre dans six pays avec BAE Systems (Royaume-Uni), DCNS (France), Fincantieri (Italie), ThyssenKrupp Marine (Allemagne), Navantia (Espagne) et Damen (Pays-Bas). Des groupes, qui se retrouvent en concurrence frontale pour les marchĂ©s Ă  l’export comme DCNS et Fincantieri au Qatar, oĂą les Italiens ont gagnĂ© en juin dernier. Pour autant, selon des sources concordantes, les nĂ©gociations entre les Italiens et Doha seraient actuellement très, très difficiles sur plusieurs points : le prix, le financement, la formation et les spĂ©cifications techniques. Bref, un contrat en bonne et due forme est loin d’ĂŞtre signĂ© …

Michel Cabirol  

 

 

LES ECHOS – 27/01/2017

Le e-commerce s’enracine dans le quotidien des Français

Le commerce en ligne a dépassé la barre des 70 milliards de chiffre d’affaires en 2016. Il ne représente que 8 % du commerce de détail mais la fréquence d’achat augmente sensiblement.

Tous les indicateurs montrent qu’acheter sur la Toile devient un geste familier pour les Français. C’est le principal enseignement du bilan 2016 et des prĂ©visions 2017 qu’a Ă©tablis ce jeudi la Fevad, la fĂ©dĂ©ration professionnelle du secteur.

NoĂ«l a Ă©tĂ© de nouveau un pic pour les Amazon et autres Cdiscount. Pour les fĂŞtes de fin d’annĂ©e, les ventes ont atteint les 14 milliards d’euros, en hausse de 15 %. De ce fait, l’annĂ©e se termine pour le secteur par une nouvelle croissance Ă  deux chiffres, de 14,6 %, la barre des 70 milliards de chiffre d’affaires Ă©tant dĂ©passĂ©e (72 milliards prĂ©cisĂ©ment). Et les projections pour 2018 tablent sur le franchissement de la marche des 80 milliards, Ă  81,7 milliards.

Le coĂ»t de la livraison n’apparaĂ®t plus comme un frein

Cela reprĂ©senterait une hausse de 13 %, moins forte que les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes, qui traduit une forme de banalisation de l’acte d’achat sur la Toile. De fait, les e-acheteurs rĂ©alisent dĂ©sormais en moyenne 28 transactions par an, contre 23 en 2015. Selon une enquĂŞte CSA, 58 % des acheteurs en ligne achètent sur le Web au moins une fois par mois. Quelques 19 % des sondĂ©s comptent acheter encore plus en ligne en 2017, et notamment 26 % des 25-34 ans. ConsĂ©quence logique, le montant moyen d’une transaction diminue, lui, de 7 %, et passe Ă  70 euros. On Ă©tait Ă  91 euros en 2008.

Parmi les éléments qui encouragent les achats en ligne, le fait que la livraison, et son coût, apparaisse de moins en moins comme un obstacle, grâce à la multiplication des abonnements annuels, du type Amazon Premium ou FNAC +. « Ces offres désinhibent les achats en ligne, notamment sur les petits montants », a déclaré à Reuters Marc Lolivier, délégué général de la Fevad. Selon Médiamétrie, la France compte désormais 37 millions de cyberacheteurs.

Amazon, site le plus visité de France

Avec 16 millions de visiteurs uniques par mois, Amazon reste le site le plus fréquenté en France. devant Cdiscount (12 millions) et la FNAC (10 millions).

Autre indice de la banalisation, l’utilisation du smartphone pour commander, notamment par les jeunes. Les ventes sur smartphones et tablettes ont crĂ» de 30 % en 2016 et ont reprĂ©sentĂ© Ă  NoĂ«l 28 % des achats.

La banalisation du e-commerce touche particulièrement l’habillement. Plus de la moitiĂ© des cyberacheteurs, selon CSA, ont achetĂ© de la mode en 2016. Suivent les produits culturels (49 %), les chaussures (39 %) et les produits techniques (39 %).

Les achats de produits de beauté se multiplient

PhĂ©nomène plus nouveau mais qui s’ancre lui aussi dans les habitudes : 37 % des acheteurs en ligne achètent des produits de beautĂ© et de santĂ©. Ainsi, de façon contre-intuitive, les Français vont d’abord sur la Toile pour trouver des produits qui touchent Ă  leur apparence (habillement, produits de beautĂ©). L’absence de cabine d’essayage ne semble pas les affecter, loin de lĂ .

L’enquĂŞte CSA indique Ă©galement que 30 % des consommateurs qui achètent en ligne ont dĂ©jĂ  commandĂ© un repas sur Internet et que 13 % le font une fois par mois. Le succès des Foodora, Just Eat et autres Deliveroo ne se dĂ©ment pas.

Les magasins traditionnels résistent

Toutefois, les chiffres ne condamnent pas les magasins traditionnels. D’abord, le budget moyen consacrĂ© par les consommateurs français sur Internet est de 2.000 euros par an. Et le e-commerce ne reprĂ©sente toujours que 8 % de l’ensemble du commerce de dĂ©tail. Par ailleurs, la livraison en magasin progresse (+5 % en 2016, Ă  36 %) et un autre comportement commence Ă  ĂŞtre quantifiĂ© par les experts : la rĂ©servation en ligne. Près d’un tiers des cyberacheteurs indiquent ainsi ĂŞtre allĂ©s sur les sites marchands juste pour rĂ©server un produit qu’ils sont ensuite allĂ©s chercher dans une boutique.

Philippe Bertrand

 

 

LE MONDE – 27/01/2017

Arthur Sadoun remplace Maurice Lévy à la tête de Publicis

  1. Sadoun, 45 ans, est actuellement directeur général de la division Publicis Communications, qui réunit l’ensemble des réseaux créatifs du groupe.

Le patron de Publicis, Maurice Lévy, sera remplacé par Arthur Sadoun à la présidence du directoire à partir du 1er juin, a annoncé jeudi 26 janvier le groupe dans un communiqué. M. Sadoun, 45 ans, est actuellement directeur général de la division Publicis Communications, qui réunit l’ensemble des réseaux créatifs du groupe.

La philosophe féministe Elisabeth Badinter, principale actionnaire du groupe et fille de son fondateur, Marcel Bleustein-Blanchet, a dit « avoir toute confiance dans cette équipe pour mener à bien les tâches qui l’attendent ». De son côté, M. Levy, qui avait pris la tête du groupe en 1987, s’est « réjoui de ce choix qui me paraît le plus juste et le plus judicieux pour notre groupe et son avenir », selon le communiqué publié par Publicis. Il prendra la tête du conseil de surveillance, à la place de Mme Badinter, à compter du 1er juin, si cette nomination est validée par l’assemblée générale des actionnaires qui se tiendra le 31 mai.

Bénéfice de 901 millions d’euros

Sous l’impulsion de M. Levy, Publicis va connaître un coup d’accélérateur à l’international, avec des prises de participation dans le monde, qui en ont fait le troisième groupe mondial de communication et de publicité. Le géant français a réalisé en 2015 un chiffre d’affaires de 9,6 milliards d’euros, qui lui a permis de dégager un bénéfice net de 901 millions d’euros.

Dans son communiqué, Publicis a également annoncé l’arrivée de Steve King, actuellement à la tête de Publicis Media, au sein du directoire.

 

LE FIGARO – 27/01/2017

Les start-up françaises attirent de plus en plus de financements

2016 est une annĂ©e record avec plus de 2 milliards d’euros de levĂ©es de fonds.

Changement de dĂ©cor pour le capital-risque français. Après une pĂ©riode compliquĂ©e, au cours de laquelle les jeunes entreprises peinaient Ă  trouver des financements, les robinets coulent dĂ©sormais Ă  flots. L’annĂ©e dernière, les seules entreprises technologiques françaises ont levĂ© 2 milliards d’euros, quasiment deux fois plus qu’en 2015. Ce dynamisme permet Ă  la France de doubler l’Allemagne et de se placer juste derrière le Royaume-Uni, avec 486 opĂ©rations de financement rĂ©alisĂ©es au cours des douze derniers mois (contre 909 pour les Anglais), selon une Ă©tude rĂ©alisĂ©e par CB Insights et la French Tech.

Redevenu très actif, le financement des jeunes pousses n’est cependant pas encore optimal. Les fonds apportĂ©s concernent Ă  65 % des opĂ©rations d’amorçage ou de premier rang (sĂ©rie A), pour des montants gĂ©nĂ©ralement compris entre quelques centaines de milliers d’euros et 5 Ă  7 millions. S’ils correspondent aux besoins des entreprises – les start-up foisonnent et de nouveaux projets continuent d’Ă©merger quotidiennement -, ils marquent aussi la difficultĂ© des Français Ă  lever des fonds plus importants.

231 transactions recensées

Autre caractĂ©ristique: Paris concentre la plus grande partie des financements, avec 231 transactions recensĂ©es qui ont drainĂ© un peu plus d’un milliard d’euros. En rĂ©gion, le soutien de la French Tech est encore balbutiant. Montpellier arrive ainsi en deuxième position, avec seulement onze opĂ©rations. «L’Ă©mergence de “bâtiments totems”» aussi symboliques que Station F Ă  Paris, commence aussi en rĂ©gion, ce qui tĂ©moigne du dynamisme des territoires», veut cependant croire Antoine Darodes, directeur de l’Agence du numĂ©rique. Lille, pour ne citer qu’elle, a ainsi son paquebot, avec EuraTechnologies, qui a hĂ©bergĂ© une centaine de start-up en phase d’incubation en 2016.

Le financement reste dominĂ© par les acteurs français. Bpifrance tient son rang de locomotive du financement de l’innovation en nombre d’opĂ©rations rĂ©alisĂ©es, tandis que Kima Ventures arrive en deuxième position. Le fonds, créé par Xavier Niel, investit dans deux Ă  trois start-up par semaine, en France et Ă  l’Ă©tranger. «Niel, c’est la France», avait d’ailleurs lâchĂ© Michel Sapin, ministre de l’Économie, au dĂ©tour d’une conversation au CES.

Les fonds Ă©trangers et plus particulièrement amĂ©ricains commencent tout juste Ă  manifester leur intĂ©rĂŞt pour l’Ă©cosystème français. Ils sont un complĂ©ment indispensable aux acteurs nationaux pour accompagner les entreprises dans leur croissance, sous peine de les voir rachetĂ©es par des grands groupes Ă©trangers, comme l’illustrent les opĂ©rations bouclĂ©es l’annĂ©e dernière. Les cinq principales acquisitions de start-up françaises ont en effet Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es par des groupes Ă©trangers, Ă  l’image du rachat de l’Ă©diteur de logiciels Enablon par Wolters Kluwer pour 250 millions d’euros. Il s’agit de la plus grosse transaction de l’annĂ©e, suivie par le rachat de Withings par Nokia pour 170 millions d’euros.

Les opĂ©rations de financement de grande ampleur se comptent encore sur les doigts des deux mains. Le record de 2016 revient au leader europĂ©en des centres de stockage de donnĂ©es OVH, avec 250 millions d’euros, suivi de Sigfox, qui a engrangĂ© 150 millions pour le dĂ©ploiement de son rĂ©seau tĂ©lĂ©coms dĂ©diĂ© Ă  l’Internet des objets. La levĂ©e de fonds de 100 millions d’euros bouclĂ©e par le fabricant français d’enceintes connectĂ©es Devialet est remarquable Ă  plus d’un titre. Il est le seul acteur de l’Ă©lectronique grand public Ă  avoir bouclĂ© un financement de plus de 20 millions d’euros, sur les 18 opĂ©rations de cette taille recensĂ©es par CB Insights. Devialet a aussi attirĂ© des investisseurs Ă©trangers prestigieux, comme Foxconn – le gĂ©ant chinois de la sous-traitance connu pour produire les iPhone d’Apple – ou Sharp.

2017 pourrait ĂŞtre une annĂ©e de d’amplification. Tous les indicateurs sont au vert pour espĂ©rer une nouvelle augmentation des financements privĂ©s, marquĂ©e par une participation plus importante des fonds Ă©trangers. Pour que la tendance continue, les crĂ©ateurs de start-up français expriment les mĂŞmes souhaits que la plupart des entrepreneurs, appelant Ă  plus de stabilitĂ© fiscale et, plus largement, Ă  un environnement plus favorable aux entreprises. Ă€ ce titre, ils ont les yeux rivĂ©s sur les programmes des candidats Ă  la prĂ©sidentielle.

Elsa Bembaron

 

::: POLITIQUE

LE PARISIEN – 27/01/2017

Primaire Ă  gauche : Hamon-Valls, leurs derniers arguments

LE FAIT DU JOUR. Par entretiens croisĂ©s, BenoĂ®t Hamon et Manuel Valls se livrent dans notre journal Ă  un ultime face-Ă -face. Dimanche, l’un d’eux sera le candidat du Parti socialiste Ă  la prĂ©sidentielle. 

BenoĂ®t Hamon et Manuel Valls ont au moins une chose en commun : c’est la cuisine de maman qu’ils prĂ©fèrent. Mais ce n’est pas uniquement ce que l’on apprend dans ces deux interviews des rivaux, rĂ©alisĂ©es hier, au mĂŞme moment dans leurs QG respectifs. On y dĂ©couvre que l’ancien ministre de l’Education a pris plaisir Ă  cette campagne qu’il estime rĂ©ussie, tandis que l’ex-Premier ministre dĂ©plore pour sa part — comme pour conjurer le sort ? — sa brièvetĂ©.

De fait, au 11e Ă©tage de la tour Montparnasse, dans les bureaux spartiates de BenoĂ®t Hamon, aux allures de local Ă©tudiant, l’ambiance est Ă  l’optimisme jovial. Hamon aime Ă  raconter que c’est dans cette tour que François Mitterrand avait, lui aussi, installĂ© son siège de campagne prĂ©sidentielle en 1974 ; « Et, comme lui, j’ai tenu mon dernier meeting d’avant-premier tour Ă  Toulouse et j’achèverai ma campagne ce soir Ă  Lille », ajoute celui qui s’inscrit dans les pas du premier prĂ©sident socialiste de la Ve RĂ©publique.

Quant Ă  Manuel Valls, inhabituellement serein et dĂ©tendu dans ses locaux du XIIIe arrondissement, Ă  deux pas de la bibliothèque François-Mitterrand, il espère une participation supĂ©rieure dimanche, dĂ©passant cette fois la barre des 2 millions. Aujourd’hui, avant la fin officielle de la campagne, ce soir Ă  minuit, tous deux arpenteront le terrain, jetant dans la bataille leurs dernières forces.

BENOĂŽT HAMON : « J’aurais aimĂ© plus de participation »

Qu’avez-vous pensĂ© de cette campagne d’entre-deux-tours ?

BENOĂ®T HAMON. On a eu un dĂ©bat tĂ©lĂ©visĂ© de bonne qualitĂ©. Manuel Valls et moi-mĂŞme avons eu le souci de dĂ©velopper nos projets sur des contenus plutĂ´t que sur des caractĂ©risations nĂ©gatives… MĂŞme s’il a Ă©tĂ© sur le terrain de « il vend du rĂŞve ». Et son entourage a dĂ©marrĂ© sur un terrain extrĂŞmement agressif et blessant (NDLR : les accusations de « candidat des Frères musulmans » portĂ©es par des proches de Valls). Cela distille un poison. Et si Manuel pensait cela de moi, il ne m’aurait pas nommĂ© ministre de l’Education nationale ! Ce qui m’a blessĂ©, ce n’est pas que l’extrĂŞme droite m’appelle Bilal Hamon — et d’ailleurs, c’est joli comme prĂ©nom, Bilal —, c’est de voir que cette campagne dĂ©borde au point que l’on reprenne des arguments de Florian Philippot (NDLR : vice-prĂ©sident du FN) ! Ce n’est pas sous mon gouvernement qu’on a dĂ©corĂ© le prince saoudien qui est l’hĂ©ritier de la dynastie wahhabite, c’est-Ă -dire de ceux qui financent les mosquĂ©es les plus radicales en France.

Avez-vous eu des échanges entre vos deux équipes pour calmer le jeu ?

Il y a eu un contact off, pas Ă  ma demande. Le problème, c’est qu’après il faudra rassembler. Si on commence Ă  expliquer qu’il y a des gens parmi nous qui frayent avec l’islam radical et d’autres qui sont de dangereux anticlĂ©ricaux… Il faut qu’on fasse cause commune. J’ai demandĂ© Ă  mes Ă©quipes de fixer nos lignes jaunes, de s’interdire tout propos dĂ©sobligeant.

Est-ce qu’il y a des choses que vous feriez diffĂ©remment dans cette campagne ?

Qu’est-ce que je changerais ? Je prendrais peut-ĂŞtre quelque chose pour dormir. Et puis il y a eu un dĂ©bat de trop avant le premier tour. J’en ferais peut-ĂŞtre un spĂ©cialement avec des journalistes europĂ©ens.

Si, dimanche, vous êtes élu, changerez-vous les choses au parti ?

Je ferai les gestes nĂ©cessaires Ă  l’Ă©gard de toutes les familles du PS. Et, au-delĂ , de toute la gauche. En mĂŞme temps, pour marcher, une campagne ne peut pas ĂŞtre prisonnière d’un appareil. Elle doit pouvoir s’Ă©panouir, s’Ă©brouer. Mon premier rĂ©flexe ne serait pas de dire que j’ai gagnĂ© le congrès du PS. Je ne suis pas lĂ  pour prononcer des excommunications : j’en parlerais avec Jean-Christophe CambadĂ©lis.

ĂŠtes-vous satisfait de cette primaire ?

J’aurais aimĂ© qu’il y ait plus de participation. J’espère que ce sera le cas au second tour.

Quel est le seuil d’une bonne participation ?

J’espère qu’on va approcher 2 millions.

François Hollande ne votera pas au second tour. Auriez-vous souhaitĂ© qu’il s’investisse plus dans la primaire ?

Il est le prĂ©sident, il s’est retirĂ©, je trouve logique et normal qu’il ne vote pas. C’est plutĂ´t le contraire qui eĂ»t Ă©tĂ© curieux.

N’y a-t-il pas un cĂ´tĂ© après moi le dĂ©luge ?

C’est la Ve RĂ©publique. Les institutions vous enferment et vous hissent Ă  des niveaux de puissance et d’impunitĂ©. Les contre-pouvoirs sont quasi inexistants. Cela tend Ă  vous extraire du monde tel qu’il est.

Qu’est-ce qui vous distingue, Manuel Valls et vous ?

Sans vouloir être blessant, les solutions que met sur la table Manuel Valls ont toutes été pour partie déjà expérimentées. Cette politique se rattache davantage à la page qui est en train de se tourner.

Quel est son point faible ?

Il est difficile pour lui de donner l’impression que le candidat Valls est en dĂ©saccord avec le Premier ministre Valls. Parfois, Ă  l’Ă©couter, on se dit qu’il aurait votĂ© contre certaines de ses propositions…

Si vous étiez élu, quelle serait votre première mesure ?

J’interdirais les produits toxiques et les perturbateurs endocriniens. J’ouvrirais immĂ©diatement le chantier d’une nouvelle loi Travail. Je proposerais trois rĂ©fĂ©rendums : l’un sur le droit de vote des Ă©trangers aux Ă©lections locales, l’autre sur le vote blanc et, enfin, sur le 49-3 citoyen.

En cas de défaite, ferez-vous campagne pour le vainqueur ?

On ne peut pas dire le contraire de ce que l’on a dĂ©fendu ! Donc on se met en retrait…

L’affaire Penelope Fillon est-elle le signe qu’en politique l’exemplaritĂ© est dĂ©cidĂ©ment impossible ?

Nous avons en chacun de nous une humanitĂ© imparfaite. Mais sur le plan de la probitĂ©, je revendique qu’il faut un personnel politique honnĂŞte. Si son Ă©pouse n’a pas travaillĂ©, et pour un salaire de 7 900 € par mois, c’est choquant.

MANUEL VALLS : « Je n’ai pas de regrets »

Que pensez-vous de cette campagne ?

Manuel Valls. C’est une campagne intense, courte. Trop courte, sans doute. Mais passionnante. Au fond, elle a vĂ©ritablement pris son envol au soir du premier tour. Sept candidats, sept personnalitĂ©s, sept projets… La première partie Ă©tait assez confuse. Le second tour a la vertu de proposer deux orientations pour la gauche et pour la France.

Si c’Ă©tait Ă  refaire, que feriez-vous diffĂ©remment ?

Le temps du bilan n’est pas venu, mais je n’ai pas de regrets.

MĂŞme d’avoir proposĂ© la suppression du 49-3 ?

Non. J’ai quittĂ© Matignon pour m’engager dans la campagne prĂ©sidentielle. A ce moment-lĂ , le regard des Français sur moi a changĂ©. Le seul regret que je peux avoir, c’est de ne pas avoir eu assez de temps pour ce passage entre le statut de chef du gouvernement et celui de candidat Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique.

Auriez-vous prĂ©fĂ©rĂ© que François Hollande s’investisse davantage ?

Non. Je suis candidat Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique, donc ma prĂ©occupation essentielle, c’est le rapport avec les Français. Les soutiens sont importants, Ă©videmment, mais ça n’est pas l’essentiel.

Tout de mĂŞme, n’auriez-vous pas souhaitĂ© que les membres du gouvernement vous soutiennent plus ?

Mais beaucoup se sont investis !

Cela ne s’est pas beaucoup vu…

Je ne suis pas d’accord. Je suis celui qui a reçu le plus de soutiens, notamment de Jean-Yves Le Drian, Najat Vallaud-Belkacem, Jean-Jacques Urvoas, de l’Ă©cologiste Emmanuelle Cosse. Mais, encore une fois, l’essentiel, c’est le vote massif des Ă©lecteurs. J’appelle ceux qui veulent que la gauche rĂ©formiste, rĂ©publicaine et laĂŻque gagne Ă  venir voter dimanche.

Jugez-vous d’ores et dĂ©jĂ  que cette primaire est un succès ?

Non. Pas encore ! J’avais dĂ©fini les conditions d’un succès : un choix clair — c’est possible dimanche —, des dĂ©bats de qualitĂ© — c’Ă©tait le cas mercredi soir. Mais la première condition que j’avais posĂ©e Ă©tait la participation. Il faut saluer ceux qui sont venus voter au premier tour. 1,6 million d’Ă©lecteurs, c’est beaucoup plus que l’ensemble des militants du PS et des formations qui participent Ă  la primaire. Mais c’est en deçà de nos espĂ©rances. J’attends du second tour qu’il y ait une participation plus importante pour faire un choix clair.

Combien faudrait-il d’Ă©lecteurs au second tour pour que cela soit un succès ?

Pour que la primaire gagne en force, il faut plusieurs centaines de milliers d’Ă©lecteurs supplĂ©mentaires par rapport au premier tour.

Qu’ils soient au moins 2 millions ?

Oui, au moins.

Qu’est-ce qui vous distingue de BenoĂ®t Hamon ?

La crédibilité.

Quel est son principal point de faiblesse ?

La crédibilité.

En cas de défaite, soutiendrez-vous Benoît Hamon ?

Quand on est engagĂ© dans un combat, c’est pour le gagner. Je veux gagner.

On vous imagine mal faire campagne pour le revenu universel d’existence…

C’est bien lĂ  le problème… Moi, j’ai toujours dit que je respectais les règles de la primaire, mais nous sommes face Ă  un choix historique. Nous avons toujours eu des dĂ©bats Ă  gauche. Mais ce que nous n’avons pas tranchĂ© ces quinze dernières annĂ©es a pesĂ© sur le quinquennat. Je ne veux pas que cela se reproduise demain. Il faut que les Français tranchent. Pour le reste, rendez-vous lundi matin.

Si vous êtes élu, quelle sera votre première mesure ?

Je rĂ©unirai les chefs d’Etat europĂ©ens pour bâtir une Europe de la dĂ©fense. C’est vital face aux dĂ©fis de notre monde. L’Europe se meurt de ne pas avoir de projet politique. Cette Europe de la dĂ©fense, c’est la première Ă©tape vers une refondation de l’Europe autour de trois prioritĂ©s : la sĂ©curitĂ©, la croissance, la dĂ©fense de nos choix collectifs contre le dumping environnemental et social.

Beaucoup se demandent, après le soupçon d’emplois fictifs concernant l’Ă©pouse de François Fillon, si l’exemplaritĂ© en politique n’est pas impossible…

Quand on veut accĂ©der aux responsabilitĂ©s publiques ou quand on les exerce, il ne faut pas prĂŞter le flanc Ă  des soupçons. Quand, en plus, on fait campagne sur l’exemplaritĂ©, la transparence et l’honnĂŞtetĂ©, il faut ĂŞtre encore davantage Ă  la hauteur de ses propres exigences. Donc, Ă  chaque fois qu’il y a un soupçon, il faut que la justice puisse agir rapidement pour que la vĂ©ritĂ© soit Ă©tablie. Tout le paradoxe, c’est que, alors que l’on a durci les règles de transparence et les sanctions, cela profite aux populistes et Ă  l’extrĂŞme droite qui est elle-mĂŞme poursuivie par la justice dans bien des affaires !

Vidéo : http://www.leparisien.fr/espace-premium/fait-du-jour/j-aurais-aime-plus-de-participation-27-01-2017-6624846.php

 

Propos recueillis par Ava Djamshidi et Henri Vernet, Philippe Martinat et Pauline Théveniaud

 

 

L’OPINION – 27/01/2017

Comment Benoît Hamon a braqué la primaire de la gauche

Revenu universel, fin du travail, écologie… Le concurrent de Manuel Valls a dépoussiéré de vieilles idées, avec une stratégie précise : cibler des catégories de population favorables à la gauche bien au-delà du PS

Quelque 5,5 millions de téléspectateurs ont suivi mercredi soir le débat entre Benoît Hamon et Manuel Valls, soit 3 millions de moins que le débat opposant fin novembre Alain Juppé et François Fillon. Les deux finalistes étaient en meeting jeudi soir, l’un à Montreuil (Seine-Saint-Denis), l’autre à Alfortville (Val-de-Marne). Le second tour de la primaire de la gauche se déroulera dimanche.

Comment Benoît Hamon a-t-il réussi à s’imposer dans la primaire de la gauche ? Comment l’éternel apparatchik du PS, engagé en politique depuis trente ans, qui a signé à peu près toutes les synthèses hollandaises, qui fut ministre durant la première moitié du quinquennat, fit voter la loi qui ouvre à la concurrence le secteur des lunettes, qui fut le coartisan de l’accession de Manuel Valls au poste de Premier ministre, et le ministre de l’Education nationale le plus éphémère et inopérant que la gauche ait donné au pays, a-t-il réussi à incarner un « futur désirable » aux yeux d’une partie de la gauche ?

Le tour de force fera sans doute l’objet d’études approfondies dans les instituts de science politique. En attendant, un premier constat s’impose : le candidat Hamon a été porté en tête du classement au premier tour par une vague qui déborde largement… sur la gauche du Parti socialiste. « Benoît Hamon fait un score honorable dans l’électorat socialiste, mais c’est dans l’électorat du Front de gauche et écologiste qu’il fait la différence avec Manuel Valls », souligne Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès. Une étude de l’institut Elabe a montré que 59 % de la gauche hors PS a voté Hamon, tandis que 43 % des électeurs se déclarant proches du PS ont voté Valls. « Dans mes bureaux de vote, j’ai vu beaucoup de militants de la CGT et du Parti de Gauche », témoigne un député PS du Sud-Ouest. En Grande-Bretagne, le même phénomène a porté Jeremy Corbyn à la tête du Labour en 2015.

« Ce qui a été l’un des mots d’ordre de Nicolas Sarkozy dans la primaire de la droite, “On ne va pas se laisser voler notre primaire”, est en train de se passer dans la primaire de la gauche, souligne Gilles Finchelstein. Le PS pourrait dire qu’il se fait voler sa primaire par la gauche radicale et écologiste, qui est venue sanctionner le gouvernement. »

Parole politique pure. Reste que ce vote-sanction aurait pu bénéficier à Arnaud Montebourg, très critique lui aussi à l’égard de la politique du gouvernement. S’il n’en a rien été, c’est que Benoît Hamon a réussi à installer le débat autour de ses propositions. « Il a réussi à donner une impression de sincérité, de compétence et de cohérence », observe Gilles Finchelstein. « C’est le seul qui a eu une parole politique pure, sur le thème “Si on veut, on peut” », estime Dominique Reynié, professeur à Sciences Po et directeur général de la Fondation pour l’innovation politique. Un petit air du « Yes, we can » de Barack Obama !

Mettant en application – sans l’assumer – la stratégie électorale préconisée dans un rapport du think tank Terra Nova (proche du PS) en 2011 (qui avait fait polémique à l’époque), Benoît Hamon s’est aussi adressé à des catégories de population très ciblées, à des « niches » a priori favorables à la gauche : les jeunes, les précaires, les urbains, les femmes, les Français issus de l’immigration.

Les jeunes et les précaires ont été séduits par l’idée du revenu universel. « Les étudiants pourraient faire leurs études dans de meilleures conditions, sans travailler à côté, les autres pourraient éviter de prendre des bullshit jobs », explique Antoine Stéphany, en quatrième année à Sciences Po, coordinateur formation au Mouvement français pour un revenu de base. Le terme a été conceptualisé par David Graeber, anthropologue à la London School of Economics, venu à la rencontre des militants de Nuit Debout à Paris après avoir été l’un des piliers du mouvement Occupy Wall Street. « Ce qui est drôle, c’est que ce débat sur la fin du travail, on l’a eu au PS il y a vingt ans, au PSU, s’amuse un proche d’Arnaud Montebourg. Son talent, c’est d’avoir remis au goût du jour de vieilles idées, en les faisant passer pour des idées neuves… »

Culture commune. La récente conversion de Benoît Hamon à l’écologie a plu à l’électorat « bobo » des centres-villes, comme le démontre son score de plus de 40 % à Paris, mais pas seulement. « Benoît Hamon a réussi à créer une culture commune en comprenant que la question sociale était indissociable de la question écologique, analyse Lucile Schmidt, présidente de la Fondation de l’Ecologie politique, auteur du livre La France résiste-t-elle à l’Ecologie ?. Pour cela, il a parlé de sujets concrets, « concernants », comme la pollution ou les perturbateurs endocriniens. « Il a aussi évoqué les inégalités environnementales qui renforcent souvent les inégalités sociales », souligne Lucile Schmidt. Cela permet de toucher un large public, pas forcément « bobo ». Ceux qui sont le plus soumis aux pollutions ou aux nuisances sonores sont ceux dont le logement insalubre, éloigné des services publics, est situé près des axes routiers ou d’établissements industriels. Les agriculteurs sont aussi victimes de maladies professionnelles liées notamment aux pesticides.

Sa fibre écologique a été alimentée par la lecture d’Albert Camus, dont il a aimé l’ode à la nature et à la beauté de la Méditerranée, dans le recueil de nouvelles Noces, et L’Exil d’Hélène, «un texte très politique où il dénonce l’humanité qui prétend soumettre la nature», expliquait le candidat au site Reporterre. Il a aussi lu François Jullien, qui a écrit Les Transformations silencieuses. Livre dans lequel l’auteur évoque un handicap de la pensée occidentale, son incapacité à penser les transitions. Et un autre philosophe, André Gorz, théoricien de la décroissance.

Enfin, son plaidoyer en faveur de la reconnaissance de la Palestine, et sa conception souple de la laïcité, lui ont rapporté de meilleurs scores encore en Seine-Saint-Denis qu’à Paris (42,5 % des voix).

Ces positions qui charment la gauche altermondialiste passeront-elles la rampe du débat présidentiel ? Benoît Hamon s’est comparé lui-même à François Fillon : méprisé par les médias et les sondeurs en début de campagne, il s’est imposé dans la primaire par ses idées, qui parlent à la gauche la plus radicale là où les positions de François Fillon parlent à la droite la plus conservatrice. Il risque du coup, s’il est élu dimanche prochain, de connaître lui aussi, comme François Fillon, une entrée compliquée dans l’atmosphère, et de subir un problème d’adéquation de son projet aux aspirations, craintes et désirs de l’ensemble des Français.

Irène Inchauspé et Nathalie Segaunes

 

 

LE MONDE – 27/01/2017

La campagne de François Fillon déstabilisée par les accusations visant sa femme

Cacophonie des porte-parole, ironie d’Alain Juppé, silence des élus LR et grogne des sarkozystes : le candidat de la droite voit la relance de sa campagne entravée.

François Fillon avait prévu de mettre en scène ses retrouvailles avec Alain Juppé à Bordeaux. Quelques belles images devaient asseoir, mercredi 25 janvier, le rassemblement de la droite autour de sa candidature.

Mais lorsque, vers 10 heures, le candidat de la droite à la présidentielle descend de sa voiture pour saluer le maire de la ville, devant l’entreprise Thalès, il affiche la mine des mauvais jours. « Je vois que la séquence des boules puantes est ouverte », lance-t-il, visage fermé, tandis que la presse l’assaille sur la réalité de l’emploi de sa femme, Penelope, comme assistante parlementaire et « conseillère littéraire » de La Revue des deux mondes.

« Parce que c’est mon épouse, elle n’aurait pas le droit de travailler ? », s’indigne-t-il, se disant « scandalisé par le mépris et la misogynie » du Canard enchaîné, qui a révélé l’affaire. M. Fillon enchaîne sur la visite de l’entreprise Thalès, essayant même des casques de l’armée d’un air le plus détaché possible.

Rien n’y fait. Dans le cortège qui le suit, élus, collaborateurs et journalistes n’ont qu’une question en tête : sa femme, qui a perçu 500 000 euros, a-t-elle réellement travaillé à l’Assemblée nationale ? François Fillon et Alain Juppé, eux-mêmes, semblent incapables d’éviter les allusions. « On a failli se crasher dans les montagnes ! », lance le premier en embarquant dans un simulateur de vol en hélicoptère. Et le second : « On est dans le même appareil ! »

  1. Fillon contraint d’adapter sa stratégie

A cette heure de la journée, on minimise pourtant l’« affaire ». Le matin, au QG du candidat, à Paris, Patrick Stefanini attend la fin de la réunion pour aborder le sujet. Devant des parlementaires Les Républicains (LR) inquiets, le directeur de campagne juge que les premières explications vont suffire à calmer la tempête médiatique.

Mais l’après-midi, coup de tonnerre : une enquête préliminaire est ouverte par le parquet national financier. M. Fillon est contraint d’adapter sa stratégie. Dans un communiqué publié dans la soirée, il demande à « être reçu au parquet national financier dans les plus brefs délais » et dénonce une manœuvre : « Je ne peux que m’étonner que des faits aussi anciens et légaux fassent l’objet d’une telle campagne, à trois mois du premier tour de l’élection présidentielle. »

Moins dommageable, puisqu’il ne s’agit pas d’argent public, les 100 000 euros brut touchés entre mai 2012 et décembre 2013 par Penelope Fillon de La Revue des deux mondes, propriété du patron de la holding Fimalac, Marc Ladreit de Lacharrière – un ami de l’ancien premier ministre. Seules deux courtes recensions de livres ont été publiées (sous le pseudonyme de Pauline Camille) à l’automne 2012, sans que le directeur de l’époque, Michel Crépu, ne les ait jamais sollicitées. « Un après-midi, Marc Ladreit de Lacharrière m’a appelé et m’a dit : “Penelope Fillon s’ennuie. Pourrait-elle critiquer quelques livres ?”, raconte M. Crépu. Je ne l’ai jamais vue, ne lui ai jamais parlé. Les deux notes ne sont pas passées par moi. »

Cette fois, Marc Ladreit de Lacharrière vole au secours du candidat. « La revue voyait son chiffre d’affaires baisser chaque année, explique mercredi soir le milliardaire au Monde. J’ai donc demandé à quelques amis et personnalités de réfléchir à son devenir, notamment en l’ouvrant vers l’étranger. » « Penelope Fillon était de ceux-là, ajoute-t-il sans donner d’autres noms. C’est une femme intelligente, elle a lu beaucoup de livres – dont deux résumés seulement ont été publiés. »

« On a beaucoup d’ennemis en interne »

Selon l’homme d’affaires, cette « réflexion stratégique informelle » à laquelle M. Crépu, parti fin 2014, n’a pas été associé, n’a pas donné lieu à des réunions. « J’ai dans mes activités une agence de notation, avec des sièges à New York, Londres et Hongkong, je suis un homme du téléphone et de face-à-face », argumente le patron de Fimalac.

Au fil de la journée, la cacophonie des porte-parole sème encore davantage le trouble. Alors que le secrétaire général de LR, Bernard Accoyer, assure sur France Inter avoir « souvent vu » Penelope Fillon « participer à ses travaux », « y compris en de multiples circonstances à l’Assemblée nationale », Florence Portelli, porte-parole de M. Fillon, explique que « si on n’a pas vu madame Fillon, c’est parce qu’elle était dans la Sarthe ».

L’absence de coordination de ses troupes – un problème récurrent dans la campagne – semble agacer l’ex-premier ministre, qui profite d’une table ronde avec un entrepreneur à la cité du vin pour leur glisser une amabilité : « Vous venez de décrire mon projet avec une précision que peu de mes porte-parole sont capables d’apporter ! »

Le candidat ne peut pas compter non plus sur un soutien sans faille de la part d’Alain Juppé, qui au fur et à mesure de la journée prend ses distances. « J’ai choisi de te soutenir, finit par déclarer le maire de Bordeaux. Enfin… j’ai été conduit à te soutenir. »

Décidément bien seul, M. Fillon n’a pas reçu non plus beaucoup de renforts chez les élus LR, dont la grande majorité est restée silencieuse. Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, ancienne proche du candidat, a confié jeudi matin sur RTL qu’elle ne « savai[t] pas » que Pénélope Fillon était assistante parlementaire. Certains des proches du candidat LR ont d’ailleurs suggéré que la « fuite » viendrait de son propre camp. « Le problème, c’est qu’on a beaucoup d’ennemis en interne », s’inquiète un proche de M. Fillon, qui comprend que « l’affaire Penelope » est un rude coup pour celui qui voulait relancer sa campagne avec un grand meeting à Paris, dimanche. « Cela remet en cause sa probité. Or, cela a toujours été un marqueur pour lui », regrette un membre de l’équipe.

Réunion de parlementaires sarkozystes

A moins de quatre mois de la présidentielle, elle fournit un angle d’attaque en or aux adversaires de M. Fillon, tant elle contraste avec la rigueur affichée en matière de gestion de l’argent public. « C’est le principe des boules puantes de taper là où ça fait mal… », se désole un filloniste.

L’« affaire » vient enfin confirmer que, malgré une large victoire à la primaire, la droite peine à faire bloc derrière son candidat. Plusieurs voix se sont élevées en interne ces dernières semaines, tels Laurent Wauquiez, Christian Estrosi ou Rachida Dati. Mercredi matin, une cinquantaine de parlementaires sarkozystes se sont réunis dans un restaurant parisien. « C’est le signe d’une préoccupation », juge Brice Hortefeux.

Lors de ce petit-déjeuner, plusieurs élus, dont Mme Dati, se sont plaints d’une trop faible considération. Il a aussi été question, bien sûr, de « l’affaire Penelope » : « Fillon n’a pas de gens prêts au combat autour de lui. Nous, nous sommes disponibles », a assuré le sénateur de Paris Pierre Charon, qui peut se prévaloir d’une certaine expérience en la matière.

Matthieu Goar, Alexandre Lemarié et Ariane Chemin

 

 

::: INTERNATIONAL

LES ECHOS – 27/01/2017

Hollande et Merkel veulent une clarification politique sur l’Europe au sommet de La Valette

Les dirigeants français et allemand se rencontrent vendredi à Berlin pour préparer le sommet organisé à Malte le 3 février. Ils espèrent provoquer un débat avec les pays de l’est sur les valeurs communes aux Européens

Ce sera une des dernières visites officielles de François Hollande Ă  Berlin. Le prĂ©sident de la RĂ©publique s’y rend ce vendredi pour un dĂ©jeuner de travail avec Angela Merkel. Objectif : prĂ©parer le sommet des chefs d’Etats et de gouvernements de l’Union europĂ©enne (UE), qui a lieu le 3 fĂ©vrier Ă  Malte, et les cĂ©rĂ©monies de commĂ©moration du TraitĂ© de Rome, le 25 mars.

Cette rencontre intervient dans un contexte particulier : juste après l’investiture de Donald Trump, qui prĂ´ne le protectionnisme et salue le Brexit comme s’il espĂ©rait une dislocation de l’UE; au dĂ©but de la campagne Ă©lectorale française, Ă  laquelle le prĂ©sident a renoncĂ© Ă  participer ; et trois jours après la dĂ©cision surprise du Parti social-dĂ©mocrate allemand (SPD) de nommer Martin Schulz pour affronter Angela Merkel en septembre.

Ce calendrier et ce contexte semblent pousser le couple franco-allemand Ă  accĂ©lĂ©rer le tempo et lancer une opĂ©ration vĂ©ritĂ© au sein de l’Union. « Le 60 ème anniversaire du TraitĂ© de Rome sera certes une commĂ©moration, explique-t-on Ă  Paris, mais cela ne peut pas suffire ». Dans l’environnement actuel, fait d’incertitudes extĂ©rieures mais aussi de divisions Ă  l’intĂ©rieur, « les EuropĂ©ens doivent redĂ©finir une direction commune ». Or l’Europe est profondĂ©ment divisĂ©e par la crise des rĂ©fugiĂ©s, de nombreux pays Ă  l’est de l’Europe ayant refusĂ© de partager le fardeau des demandeurs d’asile. Aux yeux d’Angela Merkel et de François Hollande, le sommet de La Valette, la semaine prochaine, doit ĂŞtre l’occasion d’engager un dĂ©bat politique entre dirigeants europĂ©ens sur les valeurs et objectifs qu’ils partagent. Les Vingt-sept doivent confronter leur visions de l’Europe de demain. Quelle solidarité ? « On ne peut pas refuser au Royaume Uni une Europe Ă  la carte, et permettre Ă  certains dans l’Union de rester Ă  l’Ă©cart de la politique d’accueil des rĂ©fugiĂ©s », souligne-t-on encore dans l’entourage du chef de l’Etat.

Calendrier politique serré

Le dĂ©bat risque d’ĂŞtre perturbĂ© par le calendrier Ă©lectoral de part et d’autres du Rhin. La chancelière « a d’abord forcĂ© les autres Etats de l’UE Ă  faire des Ă©conomies et humiliĂ© les Français et les Italiens, a dĂ©clarĂ© au « Stern » Sigmar Gabriel le prĂ©sident sortant du SPD, qui doit devenir ce vendredi ministre des Affaires Ă©trangères. Et ensuite elle a frappĂ© Ă  leurs portes pour qu’ils la soulagent de quelques centaines de milliers de rĂ©fugiĂ©s ». François Fillon ne pense pas forcĂ©ment diffĂ©remment. « Ma position est claire : la France ne peut pas accepter plus de rĂ©fugiĂ©s », a-t-il lancĂ© lundi Ă  Berlin après avoir vu Angela Merkel.

Le candidat du parti Les RĂ©publicains veut « rĂ©tablir un Ă©quilibre dans la relation franco-allemande ». Selon Claire Demesmay, il convient d’ĂŞtre prudent sur les ambitions des candidats dans ce domaine. « Le dĂ©sĂ©quilibre Ă©conomique et politique entre les deux pays, mais aussi la multiplication de crises et leur complexitĂ©, font que cela restera difficile ». juge l’experte de l’Institut allemand de politique Ă©trangère DGAP. Outre les rĂ©fugiĂ©s, Berlin profitera sĂ»rement du sommet europĂ©en pour Ă©voquer la question du libre-Ă©change. Jeudi, Angela Merkel a abordĂ© la question au tĂ©lĂ©phone avec le Premier ministre chinois Li Keqiang, cherchant Ă  renforcer l’axe entre l’Europe et la Chine pour faire front aux idĂ©es protectionnistes de Donald Trump.

Thibaut Madelin et Catherine Chatignoux

 

 

LE FIGARO – 27/01/2017

Premier hôte reçu à la Maison-Blanche, Theresa May vise un accord commercial

ArrivĂ©e jeudi aux États-Unis, Theresa May a Ă©tĂ© invitĂ©e Ă  s’exprimer lors d’une rĂ©union des Ă©lus rĂ©publicains du Congrès Ă  Philadelphie, avant son invitation Ă  la Maison-Blanche vendredi après-midi.

Tu seras «ma Maggie». En invoquant la complicitĂ© entre Margaret Thatcher et Ronald Reagan, Donald Trump ne pouvait se montrer mieux disposĂ© Ă  l’Ă©gard de Theresa May. C’est le premier chef d’État Ă©tranger qu’il reçoit, une semaine après son installation Ă  la Maison-Blanche. La diplomatie britannique n’a pas mĂ©nagĂ© ses efforts pour obtenir cette faveur.

Les choses s’Ă©taient pourtant mal engagĂ©es, quand le prĂ©sident Ă©lu avait appelĂ© une dizaine d’autres dirigeants de la planète avant de parler avec la première ministre en novembre. Pas rancunière, elle lui a envoyĂ© avec ses vĹ“ux la copie d’un discours de guerre de Churchill sur la «relation spĂ©ciale» entre les deux pays. Trump a remis dans le Bureau ovale le buste du grand homme anglais dĂ©placĂ© par Obama. May a dĂ©pĂŞchĂ© ses deux chefs de cabinet et mĂŞme son ministre des Affaires Ă©trangères, Boris Johnson, Ă  la Trump Tower auprès du staff du nouveau prĂ©sident, pour solliciter l’invitation.

ArrivĂ©e jeudi aux États-Unis, Theresa May a Ă©tĂ© invitĂ©e Ă  s’exprimer lors d’une rĂ©union des Ă©lus rĂ©publicains du Congrès Ă  Philadelphie, avant son invitation Ă  la Maison-Blanche vendredi après-midi. Elle devait appeler les deux pays Ă  s’unir pour «diriger, ensemble, Ă  nouveau». Elle trace un parallèle entre le Brexit et l’Ă©lection de Trump. «Alors que nous redĂ©couvrons notre confiance ensemble – vous renouvelez votre nation prĂ©cisĂ©ment alors que nous renouvelons la nĂ´tre -, nous avons l’opportunitĂ©, et mĂŞme la responsabilitĂ©, de renouveler notre relation spĂ©ciale pour cette nouvelle ère», devait-elle dĂ©clarer. EnterrĂ©es, les critiques sur le candidat Trump «qui sème la division».

Un atout face Ă  l’UE

Theresa May ne mĂ©nage pas sa peine pour se prĂ©senter en alliĂ©e digne de confiance, Ă  l’heure oĂą les deux pays ont fait des choix isolationnistes. Ce rapprochement espĂ©rĂ© concrĂ©tiserait ses assurances qu’«en quittant l’Union europĂ©enne, la Grande-Bretagne ne se retire pas du monde». Les partisans du Brexit n’ont de cesse de rappeler la primautĂ© des liens transatlantiques sur les relations avec l’Europe. C’est pourquoi la prioritĂ© de Londres est d’entamer au plus vite les pourparlers d’un accord de libre-Ă©change bilatĂ©ral. Trump a affirmĂ© y ĂŞtre disposĂ© et promet mĂŞme de le conclure très rapidement. Ă€ ceci près qu’il faut au prĂ©alable que le Royaume-Uni règle sa sortie de l’UE. Cela n’empĂŞche pas le gouvernement britannique de rĂŞver d’un accord prĂŞt Ă  ĂŞtre signĂ© dès celle-ci effective, thĂ©oriquement en 2019. Theresa May compte utiliser cet atout dans les nĂ©gociations sur ses futures relations avec les EuropĂ©ens, au risque de se placer en position de faiblesse par rapport aux AmĂ©ricains.

Beaucoup doutent du rĂ©alisme de ces ambitions. Un accord commercial risque de prendre des annĂ©es. De plus, «les nĂ©gociateurs amĂ©ricains seront sans doute soucieux de connaĂ®tre les conditions d’accès de la Grande-Bretagne au marchĂ© europĂ©en avant de s’engager», prĂ©cise Allie Renison, spĂ©cialiste de la politique commerciale Ă  l’organisme patronal Institute of Directors. 44 % des exportations britanniques sont destinĂ©es Ă  l’UE, 17 % aux États-Unis. «Les discussions avec les États-Unis ne peuvent ĂŞtre vues comme une alternative Ă  nos relations existantes avec l’Europe», martèle Carolyn Fairbairn, directrice gĂ©nĂ©rale de la Confederation of British Industry.

Inquiétude britannique

MalgrĂ© la bonne volontĂ© commune, les intĂ©rĂŞts divergent. Il pourrait ĂŞtre difficile de concilier le mot d’ordre de Trump, «l’AmĂ©rique d’abord», et le souci de Theresa May de «placer les intĂ©rĂŞts et les valeurs britanniques en premier». Si le premier assume son tournant protectionniste, la seconde reste partisane du libre-Ă©change. DĂ©jĂ , l’inquiĂ©tude monte en Grande-Bretagne sur de possibles importations de bĹ“uf aux hormones amĂ©ricain, ou la mise en concurrence du service de santĂ© public. Tout le monde ne voit pas d’un bon Ĺ“il les courbettes de Theresa May. «Alors qu’elle menace nos partenaires europĂ©ens, elle promet de signer un chèque en blanc Ă  Donald Trump», dĂ©nonce Jeremy Corbyn, chef du Parti travailliste. Le premier ministre britannique est-il prĂŞt Ă  redevenir le «caniche» du prĂ©sident amĂ©ricain, un comportement reprochĂ© Ă  Tony Blair face Ă  George W. Bush?

La restauration par Trump de la torture dans les interrogatoires tombe au plus mal. «Je n’ai pas peur de parler franchement au prĂ©sident amĂ©ricain», rĂ©pliquait May la veille de son dĂ©part. Elle redit la condamnation britannique de cette pratique.

Elle entend aussi attirer l’attention de son hĂ´te sur l’importance du rĂ´le de l’Otan, la nĂ©cessitĂ© de rester ferme face Ă  Poutine et va peut-ĂŞtre tenter, si elle en a l’occasion, de lui vanter les mĂ©rites de l’accord sur le nuclĂ©aire iranien.

Florentin Collomp

 

 

 

Vous souhaitant une bonne journée et un excellent week-end.

 

Cordialement,

 

 

Elena NATALITCH

Service Presse, Communication / Formation

251, bd Pereire – 75852 PARIS Cedex 17

Tél. : 01 40 55 12 43

Fax : 01 40 55 12 40

elena.natalitch@medef-idf.fr

www.medef-idf.fr

https://www.facebook.com/medef.idf

 

 

 

 

Revue de presse du MEDEF IDF du 26 janvier 2017

2017-03-02T07:04:14+01:00Mots-clés : , , |

 

::: ILE-DE-FRANCE

LA TRIBUNE – 26/01/2017

Vers une ville sans voiture ?

 

EstimĂ© par la Banque mondiale Ă  plus de 5.000 milliards de dollars Ă  l’Ă©chelle mondiale,

le coĂ»t annuel de la pollution s’Ă©tablit Ă  101,3 milliards d’euros pour la France.

Et le coût en vies humaines à près de 3 millions dans le monde en 2013 pour la seule pollution aux particules fines (PM10),

et 48.000 dĂ©cès prĂ©maturĂ©s par an en France (dont 6.500 pour l’ĂŽle-de-France et 2.500 pour la capitale).

 

Dans sa dĂ©marche d’Ă©limination progressive des voitures polluantes, la Ville de Paris a votĂ© la fermeture de la voie Georges-Pompidou, s’attirant les foudres de ses opposants. Soutenue par nombre d’Ă©lus, la prĂ©sidente de RĂ©gion ValĂ©rie PĂ©cresse mène la fronde. La maire de Paris s’inscrit pourtant dans un mouvement engagĂ© par de nombreuses villes du monde. Mais l’Ă©miettement de la gouvernance francilienne en matière de transport complique la donne.

Ă€ peine entrĂ©es en vigueur et dĂ©jĂ  utilisĂ©es. De couleur orange, violette, grise ou verte selon l’âge et la motorisation de la voiture, les vignettes Crit’Air viennent de faire leur apparition dans les rues parisiennes, oĂą elles sont en principe obligatoires depuis le 16 janvier pour pouvoir y circuler en semaine entre 8 heures et 20 heures. Dès le lundi 23 janvier, les grises, correspondant Ă  la catĂ©gorie d’Ă©missions la plus polluante, Ă©taient interdites Ă  la circulation pour cause de pic de pollution. Fini la circulation alternĂ©e, place Ă  la circulation diffĂ©renciĂ©e. Plusieurs mois devraient nĂ©anmoins s’Ă©couler avant que la prĂ©fecture ne commence Ă  verbaliser les contrevenants n’affichant pas leur vignette, Ă  condition de ne pas braver les interdictions de circulation, ponctuelles comme cette semaine ou dĂ©finitives.

Eliminer les vĂ©hicules les plus polluants… pour commencer

Car c’est bien Ă  une Ă©limination progressive des vĂ©hicules les plus polluants qu’elles sont destinĂ©es, dans le cadre de l’instauration d’une « zone de restriction de circulation » couvrant Paris intra-muros. Dispositif national lancĂ© dans la foulĂ©e de la loi pour la transition Ă©nergĂ©tique, Crit’Air peut ĂŞtre utilisĂ© par chaque ville Ă  sa discrĂ©tion. Ă€ ce jour, seules Paris et Grenoble ont franchi le pas. Concernant la capitale, Crit’Air s’inscrit dans un vaste programme – une dĂ©claration de guerre selon certains – visant Ă  bouter progressivement la voiture hors de la ville, en commençant par les plus polluantes. Jusqu’Ă  prĂ©sent, la circulation alternĂ©e instaurĂ©e lors des pics de pollution frappait indiffĂ©remment les petites citadines neuves et les vieux 4×4 diesel. Mais Paris avait dĂ©jĂ  mis en place de premières mesures basĂ©es sur la nuisance des vĂ©hicules, avec l’interdiction en septembre 2015 des poids lourds et autocars immatriculĂ©s avant octobre 2001. D’ici Ă  2020, ce sont tous les moteurs diesel qu’Anne Hidalgo entend bien avoir dĂ©finitivement Ă©liminĂ© des rues parisiennes.

Bien qu’accompagnĂ©e d’aides Ă  l’achat de vĂ©hicules propres, ou encore de passes Navigo et d’abonnements Ă  Autolib’, l’entrĂ©e en vigueur des vignettes Crit’Air a suscitĂ© l’ire de certaines associations, comme 40 Millions d’automobilistes.

Mais cela n’est rien, comparĂ© Ă  la gigantesque polĂ©mique occasionnĂ©e par la piĂ©tonisation de 3,3 kilomètres de la voie Georges-Pompidou allant du tunnel des Tuileries au bassin de l’Arsenal. Depuis son approbation par le Conseil de Paris en dĂ©cembre 2015, cette promesse de campagne de la maire Ă©lue en avril 2014 dĂ©chaĂ®ne l’opposition. Pendant six mois, les Ă©lus de droite ont multipliĂ© demandes de moratoire et recours auprès de la prĂ©fecture. Mais rien n’y a fait. Effective depuis le mois de juillet, une exposition dĂ©diĂ©e Ă  la COP22 ayant succĂ©dĂ© Ă  Paris Plages, la piĂ©tonisation a Ă©tĂ© confirmĂ©e par le Conseil de Paris le 26 septembre dernier, Anne Hidalgo saluant alors une « dĂ©cision historique et la reconquĂŞte de la Seine ».

Polémique et guerre des chiffres

En dĂ©pit de l’avis dĂ©favorable de la commission d’enquĂŞte pointant le pĂ©rimètre trop restreint de l’Ă©tude d’impact diligentĂ©e par la Ville, cette dĂ©cision a Ă©tĂ© prise sur avis conforme du prĂ©fet de police de Paris. Ă€ condition toutefois d’une pĂ©riode d’observation de six mois impliquant la mise en place d’un comitĂ© de suivi et du maintien d’une voie rĂ©servĂ©e aux vĂ©hicules de secours.

Arguant de son rĂ´le de « chef de file » en matière de qualitĂ© de l’air, la RĂ©gion installait le 12 septembre son propre comitĂ©. PlacĂ© sous l’autoritĂ© du professeur Pierre Carli, mĂ©decin chef du Samu de Paris, il regroupe Airparif, Bruitparif, l’Institut d’amĂ©nagement et d’urbanisme d’ĂŽle-de-France (IAU), le Syndicat des transports d’ĂŽle-de-France (Stif), l’Observatoire rĂ©gional de santĂ© d’ĂŽle-de-France (ORS) et l’ONG France Nature Environnement IDF.

Depuis, la guerre des chiffres fait rage et, avec elle, celle qui oppose dĂ©fenseurs et dĂ©tracteurs de la piĂ©tonisation. Qu’ils portent sur la circulation, la qualitĂ© de l’air ou le bruit, les rĂ©sultats contradictoires alimentent les recours intentĂ©s par des riverains et des associations, par la RĂ©gion et des dĂ©partements franciliens, ou par 168 Ă©lus qui ont adressĂ© fin novembre Ă  la maire de Paris une lettre ouverte, publiĂ©e dans Le Figaro.

Des millions d’euros en mĂ©nagements de voirie, nouveaux transports…

Mais celle-ci n’a nullement l’intention de revenir en arrière. Bien au contraire. Clamant haut et fort son objectif de « diviser par deux en moyenne la place de la voiture individuelle polluante » sur ces deux axes de la capitale, elle a annoncĂ© dĂ©but janvier de nouveaux projets d’amĂ©nagement de la rue de Rivoli et des quais hauts, qui accueilleraient un « nouveau transport Ă©cologique ». En l’espèce, une ligne de bus Ă  haut niveau de service (BHNS) qui doit prendre la forme d’un tram-bus Ă©lectrique baptisĂ© « tramway olympique » dans le cadre de la candidature aux Jeux olympiques de 2024. La rue de Rivoli serait amĂ©nagĂ©e pour accueillir une piste cyclable bidirectionnelle. DestinĂ© Ă  rouler dans les deux sens (supprimant deux voies de circulation pour les voitures), ce tram-bus doit pouvoir transporter plusieurs milliers de voyageurs par jour. Il entrerait en service Ă  compter de septembre 2018 selon la Ville, qui a budgĂ©tĂ© 35 millions d’euros d’amĂ©nagement, le coĂ»t du matĂ©riel roulant devant ĂŞtre pris en charge par le Stif.

Tous d’accord pour rĂ©duire le trafic, mais la dispute continue

C’est lĂ  que le bât blesse. Car ValĂ©rie PĂ©cresse, qui prĂ©side la RĂ©gion et le Stif, affirme que le projet validĂ© par le syndicat et budgĂ©tĂ© dans le contrat de plan qui doit ĂŞtre signĂ© dĂ©but fĂ©vrier avec l’État n’a rien Ă  voir avec celui prĂ©sentĂ© par la Ville. Il porte sur un bus Ă©lectrique et non un tramway (nettement plus onĂ©reux), et n’est prĂ©vu que sur une seule file sur les quais hauts, le retour se faisant par la rue de Rivoli. D’après la prĂ©sidente de RĂ©gion, celui Ă©voquĂ© dĂ©but janvier par la Ville « n’a fait l’objet d’aucune concertation d’aucune sorte avec aucune autoritĂ©, ni d’aucune Ă©tude d’impact ».

Cet incident n’est qu’un Ă©pisode de plus dans le feuilleton qui oppose les deux femmes depuis la fermeture partielle de la voie Georges-Pompidou.

Certes, la prĂ©sidente de RĂ©gion ne manque pas une occasion d’affirmer son soutien Ă  la rĂ©duction du trafic. « Nous ne sommes pas contre la piĂ©tonisation du centre de Paris », a-t-elle encore rĂ©pĂ©tĂ© lors de la prĂ©sentation le 19 janvier du dernier rapport du comitĂ© rĂ©gional de suivi. Mois après mois, ce comitĂ© prĂ©sente des chiffres reflĂ©tant des allongements de temps de parcours et un accroissement de la pollution sur les itinĂ©raires de report. Des rĂ©sultats nettement plus nĂ©gatifs que ceux dĂ©livrĂ©s par la Mairie de Paris, voire contradictoires.

Cette fois, ValĂ©rie PĂ©cresse a franchi une nouvelle Ă©tape en prĂ©sentant des projets alternatifs Ă  celui de la Ville. ImaginĂ©s par l’IAU, ces trois projets visent « moins de circulation, moins d’embouteillages et plus de place pour les piĂ©tons, les vĂ©los et les transports en commun », a-t-elle prĂ©cisĂ©. Ils sont conçus pour se relayer selon les horaires et les saisons. Tous prĂ©voient de remettre en circulation une ou deux voies sur la berge actuellement fermĂ©e, et d’allĂ©ger plutĂ´t le trafic sur les quais hauts. « Pourquoi se soucier de la pollution dont pourraient souffrir les poissons plus que de celle affectant les riverains ? », a ainsi observĂ© Chantal Jouanno, vice-prĂ©sidente chargĂ©e de l’Ă©cologie Ă  la RĂ©gion, lors de cette prĂ©sentation. ValĂ©rie PĂ©cresse en a profitĂ© pour annoncer que la RĂ©gion ferait bientĂ´t d’autres propositions plus globales de fluidification de la circulation dans Paris et sa banlieue.

26 jours de pics de pollution en 2015, 48.000 dĂ©cès/an en France…

La position assumĂ©e par la RĂ©gion reste cependant plutĂ´t « pro vĂ©hicules propres qu’antivoitures ». Alors que la Ville, tout en visant en prioritĂ© les vĂ©hicules les plus polluants, s’est bel et bien lancĂ©e dans une chasse Ă  la voiture individuelle.

Une dĂ©marche qui s’inscrit « dans le temps long », comme aime Ă  le rappeler Anne Hidalgo, initiĂ©e dès 2001 par Bertrand DelanoĂ« avec l’Ă©largissement des couloirs de bus qui avait dĂ©jĂ  mis le feu aux poudres. D’ailleurs, les voitures par kilomètre ont diminuĂ© de 30 % en quinze ans. Outre la vignette et la piĂ©tonnisation des voies sur berges, la Ville entend reprendre la main en privatisant le stationnement rotatif dont le taux de paiement actuel de 10 % n’a rien de dissuasif. Anne Hidalgo promet aussi de doubler les kilomètres de pistes cyclables entre 2014 et 2020. Après la RĂ©publique, le rĂ©amĂ©nagement de sept autres grandes places parisiennes est Ă©galement au programme.

Mais cette dĂ©marche s’inscrit aussi et surtout dans un vaste mouvement engagĂ© par toutes les grandes villes du monde, confrontĂ©es aux ravages de la pollution.

EstimĂ© par la Banque mondiale Ă  plus de 5.000 milliards de dollars Ă  l’Ă©chelle mondiale, le coĂ»t annuel de la pollution s’Ă©tablit Ă  101,3 milliards d’euros pour la France. Et le coĂ»t en vies humaines Ă  près de 3 millions dans le monde en 2013 pour la seule pollution aux particules fines, et 48.000 dĂ©cès prĂ©maturĂ©s par an dans l’Hexagone dont, selon la Ville de Paris, 6.500 pour l’ĂŽle-de-France et 2500 pour la capitale. 15 % des Franciliens respirent un air polluĂ© dans une agglomĂ©ration qui a enregistrĂ© 26 jours de pic de pollution en 2015.

Londres, Lisbonne, Stockholm… mobilisĂ©es contre l' »airpocalypse »

Si l’« airpocalypse » qui Ă©crase rĂ©gulièrement PĂ©kin sous une chape de particules fines est essentiellement due Ă  la combustion du charbon, dans la plupart des pays dĂ©veloppĂ©s la pollution automobile joue un rĂ´le significatif, Ă©valuĂ© Ă  50% Ă  Paris lors des pics de pollution, et Ă  un peu moins de 30% dans la pollution « de fond ».

D’ailleurs, le principe des zones Ă  basses Ă©missions est dĂ©jĂ  appliquĂ© dans plus de 200 villes europĂ©ennes. Londres a mis en place dès 2003 un pĂ©age urbain, suivi par Stockholm en 2007. Les centres-villes de Lisbonne et de nombreuses villes italiennes sont interdits aux vĂ©hicules les plus polluants, Madrid pourrait soumettre cette annĂ©e Ă  sa population un projet de piĂ©tonnisation de son centre et Oslo veut le mettre en oeuvre d’ici Ă  2019.

Autopartage et covoiturage: vers la modification des comportements

Nombreuses Ă©galement sont les villes qui, de l’Asie aux États-Unis, ont supprimĂ© leurs autoroutes urbaines, le plus souvent pour les transformer en parcs, et les remplacer par des espaces mieux partagĂ©s entre les diffĂ©rentes formes de mobilitĂ©, en faisant la part belle aux dĂ©placements doux tels que le vĂ©lo ou la marche. Les Ă©tudes consacrĂ©es au sujet montrent que ces transformations commencent toujours par susciter une opposition avant de recueillir les suffrages des habitants.

Mais le cas de Paris et de l’ĂŽle-de-France est unique Ă  bien des Ă©gards : en termes d’infrastructures d’abord, avec un rĂ©seau autoroutier plus dense que la moyenne europĂ©enne et des rocades particulièrement proches de la ville, qui drainent un important trafic des petite et grande couronnes ; en termes de taille ensuite, avec une superficie intra-muros très infĂ©rieure Ă  celles de Londres, Rome ou Berlin.

Gouvernance des transports très émiettée en Ile-de-France

Mais c’est surtout la gouvernance très Ă©miettĂ©e de ses transports qui distingue la mĂ©tropole francilienne. Le cas du Stif, prĂ©sidĂ© par la RĂ©gion mais dont la Ville est le plus gros contributeur, est emblĂ©matique, comme l’illustre le tram-bus Ă©lectrique rue de Rivoli annoncĂ© par Anne Hidalgo et contestĂ© par ValĂ©rie PĂ©cresse. Alors que les mesures prises par la Ville ont des rĂ©percussions sur les Franciliens, c’est la RĂ©gion qui est dĂ©cisionnaire en matière de transports publics. En rĂ©alitĂ©, les quelque 10 millions d’habitants des 400 communes de la rĂ©gion sont soumis Ă  presque autant de rĂ©glementations concernant le stationnement, la circulation, la livraison, etc. Et faute de coordination, la multitude d’initiatives en matière de mobilitĂ© ne parvient pas Ă  former un tout.

La Ville mise aussi sur la multiplication des offres de covoiturage, autopartage, navettes autonomes (testĂ©es entre les gares de Lyon et d’Austerlitz) et des Sea Bubble qui « voleront » bientĂ´t sur la Seine, pour inciter les automobilistes Ă  modifier leurs comportements. Et enfin dĂ©montrer l’Ă©vaporation d’une partie du trafic supprimĂ© des voies sur berges, assortie d’une amĂ©lioration de la qualitĂ© de l’air. Ne lui reste qu’Ă  espĂ©rer que la pĂ©riode d’observation, qui s’achève en mars prochain, suffise pour que les Franciliens s’adaptent Ă  la nouvelle donne. D’ici lĂ , le projet des voies sur berges promet encore de nombreux rebondissements, avec pour toile de fond une opposition historique de près de cent cinquante ans entre la Ville et la RĂ©gion.

Dominique Pialot  

 

 

LES ECHOS – 26/01/2017

Hidalgo et Santini relancent la bataille de l’eau en Ile-de-France

 

Anne Hidalgo, la maire de Paris, et André Santini, le patron du Syndicat des eaux d’Ile-de-France.

La mairie de Paris lance ce mercredi la modernisation d’une usine de l’opérateur Eau de Paris, symbole de la remunicipalisation de l’eau des Parisiens. Les partisans d’une métropolisation multiplient, eux, leurs arguments en faveur d’un rapprochement entre le Sedif et Eau de Paris

La bataille de l’eau francilienne est relancĂ©e. Souterrain depuis quelques mois, l’affrontement entre la maire de Paris, Anne Hidalgo, et le patron du Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif), AndrĂ© Santini, fait surface ce mercredi Ă  l’occasion d’une visite de celle-ci chez l’opĂ©rateur municipal Eau de Paris. La maire Ă©tait restĂ©e discrète depuis son dĂ©but de mandat sur la remunicipalisation de l’eau dĂ©cidĂ©e fin 2008 par son prĂ©dĂ©cesseur Bertrand DelanoĂ«. En visitant ce mercredi le chantier de rĂ©novation de l’usine d’eau portable d’Orly, Anne Hidalgo reprend le flambeau et lance une opĂ©ration sĂ©duction auprès des Ă©lus franciliens.

Un enjeu politique, industriel et financier

L’enjeu est Ă©norme. Il est politique, industriel et financier. D’un cĂ´tĂ©, le Sedif, créé dans les annĂ©es 1920, alimente en eau potable 4,5 millions de Franciliens dans 150 communes en petite et grande couronne. Depuis des dĂ©cennies, le syndicat offre Ă  son sous-traitant Veolia sa plus belle vitrine internationale. La Ville de Paris, de l’autre, a repris en 2010 Ă  Veolia et Suez la gestion directe de son approvisionnement. Un pari industriel et une promesse de rĂ©duire nettement le coĂ»t du mètre cube que la Cour des comptes a jugĂ© rĂ©ussie dans un rapport d’octobre 2014.

Depuis, les deux camps cherchent Ă  Ă©tendre leur emprise auprès des communes et de leurs communautĂ©s. Les estocades se multiplient. Dernière en date, le Sedif annonce en dĂ©cembre une baisse du prix de l’eau au 1er janvier 2017 de 10 centimes le m3, Ă  1,37 euros. Il y a un an, c’est Eau de Paris qui attaquait le gros contrat remportĂ© par le Sedif et Suez pour alimenter les 540.000 habitants servis par le Syndicat des eaux de la Presqu’Ă®le de Gennevilliers.

Fermer une usine

Sur la dĂ©fensive, Eau de Paris cherche maintenant Ă  dĂ©miner l’offensive d’AndrĂ© Santini et d’autres Ă©lus franciliens qui militent pour un transfert de la compĂ©tence Ă  la MĂ©tropole du Grand Paris, comprendre un rapprochement du Sedif et d’Eau de Paris. « La logique de la gouvernance mĂ©tropolitaine va s’imposer Ă  l’avenir », assure par exemple Eric Azière, le prĂ©sident du groupe centriste au Conseil de Paris.

RelayĂ©s par les grands opĂ©rateurs privĂ©s, ces partisans d’un opĂ©rateur unique dĂ©veloppent Ă  nouveau depuis quelques mois trois arguments. Eau de Paris est moins cher car l’opĂ©rateur a baissĂ© ses investissements. Secondo, la consommation des habitants baissent et la surproduction ne cesse d’augmenter, une mĂ©tropolisation permettrait de fermer une usine en Ile-de-France et de rĂ©duire les coĂ»ts. Enfin, Eau de Paris serait distancĂ© par les grands groupes français en terme d’innovation.

Plusieurs échéances à venir

CĂ©lia Blauel, adjointe de la maire et prĂ©sidente d’Eau de Paris, rĂ©torque que le programme d’investissement en hausse est respectĂ©, avec 80 millions d’euros annuels. Elle revendique le plus bas prix de la rĂ©gion, un rĂ©seau au taux de rendement de 90  % et la nĂ©cessitĂ© de conserver des marges de production importante face aux risques terroristes et aux Ă©pisodes de crue ou de canicule. « Leurs investissements sont financĂ©s par de l’endettement », s’agace Eric Azière.

Plusieurs Ă©chĂ©ances Ă  venir avivent la bataille de l’eau. Eau de Paris cherche Ă  convaincre des intercommunalitĂ©s de l’Essonne de suivre le mouvement de la remunicipalisation comme Vitry-Châtillon en 2011. Dans le territoire Grand-Orly Seine-Bièvre au Sud de Paris, une poignĂ©e de communes n’ont pas ralliĂ© le Sedif et restent ouvertes au dialogue. Dans quelques mois, la communautĂ© de Coeur d’Essonne lancera sa propre rĂ©gie. A plus long terme, en 2021, c’est la fin du contrat du Sedif avec Veolia qui aiguise tous les appĂ©tits.

Matthieu Quiret

 

 

LES ECHOS – 26/01/2017

Actus franciliennes

 

::: ECONOMIE

LE FIGARO – 26/01/2017

2017, une année sous le signe des incertitudes pour les entreprises françaises

Le climat des affaires s’est lĂ©gèrement dĂ©gradĂ© en janvier en France, après la nette amĂ©lioration de dĂ©cembre.

Le moral des chefs d’entreprise ne se porte pas trop mal… mais il peine Ă  retrouver de vraies couleurs. L’indicateur du climat des affaires de l’Insee, publiĂ© mercredi, s’est Ă©tabli Ă  104 points en janvier, après 105 en dĂ©cembre. Un niveau qui indique que la confiance des entrepreneurs est meilleure que la moyenne de long terme, mais que ces derniers ont quand mĂŞme du mal Ă  voir l’horizon s’Ă©claircir totalement.

Cette moyenne, calculĂ©e par l’Insee, cache en fait des disparitĂ©s assez importantes selon les secteurs. C’est dans les services que les sociĂ©tĂ©s sont les moins optimistes. «Pour les prochains mois, les chefs d’entreprise sont nettement moins nombreux qu’en dĂ©cembre Ă  anticiper une hausse de l’activitĂ© et de la demande», explique l’Institut de la statistique. Dans le commerce de dĂ©tail, le climat s’altère Ă©galement en janvier: «Les dĂ©taillants sont globalement moins nombreux qu’en dĂ©cembre Ă  prĂ©voir une hausse de leurs ventes et de leurs commandes.» En revanche, la confiance remonte un peu dans le bâtiment, et reste stable dans l’industrie.

Dans l’industrie, justement, la confiance se maintient Ă  106 points, «son plus haut niveau depuis aoĂ»t 2011», note l’Ă©tude. Plusieurs Ă©lĂ©ments sont encourageants. Les perspectives de production des industriels enregistrent une nouvelle progression en janvier. Ils estiment notamment que leurs carnets de commandes globaux seront stables, mais que la demande en provenance de l’Ă©tranger devrait continuer d’augmenter.

Cycle électoral

Finalement, l’annĂ©e 2017 commence en demi-teinte pour les entreprises. RequinquĂ©es par des marges qui se sont amĂ©liorĂ©es grâce au crĂ©dit d’impĂ´t compĂ©titivitĂ© emploi (CICE) et au pacte de responsabilitĂ©, mais aussi grâce au recul des cours du pĂ©trole et des taux d’intĂ©rĂŞt ces dernières annĂ©es, elles ne sont pas sereines pour autant. Et si «l’indicateur de retournement» de lnsee se situe aujourd’hui dans une zone indiquant «une conjoncture favorable», il fait peu de doutes que les dirigeants sont dans une phase d’incertitudes. Face au contexte national, d’abord. MĂŞme s’il est de bon ton de dire que les chefs d’entreprise ne se calent pas sur les cycles Ă©lectoraux pour prendre des dĂ©cisions, l’issue de l’Ă©lection prĂ©sidentielle pourrait avoir un impact non nĂ©gligeable pour eux en fonction du vainqueur – que ce soit sur le plan de la fiscalitĂ©, des charges sociales ou du droit du travail. Et donc sur l’Ă©volution de l’emploi et l’investissement. D’ailleurs, une autre enquĂŞte de l’Insee publiĂ©e mardi montre que lesindustriels sont un peu plus nombreux Ă  prĂ©voir des suppressions d’emplois pour les prochains mois.

Demande de flexibilité

«Tant que les entreprises n’auront pas des gages que l’on peut rĂ©former et flexibiliser le pays, la France gardera une croissance potentielle basse», ajoute Olivier Vigna, directeur des Ă©tudes Ă©conomiques chez HSBC France.

L’environnement international demeure, par ailleurs, incertain – l’impact du Brexit et de l’Ă©lection de Donald Trump est encore difficile Ă  mesurer. «Or, de manière gĂ©nĂ©rale, les chefs d’entreprise dĂ©testent l’incertitude», note l’Ă©conomiste.

Le «Consensus Forecats» du mois de janvier – synthĂ©tisant les prĂ©visions conjoncturelles de 24 Ă©tablissements financiers et instituts de conjoncture – qui vient d’ĂŞtre publiĂ© prĂ©voit pour cette annĂ©e une croissance de 1,3 %. Une performance mĂ©diocre.

Nouveau record pour les ruptures conventionnelles en 2016

En 2016, 389.900 ruptures conventionnelles ont Ă©tĂ© homologuĂ©es par l’administration, contre 357.200 en 2015. Un nouveau record, qui porte la hausse annuelle Ă  9,1 %. InstaurĂ©e en 2008, la rupture conventionnelle permet Ă  un salariĂ© et un employeur de se sĂ©parer Ă  l’amiable et de manière sĂ©curisĂ©e. Le salariĂ© touche alors un chèque et a droit aux allocations-chĂ´mage. Quant Ă  l’employeur, il n’a pas Ă  fournir de motif Ă  la sĂ©paration, contrairement Ă  ce qui se produit en cas de licenciement.

Ces avantages pour les deux parties expliquent pourquoi le nombre de ruptures conventionnelles n’a cessĂ© d’augmenter, malgrĂ© le durcissement de la lĂ©gislation (hausse des prĂ©lèvements, allongement du dĂ©lai avant de percevoir les allocations-chĂ´mage…) mais aussi de la jurisprudence de la Cour de cassation.

Marie Visot et Cécile Crouzel

 

 

LES ECHOS – 26/01/2017

La Cour des comptes fait le procès des incohĂ©rences de l’Etat actionnaire

Situation financière dégradée, objectifs contradictoires : la gestion des participations est sévèrement critiquée.
Les magistrats proposent notamment de revoir le pĂ©rimètre du portefeuille de l’Etat.

« L’Etat peine Ă  ĂŞtre un bon actionnaire. » C’est en termes dĂ©licats que les choses sont dites par la Cour des comptes. Mais le rapport dĂ©voilĂ© mercredi par les sages de la rue Cambon sur les participations publiques est un rĂ©quisitoire cinglant contre l’action de l’Etat, jugĂ© « à la fois trop prĂ©sent dans la gestion et trop peu vigilant comme actionnaire ». « Son mode d’action souffre de faiblesses chroniques », pointe Didier Migaud, le premier prĂ©sident de la Cour. « L’actionnariat public se rĂ©vèle rarement le moyen le plus adaptĂ© pour contrer la perte de compĂ©titivitĂ© et la dĂ©sindustrialisation de l’Ă©conomie française. »

La France accorde une importance particulière Ă  la place de l’Etat au capital des entreprises. En tĂ©moigne le fait que 2,4 millions de personnes travaillent dans des sociĂ©tĂ©s Ă  participation publique via l’Agence des participations de l’Etat (APE), la Caisse des DĂ©pĂ´ts et Consignations (CDC) ou bpifrance, soit 10 % de l’emploi total. Cela ne se rĂ©vèle pas pour autant une bonne affaire financière. La Cour des comptes s’inquiète de la lourde perte enregistrĂ©e par l’APE en 2015 (10,1 milliards d’euros) en consĂ©quence des difficultĂ©s endurĂ©es par la SNCF, EDF et Areva. Pour quelques bons rendements (PSA et Renault notamment), le portefeuille boursier public recèle surtout des titres peu performants, avec une baisse de la valorisation Ă  pĂ©rimètre constant de 29 % entre 2010 et 2016 (+28 % pour le CAC 40 sur la mĂŞme pĂ©riode).

Et du point de vue budgĂ©taire, il y a pire encore, avec les « besoins financiers croissants du fait de la dĂ©gradation financière des grands groupes publics », souligne Didier Migaud, qui cite les sommes nĂ©cessaires pour recapitaliser EDF et Areva (7 milliards). « Il faudra soit amplifier fortement le programme de cessions, soit mettre Ă  contribution le budget gĂ©nĂ©ral et augmenter ainsi la dĂ©pense et la dette publique », Ă©crit la Cour. Il y a quelques semaines, le candidat de la droite Ă  l’ElysĂ©e, François Fillon, s’Ă©tait prononcĂ© pour une accĂ©lĂ©ration du programme de cessions.

Sortir de l’impasse

Ces problèmes patrimoniaux dĂ©coulent directement de la façon dont l’Etat gère ses participations, « conciliant des objectifs nombreux et souvent contradictoires », selon les sages. L’Etat est en effet un actionnaire aux dĂ©doublements de personnalitĂ© frĂ©quents, passant du gestionnaire de finances publiques au rĂ©gulateur en passant par le porteur de politiques publiques, quand il n’est pas client lui-mĂŞme.

La Cour remarque bien que les pouvoirs publics ont tentĂ© d’amĂ©liorer les choses ces dernières annĂ©es en revoyant les mĂ©thodes de gouvernance, mais ces « progrès notables » – avec la mise en place d’outils et de procĂ©dures plus appropriĂ©s – n’effacent pas des « carences persistantes », comme le montre la situation d’Areva. « Il y a eu des dĂ©fauts de vigilance, et certains d’entre eux ont Ă©tĂ© lourds de consĂ©quences », juge Didier Migaud. Pour tenter de sortir de cette impasse, la Cour suggère plusieurs pistes, qui passeraient notamment par une meilleure rĂ©partition des rĂ´les entre l’APE et bpifrance, la première transfĂ©rant Ă  la seconde ses participations industrielles. L’APE deviendrait Ă©galement une agence autonome. Surtout, il est proposĂ© de « redimensionner » le portefeuille des participations publiques, soit en baissant le niveau des taux de participation (pour rĂ©colter au passage une dizaine de milliards d’euros de cessions), soit en rĂ©duisant significativement le pĂ©rimètre. Dans cette dernière option, cela « cantonnerait son rĂ´le Ă  des motifs prĂ©cis, comme le sauvetage d’entreprises dont la dĂ©faillance emporterait des risques systĂ©miques, ou la protection d’entreprises prĂ©sentant des intĂ©rĂŞts essentiels pour la sĂ©curitĂ© nationale », conclut la Cour. Toutefois, prĂ©vient Marc Schwartz, le rapporteur gĂ©nĂ©ral, pour les domaines oĂą l’Etat se dĂ©sengagerait, « la question de l’actionnaire remplaçant l’Etat n’est pas anodine ».

Renaud Honoré

 

::: ENTREPRISES

LES ECHOS – 26/01/2017

Le trafic aérien français s’est déjà remis du choc des attentats

 

L’aéroport de Lyon décroche la palme de la croissance en 2016, avec un trafic en hausse de 9,7 %, à 9,5 millions de passagers

Malgré les attaques terroristes, le trafic des aéroports français est resté globalement en croissance en 2016, grâce à un fort rebond de l’activité en fin d’année.

Le transport aĂ©rien en France a une nouvelle fois prouvĂ© son extraordinaire rĂ©silience en 2016. MalgrĂ© les attaques terroristes, le nombre de passagers sur les vols intĂ©rieurs et internationaux est restĂ© en croissance de 3,1 % sur l’annĂ©e, avec un total de 154,6 millions de passagers, grâce Ă  un très net rebond de l’activitĂ© cet hiver. C’est ce qui ressort des chiffres collectĂ©s par la direction gĂ©nĂ©rale de l’aviation civile. Cet effet de rattrapage se traduit notamment par une hausse de 10,1 % du trafic français en dĂ©cembre 2016, comparĂ© Ă  dĂ©cembre 2015. Seule ombre au tableau : la part du pavillon français continue de baisser et ne reprĂ©sente plus que 42,9 % du trafic total et 33 % du trafic international.

Trafic intérieur très dynamique

Le trafic intĂ©rieur est restĂ© particulièrement dynamique. MalgrĂ© le dĂ©veloppement des bus, du covoiturage, des promotions tarifaires en tout genre de la SNCF et les grèves du contrĂ´le aĂ©rien, les liaisons intĂ©rieures continuent de bĂ©nĂ©ficier de la croissance des compagnies Ă  bas coĂ»ts, avec un nombre de passagers en hausse de 6,3 % sur l’annĂ©e, Ă  31 millions de passagers, et de 6,3 % en dĂ©cembre. Le trafic entre la mĂ©tropole et les dĂ©partements d’Outre-mer, dopĂ© lui-aussi par le dĂ©veloppement de la concurrence, fait encore mieux, avec une croissance de 4,5 % sur l’annĂ©e, Ă  2,5 millions de passagers, et de 9,5 % en dĂ©cembre.

Le trafic international en hausse sur tous les segments

Le rebond de l’activitĂ© est aussi très net sur les vols internationaux, au trafic en hausse de 11,3 %, Ă  123,5 millions de passagers. Avec le retour des touristes internationaux , tous les segments de trafic sont repartis Ă  la hausse en dĂ©cembre, avec des progressions Ă  deux chiffres sur les pays de l’Union europĂ©enne (+13,6 %), l’Asie-Pacifique (+10,6 %), l’Afrique (+11%)… Deux axes seulement restent en baisse en cumul sur l’annĂ©e : les liaisons entre la mĂ©tropole et l’Europe hors pays de l’Union europĂ©enne (-2,8 %) et les liaisons avec l’Asie (-2,2 %). Et quelques destinations restent Ă©galement dans le rouge sur l’annĂ©e, notamment le Japon, en baisse de 13,8 % en 2016, les touristes japonais ayant Ă©tĂ© les premiers Ă  se dĂ©tourner de la France, mais aussi la Turquie (-14,5 %) du fait des attentats Ă  rĂ©pĂ©tition, le BrĂ©sil en crise (-3,5 %) et, Ă  un degrĂ© moindre, la Russie et la Tunisie (-0,4 %).

Forte hausse du trafic avec l’Espagne et le Royaume-Uni

A l’inverse, le trafic entre la France et le Royaume-Uni a bondi de 6,6 % en 2016, Ă  12,7 millions de passagers, de mĂŞme que l’Espagne, en hausse de 6,7 %, Ă  13 millions de passagers. En long-courrier, le trafic sur Etats-Unis reste en lĂ©gère hausse de 0,8 %, Ă  7,5 millions de passagers. L’AlgĂ©rie a Ă©galement connu une progression notable de 3,9 % sur un an, Ă  4,5 millions de passagers.

Lyon, Bordeaux et Nantes champions de la croissance

Du cĂ´tĂ© des aĂ©roports, la palme de la croissance revient Ă  Lyon (+9,7 % et 9,5 millions de passagers), Bordeaux (+ 8,6 % et 5,8 millions de pax) et Nantes (+ 8,5 % et 4,5 millions de pax), suivis par Toulouse (+5,4 % et 8,1 millions de passagers). La plus forte progression en volume est toutefois pour Orly, en hausse de 5,3 %, Ă  31,2 millions de passagers. A l’inverse, l’aĂ©roport de Beauvais enregistre une baisse de 7,7 % sur un an, Ă  4,3 millions de passagers. L’aĂ©roport low cost a apparemment davantage souffert de la dĂ©saffection des touristes pour Paris et des grèves du trafic du contrĂ´le aĂ©rien que les aĂ©roports parisiens.

Bruno Trevidic

 

 

LE FIGARO – 26/01/2017

Le groupe PSA s’attaque au difficile marchĂ© indien

 

Carlos Tavares (à gauche), Président du directoire de PSA, et CK Birla, PDF de CK Birla Group,

lors de la signature, mercredi à Paris, du partenariat entre les deux groupes qui marque le retour du constructeur français en Inde.

Un investissement initial de 100 millions d’euros est prĂ©vu en Inde. Le groupe espère commercialiser ses premiers modèles en 2020.

«Une Ă©tape majeure dans l’expansion internationale de PSA.» Carlos Tavares, prĂ©sident du directoire de PSA, ne cache pas sa satisfaction, au moment de parapher, avec son nouveau partenaire CK Birla, l’accord qui marque le retour du constructeur français en Inde. Ce partenariat passe par la crĂ©ation de deux coentreprises. La première, oĂą PSA est majoritaire avec 80 % du capital, produira des voitures pour le marchĂ© indien. La seconde, dĂ©tenue Ă  paritĂ© par les deux partenaires, fabriquera des moteurs, utilisables pour les vĂ©hicules assemblĂ©s dans la première coentreprise mais qui seront Ă©galement vendus Ă  d’autres clients.

Cette arrivĂ©e sur le marchĂ© indien avait Ă©tĂ© annoncĂ©e par Carlos Tavares lors de la prĂ©sentation de son plan stratĂ©gique Push to Pass en avril. Il misait sur un accord avec un partenaire local d’ici Ă  2018, pour une commercialisation en 2021. Finalement, PSA sera en avance d’un an pour les deux Ă©chĂ©ances.

Le nouveau partenaire de PSA connaĂ®t bien le monde automobile. Le groupe Birla a longtemps Ă©tĂ© le premier constructeur indien, notamment dans les annĂ©es 1950 et 1960, lorsqu’il assemblait des versions locales de la Morris britannique, via sa filiale Hindustan Motors. CK Birla Group est aujourd’hui un conglomĂ©rat, qui rĂ©alise 1,6 milliard de dollars de chiffre d’affaires et emploie 20.000 salariĂ©s. Dans l’automobile, il se concentre sur le mĂ©tier d’Ă©quipementier, notamment dans les moteurs et les transmissions. Cette activitĂ© en fait un partenaire idĂ©al pour PSA, puisqu’il dispose du personnel et des compĂ©tences pour permettre une intĂ©gration locale forte, condition indispensable pour rĂ©ussir sur le marchĂ© indien. De plus, CK Birla Group possède une usine d’assemblage, utilisĂ©e actuellement pour fabriquer des Mitsubishi et qui sera acquise par la coentreprise. Elle sera modernisĂ©e, mais prĂ©sente un actif de valeur compte tenu des difficultĂ©s – lĂ©gales – Ă  construire de nouveaux sites industriels dans le pays.

Un premier objectif à 100.000 véhicules par an

Avec cette stratĂ©gie de partenariat, le constructeur français limite les risques. Cette approche peut s’expliquer par les dĂ©boires passĂ©s du constructeur français dans le pays. Ă€ la fin des annĂ©es 1990, PSA avait passĂ© un accord avec l’indien Premier afin d’assembler des Peugeot 309. Une expĂ©rience qui n’avait durĂ© que quelques annĂ©es. «L’investissement initial atteint 100 millions d’euros, dont les deux tiers pour PSA et un tiers Ă  la charge de CK Birla», prĂ©cise Carlos Tavares. Les ambitions sont modestes pour commencer. Le groupe espère commercialiser ses premiers modèles en 2020, avec une capacitĂ© de production initiale de 100.000 vĂ©hicules par an.

Le marchĂ© indien est prometteur. L’an dernier, 3 millions de vĂ©hicules y ont Ă©tĂ© vendus. Surtout, l’Association des constructeurs automobiles indiens (Siam) vise 8 Ă  10 millions de voitures d’ici Ă  2025. Prometteur, mais difficile. Il est dominĂ© par deux acteurs, Maruti Suzuki, avec 47 % de parts de marchĂ© l’an dernier, et Hyundai (17,3 %). Ces acteurs fabriquent des vĂ©hicules «ultra-low-costs» très spĂ©cifiques Ă  l’Inde. Renault a rĂ©ussi une percĂ©e l’an dernier: en grappillant 4,5 % du marchĂ©, avec sa Kwid, il se place en concurrence directe avec les leaders. Le positionnement des futurs vĂ©hicules de PSA n’est, lui, pas encore dĂ©cidĂ©. «Nous n’avons pas encore dĂ©terminĂ© la marque avec laquelle nous entrerons sur le marchĂ© indien, et nous rĂ©flĂ©chissons encore Ă  notre positionnement et Ă  nos modèles», reconnaĂ®t Carlos Tavares. En revanche, le dirigeant du constructeur de Sochaux a reconnu que le groupe utilisera la plateforme actuellement dĂ©veloppĂ©e avec son partenaire chinois Dongfeng.

Parts de marché des constructeurs automobiles en Inde en 2016:

Maruti Suzuki: 47 %

Hyundai: 17,3 %

Mahindra: 7,5 %

Honda: 5,4 %

Toyota: 4,6 %

Renault: 4,5 %

Tata: 3,5 %

Ford: 2,6 %

Volkswagen: 1,1 %

Emmanuel Egloff

 

 

L’EXPRESS – 26/01/2017

Des ouvriers non payés depuis des mois sur un chantier du métro parisien

 

Une quarantaine d’ouvriers travaillant sur un chantier du mĂ©tro parisien pour un sous-traitant de la Sogea sont en grève depuis lundi minuit

pour obtenir notamment le paiement de leurs salaires

Employés par un sous-traitant de la Sogea, filiale du groupe Vinci, ces ouvriers sont dans une « situation inacceptable », a affirmé mercredi le géant du BTP. La RATP a décidé de porter plainte contre X.

C’est une situation dĂ©licate que traverse le groupe de construction Vinci. MandatĂ© par la RATP pour la rĂ©novation du mĂ©tro parisien, il a confiĂ© les travaux Ă  l’une de ses filiales, la Sogea, qui ne paye visiblement plus ses salariĂ©s.

Du coup, Vinci « enquĂŞte sur la situation des salariĂ©s de l’entreprise FH Service, sous-traitant de [sa] filiale Sogea TPI, opĂ©rant sur un chantier de rĂ©novation de la station Châtelet Ă  Paris » pour le compte de la RATP, a indiquĂ© le groupe dans une dĂ©claration. « Au stade de l’enquĂŞte interne, nous constatons que ces travailleurs sont dans une situation inacceptable, reconnait Vinci. Selon nos informations, ces ouvriers sont en situation rĂ©gulière en France. Pour autant, il y aurait des retards dans le paiement de leurs salaires. »

Pas payés depuis des mois

La filiale du groupe, Sogea TPI, est « actuellement en contact avec l’employeur » FH Service « et ses salariĂ©s, pour trouver sans dĂ©lai une solution durable Ă  cette situation », a indiquĂ© le groupe de BTP. La RATP a pour sa part « dĂ©cidĂ© de porter plainte contre X pour le prĂ©judice subi ».

Le maĂ®tre d’ouvrage du chantier a affirmĂ© dans un communiquĂ© s’ĂŞtre « acquittĂ© de toutes se obligations contractuelles » vis-Ă -vis de SogĂ©a, notamment le paiement de « toutes les factures prĂ©sentĂ©es (…) pour le compte de son sous-traitant. » L’entreprise publique, qui dit n’ĂŞtre « en aucune manière Ă  l’origine du litige », ajoute avoir demandĂ© Ă  la filiale de Vinci « de permettre la reprise » des travaux « dans les meilleurs dĂ©lais ».

Une quarantaine d’ouvriers travaillant sur un chantier du mĂ©tro parisien pour un sous-traitant de la Sogea sont en grève depuis lundi minuit pour obtenir notamment le paiement de leurs salaires, avait rĂ©vĂ©lĂ© mardi la CGT. Ces ouvriers, « majoritairement des travailleurs turcs », n’auraient pas Ă©tĂ© payĂ©s depuis 2 Ă  8 mois selon les cas, prĂ©cise Christian Renard, responsable de l’union syndicale de la construction CGT Paris et dĂ©lĂ©guĂ© CGT du groupe Vinci. Selon lui, l’inspection du travail a procĂ©dĂ© Ă  un contrĂ´le lundi soir. Les ouvriers rĂ©clament en premier lieu le paiement des arriĂ©rĂ©s de salaires, ainsi que l’ensemble de leurs fiches de paie, avec leur contrat de travail.

Pour la CGT-Construction, « cette situation scandaleuse met une nouvelle fois au jour la forte vulnérabilité de ces travailleurs en situation précaire, victimes du travail dissimulé, exposés à la surexploitation et aux risques professionnels par des patrons sans scrupules. »

De son cĂ´tĂ©, Vinci a assurĂ© veiller en permanence Ă  garantir un traitement Ă©quitable Ă  l’ensemble des personnes prĂ©sentes sur ses chantiers, qu’il s’agisse de ses salariĂ©s directs ou ceux de ses sous-traitants », et ce « sur tous ses chantiers et dans tous ses mĂ©tiers, partout dans le monde ».

 

LES ECHOS – 26/01/2017

L’artisanat du bâtiment interpelle les présidentiables

 

Patrick Liebus, president de la Capeb

La Confédération des artisans réclame dix trains de mesures à prendre dans les 100 premiers jours du quinquennat.
En 2016, pour ­la première fois depuis quatre ans l’activité des artisans ­a progressé.

Les artisans reprĂ©sentent 98 % des entreprises du bâtiment (celles de moins de 20 salariĂ©s) et la majoritĂ© de son chiffre d’affaires comme de ses effectifs (plus de 700.000 salariĂ©s et apprentis, sans compter la foule des entreprises unipersonnelles). De quoi donner du poids Ă  la ConfĂ©dĂ©ration des artisans, la Capeb, qui s’invite aujourd’hui dans le dĂ©bat prĂ©sidentiel. Elle dĂ©voile son « agenda idĂ©al » des mesures Ă  prendre dans les 100 premiers jours du prochain quinquennat. « Je vais rencontrer les Ă©quipes des candidats Ă  la prĂ©sidentielle puis les candidats eux-mĂŞmes pour leur prĂ©senter les dix volets de mesures de notre agenda et leur demander de prendre position, en commençant dĂ©but fĂ©vrier par le candidat de la droite » annonce le prĂ©sident de la Capeb, Patrick LiĂ©bus.

Les rencontres se passeront dans un contexte plutĂ´t favorable, car la reprise s’est enfin enclenchĂ©e chez les artisans. L’emploi se stabilise, et les carnets de commandes des artisans se remplissent : ils sont passĂ©s en un an de 72 Ă  82 jours. « Pour la première fois depuis quatre ans, l’activitĂ© a progressĂ© l’an dernier, de 1,5 % sur l’annĂ©e et mĂŞme de 2 % au quatrième trimestre, se fĂ©licite Patrick LiĂ©bus . 2016 a Ă©tĂ© une annĂ©e charnière, oĂą les mesures prises depuis deux ans (comme la TVA Ă  10 % pour la rĂ©novation classique, ou encore le crĂ©dit d’impĂ´t de 30 % et la TVA Ă  5,5 % pour la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique) ont enfin produit leur effet. » Si la rĂ©novation Ă©nergĂ©tique « ne dĂ©colle pas comme elle devrait », admet-il, elle a tout de mĂŞme progressĂ© de 1,5 %, ce qui a permis aux travaux de rĂ©novation dans leur ensemble de finir l’annĂ©e dans le vert (+0,5 %).

Cela reste loin des +2,5 % affichĂ©s par les travaux sur construction neuve, l’autre moitiĂ© de l’activitĂ© du bâtiment. « La construction neuve a pour moteur une clientèle d’investisseurs dans la pierre, pas la rĂ©novation des logements, analyse le prĂ©sident de la Capeb. C’est pourquoi la rĂ©novation pâtit davantage de la crainte par les particuliers du chĂ´mage et les derniers chiffres de l’Insee en la matière ne suffisent pas Ă  susciter une vraie confiance. » D’oĂą la volontĂ© des artisans du bâtiment de sĂ©curiser l’avenir par les dix trains de mesures rĂ©clamĂ©s dans leur agenda. En prioritĂ© , « il faut lutter contre la concurrence dĂ©loyale du rĂ©gime de l’ auto-entreprise, le travail non dĂ©clarĂ© et la fraude au dĂ©tachement, poursuit-il. La carte d’identification des travailleurs du BTP, qui commencera Ă  ĂŞtre distribuĂ©e fin fĂ©vrier, y aidera Ă  condition de dĂ©gager des moyens pour effectuer des contrĂ´les sur les chantiers de BTP le soir et le week-end. »

Concurrences

La rĂ©cente rĂ©forme du statut d’auto-entrepreneur a en tout cas dĂ©jĂ  apportĂ© une première victoire Ă  la Capeb puisque les crĂ©ations de ces micro-entreprises dans le BTP se sont effondrĂ©es de 22 % en 2016, selon l’Insee. « Nombre d’entreprises artisanales ne crĂ©aient plus d’emplois par peur de cette concurrence Ă  bas coĂ»t, qui venait d’ailleurs souvent de nos propres salariĂ©s pendant leur temps libre. Nous allons donc retrouver un Ă©quilibre Ă©conomique, applaudit Patrick LiĂ©bus, Mais François Fillon a Ă  ses cĂ´tĂ©s des esprits libĂ©raux chantres de la micro-entreprise… que fera-t-il ? ».

L’autre mesure phare de l’agenda, c’est « pouvoir passer de 35 Ă  39 heures sans alourdir le coĂ»t du travail, donc sans charges sociales attachĂ©es Ă  ces quatre heures supplĂ©mentaires », poursuit-il. Car, s’inquiète le prĂ©sident de la Capeb, « la loi El Khomri a permis aux grands groupes de re-nĂ©gocier le temps de travail par des accords d’entreprise plutĂ´t que par des conventions de branche. Je crains que cela n’aboutisse Ă  davantage d’allègement du coĂ»t du travail pour les grands groupes que pour les artisans dĂ©pendant des conventions de branche. Ce serait une nouvelle forme de concurrence dĂ©loyale ».

Myriam Chauvot

 

::: SOCIETE

LE FIGARO – 26/01/2017

Insécurité dans les transports : les voyants au rouge

INFOGRAPHIES – Les agressions ont bondi de 14 % en un an et 330 voyageurs ont Ă©tĂ© dĂ©troussĂ©s en moyenne chaque jour Ă  travers le pays.

La vague d’agressions a semĂ© la panique sur une partie du rĂ©seau RATP. Jeudi dernier, deux voyous ont agressĂ© au couteau plusieurs voyageurs notamment sur la ligne 7 du mĂ©tro parisien, frappant tour Ă  tour dans trois stations des Xe et XIe arrondissements. Les agresseurs, recherchĂ©s pour des motifs de droit commun, sont en cavale. Entre Cannes et Grasse (Alpes-Maritimes), c’est une dizaine d’adolescents menant une expĂ©dition punitive qui a fait irruption dans un TER avant d’asperger de gaz et de frapper les passagers d’une rame. Trois de ces derniers ont Ă©tĂ© blessĂ©s et hospitalisĂ©s. Au mĂŞme moment, la ligne TER entre Metz et Luxembourg empruntĂ©e par des milliers de voyageurs frontaliers a Ă©tĂ© paralysĂ©e pendant plusieurs heures après l’agression d’une contrĂ´leuse, menacĂ©e de mort.

Coups et blessures, passages Ă  tabac, vols en rĂ©union, agressions sexuelles… Cette litanie de faits divers pourrissant la vie quotidienne des usagers tĂ©moigne de l’insĂ©curitĂ© qui s’enracine chaque jour davantage dans les transports en commun. Loin d’ĂŞtre de simples bouffĂ©es sporadiques, ils dĂ©montrent que les transports sont plus que jamais gangrenĂ©s en profondeur par la violence. En la matière, le bilan statistique de la dĂ©linquance en 2016, dĂ©jĂ  mitigĂ© Ă  plus d’un Ă©gard, est Ă©difiant. Chiffres Ă  l’appui, ce document estampillĂ© par le ministère de l’IntĂ©rieur prouve que les gares, des trains, des rames et des bus charrient davantage la violence que partout ailleurs en France. Tous les voyants oscillent entre le rouge et l’Ă©carlate.

Les voyous sévissent davantage en sous-sols

«En 2016, le nombre de vols violents commis dans les transports en commun et enregistrĂ© par la police et la gendarmerie nationales a augmentĂ© de 7 % (12.151 vols violents en 2016 contre 11.329 en 2015) alors que globalement, tous lieux confondus, il diminuait de 5 % (104.057 en 2016 et 109.515 en 2015)», relèvent les statisticiens de l’Insee. Tout aussi traumatisantes, les agressions physiques et les vols sans violences ont respectivement bondi dans le mĂŞme temps de 14 % et 17 % alors que ces types de dĂ©lits restaient relativement stables (+ 2 %) sur le reste du territoire.

Et il apparaĂ®t que les voyous sĂ©vissent davantage en sous-sols. Les techniciens de la Place Beauvau relèvent en effet qu’«en 2016, ces infractions se produisent davantage dans les rĂ©seaux mĂ©tropolitains (46 %) que dans les rĂ©seaux ferrĂ©s (33 %) ou de surface (21 %)» avant de dĂ©tailler que «les vols sans violence se concentrent dans les rĂ©seaux mĂ©tropolitains (un cas sur deux) alors que les vols avec violence et les agressions se concentrent plutĂ´t dans les rĂ©seaux ferrĂ©s (respectivement 42 % et 43 %)».

Au total, environ 121.000 vols ont donc Ă©tĂ© enregistrĂ©s l’annĂ©e dernière dans les transports. Soit en moyenne 330 voyageurs dĂ©troussĂ©s chaque jour Ă  travers le pays. DĂ©sormais, «12 % des vols violents commis en France le sont dans les transports en commun», souligne le document Interstats diffusĂ© par le ministère de l’IntĂ©rieur. Une tendance confirmĂ©e par l’enquĂŞte nationale de victimation «Cadre de vie et sĂ©curité» de l’Observatoire national de la dĂ©linquance et de la rĂ©ponse pĂ©nale (ONDRP): entre 2013 et 2015, 13 % des victimes avaient dĂ©clarĂ© que leur agression avait eu lieu sur le rĂ©seau.

«Leurs voyages se dĂ©roulent dans des lieux clos, confinĂ©s et Ă  forte concentration qui favorisent les vols Ă  la tire au prĂ©judice d’usagers pas toujours vigilants», dĂ©crypte Christophe Soullez, directeur de l’ONDRP. N’excluant pas que l’envol des chiffres est «peut-ĂŞtre liĂ© Ă  une meilleure prise en compte des plaintes et donc une meilleure rĂ©vĂ©lation des faits», le criminologue impute le «sentiment d’insĂ©curité» Ă  une «promiscuitĂ© anxiogène», au fait que «les victimes sont beaucoup moins libres de fuir, d’appeler au secours notamment Ă  la nuit tombĂ©e» et que «les autoritĂ©s donnent l’impression ne pas maĂ®triser l’espace dont ils ont la responsabilité».

D’un point de vue gĂ©ographique, pas moins des deux tiers de l’ensemble des vols, coups et blessures perpĂ©trĂ©s dans les transports en commun ont eu lieu en Ile-de-France. Plus soutenu selon le rapport «avec les trajets domicile-travail des Franciliens et les touristes qui visitent la rĂ©gion», le trafic des trains et des rames vĂ©hicule 25 % des vols et agressions perpĂ©trĂ©s dans l’agglomĂ©ration. «Alors que beaucoup de nos collègues ont Ă©tĂ© davantage sollicitĂ©s, la Brigade des rĂ©seaux ferrĂ©s n’a Ă©tĂ© renforcĂ©e par aucune sortie d’Ă©cole depuis un an alors qu’elle est passĂ©e sous la barre de mille fonctionnaires, dĂ©plore Yvan Assioma, secrĂ©taire rĂ©gional du syndicat Alliance Ă  Paris. Si l’on avait deux cents effectifs en plus, ce ne serait pas indĂ©cent au moment oĂą le trafic voyageurs risque encore de gonfler sous l’effet des mesures de restriction de circulation des automobilistes…»

Autre explication: les patrouilles, concentrĂ©es sur la lutte antiterroriste et mobilisĂ©es par le contrĂ´le des flux croissants de migrants dans les gares parisiennes, ont Ă©tĂ© contraintes de lever le pied sur les lignes des banlieues oĂą prospèrent les bandes. Relevant lui aussi une «forte progression des vols simples et des vols Ă  la tire», marquĂ©s par des hausses de 5,4 % et 4,6 % l’annĂ©e dernière en rĂ©gion parisienne, le prĂ©fet de police Michel Cadot confirme que «les Ă©quipes des rĂ©seaux ferrĂ©s ont Ă©tĂ© moins utilisĂ©es sur des contrĂ´les de trains» afin d’ĂŞtre en partie redĂ©ployĂ©es sur la protection de l’Euro 2016 et sur des «missions de sĂ©curitĂ© publique».

Toujours selon le Service statistique ministĂ©riel de la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure (SSMSI), le rĂ©seau parisien a Ă©tĂ© le théâtre de 56.887 vols et agressions l’annĂ©e dernière. La capitale, qui dĂ©tient le triste record en raison de la saturation de ses lignes souterraines, enregistre une «hausse sensible» des faits en un an.

«Hors Ile-de-France, les dĂ©partements du RhĂ´ne, des Bouches-du-RhĂ´ne, de l’HĂ©rault et de la Loire-Atlantique ont connu des hausses significatives», Ă©tablissent les experts. Par ailleurs, ils prĂ©cisent qu’au total pas moins de 9.909 prĂ©dateurs du rail ont Ă©tĂ© mis en cause pour des agressions sexuelles, des vols en tout genre ou encore des coups et blessures volontaires. Si 82 % d’entre eux sont de nationalitĂ© française, le rapport annuel souligne que «les deux groupes de nationalitĂ©s dominants chez les mis en cause Ă©trangers sont les nationalitĂ©s d’Afrique (28 %) et celles des 28 pays de l’Union europĂ©enne (15 %)».

«Parmi les 740 mis en cause Ă©trangers de moins de 15 ans dans les transports en commun, la Roumanie et la Bosnie-HerzĂ©govine» sont «surreprĂ©sentĂ©es», poursuivent les auteurs. Et de noter: «Ces deux nationalitĂ©s reprĂ©sentent 88 % de l’ensemble». Consciente de la dĂ©linquance qui Ă©corne son image, la SNCF a musclĂ© sans attendre la sĂ»retĂ© ferroviaire en portant ses effectifs Ă  3.200 hommes, soit 200 de plus en un an. Grâce Ă  un dĂ©cret pris Ă  l’automne, ces trains marshals Ă  la française vont gĂ©nĂ©raliser les patrouilles en civil pour agir par surprise. Dans leur collimateur? Les fraudeurs, mais aussi les auteurs d’attouchements sexuels qui se multiplient.

Christophe Cornevin

 

::: POLITIQUE

LE MONDE – 26/01/2017

Valls durcit le ton, au péril du rassemblement

Deuxième au premier tour, l’ancien premier ministre multiplie les attaques contre Benoît Hamon sur la laïcité.

C’est une loi d’airain en politique, les batailles les plus violentes se déroulent toujours à l’intérieur d’une même famille, d’un même clan. Celle qui oppose Benoît Hamon et Manuel Valls, pour le second tour de la primaire, ne fait pas exception. A cinq jours du vote, et à la veille d’un débat télévisé décisif, mercredi 25 janvier, l’ancien premier ministre, en retard de près de cinq points sur son rival, a décidé de lâcher ses coups. Au risque de rendre délicat le rassemblement des socialistes au lendemain du scrutin.

Dès le soir du premier tour, l’ancien chef du gouvernement a ciblé sans ambages M. Hamon, expliquant que sa victoire dimanche prochain conduirait à la « défaite assurée » du PS à la présidentielle. Depuis, il a multiplié les attaques contre son adversaire (un « marchand de sable ») et son revenu universel d’existence (« la ruine de notre budget »). Mais c’est surtout sur le terrain de la laïcité et la lutte contre l’islam radical que M. Valls a décidé de monter d’un ton.

Défendant mardi sur France Info « la lutte contre le communautarisme », il a jugé M. Hamon « ambigu » sur le sujet. Pour appuyer son propos, M. Valls s’est rendu dans la foulée à la Maison des femmes de Saint-Denis, en banlieue parisienne, pour expliquer qu’« aucune tradition culturelle dans la République ne peut admettre qu’on interdise à des femmes un lieu ou un espace public ». Allusion à la polémique déclenchée en décembre par les propos du député des Yvelines qui, invité à commenter un reportage montrant l’absence de mixité dans certains cafés de banlieues, avait expliqué qu’« historiquement, dans les cafés ouvriers, il n’y avait pas de femmes », semblant ainsi relativiser.

Désireux de discréditer M. Hamon, certains partisans de M. Valls ont même sous-entendu que l’élu de Trappes, l’une des villes françaises où la mouvance salafiste est particulièrement implantée, serait au mieux coupable d’indulgence envers l’islam radical, au pire sous influence. En off, ces proches expliquent ainsi que M. Hamon est « le candidat des Frères musulmans », selon Libération, ou qu’il est « soutenu par les Indigènes de la République », mouvement identitaire postcolonial. « Benoît Hamon est en résonance avec une frange islamo-gauchiste et fait un appel du pied électoral », a expliqué, mardi, dans le quotidien 20 Minutes, le député de l’Essonne et ancien président de SOS-Racisme, Malek Boutih, un des « snipers » de M. Valls.

« Une version dévoyée de la laïcité »

Ces différentes attaques ont provoqué l’ire de M. Hamon et de ses soutiens. « C’est du niveau du caniveau ! », a réagi, mardi, le directeur de sa campagne, Mathieu Hanotin, qui estime que M. Valls « joue sur les peurs et les instrumentalise ». « Cela nous rappelle Ali Juppé ! », a ajouté un porte-parole de M. Hamon, Alexis Bachelay, faisant référence à la campagne menée sur les réseaux sociaux par la mouvance identitaire contre Alain Juppé durant la campagne de la primaire de la droite. Mardi soir, M. Hanotin a demandé par courrier au premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, de dénoncer ces attaques qui installent, selon lui, « un climat nauséabond » contraire à la charte éthique de la primaire. Dans le cas contraire, l’équipe Hamon ne s’interdit pas de saisir la Haute Autorité.

Mercredi matin sur France 2, M. Hamon a accusé son adversaire de distiller un « poison ». « Je regrette que des personnes de ma famille politique relaient des attaques de l’extrême droite », a-t-il lancé. La veille, sur RFI, il avait observé que ce n’était pas lui qui avait « une version dévoyée de la laïcité » mais M. Valls, à qui « le Conseil d’Etat a rappelé ce qu’était la loi sur le burkini quand il s’est porté au secours des maires » voulant l’interdire.

Cette stratégie frontale fait débat au sein même de l’équipe de campagne de M. Valls. Certains de ses soutiens estiment que l’ancien premier ministre devrait se concentrer sur l’économique et le social, pour faire venir aux urnes un électorat plus âgé et sensible à la baisse des impôts ou à la hausse des pensions de retraites, proposées dans son projet.

« Cette violence ne lui apportera pas une voix »

Mais d’autres, à l’instar de M. Valls lui-même, assument ce durcissement, au nom d’une indispensable « clarification ». « Manuel Valls ne tape pas, il clive. A quoi servirait la semaine de campagne avant le second tour si elle ne permettait pas de distinguer clairement les profils des deux candidats ? », commente la ministre des familles, Laurence Rossignol, qui ne comprend pas cette « injonction à la douceur ». De son côté, le directeur de la communication de la campagne, Harold Hauzy, déplore « une volonté de nous enfermer dans une posture d’agressivité », pour éviter de parler des « sujets de fond ».

Reste que la fin de campagne de M. Valls sidère une partie des troupes socialistes. « Valls met une ambiance détestable entre les deux tours », s’agace le député de la Nièvre Christian Paul, ex-soutien d’Arnaud Montebourg. Karine Berger, députée des Hautes-Alpes, qui a soutenu Vincent Peillon, ne comprend pas, elle non plus, la ligne choisie par M. Valls. « Cela va crescendo en termes d’attaques, observe-t-elle. Cette violence ne lui apportera pas une voix. Et va faire des dégâts qu’il sera impossible de soigner après. »

Depuis leur avantin, les amis de François Hollande assistent au spectable, affligés. « Ça s’est emballé et c’est regrettable », note ainsi l’ancien ministre Frédéric Cuvillier, qui appelle au « calme ». Mercredi sur France Info, Stéphane Le Foll a indiqué qu’il ne voterait pas pour M. Hamon, mais « pour les idées (que lui, M. Le Foll, a) toujours défendues ». Incapable de dire explicitement qu’il voterait pour M. Valls, pour qui il nourrit un profond ressentiment, le premier des hollandais s’est contenté d’appeler à la « déduction ». Il a en outre recommandé d’« éviter » le « brutal » dans cette fin de campagne et rappelé « l’enjeu du rassemblement ».

Au PS, ils sont de plus en plus nombreux à redouter la « gueule de bois du lundi matin », au lendemain de cet entre-deux-tours à couteaux tirés. « On a du mal à voir le jour d’après, ou alors on le voit trop bien », soupire un proche de M. Hollande, qui imagine déjà une fuite de nombreux élus chez Emmanuel Macron dès la semaine prochaine.

Solenn de Royer et Bastien Bonnefous

LE PARISIEN – 26/01/2017

PrĂ©sidentielle : Macron monte au front pour se dĂ©fendre d’avoir profitĂ© d’argent public

 

Emmanuel Macron a démissionné du gouvernement le 30 août dernier.

Gourmand Emmanuel Macron ? Entre janvier et aoĂ»t 2016, le candidat aurait dĂ©pensĂ© une grande partie des frais de reprĂ©sentation de Bercy. Il se dĂ©fend de l’avoir fait pour son ambition personnelle.

Conscient que sa prise de parole, mercredi, n’avait pas Ă©teint le feu couvant, Emmanuel Macron a pris sa plume ce jeudi pour dĂ©noncer les accusations qui sont portĂ©es contre lui. Dans un livre consacrĂ© au ministère des Finances – Bercy, cette grande maison qui trĂ´ne au-dessus de la Seine Ă  Paris – , les journalistes Marion L’hour et FrĂ©dĂ©ric Says rĂ©vèlent que l’ancien ministre aurait utilisĂ© Ă  lui seul 80% de l’enveloppe annuelle des frais de reprĂ©sentation accordĂ©e Ă  son ministère en 2016. Selon eux, ce chiffre, couplĂ© aux reproches qui avaient Ă©tĂ© faits Ă  Macron au moment de la crĂ©ation d’En Marche de ne plus dĂ©fendre l’action gouvernementale, laisse Ă  penser qu’il aurait, les derniers mois, profitĂ© des moyens allouĂ©s Ă  sa fonction pour prĂ©parer sa campagne.

« Aucun centime du budget du ministère de l’Économie, de l’Industrie et du NumĂ©rique n’a jamais Ă©tĂ© utilisĂ© pour En Marche. Toute affirmation du contraire est purement et simplement diffamatoire » affirme le mouvement dans un long communiquĂ© intitulĂ© « Mensonges et contrevĂ©ritĂ©s : En Marche rĂ©pond ». Et de remercier « tous les anonymes bien intentionnĂ©s » qui montrent que Emmanuel Macron, ministre, « a dĂ©ployĂ© une activitĂ© exceptionnelle » Ă  Bercy. Le communiquĂ© Ă©voque « une loi Ă©conomique importante du quinquennat », omettant de rappeler qu’elle a Ă©tĂ© dĂ©finitivement adoptĂ©e en juillet 2015. Sans mettre en question le chiffre de 80%, le communiquĂ© prĂ©cise aussi que le ministre a oeuvrĂ© « sans relâche pour la refondation de l’Union EuropĂ©enne », un argument qui pourrait se retourner contre le candidat Ă  la prĂ©sidentielle.

« Recevoir au Ministère des acteurs extĂ©rieurs Ă  l’administration fait bien partie du rĂ´le et de la fonction d’un ministre qui ne saurait travailler en circuit fermĂ© et exclusif avec son administration », martèle encore le communiquĂ©.

Le chiffre pas remis en cause, l’objectif oui

« J’ai toujours respectĂ© les règles de la RĂ©publique avec beaucoup de scrupules », affirmait dĂ©jĂ  hier Emmanuel Macron sur RTL. Et ce jeudi, Michel Sapin a volĂ© au secours de son prĂ©dĂ©cesseur Ă  Bercy : « cette information n’a pas de sens. Macron n’a pas dĂ©pensĂ© plus que ce Ă  quoi il avait droit très naturellement dans un ministère comme le nĂ´tre », a affirmĂ© le ministre sur LCP. « Ce sont des mesquineries budgĂ©taires », a ajoutĂ© Michel Sapin, qui ne s’entendait pourtant pas forcĂ©ment bien avec Emmanuel Macron du temps oĂą ils Ă©taient tous deux. Il lui a toutefois reprochĂ© d’avoir levĂ© le pied après l’approbation de sa loi. « C’est une Ă©vidence. Il n’avait plus de projet de loi Ă  porter et il a, dès ce moment-lĂ , peut-ĂŞtre l’avait-il dĂ©jĂ  en tĂŞte, essayĂ© de travailler Ă  sa propre candidature », a-t-il assurĂ©.

Au printemps dernier, alors que son ambition prĂ©sidentielle se pressentait, l’intĂ©ressĂ© avait dĂ©jĂ  dĂ» dĂ©samorcer une polĂ©mique sur son patrimoine. Fin mai 2016, MĂ©diapart avait rĂ©vĂ©lĂ© que le ministre de l’Economie allait payer un rattrapage d’ISF pour 2013 et 2014 faute d’une Ă©valuation correcte de sa maison du Touquet. «Une erreur d’estimation» sans volontĂ© de minimiser son imposition, avait plaidĂ© Macron, s’arrĂŞtant surtout sur le caractère nausĂ©abond de cette rĂ©vĂ©lation.

 

L’OPINION – 26/01/2017

François Fillon: la déflagration

A la veille du lancement de sa campagne, le candidat de la droite est au cœur d’une polémique au sujet son épouse : elle aurait bénéficié d’emplois de complaisance. Sidération à droite

François Fillon était mercredi à Bordeaux afin de donner une image d’unité aux côtés d’Alain Juppé. Mais cette journée a été gâchée par les révélations du Canard Enchaîné sur son épouse. Selon l’hebdomadaire, l’ex-Premier ministre l’a embauchée comme assistante parlementaire durant des années. Et en 2012 et 2013, Penelope Fillon a été employée à La revue des deux mondes. Activité réelle ? Activité fictive ? La polémique bat son plein. Dans un communiqué, son mari s’étonne d’avoir « appris par la presse l’ouverture d’une enquête préliminaire » et « souhaite, pour rétablir la vérité, être reçu au Parquet national financier dans les plus brefs délais ».

François Fillon est tel un lapin dans les phares d’une voiture. Pour un candidat Ă  l’ElysĂ©e – a fortiori pour un favori – c’est un classique. Il arrive toujours un moment oĂą il est passĂ© au laser. En 2007, Nicolas Sarkozy avait dĂ» s’expliquer sur les conditions d’acquisition de la maison qu’il possĂ©dait alors Ă  Neuilly et le financement des travaux qu’il y avait effectuĂ©s. A pareille Ă©poque, SĂ©golène Royal, alors en couple avec François Hollande, avait, elle, Ă©tĂ© accusĂ©e d’avoir sous-estimĂ© son ISF.

Le Canard Enchaîné était à chaque fois à l’origine de ces deux polémiques. Dix ans plus tard, ce même hebdomadaire a plongé, le 25 janvier, le candidat de la droite à l’Elysée dans la tourmente. Selon le journal, François Fillon, alors député de la Sarthe, a embauché son épouse Penelope comme assistante parlementaire de 1998 à 2002, puis les premiers mois (six au minimum) de son mandat de député de Paris en 2012. De 2002 à 2007, alors que son mari était ministre du gouvernement Raffarin puis sénateur, elle l’a été de son suppléant sarthois à l’Assemblée, Marc Joulaud. Elle a ainsi perçu au total 500 000 euros bruts.

Le Canard Enchaîné ne s’arrête pas là. Il révèle que de mai 2012 à la fin de 2013, Penelope Fillon a été recrutée comme conseiller littéraire à La Revue des deux mondes, propriété du groupe Fimalac dirigé par Marc Ladreit de Lacharrière, percevant 100 000 euros bruts de salaire. Or, celle-ci n’aurait rédigé que deux notes de lecture sous pseudonyme.

« Misogynie ». L’entourage de François Fillon n’a pas démenti l’existence de ces emplois et salaires perçus. Dès la sortie du Canard Enchaîné, les éléments de langage adressés à ses porte-parole sont sans ambiguïté. « C’est fréquent que les conjoints des parlementaires soient leur collaborateur, à gauche comme à droite. Mme Fillon est diplômée. Elle a toujours travaillé, dans l’ombre car ce n’est pas son style de se mettre en avant », leur est-il notamment conseillé de répéter sur les ondes. La première partie de l’argument est juste : la pratique n’a rien d’illégale ; elle est fréquente au Sénat, comme à l’Assemblée nationale. Toute la question est de savoir si, dans le cas de Penelope Fillon, cela correspondait à des activités réelles.

C’est d’ailleurs sur ce terrain que François Fillon et les siens ont fait porter la contre-attaque. « Je vois que la séquence des boules puantes est ouverte. Je ne ferai pas de commentaire parce qu’il n’y a rien à commenter. Je voudrais simplement dire que je suis scandalisé par le mépris et la misogynie de cet article. Parce que c’est mon épouse, elle n’aurait pas le droit de travailler ? Imaginez un instant qu’un homme politique dise d’une femme, comme le fait cet article, qu’elle ne sait faire que des confitures. Toutes les féministes hurleraient », a répliqué François Fillon, en déplacement à Bordeaux, pour officialiser le soutien d’Alain Juppé.

« Parce que c’est une femme, il faudrait cantonner Penelope Fillon à la confection de confitures ou de tartes aux pommes ? », s’est étonné Bruno Retailleau, en charge de la coordination et de la stratégie de sa campagne.

Cette ligne de défense tiendra-t-elle ? A peine une demi-journée après la sortie du Canard Enchaîné, le parquet national financier a fait savoir qu’il ouvrait une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel afin de vérifier la réalité de l’activité de Penelope Fillon à l’Assemblée. Celle-ci a plusieurs fois, dans les médias, prétendu se tenir à l’écart de la carrière politique de son mari. « La vraie bombe à fragmentation, c’est La revue des deux mondes, confie, de son côté, un important élu LR. Cela peut être un abus de bien social. »

Même si la gauche et le FN n’ont pas rebondi sur l’affaire (eux-mêmes ont embauché nombre de leurs proches !), celle-ci arrive à un moment délicat pour François Fillon. Dimanche se tiendra le grand lancement de sa campagne, Porte de La Villette, à Paris. Cela se veut l’équivalent du raout du 14 janvier 2007 de Nicolas Sarkozy, Porte de Versailles, et du 22 janvier 2012 de François Hollande, au Bourget. Penelope Fillon ne peut pas ne pas être là. Habituée à la discrétion, elle sera cette fois traquée par les caméras de télévision. A la veille du premier tour de la primaire, alors que la victoire de son époux se profilait, son visage lors du grand meeting de celui-ci au Palais des Congrès de Paris avait déjà beaucoup marqué plusieurs élus. « Elle était livide », se souvient un proche.

Toboggan. Déjà avant cette polémique, le candidat était très attendu. L’ex-Premier ministre n’a pas su entretenir la dynamique née de son triomphe du 27 novembre. Il n’a pas su se dépêtrer de la polémique sur sa réforme de l’assurance-maladie. Dans les rangs de la droite, les voix dissonantes n’ont pas manqué. Le 25 janvier, une cinquantaine de parlementaires se sont réunis à l’initiative de Brice Hortefeux. « La tonalité générale, c’est que les gens étaient très inquiets de la campagne de François Fillon », rapporte un présent. « Fillon est en haut du toboggan. Il ne faut pas qu’il le prenne : cela dépendra à 50 % de son discours de dimanche et à 50 % du contexte », confie un autre.

« Le second tour de la primaire a montré qu’on ne savait pas gérer la polémique. On n’en est toujours pas sorti », reconnaît un membre de l’équipe Fillon. C’est tout l’enjeu du moment. La droite a été saisie par un profond effet de sidération après ses révélations sur son nouveau champion, dont elle ne doutait pas de la probité. L’ex-Premier ministre et son équipe sauront-ils cette fois adopter une communication de crise efficace ? S’exposer en pleine tempête, ce n’est pas la nature première du très orgueilleux François Fillon. Pourra-t-il y échapper, alors que son patrimoine, et notamment les activités de sa société de conseil, n’a pas fini d’être disséqué ?

Ludovic Vigogne

 

::: INTERNATIONAL

LE FIGARO – 26/01/2017

Les Grecs résistent à la carte bancaire, le travail au noir prospère

Depuis le 1er janvier, la loi impose le paiement par carte à un panel de métiers divers dans le but de réduire le volume colossal de transactions et de revenus qui échappent au fisc.

Dimitris Variamis a tout du plombier modèle. JuchĂ© sur sa moto, Ă  longueur de journĂ©e, zigzagant entre les bouchons des rues de Thessalonique, deuxième ville du pays, il est rarement en retard Ă  un rendez-vous. Son Ă©norme sacoche contenant tout son arsenal professionnel, de la clĂ© aux joints en caoutchouc, ne le quitte jamais. Toujours affable et souriant, il confie avoir «plusieurs fois rĂ©parĂ© des fuites bĂ©nĂ©volement dans des familles frappĂ©es par la crise et la brusque paupĂ©risation de la sociĂ©té». Mais, depuis le 1er janvier, Dimitris ne dĂ©colère pas. «On nous impose Ă  prĂ©sent d’avoir tous un terminal de paiement par carte bancaire, alors que je ne sais mĂŞme pas comment ça marche!»

Depuis la mise en place du contrĂ´le des changes, le 25 juin 2015, le gouvernement et les banques ont tentĂ© Ă  plusieurs reprises, de communiquer sur le bien-fondĂ© des paiements par carte. Et depuis le 1er janvier, la loi impose ces machines Ă  un panel de mĂ©tiers divers. Ă€ savoir: mĂ©decins, avocats, restaurants et tavernes, bars, Ă©lectriciens ou encore plombiers. Au total, 200.000 professionnels sont concernĂ©s. L’objectif est tout simplement de rĂ©duire le volume colossal de transactions et de revenus qui Ă©chappent au fisc.

Amende pour les récalcitrants

Les professionnels ont six mois pour s’Ă©quiper, sous peine d’amende, dont le montant n’est pas prĂ©cisĂ© mais qui pourrait s’inspirer de celle de 1000 euros infligĂ©e aux magasins n’ayant pas affichĂ© la possibilitĂ©, pour leurs clients, de payer par carte.

Pour Dimitris Variamis, au-delĂ  des problèmes techniques, «dans les Ă®les ou villages Ă©loignĂ©s des grandes villes, la grande majoritĂ© des personnes, âgĂ©es notamment, ne paient qu’en liquide. C’est culturel dans le pays. Quant aux autres, elles prĂ©fèrent Ă©viter le coĂ»t de la TVA et refusent les factures.» Le plombier peste aussi contre les banques qui «prennent 2 Ă  3 % de commission sur chaque transaction, alors que la norme europĂ©enne ne dĂ©passe pas 0,3 %». En prime, les plombiers ne veulent pas que l’État ait accès Ă  leur compte bancaire. Beaucoup sont surendettĂ©s, et, si leurs gains Ă©taient prĂ©levĂ©s directement pour payer leurs dettes, «ils n’auraient pas d’autres choix que de mettre la clĂ© sous la porte» s’insurge-t-il.

Son inquiĂ©tude, aujourd’hui, est partagĂ©e. De plus en plus de collègues ferment leur entreprise tout en continuant de travailler sans ĂŞtre dĂ©clarĂ©s, et, de facto, sans assurance. «L’État croit que nous filoutons le fisc, comme d’autres mĂ©tiers de service, mais avec ces mesures dont personne ne bĂ©nĂ©ficie finalement, et surtout pas le client, il nous pousse Ă  ne plus rien dĂ©clarer.»

Plus d’impĂ´ts, moins de recettes

C’est justement tout le problème qui se pose au gouvernement d’Alexis Tsipras. Il ne s’est pas contentĂ© de suivre Ă  la lettre les objectifs des crĂ©anciers publics (FMI, BCE, UE), mais, selon ses dĂ©tracteurs, il aurait mĂŞme fait du zèle. Le gouvernement a rĂ©ussi Ă  imposer six fois plus de taxes que celles demandĂ©es, mais le rĂ©sultat n’est pas celui escomptĂ©. Ainsi, les recettes de 2016 ne sont pas plus importantes qu’en 2015, malgrĂ© la première vague d’augmentation d’impĂ´ts. L’annĂ©e 2017 ne sera sans doute pas meilleure, malgrĂ© la pluie de nouvelles taxes. Pourtant, le ministère des Finances espère percevoir 900 millions d’euros de plus que l’an dernier, grâce aux taxes sur les cigarettes, la tĂ©lĂ©phonie mobile ou l’essence.

Les chiffres de 2017 prĂ©voient des recettes fiscales d’un montant total de 43,98 milliards d’euros, dont 3,1 milliards (soit plus de 7 %) qui pourraient provenir, entre autres, de la TVA sur le tabac. Mais les professionnels du secteur prĂ©voient une perte Ă©quivalente. «Parce que l’un des plus grands flĂ©aux du pays est la contrebande de cigarettes, qui touche 20 % du marché», avance Andreas Koutras, analyste financier. «Et c’est la mĂŞme chose dans tous les secteurs, car la consommation des mĂ©nages a chutĂ© de 50 %. Rares sont ceux qui peuvent payer leurs impĂ´ts, assure l’expert. «De surcroĂ®t, le coĂ»t du travail ne cesse de s’alourdir. Le nombre d’employĂ©s Ă  temps partiel a augmentĂ© de 20 % en deux ans. Ce qui signifie que les patrons dĂ©clarent de plus en plus de temps partiel, alors qu’en rĂ©alitĂ© les employĂ©s travaillent Ă  plein temps», conclut Andreas Koutras.

Une chose est sĂ»re: si les recettes n’augmentent pas dans les prochains mois, le gouvernement devra faire face Ă  un sĂ©rieux problème de liquiditĂ©s, qui pourrait relancer les scĂ©narios les plus dangereux pour le pays.

Alexia Kefalas

 

 

LE FIGARO – 26/01/2017

Les Européens observent les crispations turques avec inquiétude

Le durcissement du rĂ©gime en Turquie depuis le putsch ratĂ© du 15 juillet 2016 prĂ©occupe le Conseil de l’Europe.

La rĂ©pression qui sĂ©vit en Turquie inquiète les EuropĂ©ens. Ce mardi, le secrĂ©taire du Conseil de l’Europe s’est fĂ©licitĂ© d’avoir pu maintenir le contact avec Ankara, tout en affichant ses prĂ©occupations relatives au durcissement qui prĂ©vaut depuis la tentative de coup d’État du 15 juillet. En tout, quelque 100.000 personnes ont Ă©tĂ© touchĂ©es par les purges dans l’armĂ©e, la police, la justice, l’enseignement, la presse, l’administration et les entreprises. Alors que l’Ă©tat d’urgence, dĂ©crĂ©tĂ© après le putsch ratĂ© et reconduit Ă  plusieurs reprises, est toujours en vigueur, le Parlement turc a adoptĂ© samedi la fameuse rĂ©forme constitutionnelle en faveur d’un renforcement des pouvoirs du prĂ©sident Recep Tayyip Erdogan.

Le texte doit ĂŞtre soumis Ă  rĂ©fĂ©rendum au printemps. «Le pays souhaite aller vers un système plus prĂ©sidentiel de gouvernement, c’est une question qui relève de la dĂ©mocratie turque. NĂ©anmoins, demander au peuple d’apporter des changements aussi profonds Ă  la structure de l’État, alors que cet État se trouve dans le cadre d’un Ă©tat d’urgence, cela suscite des prĂ©occupations», a dĂ©clarĂ© Thorbjorn Jagland, devant l’AssemblĂ©e parlementaire du Conseil de l’Europe. Avant d’ajouter: «Dans un Ă©tat d’urgence, les droits civiques peuvent ĂŞtre soumis Ă  des restrictions. J’espère donc qu’il sera levĂ© avant que le rĂ©fĂ©rendum ait lieu.»

Libérer les journalistes détenus

Inquiet de la mise sous silence d’une partie de l’opposition, le secrĂ©taire du Conseil de l’Europe se pose aussi la question de la prĂ©sence de «contrepoids suffisants dans le système», Ă  la lecture du «contenu mĂŞme de ces amendements constitutionnels». L’AssemblĂ©e parlementaire du Conseil de l’Europe suit Ă©galement de près la rĂ©cente dĂ©gradation de la libertĂ© d’expression, notamment la fermeture de mĂ©dias et la dĂ©tention de journalistes, en vertu de dĂ©crets adoptĂ©s durant l’Ă©tat d’urgence. Elle appelle Ankara Ă  «remettre en libertĂ© les journalistes dĂ©tenus qui n’ont pas Ă©tĂ© inculpĂ©s pour participation active Ă  des actes de terrorisme».

Thorbjorn Jagland souligne toutefois que le dialogue se poursuit sur le dossier des personnes arrĂŞtĂ©es avec les autoritĂ©s turques et qu’il a permis d’obtenir quelques rĂ©sultats. Aussi, depuis lundi a-t-il constatĂ© que la garde Ă  vue a Ă©tĂ© ramenĂ©e de trente Ă  sept jours, mĂŞme si cette durĂ©e peut ĂŞtre prolongĂ©e par le procureur gĂ©nĂ©ral. L’accès Ă  un avocat est Ă©galement de nouveau possible avant le cinquième jour.

La Turquie a par ailleurs acceptĂ© de mettre en place une commission nationale de recours. Celle-ci devrait pouvoir prendre en compte les requĂŞtes dĂ©posĂ©es par les personnes affectĂ©es par des dĂ©crets-lois ayant entraĂ®nĂ© leur licenciement ou la fermeture des associations, fondations ou entreprises dans lesquelles elles Ĺ“uvraient. «Ces recours nationaux sont essentiels. Si la cour (europĂ©enne des droits de l’homme) est submergĂ©e de dizaines de milliers d’affaires venant de Turquie, ces citoyens pourraient se voir contraints d’attendre des annĂ©es avant qu’un arrĂŞt ne soit exĂ©cuté», a estimĂ© Thorbjorn Jagland. Il a nĂ©anmoins rappelĂ© que la Cour de Strasbourg serait toujours lĂ  pour recueillir les plaintes de ceux qui contesteraient les dĂ©cisions de cette commission ou des tribunaux turcs.

Delphine Minoui

 

 

LES ECHOS – 26/01/2017

Donald Trump instaure une politique migratoire extrĂŞmement restrictive

 

Donald Trump a confirmé, mercredi, son intention de bâtir un mur à la frontière mexicaine

Sept nationalités, issues du monde musulman, vont être interdites d’accès aux Etats-Unis (Syrie, Irak, Iran, etc). Trump confirme son intention de bâtir un mur à la frontière mexicaine mais se heurte à la résistance du Congrès.

VoilĂ  des dĂ©cennies que les Etats-Unis accueillent les persĂ©cutĂ©s du monde entier, des juifs d’Europe centrale aux anticommunistes chinois en passant par les opposants Ă  la rĂ©volution cubaine. Cette ouverture au monde est probablement rĂ©volue. Donald Trump doit signer plusieurs dĂ©crets, ces mercredi et jeudi, qui traduisent une volontĂ© farouche de fermer les frontières du pays, par peur de la menace terroriste et des cartels de drogues notamment.

Cette avalanche de dĂ©crets a un autre avantage, celui de dĂ©tourner l’attention des journalistes des sujets qui fâchent, tels la proximitĂ© qui unit la nouvelle administration et la Russie ou les conflits d’intĂ©rĂŞt qui menacent le prĂ©sident. « Donald Trump veut galvaniser sa base, après une prise de pouvoir particulièrement chaotique», estime un conseiller rĂ©publicain au SĂ©nat.

Des mesures importantes

Les mesures anti-immigration n’en sont pas moins importantes : l’accueil de rĂ©fugiĂ©s devrait ĂŞtre totalement suspendu pendant au moins trois mois, le temps que les Etats-Unis durcissent leurs contrĂ´les de dĂ©tection des profils dits « dangereux ». Les procĂ©dures amĂ©ricaines sont pourtant dĂ©jĂ  considĂ©rĂ©es parmi les plus exigeantes du monde : un Syrien, par exemple, doit compter jusqu’Ă  deux ans d’interviews et d’enquĂŞtes pour ĂŞtre acceptĂ© sur le sol amĂ©ricain. L’accueil de rĂ©fugiĂ©s reprendra ensuite, assure la Maison Blanche, mais Ă  un rythme deux fois moindre qu’aujourd’hui. Seuls 50.000 seront acceptĂ©s sur le sol amĂ©ricain cette annĂ©e, contre 110.000 sous l’ère Obama.

Les pays visés tous musulmans

Ce n est pas tout : les citoyens de sept pays musulmans devraient ĂŞtre totalement privĂ©s d’accès aux Etats-Unis (Syrie, Irak, Iran, YĂ©men, Somalie, Soudan et Libye), Ă  l’exception des chrĂ©tiens qui y sont persĂ©cutĂ©s. Nul ne sait combien de temps sera maintenue cette interdiction. Pendant la campagne dĂ©jĂ , Donald Trump avait fait miroiter la perspective d’interdire l’entrĂ©e de musulmans sur le territoire amĂ©ricain. Les mesures prĂ©sentĂ©es cette semaine en constituent une version Ă©dulcorĂ©e, certainement plus acceptable d’un point de vue constitutionnel. Des recours en justice sont toutefois fort probables, les pays visĂ©s Ă©tant tous musulmans : « Son discours de campagne ciblait clairement une religion. Les propos tenus par ses conseillers aussi », rappelle Hiroshi Motomura, professeur de droit Ă  l’UniversitĂ© de Californie Ă  Los Angeles.

Trump persiste sur la question du mur face au Mexique

Donald Trump a Ă©galement confirmĂ©, mercredi, son intention de bâtir un mur Ă  la frontière mexicaine -une provocation Ă  moins d’une semaine de la visite officielle du prĂ©sident mexicain . Mais le dĂ©cret qui devait ĂŞtre signĂ© mercredi n’est guère plus qu’une dĂ©claration d’intention : il ne garantit pas le fait que le projet aboutira un jour. Son coĂ»t est estimĂ© entre 10 et 20 milliards de dollars, une facture que ni les Mexicains ni les RĂ©publicains au Congrès ne souhaitent prendre en charge. MĂŞme les ministres de Donald Trump sont sceptiques : « Une barrière physique n’arrĂŞtera pas les cartels de drogues », a jugĂ© la semaine dernière le nouveau secrĂ©taire Ă  la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure, John Kelly.

Les villes protégeant les sans-papiers en ligne de mire

Le dĂ©cret de mercredi permettra d’allouer quelques dizaines de millions de dollars de crĂ©dits fĂ©dĂ©raux pour lancer le chantier au plus vite. Mais il faudra nettement plus pour en venir Ă  bout, et seul le Congrès sera habilitĂ© Ă  dĂ©bloquer les fonds nĂ©cessaires. Donald Trump s’en prend, enfin, aux villes sanctuaires (San Francisco, New York, Dallas, Miami, etc …) qui refusent de coopĂ©rer avec les autoritĂ©s fĂ©dĂ©rales pour expulser les sans-papiers. Le prĂ©sident menace de leur couper certains crĂ©dits fĂ©dĂ©raux. Une perspective inquiĂ©tante pour les 11 millions de clandestins qui vivent aux Etats-Unis aujourd’hui.

Lucie Robequain

 

 

 

Vous souhaitant une bonne journée.

 

Cordialement,

 

 

Elena NATALITCH

Service Presse, Communication / Formation

251, bd Pereire – 75852 PARIS Cedex 17

Tél. : 01 40 55 12 43

Fax : 01 40 55 12 40

elena.natalitch@medef-idf.fr

www.medef-idf.fr

https://www.facebook.com/medef.idf

 

 

 

 

Aller en haut