Revue de presse du MEDEF IDF du 1 Février 2017
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LA TRIBUNE – 02/02/2017
Île-de-France : nouvel accrochage entre la région et la métropole
Valérie Pécresse ne veut décidément pas de la métropole du Grand Paris.
La prĂ©sidente de la rĂ©gion ĂŽle-de-France impose Ă la mĂ©tropole du Grand Paris de prendre en charge le financement du logement social sur son pĂ©rimètre dès 2017. Problème, contrairement Ă ce qu’affirme la majoritĂ© rĂ©gionale, la mĂ©tropole n’en a pas la compĂ©tence.
Imbroglio autour de la politique du logement de la rĂ©gion ĂŽle-de-France. Le conseil rĂ©gional francilien a en effet votĂ© la semaine passĂ©e, comme annoncĂ©, une rĂ©duction de ses financements au parc locatif social francilien de 30 millions d’euros en 2017. Pour justifier cette baisse, la prĂ©sidente de la rĂ©gion ValĂ©rie PĂ©cresse avance le doublon sur la compĂ©tence Logement entre la mĂ©tropole du Grand Paris (MGP), créée en 2016, et la rĂ©gion. Ainsi dès cette annĂ©e, sur le territoire mĂ©tropolitain (Paris et les trois dĂ©partements de la petite couronne) la rĂ©gion impose implicitement Ă la MGP d’assumer le financement de cette politique du logement social, Ă l’exception notable des logements destinĂ©s aux jeunes et aux étudiants (dont les crĂ©dits rĂ©gionaux sont en hausse), et des logements sociaux situĂ©s dans les quartiers concernĂ©s par le nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). « Dans l’attente d’une clarification et d’une simplification institutionnelle, la RĂ©gion suspendra son financement du parc social dans le pĂ©rimètre de la mĂ©tropole dans la mesure oĂą il revient Ă celle-ci la compĂ©tence logement Ă partir du 1er janvier 2017 », est-il concrètement indiquĂ© en annexe de la dĂ©libĂ©ration du budget rĂ©gional.
La mĂ©tropole n’a pas encore la compĂ©tence logement !
Problème : en rĂ©alitĂ©, la mĂ©tropole n’a pas encore rĂ©cupĂ©rĂ© de compĂ©tence Logement ! Elle doit en effet Ă©laborer au prĂ©alable son plan de l’habitat et de l’hĂ©bergement (PMHH). Or, ce PMHH ne sera pas mis en Ĺ“uvre avant le courant de l’annĂ©e 2018, et il ne pouvait en ĂŞtre autrement, indique-t-on Ă la MGP. Sur ce point, la rĂ©gion se trompe, donc. La mĂ©tropole argue aussi que la manoeuvre du conseil rĂ©gional pourrait ĂŞtre juridiquement contestable, car elle crĂ©e une inĂ©galitĂ© de traitement entre les territoires d’ĂŽle-de-France. Mais la rĂ©gion assure le contraire. Par ailleurs, le vice-prĂ©sident chargĂ© du Logement Ă la rĂ©gion, Geoffroy Didier, rappelle qu’Ă la fin de l’Ă©tĂ© 2016, lors du comitĂ© rĂ©gional de l’habitat et de l’hĂ©bergement (CRHH), le prĂ©sident de la mĂ©tropole du Grand Paris Patrick Ollier aurait refusĂ© une proposition d’aide de la rĂ©gion Ă la mĂ©tropole pour Ă©laborer son PMHH. Face Ă ce refus, et « puisque la MGP a fait le choix politique de s’emparer de la compĂ©tence logement dès 2017, la rĂ©gion a laissĂ© la mĂ©tropole dĂ©finir seule sa politique du logement », explique Goeffroy Didier…
Sont-ce lĂ de futiles querelles politiciennes ? PlutĂ´t l’envie de la prĂ©sidente de la rĂ©gion ĂŽle-de-France d’affirmer une nouvelle fois son opposition Ă Â la mĂ©tropole du Grand Paris. « La mĂ©tropole, c’est un non-sens », expliquait ValĂ©rie PĂ©cresse à La Tribune il y a quelques mois. Selon elle, incontestablement, « la mĂ©tropole, c’est la rĂ©gion ! ». Elle rĂ©pète Ă qui veut l’entendre que rien n’est « pertinent en matière de rĂ©partition des compĂ©tences » entre les deux collectivitĂ©s. Critiquer sans relâche la MGP, c’est donc une manière pour ValĂ©rie PĂ©cresse d’ĂŞtre « cohĂ©rente politiquement » et d’imposer la simplification accrue territoriale qu’elle souhaite.
Les populations modestes, premières victimes
Mais in fine, ce sont les populations modestes de Paris et de la première couronne qui vont payer le coĂ»t cette guerre entre les deux Ă©chelons territoriaux. En 2017, il y aura donc 30 millions d’euros de financements en moins pour le logement social francilien, et donc in fine les mĂ©nages modestes qui seront pĂ©nalisĂ©s. Ce qui ne manque pas de rĂ©volter l’opposition rĂ©gionale : « La rĂ©alitĂ©, c’est que nombre de projets resteront dans les cartons, faute de financements, et que les collectivitĂ©s locales comme les bailleurs et les investisseurs renonceront », regrette dĂ©jĂ Mounir Satouri, le prĂ©sident du groupe Ă©cologiste au conseil rĂ©gional francilien. « Il n’y aura plus un euro pour le logement social Ă Paris et en petite couronne », a dĂ©noncĂ© CĂ©line MalaisĂ©, prĂ©sidente du groupe Front de Gauche au conseil rĂ©gional. MĂŞme son de cloches du cĂ´tĂ© du conseil mĂ©tropolitain : « il y a un trou, c’est irresponsable », dĂ©plorait Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers et prĂ©sident du groupe FDG Ă la MGP, alors que « rien n’empĂŞche une collectivitĂ© d’aider sur des champs qui ne sont pas les siens ». Las, la volontĂ© de cohĂ©rence et de simplification de la rĂ©gion semble plus forte que les Ă©ventuels dĂ©gâts sociaux qu’elle pourrait crĂ©er.
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L’USINE NOUVELLE – 02/02/2017
L’Île-de-France, cinquième destination mondiale pour les investissements internationaux
Avec 141 investissements directs en 2016, la région Île-de-France reste la cinquième destination mondiale pour les investissements internationaux. Elle figure, par ailleurs, au troisième rang pour les implantations de fonctions stratégiques.
L’ĂŽle-de-France reste la cinquième destination mondiale pour les investissements internationaux selon les derniers rĂ©sultats de l’observatoire des investissements internationaux dans les principales mĂ©tropoles dĂ©voilĂ©s mercredi matin Ă Paris.
Réalisée par l’association Paris-Ile-de-France Capitale Economique et KPMG cette étude dresse le bilan des investissements dits « greenfield », soit les implantations nouvelles créatrices d’emplois, dans 35 villes globales du monde et sur une période allant du 1er octobre 2015 au 30 septembre 2016.
Avec 141 investissements recensés contre 126 lors de la précédente édition de ce baromètre annuel, l’Île-de-France conforte sa cinquième place mondiale et son rang de leader en Europe continentale à bonnes distances devant Barcelone (9e, 98 investissements), Amsterdam et Dublin, respectivement 11e et 12e avec 92 opérations.
Londres très loin devant
L’ĂŽle-de-France rĂ©duit l’écart avec New-York (4e, 159 investissements) mais perd en revanche du terrain par rapport au trio de tĂŞte composĂ© de Hong-Kong (3e), Shanghai (2e) et surtout Londres (1e) la grande rivale europĂ©enne qui Ă©volue Ă des annĂ©es-lumière de Paris avec 364 implantations.
Cette insolente bonne santé de Londres a-t-elle été affectée par le Brexit ? « Il n’y a pas encore d’effets visibles du Brexit compte-tenu de la période de l’étude« , a expliqué Chiarra Corazza, directeur général de Paris-Ile-de-France capitale économique tout en rappelant que l’Île-de-France a plus que jamais l’ambition de « vouloir challenger », la capitale de la Grande-Bretagne.
La région-capitale progresse dans le sillage d’une Europe qui est la principale bénéficiaire de la hausse des investissements au plan mondial (+ 10,8 %). Le Vieux Continent dans son ensemble capte 36 % de ces investissements ce qui représente une augmentation de 22 %. Deux tiers de ces investissements ont été fléchés sur l’Europe de l’Ouest.
Liens étroits avec l’Amérique du Nord
« Les métropoles leaders en matière d’attractivité ont su développer un véritable business model constitué par des relations privilégiées avec certains pays » a souligné Nicolas Beaudoin, associé KPMG, directeur du développement Paris&Centre lors de la présentation.
L’ĂŽle-de-France est prisĂ©e des investisseurs europĂ©ens qui sont Ă l’origine de la moitiĂ© des implantations dont elle a bĂ©nĂ©ficiĂ©es. Mais elle entretient Ă©galement des liens Ă©troits avec l’AmĂ©rique du Nord qui reprĂ©sente 33 % des investissements Ă©trangers sur son territoire. En revanche, la rĂ©gion-capitale peine toujours Ă attirer les investissements asiatiques qui ne pèsent que 12 % de l’ensemble.
Paris-Île-de-France monte à la troisième place du podium du classement des métropoles pour l’accueil des fonctions stratégiques.
« Ce résultat est particulièrement satisfaisant car ces investissement qui concernent les quartiers généraux ou encore les centres de R&D sont particulièrement différenciants et porteurs de création de valeurs. C’est dans ce secteur que la compétition est la plus dure« , a relevé Chiarra Corazza.
« Miser sur l’innovation »
Autre satisfaction : Le quatrième rang de Paris au classement spĂ©cifique des investissements dans les services aux entreprises. Par contre la rĂ©gion-capitale occupe une dĂ©cevante dixième position – et vient mĂŞme après Dublin (9e) – au classement des implantations dans les services financiers. Un classement dont Londres est, comme ailleurs, leader avec cinq fois plus d’investissements !
« Ces résultats nous invitent à être plus ambitieux pour Paris-Ile-de-France : Notre région doit miser à fond sur l’innovation pour convaincre les investisseurs aussi bien asiatiques que Nord-Américains. Il s’agit de transformer les bons résultats sur les fonctions stratégiques en le dupliquant sur l’ensemble des investissements créateurs d’emplois« , a souligné Christian Nibourel, président de Paris-Île-de-France Capitale Economique.
Patrick Désavie
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L’OPINION – 02/02/2017
L’attractivité de Paris est restée intacte en 2016
Dernier bilan positif pour Chiara Corazza qui quitte la direction de Paris Ile-de-France capitale économique pour rejoindre le Women’s forum
Selon le classement KPMG réalisé pour Paris Ile-de-France capitale économique, la région capitale française est restée au cinquième rang pour l’accueil des investissements étrangers l’an dernier, malgré le terrorisme. Une dynamique qui s’appuie sur des facteurs structurels
Paris et la région Ile-de-France restent toujours aussi attractives. La région capitale avait chuté dans les classements en 2012 et 2013, en partie à cause de l’arrivée d’un président de gauche faisant la promotion de sa taxe à 75 % pour les revenus supérieurs à 1 million d’euros. Elle est revenue depuis au premier plan. C’est ce que confirme le baromètre KPMG réalisé depuis huit ans pour le compte de Paris Ile-de-France capitale économique.
L’an dernier, Paris s’est maintenue au 5e rang pour le nombre d’investissements « greenfield », c’est-à -dire créateurs d’emplois, avec près de 141 projets labellisés (une progression de 12 %). Il s’agit d’une vraie performance quand on sait que le classement a été réalisé entre le quatrième trimestre 2015 et le troisième trimestre 2016, ce qui signifie qu’il coïncide avec les tragiques attentats du 13 novembre 2015 à Paris et du 14 juillet 2016 à Nice. La preuve que cette tendance s’explique par des raisons structurelles, parmi lesquelles la création d’une métropole du Grand Paris, irriguée par un système de transport moderne.
Au-delà de ce phénomène propre à la région capitale, d’une manière générale, toutes les grandes métropoles mondiales ont vu leur nombre de projets augmenter, du fait de l’accélération des investissements réalisés dans le monde par les grandes entreprises internationales. Londres reste très loin devant, mais le sondage n’intégrait pas pleinement les éventuelles conséquences du Brexit, voté en juin. Paris a su se maintenir dans le wagon de tête.
Faiblesse asiatique. Tout n’est pas résolu pour autant, loin s’en faut. Le problème majeur de Paris est parfaitement identifié par les équipes de Paris Ile-de-France capitale économique et celle qui les a dirigées pendant quinze ans, Chiara Corazza : le manque d’intérêt asiatique. Seuls 12 % des investissements réalisés à Paris sont en provenance de l’Asie, contre 33 % venant des Etats-Unis. Une faiblesse globale, pourrait-on se rassurer du côté de Paris, puisque même à New York seulement 14 % des investissements proviennent de cette zone.
Pour le reste, les équipes de Paris Ile-de-France peuvent afficher de nombreux motifs de satisfaction, comme la forte progression dans le domaine du logiciel, avec 43 projets d’investissements, soit la 5e place mondiale. En revanche, malgré la solidité de ses banques et leur réputation, la capitale n’occupe que la 9e position en termes d’investissements financiers.
« Le Brexit est un défi autant qu’une opportunité extraordinaire, créant pour nous des possibilités immenses », se félicite Christian Nibourel, président de Paris Ile-de-France capitale économique. L’année qui s’ouvre sera, en effet, décisive pour attirer des grandes banques.
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:::Â ECONOMIE
LES ECHOS – 02/02/2017
Assurance-chômage : le président du Medef pris entre deux feux
La possible reprise des négociations sur l’assurance-chômage est dans les mains du président du Medef
Les partenaires sociaux diront le 15 février s’ils poursuivent ou non la négociation sur la réforme de l’Unédic. Tout dépendra de la décision du Medef, où deux camps continuent de s’opposer sur fond de bataille politique.
Ira ou ira pas ? Avec Pierre Gattaz, rien n’est jamais sĂ»r. Or la possible reprise des nĂ©gociations sur l’assurance-chĂ´mage est bel et bien dans les mains du prĂ©sident du Medef. Une partie des troupes patronales, Ă commencer par l’UIMM (mĂ©tallurgie), fait valoir que le contexte actuel est beaucoup plus porteur qu’au printemps dernier, oĂą la nĂ©gociation a capotĂ©. Plus de loi travail en arrière-plan, plus de risque de prises de position jugĂ©es intempestives du gouvernement. La voie est dĂ©gagĂ©e. A ceci près qu’une autre partie des adhĂ©rents du Medef, qui n’a jamais portĂ© le paritarisme dans son coeur, ou qui ne voit aucun intĂ©rĂŞt Ă se remettre autour de la table, en particulier s’il s’agit de taxer les contrats courts, refuse tout net un tel scĂ©nario.
Pour Jacques Chanut, le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration française du bâtiment, qui fait partie de ces derniers : « Quel est l’intĂ©rĂŞt de faire une nĂ©gociation maintenant si le candidat Ă©lu en mai veut faire table rase du système ? » Les opposants Ă une rĂ©ouverture des nĂ©gociations voient d’un bon oeil le fait que ni François Fillon ni Emmanuel Macron ne tablent sur le paritarisme. Le premier veut lĂ©gifĂ©rer par ordonnance s’il entre Ă l’ElysĂ©e, et le second veut Ă©tatiser le rĂ©gime. Du cĂ´tĂ© des partisans du dialogue social au sein du patronat, c’est justement pour cela qu’il est important de nĂ©gocier avant le mois de mai. Si accord il y a sur de nouveaux paramètres, il sera plus compliquĂ© pour le nouvel exĂ©cutif de passer outre que si le rĂ©gime reste rĂ©gi par un dĂ©cret faute d’accord entre les partenaires sociaux.
Enjeu politique
Le Medef Ă©tant divisĂ©, il revient au prĂ©sident Pierre Gattaz de trancher. L’exercice est compliquĂ©, car il ne s’agit pas que d’un dĂ©bat de fond, celui de savoir si le dialogue social est toujours utile en France. Il y a aussi un enjeu politique : faut-il donner raison Ă l’UIMM, qui dĂ©fend la nĂ©gociation ? Le patronat de la mĂ©tallurgie a beau ĂŞtre isolĂ©, il reste l’une des plus influentes fĂ©dĂ©rations du Medef. Et avec la rĂ©forme de la reprĂ©sentativitĂ© patronale, le mouvement a plus que jamais besoin de ses adhĂ©rents. Le prĂ©sident de l’UIMM, Alexandre Saubot, jouit par ailleurs d’une forme de proximitĂ© avec Pierre Gattaz (mĂŞme profil de chef d’entreprise notamment). Mais une partie des adhĂ©rents veut qu’Alexandre Saubot rentre dans le rang et veut mettre un terme Ă la toute puissance de la mĂ©tallurgie en matière sociale. Enfin, pour compliquer les choses, il est un candidat potentiel Ă la succession de Pierre Gattaz qui doit avoir lieu l’an prochain. « Pierre Gattaz est tiraillĂ© entre son penchant naturel qui ne le porte guère vers le dialogue social et le fait de ne pas vouloir dĂ©savouer Alexandre Saubot », estime un responsable patronal. Verdict le 13 fĂ©vrier, date du prochain conseil exĂ©cutif du Medef.
DĂ©jĂ , certains Ă©voquent l’idĂ©e qu’il pourrait proposer aux syndicats de poursuivre les discussions sans pour autant ouvrir de vraies nĂ©gociations, ce qui permettrait Ă Pierre Gattaz de sauver les apparences pour Alexandre Saubot. Encore faudrait-il que les syndicats acceptent un tel scĂ©nario…
LeĂŻla de Comarmond et Marie Bellan
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LES ECHOS – 02/02/2017
Les divisions patronales s’exacerbent
Francois Asselin, président de la CPME, a organisé une négociation sur la RSE. Mais ni le Medef, ni l’U2P n’ont répondu présent
La CPME a organisé une négociation sur la RSE dans les PME. Avec les organisations syndicales, mais sans le Medef et l’U2P.
D’habitude, il suffit de parler de responsabilitĂ© sociale et environnementale (RSE) pour que tout le monde soit d’accord. C’est un sujet plutĂ´t consensuel et dans l’air du temps. Mais, cette fois, c’est tout le contraire qui s’est produit. La CPME a voulu organiser une nĂ©gociation interprofessionnelle sur le sujet cette semaine. Et elle s’est retrouvĂ©e Ă parler avec les centrales syndicales, qui ont toutes rĂ©pondu prĂ©sent, mais sans ses deux partenaires patronaux, le Medef et l’U2P (ex-UPA) ayant dĂ©clinĂ© l’invitation au dernier moment.
La CPME avait pourtant bien fait les choses pour amadouer les autres organisations patronales, en prenant soin de poser deux prĂ©alables : la nĂ©gociation ne doit pas dĂ©boucher sur de nouvelles obligations pour les employeurs et elle doit respecter le principe d’une dĂ©marche volontaire. Le principe d’un label – sur des critères prĂ©cis et dans des domaines dĂ©finis – a Ă©tĂ© mis en avant afin d’exonĂ©rer les entreprises labellisĂ©es de contrĂ´le administratif sur les sujets concernĂ©s. Mais label RSE ou pas, c’est une tout autre raison qui a poussĂ© le Medef et l’U2P Ă rester en marge de la nĂ©gociation. Pour le premier, il n’est pas question de laisser la CPME prendre l’initiative sur une nĂ©gociation, fĂ»t-elle non inscrite Ă l’agenda social. Dans la tradition patronale, c’est le Medef qui reçoit les partenaires sociaux et c’est le Medef qui tient la plume. Ce qui lui donne une certaine influence sur l’issue des nĂ©gociations.
Quant Ă l’UPA, elle n’a guère apprĂ©ciĂ© que la CPME vienne lui chercher des noises (un courrier de contestation a Ă©tĂ© envoyĂ© Ă la Direction gĂ©nĂ©rale du travail) après son mariage avec l’Unapl. Pas question de lui faire le cadeau de se rendre Ă sa nĂ©gociation. A l’heure oĂą chacune des trois organisations rivalise d’imagination pour prouver sa lĂ©gitimitĂ© avant la rĂ©forme de la reprĂ©sentation patronale, la CPME vient de perdre une première manche.
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LE PARISIEN – 02/02/2017
Simplifions les factures pour éviter les faillites de PME !
Près de 40 PME mettent la clé sous la porte chaque jour à cause des retards de paiement. Une des raisons est la complexité des systèmes de facturation. Une mission se réunit dès demain pour trouver une solution.
L‘inventaire s’Ă©tale sur près de 20 pages. Pour Ă©tablir une « facture conforme », le fournisseur devra adresser un dossier papier, non pliĂ©, sans agrafe, avec le logo en haut Ă droite, le numĂ©ro de Siren en haut Ă gauche, etc. En cas d’impair, parfois Ă la virgule près, la facture ne sera pas acceptĂ©e… et la PME, pas payĂ©e. VoilĂ le quotidien de milliers de petits patrons, confrontĂ©s au cauchemar de la facturation imposĂ©e par les grands groupes. D’autant que chaque grande entreprise a sa propre nomenclature, son listing obligatoire. Un casse-tĂŞte pour les TPE-PME, qui perdent un temps prĂ©cieux Ă entrer dans les clous et, donc… Ă ĂŞtre rĂ©glĂ©es !
La preuve : près de 12 Mds€ sont en attente de versement entre les grandes et les petites entreprises. Pendant que les firmes font patienter leurs fournisseurs, entre 35 et 40 sociétés mettent la clé sous la porte chaque jour à cause des retards de paiement.
VoilĂ pourquoi le mĂ©diateur des entreprises, selon nos informations, rassemblera dès demain des reprĂ©sentants de tous les secteurs pour tenter d’enrayer l’hĂ©catombe. La mission, commandĂ©e par le ministre de l’Economie, Michel Sapin, et le secrĂ©taire d’Etat Ă la Simplification, Jean-Vincent PlacĂ©, doit permettre d’harmoniser les factures demandĂ©es par les grandes entreprises du privĂ© et du public.
Les paiements décalés pénalisent les TPE et PME
Le but est d’Ă©laborer, d’ici Ă septembre, un document unique pour tous les contrats signĂ©s en France. Avec, si possible, le dĂ©ploiement de factures numĂ©riques. « Aujourd’hui, les exigences sont les mĂŞmes, que la facture soit de 3 000 € ou de 3 M€, assure Pierre Pelouzet, le mĂ©diateur des entreprises. Un patron de PME ne peut pas faire face Ă cela. » D’autant qu’il y a toujours des PDG mal intentionnĂ©s, cherchant Ă gonfler leur trĂ©sorerie sur le dos de leurs fournisseurs en dĂ©calant les paiements.
Ceux-lĂ sont traquĂ©s par la RĂ©pression des fraudes et dĂ©sormais lourdement sanctionnĂ©s. N’empĂŞche : une faillite de TPE-PME sur quatre est liĂ©e Ă des retards de paiement. Il est donc grand temps de trouver des solutions. Et d’en faire un thème de campagne ? C’est ce qu’espère l’association d’entrepreneurs CroissancePlus, qui dĂ©voile aujourd’hui un livre blanc adressĂ© aux candidats Ă la prĂ©sidentielle.
Le mur des mauvais élèves
La liste des mauvais payeurs s’affiche en bonne place sur le site de la Direction gĂ©nĂ©rale de la consommation, de la concurrence et de la rĂ©pression des fraudes (DGCCRF). Depuis dĂ©cembre et l’entrĂ©e en vigueur de la loi Sapin 2, la DGCCRF* est tenue de publier chaque sanction prononcĂ©e contre une entreprise. Jusqu’ici, elles pouvaient ĂŞtre communiquĂ©es lors d’opĂ©rations de « name and shame » (« nommer et couvrir de honte », en anglais) pour dĂ©noncer les plus gros abus. DĂ©sormais, la liste est exhaustive. Sur le podium, figurent le groupe Accor et L’OrĂ©al, qui se sont vu infliger une amende au tarif maximal : 375 000 €. San Marina a dĂ» dĂ©bourser 332 000 €. Gare aux prochains mauvais payeurs : la loi Sapin 2 prĂ©voit dĂ©sormais une amende pouvant aller jusqu’Ă … 2 M€ !
Facturation des PME : « Un retard, et c’est l’effet domino »
Luc-Eric Krief, PDG de la PME SD2M
Des nuits blanches Ă prĂ©parer des arguments solides pour convaincre son banquier, Luc-Eric Krief en a connu quelques-unes. PDG de SD2M, une PME de plasturgie, ferronnerie et tĂ´lerie basĂ©e dans les Hauts-de-Seine avec 98 salariĂ©s, ce patron travaille au quotidien avec de grands groupes comme la Snecma, EDF, Carrefour, Auchan ou encore L’OrĂ©al.
La galère de la facturation, il en parle comme d’une Ă©preuve au dĂ©nouement alĂ©atoire : « Quand vous avez dĂ©jĂ travaillĂ© pour une grande boĂ®te, que vous avez Ă©pluchĂ© les 15 ou 20 pages qui expliquent comment faire une facture pour eux, c’est un bon dĂ©but. Mais après, votre facture commence un long pĂ©riple et doit traverser trois ou quatre services avant validation. »
Entre-temps, tout peut arriver. Exemples vĂ©cus : l’un des interlocuteurs est « en vacances » ou « malade », l’une des pièces du dossier « s’est Ă©garĂ©e dans les Ă©tages » ou, plus frĂ©quent, « un bug informatique a tout bloquĂ© ».
Et si la machine se grippe, l’engrenage infernal dĂ©marre alors. Il y a quelques mois, l’un des clients de Luc-Eric Krieg a rĂ©glĂ© sa facture avec quelques jours de retard. « Dans ce cas-lĂ , c’est l’effet domino, raconte le patron de la PME. J’ai dĂ» payer mes fournisseurs avec quelques jours de dĂ©calage. En bout de course, ce sont toujours eux, les plus petits, qui sont pĂ©nalisĂ©s. »
Déclassement et perte de crédibilité
En rĂ©glant son dĂ» en retard, le PDG de SD2M a aussi payĂ© les pots cassĂ©s. « J’ai Ă©tĂ© dĂ©classĂ© par les assurances, et certains fournisseurs ont donc hĂ©sitĂ© Ă retravailler avec moi. Aujourd’hui, la plupart m’imposent d’ĂŞtre payĂ©s au moment de la commande ou dès la livraison. Cela diminue clairement mon fonds de roulement. » Et aussi sa crĂ©dibilitĂ© auprès de son banquier. Le patron a dĂ» faire des contorsions pour expliquer sa situation Ă son conseiller. « A ce moment-lĂ , on perd dix jours en rendez-vous Ă remettre tout Ă flot, râle Luc-Eric Krief. Alors que l’on devrait ĂŞtre en train de prospecter pour de nouveaux contrats. »
* Documents consultables sur www.economie.gouv.fr/dgccrf/ sanctions-delais-paiement.
Aurélie LEBELLE
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LE FIGARO – 02/02/2017
La gestion des impĂ´ts locaux coĂ»te 3 milliards net Ă l’État
La collecte des taxes d’habitation, foncières et autres prĂ©sente des dĂ©faillances, dit la Cour des comptes.
La complexitĂ© a toujours un coĂ»t. La collecte des impĂ´ts locaux n’Ă©chappe pas Ă la règle. L’État dĂ©pense 4 milliards d’euros pour prĂ©lever, au nom des collectivitĂ©s locales, les taxes foncière et d’habitation, ainsi que la cotisation sur la valeur ajoutĂ©e (CVAE) et la cotisation foncière des entreprises (CFE), chiffre la Cour des comptes dans un rapport remis mercredi Ă la commission des finances de l’AssemblĂ©e nationale. Une ardoise jugĂ©e «significative» par les auteurs du rapport.
La Direction gĂ©nĂ©rale des finances publiques (DGFiP) de Bercy consacre en effet 14 % de ses effectifs et 17 % de ses crĂ©dits au prĂ©lèvement des impĂ´ts locaux. Or, «cette charge n’est plus que très partiellement compensĂ©e par des frais de gestion (facturĂ©s aux contribuables) qui ont perdu leur vocation», ont calculĂ© les magistrats de la Rue Cambon. Ces sommes sont en effet de plus en plus souvent reversĂ©es aux collectivitĂ©s afin de renflouer leurs finances, si bien que l’État n’en garde plus pour lui qu’un milliard d’euros. Reste donc une ardoise nette de 3 milliards, qui est due Ă un système qualifiĂ© de «particulièrement complexe et mouvant» par la Cour des comptes.
De fait, une grande partie des impĂ´ts locaux est assise sur les locaux d’habitation pour les particuliers et sur les locaux professionnels pour les entreprises. Or, ces bases souffrent parfois de «retards d’actualisation» – les valeurs locatives n’ont pas Ă©tĂ© réévaluĂ©es depuis 1970 – ou de «dĂ©faillances dĂ©claratives».
Collectivités épargnées
L’administration fiscale rencontre ensuite des difficultĂ©s pour identifier les contribuables redevables. Particulièrement en matière de taxe d’habitation, due par près de 90 % des foyers fiscaux (contre moins de la moitiĂ© pour l’impĂ´t sur le revenu). Sachant que 15 % des habitants changent de domicile chaque annĂ©e, tout le problème pour les services des impĂ´ts est de savoir qui habite où…
Le fisc doit ensuite dĂ©terminer si la personne bĂ©nĂ©ficie d’un abattement ou d’une exonĂ©ration de taxe d’habitation. Ce n’est pas une mince affaire, alors que plus d’un mĂ©nage sur trois redevable de cette taxe y a droit. RĂ©sultat, le taux de recouvrement est jugĂ© «globalement peu satisfaisant», Ă 90 % pour la taxe d’habitation (contre 99 % pour l’impĂ´t sur le revenu).
En outre, les contrĂ´les fiscaux ne produisent que des rĂ©sultats «modestes», regrette la Cour. Les droits redressĂ©s par le fisc reprĂ©sentent 0,6 % des recettes des impĂ´ts locaux, contre 1,5 % pour la TVA, 4 % pour l’impĂ´t sur le revenu et 14,3 % pour l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s. Ce faible rĂ©sultat s’explique tout simplement, selon les magistrats financiers, par le fait que «le recouvrement forcĂ© n’est pas une prioritĂ© pour la DGFiP, compte tenu de la dispersion des dossiers et de la faiblesse des sommes considĂ©rĂ©es». Logiquement, le fisc se concentre sur des impĂ´ts oĂą les redressements promettent d’ĂŞtre plus juteux, comme l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s.
Les collectivitĂ©s locales ne souffrent pas de ces diffĂ©rents manquements. En effet, l’État leur règle rubis sur l’ongle les recettes fiscales «thĂ©oriques», comme si les impĂ´ts locaux Ă©taient parfaitement prĂ©levĂ©s. Comme c’est loin d’ĂŞtre le cas, cela alourdit d’autant plus la facture pour l’État.
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LES ECHOS – 02/02/2017
VTC : Uber promet un « effort considérable » pour les chauffeurs
Des chauffeurs de VTC manifestant, mi-janvier, place de la Bastille Ă Paris, contre les plates-formes, au premier rang desquelles Uber.
La société américaine veut éviter une intervention du gouvernement dans sa politique tarifaire.
SommĂ© de prendre des mesures pour amĂ©liorer le revenu des chauffeurs de VTC, Uber s’efforce de garder la main. La plate-forme amĂ©ricaine s’est engagĂ©e mercredi à « un effort considĂ©rable » (sans donner plus de prĂ©cisions) en faveur des vĂ©hicules de transport avec chauffeur en difficultĂ©. Cette annonce a Ă©tĂ© faite lors de l’ultime rĂ©union avec Jacques Rapoport, le mĂ©diateur nommĂ© par le gouvernement , alors que ce dernier s’apprĂŞtait Ă prĂ©senter Ă la presse ses prĂ©conisations, qui sont dĂ©favorables Ă la start-up.
Après un mois et demi de consultations, Jacques Rapoport demande en effet Ă Uber « des mesures financières de redressement du revenu » des chauffeurs, une recommandation qui ne concerne que la plate-forme amĂ©ricaine, et pas ses concurrents français. Le mĂ©diateur justifie cette distinction par la position dominante de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine (80 % de part de marchĂ© environ), mais aussi parce qu’elle concentre les critiques. « Uber a focalisĂ© du dĂ©samour, le sentiment d’avoir Ă©tĂ© abandonnĂ© », avance-t-il.
Des écarts importants
Selon ses calculs, un chauffeur VTC « normalement efficace » gagne 1.700 euros mensuels nets, mais Ă condition de travailler 60 heures par semaine, sans congĂ©s payĂ©s, et avec une protection sociale qui ne compense pas la perte de revenu en cas de maladie. De surcroĂ®t, les Ă©carts sont importants : « Certains gagnent plus, d’autres moins, beaucoup moins », estime le mĂ©diateur. Et c’est encore pire pour les chauffeur sous statut Loti utilisĂ© pour contourner la lĂ©gislation VTC. Ceux-ci, du fait de charges plus Ă©levĂ©es, gagneraient Ă peine le SMIC, voire moins.
Ces situations dĂ©gradĂ©es justifient donc pour Jacques Rapoport un geste financier de la part d’Uber, dont il ne prĂ©cise pas la nature, mais qui pourrait ĂŞtre un retour du taux de commission prĂ©levĂ©e sur chaque course de 25 % Ă 20 %. Le mĂ©diateur appelle Ă©galement l’ensemble des plates-formes Ă mettre en place un « accompagnement professionnel » pour les chauffeurs en situation de prĂ©caritĂ©.
Si les difficultĂ©s de ces derniers devaient persister, Jacques Rapoport recommande au gouvernement une « intervention lĂ©gislative », qui pourrait ĂŞtre la fixation d’un tarif horo-kilomètrique minimum. Une mesure qui viendrait entraver la libertĂ© tarifaire du secteur et ne serait certainement pas du goĂ»t d’Uber.
Les associations de VTC très critiques
En annonçant Ă la dernière minute « un dispositif financier, technique et humain d’envergure pour accompagner les chauffeurs en difficultĂ© », Uber semble donc devancer la demande du mĂ©diateur. Celui-ci a saluĂ© « un pas important », tout en reconnaissant que les associations de VTC, elles, restaient très critiques. Car la proposition d’Uber reste floue (« les contours exacts restent Ă dĂ©finir dans les jours Ă venir », reconnaĂ®t la start-up), et surtout l’« effort considĂ©rable » annoncĂ© n’est pas chiffrĂ©. La sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine va devoir rapidement prĂ©ciser sa proposition. Jacques Rapoport a indiquĂ© qu’il allait s’y employer dans les jours Ă venir.
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LE FIGARO – 02/02/2017
L’appel au secours des commerces de centre-ville
INFO LE FIGARO – LaminĂ©s par la concurrence des centres commerciaux de pĂ©riphĂ©rie et d’Internet, ils veulent l’Ă©quitĂ© fiscale et des aides Ă l’investissement. Six fĂ©dĂ©rations remettent un livre blanc aux candidats Ă l’Ă©lection prĂ©sidentielle.
Interdire la crĂ©ation de nouveaux centres commerciaux hors des villes. Cette proposition choc n’Ă©mane ni de partisans de la dĂ©croissance ni de militants anticonsumĂ©risme. Au contraire, elle est faite par six fĂ©dĂ©rations reprĂ©sentant 260 enseignes spĂ©cialisĂ©es (Decathlon, Zara, Fnac, H&M, Darty…), plus de 100.000 magasins et près d’un million d’emplois. Ces dernières s’apprĂŞtent Ă remettre aux candidats Ă l’Ă©lection prĂ©sidentielle et aux maires un livre blanc baptisĂ© «12 Propositions pour dĂ©velopper le commerce», dont Le Figaro rĂ©vèle la teneur.
«Nous demandons un moratoire sur les ouvertures de surfaces commerciales hors des centres-villes. C’est la seule façon de crĂ©er des centres d’attraction dans les villes», explique RĂ©gis Schultz. PDG de Darty jusqu’Ă son rachat par la Fnac, l’actuel patron de Monoprix est prĂ©sident de l’Alliance du commerce, qui regroupe trois des six fĂ©dĂ©rations Ă l’origine du livre blanc.
Peu visible dans les grandes mĂ©tropoles, le phĂ©nomène de dĂ©vitalisation commerciale des centres-villes vire au flĂ©au social dans bon nombre de citĂ©s de moins de 100.000 habitants. Si le taux de vacance commerciale (proportion de boutiques vides) est passĂ©, en moyenne, de 6,1 % en 2001 Ă 10,4 % en 2015, 89 des 187 municipalitĂ©s Ă©tudiĂ©s par l’Institut pour la ville affichent un taux supĂ©rieur Ă 10 %. Parmi les plus touchĂ©es figurent BĂ©ziers, Châtellerault, Forbach et Annonay, oĂą plus de 20 % des magasins sont fermĂ©s.
La vague des fermetures dĂ©bute par les commerces les plus vulnĂ©rables, et pas seulement les quincailleries. Les plus touchĂ©es sont les boutiques d’habillement multimarques indĂ©pendantes. Elles souffrent Ă la fois de la baisse du marchĂ© global et de la triple concurrence des jeunes enseignes monomarques, d’Internet et des centres commerciaux qui fleurissent en pĂ©riphĂ©rie, voire loin des villes et deviennent des lieux de destination, tels ceux d’Unibail (lire ci-dessous).
Leur fermeture sans repreneur entraĂ®ne celles d’autres petits commerces et restaurants, qui prĂ©fèrent parfois se dĂ©localiser dans les centres commerciaux. «Cette situation impacte gravement les villes moyennes les plus fragiles, touchĂ©es par la dĂ©sindustrialisation et la rationalisation administrative, Ă l’Ă©cart du dynamisme des nouvelles zones mĂ©tropolitaines, souligne le livre blanc. L’activitĂ© tend Ă se concentrer autour de l’agglomĂ©ration parisienne et de quelques grands pĂ´les mĂ©tropolitains rĂ©gionaux, tandis que le reste du pays, constituĂ© de territoires ruraux et de villes petites et moyennes est trop souvent menacĂ© par le dĂ©crochage Ă©conomique, dĂ©mographique et commercial.»
Spirale infernale
Les villes touchĂ©es entrent dans une spirale infernale, avec des fermetures d’Ă©coles, cinĂ©mas, restaurants, services d’urgence, cabinets mĂ©dicaux et bureaux de poste. «Un processus de rĂ©gression se met en place, poursuivent les auteurs du rapport. La vacance commerciale s’accompagne d’un taux de chĂ´mage et de pauvretĂ© Ă©levĂ© et d’une baisse de la population accĂ©lĂ©rant la perte d’attractivitĂ© Ă©conomique.»
Face aux origines multiples de la dĂ©sertification de certains centres-villes, l’Alliance du commerce propose une batterie de solutions rĂ©glementaires et fiscales. La plus radicale, l’interdiction de nouveaux centres commerciaux, est inspirĂ©e de l’exemple d’Angers. Le maire et prĂ©sident de la communautĂ© d’agglomĂ©ration, Christophe BĂ©chu, a dĂ©crĂ©tĂ© un moratoire jusqu’en 2020 sur la crĂ©ation de nouvelles zones commerciales en entrĂ©e de ville, afin «d’Ă©viter de fragiliser davantage le commerce de centre-ville».
Outre le moratoire national, le livre blanc rĂ©clame un assouplissement de la fiscalitĂ© sur les commerces de centre-ville, pour s’adapter Ă l’activitĂ©. «En France, on a multipliĂ© les taxes sur le commerce, rappelle RĂ©gis Schultz. C’Ă©tait d’autant plus facile que les gouvernements estimaient que l’activitĂ© n’Ă©tait pas dĂ©localisable. Ces impĂ´ts assis sur les surfaces de vente sont des frais fixes, qui deviennent insupportables quand le chiffre d’affaires baisse.»
Ă€ la taxe foncière s’ajoutent en effet rien moins que la taxe sur les ordures mĂ©nagères (due mĂŞme par les magasins qui recyclent tout), la contribution foncière des entreprises, la taxe sur les surfaces commerciales (Tascom) et la taxe locale sur la publicitĂ© extĂ©rieure… «En cinq ans, le chiffre d’affaires des boutiques de prĂŞt-Ă -porter a baissĂ© de 20 %,rappelle RĂ©gis Schultz.Du coup, la part du chiffre d’affaires consacrĂ©e aux loyers est passĂ©e de 10 % Ă 15 %, celle aux taxes de 2 % Ă 5 %.»
La vraie menace est Ă venir, avec la rĂ©forme des valeurs locatives cadastrales, entrĂ©e en vigueur en janvier. «La taxe foncière va augmenter de 50 % sur dix ans avec l’actualisation Ă la valeur du marchĂ© de la valeur locative, qui touche en particulier les centres-villes, rappelle le patron de l’Alliance du commerce. Les commerçants ne vont s’en rendre compte qu’au moment du paiement de la taxe foncière en septembre, cela va ĂŞtre dramatique.»
Le livre blanc rĂ©clame donc une fiscalitĂ© plus douce, dĂ©pendant de l’activitĂ© et non de coĂ»ts fixes.«La taxe foncière coĂ»te aussi cher Ă collecter qu’elle rapporte, poursuit le prĂ©sident de l’Alliance du commerce. L’idĂ©al serait une taxe sur le chiffre d’affaires, mais c’est impossible et trop compliquĂ©. Égalisons les chances avec les e-commerçants. Il faut transfĂ©rer les cinq impĂ´ts assis sur la taxe foncière sur la cotisation sur la valeur ajoutĂ©e.»
Ultime proposition, une dĂ©rogation destinĂ©e Ă faire venir les enseignes spĂ©cialisĂ©es dans les centres-villes. Dans certaines zones, et pour les surfaces de moins de 2 000 m2, ces dernières seraient ainsi exonĂ©rĂ©es de l’examen de passage devant la Commission dĂ©partementale d’amĂ©nagement commercial. La garantie de la revanche des centres-villes?
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LE MONDE – 02/02/2017
Yannick Jadot : « Je ne rentrerai pas dans des bidouillages d’appareils »
Le candidat d’Europe Ecologie-Les Verts à la présidentielle raconte au « Monde » sa rencontre, mardi, avec Benoît Hamon, pour discuter d’un éventuel rapprochement.
Le déjeuner a eu lieu, mardi 31 janvier, au Dôme, un restaurant près du QG de campagne de Benoît Hamon dans le 14e arrondissement de Paris. Yannick Jadot, candidat d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), y a retrouvé le vainqueur de la primaire organisée par le Parti socialiste pour explorer leurs éventuels points de convergence. « Un point de départ », pour M. Jadot. Pour l’heure, aucun autre rendez-vous n’a été fixé avec le socialiste qui a, par ailleurs, rencontré, en fin de journée, David Cormand, secrétaire national d’EELV.
Comment s’est passé votre déjeuner avec Benoît Hamon ?
Ce n’est qu’un point de départ, mais nous avons partagé le même diagnostic sur un espace qui couvrirait l’écologie, le social, l’Europe et la démocratie. Nous avançons aussi sur l’idée que toute nouvelle dynamique doit déborder les appareils politiques.
Y a-t-il eu des avancées concrètes ?
Non, mais nous souhaitons prendre très vite une initiative sur l’Union européenne dans la perspective du 60e anniversaire du traité de Rome. L’idée est d’avoir une expression commune sur la refondation de l’Europe et de ce que devrait être la position française sur ce sujet.
Que signifie « déborder les appareils politiques » ?
Il y a un ras-le-bol des arrangements entre partis politiques. Je ne rentrerai pas dans des bidouillages d’appareils. C’est voué à l’échec. Les primaires écologiste et socialiste ont dépassé les seuls adhérents. Il faut poursuivre et ouvrir toujours plus pour intéresser autour d’idées et pas simplement autour de l’homme providentiel.
A-t-il été question, dans le cadre d’un rapprochement, de votre retrait à la présidentielle ?
Aucunement. Ce n’est pas le sujet. L’urgence, c’est de dépasser les ego pour parler projet et de dépasser les appareils pour parler aux Français. On parlera des personnes après.
Vous avez mis dans le débat deux sujets que vous jugez essentiels : une loi de sortie du nucléaire et la proportionnelle aux législatives. Que vous a répondu M. Hamon ?
Qu’ils allaient regarder de leur côté. On n’a topé sur rien. Mais c’était important de savoir si on avait potentiellement des choses à discuter ensemble.
Comment peut-il maintenir l’unité de son parti sans dénaturer son projet ?
C’est son sujet. Hamon m’a assuré ne pas vouloir bouger de son projet. Je le crois sincère, ce n’est pas le problème. Mais il doit construire son espace et sa distance plus ou moins forte avec les compromis foireux du Parti socialiste. Son score lui permet de s’émanciper et de s’inscrire dans ce qui peut être la grande aventure politique de cette présidentielle. Sinon, le PS le rétrécira, la confusion s’installera et la dynamique retombera.
Comment sont vécues ces discussions dans votre parti ?
Positivement. Nous sortons tellement essorés de ce quinquennat qu’il y a un appétit pour le grand large. Nous sommes dans un pays au bord de la rupture, qui peut basculer sur le pire – Marine Le Pen – ou sur quelque chose qui soit écolo, social et européen. Nous sommes face à l’Histoire. Et je veux que la France se rassemble autour d’un projet positif.
Certains à EELV veulent un accord aux législatives…
Je ne suis pas là pour sauver des circonscriptions de parlementaires dans un jeu d’appareils. Si on fait ça, nous sommes définitivement morts. Mais s’il y a une grande dynamique, évidemment que ça bousculera les législatives. Il faut une majorité parlementaire derrière. Ça ne peut pas être la majorité actuelle qui n’a jamais rien fait de ce qu’il fallait sur l’écologie.
Que répondez-vous à Noël Mamère (député de Gironde) et Michèle Rivasi (députée européenne EELV) qui plaident pour « une candidature unique de la gauche progressiste et écologiste » ?
J’ai été surpris que l’Europe et la démocratie soient évacuées aussi facilement. Si on doit commencer à cacher ces gros sujets pour faire plaisir à Jean-Luc Mélenchon, on a un souci. Il faut au contraire discuter avec lui sur la question européenne et géopolitique pour sortir de la confusion.
- Mélenchon, lui, semble avoir fermé la porte à toute discussion…
Il est déstabilisé par le paysage politique qui arrive : il se prépare depuis un an à combattre le président sortant ou son représentant et se retrouve dans une situation très décalée avec face à lui quelqu’un qui était critique de la ligne gouvernementale et qui projette un horizon. On doit tous intégrer cette nouvelle donne.
Est-ce que la gauche telle que vous la souhaitez pourrait être au second tour ?
Oui, il y a un espace. Macron a bien compris que la clarification du projet se ferait à son détriment donc il le repousse sans cesse. Ça peut être la vraie nouveauté qui bouscule le jeu politique. Nous sommes dans une situation totalement inédite dans notre pays de destruction/recomposition politique. C’est une formidable opportunité. Est-ce que chacun reste dans son cadre et les pires gagneront ou est-ce qu’on en sort pour redonner de l’espoir ?
François Fillon peut-il encore être candidat après les révélations du « Canard enchaîné » ?
Il est disqualifié. Il a joué dans cette campagne la probité par rapport à la droite bling-bling d’un Nicolas Sarkozy. Mais sa droite de l’argent sous le matelas n’est pas plus glorieuse ni morale que celle de Sarkozy. Quelle que soit la légalité des contrats, ce qu’il a fait est profondément choquant. Marine Le Pen est d’ailleurs tout aussi embourbée dans les affaires d’assistants parlementaires que François Fillon.
Appelez-vous toujours les candidats à la présidentielle à faire une déclaration d’intérêts qui mentionne leurs revenus mais aussi la source de ces revenus ?
Plus que jamais ! Il faut absolument réconcilier les Français avec la politique autour de la transparence. Qu’un député fictif [François Fillon], qui n’a eu que 12 % de temps de présence à  l’Assemblée et qui a quadruplé son salaire avec une société de conseil, se permette de dire « secret commercial sur mes clients », c’est inacceptable.
Raphaëlle Besse Desmoulières
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LES ECHOS – 02/02/2017
Ce que propose Macron pour rĂ©former l’impĂ´t sur la fortune
Le candidat d’En marche souhaite restreindre l’ISF Ă l’immobilier.
Cette réforme amputerait de moitié les recettes de cet impôt.
« PrivilĂ©gier le risque face Ă la rente », disait Emmanuel Macron lorsqu’il Ă©tait encore ministre de l’Economie. Cette dĂ©claration vient de trouver une dĂ©clinaison dans son programme pour la prĂ©sidentielle, dont il commence Ă dĂ©voiler les grandes lignes. Le candidat d’En marche a annoncĂ© mercredi sur France Inter son intention de « rĂ©former en profondeur » l’impĂ´t de solidaritĂ© sur la fortune (ISF) en supprimant « la part qui finance l’Ă©conomie rĂ©elle », c’est-Ă -dire la dĂ©tention d’actions, pour en faire un « impĂ´t sur la rente immobilière ».
En clair, Emmanuel Macron souhaite que l’ISF ne soit calculĂ© que sur la valeur du patrimoine immobilier. « L’ensemble des valeurs mobilières en seraient exclues », souligne-t-on dans son entourage. Exit donc l’assurance-vie et les investissements en actions. L’ex-ministre de l’Economie a prĂ©cisĂ© qu’il maintiendrait « l’abattement sur la rĂ©sidence principale », mais aussi l’exonĂ©ration pour les oeuvres d’art. Le barème actuel, pourtant relativement pĂ©nalisant dans un contexte de taux d’intĂ©rĂŞt bas, resterait inchangĂ©. Idem pour le seuil d’entrĂ©e, qui resterait Ă un niveau de patrimoine de 1,3 million d’euros. En revanche, le candidat n’a pas prĂ©cisĂ© ce qu’il ferait du plafonnement ISF, mĂ©canisme qui limite l’impĂ´t Ă 75 % des revenus. Sur la fiscalitĂ© des revenus du capital, ses propositions devraient ĂŞtre connues dans une dizaine de jours, sachant qu’il propose dĂ©jĂ d’alourdir la CSG pour financer des baisses de cotisations salariales (lire ci-dessous).
Position médiane
Alors que le sondage Elabe pour « Les Echos » et Radio Classique l’a propulsĂ© au rang de favori Ă la prĂ©sidentielle, Emmanuel Macron adopte sur l’ISF une position mĂ©diane, entre la droite qui propose de supprimer cet impĂ´t et le candidat du PS, BenoĂ®t Hamon, pour qui l’alourdissement des impĂ´ts sur le foncier doit financer le revenu universel. Selon le leader d’En marche, sa proposition amputerait de moitiĂ© les recettes de l’ISF (5,2 milliards en 2016). « Mais vous attirez Ă nouveau du capital », assure-t-il. ExonĂ©rer la dĂ©tention d’actions vise Ă limiter les fuites de capitaux, et Ă encourager les Français Ă investir davantage en actions, alors qu’aujourd’hui les conditions sont assez encadrĂ©es. Les biens professionnels sont exonĂ©rĂ©s d’ISF, mais le patrimoine d’un entrepreneur devient assujetti dès qu’il revend sa sociĂ©tĂ©. Ce qui pousse un certain nombre d’entre eux soit Ă quitter la France, soit Ă bâtir des montages complexes pour Ă©chapper Ă l’impĂ´t.
«Venant de gauche », l’ancien conseiller de François Hollande s’est permis de critiquer la suppression du bouclier fiscal, un totem de la droite devenu si embarrassant pour l’ex-prĂ©sident Nicolas Sarkozy que ce dernier avait dĂ» y renoncer. « Depuis la fin du bouclier, beaucoup de contribuables sont partis, beaucoup de jeunes crĂ©ateurs d’entreprises aussi », a-t-il dĂ©clarĂ©. Un message en contradiction avec la communication du gouvernement face aux chiffres inquiĂ©tants des dĂ©parts des contribuables aisĂ©s Ă l’Ă©tranger. Bercy a toujours avancĂ© que cette augmentation Ă©tait un effet de la mondialisation et d’une plus grande mobilitĂ© chez les travailleurs internationaux.
Ingrid Feuerstein
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LES ECHOS – 02/02/2017
Comment Macron veut doper le pouvoir d’achat au niveau du SMIC
L’ex-ministre, candidat Ă la prĂ©sidentielle, veut augmenter de 50 % la prime d’activitĂ© et supprimer 10 points de cotisation au niveau du SMIC.
Aux antipodes de BenoĂ®t Hamon et de son projet de revenu universel , Emmanuel Macron se prĂ©sente comme « le candidat qui permet aux Français de vivre de leur travail ». « Le travail, ça n’est pas un malheur. C’est votre capacitĂ© Ă trouver votre place dans la sociĂ©tĂ©, Ă vous construire, Ă vous sortir de votre condition », a martelĂ© le leader du mouvement En Marche sur France Inter ce mercredi. Il a annoncĂ© vouloir baisser de 10 points les charges sociales au niveau du SMIC, et revaloriser de 50 % la prime d’activitĂ©, qui concerne Ă©galement les bas salaires.
Pour redonner du pouvoir d’achat aux petits salaires, et inciter les chĂ´meurs Ă reprendre un emploi, Emmanuel Macron compte d’abord muscler la prime d’activitĂ©, qui a remplacĂ© le RSA activitĂ© et la prime pour l’emploi il y a un an. Avec un taux de recours de 70 % (contre 33 % pour le RSA activitĂ©) et un budget de 4,4 milliards, ce dispositif ciblant les travailleurs pauvres a prouvĂ© son efficacitĂ©. Le ciblage actuel concentrĂ© sur les personnes gagnant 0,8 Ă 1 SMIC, et s’Ă©teignant Ă 1,3 SMIC, serait conservĂ©. Mais on ajouterait 2,1 milliards d’euros par an. La prime d’activitĂ© pour un smicard cĂ©libataire sans enfants est aujourd’hui de 132 euros par mois ; elle passerait Ă 212 euros.
La fin des cotisations salariales maladie et assurance-chĂ´mage
A ce gain de 80 euros par mois au niveau du SMIC, il faudrait ajouter 20 euros grâce Ă la rĂ©forme de la protection sociale. Certaines protections qui relèvent aujourd’hui de l’assurance doivent reposer sur la solidaritĂ©, estime le candidat. C’est le cas de la maladie – puisque le droit d’ĂŞtre soignĂ© est dĂ©jĂ universalisĂ© – mais aussi du chĂ´mage, dans une sociĂ©tĂ© qui se prĂ©carise. Les cotisations salariales maladie seraient donc supprimĂ©es, ainsi que les cotisations d’assurance-chĂ´mage, et cela pour tous les travailleurs. Soit environ 22 milliards de moins pour la SĂ©curitĂ© sociale, qui seraient compensĂ©s par une hausse de 1,7 point du taux de la CSG. Les retraitĂ©s (Ă l’exception de ceux bĂ©nĂ©ficiant d’un taux rĂ©duit ou nul) contribueraient donc au financement, ainsi que les revenus du capital. Les indemnitĂ©s chĂ´mage ne seraient en revanche pas assujetties Ă cette hausse de CSG.
Le candidat veut aussi transformer le crĂ©dit d’impĂ´t pour la compĂ©titivitĂ© et l’emploi (CICE) en un allĂ©gement de cotisations sociales patronales pĂ©renne. Une bascule dĂ©licate, car le versement des actuels 19 milliards de CICE serait avancĂ© d’un an. Le public ciblĂ© demeurerait le mĂŞme, jusqu’Ă 2,5 SMIC. Mais il y aurait de nouveaux bĂ©nĂ©ficiaires : les indĂ©pendants, l’Ă©conomie sociale et solidaire. Au total, la mesure vise 66 % de la masse salariale. Elle doit doper la compĂ©titivitĂ© des entreprises qui emploient.
Augmentation de la fiscalité écologique
Enfin, les bas salaires bĂ©nĂ©ficieraient d’une baisse supplĂ©mentaire de 4 points de charges, afin de parvenir Ă une rĂ©duction de 10 points au niveau du SMIC – dont 6 points dus Ă la conversion du CICE. Seules les charges gĂ©nĂ©rales sont concernĂ©es : pas la formation professionnelle, le 1 % logement, les accidents du travail et maladies professionnelles. Ces allĂ©gements seraient dĂ©gressifs jusqu’Ă environ 1,6 SMIC, pour un coĂ»t annuel de 3 milliards d’euros. Ils seraient financĂ©s par une augmentation de la fiscalitĂ© Ă©cologique que doit bientĂ´t dĂ©tailler Emmanuel Macron.
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L’OPINION – 02/02/2017
François Fillon: la droite balance
François Fillon entend tenir dans la tempête. Mais jusque dans son camp, sa candidature semble compromise. Déjà , une question revient : qui pour le remplacer s’il se retirait ?
Face à l’adversité, François Fillon ne plie pas et rejette tout plan B. « Je serai candidat à l’élection présidentielle », a-t-il répété mercredi. Dans son camp pourtant, l’unité n’est plus que de façade. Député du Rhône, proche de Nicolas Sarkozy et de Laurent Wauquiez, le député LR Georges Fenech a déclaré sur France Info : « Le résultat de la primaire est aujourd’hui caduc ».
« François Fillon demandait quinze jours ; il n’a même pas eu quinze minutes ». Il est 14 heures 30, mercredi 1er février. Un député LR vient de prendre connaissance des propos de son collègue Georges Fenech. Député du Rhône, proche de Nicolas Sarkozy et de Laurent Wauquiez, celui-ci vient de déclarer sur France Info que « le résultat de la primaire est aujourd’hui caduc face à cet événement imprévisible qui se situe non seulement sur le registre judiciaire mais sur le registre éthique et moral. » Pour désigner un nouveau candidat, il propose qu’un conseil national des Républicains soit convoqué dans les plus brefs délais.
Deux heures plus tôt, ce n’est pas tout à fait ce que Georges Fenech a dit lors de la réunion que François Fillon vient de tenir avec les parlementaires LR à son QG. Certes, il a été un des orateurs les plus sceptiques après la défense du candidat de la droite un peu plus affaibli par les nouvelles révélations du Canard enchaîné. « La situation n’est plus tenable, a-t-il lancé. Maintenant il faut que tu prennes une décision qui ne revient qu’à toi seul. »
Après le déjeuner, le député du Rhône est bien plus définitif sur le sort de François Fillon. En agissant ainsi, il ouvre une première brèche au sein de la droite. Est-ce parce que la réunion, qui vient de se tenir autour du candidat, ne s’est pas si mal passée ? Blême, très marqué, le candidat de la droite met ses tripes sur la table. « On a quinze jours à tenir. Dans quinze jours, on aura le résultat », les implore-t-il. Jean-Pierre Raffarin, François Baroin, Luc Chatel, Christian Jacob, Gérard Longuet… lui apportent leur soutien. Ceux-ci sont largement relayés sur les réseaux sociaux pro-Fillon. Même si au passage, certains d’entre eux ont quand même déploré l’organisation à leurs yeux défaillante de la campagne, il n’y a pas eu de fronde anti-Fillon exprimée tout haut.
Odeur de sang. « Avec ça, il va tenir une semaine », conclut un des présents. Il se trompe. Il y a désormais une odeur du sang à droite. C’est le midi des longs couteaux. Chacun interprète la sortie de Georges Fenech comme il se doit : les sarkozystes lâchent l’ex-Premier ministre. Mardi, Brice Hortefeux, désormais convaincu que le candidat est fini, a confié à un ami : « Il y a des élus qui vont parler demain. » De son côté, un député juppéiste n’est pas en reste. Philippe Gosselin, député LR de la Manche, se répand dans les médias et les couloirs de l’Assemblée nationale pour demander à Alain Juppé de « se tenir prêt » au cas où François Fillon se retirerait. Ballon d’essai ?
A droite, pour beaucoup, les jeux semblent désormais être faits. Depuis mardi soir et les nouvelles révélations du Canard enchaîné, le climat a complètement changé. « Tous les parlementaires pensent que cela ne peut plus durer et que François Fillon doit se retirer. On est tous d’accord avec Georges Fenech », confie un député pourtant très légitimiste. Peu sont encore nombreux à l’exprimer à haute voix, mais petit à petit la parole se libère. C’est le cas d’Alain Houpert, sénateur de Côte d’Or. « Je pense que notre candidat doit se retirer », déclare-t-il. « La pression va venir de la base », raconte un président de fédération LR, débordé par les réactions de colère de ses adhérents.
Désormais, beaucoup pensent donc à l’avenir. Par qui remplacer l’ex-Premier ministre ? Comment ? Alors qu’aucune solution n’est prévue et qu’organiser une nouvelle primaire est inenvisageable matériellement, la question de la procédure sera essentielle si François Fillon se retire. « Comment remplacer une telle légitimité ? », s’interroge un élu, faisant référence aux 2,9 millions de voix recueillies par le député de Paris dans un scrutin auquel 4,4 millions de Français ont participé. Trois formules sont possibles : un vote du bureau politique des Républicains, un vote du conseil national du parti ou un vote de ses adhérents (par voie électronique). Tout le monde perçoit d’ores et déjà que ce sera un vrai enjeu. « Ce qu’une élection a fait, seule une élection peut le défaire », a prévenu Bruno Le Maire auprès d’un autre élu qui le testait.
Imprimatur. Qui ? C’est l’autre question. Cinq noms peuvent figurer sur la liste : François Baroin, Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Pour l’instant, tous sont mutiques. Mais cela n’empêche pas en coulisses de se préparer. « Celui qui ira devra avoir l’imprimatur de François Fillon », ajoute un ancien ministre.
Pour l’instant, l’ancien Premier ministre ne voit pas d’autre candidat que lui-même sur la ligne de départ. « Je serai candidat à l’élection présidentielle », a-t-il affirmé lors de sa visite du Salon des entrepreneurs à Paris. Plus tôt, lors de la réunion avec les parlementaires LR, il a pris bien soin de dézinguer tout plan B. « Tout bricolage qui pourrait être imaginé se traduirait par notre échec », a-il prévenu.
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LE MONDE – 02/02/2017
Marine Le Pen : « Nous créerons une taxe sur tout nouveau contrat d’employé étranger »
Dans un entretien, la candidate du Front national à la présidentielle annonce son intention de mettre en place une « priorité nationale à l’emploi ».
La présidente du Front national, Marine Le Pen, présentera son programme ce week-end à Lyon. Son projet de rassemblement est fondé sur deux grands principes : « La parole au peuple et la démocratie de proximité. » Si elle est élue présidente de la République, elle entend proposer très vite deux référendums, dont un sur la révision constitutionnelle.
Vous avez refusé de rembourser 300 000 euros au Pfarlement européen pour l’emploi présumé fictif d’une de vos assistantes. Ses règles ne vous concernent pas ?
Le Parlement européen est une structure politique qui a décidé de mener contre les patriotes que nous sommes un combat sans prisonniers. Il ne supporte pas l’idée qu’il puisse exister une opposition en son sein.
Il n’est pas question que je me soumette à cette décision arbitraire, unilatérale, et pour laquelle il y a un conflit d’intérêt évident. Je me demande d’ailleurs si je ne vais pas saisir le Défenseur des droits. Nous sommes des députés européens élus par le peuple pour le défendre. Permettre de violer l’intégralité des règles qui fondent notre justice pour tenter d’empêcher un député d’exercer son mandat, car il s’agit de cela, est quelque chose d’extrêmement grave.
Vous dites que vous êtes ciblée, mais il y a eu 96 cas de recouvrements en 2015. Ça relativise la nature politique de cette décision…
Je conteste formellement le fait que Catherine Griset n’ait pas été fixée à Bruxelles. On m’indique l’inverse sans m’apporter aucun élément. Je n’ai même pas le rapport de l’OLAF [l’Office européen de lutte contre la fraude qui a mené l’enquête]. Catherine, elle vient à  Bruxelles quand j’y vais. Et quand je n’y vais pas, elle badge. Demandez donc le listing des badges. Je suis obligée de saisir la justice pour me défendre. C’est le Parlement qui a les preuves en main pour savoir quand elle était à Bruxelles ; je n’ai pas accès à cela. Ils me demandent une preuve impossible à fournir.
Quelle était la nature du travail de votre assistante à Bruxelles ?
Vous la connaissez par cœur, vous êtes de mauvaise foi. Elle s’occupe absolument de tout : mes déplacements quand je vais au Parlement, les interviews. Quand les gens m’appellent, ils veulent voir qui ? La présidente du Front national ou la députée européenne ? Il n’y a qu’un malheur, c’est qu’à la différence des députés français, le député européen est en session du 1er janvier au 31 décembre.
Cela n’a rien à voir avec François Fillon. Je n’ai pas touché cet argent, c’est Catherine Griset qui l’a touché, en contrepartie du travail qu’elle a effectué, que personne ne remet en cause, même pas le Parlement européen. Cela fait vingt-cinq ans qu’elle travaille avec moi, elle m’a suivie absolument partout, quand j’étais avocate, quand j’ai travaillé au FN, quand je suis devenue députée européenne, et dans ma campagne présidentielle.
Un juge d’instruction a été saisi en France. Vous comptez, comme l’a promis François Fillon pour lui-même, retirer votre candidature en cas de mise en examen ?
Cette déclaration de François Fillon est totalement stupide. Elle a été prononcée dans le but de tirer dans les pattes de Nicolas Sarkozy. Est-ce que vous vous rendez compte dans quel gouvernement des juges nous vivrions ? Un juge pourrait décider qui est candidat et qui n’est pas candidat, c’est la fin de la démocratie.
Dans votre programme, il y a des propositions pour améliorer la transparence de la vie publique ?
Oui. Que les autorités chargées de la transparence soient indépendantes. Qu’elles ne soient pas utilisées dans le but exclusif de persécuter une opposition politique. J’ai un cuir de crocodile, ou de rhinocéros. On a tellement pris de coups que ça ne me fait pas bouger d’un cil.
Avez-vous trouvé un financement pour vos campagnes présidentielle et législatives ?
Je cherche. Point. Partout. Point. [Silence] Eh oui, je n’ai pas des donateurs multiples et variés comme M. Macron. Je cherche un prêt seulement. Je ne vais pas chercher des dons au Liban ou à Londres, comme lui. Il y a une indignation sélective. Il serait plus critiquable d’aller emprunter de l’argent à l’étranger, que l’on va donc rembourser, que d’aller chercher des dons à l’étranger.
A New York, en janvier, ce n’était pas le but de votre voyage ?
C’était éventuellement de trouver une banque. Pour une raison simple : la loi fait qu’il n’y a que les banques qui peuvent prêter. C’est quand même étonnant ! Les particuliers ne peuvent pas prêter, c’est dommage, surtout quand on n’a pas de très riches donateurs. Je n’évolue pas dans les mêmes milieux que M. Macron.
Et à Moscou, vous ne trouvez pas ?
Non.
L’ambassadeur russe en France a déclaré que le FN doit trouver de l’argent en France, pas en Russie.
Il a raison. C’est aux banques françaises de prêter aux candidats français. Le signal qui est envoyé à l’étranger est celui d’une démocratie imparfaite. Les étrangers ne comprennent pas que les banques françaises prêtent à tous les candidats, sauf à Marine Le Pen. Mais je n’ai aucune inquiétude, je trouverai le financement pour ma campagne.
A quoi ressembleraient vos cent premiers jours à l’Elysée ?
J’organise deux référendums. Le premier, tout de suite après les élections législatives, portera sur la révision constitutionnelle : inscription dans la Constitution de l’interdiction du communautarisme, autorisation de la priorité nationale, défense et promotion du patrimoine historique et culturel, suppression des régions et des intercommunalités, réduction du nombre des députés à 300 et des sénateurs à 200, introduction de la proportionnelle intégrale à l’Assemblée nationale – avec une prime majoritaire à 30 % –, suppression du chapitre sur l’Union européenne, supériorité de la loi française sur les traités européens et les droits dérivés antérieurs, référendum d’initiative populaire, élargissement du domaine d’intervention du référendum, obligation d’utiliser ce moyen pour réformer la Constitution…
Par ailleurs, je vais immédiatement à Bruxelles pour enclencher la négociation sur le retour des quatre souverainetés : monétaire, législative, budgétaire et territoriale. Et six mois après mon élection, j’organise un référendum sur la sortie de l’UE. Si j’ai obtenu gain de cause, je suggère aux Français de rester. Sinon, je leur conseille de sortir de l’UE.
Si vous deviez être élue, il vous faut une majorité parlementaire pour appliquer votre programme. Vous pensez que vous l’aurez ?
Oui. Depuis un certain nombre d’années, on a accueilli pas mal de gens qui viennent d’horizons divers. Nous allons avoir beaucoup d’autres personnes qui vont nous rejoindre, avant le premier tour, dans l’entre-deux-tours, après le second tour.
Le premier ministre ne sera pas forcément issu du FN. J’ai déjà un profil, mais je le garde dans ma tête. Par ailleurs, je limiterai le nombre de ministères. L’armée mexicaine, c’est fait pour respecter les équilibres politiques. Mettre en œuvre le programme de redressement du pays ne doit pas passer par des petits arrangements électoraux.
Sur quel projet porterait ce rassemblement ?
Il est fondé sur deux grands éléments : la parole au peuple et la démocratie de proximité, avec notamment la revalorisation du statut du maire. Sur l’économie de proximité, aussi, c’est-à -dire rompre avec un modèle fondé sur le libre-échange intégral et sur ce principe qui consiste à faire fabriquer à des esclaves pour vendre à des chômeurs. C’est le protectionnisme intelligent, la lutte contre les délocalisations sauvages, la mise en place de circuits courts, la protection de l’environnement et de la santé des Français.
Le fondement de tout ça, c’est le patriotisme, c’est-à -dire que chaque mesure prise et chaque euro dépensé a vocation à défendre l’intérêt des Français. Avec notamment un attachement particulier à régler le problème du pouvoir d’achat. Je vais mettre en place ce que j’ai nommé une prime de pouvoir d’achat, qui concernera tous les bas salaires et les petites retraites de moins de 1 500 euros nets. Elle sera financée par une contribution sociale à l’importation des biens et des services de 3 %, ce qui rapportera 15 milliards d’euros minimum. En moyenne, cette prime représentera près de 80 euros par mois.
Le prix des produits importés serait touché par cette contribution, et cela aurait un effet sur le pouvoir d’achat…
3 % sur l’importation, c’est totalement indolore. Vous parlez du produit fini, mais très souvent ce sont des matières premières, des pièces détachées. En réalité, le coût de ces dernières dans le produit fini est déjà minime. Ce n’est pas le cas de l’augmentation de deux points de la TVA [proposée par M. Fillon], qui, elle, sera particulièrement douloureuse.
Votre contribution suppose un accord avec l’UE. Elle se mettrait donc en place après le « Frexit » ?
On peut tomber d’accord assez rapidement sur la négociation sur le « Frexit ». Il y a beaucoup de bouleversements au sein de l’UE. De nombreux pays vont en profiter pour venir eux aussi obtenir le retrait de réglementations et de traités qui nuisent à leur sécurité ou leur économie. Je ne vais pas être toute seule dans cette négociation. Je suis convaincue que je lancerai un mouvement. Il va y avoir des élections dans toute l’Europe – Pays-Bas, Allemagne, Italie, peut-être –, l’UE est en très fâcheuse posture.
En cas de victoire au référendum, comment allez-vous mettre en œuvre une partie de votre programme alors que vous serez toujours dans l’UE ?
A partir du moment où le peuple français dit qu’il ne veut plus rester dans l’UE, je mettrai en œuvre toutes les mesures qui étaient interdites pas l’UE. Comme la première ministre Theresa May est en train de le faire au Royaume-Uni. Elle met en place tout de suite les conditions de limitation de l’immigration. Pour elle, c’est terminé.
Le solde migratoire en France est aujourd’hui de 40 000 personnes. Vous voulez le faire passer à 10 000. Comment faites-vous ?
Un certain nombre de personnes voudront repartir parce que la France arrêtera d’être incitative à l’immigration. Et pour le reste, on modulera pour faire en sorte que les gens que nous acceptons répondent à un certain nombre de critères et ne pèsent pas d’un poids quelconque sur les finances publiques. Par ailleurs, je précise que les clandestins ont vocation à repartir chez eux.
Vous avez déclaré à Coblence, le 21 janvier, lors d’une conférence avec vos alliés européens, que chaque pays doit avoir le choix souverain de rester ou non dans l’union monétaire. Si la France la quitte, l’euro peut survivre ?
Je ne pense pas. La seule structure qui pourrait rester c’est l’ancienne région mark : Autriche, Pays-Bas, Allemagne. Comme je le dis depuis cinq ans, on ne s’opposera pas à une monnaie commune, comme l’ancien ECU. Les grandes entreprises qui voudraient utiliser cet instrument pourront le faire, mais les Français ne s’en apercevront pas, car la seule devise en circulation en France sera notre nouvelle monnaie française. Et la dette sera libellée dans la monnaie nationale.
Vous comptez recruter beaucoup de fonctionnaires ?
A partir du moment où je supprime des strates, on va redistribuer les fonctionnaires territoriaux vers les structures qui ont récupéré les compétences. Il faut augmenter les effectifs dans le domaine de la police, de la santé, de la douane.
Et en termes de fiscalité, vous avez prévu des baisses d’impôt ?
Oui, de l’impôt sur le revenu : je veux baisser de 10 % les trois premières tranches. C’est un gros effort que nous faisons, mais ça va dans le sens de l’augmentation du pouvoir d’achat, notamment des classes moyennes, qui sont concernées par le troisième seuil. Par ailleurs, nous appliquerons la priorité nationale à l’emploi par l’intermédiaire d’une taxe additionnelle sur tout nouveau contrat d’employé étranger. Cette recette sera versée à  l’indemnisation des chômeurs.
Tout cela a un impact sur le déficit public et sur la dette…
Nous avons été raisonnables dans le chiffrage. Nous n’avons pas fait de projets délirants, mais des projets sérieux. Parfois, nous avons même préféré des prévisions de croissance en deçà de nos calculs. Nous ne laissons pas filer la dette à partir du moment où on recrée de l’emploi et de la croissance. L’austérité aggrave la dette. Nous faisons une politique de relance, par conséquent, la première année, la dette publique augmente d’un point. Mais l’année suivante, elle diminue, car vous avez relancé la machine. Le Fonds monétaire international a soutenu pendant longtemps la politique d’austérité, et il reconnaît aujourd’hui qu’elle tue les pays et leur économie.
Vous êtes sur un objectif de 2,5 % de croissance en 2022 : vous ne faites pas partie de ceux, comme Benoît Hamon, qui pensent qu’elle ne reviendra jamais ?
Non, ça c’est la facilité de ceux qui pensent que tout a été tenté et refusent d’admettre que leurs recettes au pouvoir ont été mauvaises.
Votre slogan, c’est « La France apaisée ». Vous trouvez vraiment que Donald Trump c’est « l’Amérique apaisée », au vu des premiers jours de son mandat ? C’est un modèle pour vous ?
Trump a été élu sur des promesses qu’il met en œuvre. Ce respect des électeurs devrait être un modèle pour tout politique. Mais je n’ai pas de modèle. Je n’ai pas de fascination pour les Etats-Unis, l’Allemagne ou la Russie. J’ai une fascination pour la France. Je mettrai en œuvre une politique qui va dans le sens des intérêts de la France. Ces intérêts peuvent parfois être compatibles avec ceux de la Russie ou des Etats-Unis, ou pas. Ce n’est pas le souci.
L’histoire est en train de s’écrire avec un grand H. On a l’impression que personne ne mesure ce qui est en train de se passer. Trump a prononcé dans son discours d’investiture l’acte de décès de l’ultralibéralisme intégral, un modèle économique qui nous a été imposé depuis trente-cinq ans avec la complicité de nos dirigeants. C’est le retour du protectionnisme, des nations. Il dit surtout quelque chose qui aurait dû interpeller : les Etats-Unis n’ont plus à imposer aux autres nations un modèle. C’est une rupture totale avec la vision portée par les Etats-Unis. Ou par Mme Merkel. Je m’en réjouis.
Pourriez-vous signer, vous aussi, un décret d’interdiction d’entrée des ressortissants de pays musulmans ?
Ce décret n’est pas dans mon projet. Trump a le droit de le faire. Les Américains ont l’air d’accord.
Il dénonce le « système », comme vous. C’est quoi le « système » selon vous ?
C’est un groupe de personnes qui défendent leurs propres intérêts, sans le peuple ou contre lui, au bénéfice de quelques-uns et au détriment des autres. C’est M. Bergé qui défend Macron en possédant Le Monde et L’Obs, c’est M. Drahi qui défend Macron, ce sont les technocrates de l’UE qui imposent au peuple leurs volontés, alors qu’ils ne sont pas élus. Ce sont les dirigeants français qui imposent une politique que les Français rejettent. Une caste déconnectée, qui fonctionne pour elle-même.
Mais le « système », ce n’est pas le PDG d’ExxonMobil qui devient secrétaire d’Etat, ou Wall Street qui se réjouit de la victoire de Trump ?
Si la politique de Trump vise à renforcer le système, les Américains le verront très vite. Les décisions prises pour l’instant ne vont pas dans ce sens.
Olivier Faye, Alain Salles et Caroline Monnot
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LES ECHOS – 02/02/2017
Merkel : visite éclair en Turquie sur fond de tensions
Les rencontres d’Angela Merkel avec le prĂ©sident Recep Tayyip Erdogan et son Premier ministre Binali Yıldırım, aujourd’hui Ă Ankara,
promettent d’être délicates tant les sujets de contentieux sont nombreux (photo d’archive)
La chancelière rencontre ce jeudi le président turc Erdogan. Les sujets délicats ne manquent pas.
Angela Merkel se rend ce jeudi pour une visite de travail Ă©clair Ă Ankara oĂą la lutte contre le terrorisme et la question des rĂ©fugiĂ©s auront bonne place. Les rencontres avec le prĂ©sident Recep Tayyip Erdogan et son Premier ministre Binali Yildirim promettent d’ĂŞtre dĂ©licates tant les sujets de contentieux sont nombreux.
Des relations qui se sont beaucoup tendues
Les relations entre l’Allemagne et la Turquie se sont beaucoup tendues après la très forte rĂ©pression qui a suivi le coup d’Etat ratĂ© de juillet dernier et qui a conduit des dizaines de milliers de Turcs en prison. Pour l’opinion publique allemande, la chancelière doit Ă©viter de se faire instrumentaliser par le prĂ©sident Erdogan. Ce dernier a en effet besoin d’appuis de poids alors que dĂ©marre la campagne prĂ©cĂ©dant un rĂ©fĂ©rendum de printemps, censĂ© lui confĂ©rer les pleins pouvoirs.
Appel de la gauche allemande Ă un ton ferme
Plusieurs tenants de la gauche allemande et des organisations non gouvernementales ont ainsi appelĂ© la chancelière Ă adopter un ton ferme vis-Ă -vis de l’homme fort d’Ankara, après les purges organisĂ©es ces derniers mois dans l’administration et l’armĂ©e, les milliers d’arrestations et les restrictions des libertĂ©s de la presse et d’opinion. « Le pouvoir d’influence de la chancelière est très rĂ©duit, tempère Kristian Brakel, expert Ă Istanbul pour le think-tank allemand DGAP. Elle ne va pas contraindre Erdogan Ă bouger d’un millimètre le système prĂ©sidentiel appelĂ© Ă lui confĂ©rer les pleins pouvoirs ».
La dirigeante, qui visitera le Parlement, en partie endommagĂ© par le putsch de l’Ă©tĂ© dernier, pourra en revanche « insister lors de ses entretiens bilatĂ©raux sur les attentes de Berlin et de Bruxelles vis-Ă -vis de la Turquie, si ce pays espère obtenir en retour des avancĂ©es dans les relations Ă©conomiques avec l’Allemagne et l’Union EuropĂ©enne », ajoute Kristian Brakel.
Pas d’intĂ©rĂŞt Ă se couper des partenaires commerciaux europĂ©ens
La Turquie n’aurait, de fait, aucun intĂ©rĂŞt Ă se couper des partenaires commerciaux europĂ©ens. Le pays traverse une crise Ă©conomique marquĂ©e par l’effondrement de sa devise et la chute du PIB dans le sillage d’une saison touristique calamiteuse. D’un autre cĂ´tĂ©, sur la question des rĂ©fugiĂ©s, l’Europe, surtout l’Allemagne, souhaite la poursuite de l’application du plan d’action dĂ©cidĂ© en octobre 2015 avec Ankara. Celui-ci prĂ©voit une aide de 3 milliards d’euros Ă la Turquie, en Ă©change d’un durcissement du contrĂ´le aux frontières.
Dans ce contexte, une affaire de demandes d’asile en Allemagne formulĂ©es par une quarantaine de militaires turcs de l’Otan risque de tourner Ă la crise politique. L’Allemagne doit « absolument » rejeter ces demandes, a dĂ©clarĂ© dimanche dernier le ministre turc de la DĂ©fense, Fikri Is?k. Ankara a rendu ces militaires complices de la tentative de putsch de juillet. Ils peuvent craindre la prison et la torture s’ils retournent en Turquie. Berlin a dĂ©jĂ fait savoir que le dossier ne se rĂ©glera pas de façon politique mais selon le droit en vigueur.
Jean-Philippe Lacour
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LE FIGARO – 02/02/2017
Le Parlement britannique lance le Brexit
Les dĂ©putĂ©s se prononcent Ă une large majoritĂ© pour le dĂ©clenchement de la sortie de l’Union europĂ©enne.
Le compte Ă rebours est lancĂ©, avant le dĂ©clenchement officiel de la procĂ©dure de divorce du Royaume-Uni avec l’Union europĂ©enne par l’article 50 du traitĂ© du Lisbonne. Theresa May a promis d’en notifier Bruxelles avant fin mars. Pour tenir ce dĂ©lai, un Blitzkrieg lĂ©gislatif a dĂ©butĂ© mardi, une semaine après la dĂ©cision de la Cour suprĂŞme la forçant Ă obtenir, au prĂ©alable, l’assentiment du Parlement sur cette procĂ©dure.
IntitulĂ© «projet de loi de l’Union europĂ©enne (notification de retrait)», le texte, très court, a Ă©tĂ© approuvĂ© Ă une très large majoritĂ© lors d’un premier vote, ce mercredi soir: 498 dĂ©putĂ©s se sont prononcĂ©s en sa faveur, contre 114 s’y opposant. Un retournement remarquable: les trois quarts de ces Ă©lus avaient votĂ© contre la sortie de l’UE lors du rĂ©fĂ©rendum en juin.
Le projet de loi sera Ă nouveau discutĂ© en commission la semaine prochaine, avant un nouveau vote aux Communes. Il sera ensuite transfĂ©rĂ© Ă la Chambre des lords Ă la fin du mois, dans l’espoir d’une adoption dĂ©finitive le 7 mars. Theresa May devrait donc obtenir le pouvoir de notifier l’article 50 en temps voulu, grâce au soutien de sa majoritĂ© conservatrice et d’une partie de l’opposition travailliste Ă la Chambre des communes.
Le ministre des Affaires Ă©trangères, Boris Johnson, a saluĂ© un«vote historique» et s’est fĂ©licitĂ© de cette «énorme majoritĂ© pour faire avancer nos nĂ©gociations sur le Brexit». Si certains conservateurs proeuropĂ©ens s’inquiètent de la marche vers un Brexit «dur», hors du marchĂ© unique, ils ne tiennent pas Ă se lancer dans une fronde contre-productive contre la première ministre sur cette question de principe. Ils ont Ă©tĂ© amadouĂ©s par la promesse du gouvernement de publier, ce jeudi, un «livre blanc» dĂ©taillant ses projets. Seul, parmi eux, l’ancien ministre franc-tireur Ken Clarke a votĂ© contre le gouvernement. Il a regrettĂ© que le Royaume-Uni «embarque pour un voyage vers un avenir inconnu qui sidère tous nos amis». Les dĂ©putĂ©s tories avaient Ă©tĂ© priĂ©s de rester dans l’enceinte du Palais de Westminster jusqu’Ă minuit mardi soir, pour parer toute adoption subreptice d’amendements par l’opposition.
Le Labour déchiré
Les travaillistes, de leur cĂ´tĂ©, se sont dĂ©chirĂ©s sur la consigne ferme donnĂ©e par leur leader Jeremy Corbyn de voter avec la majoritĂ©. Quelque 47 dĂ©putĂ©s Labour ont bravĂ© ce mot d’ordre, entraĂ®nant le parti dans une nouvelle crise existentielle. Le dĂ©putĂ© chargĂ© du Brexit, Keir Starmer, avait reconnu qu’il s’agissait d’un choix «difficile» pour les travaillistes. «Nous sommes un parti fondamentalement internationaliste, nous sommes proeuropĂ©ens. Mais nous n’avons pas rĂ©ussi Ă convaincre. Nous avons perdu le rĂ©fĂ©rendum», a-t-il reconnu, dĂ©pitĂ©. Plusieurs membres du «gouvernement fantĂ´me» de Corbyn ont toutefois dĂ©missionnĂ© de leur poste pour assumer leur dissidence avec la ligne officielle. Son rival dans la course Ă la tĂŞte du parti l’an dernier, Owen Smith, a dĂ©posĂ© une motion soutenue par douze autres Ă©lus travaillistes pour rĂ©clamer un second rĂ©fĂ©rendum sur la sortie de l’UE. Un autre amendement dĂ©posĂ© demandait le maintien dans le marchĂ© unique, un troisième, la consultation des parlements rĂ©gionaux d’Écosse, d’Irlande du Nord et du pays de Galles. Un autre encore visait Ă obtenir la protection du statut des ressortissants europĂ©ens installĂ©s au Royaume-Uni. Plus de 80 pages de modifications supplĂ©mentaires au texte initial devront ĂŞtre discutĂ©es la semaine prochaine. Cinquante Ă©lus nationalistes Ă©cossais, 7 libĂ©raux-dĂ©mocrates ont votĂ© mercredi contre l’article 50 avec les 47 frondeurs travaillistes, faute d’avoir rĂ©ussi Ă imposer leurs amendements. Une guĂ©rilla qui s’apparente Ă un baroud d’honneur pour les partisans du maintien dans l’Europe. «Ce n’est pas un projet de loi sur le fait de sortir ou non de l’UE ou sur la façon de le faire. Il s’agit simplement d’appliquer une dĂ©cision dĂ©jĂ prise», avait rappelĂ© le ministre de la Sortie de l’UE, David Davis. «La seule question Ă laquelle vous devez rĂ©pondre est: faites-vous confiance au peuple?», dramatisait de son cĂ´tĂ© Theresa May.
Vous souhaitant une bonne journée.
Cordialement,
Â
Elena NATALITCH
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