Revue de presse du MEDEF IDF du 10 Mars 2017
::: ILE-DE-FRANCE
LE PARISIEN – 10/03/2017
Près de 200 M€ pour 25 chantiers routiers en Ile-de-France
Le contournement d’Orly – dĂ©viation de Paray – en Essonne fait partie des projets qui bĂ©nĂ©ficient de subventions de la rĂ©gion.
Il aura fallu plus de deux heures de débats, ce jeudi, au conseil régional pour adopter le « Plan Anti-bouchon et pour changer la route ». Au coeur des débats, près de 200 M€ pour financer 25 opérations routières et 12 études de faisabilité qui permettront selon la région de fluidifier des zones engorgées de l’Ile-de-France : liaison Meaux-Roissy (20 M€), contournement d’Orly (18 M€), doublement de la RD 30 à Plaisir et Elancourt (78) (17,5 M€) ou encore le franchissement de la Seine entre Athis-Mons et Vigneux (91) (4M€) ou à Melun (77).
« Nous avons choisi des projets qui sont prêts à partir », explique Valérie Pécresse, la présidente, qui espère voir ces opérations se lancer entre 2018 et 2020. Et d’ajouter face aux critiques, « La route n’est pas polluante en elle-même et le droit à la mobilité est un droit pour tous les Franciliens, y compris ceux qui n’ont d’autres choix que la voiture ».
Des arguments qui peinent à convaincre une partie de l’opposition. A commencer par les écologistes pour qui «c’est un jour bien triste, regrette Ghislaine Senee (EELV). La précédente mandature avait fait le choix courageux d’arrêter de financer des modes de transports polluants. Choix sur lequel vous revenez ». Pour la conseillère régionale : « Il se dégage [de ce plan] la vision naïve qui laisse penser que créer des kilomètres de bitume va faire s’envoler les bouchons », regrettant également « qu’il n’y ait pas par exemple, de nouvelle desserte autour des gares du Grand Paris ».
Le groupe socialiste et rĂ©publicain pointe quant Ă lui des oublis tels que le rĂ©amĂ©nagement de l’ex – RN3 ou la RN2 (93) ou le lancement d’études de dĂ©viation de la RN19 Ă Boissy-Saint-LĂ©ger (94) et demande notamment le retrait du franchissement de la Seine entre Athis-Mons et Vigneux (91) « fortement contestĂ© par les riverains pour qui la construction du pont se soldera par plus de trafic, de bouchon et de pollution » . L’UDI, favorable au projet, espère de son cĂ´tĂ©, qu’un amĂ©nagement Ă la Croix-Blanche Ă Sainte-Geneviève des Bois (91) sera ultĂ©rieurement ajoutĂ©.
Visuel interactif / carte du plan antibouchons en Ile-de-France: http://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/pres-de-200-meur-pour-25-chantiers-routiers-en-ile-de-france-09-03-2017-6748752.php
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Jean-Gabriel Bontinck et Jila Varoquier
LE MONDE – 10/03/2017
L’idée du « péage positif » arrive en Ile-de-France
Faire gagner 2 euros aux automobilistes qui n’utilisent pas leur voiture aux heures de pointe : le « péage positif » va être expérimenté en Ile-de-France à partir d’avril 2017.
Une voiture occasionne moins de bouchons… quand elle reste au garage. C’est en partant de cette idée que le groupe Egis, entreprise internationale d’ingénierie dont le siège social est basé à Guyancourt dans les Yvelines, et sa filiale néerlandaise BNV Mobility, ont mis en place une sorte de « péage positif » : les automobilistes gagnent 2 euros par trajet évité en heure de pointe.
RĂ©compensĂ© deuxième accessit du prix de la mobilitĂ© Le Monde – Smart Cities 2016, le concept appelĂ© « lissage de pics » a Ă©tĂ© adoptĂ© Ă Rotterdam depuis 2008 et plus ponctuellement Ă Amsterdam et Utrecht. Selon Bernard Matyjasik, ancien directeur du programme smart cities chez Egis, « la formule permet de rĂ©duire la congestion automobile de 6 % Ă 8 % ».
L’idée de « chasser les bouchons » fait doucement son chemin en France. La formule a été retenue par la Société du Grand Paris à la suite de son appel à solutions innovantes, lancé en juin 2016, pour tenter de conserver l’attractivité d’un territoire même en phase de travaux. Paris est la deuxième ville la plus embouteillée de France derrière Marseille, selon les données collectées en 2016 par le navigateur GPS Tomtom.
A partir d’avril 2017, le concept sera expérimenté à Boulogne-Billancourt, dans le nouveau quartier Trapèze, à proximité de l’île Seguin. L’expérimentation, qui devrait avoir lieu en avril et mai, est un test en vue de trouver des solutions aux problèmes de circulation engendrés par le chantier du Grand Paris Express (d’ici à 2030, sont prévues 205 km de nouvelles lignes et 68 nouvelles gares dans la région Ile-de-France).
Système intrusif ?
Aux Pays-Bas, le programme « lissage de pics » utilise des caméras pour étudier les habitudes des automobilistes et contrôler la fraude sur les tronçons engorgés. Ces caméras LAPI (lecture automatisée de plaques d’immatriculation, aussi dénommée ANPR, Automatic Number Plate Recognition system) peuvent enregistrer plusieurs plaques d’immatriculation par seconde.
La législation néerlandaise permet à l’entreprise, grâce au fichier SIV (système d’immatriculation des véhicules), de remonter jusqu’à l’identification des propriétaires des plaques minéralogiques scannées. Les automobilistes qui utilisent quotidiennement leur véhicule durant les heures de pointe sont alors contactés pour leur proposer de participer, volontairement, au programme. Ils reçoivent un boîtier à installer dans la voiture qui permet de géolocaliser le véhicule et de vérifier si celui-ci est utilisé durant les heures de pointe. Les caméras LAPI peuvent également servir de contrôle.
A chaque trajet évité, 2 euros sont versés sur le compte du volontaire, qui peut voir sa progression via une application ou une page Web personnalisée.
Pas de caméra LAPI en Ile-de-France
En France, un tel système de surveillance n’est pas légal. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) n’autorise pas l’utilisation des systèmes LAPI autrement que par les forces de l’ordre (la police nationale) pour lutter contre certaines infractions particulières ou graves et de manière temporaire (Art. L. 233-1 et L. 233-2 du Code de la sécurité intérieure).
L’entreprise Egis n’utilisera donc pas le système LAPI pour son expérimentation à Boulogne-Billancourt, conformément à la législation française. Le « recrutement » des volontaires se fera autrement : « On pourra, par exemple, passer par des campagnes de publicité ou contacter des entreprises pour cibler des employés autour de la zone à désengorger », avance Héline Mikielski, chargée de projets mobilité chez Egis Projects. Le système du boîtier embarqué intelligent restera, lui, le même.
Décongestionner le trafic routier n’est pas seulement utile pour la satisfaction des automobilistes et l’attractivité du territoire. C’est aussi un enjeu important pour « réduire la pollution de l’air et l’exposition de la population », selon Airparif (association chargée de la surveillance de la qualité de l’air ambiant agrée par le ministère de l’environnement). Selon les chiffres d’octobre 2016 de l’association, le trafic routier en Ile-de-France contribue à hauteur de 73 % aux émissions d’oxydes d’azote (NOx) parisiennes.
Smart Cities : « Le Monde » décrypte les mutations urbaines
Le Monde organisera vendredi 7 avril à Lyon une journée de débats sur le thème « Gouverner la ville autrement : les villes peuvent-elles réenchanter la démocratie ? ». Entrée gratuite sur inscription ici.
A cette occasion, Le Monde récompensera avec ses partenaires les lauréats de la deuxième édition des Prix européens de l’innovation Le Monde-Smart Cities pour leurs projets innovants améliorant la vie urbaine. Les candidatures aux prix internationaux (hors Europe) sont encore ouvertes.
Retrouvez l’actualité des villes décryptée par les journalistes du Monde dans la rubrique « Smart cities » sur Lemonde.fr.
Lisa Burek
LE PARISIEN – 10/03/2017
Paris : les anti CDG-Express remettent la contestation sur les rails
Gare du Nord, ce jeudi matin.
Didier le Reste (au centre) et d’autres militants de l’association Non au CDG distribuent des tracts contre le Charles-de-Gaulle express.
« Il faut investir pour améliorer les conditions de transport de millions de Franciliens. Pas celles de quelques milliers de touristes aisés. » Voilà le message que les opposants au CDG (Charles de Gaulle) Express ont diffusé, ce jeudi matin, en distribuant des tracts aux usagers du RER B, à la gare du Nord mais aussi dans diverses gares de Seine-Saint-Denis. En ligne de mire : les conséquences « néfastes » que la création de la nouvelle navette directe pour l’aéroport de Roissy pourrait avoir sur le reste du réseau de transport en commun du nord de la capitale.
A l’étude depuis des années, l’épineux dossier du CDG-Express est désormais lancé. La navette ferroviaire, conçue pour relier l’aéroport à la gare de l’Est (la gare du Nord ne disposant pas de suffisamment de voies pour l’accueillir) en une vingtaine de minutes et sans arrêts, doit être mise en service fin 2023. Le trajet, non accessible avec un pass Navigo, coûtera 24 € l’aller. La facture de la construction de la nouvelle ligne (qui empruntera des voies existantes sur 26 des 34 km de son parcours) pourrait, elle, atteindre… 1,7 Md€.
De quoi inquiéter Didier Le Reste, élu (PC) au Conseil de Paris et ancien secrétaire général de la puissante fédération CGT des cheminots, qui a pris la direction de l’association Non au CDG-express. « Ce train privatisé emprunterait des voies déjà utilisées par la ligne K et même pour le report du RER B quand la situation est perturbée. Il va avoir un impact négatif sur le fonctionnement des trains du quotidien », indique le militant après avoir distribué à la volée des milliers de tracts aux voyageurs du matin.
Dans la gare du Nord, à la sortie des RER B qui arrivent de Seine-Saint-Denis, le public est réceptif à ce discours. « Qu’ils commencent par améliorer notre ligne avant de penser aux touristes. Franchement, le B c’est la misère », confirme un jeune homme qui arrive du Blanc-Mesnil. Le projet de loi validant le CDG-express (présenté comme un atout de poids pour la candidature de Paris au JO) a été voté à l’Assemblée et au Sénat fin 2016. Et les candidats à l’exploitation de la future ligne ont déjà remis leurs dossiers au ministère des Transports. Mais pour Didier Le Reste, ce projet peut encore être stoppé. « Nous étudions avec des avocats, les possibilités de recours. Il reste encore plein de fils à tirer », conclut le militant CGT anti-CDG.
En 1976, une liaison directe Gare du Nord-Roissy en 19 minutes !
Une liaison directe en train permettant de relier Paris à Roissy en moins de vingt minutes, ça n’est pas vraiment une idée nouvelle. En effet, deux ans à peine après l’ouverture de l’aéroport Charles de Gaulle, en mai 1976, était mise en service « Roissy Rail », une liaison directe depuis la gare du Nord assurée tous les quarts d’heure et permettant de rallier l’aéroport en seulement 19 minutes ! Mais l’explosion de la demande en Seine-Saint-Denis, à Sevran et Villepinte en particulier, pousse la SNCF à laisser tomber les trains directs dès l’hiver 1977.
Plus récemment, en décembre dernier, lors de la panne géante à gare du Nord, la SNCF a de nouveau assuré des liaisons directes avec Roissy, en affrétant exceptionnellement des TGV. L’initiative a par la suite été étudiée plus précisément, comme une possible alternative au CDG Express. Mais les voies de la gare du Nord, la plus fréquentée d’Europe, sont déjà toutes très sollicitées et la SNCF a jugé impossible de libérer des voies pour assurer cette desserte directe.
Benoit Hasse avec Grégory Plesse
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LE PARISIEN – 10/03/2017
Ile-de-France : Pécresse impose l’usage du français sur les chantiers
La majoritĂ© rĂ©gionale emmenĂ©e par ValĂ©rie PĂ©cresse vient d’adopter un texte imposant l’usage du français sur les chantiers.
La majoritĂ© rĂ©gionale emmenĂ©e par ValĂ©rie PĂ©cresse vient d’adopter un texte imposant l’usage du français sur les chantiers.  L’opposition de gauche qui critique le dispositif parle d’une tentative «d’imposer la prĂ©fĂ©rence nationale»…
Une expression anglaise pour un texte imposant entre autre… l’usage du français. C’est l’un des paradoxes du «Small Business Act» voté par le conseil régional d’Ile-de-France, réuni ce jeudi en séance sous la présidence de Valérie Pécresse. Ce texte prévoit une série de mesures visant à faciliter l’accès des TPE et PME aux commandes publiques dans la région.
Parmi ces mesures, les élus ont adopté la «clause Molière» : un dispositif qui prévoit, «sur les marchés qui le permettent, de s’assurer que l’ensemble des ouvriers comprennent et parlent le français, et, si c’est impossible, d’imposer la présence d’un interprète.», précise le conseil régional. «A titre d’exemple, afin de garantir la sécurité des travailleurs et des visiteurs, ainsi qu’une parfaite compréhension des directives de la direction technique des travaux, l’ensemble des ouvriers présents sur le chantier devra comprendre et s’exprimer en français », indique le rapport.
«Une tentative d’imposer la préférence nationale» selon la gauche
Une mesure votée par la majorité LR-UDI, ainsi que par le FN, qui a soulevé les critiques de l’opposition de gauche. Celle-ci a notamment rappelé qu’un texte similaire adopté par la région Rhône-Alpes – Auvergne présidée par Laurent Wauquiez, avait été retoqué par le préfet de cette région. «En imposant une telle discrimination en Ile-de-France, Pécresse s’engage sur un terrain glissant, politiquement comme juridiquement. C’est une tentative d’imposer la préférence nationale», a dénoncé Vanessa Ghiati, élue Front de Gauche.
Le préfet qui a retoqué cette clause en Rhône-Alpes-Auvergne, Michel Delpuech, vient d’être nommé en région Ile-de-France… ce qui fait dire au Front de Gauche que le soutien régional aux TPE PME sera repoussé «car la délibération ne pourra pas être appliquée».
De son côté, la région indique vouloir surtout favoriser l’accès des PME locales aux marchés publics, tout en luttant contre le travail illégal et les fraudes au détachement. « Depuis que Valérie Pécresse est présidente de région, il y a 54 % de la commande publique qui est destinée aux TPE-PME », a souligné Jérôme Chartier, vice-président, qui souhaite faciliter encore ce processus. La région passe chaque année 600 M€ de commandes publiques. Une manne potentielle pour les 835000 TPE-PME de la région et leurs 4 millions de salariés.
Jean-Gabriel Bontinck
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BUSINESS IMMO – 10/03/2017
La Fnaim lance le premier indice d’attractivité immobilière des villes du Grand Paris
Pour la 31e édition de son observatoire des prix du logement, la Fnaim du Grand Paris a souhaité innover en étudiant l’attractivité immobilière des villes du Grand Paris. Il s’agit de la première étude réalisée sur ce sujet sur l’ensemble des communes du Grand Paris, à l’exception de la Seine et Marne (77). Cette nouvelle approche a vocation à observer, à terme, l’impact de l’attractivité des villes sur l’évolution des prix des logements. Avec le temps, l’observatoire indiquera si l’attractivité d’une ville est corrélée à la valeur de son immobilier… et réciproquement.
Pour dĂ©terminer l’attractivitĂ© des villes d’Ile-de-France, la Fnaim du Grand Paris a mis en place une double dĂ©marche : une analyse objective fondĂ©e sur 12 critères : accessibilitĂ© aux Ă©quipements et services, culture-sports-loisirs–vie associative, Ă©ducation, emploi, environnement, logement, niveau de vie, santĂ©, transports, Ă©quilibre travail–vie privĂ©e, sĂ©curitĂ© et fiscalitĂ© foncière. Ces critères ont tous Ă©tĂ© constituĂ©s Ă partir de donnĂ©es initiales de l’Insee à l’exception du critère « sĂ©curité » Ă©tabli Ă partir des donnĂ©es de la gendarmerie et de la police. Chaque critère a Ă©tĂ© notĂ© de 1 Ă 10 – 10 signifiant que les villes dans un critère dĂ©terminĂ©, ont les meilleurs rĂ©sultats de toutes – et a Ă©tĂ© par la suite pondĂ©rĂ©. Le prix moyen du logement moyen a Ă©galement Ă©tĂ© calculĂ© pour chaque commune. Celui-ci est dĂ©terminĂ© par la multiplication du prix du m2 par la surface moyenne des logements Ă usage d’habitation dans chacune des villes. Il permet d’éviter l’écueil de prĂ©senter un prix au m2 qui ne reprĂ©sente pas l’achat moyen ou la valeur moyenne des biens d’une ville.
A quoi s’ajoute une analyse subjective rĂ©sultant d’entretiens avec des professionnels : adjoints au maire de villes de la rĂ©gion parisienne responsables du logement et de l’urbanisme, promoteurs et investisseurs en patrimoine. « Cette Ă©tude sur l’attractivitĂ© n’a pas pour vocation Ă Ă©tablir un tableau d’honneur entre les diffĂ©rentes villes d’Ile de France, prĂ©cise Didier Camandona, prĂ©sident de la Fnaim du Grand Paris. Elle doit nous permettre d’éclairer le grand public et d’engager un dialogue constructif avec les Ă©lus locaux qui, mĂŞme avec la crĂ©ation des communautĂ©s de communes, disposent toujours de compĂ©tences incontournables en matière de logement. Il nous a semblĂ© essentiel d’établir un lien entre le prix du logement et celui de l’attractivitĂ© pour prendre du recul vis-Ă -vis d’un discours parfois superficiel et de court terme. Au-delĂ des soubresauts sur les prix toujours sujets Ă interprĂ©tation, il est important d’avoir une vision de long terme qui aidera nos Ă©lus Ă prendre les bonnes dĂ©cisions en faveur du logement et qui confortera les Franciliens dans leur choix. »
L’étude définit un indice d’attractivité pour tous les départements d’Ile de France. L’attractivité varie ainsi de 4,86 pour le Val d’Oise à 6,66 pour les Yvelines. Paris obtient un indice d’attractivité de 5,78. Au-delà de cette approche globale, il est intéressant d’identifier les caractéristiques de chaque département. Par exemple, le critère « transport » qui est unanimement reconnu comme l’un des deux déterminants, apparait pourtant mieux noté pour le Val d’Oise que pour les Yvelines. 278 villes d’Ile de France ont été étudiées. Le Vésinet, Saint-Rémy les Chevreuse et Montesson sont les 3 villes les plus attractives du département des Yvelines. Pour l’Essonne, ce sont Soissy-sur-Seine, Boussy-Saint-Antoine et Gif-sur-Yvette qui arrivent en tête alors que ce sont Chaville, Ville d’Avray et Saint Cloud pour les Hauts-de-Seine. Les lilas, le Raincy et Noisy-le-Grand constituent le trio de tête la Seine Saint-Denis, et Marolles-en-Brie, Saint-Maur-des-Fossés et Perreux-sur-Marne pour le Val de Marne. Enfin, Le Plessis-Bouchard, Cormeilles-en-Parisis et Saint-leu-la-Forêt ont le meilleur indice d’attractivité du Val d’Oise.
Les professionnels en charge du logement, qu’ils soient adjoints au maire, promoteurs ou investisseurs, s’accordent à classer le transport et la sécurité en tête des critères. Seul l’ordre des deux critères change : la sécurité est le premier critère cité par les adjoints au maire des villes interrogées alors que les transports arrivent en tête pour les promoteurs et investisseurs. « Les promoteurs ou investisseurs nous disent que pour un logement comme pour un bureau, les connexions routières et les transports en commun sont déterminants. Pour un bureau, plus de 300 mètres commence à être loin alors que le logement, lui, peut être situé jusqu’à 1 000 mètres d’un transport en commun. L’attention portée à la sécurité est aussi très importante. Caméras dans les rues, éclairages, présence de la police municipale sont des critères regardés de près par les promoteurs et les investisseurs… qui anticipent les attentes de leurs clients. C’est pourquoi depuis plus de 15 ans, la Fnaim du Grand Paris a placé la thématique de la sécurité parmi ses priorités », explique Didier Camandona.
La Fnaim du Grand Paris a souhaitĂ© regarder plus attentivement les villes des futures gares du Grand Paris Express en calculant le prix moyen des logements moyens Ă proximitĂ© de chacune d’elles. Au cours des prochaines Ă©ditions, cela permettra ainsi d’Ă©tudier si les gares du Grand Paris ont ou non une influence sur le marchĂ© de l’immobilier, Ă quel niveau, et les diffĂ©rences de comportements des prix entre les villes. « A ce jour, nous n’avons pas observĂ© de spĂ©culation notable dans les villes accueillant les futures gares du Grand Paris. La plupart des gares ne sont pas encore sorties de terre si bien qu’elles ne constituent pas encore un critère de valorisation pour des Franciliens qui ont encore du mal Ă se projeter. Dans certaines villes, on devrait cependant rapidement voir les premiers frĂ©missements en termes de prix. Reste Ă voir si la tendance persistera et si les gares constitueront des zones durablement distinctes dans le Grand Paris », conclut Didier Camandona.
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:::Â ECONOMIE
LES ECHOS – 10/03/2017
Les candidats à la présidentielle prennent position sur le numérique
Un an après Emmanuel Macron, le candidat Les Républicains s’était rendu en janvier au plus grand salon consacré à la tech grand public, le CES de Las Vegas.
Les professionnels du secteur organisaient un débat jeudi. L’enjeu fait consensus, les solutions diffèrent.
« En 2012, les programmes et campagnes des candidats n’avaient pas intĂ©grĂ© les possibilitĂ©s du numĂ©rique. Aujourd’hui, il ne doit plus ĂŞtre le grand absent. C’est le pivot de la transformation et du succès de la France », martèle Bertrand Diard, le prĂ©sident de Tech in France.
La tech tricolore fait, pour une fois, front commun. Huit organisations professionnelles et associations reprĂ©sentatives du secteur se sont regroupĂ©es au sein du collectif France NumĂ©rique 2017. Plusieurs ont dĂ©jĂ prĂ©sentĂ© leurs recommandations au futur locataire de l’ElysĂ©e, Ă l’instar de Tech in France en dĂ©cembre ou du Syntec numĂ©rique fin fĂ©vrier . Jeudi, le collectif avait invitĂ© les prĂ©tendants Ă venir en dĂ©battre Ă la Maison de la MutualitĂ©, Ă Paris.
Premier constat, aucun n’a fait le dĂ©placement en personne. Emmanuel Macron s’est fendu d’une courte vidĂ©o pour exposer ses vues, mais a prĂ©fĂ©rĂ©, tout comme François Fillon et BenoĂ®t Hamon, se reposer sur des membres de son Ă©quipe de campagne pour dĂ©battre.
Consensus sur les infrastructures
Quant Ă Jean-Luc MĂ©lenchon, qui a pourtant publiĂ© un livret sur le sujet, il n’a pas donnĂ© suite Ă l’invitation selon les organisateurs. Pas plus que la candidate du Front National. « Marine Le Pen n’aborde pas le sujet. C’est une erreur fondamentale. Nous disons Ă tous les candidats qu’il est suicidaire de ne pas positionner le numĂ©rique au coeur du dĂ©bat », regrette Bertrand Diard.
Sur le fond, en ce qui concerne les trois candidats reprĂ©sentĂ©s, il y a d’abord les sujets qui font consensus, au premier rang desquels le dĂ©veloppement des infrastructures. Tous insistent sur la nĂ©cessitĂ© d’accĂ©lĂ©rer la mise Ă disposition de la fibre ou d’investir dans les rĂ©seaux de communication. Ce point figure d’ailleurs Ă©galement au programme des deux grands absents.
Deuxième objectif qui fait l’unanimité : regagner en souverainetĂ©. Lorsqu’ils abordent les moyens d’y parvenir, les Ă©quipes des candidats commencent toutefois Ă diverger. Le reprĂ©sentant de François Fillon plaide pour un programme d’investissement europĂ©en visant Ă reprendre la maĂ®trise des technologies depuis les couches les plus basses comme les semiconducteurs jusqu’au logiciel.
La sĂ©natrice Ă©cologiste Corinne Bouchoux vante le bilan de la loi numĂ©rique, « un bon point de dĂ©part ». La reprĂ©sentante du candidat socialiste veut assurer une place au logiciel libre, qui « peut ĂŞtre un vecteur de souverainetĂ© », et mettre l’accent sur la recherche, en y consacrant 3 % du PIB.
Doper l’investissement
« On a besoin d’ĂŞtre forts en recherche, mais aussi en Ă©conomie », rĂ©agit Bertrand Diard, plus convaincu, de ce point de vue, par les candidats Macron et Fillon. Tous deux ont en effet inclus dans leur programme des mesures pro-business appelĂ©es de ses voeux par Tech in France  : doper l’investissement, notamment en puisant dans la manne de l’assurance-vie, et mettre l’accent sur l’Ă©ducation et la formation.
L’Ă©quipe de François Fillon insiste davantage sur les rĂ©ductions de charge qu’elle accorderait aux entreprises. Celle d’En Marche ! met en avant sa rĂ©forme radicale de l’assurance chĂ´mage et l’accompagnement de la transition vers de nouveaux mĂ©tiers. « C’est fondamental. Si vous y croyez, votez Macron », s’enflamme Mounir Mahjoubi. « Cela va nous coĂ»ter très cher, mais c’est de la bonne dette ».
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LES ECHOS – 10/03/2017
Le Medef veut faire de la France la « Silicon Valley » des objets connectés
Pierre Gattaz, le président du Medef, a tenu une conférence de presse ce jeudi à Paris,
pour présenter la vision et les propositions de l’organisation patronale en faveur de la transformation numérique de l’économie.
L’organisation patronale propose un plan d’action pour profiter de la mutation en cours de l’économie numérique.
Le Medef a de l’ambition pour la France. A quelques semaines de la prĂ©sidentielle, alors que le numĂ©rique tente de s’inviter dans la campagne, l’organisation patronale veut voir plus loin . Elle a prĂ©sentĂ© jeudi un plan d’action pour faire de la France « un champion mondial » de l’Internet des objets (IOT), d’ici Ă 2025. « La data devient le nouveau pĂ©trole de l’Ă©conomie. Les objets connectĂ©s s’intègrent dans tous les secteurs. Et nous avons les moyens de profiter de cette prochaine rĂ©volution », considère Pierre Gattaz, le prĂ©sident du Medef.
Pour faire de la France « la Silicon Valley de l’Europe » de l’IOT, le Medef propose d’abord de mobiliser tous les acteurs de la filière (entreprises, fĂ©dĂ©rations professionnelles, Etat…) afin de mettre en place un cadre favorable (rĂ©gulation, normes, Ă©ducation…). Il souhaite aussi s’appuyer sur l’industrie Ă©lectronique encore prĂ©sente en France pour inciter entreprises et start-up IOT Ă fabriquer prototypes et produits sur le territoire.
L’ambition, c’est aussi de permettre aux entreprises traditionnelles de s’approprier ces nouvelles technologies. L’organisation patronale souhaite ainsi accompagner les 100.000 TPE et PME grâce Ă des programmes de sensibilisation, de formation, mais aussi d’incubation. Le Medef propose Ă©galement la crĂ©ation d’un fonds d’investissement, qui pourra accorder des tickets compris entre 50.000 et 2 millions d’euros, pour des projets de transformation numĂ©rique (dans la limite d’un millier d’entreprises).
Fiscalité et marketing
La France ne pourra pas ĂŞtre championne de la « smart economy » si elle ne redore pas son image, estime le Medef. « Il y a tout un travail de marketing Ă faire pour attirer les investisseurs, mais aussi retenir les talents », indique Pierre Gattaz, qui aimerait que John Chambers, le patron de Cisco, dithyrambique sur l’Ă©cosystème français de start-up, fasse des Ă©mules. Cela passerait notamment par une baisse de la fiscalitĂ© et des charges des entreprises, et par la sanctuarisation du crĂ©dit impĂ´t recherche.
L’organisation patronale songe aussi Ă la crĂ©ation d’un nouveau label pour communiquer Ă l’international sur sa stratĂ©gie IOT, semblable Ă ce qui a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ© avec la French Tech. « Les initiatives peuvent ĂŞtre complĂ©mentaires. Le travail de la French Tech est Ă saluer, mais on peut aller plus loin encore »,.
Plus original, le Medef propose de sĂ©lectionner et de soutenir financièrement une centaine de start-up « Ă fort potentiel » pour les aider Ă devenir des licornes (ces entreprises non cotĂ©es valorisĂ©es plus d’un milliard), et Ă©viter qu’elles ne partent Ă l’Ă©tranger. « C’est assez facile de trouver les financements pour monter sa start-up. Le problème, c’est pour rĂ©aliser la deuxième puis la troisième levĂ©e de fonds, celles qui permettent de passer au stade supĂ©rieur », regrette Olivier Midière, conseiller en charge du numĂ©rique au Medef. Les fonds europĂ©ens pourraient aider Ă financer ce dĂ©veloppement.
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RADIO CLASSIQUE – 10/03/2017
Geoffroy Roux de Bézieux sur Radio Classique
Vice-président du MEDEF était « L’invité de l’économie » ce vendredi matin sur « L’Université du Numérique »
PODCASTÂ : https://www.radioclassique.fr/radio/emissions/matinale-de-radio-classique/l-invite-de-l-economie/
LES ECHOS – 10/03/2017
La reprise de l’emploi bénéficie à la Sécurité sociale
La masse salariale a crû de 2,4 % en 2016, en accélération par rapport à 2015.
Rien de plus efficace qu’une bonne activitĂ© Ă©conomique pour lutter contre les dĂ©ficits sociaux. Cette règle s’est une nouvelle fois vĂ©rifiĂ©e en 2016, oĂą la croissance s’est traduite par des rentrĂ©es supplĂ©mentaires de cotisations dans les caisses de la SĂ©curitĂ© sociale. La masse salariale, qui avait progressĂ© de 1,7 % en 2015, a crĂ» au rythme de 2,4 % l’an dernier, selon les donnĂ©es de l’Agence centrale des organismes de SĂ©curitĂ© sociale (Acoss), publiĂ©es ce jeudi. La diffĂ©rence entre ces deux taux de croissance a reprĂ©sentĂ© 1,4 milliard d’euros en plus, pour financer les retraites, la santĂ©, ou les allocations familiales.
« Pas d’alerte majeure »
Cette croissance de la masse salariale est conforme Ă la prĂ©vision de l’Acoss. La commission des comptes de la SĂ©curitĂ© sociale, elle, avait Ă©tĂ© un peu plus ambitieuse en anticipant une hausse de 2,6 % dans son rapport de septembre. MalgrĂ© l’Ă©cart avec le rĂ©sultat final, le gouvernement devrait publier, fin mars, des comptes de la SĂ©curitĂ© sociale ne prĂ©sentant « pas d’alerte majeure », selon une source Ă Bercy. L’objectif national des dĂ©penses d’assurance-maladie (Ondam) « sera serrĂ© mais respectĂ© », expliquait cette mĂŞme source en fĂ©vrier, notamment grâce à « des rentrĂ©es de cotisations lĂ©gèrement supĂ©rieures Ă nos attentes ».
MalgrĂ© son succès, la facture de la prime d’activitĂ© n’atteindra pas 4,7 milliards d’euros pour sa première annĂ©e d’existence, ce qui aurait occasionnĂ© un surcoĂ»t de 700 millions. Bercy s’est fait peur avec cette perspective l’an dernier, mais anticipe dĂ©sormais un coĂ»t proche de 4,3 milliards.
Deux facteurs
La croissance de la masse salariale rĂ©sulte de deux facteurs de poids Ă©quivalent. Les augmentations de salaires ont permis au salaire mensuel par tĂŞte de progresser de 1,2 %, le double du rythme de l’inflation (0,6 %). Et de nombreux emplois salariĂ©s ont Ă©tĂ© créés durant l’annĂ©e : 223.000 au total, soit une progression de 1,2 % des effectifs, dont 78.000 durant le quatrième trimestre. De nombreux emplois ont Ă©tĂ© créés dans l’intĂ©rim (60.000), pour une masse salariale en hausse de 10,7 % (!) en un an. Si les crĂ©ations d’emplois sont dynamiques dans les services (186.000 hors intĂ©rim, avec une masse salariale en hausse de 2,6 %), l’industrie hors construction a dĂ©truit 20.000 emplois, et sa masse salariale n’a crĂ» que de 0,6 %.
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LE FIGARO – 10/03/2017
CrĂ©ations d’emplois : des pĂ©nuries de main-d’Ĺ“uvre pourraient apparaĂ®tre
Alors que le taux de chĂ´mage est encore de 10 %, le Medef estime que 95.000 postes sont non pourvus.
Avec l’accĂ©lĂ©ration des crĂ©ations d’emplois, l’Ă©conomie hexagonale va-t-elle buter rapidement sur des pĂ©nuries de main-d’Ĺ“uvre? La question peut paraĂ®tre Ă©trange, alors que le taux de chĂ´mage, outre-mer compris, est encore de 10 %. Et que les entreprises, Ă en croire le Medef, ne rapportent pas de problèmes massifs de recrutement. Pourtant, l’enjeu est rĂ©el. Car, selon l’OCDE ou le FMI (Fonds monĂ©taire international), le taux de chĂ´mage structurel français est de 9%. L’Ă©conomie n’en serait donc pas si Ă©loignĂ©e.
Ce «chĂ´mage structurel» dĂ©signe le niveau en dessous duquel apparaissent des pĂ©nuries gĂ©nĂ©rales de main-d’Ĺ“uvre. Alors qu’actuellement les entreprises peinent dĂ©jĂ Ă recruter dans certains mĂ©tiers, comme des ingĂ©nieurs en informatique ou certains ouvriers qualifiĂ©s – le Medef estimant que 95.000 postes sont ainsi non pourvus -, ce phĂ©nomène se rĂ©pandrait massivement une fois atteint ces 9%. Avec deux consĂ©quences nĂ©gatives: la croissance des entreprises serait bridĂ©e, faute de compĂ©tences, et des pressions Ă la hausse trop fortes sur les salaires se mettraient en place.
Les économistes sont partagés
Ce taux de chĂ´mage structurel Ă©levĂ© signifie aussi qu’une grande partie des demandeurs d’emploi français ne seraient pas facilement employables, et notamment ceux hors de l’emploi depuis des annĂ©es, suite Ă la crise de 2008. En France, les chĂ´meurs de longue durĂ©e (plus d’un an) reprĂ©sentent 44 % du total. «Aucun expert n’est capable de mesurer l’ampleur de cette dĂ©qualification. Les chĂ´meurs peu diplĂ´mĂ©s, qui exerçaient des mĂ©tiers peu qualifiĂ©s, sont peu employables. Mais nul ne connaĂ®t leur nombre», note toutefois Thibault Mercier, Ă©conomiste Ă la BNP Paribas. Qui ajoute que le calcul du chĂ´mage structurel diffère d’un Ă©conomiste Ă l’autre.
D’ailleurs, Éric Heyer, de l’OFCE, estime qu’il n’est que de… 6,5 % en France. «Les entreprises prĂ©fèrent actuellement recruter d’autres personnes. Mais si la croissance revient, elles finiront par embaucher des chĂ´meurs de longue durĂ©e, qui ne sont peut-ĂŞtre pas parfaitement adaptĂ©s mais restent employables», explique-t-il.
Il est vrai que ces dĂ©bats sur le niveau du chĂ´mage structurel sont politiques. Car pour rĂ©soudre ce chĂ´mage-lĂ , il faut prendre des mesures favorables Ă l’offre: formation mais aussi baisse du coĂ»t du travail, flexibilitĂ©, rĂ©vision des allocations-chĂ´mage, comme l’Allemagne dans les annĂ©es 2000. Certaines donnĂ©es permettent tout de mĂŞme d’affirmer que le chĂ´mage structurel est Ă©levĂ© en France: depuis les annĂ©es 1980, le taux de chĂ´mage n’est jamais passĂ© sous les 7,8 % (mise Ă part un point bas entre 7,2% et 7,4% de la fin 2007 et l’Ă©tĂ© 2008)! C’est donc que le marchĂ© du travail fonctionne mal.
Le gouvernement a tenté des réformes, comme la loi El Khomri, mais elles sont restées timides. Et pas sûr que le plan de 500.000 formations supplémentaires suffise à répondre au problème de qualification des chômeurs. Le prochain exécutif aura donc fort à faire.
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:::Â ENTREPRISES
LA TRIBUNE – 10/03/2017
Le chiffre d’affaires de l’assurance a stagnĂ© en 2016
Bernard Spitz, prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration française de l’assurance
Dans un contexte jugĂ© difficile, le chiffre d’affaires de la profession en France est restĂ© quasiment stable. L’assurance vie baisse, la branche dommages connaĂ®t une faible progression. En revanche, l’activitĂ© progresse plus vite du cĂ´tĂ© de la complĂ©mentaire santĂ©. Les comptes des assureurs ont Ă©tĂ© affectĂ©s par les inondations
La rĂ©silience du secteur de l’assurance est bien connue. Les sociĂ©tĂ©s dĂ©gagent, pour la plupart, des marges importantes, mĂŞme quand la conjoncture devient difficile. Mais l’effet nĂ©gatif d’une croissance Ă©conomique faible peut se faire sentir sur le secteur avec retard. Ainsi, le chiffre d’affaires global de la profession (sociĂ©tĂ©s d’assurance, hors mutuelles 1945 et Institutions de PrĂ©voyance) a stagnĂ© en France, en 2016, selon les donnĂ©es communiquĂ©es ce jeudi, après une hausse de 4,2% en 2015.
« Ce sont des rĂ©sultats très satisfaisants dans un contexte difficile qui montrent la soliditĂ© de notre secteur », a estimĂ© jeudi Bernard Spitz, prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration française de l’assurance, lors d’une confĂ©rence de presse. Le chiffre d’affaires a diminuĂ© lĂ©gèrement en assurance vie, progressĂ© très lentement s’agissant des dommages (auto, habitation, entreprises), uniquement grâce aux particuliers, et augmentĂ© plus sensiblement en santĂ©.
LĂ©gère baisse du chiffre d’affaires en assurance vie
En assurance vie, après quatre annĂ©es consĂ©cutives de croissance franche, les dĂ©pĂ´ts des Ă©pargnants sur leurs contrats d’assurance vie ont reculĂ© de 0,6% Ă 134,7 milliards d’euros tandis que leurs retraits ont atteint 117,9 milliards d’euros, en progression de 5,2%.
MĂŞme si la collecte nette s’affiche Ă 16,8 milliards d’euros, elle ressort en net recul de 29% par rapport Ă celle de 2015. Les versements sur les fonds en euros, Ă capital garanti, ont Ă©tĂ© stables Ă près de 108 milliards d’euros, Ă l’instar de ceux sur les supports en unitĂ©s de compte, plus risquĂ©s mais potentiellement plus rĂ©munĂ©rateurs, qui ont atteint 27 milliards d’euros comme l’an dernier.
Un rendement de l’assurance vie de 1,6% après inflation
Cette tendance s’explique par la baisse continue des taux servis sur les fonds en euros, le rendement moyen sur ce segment ayant nettement reculĂ© en 2016 pour atteindre 1,8% en moyenne, contre 2,3% en 2015. Une fois l’inflation dĂ©duite, le rendement des contrats en euros est de 1,6% en 2016, contre 2,3% en 2016. Le rendement moyen des unitĂ©s de compte a, lui, baissĂ© plus modĂ©rĂ©ment tout en demeurant sensiblement supĂ©rieur, passant de 4,1% Ă 3,9% entre 2015 et 2016.
Au dernier trimestre, « il y a eu notamment une accĂ©lĂ©ration des transactions immobilières, les gens anticipant une prochaine remontĂ©e des taux, ce qui explique une hausse des retraits », a expliquĂ© Ă l’AFP le prĂ©sident de la FFA.
Les indemnisations augmentent plus vite que les recettes
Les deux autres grandes branches de l’assurance sont l’assurance maladie et l’assurance dommages (biens et responsabilitĂ©). Pour cette dernière, la profession enregistre une lĂ©gère hausse du chiffre d’affaires (les cotisations perçues augmentent de 1,5%, contre +2,2% en 2015. Cette progression est due uniquement aux particuliers (+2,3%). Le chiffre d’affaires de l’assurance des entreprises et autres professionnels est, lui stagnant (+0,3%). La hausse des cotisations encaissĂ©es par les assureurs a Ă©tĂ© sensiblement infĂ©rieure Ă l’augmentation des indemnisations (+7,5%). Une envolĂ©e des prestations versĂ©es qui tient notamment aux alĂ©as climatiques.
Les inondations les plus coûteuses depuis 1982
Le secteur connu une annĂ©e marquĂ©e par des Ă©vĂ©nements climatiques majeurs qui lui ont coĂ»tĂ© 2,3 milliards d’euros, dont 1,3 milliard au titre des inondations survenues en mai et juin dans la rĂ©gion parisienne, le centre et l’est. Jamais, depuis que la statistique existe (1982), les inondations n’avaient coĂ»tĂ© aussi cher aux assureurs.
En moyenne, les alĂ©as naturels (catastrophes naturelles, mais aussi indemnisations liĂ©es aux tempĂŞtes, grĂŞle, et Ă la neige) ont reprĂ©sentĂ© un coĂ»t pour l’assurance de 1,8 milliard sur les 8 dernières annĂ©es. 2016 se situe donc sensiblement au-dessus.
Quelque 91% des 172.000 sinistrĂ©s enregistrĂ©s Ă la suite de ces intempĂ©ries ont Ă©tĂ© indemnisĂ©s, souligne la FFA. Dans le dĂ©tail, 800 millions d’euros ont Ă©tĂ© versĂ©s aux particuliers, 300 millions aux entreprises et 200 millions pour les rĂ©coltes agricoles. Particulièrement touchĂ©, le secteur agricole a Ă©tĂ© indemnisĂ© Ă hauteur de 820 millions d’euros, un record, suite aux inondations et Ă©pisodes de grĂŞle de l’an dernier.
« Il faut que la mutualisation soit mieux assurĂ©e et qu’on passe de 25% Ă 70% des exploitations agricoles assurĂ©es », a plaidĂ© le prĂ©sident de la FFA. Pour parvenir Ă cet objectif, le responsable a appelĂ© au transfert de 500 millions d’euros sur les 9,5 milliards d’euros de subvention de la Politique agricole commune.
13 millions de sinistres
Au total, les assureurs ont indemnisĂ© 13 millions de sinistres l’an passĂ©, les deux tiers d’entre eux Ă©tant liĂ©s Ă l’automobile. La hausse des accidents de la route et de la mortalitĂ© routière se traduit dans l’assurance par une augmentation annuelle de 4,8% du coĂ»t moyen des accidents corporels.
Le coĂ»t moyen des accidents matĂ©riels a Ă©galement augmentĂ© du fait de « la sophistication des matĂ©riels » automobiles, a soulignĂ© M. Spitz. Sur l’annĂ©e, le coĂ»t total de ces accidents matĂ©riels dans l’automobile est Ă©valuĂ© Ă 6,8 milliards d’euros. ConsĂ©quence: la rentabilitĂ© technique des assureurs ressort entamĂ©e avec un ratio combinĂ©, soit l’indemnisation des sinistres et frais gĂ©nĂ©raux rapportĂ©e aux primes perçues, dans l’automobile de 104 contre 103 l’an dernier. Dans l’habitation, le ratio combinĂ© progresse Ă©galement de deux points Ă 97.
Chiffre d’affaires en hausse pour la complĂ©mentaire santĂ©
S’agissant de l’assurance maladie, les cotisations perçues sont en hausse sensible, pour les sociĂ©tĂ©s d’assurance (hors mutuelles et Institutions de prĂ©voyance). La progression atteint 5%, grâce Ă un gain Ă©levĂ© du cĂ´tĂ© des contrats collectifs (+15%), logique avec l’entrĂ©e en vigueur de la complĂ©mentaire santĂ© obligatoire en entreprise (tous les employeurs doivent la proposer Ă leurs salariĂ©s depuis le premier janvier 2016). En revanche, les cotisations liĂ©es aux contrats individuels baissent de 4%, ce qui apparaĂ®t tout aussi naturel. Selon toute probabilitĂ©, les sociĂ©tĂ©s d’assurance ont encore gagnĂ© des parts de marchĂ© sur les mutuelles et Institutions de prĂ©voyance, en 2016, le chiffre d’affaires de l’ensemble du secteur des complĂ©mentaires santĂ© n’ayant pas augmentĂ© de 5%.
51% des assurĂ©s en France sont encore couverts par des contrats individuels, mĂŞme si cette proportion s’inscrit, bien sĂ»r, en forte baisse (elle Ă©tait de 58% en 2013). 49% des bĂ©nĂ©ficiaires d’une complĂ©mentaire santĂ© le sont donc via un contrat collectif, contre 42% en 2013. Le basculement de l’individuel vers le collectif a donc lieu, mais beaucoup plus lentement que prĂ©vu.
A cet Ă©gard, la FFA estime que 95% des patrons de TPE, très concernĂ©es par la complĂ©mentaire santĂ© pour tous, offrent dĂ©sormais une telle assurance Ă leurs salariĂ©s. En dĂ©cembre, Harmonie Mutuelle, la première mutuelle santĂ©, estimait au contraire que 20% des entreprises ne jouaient pas le jeu…
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LE PARISIEN – 10/03/2017
Concurrence : SFR Ă©cope d’une nouvelle amende de 40 millions d’euros
SFR compte 512 000 abonnés de moins sur toute l’année 2016, comparé à 2015.
Pour la troisième fois, l’AutoritĂ© de la concurrence a condamnĂ© l’opĂ©rateur Ă une amende pour non-respect des engagements pris Ă la suite de son rachat par Numericable.
40 millions d’euros. C’est le montant de la nouvelle amende que l’AutoritĂ© de la concurrence vient d’infliger Ă SFR. Les motifs ? Ne pas avoir respectĂ© des engagements pris lors de son rachat par Numericable. Ce dernier avait en effet rĂ©ussi Ă s’emparer de SFR en mars 2014 Ă l’issue d’une bataille homĂ©rique contre Bouygues TĂ©lĂ©com.
Le rachat s’est montĂ© Ă 13,36 milliards d’euros, versĂ©s Ă Vivendi, et a donnĂ© naissance au groupe Numericable-SFR, rebaptisĂ© depuis SFR. Sauf que l‘AutoritĂ© de la concurrence avait posĂ© quatre conditions, en Ă©change de son feu vert, qui n’ont, semble-t-il, pas Ă©tĂ© respectĂ©es. RĂ©sultat : c’est la troisième fois que les Sages de la Rue de l’Echiquier (Paris Xe) sanctionnent SFR.
Le groupe Altice, maison mère de l’opĂ©rateur, avait en effet Ă©copĂ©, en avril 2016, d’une première amende de 15 millions d’euros dans le cadre de la cession d’Outremer TĂ©lĂ©com Ă la RĂ©union et Ă Mayotte. Puis une deuxième fois en novembre 2016, d’une amende supplĂ©mentaire de 80 millions d’euros, pour avoir anticipĂ© le rachat de Numericable en lançant prĂ©maturĂ©ment les opĂ©rations de fusion. Et cela avant mĂŞme que l’AutoritĂ© n’ait rendu son avis. Aujourd’hui, SFR se voit donc dans l’obligation de verser 40 millions d’euros supplĂ©mentaires. Soit un montant total de 135 millions d’euros. L’AutoritĂ© reproche en particulier Ă l’opĂ©rateur de ne pas avoir respectĂ© les engagements relatifs Ă un contrat de coinvestissement dans le dĂ©ploiement de la fibre jusqu’au domicile (FTTH), pourtant signĂ© en 2010 avec Bouygues TĂ©lĂ©com.
Résultats en demi-teinte
L’opĂ©rateur n’a rĂ©alisĂ© qu’une petite moitiĂ© des raccordements prĂ©vus par le planning. L’AutoritĂ© pointe Ă©galement «une maintenance dĂ©gradĂ©e» avec en particulier des «dĂ©lais de traitement des incidents manifestement excessifs», susceptibles de porter prĂ©judice Ă Bouygues TĂ©lĂ©com. De son cĂ´tĂ©, SFR conteste la dĂ©cision et exprime le souhait de faire appel. Il dispose nĂ©anmoins de douze mois pour rĂ©aliser ses engagements, qui seront suivis par un mandataire nommĂ© par l’AutoritĂ©, chargĂ© de remettre un rapport tous les trois mois.
En cas de non-respect des engagements, les sanctions envisageables peuvent aller jusqu’Ă un retrait de l’autorisation de l’opĂ©ration de rachat de SFR par Numericable. Une menace qui tombe mal, alors qu’Altice et SFR ont prĂ©sentĂ© mercredi leurs bilans annuels pour 2016. Les rĂ©sultats du groupe sont en demi-teinte en France. Car, si la clientèle est revenue, en fin d’annĂ©e, cĂ´tĂ© mobile, SFR compte nĂ©anmoins 512 000 abonnĂ©s de moins sur toute l’annĂ©e 2016, comparĂ© Ă 2015. Et le fixe souffre toujours d’une dĂ©saffection continue de la clientèle, malgrĂ© la progression des dĂ©ploiements en très haut dĂ©bit. Sur l’annĂ©e, les revenus de SFR ont reculĂ© de 0,4 %, Ă 10,991 milliards d’euros, contre 11,039 milliards d’euros en 2015.
Erwan Benezet
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LE FIGARO – 10/03/2017
Les entreprises du CAC 40 en bonne forme en 2016
INFOGRAPHIE – Les groupes qui composent l’indice phare de la Bourse de Paris ont dĂ©gagĂ© l’an dernier plus de 76 milliards d’euros de profits : c’est un net rebond de 33,7% par rapport Ă l’exercice 2015.
Il faut se mĂ©fier des chiffres. Ils ne disent pas toujours la vĂ©ritĂ© ou, du moins, pas toute la vĂ©ritĂ©. Ainsi, le bilan de l’annĂ©e 2016 pour les entreprises du CAC  40, les plus grandes cotĂ©es en France, laisse-t-il croire que l’exercice Ă©coulĂ© a Ă©tĂ© un long fleuve tranquille. En donnĂ©es cumulĂ©es, ces entreprises ont en effet dĂ©gagĂ© quelque 76,4 milliards d’euros de profits, 33,7% de plus qu’en 2015.
Comme si les chocs de 2016, les Ă©vĂ©nements terroristes, le Brexit, l’Ă©lection de Donald Trump, n’avaient eu aucune prise sur la vie Ă©conomique… En rĂ©alitĂ©, les entreprises tentent de se jouer de cette instabilitĂ© qui est devenue la norme, avec des activitĂ©s et des gĂ©ographies toujours plus diversifiĂ©es et une attention Ă leurs coĂ»ts qui reste rigoureuse.
Le rebond des profits constatĂ© en 2016 est en fait le fruit de deux Ă©volutions. D’une part, aucune entreprise du CAC 40 n’a publiĂ© l’an dernier de lourdes pertes. Alors qu’en 2015, l’agrĂ©gation des profits de ces sociĂ©tĂ©s avait Ă©tĂ© lestĂ©e par les dĂ©prĂ©ciations massives qui avaient plongĂ© dans le rouge ArcelorMittal, Engie et LafargeHolcim. Ă€ eux trois, ces groupes avaient alors affichĂ© plus de 13 milliards d’euros de dĂ©ficit. En 2016, le CAC 40 a limitĂ© la casse, avec trois groupes en pertes pour cause de dĂ©prĂ©ciations – Engie, de nouveau, Nokia, après l’acquisition d’Alcatel-Lucent, et Publicis, après celle de Sapient – mais dans des proportions beaucoup plus modestes.
Et, Ă dĂ©faut d’avoir constatĂ© une forte croissance de leur chiffre d’affaires, les entreprises du CAC 40 ont dans leur ensemble rĂ©ussi Ă faire croĂ®tre leur rentabilitĂ©. Une meilleure forme spectaculaire pour certaines, comme les constructeurs automobiles PSA et Renault, ainsi que Michelin. Les opĂ©rateurs tĂ©lĂ©coms Orange et Bouygues ont eux bĂ©nĂ©ficiĂ© de l’apaisement de la concurrence sur le marchĂ© français, quand bien mĂŞme celui est restĂ© Ă quatre opĂ©rateurs. «L’Ă©pisode boucherie est terminé», a plaisantĂ© Martin Bouygues.
Les entreprises financières, qui pèsent lourd dans le CAC 40, ont aussi connu une belle année, malgré les taux bas. BNP Paribas et Axa sont ainsi respectivement les numéros un et trois du palmarès 2016 des profits. Total rétrograde en deuxième position, évidemment pénalisé par la faiblesse des cours du pétrole, mais avec un bénéfice de 5,9 milliards, tout même en hausse de 21,8%.
Le dynamisme du CAC 40 a souvent Ă©tĂ© alimentĂ© par celui du marchĂ© europĂ©en, plus rarement par celui de l’activitĂ© française. Les effets de change (dollar et livre sterling) ont affectĂ© les Ă©volutions des revenus. La conjoncture amĂ©ricaine a parfois Ă©tĂ© compliquĂ©e Ă nĂ©gocier pour certaines entreprises, qui ont dĂ» composer avec une forme d’attentisme au second semestre, en pĂ©riode Ă©lectorale. Pour d’autres, notamment les champions du luxe LVMH et Kering, ainsi que pour L’OrĂ©al, l’AmĂ©rique a en revanche Ă©tĂ© l’an dernier une terre de croissance record.
Le bilan de 2016 est ainsi plutĂ´t flatteur, mĂŞme s’il est Ă relativiser. Avec 76,4 milliards d’euros de profits, le CAC 40 retrouve simplement son niveau de 2012. Il reste Ă bonne distance de son record de 2007, Ă près de 100 milliards.
Fusions, acquisitions et cessions en série
Et la prudence prĂ©vaut pour l’annĂ©e en cours, mĂŞme si les objectifs financiers prĂ©voient encore une progression de l’activitĂ© et des profits. Car les entreprises se prĂ©parent plus que jamais Ă naviguer dans des eaux que le risque politique peut venir troubler Ă tout moment. Bernard Arnault a ainsi mis en garde contre les risques de «guerre commerciale, de guerre des douanes et de guerre des changes» qui pèsent sur l’Ă©conomie mondiale. D’autres dirigeants abordent avec circonspection l’Ă©chĂ©ance Ă©lectorale de la prĂ©sidentielle en France, dont le rĂ©sultat leur paraĂ®t incertain ainsi que la capacitĂ© du vainqueur, quel qu’il soit, Ă trouver une majoritĂ© solide pour mettre en Ĺ“uvre son programme.
Mais la somme des alĂ©as ne paralyse pas les entreprises. Au contraire, les champions français du CAC 40 font, dans cette pĂ©riode charnière, preuve d’une grande agilitĂ© et multiplient les opĂ©rations. Beaucoup s’attaquent Ă rectifier leurs frontières, avec des cessions d’actifs rĂ©alisĂ©es ou Ă l’Ă©tude dans le secteur de l’Ă©nergie, chez Engie (centrales Ă charbon, exploration production…) ou Total (Atotech), ou encore chez Sanofi (mĂ©dicaments matures, voire gĂ©nĂ©riques) et L’OrĂ©al (The Body Shop).
Mais, parallèlement, le CAC 40 s’est illustrĂ© ces dernières semaines par de nombreuses acquisitions d’envergure. Amundi, filiale du CrĂ©dit agricole, a rachetĂ© Pioneer. Essilor s’est mariĂ© avec l’italien Luxottica. Safran a lancĂ© une offre sur Zodiac. Et cette seule semaine a Ă©tĂ© marquĂ©e par l’annonce du rachat d’Opel par PSA et de GE Water par Suez.
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:::Â POLITIQUE
L’OPINION – 10/03/2017
Présidentielle: les syndicats à la rue
La campagne déboussole les organisations syndicales, perturbées par le succès des thèses du FN auprès de leurs adhérents, gênées par les ambiguïtés du programme Macron, remontées par le revenu universel de Hamon…
Pour François Fillon, Gérard Larcher reprend son second round de concertations avec les partenaires sociaux (après une première salve en décembre). Les équipes d’​Emmanuel Macron prennent aussi contact avec les leaders syndicaux et patronaux. De leur côté, les centrales préparent leur carnet de revendications à l’attention des candidats. Les organisations patronales, elles, invitent les postulants à l’Elysée à présenter leur programme devant les dirigeants. La CPME l’a fait la semaine dernière, le Medef le fera fin mars.
En fin d’année dernière, les partenaires sociaux s’étaient tous préparés à l’alternance. Chez les syndicats, on aurait préféré qu’Alain Juppé gagne la primaire de la droite et du centre, car le programme porté par le maire de Bordeaux était nettement moins dur que celui de François Fillon. Mais chacun s’était fait une raison devant la victoire de l’ancien Premier ministre. Le patronat se frottait les mains, les syndicats se préparaient à l’offensive. D’autant plus que les mesures à combattre étaient classiques : fin des 35 heures, report de l’âge de départ à la retraite, réduction du nombre de fonctionnaires… Les argumentaires étaient déjà prêts, il n’y avait plus qu’à les ressortir.
Pour infléchir la purge libérale à venir, les syndicats pariaient sur un médiateur de poids, Gérard Larcher. En confiant au président du Sénat le soin de recevoir les partenaires sociaux, François Fillon les avait quelque peu rassurés. La plupart des leaders connaissent depuis longtemps l’ancien maire de Rambouillet. La relation de confiance s’était établie lorsqu’il était ministre du Travail, en 2007. Et puis personne n’imaginait être trahi par celui qui a porté une loi en faveur du dialogue social…
Oui, mais voilà , la donne a changé. Avec le Penelopegate, Gérard Larcher a un temps pris ses distances avec François Fillon. Alors qu’il recevait un à un les chefs de file syndicaux et patronaux, certains rendez-vous ont tout d’un coup disparu des agendas. « Il y a eu un flottement, on l’a senti », raconte un leader syndical qui a vu la rencontre prévue s’annuler, puis être reportée. Aujourd’hui, ils s’interrogent : Gérard Larcher aura-t-il la même capacité à murmurer à l’oreille de François Fillon ? « Ces dernières semaines, Fillon a montré son entêtement. S’il est élu, il risque d’être jusqu’au-boutiste, y compris en matière sociale ; ça va saigner », s’inquiète un responsable syndical national.
Inquiétudes. Dans les centrales, les états-majors sont inquiets, mais aussi déboussolés. Car en face, qui peut porter leurs revendications ? Traditionnellement classés à gauche, les syndicats sont cette année décontenancés par le gagnant de la primaire socialiste. De la CGT à la CFDT, en passant par FO, personne ne croit à la mesure phare défendue par Benoît Hamon : le revenu universel. Le manque de crédibilité de l’ancien ministre de l’Economie sociale et solidaire joue aussi. Cette méfiance éclipse presque les positions du candidat sur la loi Travail, et notamment sa remise en cause de l’inversion de la hiérarchie des normes à laquelle les syndicats sont pourtant si attachés.
Contrairement à ses prédécesseurs de 2007 et 2012, Benoît Hamon n’a pas pris beaucoup de contacts avec les centrales, notamment pour bâtir son programme. Il ne bénéficiera pas d’une consigne de vote en sa faveur de la part de Philippe Martinez. En 2012, le numéro un de la CGT Bernard Thibault avait appelé à voter François Hollande face à un Nicolas Sarkozy fustigeant les corps intermédiaires. Mais si Philippe Martinez a promis qu’il ferait vœu de silence, c’est aussi parce que cette année, le cégétiste sait que ses adhérents se sentent plus proches de La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon que du PS.
Quant à l’invité surprise de cette présidentielle, Emmanuel Macron, il ne fait pas non plus recette chez les syndicats. Il s’attire les foudres de FO et de la CGT, et divise les réformistes. Avec sa promesse d’étatiser l’assurance chômage, qui leur enlèverait une importante prérogative, le leader d’En Marche ! fait la quasi-unanimité contre lui, y compris dans les organisations patronales. Et si Jean Pisani-Ferry, chargé de coordonner son programme, reçoit actuellement les équipes des partenaires sociaux, il ne les rassure guère « Il y a des idées intéressantes dans le programme Macron, mais aussi beaucoup d’impensés et de zones grises », soulignent des membres du Medef et de la CFDT.
Impuissance. Enfin, patronat et syndicats constatent avec une forme d’impuissance l’intérêt de leurs troupes pour les thèses de Marine Le Pen. Avec un programme intitulé « Au nom du peuple » qui promet le retour de la retraite à 60 ans, l’embauche de fonctionnaires ou encore la défense des services publics, la candidate frontiste séduit les ouvriers et les employés. « Que répondre aux camarades qui nous disent que 80 % de nos revendications sont aujourd’hui portées par le FN ? Objectivement, c’est vrai », se désole un membre de Force ouvrière. Même désarroi du côté de l’U2P (ancienne UPA), de la CPME ou même du Medef : avec ses sorties sur la simplification de l’économie ou la fin du régime social des indépendants RSI, elle séduit les artisans, les commerçants…
En période de campagne présidentielle, les syndicats n’ont pas pour habitude de donner de consignes de vote. « Mais cette année, ils prennent davantage part à la campagne. Car au FN, à droite, mais aussi au centre, les programmes sont plutôt très anti-dialogue social », commente Stéphanie Matteudi, spécialiste des questions sociales, directrice d’ADS. En témoignent les plateformes de revendications à l’attention des candidats. FO a présenté la sienne le 20 février, la CFDT le fera le 20 mars.
Manifesteront-ils tous côte à côte, comme en 2002 (à l’exception de FO), contre la candidate frontiste si celle-ci est au second tour ? La question les embarrasse. A la CGT, pour Philippe Martinez, le sujet est délicat. S’il ne mâche pas ses mots contre l’extrême droite, il sait aussi qu’une partie de ses adhérents est aspirée par le FN. A la CFDT, à chaque fois qu’il en a l’occasion, Laurent Berger monte aussi au créneau, mais ce n’est pas dans ses rangs que les idées frontistes séduisent le plus.
Les organisations patronales sont également gênées aux entournures. Elles ont pour habitude d’inviter les postulants à l’Elysée à plancher devant leurs adhérents. La CPME l’a fait lundi dernier. Changement notable, cette année, pour la première fois, le Medef a convié Marine Le Pen. Fin mars, elle viendra dérouler son programme Avenue Bosquet, au même titre que François Fillon ou Emmanuel Macron.
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LE MONDE – 10/03/2017
Entre Macron et Hamon, les faux-semblants de la bataille des soutiens
Ralliement de Bertrand Delanoë au prétendant d’En marche !, ambiguïté de Claude Bartolone… à gauche, une guerre des nerfs s’est déclenchée entre les deux candidats.
Devine qui vient prendre le café ? La rencontre surprise, jeudi matin, entre Bernard Cazeneuve et Benoît Hamon, au QG de campagne du candidat socialiste, illustre les manœuvres en cours à gauche, alors qu’une guerre des nerfs politique s’engage entre le député des Yvelines et Emmanuel Macron à sept semaines du premier tour de la présidentielle.
La visite du premier ministre était plus que bienvenue pour M. Hamon, toujours à la peine pour se dégager du rang fatal et humiliant de quatrième homme de l’élection, alors que le leader d’En Marche continue d’enregistrer de bons sondages, l’installant à la deuxième place.
- Cazeneuve n’a pas clairement exprimé son soutien au vainqueur de la primaire de janvier, mais sa venue a été largement mise en scène et exploitée par l’équipe Hamon. « Que le chef du gouvernement se déplace en personne, ça fait sens », explique Jérôme Guedj, le porte-parole du candidat socialiste, qui y voit un appui, certes non dit, mais réel. Sur place, le premier ministre a pourtant répété à M. Hamon qu’il devait représenter dans la présidentielle l’ensemble du PS et assumer le bilan du quinquennat. « Il faut rassembler toute sa famille politique (…) Il faut inscrire l’espérance qu’il incarne dans la continuité de ce qui a été fait de positif pendant ce quinquennat », a-t-il précisé.
Ce conseil-avertissement intervient alors que de nombreux élus et responsables socialistes ne cachent plus leur envie de soutenir M. Macron. A la fois parce que l’ancien ministre de l’économie est mieux placé dans les enquêtes d’opinion pour affronter Marine Le Pen au second tour, et parce qu’il incarne une ligne politique plus en harmonie avec leurs idées que celle de l’ancien frondeur.
« Pas d’accord »
Le ralliement, mercredi, de l’ex-maire de Paris Bertrand Delanoë à M. Macron, est un signal d’alarme pour le camp Hamon, après les menaces agitées par le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, ou des ministres proches de Manuel Valls. Les prochaines semaines vont être décisives pour le candidat socialiste, afin d’éviter qu’une partie des troupes ne bascule dans le giron macroniste.
Mais l’équation n’est pas si simple dans le détail. M. Macron, qui cherche à incarner le plus longtemps possible une candidature non partisane, doit éviter également d’enregistrer l’arrivée d’une masse de ralliés socialistes, au risque de se déporter trop à gauche. Pour preuve, le projet d’un appel en sa faveur des parlementaires dits « réformateurs » – qui représentent l’aile droite du PS – révélé jeudi par Le Figaro. Aussitôt l’information connue, son initiateur, le député socialiste Christophe Caresche, a démenti toute démarche en ce sens dans les prochains jours. « C’est une fuite malencontreuse, mais rien n’est acté pour l’instant », a expliqué l’élu parisien au Monde.
Cet atermoiement prouve que les anti-Hamon du PS, au gouvernement comme dans la majorité, ne sont pas forcément les bienvenus chez les pro-Macron. « Il n’y aura pas d’accord d’appareil ou de sensibilité, un ralliement ne peut se faire que sur l’offre politique proposée », a précisé jeudi Benjamin Griveaux, porte-parole d’En Marche !.
Risque de « majorité instable »
En déplacement en Gironde, M. Macron a confié à des journalistes qui l’accompagnaient, que le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian est le seul membre de l’exécutif qu’il serait prêt à prendre à ses côtés. Pas un mot en revanche pour Ségolène Royal, Stéphane Le Foll ou Marisol Touraine, ou pour les ministres proches de M. Valls, qui pourraient être eux aussi tentés de le soutenir.
De leurs côtés, les députés PS désireux de passer sur la rive Macron rechignent encore. En jeu, leurs investitures aux prochaines législatives, alors que la rue de Solférino ne dit toujours pas clairement quel sort leur sera réservé en cas de défection. Dans cette présidentielle inédite, beaucoup préfèrent attendre que le paysage se stabilise davantage avant de faire le grand saut.
Invité jeudi soir de l’Emission politique, sur France 2, M. Hamon a balayé les choix de ces responsables qui « déguerpissent » chez son concurrent, mettant en avant sa « légitimité » acquise par la primaire de la gauche et sa volonté de « tourner la page avec le passé ». Le candidat socialiste a préféré attaquer M. Macron sur sa capacité à gouverner, dénonçant son « impréparation » et le risque, en cas de victoire de l’ancien banquier, d’une « majorité instable », allant « de Robert Hue à Alain Madelin ».
« Les ralliements socialistes à Macron viennent pour l’instant de personnalités individuelles, il n’y a pas de processus collectif », minimise le député Mathieu Hanotin, directeur de campagne de M. Hamon, qui se rassure en affirmant que « de telles initiatives ne sont pas déterminantes aux yeux des citoyens, ce qui compte, ce sont les idées et le projet ».
Hommage aux ministres
Mais l’entourage du candidat socialiste craint que la possible litanie à venir des ralliements macronistes n’affaiblisse encore sa campagne. « Ceux au PS qui veulent la défaite de Hamon vont entretenir tous les jours le poison médiatique des départs éventuels. Il faut que Benoît casse ce feuilleton en coupant net avec eux », explique l’écologiste Yannick Jadot.
Le député des Yvelines reste fidèle à ses engagements de la primaire, mais il insiste désormais sur les mesures en faveur du pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires dans son programme. Un focus plus à même de convaincre beaucoup d’élus de son camp. Surtout, il prend soin, dans ses discours, de rendre des hommages appuyés à différentes figures du gouvernement. Ainsi de Ségolène Royal, qui « a éclairé le chemin » sur les enjeux écologiques, Marisol Touraine, qui a « porté l’acquis social du quinquennat », ou Jean-Yves Le Drian, qui a été « un des plus grands ministres de la défense ».
S’il veut s’imposer comme central à gauche, à quarante-quatre jours du premier tour de la présidentielle, M. Hamon a compris qu’il doit envoyer des signaux à la gauche sociale-démocrate et plus seulement à la gauche écologiste ou citoyenne. « Faire entrer des émetteurs plus rassurants nous rendra plus audible », résume un membre de son équipe.
Cédric Pietralunga et Bastien Bonnefous
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LA TRIBUNE – 10/03/2017
Revenu universel : Benoît Hamon se pose en candidat de « la feuille de paie »
BenoĂ®t Hamon, candidat socialiste Ă l’Ă©lection prĂ©sidentielle, a dit vouloir attaquer « la feuille de paie » et augmenter le salaire net grâce Ă son projet de revenu universel, qu’il a modifiĂ© pour les 18-25 ans jeudi soir sur France 2.
InterrogĂ© lors de l’Emission politique sur la mise en place de sa proposition de revenu universel, M. Hamon a dĂ©clarĂ© vouloir « d’abord proposer une Ă©tape qui permet Ă 80% des salariĂ©s français, des travailleurs indĂ©pendants, des commerçants, artisans, de voir leur travail revalorisĂ© par un gain net sur la feuille de paie ».
« J’attaque la feuille de paie, j’augmente le salaire net« , a martelĂ© le candidat socialiste, comme en Ă©cho Ă son ancien rival de la primaire et dĂ©sormais soutien Arnaud Montebourg, qui s’Ă©tait posĂ© en « candidat de la feuille de paie » durant la primaire.
« 600 euros quand on n’a rien »
Concrètement, M. Hamon souhaite « que les 18-25 ans et l’ensemble des salariĂ©s » touchant « jusqu’Ă 1,9 SMIC perçoivent un revenu universel ». Son montant « sera de 600 euros quand on n’a rien », et sera « dĂ©gressif » pour ceux percevant un revenu « jusqu’Ă 1,9 SMIC ».
En janvier, M. Hamon comptait attribuer ce revenu universel Ă l’ensemble des 18-25 ans, sans conditions de ressources, « pour favoriser leur insertion sociale et professionnelle ». Selon sa proposition prĂ©sentĂ©e jeudi, « la consĂ©quence sur la feuille de paie », pour « un couple au Smic » sera de « 386 euros » nets mensuels, a argumentĂ© le dĂ©putĂ© des Yvelines. « Pour un Ă©tudiant qui travaillerait un jour sur cinq, le gain net sera de 500 euros » par mois, a-t-il poursuivi.
« 35 milliards d’euros » pour la mise en place
- Hamon a chiffrĂ© la mise en place de cette première Ă©tape à « 35 milliards d’euros« , « en-deçà du pacte de responsabilitĂ© et du CICE« , instaurĂ©s par François Hollande et d’un coĂ»t d’environ 41 milliards d’euros. « Derrière, il y a d’autres Ă©tapes », a soulignĂ© M. Hamon, dĂ©sireux d’installer « une confĂ©rence citoyenne, sociale, pour en discuter ».
Cette confĂ©rence « peut discuter de l’Ă©largissement de ceux qui seront les bĂ©nĂ©ficiaires. Doit venir demain l’Ă©tape qui permettra le versement du revenu universel aux retraitĂ©s« , a-t-il ajoutĂ©, se dĂ©fendant d’avoir changĂ© en cours de route le calendrier d’application de cette proposition qui a marquĂ© lors de la primaire PS Ă©largie.
« Trouvez une dĂ©claration de BenoĂ®t Hamon qui disait pendant les primaires qu’il s’engageait pour autre chose que cette première Ă©tape », a lancĂ© ce dĂ©putĂ© des Yvelines et ancien ministre.
REPLAY sur France 2Â : http://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/l-emission-politique/l-emission-politique-du-jeudi-8-decembre-2016_1948665.html
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LE FIGARO – 10/03/2017
L’Europe impuissante Ă surmonter le choc du Brexit
VIDÉO – Les EuropĂ©ens sont en plein doute face Ă l’imminence du Brexit et Ă la fragmentation de l’UE pronostiquĂ©e par Trump.
Le mois dernier, Ă Malte, lorsqu’Angela Merkel et François Hollande ont poussĂ© l’idĂ©e que certains pays de l’UE «puissent avancer plus rapidement que d’autres», une voix s’est levĂ©e dans le huis clos du sommet: «Certes! Mais qu’est-ce qui vous en empĂŞche aujourd’hui?» La rĂ©ponse est dans la question: l’Europe Ă plusieurs vitesses est gravĂ©e depuis 1997 dans le marbre du traitĂ© d’Amsterdam et un recul de vingt ans montre que ce n’est ni un accĂ©lĂ©rateur infaillible, ni la courroie d’entraĂ®nement escomptĂ©e.
«GĂ©omĂ©trie variable», «intĂ©gration diffĂ©renciĂ©e», «cercles concentriques» ou vitesses plurielles, le dĂ©bat ressurgit par intervalles, surtout lorsque le projet europĂ©en semble en panne. C’est presque une vieille ficelle, en tout cas le signal du dĂ©sarroi au sommet et de l’absence d’idĂ©es neuves. Ă€ deux semaines de la cĂ©lĂ©bration des 60 ans du traitĂ© fondateur, Ă Rome le 25 mars, l’Europe a des raisons de se poser des questions. L’imminence du divorce britannique, la dĂ©sintĂ©gration de l’UE pronostiquĂ©e par le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump ou encore le grignotage Ă ses marches entamĂ© par Vladimir Poutine nourrissent une inquiĂ©tude quasi existentielle.
Ă€ l’intĂ©rieur de ses frontières, l’UE ne manque pas de blocs, de cliques et autres clubs nouĂ©s par la gĂ©ographie et/ou la convergence d’intĂ©rĂŞts. Lundi, le mini-sommet de Versailles a mis en lumière un nouveau quatuor, l’Italie et l’Espagne venant renforcer un «axe» franco-allemand rĂ©putĂ© incontournable.
Dans la mosaĂŻque, il faudrait Ă©voquer aussi le «Club Med», enfant de la crise eurobudgĂ©taire (France, Italie, Espagne et Grèce), le cĂ©nacle des six pays fondateurs, le Conseil nordique des Scandinaves, le trio des Baltes, le Benelux, et surtout le Groupe de Višegrad, vrai franc-tireur (la Hongrie, la RĂ©publique tchèque, la Slovaquie et bien sĂ»r l’intraitable Pologne de Jaroslaw Kaczynski).
L’UE Ă gĂ©omĂ©trie variable, elle, existe dĂ©jĂ grandeur nature, bien qu’elle cache en grande partie son jeu. Au sens du fameux traitĂ©, la «coopĂ©ration renforcĂ©e» permet Ă neuf pays – au moins – d’aller seuls de l’avant sur un projet prĂ©cis si le soutien de tous est impossible et, ce, sans que le reste de l’union puisse s’y opposer. En 2010, 14 capitales ont inaugurĂ© la mĂ©thode en simplifiant entre eux le divorce des couples binationaux. L’annĂ©e suivante, 25 États ont lancĂ© le brevet europĂ©en. Ce jeudi soir, Ă Bruxelles, tous les pays de l’UE devaient s’engager pour la crĂ©ation d’un parquet europĂ©en, instance judiciaire commune Ă l’exception de la Suède, coincĂ©e par ses lois fondamentales.
Contourner la règle de l’unanimitĂ©
La coopĂ©ration renforcĂ©e prĂ©sente un gros avantage politique. Elle permet de contourner, en Ă©quipe rĂ©duite, une contrainte souvent paralysante: la règle de l’unanimitĂ©, qui continue de s’imposer Ă l’UE tout entière sur ce qui touche la sĂ©curitĂ©, les impĂ´ts, la protection sociale, la politique Ă©trangère et, bien sĂ»r, la rĂ©vision des traitĂ©s europĂ©ens. Un seul veto sur 28 suffrages et tout se retrouve plombĂ©. «La dernière voiture bloque et c’est le train entier qui se retrouve Ă l’arrĂŞt», rĂ©sume un ambassadeur.
Au-delĂ d’avancĂ©es modestes comme le divorce et le brevet, les deux ressorts les plus puissants de l’Europe Ă plusieurs vitesses ne doivent rien Ă la coopĂ©ration renforcĂ©e, mais ils crèvent les yeux: il s’agit de la zone euro (19 États de l’UE sur 28) et de l’espace sans passeport de Schengen (26 pays, dont 22 appartenant Ă l’UE). La chancelière Merkel et le prĂ©sident Hollande vendent comme du neuf un chemin rebattu. Ils pourraient y ajouter bientĂ´t un troisième pĂ©rimètre, aussi Ă©lastique: l’Europe de la dĂ©fense, une idĂ©e revenue en force grâce au prĂ©sident Trump et Ă ses doutes sur l’avenir de l’Otan.
Ces cercles qui se recoupent dressent les uns contre les autres ceux qui veulent ĂŞtre dedans, parce qu’ils sont pressĂ©s, et ceux qui craignent d’ĂŞtre rejetĂ©s en dehors, comme des EuropĂ©ens de seconde zone. Jean-Claude Juncker a relancĂ© le dĂ©bat en demandant aux 27 qui resteront après le Brexit d’assumer leur responsabilitĂ©. Les options dĂ©voilĂ©es par le chef de la Commission vont d’une intĂ©gration plus rapide, soutenue par quatuor de Versailles, Ă la «renationalisation» de certaines compĂ©tences bruxelloises, souhaitĂ©es par le groupe de Višegrad. L’Europe Ă gĂ©omĂ©trie variable n’est pas un objectif en soi. C’est un moyen d’accommoder les contrastes.
Un ferment de division
C’est aussi une arme Ă double tranchant, un ferment de division, quand l’UE veut afficher un «front commun» face Ă l’instabilitĂ© et aux dĂ©fis qui l’assaillent. Après s’ĂŞtre avancĂ© sur l’Europe plurielle, Jean-Claude Juncker fait un pas de cĂ´tĂ© en signalant qu’il ne privilĂ©gie aucune piste. MĂŞme mise au point du cĂ´tĂ© français, oĂą l’on souligne qu’il «ne s’agit surtout pas d’exclure», en laissant certaines capitales sur le bord de la route. «L’accord Ă 27 doit rester la règle et la formation rĂ©duite l’exception, quand c’est l’unique façon d’avancer», insiste un responsable europĂ©en. La dĂ©claration du sommet de Rome, qui fixera pour dix ans le cap de l’UE sans Royaume-Uni, se gardera de mentionner l’Europe Ă plusieurs vitesses, d’après un document prĂ©paratoire consultĂ© par Le Figaro.
L’expĂ©rience de l’Eurozone et de Schengen prouve aussi que le volontariat et la mobilisation d’une avant-garde ne font pas disparaĂ®tre par enchantement les obstacles qui peuvent paralyser les chantiers Ă 28. Au contraire. Depuis des annĂ©es, l’Union monĂ©taire fait du surplace en raison d’un profond dĂ©saccord franco-allemand sur la gouvernance de l’euro et sur un budget qui lui serait propre. C’est prĂ©cisĂ©ment l’«empĂŞchement» que l’interlocuteur d’Angela Merkel et de François Hollande invoquait au sommet Ă Malte. De mĂŞme façon, la crise des rĂ©fugiĂ©s a fait surgir Ă l’intĂ©rieur de l’espace Schengen des barrières physiques et des blocages politiques toujours insurmontĂ©s (Grèce, Italie, Hongrie, Slovaquie, Autriche, etc.)
Ă€ l’inverse, l’approche Ă Vingt-Huit, dite «communautaire», vient d’afficher coup sur coup des succès inespĂ©rĂ©s, notamment sur le thème Ă©lectoralement porteur de la lutte contre l’Ă©vasion fiscale. D’un bout Ă l’autre de l’UE, l’Ă©change de donnĂ©es bancaires sur les revenus du capital est devenu obligatoire, tout comme la transparence sur les «cadeaux» fiscaux consentis aux multinationales. En attendant peut-ĂŞtre une assiette europĂ©enne commune de l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s, qui permettait de taxer les profits lĂ oĂą ils sont gĂ©nĂ©rĂ©s.
Paradoxalement, la seule initiative fiscale restĂ©e en rade est l’Ĺ“uvre de l’Europe Ă deux vitesses: la taxe sur les transactions financières, censĂ©e ĂŞtre l’antidote des faillites bancaires. LancĂ©e il y a cinq ans par douze des vingt-huit capitales – dont Paris, Berlin, Madrid et Rome – elle est moribonde et risque Ă tout moment de passer sous le seuil critique des neuf adhĂ©sions. Un ambassadeur rĂ©sume: «Le problème de l’Europe, c’est moins la vitesse que l’absence de direction.»
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LES ECHOS – 10/03/2017
BCE : Draghi défend l’intégrité et l’irréversibilité de l’euro
Les échéances politiques du printemps en Europe ne donnent pas encore de sueurs froides à Mario Draghi.
Le président de la BCE croit à l’intégrité de la zone euro et a rappelé jeudi le côté « irréversible » de la monnaie unique
La bataille sur le front de l’inflation n’est pas encore gagnée. Le président de la BCE croit à l’intégrité de la zone euro et a rappelé jeudi le côté «  irréversible  » de la monnaie unique.
Les Ă©chĂ©ances politiques du printemps en Europe ne donnent pas encore de sueurs froides Ă Mario Draghi. Le prĂ©sident de la BCE croit Ă l’intĂ©gritĂ© de la zone euro et a rappelĂ© jeudi le cĂ´tĂ© « irrĂ©versible » de la monnaie unique, Ă l’issue de la rĂ©union du Conseil des gouverneurs de la BCE.
Il a mĂŞme insistĂ© en soulignant que « l’euro est perçu comme un prĂ©-requis au marchĂ© unique », une façon de souligner la capacitĂ© de la devise Ă dynamiser l’Union europĂ©enne. La seule question Ă se poser est « comment assurer la prospĂ©ritĂ© Ă©conomique », de manière Ă rendre l’euro plus rĂ©sistant aux chocs, sachant que le banquier central se focalise, lui, sur l’inflation. Et, Ă ce sujet, la bataille progresse mais n’est pas encore gagnĂ©e.
Exercice d’autosatisfaction
Mario Draghi, la mine dĂ©tendue, s’est livrĂ© Ă un exercice d’autosatisfaction en Ă©numĂ©rant les bienfaits de la politique monĂ©taire menĂ©e depuis trois ans pour soutenir la croissance, l’emploi et les prix. MalgrĂ© tout, le conseil de la BCE a dĂ©cidĂ©, Ă l’issue d’un dĂ©bat dĂ©crit comme « consensuel » par Mario Draghi, de ne rien changer au dispositif en cours : les taux restent fixĂ©s au plus bas et il a Ă©tĂ© rĂ©pĂ©tĂ© qu’ils pourraient encore baisser. Quant au programme d’achats d’actifs lancĂ© il y a exactement deux ans, il a rempli son objectif d’Ă©loigner le risque de dĂ©flation, moyennant 1.700 milliards d’euros dĂ©versĂ©s sur les marchĂ©s Ă ce jour, et 620 milliards Ă venir d’ici Ă dĂ©cembre 2017.
N’en dĂ©plaise aux critiques en Allemagne , qui ne voient plus l’utilitĂ©, Ă l’heure actuelle, de ces rachats d’actifs, le dĂ©bat sur leur arrĂŞt n’est toujours pas entamĂ©. Avant cela, la BCE veut constater un « ajustement durable du taux d’inflation, et nous ne le voyons pas encore », a martelĂ© Mario Draghi. La hausse, en fĂ©vrier, Ă 2 % est largement liĂ©e aux prix du pĂ©trole, tandis que l’inflation hors Ă©nergie est restĂ©e molle, ne dĂ©collant pas de 0,9 %.
Une posture plus positive
La BCE a toutefois entamĂ© un lĂ©ger virage dans sa communication, histoire de donner des gages aux adeptes d’une politique monĂ©taire moins expansive. L’institution ne se dit plus prĂŞte à « utiliser tous les instruments Ă sa disposition » afin de remplir ses objectifs, ce passage ayant Ă©tĂ© retirĂ© de son communiquĂ© par rapport Ă celui de janvier. « Le sentiment d’urgence n’est pas prĂ©sent », a justifiĂ© l’Italien. Illustration immĂ©diate, la BCE n’a pas annoncĂ© de nouvelle vague de prĂŞts Ă long terme et Ă très bon marchĂ© octroyĂ©s aux banques, qui sont encouragĂ©es Ă les prĂŞter Ă leur tour Ă l’Ă©conomie.
Dans la pĂ©riode Ă venir, l’institution francfortoise craint en premier lieu les risques gĂ©opolitiques, ceux liĂ©s Ă des facteurs intĂ©rieurs devant rester contenus. La BCE a adoptĂ©, in fine, une posture plus positive, ce que reflètent ses prĂ©visions de PIB et d’inflation, revues Ă la hausse surtout en 2017 (1,7 % d’inflation, au lieu de 1,3 % prĂ©vu en dĂ©cembre).
Pour la suite, certains tablent sur l’annonce, après l’Ă©tĂ©, d’un ralentissement par paliers des rachats d’actifs, effectif Ă partir de 2018.
Jean-Philippe Lacour
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LES ECHOS – 10/03/2017
Chômage frontalier : le changement de règle qui peut rapporter gros à la France
Une réforme par la, Commission européenne de la couverture chômage des 1,3 millions de salariés frontaliers (résidant dans un Etat et travaillant dans un autre) pourrait faire économiser plusieurs centaines de millions d’euros par an à l’Unédic
Bruxelles veut transférer à l’Etat d’accueil la couverture chômage des frontaliers. Le système actuel a coûté 600 millions à la France en 2016.
Merci Bruxelles ? Tandis que les partenaires sociaux français relancent la nĂ©gociation sur l’assurance-chĂ´mage , en dĂ©ficit de 4,2 milliards d’euros l’an passĂ©, un coup de main salutaire pourrait arriver de la Commission europĂ©enne. Son projet de refonte du rĂ©glement de coordination des systèmes de sĂ©curitĂ© sociale, prĂ©sentĂ© en dĂ©cembre, prĂ©voit une rĂ©forme de la couverture chĂ´mage des 1,3 millions de salariĂ©s frontaliers (rĂ©sidant dans un Etat et travaillant dans un autre) qui pourrait en effet faire Ă©conomiser plusieurs centaines de millions d’euros par an Ă l’UnĂ©dic.
Un coĂ»t net de 600 millions d’euros pour l’UnĂ©dic
Aujourd’hui, quand un Français rĂ©sidant par exemple Ă Strasbourg et travaillant outre-Rhin est licenciĂ©, c’est la France qui lui verse ses allocations, aux mĂŞmes conditions que s’il y avait travaillĂ©, et ce bien qu’il ait cotisĂ© en Allemagne et y ait Ă©tĂ©, en principe, imposĂ©. L’Allemagne doit verser Ă la France une compensation, mais elle est plafonnĂ©e Ă trois Ă cinq mois d’allocations. C’est peu comparĂ© Ă la durĂ©e moyenne du chĂ´mage. Dans un rapport financier publiĂ© en septembre, l’UnĂ©dic alerte : en 2015, il a versĂ© 770 millions d’euros d’allocations Ă 34.000 bĂ©nĂ©ficiaires du système et n’a reçu que 170 millions des Etats oĂą ils ont perdu leur emploi. Soit un coĂ»t net de 600 millions, deux fois plus qu’il y a dix ans.
Les deux tiers de l’addition viennent de Suisse
Les deux tiers de l’addition se concentre sur la Suisse (concernĂ©e en vertu d’un accord bilatĂ©ral avec l’UE), oĂą l’Ă©rosion de la croissance a fait des dĂ©gâts parmi les nombreux frontaliers français. Ils coĂ»tent d’autant plus cher Ă l’Unedic que leurs allocations sont calculĂ©es d’après des salaires perçus en Suisses, oĂą ils sont bien plus Ă©levĂ©s.
La rĂ©vision prĂ©vue par la commissaire europĂ©enne Ă l’Emploi , Marianne Thyssen, rebattrait les cartes : dès lors qu’un frontalier y a travaillĂ© au moins 12 mois, il incomberait Ă l’Etat membre du dernier emploi de le couvrir en cas de perte d’emploi, aux conditions en vigueur localement, ce qui fera aussi des perdants et des gagnants parmi les chĂ´meurs. « C’est plus juste et cohĂ©rent de maintenir le lien avec le pays oĂą il a travaillĂ© et cotisĂ© », insiste Marianne Thyssen.
Le projet est dĂ©sormais soumis Ă l’aval d’une majoritĂ© des Etats membres, La Suisse, qui accueille plus de 300.000 frontaliers , et le Luxembourg, qui en compte 174.000, sont sans surprise vent debout. Le Grand DuchĂ© dĂ©nonce un projet « impraticable », pointant l’impossibilitĂ© pour lui de vĂ©rifier que les chĂ´meurs domiciliĂ©s hors de son territoire cherchent activement un nouvel emploi. Les discussions sont en cours en vue d’aboutir avant l’Ă©tĂ©, mais les premiers Ă©changes, vendredi dernier, entre ministres europĂ©ens du Travail, laissent espĂ©rer Ă la Commission une adoption de son projet.
Derek Perotte
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Vous souhaitant une bonne journée et un agréable week-end.
Cordialement,
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Elena NATALITCH
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