Revue de presse du MEDEF IDF du samedi 25 au lundi 27 février 2017 : la garantie sociale des chefs d’entreprise (GSC).
[gview file= »http://www.massy-europe.fr/wp-content/uploads/2017/03/MEDEF_170227.pdf »]
ftpAME2017-04-05T09:04:33+02:00Mots-clés : Actualité, Assurance ces dirigeants, MEDEF, Revue de Presse|
[gview file= »http://www.massy-europe.fr/wp-content/uploads/2017/03/MEDEF_170227.pdf »]
ftpAME2017-07-06T09:03:47+02:00Mots-clés : Actualité, MEDEF, Revue de Presse|
::: ECONOMIE
L’OPINION – 24/02/2017
Assurance-chômage: plus que les contrats courts, la question des seniors pourrait polluer la négociation
Le patronat veut que la durée maximale d’indemnisation soit réduite de trois à deux ans pour les demandeurs d’emploi de 50 à 55 ans
En matière d’assurance-chômage, les débats se sont beaucoup focalisés sur les contrats de travail courts et leur taxation. Mais selon plusieurs négociateurs, le dossier des seniors est un point très litigieux dans les discussions qui se tiennent actuellement entre les partenaires sociaux, cogestionnaires de l’Unédic.
Les plus de 50 ans représentent un quart des bénéficiaires de l’assurance-chômage et bénéficient d’une durée maximale d’indemnisation de 36 mois (les moins de 50 ans sont indemnisés 24 mois maximum), répondant à leur difficulté à retrouver un emploi. Cela pèse lourdement sur les comptes de l’Unédic : les allocations versées au-delà de deux années représentaient 1 milliard d’euros en 2015.
Aussi, le Medef propose-t-il de relever l’âge d’entrée dans cette filière à 55 ans (au départ, il envisageait même 57 ou 59 ans). La CFDT pourrait suivre cette proposition, faisant valoir que les règles en vigueur pour les plus de 50 ans envoient un très mauvais signal aux seniors et aux employeurs. Par ailleurs, selon une étude de l’Unédic citée par le Conseil d’orientation des retraites, le recul de l’âge de la retraite a multiplié par deux, entre 2008 et 2015, le nombre de chômeurs indemnisés de 60 ans et plus.
Les autres syndicats, et notamment Force ouvrière, dont la position est particulièrement regardée dans cette négociation, ne veulent pas entendre parler de changement à 55 ans. « C’est appliquer encore une logique purement comptable. On veut bien bouger le curseur mais pas au-delà de 52 ans, c’est une ligne rouge que nous ne franchirons pas », prévient Jean-Claude Mailly, qui estime que le service après-vente d’un tel report serait trop compliqué chez les salariés. Et d’anticiper une inflexibilité patronale sur ce point « car le Medef tient à afficher un milliard d’économies sur cette négociation… »
La prochaine séance de négociation est fixée au 7 mars, et les partenaires sociaux se donnent jusqu’au 28 pour trouver un accord… ou pas.
LES ECHOS – 24/02/2017
Malgré les incertitudes politiques, les patrons gardent le moral
Le climat des affaires reste bien orienté, selon l’Insee. Les industriels, notamment, sont de plus en plus optimistes.
A deux mois de la présidentielle , les investisseurs ont beau évaluer les scénarios politiques les plus sombres et s’interroger sur les risques de voir Marine Le Pen accéder au pouvoir , les patrons français, eux, ont toujours le moral. Le climat des affaires, calculé par l’Insee , n’a pas bougé en février. A 104 points, il est toujours supérieur à sa moyenne de long terme, qui se situe à 100. Un tel niveau correspond peu ou prou à un rythme de croissance trimestriel de 0,4 %. C’est d’ailleurs la progression du PIB attendue par les économistes de la banque Natixis au premier trimestre 2017.
La bonne nouvelle est venue de l’industrie. L’indicateur de la confiance des industriels français a grimpé de 1 point, à 107 points et se situe à son plus haut niveau depuis juin 2011. Mieux, quand l’Insee interroge les chefs d’entreprise sur leurs perspectives personnelles de production, ces derniers se montrent très positifs sur l’avenir : le solde entre les optimistes et pessimistes atteint désormais son plus haut depuis janvier 2008.
Le chômage recule en France
En France, comme dans beaucoup d’autres pays tels que l’Allemagne, l’industrie est le secteur qui se porte le mieux dans les enquêtes. Cela s’explique par le fait que les prix des produits industriels destinés au marché français et aux marchés étrangers ont commencé à augmenter à l’automne dernier. L’économie américaine est en forme, les craintes sur l’activité en Chine semblent, au moins à court terme, s’atténuer et les pays émergents, Russie et Brésil en tête, sortent bon an mal an des récessions de ces deux dernières années. Le Brexit n’a pas entraîné l’impact économique redouté sur la Grande-Bretagne jusqu’à présent.
Quant à la zone euro, qui bénéficie de la politique monétaire ultra-accommodante et d’une politique budgétaire qui n’est plus restrictive, elle retrouve de l’élan. En France, doucement mais sûrement, le chômage recule avec la reprise des créations d’emplois, ce qui participe au raffermissement de la demande des ménages. D’où la confiance grandissante des industriels. Le secteur du bâtiment connaît lui aussi une embellie. Ainsi, la production de logements collectifs neufs a crû de 21 % en 2016, et se retrouve à un record depuis 2010. Enfin, dans les services, l’hôtellerie-restauration et le tourisme en général, extrêmement affectés par les attentats, pourraient avoir touché leur point bas.
Les problèmes structurels de l’économie française ne sont peut-être pas réglés mais sur le plan conjoncturel, l’amélioration de ces derniers mois est désormais indéniable. Tout se passe comme si, petit à petit, la France et la zone euro retrouvaient une santé économique. Reste à voir si le risque politique ne va pas venir faire dérailler une activité remise sur de bons rails.
::: ENTREPRISES
LE FIGARO – 24/02/2017
L’automobile française en pleine renaissance
Les groupes PSA et Renault ont dégagé les marges les plus élevées de leur histoire l’an dernier.
Carlos Tavares, président du directoire de PSA, n’a pas caché sa satisfaction en présentant les résultats du constructeur pour l’année 2016. Il s’est félicité d’une «marge opérationnelle au niveau le plus élevé de tous les temps». Surtout, le dirigeant a souligné le chemin parcouru en seulement trois années. En 2013, la marge opérationnelle de PSA était négative (- 2,8 %) et le groupe perdait 1 milliard d’euros en termes de capacité d’autofinancement. L’an dernier, sa marge a atteint 6 %. Et le constructeur a accumulé 8,1 milliards d’euros de capacité d’autofinancement sur les trois derniers exercices.
Les salariés de PSA ont toutes les raisons de s’en réjouir, puisqu’ils toucheront au moins 2 000 euros d’intéressement au titre de 2016. La hausse est de plus de 20 % par rapport à l’année précédente. Cette bonne santé ne concerne pas seulement le constructeur sochalien, mais également son concurrent hexagonal, Renault, qui a lui aussi dégagé des résultats spectaculaires l’an dernier, avec ses ventes en croissance de 13 % et une marge de 6,4 %.
Les constructeurs français ont longtemps été considérés comme les champions des petites voitures bon marché, ne pouvant dégager que des marges inférieures à celles de leurs concurrents allemands, japonais ou américains. Au plus fort de la crise de 2008-2009, ils ont même été considérés comme moribonds. Leur redressement est donc spectaculaire. «Au vu des résultats financiers des deux constructeurs français, il est possible de parler de renaissance», affirme même Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem.
Pour parvenir à ces résultats, les deux constructeurs ont, pour partie, utilisé les mêmes recettes. D’abord en profitant de la bonne tenue du marché automobile mondial. «Renault et PSA ne sont pas les seuls constructeurs à publier de bons résultats sur l’exercice 2016», souligne d’ailleurs Xavier Caroen, analyste chez Bryan Garnier. Les deux français ont, surtout, profité de leur exposition à l’Europe, marché particulièrement dynamique l’an dernier. Grâce à cette bonne conjoncture, ils ont pu maintenir leurs prix de ventes et les marges sur leurs véhicules. «Peugeot est la référence des marques généralistes en Europe aujourd’hui», s’est ainsi félicité Carlos Tavares.
Succès de la gamme low-cost de Renault
Ensuite, «Renault et PSA ont signé, dès 2013, des accords de compétitivité avec une majorité des syndicats, ce qui leur a permis de restaurer la rentabilité des sites industriels français», précise Flavien Neuvy. Ils ne se sont pas contentés de ces accords, mais ont également mis de l’argent sur la table, en investissant massivement dans leurs sites de production pour le moderniser. Dernière annonce en date: PSA consacrera 200 millions d’euros à son usine plus que centenaire de Sochaux.
Pour autant, les divergences entre les deux groupes sont bien réelles. Renault a profité de deux atouts uniques. D’abord, le succès de sa gamme low-cost. Vendus sous la marque Dacia en Europe, ces modèles représentent plus de 40 % des ventes mondiales de la marque au losange. Renault a été plus loin en lançant la Kwid ultra-low-cost en Inde. Avec un grand succès. Ce modèle sera aussi commercialisé en Amérique latine. Et d’autres véhicules ultra-low-costs sortiront bientôt. Ensuite, le groupe dirigé par Carlos Ghosn profite de son alliance avec Nissan, désormais rejoint par Mitsubishi. Cette alliance lui donne un poids inédit pour maximiser les achats de pièces et de composants. Un phénomène d’autant plus fort que Renault et Nissan utilisent aujourd’hui les mêmes plateformes, des ensembles d’éléments communs à plusieurs véhicules. Grâce à ces économies, Renault a pu multiplier les lancements de nouveaux modèles, comme l’Espace, la Megane, le Kadjar ou la Talisman. Cette stratégie explique le dynamisme commercial rencontré en 2016, année pendant laquelle les ventes ont progressé de 13,3 %.
Pour PSA, la situation est différente. La croissance des ventes l’an dernier s’explique même exclusivement par l’intégration des volumes du partenaire iranien, Iran Khodro. «Le redressement des marges s’est fait en coupant dans les coûts, notamment de développement», explique Xavier Caroen. Carlos Tavares a compté chaque euro dépensé, notamment dans le lancement de nouveaux modèles et le développement technologique. C’est ainsi que les véhicules électriques ou hybrides rechargeables développés en propre n’arriveront que dans quelques années. Conséquences: dans un marché dynamique, PSA a perdu des parts de marché l’an dernier. Le redressement financier est réel, mais «PSA se trouve dans une situation plus difficile pour affronter les défis de l’industrie automobile des prochaines années», estime Flavien Neuvy. Le constructeur risque de ne pas pouvoir faire face à tous les investissements technologiques (conduite autonome, connectivité, électromobilité…). Renault n’a, lui, pas à faire des choix, puisqu’il peut en partager les coûts avec ses partenaires de l’alliance. C’est pour régler, au moins en partie, ce souci, que Carlos Tavares a décidé de se lancer dans l’acquisition d’Opel.
LES ECHOS – 24/02/2017
Bouygues profite à plein de l’embellie du BTP en France
Son carnet de commandes a franchi la barre des 30 milliards et Colas en a fini avec le marasme des travaux routiers.
Le plan d’infrastructures de Trump, s’il se concrétise, serait un « aléa positif » pour Colas, très présent aux Etats-Unis.
« Je vais avoir soixante-cinq ans dans quelques semaines, il faut que je m’organise. » Martin Bouygues, qui avait annoncé l’an dernier prendre du champ, persiste et signe mais était fidèle au poste pour présenter jeudi matin les résultats annuels de son groupe. Une tâche plutôt agréable car le groupe se porte bien, tant du côté des télécoms (lire page 22) que de celui du BTP. Bouygues célèbre l’anniversaire de son patron par un résultat net (part du groupe) de 732 millions d’euros, contre 483 millions en 2015.
Le BTP constitue toujours l’activité contribuant le plus à ce résultat d’ensemble. En fait, il explose même les compteurs avec une contribution au résultat net de 754 millions d’euros. Son carnet de commandes a franchi la barre des 30 milliards d’euros. Et, une fois n’est pas coutume, la locomotive n’est pas le grand international mais la France. La chute du taux de change du dollar et de la livre sterling se fait sentir. Même si « le Brexit et la chute de la livre n’ont pas d’impact financier, car dans un pays nos coûts et nos approvisionnements sont locaux », assure Martin Bouygues.
Chez Colas, la filiale de travaux routiers de Bouygues, qui a particulièrement souffert de la crise, le carnet de commandes remonte de 7 % en France. A l’international, il recule de 3 %. Une tendance qui pourrait s’inverser, car Colas est très présent aux Etats-Unis, et à ses 7 milliards d’euros actuels en carnet de commandes pourrait s’ajouter nettement plus si Donald Trump lance son grand plan d’infrastructures. « Ce plan n’a pas été chiffré ni financé. A ce stade, je considère que c’est un aléa positif », juge Martin Bouygues. Qu’importe, déjà maintenant, Colas constitue le plus gros contributeur aux bénéfices nets du groupe (343 millions à lui seul). L’autre aléa positif de Colas serait de passer à la phase d’industrialisation de sa route solaire, s’il achève avec succès les tests en cours sur son innovation encensée par Ségolène Royal. Une de ses expériences est en cours en Géorgie, aux Etats-Unis.
Montée en puissance
Bouygues Construction, l’autre gros contributeur aux bénéfices du groupe (320 millions), connaît la même tendance que Colas, dans son carnet de commandes. L’international y recule (-2 %, à 6,9 milliards d’euros) et la part française s’envole de 17 %, à 5,8 milliards. Idem pour Bouygues Immobilier, porté par le succès des ventes de logements neufs (+19 %) dans un marché dopé par le régime locatif Pinel.
Cet état de grande forme n’est pas près de faiblir, puisque la montée en puissance du Grand Paris, le plus grand projet d’Europe, ne fait que commencer. Cinq milliards d’euros de contrats de tunnels et de stations de métro doivent être attribués cette année.
Myriam Chauvot
LE FIGARO – 24/02/2017
Immobilier: la hausse des prix s’est accélérée fin 2016
Sur l’ensemble de l’année 2016, les prix des logements ont gagné 1,8% selon l’Insee. Ils sont tirés par l’Ile-de-France, et surtout Paris, où les logements se sont vendus 4,4% plus chers qu’un an plus tôt.
La hausse des prix de l’immobilier se confirme. Au dernier trimestre 2016, les prix ont progressé de 1,8% sur l’ensemble de la France, après 1,3% au troisième trimestre et 0,6% au deuxième, selon l’Insee. Les prix remontent car les ménages se sont remis à acheter: le marché est resté très dynamique en 2016, après une bonne année 2015.
La légère remontée des taux d’intérêt et des prix a incité les ménages indécis à passer à l’action. L’incertitude liée à l’élection présidentielle est passée au second plan. L’année dernière, les volumes de ventes ont ainsi atteint et même dépassé leurs niveaux records de mai 2006, avec près de 850.000 biens vendus. Ce record est cependant à relativiser puisqu’en 10 ans, le parc immobilier français s’est accrû de 1% par an en moyenne. Il aurait donc fallu que les volumes de ventes dépassent les 900.000 pour dépasser réellement le record de 2006. Le cru 2016 n’en reste pas moins une bonne année.
Les prix sont par ailleurs en grande partie tirés par l’Ile-de-France (+3,1% sur un an), et particulièrement Paris (+4,4%). Dans les autres régions que l’Ile-de-France, les prix progressent plus modérément, de 1,3% sur un an. En région parisienne, sur laquelle les notaires ont publié ce jeudi de nouvelles données détaillées, «la fluidité retrouvée du marché et des ventes en croissance de 8% dans l’ancien et de 10% dans le neuf sont allées de pair avec une inversion de tendance sur les prix et une hausse qui s’est progressivement diffusée du centre vers la périphérie de la région», expliquent les notaires. Pour les prochains mois, ils anticipent une poursuite de la hausse des prix au même rythme, pour atteindre 3,7% sur un an au mois d’avril.
Dans le détail, la hausse des prix atteint 2,8% sur un an pour les appartements dans les Yvelines et 2,4% dans le Val d’Oise tandis que l’inflation immobilière reste plutôt contenue en Seine-et-Marne (+1,1%) et en Essonne (+1%). Certaines villes affichent en revanche de fortes baisses. Ainsi de Meaux en Seine-et-Marne, qui perd 10,3% sur un an. «Cette baisse de prix s’explique par la construction de nombreux programmes de défiscalisation, dont les investisseurs cherchent aujourd’hui à se séparer», explique Guénaël Chalut-Natal, notaire à Moret-sur-Loing. L’évolution des prix des maisons est légèrement différente (+2,7% dans les Yvelines, +2% en Essonne, +1,6% en Seine-et-Marne et +1,5% dans le Val d’oise).
4,4% de hausse à Paris
En petite couronne, les prix des appartements grimpent en moyenne de 3,1% et ceux des maisons de 2,8%. Ce sont les Hauts-de-Seine qui progressent le plus (3,4%), suivis du Val-de-Marne (3,1%) tandis que la hausse reste contenue en Seine-Saint-Denis (1,8%). Certaines communes sortent cependant du lot. Ainsi de Vincennes, désormais commune la plus chère du Val-de-Marne, qui voit ses prix flamber de 7,8%. A l’Ouest, les prix grimpent de 6,5% à Boulogne-Billancourt. Mais c’est à Saint-Denis que l’inflation est la plus forte, avec une hausse de 11,6% sur un an. Les prix devraient cependant peu évoluer, voire s’éroder en petite couronne au printemps prochain.
A Paris enfin, «prix élevés et manque d’offres limitent la reprise de l’activité dans la capitale», analysent les notaires. Les prix ont en effet progressé de 4,4% sur un an au quatrième trimestre 2016 et ils devraient progresser encore au printemps prochain, de 5,6% sur un an. Paris est le seul département d’Ile-de-France qui devrait voir la hausse des prix encore accélérer dans les prochains moins, jusqu’à flirter avec le record historique d’août 2012. En moyenne, un appartement s’y vendait en fin d’année 8340 euros le m², avec de fortes disparités entre le quartier de Pont de Flandres dans le 19e, le moins cher de Paris à 6270 euros le m², et celui de l’Odéon, le plus cher de la capitale (14.820 euros le m²).
Les arrondissements dont les prix ont le plus grimpé en 2016 sont le 3e (+8,8% à 10.690 euros le m²), le 18e (+8,7% à 7810 euros), le 17e (+8,5% à 8930 euros) ou encore le 19e (+7% à 6920 euros). A l’inverse, les prix ont baissé dans les 1er, 4e et 8e arrondissements.
L’OPINION – 24/02/2017
General Electric va créer 500 emplois en France grâce à sa filiale éolienne
La part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie totale est encore faible en France comparée aux leaders européens
L’entreprise danoise LM Wind Power, fabricant de pale pour éolienne et propriété de General Electric, a signé mercredi un accord avec la région Normandie pour construire une usine à Cherbourg, selon Ouest France.
Le fabricant danois de pales d’éolienne LM Wind Power a annoncé, jeudi 23 février 2017, la construction d’une usine de fabrication à Cherbourg en Normandie. La production est supposée démarrer en juin l’année prochaine. Près de 500 créations emplois sont déjà annoncées.
Les énergies renouvelables ont le vent en poupe comme jamais, mais la France est à la traîne comparée aux pays leaders en la matière. Cette annonce sonne-t-elle l’heure de la rébellion ? Une usine doit voire le jour à Cherbourg en Normandie, propriété de LM Wind Power, récemment acquis par General Electric. Le groupe danois y construira des pales d’éolienne pour répondre à la demande naissante suite au lancement de plusieurs projets hamps d’éoliennes en mer au large des côtes françaises.
L’accord a été signé mercredi 22 février 2017. LM Wind Power, spécialiste de la fabrication de pales, a paraphé mercredi l’accord avec la Région Normandie et General Electric, sa maison-mère. Le journal Les Echos avance un investissement à hauteur de 45 millions d’euros de la part du danois. Le groupe a annoncé « l’emploi de plus de 550 personnes, ainsi que la création de plus de 2 000 emplois indirects, dans la région », selon le site d’information Normandie-actu.
100 millions d’investissements de la région. De son côté, Ouest France, détaille les rôles joués par les parties impliquées. « Ports normands associés (PNA), bras armé de la Région dans le domaine portuaire, a investi 100 millions d’euros pour agrandir le port de Cherbourg. Hervé Morin, président UDI de la Normandie, est informé très régulièrement des négociations des industriels (…) Cherbourg a également fait le travail en instruisant les permis de construire », avance le quotidien régional.
Pour la France, l’enjeu est tout de même de taille, car nous ne sommes loin d’être les champions dans ce domaine. En 2015, la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie n’était que de 14,9 %, alors qu’elle aurait dû atteindre 17 % pour être en phase avec l’objectif de 23 % en 2020, fixé dans le cadre du « paquet énergie-climat » européen. Ces mauvaises performances nous placent dans la queue du peloton européen, loin de la Suède (52,6 % de renouvelables), de la Finlande (38,7 %), de l’Autriche (33,1 %) ou du Danemark (29,2 %). De tous les pays de l’Union européenne, elle est celui qui accuse le retard le plus important sur son objectif…
::: POLITIQUE
LES ECHOS – 24/02/2017
Emmanuel Macron : « Mon projet économique »
INTERVIEW – Impôts, économies, travail, investissements : le candidat d’En marche à la présidentielle dévoile ses cartes dans « Les Echos ». La fiscalité du capital sera réformée en profondeur et l’Etat mis « sous tension ».
Quelle analyse faites-vous de la situation économique de la France et de l’Europe aujourd’hui ?
Nous sommes face à de multiples défis. D’abord, la France et l’Europe n’ont pas été au rendez-vous de la reprise mondiale. Face à la crise, l’Europe s’est enfermée dans une politique économique inadaptée s’engageant dans une politique d’austérité à contretemps alors que les Etats-Unis ont opté bien plus efficacement pour une relance temporaire. Suite à cette crise, nous héritons d’un déficit d’investissements privés et publics. L’Allemagne elle-même arrive au bout de cette logique : pour soutenir la croissance, on ne peut pas accumuler indéfiniment des excédents commerciaux.
Le deuxième défi auquel nous devons répondre est l’invention d’un nouveau modèle de croissance. Pour être juste et soutenable, elle doit être écologique et servir la mobilité sociale.
Et les défis spécifiquement français ?
La France est un des seuls grand pays de l’Union européenne qui n’a pas réglé le problème du chômage de masse : cela doit être notre priorité. Par ailleurs, nos marchés de biens et services fonctionnent souvent mal. Le meilleur exemple en est le logement : les prix trop élevés pèsent sur le pouvoir d’achat des Français comme sur la compétitivité de nos entreprises. Enfin, la sphère publique est marquée par un déficit d’efficacité, avec trop de dépenses de fonctionnement et une insuffisance d’investissements publics ciblés et utiles.
Comment relancer l’Union européenne ?
La réponse est dans la relance d’une dynamique européenne. La France doit faire des réformes structurelles : c’est ce qui est bon pour nous, et cela permettra aussi de rassurer nos partenaires, et d’abord l’Allemagne. Cela nous permettra d’aller en zone euro vers une approche consolidée de nos équilibres budgétaires. A quelle fin ? Il est d’abord nécessaire de mettre en place une capacité d’investissement commune beaucoup plus ambitieuse. Le plan Juncker était nécessaire mais reste insuffisant face à l’ampleur des défis. Nous devons créer un vrai budget, contrôlé démocratiquement et piloté par un ministre de l’Economie et des Finances de la zone euro. Ce budget sera doté de ressources propres qui se chiffreront en centaines de milliards et permettra de réaliser les investissements nécessaires et de réagir ensemble aux crises.
Vous plaidez donc pour plus d’intégration ?
C’est la seule façon de réconcilier responsabilité et solidarité.
Faut-il en passer par un bras de fer avec l’Allemagne ?
La geste habituelle dans une campagne présidentielle française est de dire : « Je renverserai la table et réorienterai le couple franco-allemand ». Ca ne rime à rien et n’a strictement jamais fonctionné. Il faut recréer de la confiance dans le couple franco-allemand. Mieux vaut un dialogue franc et exigeant que des rodomontades. Nous en sommes co-responsables. Si nous n’avons pas une politique courageuse de réformes sur le plan structurel, les Allemands ne nous suivront pas. Ce n’est pas ce que propose François Fillon, lui qui annonce un gros choc fiscal au début et des économies pour plus tard, comme en 2007. Personne ne s’est d’ailleurs demandé comment il arrivait à faire à la fois 100 milliards d’économies et une croissance de 2,3% ce qui est impossible.
Cela va prendre des années avant d’avoir des changements…
Les choses sont en train de changer en Allemagne car nos voisins comprennent qu’ils sont au bout de leur modèle de sur-consolidation budgétaire. Ils savent qu’on ne peut pas attendre et sont très préoccupés par le risque Marine Le Pen. Notre chance, c’est le calendrier. En Allemagne, les élections sont en effet prévues cet automne et les conséquences politiques en seront tirées en fin d’année. Cela nous donne donc six mois pour faire la démonstration que nous sommes des partenaires de confiance, grâce à des réformes structurelles et à une trajectoire budgétaire vertueuse. Et pour engager des discussions sur l’avenir.
Quelle trajectoire budgétaire proposez-vous ?
Je veux rendre nos dépenses publiques plus efficaces tout en finançant la transformation de notre modèle de croissance. Cela passe par trois grandes idées. D’abord le respect de nos engagements européens en restant dans l’épure des 3% de déficit avec des prévisions de croissance prudente : 1,4% cette année, 1,8% en 2022. Pour 2017, la prévision est à 2,9% de déficit. Sur cette base, je ne prendrai pas de mesures additionnelles à l’été : ni cadeau, ni rigueur supplémentaire.
Deuxième point, le poids de la dépense publique devra être progressivement ramené vers la moyenne de la zone euro. Je prévois donc une baisse de 3 points de la part des dépenses dans la richesse nationale. Cela représente 60 milliards d’économies par rapport au tendanciel.
Troisième point, je construirai un nouveau modèle de croissance avec un plan d’investissement public de 50 milliards d’euros durant le quinquennat, en plus du soutien fiscal à l’investissement privé.
En quoi consistera-t-il ?
Sur ces 50 milliards, 15 milliards seront consacrés aux compétences et qualifications des Français avec un plan de formation ambitieux des jeunes et des demandeurs d’emploi. 15 milliards seront consacrés à la transition écologique et énergétique, y compris en accompagnant, comme à Fessenheim, les territoires. Autres priorités : la modernisation des administrations publiques (numérisation), l’agriculture, les transports locaux, et la santé.
La dette n’est pas un problème ?
La clef vis-à-vis des marchés comme de nos partenaires est de pouvoir démontrer une baisse de nos dépenses courantes et une croissance dynamique. Financé par des taux d’intérêts très bas, notre plan d’investissement permettra de réduire nos dépenses avant la fin du quinquennat et de soutenir notre croissance potentielle. C’est cela qui améliorera la soutenabilité de notre dette.
Comment réalisez-vous vos 60 milliards d’économies ?
Je vise d’abord 25 milliards d’économies sur la sphère sociale. Cela passe par 15 milliards sur l’assurance-maladie, avec une progression des dépenses contenue à 2,3% par an. C’est tout à fait tenable. Je ne supprimerai aucun poste dans la fonction publique hospitalière. La réorganisation du système de soins est de nature à faire ces économies et à conduire un vrai plan de modernisation de l’hôpital.
Ensuite je réaliserai 10 milliards d’euros d’économies sur l’assurance-chômage grâce aux réformes structurelles. Le taux de chômage peut raisonnablement atteindre 7% en 2022.
Vous ne prévoyez aucune économie sur le système de retraites…
Je ne modifierai pas les prestations familiales et les retraites. Je détaillerai une proposition de réforme structurelle des retraites le 2 mars prochain : elle ne sera pas guidée par une logique budgétaire mais par une logique d’équité.
Comment baissez-vous les dépenses des collectivités ?
Je veux rompre avec la méthode de la baisse des dotations consistant à couper les vivres pour provoquer des économies. Cette méthode de régulation budgétaire est trop centralisatrice. Je veux nouer avec les collectivités un pacte sur cinq ans, dans lequel je contractualiserai une baisse de 10 milliards d’euros de leurs dépenses. Cette baisse sera à leur main. Parallèlement, je leur donnerai des marges de manoeuvre.
C’est-à-dire ?
Aujourd’hui, quand l’Etat décide d’augmenter le salaire des fonctionnaires, les collectivités n’ont pas leur mot à dire. Ce sera à elles de décider désormais pour leurs agents. Elles pourront également recourir plus largement à des recrutements de droit privé. Je leur demande par ailleurs, comme l’a indiqué la Cour des comptes , de respecter la durée annuelle légale du temps de travail : 1.607 heures par an.
Autre liberté : les communes qui le souhaitent pourront revenir sur la réforme des rythmes scolaires.
Quelles seront les autres économies sur l’Etat ?
Au total, l’effort atteindra 25 milliards d’euros. Il reposera sur un mode de gouvernance totalement nouveau. D’abord, je veux redonner des souplesses à la fonction publique. C’est-à-dire recruter hors du statut pour les fonctions d’encadrement, donner la possibilité d’avoir plus de souplesse dans la gestion des carrières, des rémunérations plus individualisées, et des mobilités. Le statut des fonctionnaires ne sera pas remis en cause, mais il sera modernisé. Il s’agit de mieux reconnaître les plus engagés. Je crois par ailleurs nécessaire de restaurer un jour de carence pour les fonctionnaires.
Prévoyez-vous des suppressions de postes sur le quinquennat ?
Il est possible de ne pas renouveler 120.000 postes de fonctionnaires, 70.000 venant des collectivités et 50.000 de l’Etat. Ce n’est pas un objectif, mais un référentiel, ce sera aux ministres de faire des choix. Je veux des ministres pleinement responsables sur les dépenses publiques. Je fixerai l’effort budgétaire en début de période, en définissant des priorités, et chaque ministre devra les décliner en rendant des comptes. Je veux aussi impliquer directement les parlementaires dans cet exercice. En contrepartie, je donnerai aux ministres une vraie latitude politique. Je ne les garderai pas s’ils ne mettent pas en oeuvre les économies.
Cela suppose un gouvernement resserré ?
Oui. Autour d’une petite quinzaine de ministres. Et extrêmement solidaire. Auprès des ministres, il pourra y avoir des secrétaires d’Etat, mais il n’y aura pas de divisions des périmètres ministériels, ce qui est fondamental si on veut des ministres responsables. Je propose aussi une réduction massive des effectifs des cabinets, de l’ordre de cinq personnes afin que les ministres s’appuient davantage sur leurs administrations.
Quelles autres propositions avez-vous en matière de gouvernance ?
Dans les deux premiers mois du quinquennat, je changerai ou confirmerai l’intégralité des postes de direction dans la fonction publique… C’est une mise sous tension de l’appareil d’Etat. Cette fois-ci, on n’a pas le droit d’échouer.
François Fillon propose une baisse des prélèvements obligatoires de 50 milliards d’euros, dont 40 pour les entreprises. Quels sont vos engagements ?
Je propose une politique fiscale plus réaliste, plus juste et plus équilibrée, avec des baisses d’impôts réparties équitablement entre ménages et entreprises. Chez François Fillon, la hausse de TVA fait plus que compenser les baisses d’impôts des ménages ! Sur le quinquennat, mon objectif est d’aboutir à une baisse nette des prélèvements obligatoires de 20 milliards, pour soutenir le pouvoir d’achat et l’investissement.
Quelles sont les mesures pour le pouvoir d’achat ?
Je rappelle d’abord la suppression des cotisations salariales maladie et d’assurance-chômage, mesure qui sera entièrement financée par une hausse de la CSG sauf pour les petites retraites, et qui rapportera 250 euros de plus par an à une personne au SMIC. Une hausse de 50% de la prime d’activité est aussi prévue. Et toute hausse de TVA est exclue. En matière de fiscalité, les couples pourront choisir d’individualiser leur impôt sur le revenu. Et je présenterai prochainement une autre mesure de réduction d’impôt, pour environ 10 milliards, qui sera mise en oeuvre au début du quinquennat et qui visera les classes populaires et les classes moyennes.
La hausse de la CSG va alourdir encore la fiscalité du capital, une des plus élevées du monde…
C’est pour cela qu’elle s’accompagnera d’une réforme globale, avec la création d’un prélèvement forfaitaire unique au taux de l’ordre de 30%, prélèvements sociaux inclus, pour tous les revenus du capital : intérêts, loyers, dividendes, plus-values, etc. Cela rapprochera la France de la moyenne européenne et simplifiera considérablement la fiscalité du capital. Les abattements pour les plus-values immobilières seront maintenus.
Quid de l’assurance-vie, qui offre un prélèvement libératoire de 23% (prélèvement sociaux de 15,5% compris) au bout de huit ans de détention ?
Ces conditions ne changeront pas pour les contrats et dépôts existants, mais seulement pour les flux à venir, les nouveaux versements. L’objectif est de réorienter massivement l’épargne vers l’économie productive. C’est la même logique qui prévaut pour la transformation de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière.
Que prévoyez-vous pour la compétitivité des entreprises ?
La transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi en allègement pérenne de cotisation s’opérera dès 2018, et représentera 6 points de charges en moins au niveau du SMIC jusqu’à 2,5 SMIC. Elle ne coûtera rien aux finances publiques, puisque la dette fiscale existe déjà. Pour supprimer les dernières charges patronales au niveau du SMIC, nous ajoutons un allègement de 4 points, avec un point de sortie à 1,6 SMIC. Par ailleurs, le taux de l’impôt sur les sociétés sera ramené de 33,3% à la moyenne européenne, c’est-à-dire 25%, sur le quinquennat. Il s’agit de donner un cadre clair, stable et prévisible aux entreprises pour soutenir l’investissement et l’attractivité.
Y-aura-t-il des hausses d’impôts ?
Uniquement en matière de fiscalité écologique, avec l’alignement progressif de la fiscalité du diesel sur l’essence et la montée en charge de la taxe carbone. Parallèlement, les propriétaires de véhicules diesel anciens bénéficieront d’une prime de conversion pour l’achat d’un véhicule plus écologique, neuf ou d’occasion.
Les droits de succession seront-ils relevés ?
Non.
Comment s’attaquer au problème du chômage ?
Ce sera vraiment le coeur de mon projet : investissements, formation professionnelle, baisse des charges et réforme du marché du travail. Sur ce dernier point, il y aura une décentralisation des négociations sociales : c’est la loi qui définira l’ordre public social, les entreprises et les branches pouvant y déroger par accords. Il faut assumer davantage de flexibilité, je n’ai pas peur du mot, pour adapter notre droit du travail aux mutations en cours. Ensuite, une réforme de l’Unedic permettra d’aller vers une assurance-chômage universelle, de la même manière que l’assurance-maladie est devenue universelle. La gouvernance sera publique.
Il faut que le système change vraiment. J’ai par exemple proposé que le bénéfice des droits à l’indemnisation soit ouvert à tous ceux qui démissionnent de leur entreprise, ainsi qu’aux indépendants, aux professions libérales et aux entrepreneurs.
Sur ce point, justement, pourquoi aller si loin ? Cela va permettre aux plus formés de gérer leur carrière aux frais de la collectivité ?
Aujourd’hui, le système de la rupture conventionnelle est hypocrite. Il fonctionne aux frais, comme vous dites, de la collectivité, mais cela créé aussi du contentieux devant les prud’hommes quand il n’y a pas d’accord. Il faut clarifier les choses en permettant à chacun, tous les cinq ans, d’user de ce droit. Je veux aussi que ce droit soit ouvert aux artisans, aux commerçants et aux agriculteurs.
Changez-vous les paramètres de l’indemnisation ?
Non, ni la durée ni les montants (salaire de remplacement). La dégressivité des allocations que propose François Fillon ne sert à rien et est terriblement injuste en période de chômage de masse.
En revanche, je veux un vrai dispositif de droits et de devoirs. Mon nouveau système crée un filet de sécurité pour tout le monde, mais avec de vraies exigences. Quand vous perdez votre emploi, vous êtes indemnisé, un bilan de compétences est fait et les prestations seront strictement conditionnées à vos efforts de recherche, avec un contrôle drastique. Nous sortons réellement d’un système assurantiel où chacun se dit : « J’ai cotisé, j’ai droit à être indemnisé ».
Et la formation ?
Je veux créer une vraie sécurité professionnelle. On vous trouvera une formation vraiment qualifiante. Le service public vous donnera accès à une nouvelle formation, et le demandeur d’emploi, une fois formé, devra accepter les offres qui lui sont proposées. Aujourd’hui, un million de chômeurs sont très loin de l’emploi. C’est pour eux qu’il faut remettre à plat tout le système de formation.
Avez-vous été surpris par la décision de François Bayrou ?
Nous avons discuté à plusieurs reprises de manière apaisée et constructive. C’est une décision intime de sa part. J’ai été frappé par le fait qu’il partage avec moi la gravité du moment et la nécessité de recomposer, et combien mûrissait en lui cette volonté de ne pas fragmenter mais de former un rassemblement en mesure de gagner.
Qu’est-ce que cela change pour les deux derniers mois de la campagne ?
C’est un tournant de la campagne. Cela évite qu’il y ait justement une fragmentation du camp des progressistes. S’il avait été candidat, François Bayrou aurait porté sa candidature, en tant que représentant d’une famille centriste qui a toute sa place au sein de l’échiquier politique. Je ne suis pas centriste, mais c’est important que nous ne soyons pas divisés.
Les quatre exigences posées par François Bayrou sont parfaitement cohérentes avec les valeurs que nous portons. Sur le travail, c’est exactement ma stratégie. Sur la moralisation de la vie publique, cela fait partie du contrat que je propose à la nation, et nous allons la travailler ensemble. Sur l’alternance et le changement de pratiques politiques, nous le faisons depuis le début car nous sommes dans le renouvellement très profond de ces pratiques. Enfin le pluralisme politique est constitutif de nos gênes.
La question à régler entre vous est celle de la dose de proportionnelle…
Oui. Nous allons discuter de ça. C’est très ouvert. Je l’avais déjà dit lors de mon meeting à Strasbourg [le 4 octobre, NDLR], il faut ouvrir le débat et prendre le risque qu’il y ait une représentation du FN au Parlement. On ne peut pas la refuser. On ne peut pas le faire pour les prochaines législatives car les règles sont déjà fixées.
Sur la moralisation de la vie politique, quelles sont les mesures prioritaires ?
Le point principal est celui des conflits d’intérêts, en plus de ce que j’ai déjà annoncé sur la limitation des mandats et le renouvellement.
François Bayrou va-t-il faire campagne à vos côtés ?
Je le souhaite. François Bayrou fera campagne à sa façon, dans son style et sa liberté, ce qui est sa marque de fabrique, et cela me va très bien. Il pourra y avoir des désaccords, car c’est la sincérité d’un rassemblement large. C’est aussi un moment de respiration de notre vie démocratique. On ne peut pas recomposer si on n’accepte pas des différences et des identités politiques différentes. François Bayrou avait besoin de sentir et comprendre ma méthode. Je ne suis pas caporaliste.
Qu’est-ce qui vous distingue de François Fillon et de Benoît Hamon ?
Je veux construire un nouveau modèle de société et une nouvelle économie. Contrairement à François Fillon, je ne crois pas dans la purge et le rétablissement du pays contre lui-même. Je pense plutôt au changement du pays en responsabilisant chacun des acteurs. Et contrairement à Benoît Hamon, je n’accepte pas la défaite quant au travail. La bataille du travail est gagnable si on invente ce nouveau modèle de croissance.
Comment s’attaquer au problème du chômage ?
Ce sera vraiment le coeur de mon projet : investissements, formation professionnelle, baisse des charges et réforme du marché du travail. Sur ce dernier point, il y aura une décentralisation des négociations sociales : c’est la loi qui définira l’ordre public social, les entreprises et les branches pouvant y déroger par accord. Il faut assumer davantage de flexibilité, je n’ai pas peur du mot, pour adapter notre droit du travail aux mutations en cours. Ensuite, une réforme de l’Unédic permettra d’aller vers une assurance-chômage universelle, de la même manière que l’assurance-maladie est devenue universelle. La gouvernance sera publique. Il faut que le système change vraiment. J’ai par exemple proposé que le bénéfice des droits à l’indemnisation soit ouvert à tous ceux qui démissionnent de leur entreprise, ainsi qu’aux indépendants, aux professions libérales et aux entrepreneurs.
Les mieux formés vont gérer leur carrière aux frais de la collectivité…
Aujourd’hui, le système de la rupture conventionnelle est hypocrite. Il fonctionne aux frais, comme vous dites, de la collectivité, mais cela crée aussi du contentieux devant les prud’hommes quand il n’y a pas d’accord. Il faut clarifier les choses en permettant à chacun, tous les cinq ans, d’user de ce droit. Je veux aussi que ce droit soit ouvert aux artisans, aux commerçants et aux agriculteurs.
Changez-vous les paramètres de l’indemnisation ?
Non, ni la durée ni les montants (salaire de remplacement). La dégressivité des allocations que propose François Fillon ne sert à rien et est terriblement injuste avec un chômage de masse. En revanche, je veux un vrai dispositif de droits et de devoirs. Mon nouveau système crée un filet de sécurité pour tout le monde, mais avec de vraies exigences. Quand vous perdez votre emploi, vous êtes indemnisé, un bilan de compétences est fait et les prestations seront strictement conditionnées à vos efforts de recherche, avec un contrôle drastique. Nous sortons réellement d’un système assurantiel où chacun se dit : « J’ai cotisé, j’ai droit à être indemnisé. »
Et la formation ?
Je veux créer une vraie sécurité professionnelle. On vous trouvera une formation vraiment qualifiante. Le service public vous donnera accès à une nouvelle formation, et le demandeur d’emploi, une fois formé, devra accepter les offres qui lui sont proposées. Aujourd’hui, 1 million de chômeurs sont très loin de l’emploi. C’est pour eux qu’il faut remettre à plat tout le système de formation.
Etienne Lefebvre, Nicolas Barré, Dominique Seux, Gregoire Poussielgue et Renaud Honoré
LE MONDE – 24/02/2017
Présidentielle : le retrait de Jadot permet à Hamon de s’afficher en « candidat de l’écologie politique »
Le ralliement du représentant d’Europe Ecologie-Les Verts doit encore être validé par les électeurs de la primaire.
« Maintenant, on va pouvoir passer à autre chose », confie Benoît Hamon, soulagé que le long feuilleton des négociations avec les écologistes se termine enfin. « Je vais pouvoir m’adresser aux Français et retrouver ma liberté », précise le candidat du PS, qui a salué, jeudi 23 février, en meeting à Arras (Pas-de-Calais), « le choix extrêmement important de Yannick Jadot ». « Je suis désormais le candidat de l’écologie politique », résume le socialiste, au terme d’une journée entièrement consacrée aux enjeux environnementaux.
Quelques instants plus tôt, au « 20 heures » de France 2, celui qui se présentait encore au nom d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) à la présidentielle n’avait pas tergiversé. « Ma responsabilité (…), c’est de dépasser les ego, de déporter les appareils politiques et de construire la grande aventure de cette élection présidentielle. Alors oui, ce soir, je retire ma candidature. C’est ce sur quoi voteront tous ceux qui ont participé à la primaire écologiste », avait lancé M. Jadot. Le député européen, comme il l’explique au Monde, juge qu’il s’agit d’un « accord exceptionnel ». « Il y a là une vraie constitution d’un pôle écolo, social, européen et démocrate et notre responsabilité n’est pas d’être dans notre tour d’ivoire de l’écologie », ajoute-t-il.
Plateforme commune
Ce mariage rose-vert permet à Benoît Hamon de contrecarrer une autre alliance, passée mercredi entre Emmanuel Macron et François Bayrou. Un « petit arrangement » qui range désormais l’ancien ministre de l’économie du gouvernement Valls « à droite », affirme le vainqueur de la primaire de La Belle Alliance populaire. La veille, les deux hommes s’étaient croisés au dîner organisé à Paris par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Ils se sont salués, une photo d’eux souriants côte à côte a même circulé sur les réseaux sociaux. « Ça va me faire plaisir de te battre ! », a glissé Benoît Hamon à Emmanuel Macron, avant de prendre congé.
Son alliance avec Yannick Jadot lui permet de s’afficher comme le candidat qui rassemble une partie de la gauche à la présidentielle et de continuer à mettre la pression sur Jean-Luc Mélenchon. Le député des Yvelines le répète, il refuse de « tomber dans une forme de remake » avec le député européen. Pas question de persister dans un faux-semblant de dialogue. Qu’importe Mélenchon, pourvu qu’il y ait Jadot…
Pour obtenir cette photo de famille, les socialistes ont satisfait nombre de revendications historiques des écolos qui ont toujours présenté un candidat depuis 1974 à la présidentielle. M. Jadot a évoqué sur France 2 une sortie du nucléaire « en vingt-cinq ans », la fin du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et une dose de proportionnelle aux législatives.
Selon plusieurs sources à EELV, la plateforme commune comprend également l’abandon du projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin, du site d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, le droit de vote des étrangers aux élections locales via un référendum, le principe de la réunion d’une Assemblée constituante ou encore l’abrogation de la loi El Khomri. « Le pari de Yannick, c’est que ça débloque le tissu écolo classique au-delà de notre parti, explique Jérôme Gleizes, l’un des négociateurs d’EELV. Sur le papier, c’est le meilleur accord sur le fond qu’on ait eu depuis 1997. Maintenant, il faut s’assurer qu’il ne reste pas dans les archives. »
« Beaucoup moins ambitieux qu’il y a cinq ans »
Côté électoral, l’équipe de M. Hamon a fait des concessions mais moins qu’espéré par les écolos. « C’est beaucoup moins ambitieux qu’il y a cinq ans mais c’est sérieux », estime David Cormand, secrétaire national d’EELV. Au final, pointe ce dernier, « une quarantaine » de circonscriptions sera réservée aux écologistes – contre plus de 60 dans l’accord de 2011 – dont celles de leurs huit sortants ainsi qu’« une dizaine » d’autres jugées « gagnables ». « De quoi espérer un groupe écolo dans le cadre de la victoire de Benoît Hamon », veut croire le numéro un du parti écologiste.
Jusqu’au bout, la circonscription parisienne de Cécile Duflot aura constitué un casus belli d’un côté comme de l’autre mais les socialistes ont fini par céder jeudi. Un membre de la direction assure également avoir découvert dans la soirée que M. Jadot aurait obtenu de son côté une circonscription dans la capitale, celle de M. Baupin, qui ne figure cependant pas dans l’accord selon plusieurs sources écolos. M. Jadot, lui, affirme n’avoir rien négocié pour son propre cas. « Je reste député européen », indique-t-il. M. Cormand trouverait cependant « souhaitable » qu’il puisse devenir parlementaire national.
Tout cela doit maintenant être validé par un vote des électeurs de la primaire d’EELV qui se tiendra de vendredi à dimanche. Rares sont ceux qui se lancent dans les pronostics, d’autant que la façon dont M. Jadot a annoncé son retrait, semblant enjamber ce vote, n’a pas forcément été bien vécue en interne. Sandrine Rousseau, secrétaire nationale adjointe d’EELV et soutien de la première heure de M. Jadot, se dit « déçue » : « Les militants écolos n’aiment pas trop être pris à revers. »
Si M. Jadot a conscience que sa manière de faire a pu « froisser », il se veut « confiant ». M. Cormand, lui, ne préfère pas s’avancer. « En politique, c’est comme en amour, il y a les déclarations et les preuves, note-t-il. Les militants écolos sont exigeants et échaudés. » Dans cette présidentielle, où rien ne s’est jusqu’à présent passé comme prévu, mieux vaut effectivement être prudent.
Bastien Bonnefous et Raphaëlle Besse Desmoulières
::: INTERNATIONAL
LE PARISIEN – 24/02/2017
Afrique : 1,4 million d’enfants menacés par la famine cette année, selon l’Unicef
Une mère et son enfant souffrant de malnutrition, le 11 octobre 2016 à Aweil au Sud Soudan
Quatre pays d’Afrique présentent de très forts risques de famine pour 2017, s’alarme l’Unicef. Ces situations sont dues à des conflits humains.
Près de 1,4 million d’enfants risquent de mourir de la famine cette année au Nigéria, en Somalie, au Soudan du sud et au Yémen, selon Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).
Au Soudan du Sud, où l’état de famine a déjà été déclaré par le gouvernement dans plusieurs zones du pays, plus de 270 000 enfants souffrent de malnutrition, 1 million de Sud-soudanais risquant par ailleurs la famine dans les prochains mois, selon la même source. Les agences humanitaires déplorent d’autant plus cette situation qu’elle est «causée par l’homme», à savoir par la guerre qui ravage le pays depuis plus de trois ans.
Urgence humanitaire au Soudan du Sud
«Lorsqu’on déclare officiellement l’état de famine, cela veut dire que les gens ont déjà commencé à mourir de faim», se sont alertées trois organisations humanitaires. La famine déclarée lundi au Soudan du Sud est la première qui l’est dans la région depuis celle qui a tué 260 000 personnes en Somalie, en 2011.
Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud a plongé en décembre 2013 dans une guerre civile ayant fait des dizaines de milliers de morts et plus de 3 millions de déplacés, malgré le déploiement de quelque 12 000 Casques bleus.
Au Yémen, 462 000 enfants souffrent de malnutrition sévère, alors qu’une guerre oppose les Houthis, alliés aux partisans de l’ex-président Ali Abdallah Saleh, aux forces loyales au président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenues par la coalition arabe, sur fond de crises humanitaires.
Au Nigéria, Boko Haram
Dans le nord-est du Nigeria, où sévit le groupe islamiste Boko Haram, ce sont 450 000 enfants qui ne peuvent pas se nourrir décemment. Fews Net, le Réseau des systèmes d’alerte précoce contre la famine, a noté que les régions les plus reculées de la province de Borno sont déjà frappées par la famine depuis la fin de l’année dernière. Le désastre pourrait empirer, les agences d’aide étant dans l’impossibilité d’atteindre les victimes, selon l’Unicef.
LE FIGARO – 24/02/2017
«Il n’y aura pas d’expulsions massives» de Mexicains promet le secrétaire d’État américain
Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson à son arrivée à l’aéroport international de Mexico
Lors d’une visite à Mexico, Rex Tillerson a tenté de renouer le dialogue avec son voisin du sud. Mais rien n’est réglé pour autant, tant sur la construction du mur que l’avenir des échanges commerciaux.
La visite du secrétaire d’État américain Rex Tillerson et du secrétaire américain à la Sécurité intérieure, John Kelly, ce jeudi à Mexico, n’a pas permis d’éclaircir les nombreux points de désaccords entre les deux pays. Mais son objectif, moins ambitieux, est atteint: le dialogue est renoué. Le président Enrique Pena Nieto a fini par accepter de recevoir les deux envoyés de la Maison-Blanche au palais présidentiel de Los Pinos. Lors d’une réunion préliminaire, le ministre des Affaires étrangères, Luis Videragay Caso, a pu constater «le professionnalisme et la volonté constructive» de ses interlocuteurs américains.
Le seul sujet sur lequel des déclarations d’apaisement ont été prononcées concerne les expulsions de Mexicains sans papiers des États-Unis. «Soyons très très clairs: il n’y aura pas d’expulsions massives» a assuré le secrétaire américain à la Sécurité intérieure, John Kelly. Ce dernier a également assuré que Washington «ne fera pas appel à l’armée en matière migratoire». C’est un point de friction très sensible entre les deux pays. D’importantes manifestations ont été organisées au Mexique en début de semaine pour protester contre le nouveau traitement réservé aux migrants sans papiers.
Les déclarations incendiaires du candidat à la Maison-Blanche Donald Trump qualifiant les immigrés mexicains de «violeurs» et de «criminels» et annonçant l’expulsion de millions de Mexicains ont crispé l’opinion publique mexicaine. Le durcissement dans l’application de la loi sur les clandestins a déjà provoqué l’expulsion de nombreux Mexicains, parfois installés depuis plusieurs années aux États-Unis. «Avec Obama, il fallait commettre une erreur pour se faire expulser. Maintenant on peut vous déporter pour n’importe quoi» témoignait dans le quotidien espagnol El Pais Paz, un travailleur sans papier mexicain.
Un suicide près du poste frontière de San Isidro
La marge de manœuvre des agents de l’immigration a été considérablement réduite. «Avant, ils pouvaient ne pas renvoyer tous les migrants entre leurs mains devant une juridiction, détaille Alex Galvez, avocat spécialisé dans la législation sur les migrations. Maintenant, ils n’ont plus cette liberté.» Il y a 11 millions de travailleurs sans papier aux États-Unis dont beaucoup sont là depuis des années, ont fondé une famille. Normalement un migrant présent depuis plus de deux ans n’est pas expulsable mais, depuis quelques semaines, plusieurs d’entre eux qui n’étaient pas en mesure de prouver immédiatement leur présence sur le territoire américain depuis plus de 24 mois ont été expulsés. L’un d’entre eux s’est suicidé près du poste frontière de San Isidro mardi dernier.
Ce voyage aura permis de faire, un peu, oublier les provocations de Donald Trump. Celui-ci avait fait des déclarations tonitruantes à Mexico après une rencontre avec le président Pena Nieto fin août 2016, laissant entendre que ce dernier était prêt à payer pour le mur que le locataire de la Maison-Blanche a promis de construire entre les deux pays, provoquant une crise politique à Mexico.
Il y a quelques semaines, Donald Trump avait déclaré quelques jours avant un voyage prévu à Washington du président mexicain, qu’il n’était pas la peine que ce dernier fasse le voyage s’il n’était pas prêt à payer pour le mur. Le déplacement a été annulé. Donald Trump a promis de prélever une taxe sur l’argent envoyé par les migrants mexicains à leur famille pour financer l’ouvrage titanesque.
Si la tension est légèrement redescendue, les sujets qui fâchent sont toujours là. Outre la construction de ce mur, les échanges économiques et le traité de libre-échange de l’Amérique du Nord, l’Alena, sont fortement contestés par le nouveau président américain. Le Mexique a prévenu que si son voisin du Nord bloque l’importation de produits mexicains, les accords de coopération en matière de migrations et de trafic de drogue pourraient être remis en cause, ce qui serait une catastrophe pour Washington.
L’annulation d’un investissement de Ford au Mexique avait été très médiatisée. L’ouverture prochaine par le même constructeur de deux centres de production dans ce même pays l’est beaucoup moins. Pour la plupart des industriels, il semble impossible d’imposer des restrictions aux échanges entre les deux pays et ils espèrent que les tractations qui vont s’ouvrir en juin autour de la révision des accords de l’Alena se feront loin des déclarations provocantes du président Trump. Dans un climat apaisé. Le voyage de Rex Tillerson et John Kelly à Mexico était un premier signe de cette volonté d’apaisement de la part de l’administration Trump.
Cordialement,
Elena NATALITCH
Service Presse, Communication / Formation
251, bd Pereire – 75852 PARIS Cedex 17
Tél. : 01 40 55 12 43
Fax : 01 40 55 12 40
https://www.facebook.com/medef.idf
Je suis un bloc de texte, cliquez sur le bouton \ »éditer\ » pour me modifier. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.
ftpAME2017-04-05T09:04:52+02:00Mots-clés : Actualité, MEDEF, Revue de Presse|
::: ILE-DE-FRANCE
USINE NOUVELLE – 23/02/2017
L’Ile-de-France va commander une centaine de rames Regio2N à Bombardier
La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse a annoncé une commande supplémentaire de 99 rames Regio2N, à l’occasion d’un déplacement dans les Hauts-de-France sur les sites de Bombardier à Crespin et d’Alstom à Petite-Forêt.
Près de Valenciennes (Nord), la météo était perturbée en ce mercredi 22 février 2017, pour la visite de Valérie Pécresse, présidente LR de la région Ile-de-France, Xavier Bertrand, président LR de la région Hauts-de-France et Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, venus visiter les deux usines d’Alstom à Petite-Forêt et de Bombardier à Crespin qui vont bénéficier de la méga-commande de 3,75 milliards d’euros pour les 255 rames de futur RER NG.
Deux sites qui vont produire jusqu’en 2025 pour l’Ile-de-France les RER NG (Alstom et Bombardier), les Regio 2N (Bombardier), les Francilien (Bombardier), les tram-trains (Alstom) et les métros MP14 (Alstom). Des commandes qui font partie du vaste plan lancé par la région Ile-de-France de 708 trains neufs ou rénovés livrés entre 2016 et 2021. Tout comme celle qui a été annoncée par Valérie Pécresse à Crespin pour 80 rames du train Bombardier à deux étages, Regio2N, à destination de la ligne N entre Montparnasse, Rambouillet et Mantes-la-Jolie et 19 rames sur la ligne D pour la branche en direction de Malesherbes.
Une commande d’1 milliard d’euros à livrer à partir de 2019
« Cette commande d’une centaine de rames supplémentaires pour environ 1 milliard d’euros aura bien lieu d’ici le mois de mai, et je compte sur vous pour qu’elle soit livrée entre 2019 et 2021, a prévenu la présidente de la région Ile-de-France. Au total, l’ensemble des commandes atteint près de 10 milliards d’euros. » Comme pour rappeler que ces investissements vont améliorer la vie des Franciliens dans les prochaines années, – en attendant l’appel d’offre pour les métros du Grand Paris Express -, et vont aussi permettre d’assurer la pérennité de la filière ferroviaire du Nord (et donner du travail à d’autres sites d’Alstom).
Et Xavier Bertrand de rappeler dans l’usine de Crespin qui présentait la première rame Regio2N destinée à l’Ile-de-France, qui sera livrée en fin d’année. « Ma première priorité, c’est l’emploi, la priorité de Valérie Pécresse, c’est le confort des Franciliens. Nous étions faits pour nous rencontrer« , a-t-il répété comme pour montrer qu’ils tenaient leurs promesses en pleine campagne pour l’élection présidentielle. Il prévoit également de futures commandes pour Bombardier quand un accord aura été trouvé sur la ligne Intercité Paris- Saint-Quentin – Maubeuge/Cambrai. Une usine Bombardier en pleine activité et « une filière qui reprend espoir. Ce sont 2000 salariés, 6 000 emplois induits et 1 300 fournisseurs qui sont concernés« , se réjouit Laurent Bouyer, le président de Bombardier Transport France, même si un trou d’air de 18 mois est prévu à partir de 2018 avec une baisse de l’activité.
Chômage partiel à Petite-Forêt
Une forte baisse d’activité qui a déjà commencé à Petite-Forêt chez Alstom. La visite pour découvrir les ateliers qui vont produire les futurs RER NG et les métros MP14 est saisissante. Quelques rames de métro destinées à Caracas au Venezuela attendent à l’extérieur avec une rame MI09 (RER A). Dans l’usine, quelques tram-trains sont en production pour une trentaine de rames à livrer. La dernière rame MI09 est sur le point d’être terminée. De 500 000 heures en période de pleine activité, « la production va tomber à 200 000 heures en 2017, prévient Christophe Gourlay, le directeur du site qui emploie 1 200 personnes. Nous allons devoir détacher du personnel sur certains sites Alstom ou chez des clients et procéder à des mesures de temps partiel pour 70 personnes. » 27% des employés sont des ouvriers.
A contrario, la conception et l’ingénierie vont être fortement sollicitées. Et le carnet de commandes est au beau fixe avec des rames de métro pour Lyon, Lille et Hanoï (Vietnam), des trains pour la Belgique. Pendant ce temps à Belfort, une autre bonne nouvelle pour Alstom. Le Président de la République, François Hollande, annonçait que, jeudi 23 février, la SNCF doit confirmer la commande de 15 TGV dans le plan de sauvetage de l’usine belfortaine.
Olivier Cognasse
20 MINUTES – 23/02/2017
JO 2024: Budapest retire sa candidature pour l’organisation de la compétition, Paris et Los Angeles pour la lutte finale
Budapest n’est plus en lice pour organiser les Jeux olympiques 2024.
La ville de Budapest a retiré ce jeudi sa candidature pour les Jeux olympiques 2024, alors qu’une pétition a recueilli assez de signatures pour déclencher l’organisation d’un référendum contre la candidature hongroise…
La candidature de la ville de Budapest à l’organisation des Jeux olympiques 2024 n’est plus que de l’histoire ancienne. La capitale hongroise a jeté l’éponge ce jeudi. « Budapest va officiellement demander au conseil municipal de retirer la candidature hongroise, en accord avec le gouvernement », a déclaré le maire de Budapest, Istvan Tarlos, après une réunion avec le Premier ministre Viktor Orban, selon l’agence de presse MTI.
La pétition lancée par de jeunes activistes pour l’organisation d’un référendum contre les Jeux de Budapest a récolté près de 266.000 signatures d’après ses organisateurs, presque le double du nécessaire pour organiser une consultation populaire. Plusieurs partis politiques critiques de l’homme fort du pays Viktor Orban avaient apporté leur soutien à cette campagne.
Paris et Los Angeles en finale
Le Premier ministre a toujours appuyé cette candidature lancée en 2015, en hommage à l’histoire olympique du pays : seuls neuf pays ont remporté plus de médailles que la Hongrie dans l’histoire des Jeux. La candidature de Budapest avait également reçu le soutien du maire de Budapest avec l’accord du Conseil municipal, du Parlement hongrois ainsi que du gouvernement Orban.
Mais les critiques ont vite pointé du doigt les coûts d’une telle candidature, affirmant que les contribuables avaient le droit de décider de la manière dont leur argent était dépensé. Le maire avait lui affirmé qu’il ne ferait pas « abstraction de la volonté du peuple ». Avec le retrait de Budapest, Paris et Los Angeles restent les deux seules villes encore en lice pour organiser la compétition. Le Comité olympique donnera le nom du vainqueur le 13 septembre.
::: ECONOMIE
LES ECHOS – 23/02/2017
Les DRH unanimes sur le coût du travail mais pas sur les 35 heures
Selon l’Association nationale des DRH, la baisse des charges patronales est une priorité. La réforme des 35 heures et le contrat de travail pré-causé divisent les DRH.
Comme beaucoup d’organisations professionnelles ces derniers jours, l’Association nationale des DRH (ANDRH) a rendu publiques ce mercredi les attentes de ses adhérents en vue de l’élection présidentielle . L’intérêt particulier de ce sondage est d’avoir l’avis de professionnels de terrain sur le social et l’emploi, deux sujets qui figurent parmi les premières préoccupations des Français et sur lesquels les candidats à la présidentielle ont commencé à dévoiler leurs propositions.
Pour les 582 répondants à l’enquête menée par l’ANDRH (dont 55 % ont plus de 300 salariés), les trois sujets qui devraient être prioritaires dans le débat public actuellement sont l’insertion professionnelle des jeunes, la transformation numérique et le développement des nouveaux modes d’organisation du travail (télétravail par exemple).
Dans le champ social, c’est l’emploi qui arrive en tête des actions à mener en priorité pour les DRH (67 %), très loin devant le dialogue social (10 %), la formation professionnelle (8 %) ou encore les retraites (5 %). Sur les leviers d’action pour relancer l’emploi, en revanche, les avis sont plus partagés : 55 % estiment que la durée du travail est une réforme prioritaire, alors que 45 % n’y voient pas un levier majeur. Et même parmi ceux qui attendent une réforme de la durée du travail, seuls 20 % souhaitent en augmenter la durée. Ce qui laisse penser que la préoccupation majeure des employeurs n’est pas tant de faire travailler plus leurs salariés, mais d’avoir suffisamment de commandes pour les faire travailler tout court. Le développement de l’apprentissage fait, lui, l’unanimité : 92 % y voient le meilleur moyen de faire baisser le taux de chômage des jeunes. Pour cela, ils recommandent une exonération totale des charges sociales pour l’embauche d’un apprenti.
Assouplir les CDD
Même unanimité pour revoir le coût du travail (85 % le souhaitent), avec en priorité la suppression des charges salariales qui ne relèvent pas de la sphère du travail, par exemple la cotisation maladie et la suppression totale des charges patronales au niveau du SMIC, une proposition défendue par Emmanuel Macron . Sur le contrat de travail, 70 % des DRH estiment nécessaire de faire évoluer le CDD vers plus de souplesse mais sans précariser, ce qui semble un objectif compliqué. Quant à l’instauration d’un contrat unique, qui a pu séduire un temps le patronat, elle divise profondément les DRH : 52 % y sont favorables, et 48 % s’y opposent. Même constat sur le contrat de travail dont les modalités de rupture seraient prédéfinies et progressives, comme le propose François Fillon : 55 % des DRH y croient, et 45 % sont contre.
LES ECHOS – 23/02/2017
Nouvelle hausse des fraudes détectées par les caisses d’allocations familiales
43.000 cas de fraudes détectés l’an dernier (+8 %), pour 275 millions de préjudice.
La fraude réelle, elle, reste stable, autour de 1,5 milliard d’euros.
Ni flicage ni laxisme. Soucieux de casser les stéréotypes qui entachent sa politique de contrôle, la Caisse nationale des allocations familiales a sorti le grand jeu : elle a mis en ligne depuis ce mercredi, sur son site, Twitter ou sur sa chaîne YouTube, une vidéo pédagogique en parallèle de la publication des résultats de son action sur 2016. Message : si la fraude détectée a augmenté de 8 % par rapport à 2015, le taux de fraude aux allocations, lui, reste stable, signe « des progrès considérables » réalisés par l’institution, s’est félicité son directeur général, Daniel Lenoir.
Des principaux chiffres présentés, il ressort que 35,5 millions de contrôles ont été effectués l’an dernier, l’immense majorité – 32 millions – de manière automatique, les autres sur pièces (3,3 millions) ou sur place (167.000). Résultat : 42.959 fraudes détectées, un chiffre en hausse donc de 8 % sur un an. Tous ces cas représentent un peu plus de 275 millions d’euros (contre 247,8 millions en 2015), répartis – à raison de 6.412 euros en moyenne – sur 0,36 % des allocataires.
La majorité des fraudes détectées ont concerné les minima sociaux, RSA notamment, au moment où les départements renforcent eux aussi leurs contrôles sur les bénéficiaires (lire « Les Echos » du 22 février), et les aides au logement. Parce qu’il suppose une déclaration tous les trois mois, le Revenu de solidarité active est, parmi toutes les prestations, celle qui est la plus sujette à erreur, dans un sens ou dans un autre, explique-t-on à la Cnaf.
Des suites dans tous les cas
Les trois quarts des fraudes détectées proviennent d’omissions ou de fausses déclarations, 16,5 % de fraudes à l’isolement (quand le fraudeur dissimule sa vie de couple), le solde concernant des faux, usages de faux ou escroqueries. Et aucune n’est restée sans suite : des pénalités financières pour les deux tiers, des avertissements et des poursuites pénales pour 30 % et 5 % d’entre elles respectivement.
Si l’on remonte à 2012, la hausse du nombre de cas de fraude détectés est spectaculaire, les contrôleurs disposant d’un arsenal de plus en plus important d’outils pour mener leurs vérifications. Avec, en toile de fond, l’apport grandissant des technologies informatiques dites de « data mining », qui permettent de fouiller les bases de données de différentes origines sous tous les angles.
Reste qu’il y a encore du chemin avant d’assainir la situation. Mesurée sur la base de 7.000 contrôles sur place auprès d’allocataires tirés au sort, la fraude réelle, elle, est estimée au titre de 2014 à 1,5 milliard d’euros, soit 2,2 % des prestations versées cette année-là. Le chiffre est stable, mais encore loin des 275 millions détectés. La Cnaf espère que la lutte antifraude, par son effet dissuasif, permettra à terme de faire baisser ce taux de fraude.
Alain Ruello
LE FIGARO – 23/02/2017
Logement social : la Cour des comptes envisage un bail à durée limitée
Pour inciter les locataires du parc social à retourner dans le privé lorsque leurs revenus progressent, la Cour propose plusieurs nouvelles pistes.
Le secteur du logement social est un mastodonte qui manque d’efficacité. Il a beau engloutir 17,5 milliards d’euros par an et représenter près de la moitié du parc locatif, il peine à offrir une aide aux ménages les plus modestes, déplore la Cour des comptes dans un rapport publié hier qui souligne l’inertie du système.
Obtenir un logement social représente pourtant un sérieux coup de pouce pour les locataires: le loyer est en moyenne 40% moins cher que dans le secteur privé et même 50% moins cher en Ile-de-France. Mais la file d’attente à l’entrée ne cesse de s’allonger, tandis que les ménages qui en sortent sont de moins en moins nombreux. «L’attribution d’un logement social conduit en pratique à remettre les clés à vie», regrette la Cour des comptes. Aujourd’hui 1,9 million de personnes attendent un logement social alors que seuls 4,8 millions de logements sont proposés. Et dans le même temps, la moitié des ménages sous le seuil de pauvreté ne bénéficient pas d’un tel avantage. Pourtant, le parc existant permettrait largement de les accueillir tous.
Un système opaque
Il faut dire que les conditions d’octroi sont généreuses: les deux tiers de la population sont éligibles, et un ménage sur deux bénéficiant d’un logement social n’a pas des revenus modestes. Mais le système est opaque. Seul un organisme HLM sur quatre rend publiques ses méthodes de sélection.
En matière d’immobilier, difficile d’adapter finement l’offre à la demande. À Paris, les organismes HLM enregistrent 16 demandes pour une place, mais dans d’autres zones, où la population tend à décroître, les taux de vacance sont «préoccupants». Alors que la mixité sociale des villes fait partie des objectifs assignés au logement social, la Cour des comptes déplore que ces logements soient concentrés dans certaines zones. Enfin, l’offre du secteur social ne correspond plus aux attentes des ménages, le plus souvent composés d’une ou deux personnes, si bien que de nombreux logements s’avèrent sous-occupés.
Un parc mal géré
Alors, plutôt que de construire des logements sociaux à tout va, qui coûtent cher et ne remplissent pas leur office, la Cour des comptes recommande d’abord d’améliorer la gestion du parc existant. Selon ses calculs, les constructions record de logements sociaux ces dernières années (130.000 en 2016) n’ont pas permis d’améliorer l’accès au parc. Alors que 600.000 logements ont été créés entre 2002 et 2013, les attributions annuelles ont diminué dans le même temps de 70.000. A contrario, elle estime qu’une amélioration d’un point du taux de rotation permettrait de libérer 50.000 logements par an, sans coût supplémentaire. La Cour recommande donc de recentrer l’attribution de logements sociaux sur les ménages à revenus modestes, et d’encourager à partir ceux qui ne rempliraient plus les critères d’attribution.
Elle propose d’introduire, dans les zones tendues, des baux à durée limitée. Leur renouvellement dépendrait de l’évolution de la situation du ménage. Celui-ci pourrait avoir à payer un surloyer lorsque ses revenus dépassent un certain seuil. Il n’aurait ainsi rien à perdre en retournant se loger dans le secteur privé. De tels surloyers existent déjà mais sont pour l’instant rarement appliqués.
Cette mesure recueille les faveurs de la ministre du Logement, mais celle-ci maintient en revanche son objectif annuel de construction de 150.000 logements. Elle veut également continuer à attribuer les logements sociaux non seulement aux ménages modestes mais aussi aux classes moyennes.
::: ENTREPRISES
LES ECHOS – 23/02/2017
BTP, autoroutes… Eiffage voit ses bénéfices bondir
A partir d’avril, les essais de vitesse terminés, la SNCF prendra la main et fera circuler des trains.
La rentabilité des métiers du BTP bondit malgré le repli du chiffre d’affaires.
Un quart de l’activité se fait désormais à l’international.
Pour sa première année à la tête d’Eiffage, Benoît de Ruffray, arrivé en janvier 2016, a dévoilé des résultats en forme d’hommage à son prédécesseur prématurément disparu, Pierre Berger. « Les efforts de ces dernières années ont payé », a résumé le groupe. Le plan de réduction de coûts, conjugué à la baisse des taux d’intérêt (donc des frais financiers), et l’embellie dans le BTP au quatrième trimestre, s’est traduit par un bond de 33 % du résultat net, à 416 millions d’euros et le résultat opérationnel atteint 1,6 milliard (+11,6 %), malgré la stagnation du chiffre d’affaires. A 14 milliards d’euros (+0,7 %), il « est en légère progression grâce aux acquisitions, sans lesquelles il serait en léger repli », reconnaît Benoît de Ruffray.
Cette panne de croissance est due au BTP, où l’activité (11,5 milliards d’euros) recule de 1,2 % à périmètre constant (hors acquisitions). N’importe, en 2016, Eiffage a connu un tournant. Ses profits ne sont plus dus à la seule prospérité de ses concessions d’autoroutes, APRR et Area. Elles sont toujours florissantes (leur résultat opérationnel a encore grimpé de 12 % à 1,2 milliard d’euros). Mais le BTP a vu sa rentabilité rebondir. Il affiche une hausse de 10 % de son résultat opérationnel, à 378 millions d’euros et les marges s’améliorent.
Envol des ventes de logements neufs
Certes, la construction de bâtiment a bénéficié de l’envol des ventes de logements neufs. Mais dans les travaux d’infrastructures, Eiffage devait négocier en 2016 une passe délicate. Son plus gros chantier, celui à 3 milliards d’euros de la nouvelle ligne ferroviaire à grande vitesse Rennes-Le Mans, s’achève (lire ci-dessous). Il a aussi connu un accident de parcours sur le chantier de la prolongation de la ligne 14 du métro parisien, où les travaux sont arrêtés suite à l’inondation de la station en construction porte de Clichy. Combien ce métro promis pour 2019 par la RATP aura-t-il de retard ? « Les travaux de confortement de la station devraient être terminés dans la première quinzaine de mars et pour la suite, nous regardons la possibilité d’accélérer les travaux », indique Jean-Louis Servranckx, le patron de la branche infrastructures. Selon lui, l’impact financier du retard serait à la charge de la RATP car « dans nos contrats nous ne prenons pas la responsabilité de la conception ni de la géologie », a-t-il souligné. En fait, selon nos informations, un expert judiciaire travaille depuis décembre à départager les responsabilités des deux parties. Mais ces incidents ponctuels n’empêchent pas une bonne performance générale du pôle infrastructures. Le chiffre d’affaires des travaux routiers s’est stabilisé, après deux ans où la baisse a été de 11 % par an et la construction métallique se redresse.
Le carnet de commandes des métiers du BTP a progressé de 5 %, à 12 milliards. Surtout, Eiffage se développe à l’international. L’activité infrastructures y a progressé de 9,6 % en 2016, avec des contrats à Madagascar, au Sénégal. Et au final, tous métiers confondus, l’international a représenté l’an dernier 24 % de l’activité BTP, « contre 18 % il y a cinq ans », a rappelé Benoît de Ruffray. Le PDG table pour 2017 sur une légère croissance de l’activité comme des bénéfices du groupe.
Myriam Chauvot
LE MONDE – 23/02/2017
Rachat d’Opel : l’opération de charme du patron de PSA en Allemagne
Carlos Tavares a donné des garanties sur l’emploi – jusqu’en 2018 – à Angela Merkel et aux salariés du constructeur allemand.
Carlos Tavares a réussi, mardi 21 février, son tour de charme en Allemagne. Au siège d’Opel à Rüsselsheim, puis à Berlin par téléphone, le PDG de PSA a donné aux représentants des salariés et à la chancelière Angela Merkel la garantie que les sites de production du groupe allemand ne seraient pas fermés et que ses 19 000 salariés en Allemagne conserveraient leur emploi… en tout cas jusqu’en 2018. « Une première bonne nouvelle », s’est félicité le président du comité d’entreprise d’Opel, Wolfgang Schäfer-Klug, mardi midi.
Les responsables politiques à Berlin se sont également empressés de célébrer ce résultat comme une réussite. Hasard du calendrier, la ministre du travail française Myriam El Khomri était en visite en Allemagne auprès de son homologue Andrea Nahles. Les deux femmes ont eu beau jeu de présenter la fusion à venir comme une opération « gagnant-gagnant ». L’annonce, le 14 février, du projet de General Motors (GM) de vendre Opel à PSA avait suscité le courroux de Berlin, vexé de ne pas avoir été informé préalablement de l’opération. En pleine année électorale, la menace d’une suppression de milliers d’emplois dans l’automobile aurait été du plus mauvais effet. Depuis, trois ministères surveillent au plus près l’avancée des négociations.
Les apparences sont donc sauves. Mais en réalité, Carlos Tavares n’est pas allé bien au-delà de ses obligations légales. Car GM s’était déjà engagé à préserver les emplois jusqu’en 2018 ainsi qu’à maintenir des investissements et des sites de production jusqu’en 2020. L’avenir n’a donc rien d’assuré à moyen terme. Les représentants du personnel, longtemps malmenés par la maison mère GM, peuvent certes s’appuyer sur la vision d’un Opel intégré dans une entreprise de tradition familiale européenne, qui a réussi son redressement, et rêver à un « champion européen » qui maintiendrait tous les emplois. Mais ils ne peuvent ignorer les Cassandre qui se sont multipliées ces derniers jours.
« Ne pas se faire d’illusion »
Les analystes de la société de conseil britannique Evercore ISI estiment ainsi, dans une étude publiée le 15 février, qu’« au regard des chevauchements entre les deux entreprises, on ne devrait pas se faire d’illusion sur ce qui va se passer si on veut en faire une seule ». Ils estiment ainsi que l’avenir du site d’Eisenach, en Thuringe, qui emploie un peu moins de 2 000 personnes, est compromis. L’expert automobile Ferdinand Dudenhöffer, de l’université Duisburg-Essen, voit aussi ce site menacé. Il a calculé que le coût du travail des sites allemands – à 52 euros de l’heure – est le plus élevé de tous les pays européens. Le site d’Eisenach n’est par ailleurs exploité qu’à 66 %. A la faveur d’un renouvellement de modèle, sa production pourrait être délocalisée dans une usine du groupe PSA en Europe de l’Est et profiter de coûts du travail plus réduits, jugent les analystes.
A court terme en tout cas, pas question de parler de fermeture, côté PSA. Après l’Allemagne, Carlos Tavares va reprendre son bâton de pèlerin afin d’aller convaincre, vendredi 24 février, des Britanniques passablement inquiets eux aussi. Il est plus facile de se séparer d’une usine au Royaume-Uni que sur le continent, conviennent les spécialistes des restructurations du secteur automobile. Peugeot en a d’ailleurs déjà fermé une en 2006 à Ryton, dans le centre de l’Angleterre.
Cela dit, le Brexit peut paradoxalement protéger les deux usines de Luton, non loin de Londres, et d’Ellesmere Port, dans le nord du pays, explique un expert du secteur. Dans la perspective de droits de douane élevés, mieux vaut produire en Grande-Bretagne les Vauxhall (le nom d’Opel outre-Manche) que l’on vend en Grande-Bretagne. Il y a une condition nécessaire pour que l’équation économique soit valable : une forte majorité des composants des véhicules doivent aussi être produits sur place afin d’éviter un coûteux jeu de saute-frontière.
Projet à la fois « inquiétant » et « encourageant »
Côté français, la grogne et l’anxiété montent aussi. Les représentants des salariés se sentent mis à l’écart. « Nous ne sommes absolument au courant de rien, déplore Franck Don, délégué central CFTC du groupe PSA. Il est plus que temps que la direction échange avec les organisations syndicales françaises. » Le projet est à la fois « inquiétant » et « encourageant », estime Christian Lafaye, délégué syndical FO, premier syndicat de PSA. De son côté, la CFE-CGC a réclamé « des garanties sur la pérennité » de l’activité du groupe automobile en France.
Au siège de PSA, on relativise ces récriminations. « Nous avons organisé une information à l’intention des organisations syndicales françaises, rappelle un porte-parole. Mais il est compréhensible que, pour le moment, il puisse y avoir des frustrations dans la mesure où nous ne pouvons pas détailler un projet qui est en cours de négociation. »
La curiosité des syndicalistes français devrait être – au moins partiellement – satisfaite mercredi 22 février. Dans la matinée, un conseil de surveillance devrait aborder le sujet du rachat d’Opel, même si l’ordre du jour officiel, à savoir l’examen des résultats financiers de 2016, n’a pas été modifié. « Il faudra de toute manière réunir à nouveau un conseil de surveillance extraordinaire la semaine prochaine, assure un membre des instances dirigeantes du groupe. C’est une obligation légale. » Le calendrier pourrait d’ailleurs s’accélérer : on estime au siège de PSA qu’il pourrait se tenir le lundi 27 ou le mardi 28 février, avec une annonce officielle dès mercredi 1er mars.
Éric Béziat et Cécile Boutelet
LES ECHOS – 23/02/2017
La location touristique entre particuliers a explosé en 2016
La province représente désormais 80 % de la fréquentation des logements touristiques de particuliers proposés par des plates-formes sur Internet.
Selon l’Insee, 76,5 millions de nuitées ont été passées, l’an dernier, dans des logements de particuliers proposés à la location sur Internet (+30 %). Ce qui représente 16 % du total des nuitées passées dans les hébergements touristiques marchands.
Ce n’est pas une surprise : la location touristique de logements par des particuliers, via des plates-formes Internet de type Airbnb ou Abritel, est en plein boom en France. Mais pour la première fois, l’Insee a tenté de chiffrer le phénomène. Selon l’Institut, 25,5 millions de nuits ont ainsi été facturées en 2016 au titre de logements de particuliers proposés à la location sur le Web. Un chiffre en hausse de 30 % par rapport à 2015. Cela représente 11,3 % de la fréquentation de l’ensemble des hébergements touristiques l’an dernier.
« La vigueur de l’augmentation est toutefois un peu moindre chaque trimestre, traduisant une certaine maturité du marché », note l’étude. En particulier en Ile-de-France où l’activité n’a augmenté « que » de 10 % en 2016 (la région a aussi été davantage pénalisée par l’impact des attentats), quant à elle a bondi de 36 % en province. La province représente d’ailleurs désormais 80 % de la fréquentation des logements touristiques de particuliers proposés par des plates-formes sur Internet, contre 76 % en 2015.
La clientèle hexagonale tire le marché
Autre enseignement : ce n’est pas tant la clientèle étrangère (+19 % sur un an) que la clientèle française (+36 %) qui tire le marché. Cette dernière représente ainsi 66 % de la clientèle des plates-formes de location touristique par des particuliers. « Ces données suggèrent ainsi un relais de croissance pris par la clientèle hexagonale, même si la clientèle étrangère continue de progresser », indique l’Insee, qui tempère cependant ses propos du fait du faible historique des données disponibles.
Si les plates-formes d’hébergement alternatif ont pâti, comme les hôtels, de l’effet des attentats terroristes en Ile-de-France et à Nice et de la menace terroriste persistance, elles ont bénéficié l’an dernier de l’Euro de football organisé dans l’Hexagone , qui a « stimulé » une fréquentation étrangère en berne. Celle-ci tend en outre à se redresser depuis la fin 2016. Une tendance observée plus globalement dans tout le secteur touristique.
Un diagnostic plus favorable sur le tourisme
L’augmentation de la fréquentation des logements loués par les particuliers sur le Net s’est accompagnée d’un accroissement du nombre de personnes hébergées. L’Insee estime leur nombre à 76,5 millions en 2016 sur la base d’une hypothèse de trois personnes en moyenne par logement loué, ce qui correspond à 16 % de l’ensemble des nuitées dans l’hébergement marchand. Cette part est ramenée à 14 % si l’on retient une hypothèse de 2,5 personnes par logement, indique l’institut de statistiques.
D’ailleurs, note-t-il, « l’intégration de ces données sur les plates-formes conduirait à un diagnostic plus favorable sur le tourisme en France ». Le recul de la clientèle étrangère ne s’établirait ainsi plus qu’à 3,9 % en 2016, au lieu de -5,2 %, dans l’hypothèse numéro un de trois personnes par logement loué. Surtout, la fréquentation touristique exprimée en nuitées ne serait plus en baisse de 1,3 % sur 2016, mais en hausse de 2,6 %. Une lecture toute différente.
La méthodologie de l’étude
L’Insee a récolté des données mensuelles agrégées auprès d’un échantillon représentatif de plates-formes. Cet échantillon a été établi en collaboration avec l’Union nationale pour la promotion et pour la location de vacances (UNPLV) ainsi que Gîtes de France. L’objectif était d’avoir une idée du volume d’activité que représente la location de logements de particuliers via des plates-formes sur Internet, par comparaison avec les autres hébergements marchands que sont les hôtels, les résidences de tourisme et les campings.
LE PARISIEN – 23/02/2017
Fausses promotions : lourdes amendes pour les stars de l’e-commerce
Vente-privee.com, dont les locaux sont situés à Saint-Denis, fait partie des sites épinglés par la DGCCRF.
Vente en ligne. A la suite d’une enquête de la Répression des fraudes, des grands noms du Web ont été pris la main dans le sac.
Belles promos, grosses arnaques ! Sur Internet, de nombreuses enseignes attirent toute l’année les consommateurs à coups de réductions séduisantes et de rabais inespérés. Mais parmi ces prix cassés se cachent bien souvent de fausses ristournes. C’est ce que dévoile en exclusivité, dans « le Parisien » – « Aujourd’hui en France », la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) qui a enquêté pendant des mois sur l’arnaque des fausses promotions sur Internet.
Entre fin 2015 et courant 2016, 19 entreprises d’e-commerce ont été prises en flagrant délit de tromperie commerciale. Exemples ? Les tours de passe-passe sont nombreux pour leurrer l’internaute : des « soldes » au même prix de vente qu’avant le lancement, des prix de référence revus à la hausse pour afficher un pourcentage de promo plus alléchant, ou encore des réductions à ne pas louper, soi-disant limitées dans le temps, mais qui se renouvellent en réalité toute l’année…
35 millions de Français achètent en ligne
Selon la DGCCRF, ces pratiques trompeuses sont généralisées sur la Toile. Et, pour la première fois en France, elles ont fait l’objet de condamnations non négligeables. Au total, l’amende s’élève à 2,4 M€. Parmi les fraudeurs, on retrouve Amazon, le no 1 de l’e-commerce français !
Celui qui attire plus de 18 millions de visiteurs uniques par mois — et qui n’a pas donné suite à notre courriel envoyé hier midi — a dû mettre la main au porte-monnaie à hauteur de 1 M€. D’autres grands noms du Web — Zalando, H&M, Vente-privée, Showroomprivé, Grosbill (également sollicitées, ces enseignes n’ont pas souhaité nous répondre), Comptoir des cotonniers, Gérard Darel… — ont été condamnés, verbalisés ou sont encore dans le viseur de la DGCCRF. Qui ne compte rien lâcher.
« Les enquêtes de la DGCCRF se poursuivent en 2017 pour assurer au consommateur qu’une bonne affaire est toujours une bonne affaire », assure Martine Pinville, la secrétaire d’Etat chargée du Commerce. Pas sûr néanmoins que cela soit suffisant pour assainir les pratiques alors que le marché en ligne a encore progressé de 14 %* entre 2014 et 2015, avec 64,9 Mds€ de chiffre d’affaires. Les 35 millions de Français qui achètent sur la Toile tenteront de se rassurer comme ils peuvent. Et de se protéger avec les moyens du bord (voir encadré).
Pour autant, la DGCCRF tente de positiver. Après sa condamnation, Amazon a par exemple mis en place des procédures pour vérifier — tous les trimestres seulement — le prix de référence renseigné par ses fournisseurs. Idem chez Zalando qui précise dans un courriel que ses clients ont davantage d’informations sur les prix. « Cela va dans le bon sens, reconnaît-on à la DGCCRF. A nous d’être vigilants mais, en cas de récidive, la justice pourrait aller plus loin. » Car si, pour cette première condamnation, certaines amendes s’apparentent à de simples avertissements, en cas de récidive, les géants du Web pourraient être obligés de verser jusqu’à… 10 % de leur chiffre d’affaires !
* Chiffres clés de la Fevad 2015.
Aurélie Lebelle
::: POLITIQUE
L’OPINION – 23/02/2017
Macron-Bayrou, une alliance au centre du jeu
En proposant au candidat d’En Marche ! une alliance, le président du MoDem bouscule le jeu de la présidentielle. Pour François Fillon et Benoît Hamon, c’est une mauvaise surprise
A l’occasion d’une déclaration à la presse très attendue, François Bayrou a annoncé qu’il ne serait pas candidat à l’Elysée pour la quatrième fois. Le maire de Pau a proposé une alliance à Emmanuel Macron. Celui-ci l’a accepté dans la foulée, y voyant « un tournant de la campagne » mais aussi « de la vie politique ». Les deux hommes se verront ce jeudi pour la finaliser.
Mercredi 22 février, à 16 h 37, un coup de tonnerre béarnais a éclaté dans le ciel de la présidentielle française. François Bayrou annonce qu’il ne sera pas candidat une quatrième fois à l’élection présidentielle et propose une offre d’alliance à Emmanuel Macron, basée sur quatre exigences (une loi de moralisation de la vie publique, une juste rémunération du travail, la proportionnelle, une véritable alternance).
A peine une heure plus tard, l’ancien ministre de l’Economie accepte la proposition surprise du président du MoDem. « L’alliance proposée par François Bayrou porte sur les valeurs et les idées et s’inscrit pleinement dans la démarche de renouvellement et de rassemblement qui, depuis le début, est la nôtre », déclare le patron d’En Marche!. Les deux hommes se rencontreront dès ce jeudi. Cette nouvelle donne, inédite et spectaculaire, rebat toutes les cartes de la bataille élyséenne et pourrait modifier à terme en profondeur le paysage politique national.
« La panique se lève au milieu des arbres. » François Bayrou aime cette citation de Victor Hugo. Ce mercredi, sa déclaration a pris de court beaucoup de monde, à droite comme à gauche. Elle a aussi quelque chose de logique. D’abord, même si la tentation première du maire de Pau est toujours de se lancer dans les combats, y compris les plus difficiles, cette quatrième candidature se présentait mal. Crédité de 5 % dans les sondages, dans quel état en sortirait-il ? Ces derniers jours, le centriste a été très marqué par le démarrage difficile de son dernier livre. Résolution française s’est vendu à peine à 5 000 exemplaires en deux semaines.
«Tu as raté Ségolène…» Ensuite, François Bayrou a depuis quinze ans fait de l’explosion du clivage droite-gauche son objectif et sa marque de fabrique. Lors de la présidentielle de 2007, il avait obtenu un très bon score (18,5 %), mais échoué à le concrétiser. Cinq ans plus tard, le Béarnais avait appelé à voter pour François Hollande au second tour, mais n’avait rien exigé en échange. De son côté, le chef de l’Etat avait commis une faute originelle, qui allait plomber tout son quinquennat, en ne saisissant pas la main tendue du leader du MoDem.
Les jours précédents sa prise de décision, un ami avait glissé à François Bayrou ceci : « Tu as raté Ségolène, tu as raté Dany, si tu veux maintenant rater Macron… » Dans l’entre-deux tours de 2007, prête à tout bousculer, Ségolène Royal s’était même rendue en bas de son domicile parisien afin de trouver un accord, mais le centriste n’avait pas répondu à son appel. A l’occasion des européennes de 2009, il avait préféré affronter Dany Cohn-Bendit au lieu de présenter des listes communes avec l’écologiste joueur qui n’attendait que cela. Cette fois, le maire de Pau va au bout de sa logique. Emmanuel Macron se dit « de droite et de gauche » ; il est beaucoup mieux placé que lui pour l’emporter. Il s’allie avec lui. Pour l’ancien ministre de l’Economie, c’est une vraie bouffée d’oxygène alors que depuis quinze jours sa campagne patinait. Jusqu’où le pack entre les deux hommes va-t-il bousculer le jeu ?
Pour François Fillon, ce n’est pas une bonne nouvelle. Le candidat de la droite ne le cachait pas : il avait tout intérêt à ce que François Bayrou soit candidat afin de priver Emmanuel Macron de quelques points précieux et d’un accès au second tour. « Présente-toi, j’en ai besoin et après je te donne ce que tu veux », avait lancé l’ancien Premier ministre au centriste, lorsqu’ils s’étaient vus, la dernière fois, le 24 janvier. Le premier avait pris bien soin d’opposer une fin de non-recevoir au second, qui lui demandait un groupe parlementaire. « Un groupe parlementaire pour Bayrou plus un groupe parlementaire pour l’UDI, c’est compliqué », confiait encore François Fillon la veille de l’annonce de François Bayrou. Les minutes suivant celle-ci, ses troupes exhumaient les anciennes déclarations très critiques du Béarnais à l’égard d’Emmanuel Macron. Elles rappelaient le soutien de François Bayrou à François Hollande en 2012 afin de mieux gauchiser le leader d’En Marche!. Mais avec l’appui du patron du MoDem, ce dernier est renforcé sur son centre droit, ce qui lui manquait jusqu’à présent.
« Donneurs de leçon permanente». A gauche, les partisans de Benoît Hamon sont également immédiatement montés au front. Pour eux non plus, cette nouvelle donne n’est pas sans répercussion. Le candidat du PS est empêtré dans ses discussions avec Yannick Jadot et ses bisbilles avec Jean-Luc Mélenchon. La dynamique dont il comptait profiter avec l’alliance des forces de gauche est au point mort. De son côté, Emmanuel Macron devrait enregistrer de nouveaux ralliements venus du PS dans les prochains jours.
« Hamon s’empêtre avec Jadot et Mélenchon mais n’a pas fait un geste en direction du cœur du parti depuis un mois, et les gens sentent qu’une dynamique en faveur de Macron se met en place, affirme une députée PS. Rugy et Bayrou le même jour, on a beau dire, ça enclenche quelque chose. » « Ce que nous sommes incapables de faire avec Jadot-Hamon-Macron… Accablé par les donneurs de leçon permanente », a d’ailleurs tweeté François Michel Lambert, député socialiste des Bouches-du-Rhône, montrant son dépit après « l’union des forces » proposé par François Bayrou.
Au-delà de toutes ces conséquences tactiques, c’est aussi la fin d’une autre histoire. Après Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, c’est une autre figure du paysage politique français qui ne sera pas sur la ligne de départ de la présidentielle. Le renouvellement continue, les surprises s’enchaînent, faisant de cette élection une présidentielle folle.
LE MONDE – 23/02/2017
Taubira : « Je ne crois pas à la défaite inéluctable de la gauche »
L’ex-ministre de la justice considère, dans un entretien au « Monde », que « ce qui différencie les sensibilités de gauche n’est pas rédhibitoire ».
Christiane Taubira, qui publie un nouveau livre, Nous habitons la Terre (Philippe Rey), regrette, dans un entretien au Monde, le « renoncement de la gauche à son identité » et la « lente déliquescence » politique. L’ex-garde des sceaux estime que les gauches ne sont pas irréconciliables et qu’elles sont face à une « responsabilité historique ».
Dans votre livre, vous expliquez que le mot « crise » est brandi depuis des décennies pour empêcher toute réflexion de fond. Considérez-vous que la France traverse actuellement, à deux mois de la présidentielle, une crise politique ?
Il n’y a pas une crise politique en France. La situation dans laquelle nous sommes s’est construite lentement, hélas. Ce sont au moins vingt ou trente ans de renoncement de la gauche à son identité politique, à son propre vocabulaire, à sa capacité de réflexion et de proposition de solutions nouvelles, qui nous ont placés dans cette situation. Ce n’est pas une crise, quelque chose qui surgit à l’improviste, c’est une lente déliquescence. Nous sommes dans un moment paroxystique, mais il suffisait d’un peu de lucidité pour le voir venir.
Cette lente déliquescence s’exprime-t-elle dans cette campagne présidentielle ?
La déliquescence se traduit par une perte de confiance, par un désarroi qui conduit des personnes à accepter, du fait des difficultés économiques et de leurs angoisses existentielles, des discours qu’en d’autres temps elles n’auraient pas tolérés. Dans la présidentielle, les candidats eux-mêmes se retrouvent pris dans ce tourbillon d’une société où la classe politique a contribué à brouiller les repères.
Vous regrettez que la gauche ait perdu la bataille des mots. Dans la campagne, voyez-vous un candidat qui parle avec des mots de gauche ?
C’est vrai que, sur le quinquennat, la parole politique n’a pas réhabilité l’engagement à gauche, elle est restée dans la tendance lourde qui consiste, soi-disant au nom du pragmatisme, à ne pas assumer ses valeurs. Cela avait déjà été le cas à la fin de la législature Jospin. Pendant les deux quinquennats de la droite, entre 2002 et 2012, alors que la gauche a remporté des victoires électorales, elle a accumulé les défaites politiques et culturelles.
Elle a fait l’erreur de croire qu’elle gagnait les élections intermédiaires parce qu’elle atténuait son discours. Depuis 2012, j’ai entendu à chaque échec électoral des dirigeants de gauche expliquer que si les Français voulaient plus de gauche, ils auraient voté pour les communistes. Sauf que la politique n’est pas une arithmétique : ne pas assumer l’identité de la gauche a été la cause de la sanction.
En prenez-vous votre part personnellement ?
Non ! J’assume collectivement, je dis « nous », mais j’ai laissé suffisamment de traces et de déclarations, durant le quinquennat et avant, qui prouvent mes désaccords. J’ai choisi de rester dans le camp de la gauche, je reste solidaire y compris de ses erreurs. Mais je n’y ai pas contribué personnellement, j’ai même plutôt pourri la vie de certains dirigeants de gauche.
L’affaire Théo L., ce jeune homme victime d’un viol présumé lors d’une interpellation, illustre-t-elle un ultime échec de la gauche dans sa relation avec les quartiers populaires ?
Je n’ai pas envie d’en parler sous cet angle. Il y a une jeunesse en demande, en attente. Que lui offre-t-on ? Du fond, des repères historiques, de la méthode ? Ou simplement de la superficialité ? De quoi parle-t-on quand on parle des banlieues ? D’une planète perdue ? Il s’agit de notre territoire où vivent des Français depuis plusieurs générations, on parle de citoyens pleins et entiers. C’est cela, le sujet. Plus personne ne parle du contrat social. Les jeunes ne savent plus bien ce que c’est, mais les politiques non plus.
La gauche était plus attendue sur les banlieues que la droite ou l’extrême droite…
C’est un échec politique depuis quarante ans. En 2001, après le 11-Septembre, Lionel Jospin avait fait un discours de premier ministre pendant quarante-cinq minutes à la tribune de l’Assemblée nationale. Pas une seule fois le mot laïcité n’avait été prononcé. Pas une phrase pour dire à des jeunes qui, pétris de frustrations, risquaient de s’identifier à ces monstres-là, qu’ils étaient d’ici et ne devaient pas se laisser aspirer.
C’est un vieil échec récurrent, de la gauche, de la droite. Mais la gauche est plus coupable parce qu’elle a plus que d’autres le devoir de se préoccuper de la cohésion sociale, de la justice sociale, de l’égalité des chances.
Vous avez fait la « une » des « Inrocks » le 1er février pour une interview croisée sur la jeunesse avec l’ex-chroniqueur du « Bondy Blog » Mehdi Meklat. Vous avez réagi à la polémique sur ses propos sur Twitter, antisémites et violents, en les condamnant…
Oui, je condamne ces propos. Si c’est, paraît-il, un jeu, il est tellement pestilentiel et dangereux qu’il n’y a aucune circonstance atténuante possible. Ce sont des torrents de boue comme on en trouve tous les jours sur les réseaux sociaux. Mais je refuse de réduire la jeunesse au fait qu’un jeune se soit livré à ce qui est absolument incompréhensible et inexcusable.
Qui, de Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon ou Emmanuel Macron représente la gauche que vous réclamez de vos vœux ?
Il y a un principe fondamental en sociologie, c’est se nommer soi-même. Quand certains disent qu’ils ne sont pas à gauche, ce n’est pas à moi de les attraper au lasso pour les y emmener. La gauche porte constamment la transformation de la société. Incontestablement, Benoît Hamon porte des idées et une parole de gauche, un engagement et une volonté de gauche. Il produit des idées qui bousculent, qui sont la risée de certains ou nourrissent des espoirs.
Les tensions entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ne donnent-elles pas raison rétrospectivement à Manuel Valls quand il parlait des gauches irréconciliables ?
Historiquement, il est établi qu’il existe plusieurs sensibilités, mais, dans les moments les plus graves, les gauches se sont rendu compte qu’elles n’avaient rien d’irréconciliable et qu’elles étaient capables de travailler ensemble. C’est évident sous le Front populaire, sous Mitterrand ou sous Jospin. Je crois que ce qui différencie les sensibilités de gauche n’est pas rédhibitoire.
A deux mois du premier tour, attendez-vous une candidature commune à gauche ?
J’ai toujours refusé les calculs du microcosme. J’ai un seul souci : qu’adviendra-t-il des gens, et notamment des plus vulnérables, qui ont besoin de la puissance de l’Etat pour les protéger ? Ce ne sont ni les politiques d’extrême droite, introuvables, ni celles de la droite, dont on connaît le programme brutal, qui peuvent remplir ce rôle.
La gauche a une responsabilité historique. L’option n’est pas de savoir si un tel est meilleur ou plus sympathique, si un tel doit s’aligner derrière un tel, ce n’est pas le sujet. Est-ce que nous prenons la responsabilité de voir la situation sociale et économique, et aussi budgétaire, se détériorer et des personnes en prendre plein la figure pendant cinq ans ? Ou sommes-nous capables de nous dépasser et d’affronter toutes les difficultés aujourd’hui plutôt que d’avoir demain à répondre à ceux qui nous diront : « Ainsi vous nous avez livrés à ces gens-là » ?
Vous dites cela à M. Mélenchon ?
Je le dis à la société tout entière. Les responsables politiques ont aussi besoin d’entendre la maturité de la société. Les gens voient certains jeux et les trouvent intolérables. Ils voient des crispations, certes légitimes, mais inopportunes. On ne s’amuse pas là, on n’est pas à la kermesse, il y va du sort de millions de gens, de ce que sera l’Europe demain et de l’état du monde.
Est-ce la raison pour laquelle vous n’avez pas voulu être candidate ?
Je suis partie [du gouvernement] sur un désaccord assumé, mais je considère que nous sommes toujours aux responsabilités. Nous avons conduit une pleine législature, nous avons mené des réformes de qualité, d’autres qui sont restées au milieu du gué, d’autres encore qui n’étaient pas à faire. L’éthique du pouvoir est d’expliquer, y compris ce que l’on n’a pas fait.
Parce que nous savons ce que peut représenter une alternance de la droite, ou pire une arrivée au pouvoir de l’extrême droite, nous avons des responsabilités particulières. J’ai estimé que nous ne pouvions pas entrer dans la présidentielle sur la base d’un exercice routinier. Mes amis ont eu beau me dire que j’étais la meilleure, la seule capable de rassembler la gauche, ce n’était pas le sujet pour moi. L’enjeu n’était pas d’aller se livrer à un exercice de compétition et de rivalité internes.
Est-ce que vous croyez à une droitisation de la société ?
J’ai entendu des responsables de gauche justifier leurs politiques de cette façon-là. Il y a peut-être une droitisation liée au fait que les idées que projette la droite paraissent plus simples. Mais, si cela a lieu, je ne vois pas pourquoi je devrais l’accompagner ! Au contraire, je résiste de toutes mes forces.
Emmanuel Macron, qui séduit une partie de la gauche, est-il pour vous le symbole d’une perte de repères de la gauche ?
Les abandons de la gauche ont ouvert des espaces. Il y a un jeu qui consiste à dire : « Je ne suis ni de droite ni de gauche parce qu’il faut réconcilier tout le monde. » Cela n’a aucun sens. La politique ne crée pas la guerre, elle l’évite. Elle permet d’exprimer la pluralité des visions. Si on prétend faire de la politique, on doit dire aux citoyens, à visage découvert, comment on pense la société.
Pensez-vous comme Emmanuel Macron que la colonisation a été un « crime contre l’humanité » ?
C’est le débat inextinguible entre le droit et l’éthique. Le droit définit le crime contre l’humanité. Soit Emmanuel Macron se place dans ce cadre, soit il est dans un autre champ. Il y a une définition du crime contre l’humanité, du génocide, et il y a une réalité de la colonisation, qui n’a rien à voir avec le « partage des cultures » vanté par François Fillon. Cela a à voir avec des crimes, des massacres, des millions de morts, du travail forcé… Mais je suis mal à l’aise avec les calculs électoraux sur des sujets aussi lourds.
Qui a été humilié ? Celle qu’on traitait de guenon tous les matins ? Celle qui recevait des menaces de mort ? Celle sur qui on lançait des œufs ? A l’inverse, qu’on trouve un quart de virgule où j’aurais tenu un propos humiliant. Ce n’est pas faute d’en avoir entendus et d’avoir quatre enfants qui, en se levant le matin, les entendaient.
Mais je ne compte pas, je fais rempart parce que, derrière moi, il y a des gens. Les agressions physiques homophobes, c’est La Manif pour tous qui les a supportées ? Les insultes homophobes, la disqualification de toute famille en dehors de celle avec un papa, une maman, un petit garçon et une petite fille… Ces gamins qui ont entendu qu’on les traitait d’« enfants Playmobil ». Elle était dans quel camp, l’humiliation ?
Quel rôle comptez-vous jouer désormais, à part écrire des livres ?
Je suis une politique qui écrit. Je n’écris pas pour gagner ma vie ou pour raconter des histoires, j’écris avec une sommation vitale. J’essaie d’aider la jeunesse à lire le monde. C’est elle qui fera la suite. Son énergie est indomptable. Pour la campagne, je vais participer autant que possible. J’aime le contact avec les gens, aller sur les marchés, faire les immeubles, expliquer les choses, rire des adversaires aussi…
Vous parlez beaucoup de Gramsci dans votre livre et des défaites culturelles. Est-ce à dire que pour vous, la défaite électorale de la gauche, qui, selon le philosophe italien, est l’étape suivante, est inéluctable ?
Je ne crois pas à la défaite inéluctable. Mais on sortira de cette période quand la gauche sera consciente de ses défaites culturelles. Je n’ai pas écrit ce livre pour la campagne. Il faut que la gauche se retrouve pour travailler sur le fond et dans la durée.
Nicolas Chapuis et Bastien Bonnefous
LE FIGARO – 23/02/2017
Fillon retourne sur le terrain pour parler du fond
REPORTAGE – Le candidat s’est rendu à Fontainebleau mercredi dans une maison de santé.
Au lendemain de la présentation de ses propositions concernant la santé devant la Mutualité française, François Fillon est allé visiter une maison de santé à Fontainebleau (Seine-et-Marne). Le candidat à la présidentielle a choisi de renouer avec les déplacements qu’il affectionnait pendant la primaire, en petit comité et sans la nuée de caméras qui l’entouraient depuis sa victoire fin novembre, surtout après les révélations du Canard enchaîné. «Une élection présidentielle, ce n’est pas une émission de téléréalité. Quand il y a autant de médias, les gens ne se livrent pas de la même manière», tranche son entourage.
Alors que certains déplacements ont été perturbés par des manifestants, ses conseillers rejettent l’idée d’un «candidat bunkerisé». «Pouvoir échanger une heure sur des sujets de fond, c’est pour lui une bouffée d’oxygène», avance un de ses proches. Accompagné seulement de deux journalistes, du Figaro et de la presse quotidienne régionale de l’Est, et de quelques élus (Éric Wœrth, Jean Leonetti, Bernard Debré) qui avaient travaillé sur ses propositions relatives à la santé, François Fillon a rencontré une dizaine de jeunes praticiens venus s’installer en Seine-et-Marne.
Très détendu et souriant, comme on ne l’avait plus vu depuis des semaines, sans réciter son programme mais se voulant à l’écoute de ses intervenants, le candidat a multiplié les questions à l’attention de ses interlocuteurs. «Pour vous, ce n’est pas seulement une mise en commun des moyens, c’est aussi une meilleure offre de soins?» a-t-il demandé à une jeune kinésithérapeute un brin intimidée.
La maison de soins universitaire ouverte il y a dix-huit mois regroupe médecins généralistes, orthophonistes, sages-femmes, infirmières, kinés… Sur une feuille jaune vif, François Fillon prend des notes. Il s’intéresse particulièrement à la cohabitation entre maison de santé et hôpital sur un même territoire. L’existence de la première fait-elle diminuer la fréquentation des urgences? interroge-t-il. Dans le débat de l’entre-deux-tours de la primaire face à Alain Juppé, François Fillon estimait que «créer un maximum de maisons de santé» permettrait de «décharger l’hôpital de missions qu’il accomplit aujourd’hui».
Table ronde
Ses interlocuteurs à Fontainebleau sont moins catégoriques. «Il y a un problème d’éducation de la population, en particulier jeune, qui veut tout maintenant et tout de suite, mais seulement quand elle a le temps…», lui répond un des professeurs de médecine présents à la table ronde. «30 % à 40 % des patients qui viennent aux urgences n’ont même pas appelé leur médecin», poursuit le professeur Renard. «Avec une maison de santé, il y a progressivement un phénomène d’éducation à la santé, mais ça prend du temps», explique le Dr Sophie Brossier, à la tête de la maison de santé.
Le candidat s’intéresse aussi à la désertification médicale. «On perd 75 médecins par an en Seine-et-Marne, on n’en récupère que la moitié», assure un médecin. «On a dit qu’on voulait régionaliser le numerus clausus, la rencontre m’a conforté dans cette idée, confie le candidat, même s’il y a un débat sur l’ajuster ou pas.»
Autour de la table ronde, les sigles et termes techniques se multiplient. «Moi j’ai tout compris», fanfaronne François Fillon à l’issue de la rencontre. Pour le candidat de la droite, «la réorganisation de notre système de santé passe par les médecins généralistes. Ils doivent redevenir le maillon central de notre système de santé», indique-t-il. «Pendant trois ans, j’ai tourné dans toute la France et dans tous les sens, je me suis rendu compte qu’énormément d’initiatives étaient bridées ou rendues impossibles par les contraintes et les normes. Or je suis frappé de voir qu’il peut y avoir plein de modèles de maison de santé. Mais il faut laisser une immense liberté aux médecins pour s’organiser, souligne-t-il. Dès qu’on peut redonner de la liberté, de la responsabilité,ça marche mieux.»
::: INTERNATIONAL
LE POINT – 23/02/2017
Terrorisme : Paris et Berlin veulent revoir l’espace Schengen
Les contrôles aux frontières peuvent être prolongés pendant deux ans.
Les ministres de l’Intérieur français et allemand ont écrit à la Commission européenne pour témoigner de la « nécessité de procéder à la révision du Code ».
Paris et Berlin demandent des comptes à l’Europe concernant l’espace Schengen, dans un contexte tendu pour ces deux pays touchés par des attentats. La France et l’Allemagne ont exhorté la Commission européenne à réviser le Code Schengen afin de mieux tenir compte de la menace terroriste, selon une lettre commune que l’Agence France-Presse a pu consulter. « La persistance de la menace terroriste et l’efficacité des contrôles actuels aux frontières intérieures témoignent de la nécessité de procéder à la révision du Code frontières Schengen […] en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure », écrivent les ministres de l’Intérieur Thomas de Maizière et Bruno Le Roux.
La lettre, écrite de Berlin et datée de lundi, est adressée principalement au Premier vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans, et à ses collègues chargés de la Migration et de la Sécurité, respectivement Dimitris Avramopoulos et Julian King. Les deux ministres allemand et français souhaitent que les contrôles soient rétablis pour « des durées supérieures à celles prévues actuellement », et que les conditions d’exercice des contrôles en dehors d’une période de rétablissement soient « assouplies ». La France a reçu le feu vert pour un rétablissement de contrôles à ses frontières jusqu’à la mi-juillet pour cause de menace terroriste persistante.
Durée maximale de deux ans
Berlin, de son côté, a déjà annoncé son intention de justifier à l’avenir ses contrôles aux frontières – temporairement rétablis à la suite de la crise migratoire – par la menace terroriste, à l’image de ce que fait Paris. Selon les règles actuelles, la durée maximale pour appliquer les contrôles en vertu de la menace terroriste est de deux ans. Le couple franco-allemand demande également à la Commission d’aller plus loin que le projet actuel de l’exécutif européen de système d’entrée et sortie de l’UE et d’inclure dans la liste des voyageurs, dont la trace est enregistrée, les ressortissants européens et ceux de pays tiers en long séjour. L’objectif est d’« identifier les trajets et filières de combattants étrangers », partant combattre en Irak et en Syrie, à travers un nouveau répertoire central.
LE FIGARO – 23/02/2017
Syrie : les acteurs de la crise de retour à Genève
Qtaffan de Mistura, envoyé spécial de l’ONU en Syrie (à gauche), et Serguei Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, à Moscou, le 16 février,
où ils se sont rencontrés en prévision des négociations intersyriennes prévues ce jeudi, à Genève
Les délégations des deux camps rivaux en Syrie ouvrent jeudi de nouvelles discussions, sous l’égide de l’ONU, pour tenter de mettre un terme à six années de conflit meurtrier. Ces nouvelles négociations sont un test pour la relation Trump-Poutine.
C’est la quatrième fois que l’ONU tente de forcer la paix en Syrie en organisant des négociations. Mais le nouveau volet diplomatique qui s’ouvre jeudi à Genève entre les représentants du régime et de l’opposition est porté par une configuration radicalement différente. Le retrait américain du Moyen-Orient amorcé par Barack Obama et l’effacement des Européens, qui n’ont plus les leviers nécessaires pour influencer le conflit, ont créé un vide qui a été comblé par les puissances régionales. La Russie, l’Iran et la Turquie ont repris en main le dossier syrien. D’abord en intervenant militairement au sol, puis en imposant un cessez-le-feu entre l’armée et les groupes rebelles, le 30 décembre. Enfin en organisant, à Astana au Kazakhstan, des discussions réunissant pour la première fois des représentants du régime et une petite délégation rebelle.
Les pourparlers d’Astana, dans lesquels les États-Unis n’ont pas été impliqués, n’ont débouché sur aucune percée majeure. Mais ils ont officialisé le rôle des trois nouveaux parrains du dossier syrien. Ils ont aussi «beaucoup aidé» pour organiser de nouvelles négociations de Genève. C’est en tout cas ce que pense Staffan de Mistura, l’envoyé spécial de l’ONU en Syrie. «Le nouveau cessez-le-feu a davantage de chances de tenir que les autres, car les pays qui le garantissent ont des atouts sur le terrain, leurs militaires au sol qui peuvent agir auprès des uns et des autres», a affirmé l’envoyé spécial de l’ONU en Syrie à la Conférence sur la sécurité de Munich. L’intervention russe en Syrie, puis le rapprochement diplomatique entre Moscou et Ankara ont «changé la donne», explique de Mistura. Il estime qu’il faut «soutenir la realpolitik lorsqu’elle va dans le bon sens». Pour autant et malgré son optimisme irréductible, l’envoyé spécial de l’ONU ne se «berce pas d’illusions» sur les chances d’aboutir à une solution.
Comme à chaque veille de négociations, l’armée syrienne a intensifié ses bombardements, menaçant ainsi de saboter l’initiative diplomatique. «Aucun cessez-le-feu ne peut durer sans solution politique», prévient en outre Staffan de Mistura. Et celle-ci ne se profile pas encore à l’horizon. Le sort de Bachar el-Assad divise toujours les protagonistes. Sa tête est réclamée par l’opposition. Mais le président syrien est en position de force et n’a aucune intention de faire des concessions. Avec l’aide de la Russie et de l’Iran, le régime a repris Alep, le fief de l’opposition, dans le nord du pays.
Inconnue américaine
La rébellion s’est réduite comme une peau de chagrin. Elle a en outre perdu l’un de ses principaux soutiens, la Turquie, qui, en se rapprochant de Moscou, a dû réviser sa politique syrienne. «Que vous le vouliez ou non, Bachar est toujours là. La coalition a totalement échoué en Syrie. Son seul propos fut de réclamer le départ du président syrien. Mais pour le remplacer par qui? Par le chaos?» s’insurge Konstantin Kosachev, le chef de la commission des affaires étrangères du Conseil de la Fédération russe. La question de la transition politique ne devrait pas être abordée directement à Genève, où les discussions concerneront les trois piliers de la résolution 2232, une gouvernance inclusive, une nouvelle Constitution et des élections supervisées par l’ONU. Mais elle sera dans toutes les têtes.
Et puis, il y a aussi l’inconnue américaine. Ajoutée à la poursuite de la violence et au fossé qui sépare les belligérants, l’incertitude sur les intentions du nouveau président hypothèque sérieusement les chances de réussite des pourparlers de Genève. «Où sont les États-Unis? Je ne peux pas vous le dire car je l’ignore», affirme Staffan de Mistura. L’envoyé spécial du président américain pour la coalition anti-Daech, Brett McGurk, peut lui fournir une réponse: «Nous sommes devenus une balle de ping-pong pour les Russes et les Turcs», regrette-t-il à Munich.
L’effacement américain a été amorcé sous la précédente Administration. «Barack Obama a fait une grosse erreur: il a voulu s’opposer à Bachar politiquement, sans utiliser la force militaire et affronter Daech militairement, sans proposer de solution politique», poursuit Brett McGurk. Sera-t-il confirmé ou infirmé par Donald Trump? Comme le dit Kenneth Roth, le chef de l’organisation Human Rights Watch: «Que Dieu vienne en aide aux Syriens s’il faut attendre que Trump donne une solution!»
Vous souhaitant une bonne journée.
Cordialement,
Elena NATALITCH
Service Presse, Communication / Formation
251, bd Pereire – 75852 PARIS Cedex 17
Tél. : 01 40 55 12 43
Fax : 01 40 55 12 40
https://www.facebook.com/medef.idf
ftpAME2017-09-19T13:35:41+02:00Mots-clés : Actualité, banque de France, MEDEF, Revue de Presse|
::: ILE-DE-FRANCE
GRAND PARIS METROPOLE – 22/02/2017
Direct live de la Métropole du Grand Paris ce 22 février
La Métropole du Grand Paris cherche à accroitre sa visibilité auprès des citoyens. Ce mercredi 22 février, son président Patrick Ollier accompagné de Manuel Aeschlimann, vice-président à la Communication et à l’Information citoyenne, donnent donc rendez-vous aux habitants de la métropole dans un live en direct de la MGP.
L’émission est à suivre en ligne à partir de 18h00 sur http://www.metropolegrandparis.fr/directmetropole .
Vous pouvez dès à présent poser vos questions dans un formulaire dédié.
LA CROIX – 21/02/2017
Grand Paris : « Une quarantaine de chantiers vont être engagés dans les prochains mois »
Philippe Yvin, le président du directoire de la Société du Grand Paris, explique les particularités de ce projet hors normes.
Au total, 200 km d’infrastructures de transport doivent être construites autour de Paris, avec notamment quatre nouvelles lignes de métro, pour un budget d’une trentaine de milliards d’euros.
La Croix : Peut-on dire que 2017 est l’année du démarrage du Grand Paris ?
Philippe Yvin : Les équipes travaillent déjà sur les différents projets depuis plusieurs années. Mais pour le grand public, les travaux vont commencer à prendre forme cette année. En tout, une quarantaine de chantiers vont être engagés dans les Hauts-de-Seine et dans le Val-de-Marne au cours des prochains mois, avec des événements symboliques comme la mise en route des premiers tunneliers.
Nous sommes dans une phase de montée en puissance. L’an prochain, trois nouvelles lignes de métro seront en construction. Il y a longtemps que l’on n’avait pas connu cela en Île-de-France. Au cours des quinze dernières années, seulement dix kilomètres de lignes nouvelles ont été créés.
En novembre, vous avez signé une charte avec la Fédération nationale des travaux publics pour que les chantiers soient exemplaires. En quoi cela consiste ?
Le deuxième point essentiel est d’intégrer ces chantiers dans la vie économique. L’objectif est de favoriser l’emploi local et l’insertion des jeunes.
L’accent est également mis sur les PME, à qui nous réserverons 20 % du montant des travaux. Pour les travaux qui se font en souterrain, il n’y a quelques grands groupes à pouvoir les faire. Mais pour le reste, personne ne comprendrait que les PME soient écartées.
Nous allons suivre cela très sérieusement avec la mise en place d’un observatoire qui nous permettra d’avoir en temps réel un tableau de bord de la situation et de pouvoir piloter au mieux les besoins de formation.
La Société du Grand Paris démarre cette année ses premiers emprunts. Craignez-vous la hausse des taux d’intérêt que se profile ?
Au total, la Société du Grand Paris devrait emprunter environ 25 milliards d’euros pour des durées de quarante ans, avec la garantie de l’État.
Recueillis par Jean-Claude Bourbon
LE PARISIEN – 22/02/2017
Bagneux : le Grand Paris Express se plie en quatre pour ne pas (trop) gêner
Bagneux, ce mardi. Le préfet Pierre Soubelet, ici avec Marie-Hélène Amiable, a visité le chantier de la gare du Grand Paris Express.
Les choses sérieuses commencent. Ce mardi, le préfet des Hauts-de-Seine, Pierre Soubelet, a visité le chantier de la gare de Bagneux de la ligne 15 sud du Grand Paris Express. Une visite loin d’être anodine puisqu’il vient tout juste de signer le permis de construire de la gare. Cette signature marque le début des grands travaux de cette gare, qui sera aussi reliée à la future station de la ligne 4. Mais aussi l’arrivée de nouvelles nuisances pour les riverains. Première étape en mars avec l’installation du puits du tunnelier dans le parc Robespierre suivie du comblement des carrières à partir de mai. La Société du Grand Paris (SGP), qui gère les travaux, a mis en place plusieurs mesures pour tenter d’atténuer les gênes liées au chantier.
Des réunions régulières
Des comités de suivi, qui regroupent riverains, élus locaux et acteurs du projet, sont organisés tous les 2 à 3 mois. « Il n’y a aucune censure, les gens peuvent nous faire part de tous leurs problèmes », affirme Isabelle Rivière, la directrice des relations territoriales à la SGP. Le prochain comité sera organisé en mars. Le reste du temps, les habitants peuvent se rendre à la maison des projets, installée au 28, rue Henri-Barbusse, et ouverte tous les jours. « Trois agents de la ville sont présents quotidiennement, explique Marie-Hélène Amiable, la maire (PCF). Des permanences de la RATP et de la SGP sont aussi mises en place. »
Un agent de proximité dans les rues
Si vous ne venez pas à elle, c’est elle qui pourra venir à vous. Laëtitia Haddad est l’agent de proximité de la SGP pour la gare de Bagneux. « Elle est nos yeux et nos oreilles, sourit Isabelle Rivière. Chaque semaine, elle nous fournit des rapports sur ce qu’elle a entendu sur le terrain et on prend les mesures adéquates pour remédier aux problèmes qu’elle nous relaie. » Un numéro de téléphone lui a été attribué (06.68.85.05.81). Vous pouvez aussi poser vos questions sur la page web : contact.societedugrandparis.fr
Des solutions trouvées au cas par cas
« Nous pouvons indemniser les commerçants impactés par les travaux, souligne Isabelle Rivière. Il leur suffit de remplir un dossier. » Les particuliers peuvent également être accompagnés pendant la durée des travaux. Comment ? « On peut notamment mettre en place des portages de repas pour ceux qui en ont besoin. Des hommes-trafic aideront aussi les passants à traverser les rues impactées », liste la directrice des relations territoriales. Les appartements trop touchés par le bruit des pelleteuses peuvent aussi être équipés de double vitrage, sur demande.
Des travaux moins bruyants
La SGP entend aussi réduire les nuisances sur le chantier lui-même. « On va installer un hangar insonorisé dans le parc Robespierre où sera construit le puits du tunnelier et où les chariots pourront déposer la terre rapportée du sous-sol, explique Jack Royer, le chef de projet pour la SGP à Bagneux. Cela permettra aussi d’éviter les propagations de poussière ». Des écrans acoustiques mobiles seront également placés aux endroits les plus sensibles et pourront être déplacés pendant le chantier. « Le bip qu’émettent les camions lorsqu’ils reculent sera aussi atténué », confie Isabelle Rivière.
La gare de Bagneux en chiffres :
2022 : date de mise en service
60 000 voyageurs par jour attendus
33 m de profondeur
3 minutes 30 pour sortir de la gare
2 minutes 30 pour rejoindre la ligne 4
Maison des projets, au 28, avenue Henri-Barbusse à Bagneux. Ouverte le lundi et mercredi de 9 heures à 12 heures, le mardi de 16 h 30 à 19 h 30, le jeudi de 14 à 17 h 30 et le vendredi de 14 heures à 17 heures.
Laëtitia Haddad, agent de proximité joignable au 06.68.85.05.81 ou sur le site : contact.societedugrandparis.fr
Ariane Riou
LES ECHOS – 22/02/2017
Le premier immeuble-pont au-dessus du périphérique
Situé au-dessus du boulevard circulaire, entre la porte Maillot et la porte des Ternes, le terrain dit « Pershing » se transformera en 2022 en une mini-ville végétalisée.
A l’horizon de 2022, un immeuble-pont se dressera au-dessus du périphérique. Entre la porte Maillot et la porte des Ternes dans le XVIIe arrondissement, une skyline verte marquera l’entrée dans Paris. Près du Palais des Congrès, le projet Mille Arbres, vainqueur du concours « Reinventer Paris » et adopté par le Conseil de Paris fin 2016, a pour ambition de « remettre la nature au coeur de la ville », comme l’explique son architecte, Manal Rachdi de l’agence OXO, qui travaille en duo avec le Japonais Sou Fujimoto. « En proposant notre projet à la Ville de Paris, nous voulions investir l’ensemble du site et proposer un seul et même bâtiment qui s’appuyait sur le boulevard Pershing mais aussi sur le pont qui enjambe le périphérique », explique-t-il. Le terrain actuel abrite un parking de 6.450 m² destiné aux autocars (dont une partie assure la liaison vers l’aéroport de Beauvais). Le projet devait inclure une gare routière. Elle sera située au sous-sol, sur 1.800 m2 et dotée de toutes les fonctionnalités.
Un food-court dessiné par Starck
Au-dessus, 1.000 arbres adaptés à la faune francilienne seront plantés, répartis entre la forêt en toiture et le parc au premier niveau. Venus de pépinières françaises et étrangères, ils constitueront l’écrin de verdure qui abritera un immeuble sur 7 étages de 127 logements (50 % en accession à la propriété, 30 % de logements sociaux, 20 % de logements sociaux intermédiaires – PLAI). Il y aura également 27.000 m² de bureaux et un hôtel 4 étoiles de 250 chambres. A tout cela s’ajoute un pôle enfance avec deux crèches de 60 berceaux et un espace de jeux couvert.
« Un food-court de la grande gastronomie française viendra pallier le manque d’offre de restauration à côté du Palais des Congrès », s’enthousiasme Manal Rachdi, qui travaillera avec Philippe Starck.
Pour imaginer un projet d’habitation au-dessus du périphérique, il était nécessaire de prendre en compte les nuisances sonores et la pollution. « Nous prévoyons que le périphérique sera plus silencieux dans une quinzaine d’années grâce au travail prévu par la Ville de Paris sur le bitume mais aussi avec l’essor des véhicules électriques et hybrides », estime Manal Rachdi. L’architecte affirme s’être inspiré des expériences de Tokyo qui a déjà utilisé ces nouveaux revêtements de route. « La couverture du périphérique permettra de générer du foncier là où il n’y en a pas et d’effacer la frontière entre Paris et sa banlieue », poursuit-il. Coté promoteur, OGIC et La Compagnie de Phalsbourg sont aux manettes. Les investissements devraient atteindre 550 millions d’euros.
À noter
Les permis de construire seront déposés à l’été 2017 pour une livraison en 2022.
Lamia Barbot
LA TRIBUNE – 21/02/2017
Paris et l’Île-de-France ont perdu 1,5 million de touristes en 2016
La fréquentation des musées et monuments franciliens a elle été « mitigée » en 2016.
La région Paris Île-de-France a perdu 1,5 million de touristes en 2016 suite aux attentats, les visiteurs chinois et japonais ayant notamment fait défaut, a annoncé mardi le Comité régional du Tourisme. Le manque à gagner en termes de consommation touristique est estimé à près de 1,3 milliard d’euros, selon le bilan annuel du CRT.
« Avec près de 31 millions d’arrivées hôtelières au cours de l’année 2016, la fréquentation touristique de la destination Paris Île-de-France est en baisse de 4,7% par rapport à 2015 du fait de la baisse des clientèles internationales (-8,8%)« , indique-t-il. Le nombre de touristes français est pour sa part resté quasi stable (-0,8% à 16,7 millions).
Baisse « moins importante que prévue »
En comptabilisant les nuitées hôtelières (soit le nombre de nuits passées) – et non pas les arrivées hôtelières (comptées une seule fois quelle que soit la durée du séjour) – la baisse sur un an atteint 7,2%, et même 10,8% s’agissant uniquement des étrangers. La Chine est en recul de 21,5%, avec une perte de 268.000 visiteurs, suivie par le Japon (-41,2%, soit 225.000 touristes en moins), l’Italie (-26,1 %, soit 215.000 touristes) et la Russie (-27,6%, soit -5.000 touristes).
Le CRT estime que les Américains – premier contingent de visiteurs dans l’Hexagone – ont été « peu impactés », avec une perte de 100.000 visiteurs en 2016, soit un recul de 4,9%. « Au total, les hôteliers franciliens ont ainsi accueilli 1,5 million de touristes français et internationaux en moins par rapport à 2015, soit une baisse moins importante que prévu« , estime le CRT Paris Île-de-France.
La Tour Montparnasse ne fait plus recette
Il met en effet en avant « l’excellente fréquentation en novembre et surtout durant les fêtes de fin d’année« , qui ont « permis de combler une partie du retard accumulé depuis le début de l’année« . « Rare constat positif« , le tourisme d’affaires est en forte progression par rapport à 2015, avec un nombre de nuitées « supérieur » aux années record de 2011 et 2012.
La fréquentation des musées et monuments franciliens a elle été « mitigée » en 2016: grâce à « une belle programmation », certains sites ont su tirer leur épingle du jeu comme le Centre Pompidou avec +9% par rapport à 2015.
A contrario, d’autres sites « ont fortement subi la désaffection des touristes et l’annulation des déplacements des groupes scolaires » comme la Tour Montparnasse (-32%), l’Arc de triomphe (-24%), les musées du Louvre (-13,3%) et d’Orsay (-12,9%), le château de Versailles (-9,8%) ou encore Disneyland Paris (-9,5%).
::: ECONOMIE
LE FIGARO – 22/02/2017
Prélèvement à la source: le «plan B» du Medef
L’organisation patronale propose de ponctionner le compte en banque des contribuables.
Les entreprises ne veulent décidément pas entendre parler du prélèvement à la source. Depuis que les grandes lignes de la réforme ont été présentées en février 2016, le patronat rue dans les brancards. Il ne veut pas que les entreprises prélèvent l’impôt sur le revenu sur les salaires de ses équipes, pour le reverser ensuite au fisc. Mardi, le Medef est toutefois passé de la critique à la proposition. Et s’est dit favorable à une retenue mensuelle, obligatoire et «contemporaine», sur le compte en banque du contribuable.
La solution envisagée par Bercy est une «usine à gaz», critique l’organisation présidée par Pierre Gattaz. À partir du 1er janvier prochain, l’entreprise recevra de l’administration un taux de prélèvement à appliquer sur chacun des salaires de ses employés. Avantage, le montant d’impôt varie automatiquement et en temps réel en fonction des revenus. Les entreprises, elles, retiennent surtout qu’elles joueront le rôle de collecteur d’impôt. Pire, si elles faillissent, elles devront payer des pénalités.
Une solution plus simple
Sans surprise, la droite et le patronat n’y voient que des inconvénients. «Le Medef n’a pas de position politique sur le sujet, insiste Geoffroy Roux de Bézieux, son vice-président délégué en charge de la fiscalité. Nous nous en sommes saisis parce que les réactions de nos antennes locales étaient unanimes: le prélèvement à la source sera un vrai casse-tête pour les PME.» Leurs craintes? Outre des complications administratives, que les salariés viennent se plaindre auprès de leur employeur en raison de la baisse de leur salaire net après le premier prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu.
Le Medef a donc imaginé une solution, la plus proche possible de celle du gouvernement… mais sans que l’entreprise ait à jouer le rôle de collecteur d’impôt. Il propose que le fisc prélève lui-même l’impôt sur le compte en banque du contribuable. Et ce, de façon «contemporaine». D’abord, parce que le contribuable pourrait demander de modifier les prélèvements si ses revenus évoluent. Ensuite, parce que le Medef ne remet pas en cause le fait que 2017 soit une «année blanche». Les Français ne seront en effet pas imposés sur leurs revenus courants cette année pour éviter d’être taxés deux fois l’année prochaine: sur leurs revenus de 2018 et sur ceux de 2017. «Notre solution est simple, opérationnelle et permet au futur gouvernement de n’avoir qu’à appuyer sur un bouton pour la lancer», résume Geoffroy Roux de Bézieux. Bercy avait envisagé cette piste, parmi d’autres, avant de l’écarter lors de ses travaux préliminaires. Contrairement à la retenue à la source, «cette solution ne permet pas de tenir compte de manière immédiate et automatique des variations de revenus», rapporte l’administration fiscale dans l’étude d’impact publiée à l’automne 2016. Il ne s’agirait donc que «d’une réforme a minima».
Le «plan B» du Medef pourrait toutefois retenir l’attention de l’équipe de François Fillon. Le candidat LR à la présidentielle a déjà promis qu’il reviendrait sur la réforme du prélèvement à la source. «Il n’est pas question de prendre le risque de voir descendre dans la rue, en janvier 2018, des milliers de contribuables en colère parce que leur salaire est directement amputé par les impôts», assène Gilles Carrez, le président de la commission des finances de l’Assemblée et membre de l’équipe de campagne de François Fillon.
Reste que le candidat LR n’a pas tranché sur ce qu’il va proposer à la place du prélèvement à la source. L’acompte contemporain poussé par le Medef est envisagé. Mais l’ancien ministre du Budget, Éric Woerth, propose que l’entreprise envoie le montant du salaire au fisc, qui se chargerait ensuite de faire la ponction sur le compte en banque des contribuables. Le Medef est séduit, mais ne l’envisage «pas possible avant 2019», le temps de s’assurer que les échanges d’informations avec Bercy fonctionnent parfaitement.
L’OPINION – 22/02/2017
Impôt à la source: le coup de gueule du Medef
Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président délégué du Medef : « C’est le grand oublié des programmes économiques. À l’exception de François Fillon qui a promis de le supprimer, aucun des autres candidats ne mentionne le prélèvement à la source. »
Les entreprises craignent de devoir jouer les agents du fisc
Le patronat est toujours vent debout contre le modèle de prélèvement à la source présenté par le gouvernement. Il refuse d’être le collecteur de l’impôt et propose de placer le contribuable au cœur du système.
Le Medef ne baisse pas la garde. Alors que le secrétaire d’État au Budget Christian Eckert multiplie les déplacements en province pour expliquer le nouveau système de prélèvement à la source qui, sauf modification du prochain gouvernement, entrera en vigueur le 1er janvier prochain, l’organisation patronale veut faire entendre une autre voix dans la campagne présidentielle. « C’est le grand oublié des programmes économiques. À l’exception de François Fillon qui a promis de le supprimer, aucun des autres candidats ne mentionne le prélèvement à la source », déplore le vice-président délégué du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux.
L’organisation patronale n’en démord pas : pas question de faire de l’employeur le collecteur de l’impôt. Les entreprises craignent de devoir jouer le rôle d’agent du fisc en lieu et place de l’administration. Les patrons craignent les réactions des salariés le jour où ils verront leur salaire net amputé de quelques dizaines, centaines ou milliers d’euros. « Cela pèsera nécessairement dans les négociations salariales », souligne Geoffroy Roux de Bézieux. Il est certains que le passage au prélèvement à la source créera quelques remous au sein des entreprises. Mais à Bercy, on assure que toutes les demandes seront transférées vers l’administration fiscale.
Une autre voie. Pour autant, si le Medef dénonce aussi la complexité et le coût du système – il va falloir payer les éditeurs de logiciels, payer les formations… – l’organisation patronale n’est pas contre l’idée d’un prélèvement contemporain de l’impôt. Bien au contraire. « Supprimer le décalage entre le moment où l’on touche ses revenus et le paiement de l’impôt, un an plus tard, permet de libérer une partie de l’épargne de précaution que se constituent les ménages », explique Michel Taly, avocat associé du cabinet Arsene Taxand. Une bonne chose pour l’économie. Pour le Medef, c’est donc « oui au prélèvement contemporain, non au prélèvement par l’employeur », comme le résume d’une formule le vice-président de l’organisation.
Pour cela, la contrainte la plus importante est la mise en place d’une année de transition, faussement intitulée « année blanche », durant laquelle les revenus ne sont pas taxés. C’est le cas pour 2017. Le Medef propose donc de conserver cette opportunité. Mais plutôt que de faire en sorte que l’administration envoie chaque mois un taux d’imposition à l’employeur, à qui il revient de ponctionner le salaire du contribuable, le Medef propose de renverser la logique en mettant le contribuable au cœur du dispositif et non l’entreprise. À ce dernier de déclarer son niveau d’imposition et de le faire varier en cas de modification de son niveau de revenu. Une souplesse qu’offre déjà le système actuel puisque les contribuables mensualisés peuvent facilement modifier le montant des sommes versées chaque mois. Une logique qui transfère la responsabilité du paiement de l’entreprise, déjà soumise à de lourdes contraintes administratives, au contribuable payeur. Une alternative jugée crédible par le Conseil des prélèvements obligatoires dans un rapport de février 2012.
LA TRIBUNE – 22/02/2017
Emploi : la fracture territoriale se creuse
D’ici 2022, 85% des ingénieurs en informatique, 75% des professionnels de l’information et de la communication et 69% des postes de personnel d’études
seront créés dans les grandes métropoles souligne une étude de France Stratégie sur les inégalités territoriales en matière d’emploi.
A elles seules, la douzaine de métropoles concentrent 46% des emplois, dont 22% à Paris d’après une étude de France Stratégie.
Les créations d’emplois en France se concentrent depuis une dizaine d’années sur les aires urbaines de plus de 500.000 habitants, positionnées sur les métiers les plus dynamiques, notamment de cadres, au détriment des villes petites et moyennes, selon une étude de France Stratégie parue mardi 21 février.
Les métropoles représentent la majorité des emplois
La douzaine de métropoles régionales rassemblent près de 46% des emplois, dont 22% pour Paris et 24% en province. De 2006 à 2013, c’est dans ces aires urbaines de plus de 500.000 habitants que se sont concentrées les créations d’emplois alors que les villes moyennes, les petites villes et les communes isolées ont subi des pertes, observe l’organisme placé auprès du Premier ministre.
Cette évolution est « inédite » depuis 1968: la croissance de l’emploi profitait à l’ensemble du territoire jusqu’en 1999, puis les territoires se sont de plus en plus différenciés, et entre 2006 et 2013, les écarts se sont creusés, analyse France Stratégie.
La concentration des emplois cadres
Cette « métropolisation », qui « devrait se poursuivre », est principalement liée à une concentration des emplois de cadres dans les métropoles, positionnées sur des « métiers structurellement dynamiques », aux tâches « non répétitives » et à « fort potentiel de créations d’emplois d’ici 2022 » (85% des ingénieurs en informatique, 75% des professionnels de l’information et de la communication, 69% du personnel d’études).
A cela s’ajoute un « effet local »: pour un métier donné, la croissance y est supérieure au reste du pays. Le nombre de cadres y croît davantage, mais aussi les métiers industriels, qui résistent mieux qu’ailleurs.
Toulouse, Montpellier ont créé de nombreux emplois
Cet effet est néanmoins inégal: de 1999 à 2013, les métropoles de Toulouse, Montpellier, Nantes, Rennes, Bordeaux et Lyon ont créé de nombreux emplois mais Lille et Strasbourg moins, et Rouen en a perdu. Et Paris a enregistré ces dernières années une dynamique beaucoup moins favorable qu’en province.
A contrario, les villes petites et moyennes sont plus positionnées sur des métiers en perte de vitesse (ouvriers, employés, agriculteurs). Les aires urbaines de moins de 100.000 habitants et les aires moyennes subissent aussi des « dynamiques négatives », et l’impact de la désindustrialisation y est plus fort qu’avant.
Cette surreprésentation des métiers fragiles « sera source de diminutions d’emplois et de reconversions professionnelles imposées par les mutations économiques », anticipe l’étude, qui prévient: « Le risque qui pèse sur ces territoires est d’autant plus élevé que les personnes exerçant des métiers fragiles ont une mobilité géographique généralement faible ».
Quant aux communes isolées, si elles souffrent d’une baisse de l’emploi dans les métiers agricoles et ouvriers, l’effet local y est positif: les métiers industriels résistent mieux, les professions de santé et artistiques s’y développent plus.
LES ECHOS – 22/02/2017
Les embauches de cadres vont retrouver leur niveau d’avant la crise
Les entreprises anticipent au moins 208.000 recrutements de cadres cette année.
Le millésime 2016 de l’emploi des cadres s’annonçait bon. Il a même été meilleur que prévu. Et celui de 2017 devrait être encore plus porteur. C’est ce que montre le baromètre annuel de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) publié ce mercredi et basé sur une enquête auprès de 11.000 entreprises. L’an dernier, le cap des 200.000 recrutements de personnel d’encadrement en CDI ou CDD d’au moins un an a été franchi. L’emploi des cadres a même vu pour la première fois depuis 2007 des recrutements légèrement supérieurs aux sorties (démissions, licenciements, départs à la retraite…), le nombre de promotions internes restant stables. Il y a eu 45.300 créations nettes de postes de cadre en 2016. C’est certes deux fois moins que lors du record de 2000, mais c’est autant qu’avant la crise des « subprimes ».
La situation devrait encore s’améliorer cette année. Le marché de l’emploi des cadres devrait retrouver au moins son niveau record de 2007, où 208.200 recrutements avaient été faits. « Tous les clignotants sont au vert, l’horizon est dégagé », résume Jean-Marie Marx, le directeur général de l’Apec, qui pointe toutefois le risque que représentent l’élection présidentielle, le Brexit ou la présidence Trump.
L’étude évalue entre 208.000 et 225.000 les embauches de cadres en 2017. Comme en 2016, selon les entreprises interrogées, les principaux bénéficiaires de cette nouvelle embellie seront les cadres ayant six à dix ans d’expérience. Mais les plus novices et les plus anciens aussi profiteront de l’amélioration. Seuls perdants : les seniors, au-delà de 20 ans d’expérience. La photographie ex post sera peut-être un peu différente de celle annoncée. Si les employeurs ont du mal à recruter, les plus jeunes et les plus âgés pourraient en bénéficier.
Prévisions positives
Ces tensions sur le marché de l’emploi des cadres ne toucheront bien sûr pas de la même manière tous les secteurs. Mais la tendance est à la hausse des recrutements partout. Dans les services, toujours les plus dynamiques, bien sûr mais aussi dans l’industrie, la construction et le commerce. Une analyse plus fine sur vingt-six secteurs montre qu’elle ne reste négative que dans quatre d’entre eux (bois-papier-imprimerie, distribution généraliste, activités associatives et communication-médias). Stables dans les transports-logistique et dans le caoutchouc-plastique, les prévisions d’embauche sont positives dans les dix-neuf autres secteurs, avec en pointe l’informatique-télécommunication. Révolution digitale oblige, côté fonctions aussi, l’informatique est en tête, avec 23 % des recrutements de cadres prévus. Si l’on y ajoute les deux suivantes – commercial-marketing et études-R & D -, cela représente près de six projets d’embauches sur dix.
Sur le plan géographique, aussi, les nouvelles sont bonnes. Selon l’Apec, l’an prochain, toutes les régions devraient être « bien orientées », en particulier Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine. Mais la palme en valeur absolue va continuer à revenir à l’Ile-de-France, qui a frôlé les 100.000 embauches en 2016.
Leïla de Comarmond
::: ENTREPRISES
LE FIGARO – 22/02/2017
Sous-traitance : la loi sur le «devoir de vigilance» des entreprises adoptée
L’Assemblée a voté définitivement, mardi, le texte qui impose aux grandes entreprises de prendre des mesures pour prévenir les manquements éthiques ou environnementaux de leurs sous-traitants. Les syndicats et ONG qui soutenaient cette loi se réjouissent, le patronat s’inquiète. Les parlementaires LR vont saisir le Conseil constitutionnel.
Bientôt quatre ans après le drame, au Bangladesh, du Rana Plaza, la pression de plusieurs syndicats, d’ONG et de frondeurs de gauche a poussé le gouvernement à, finalement, soutenir la proposition de loi sur le devoir de vigilance des sociétés mères. Porté par le député socialiste Dominique Potier, le texte a été adopté définitivement mardi à l’Assemblée, après deux lectures, des modifications et en dépit de l’opposition sénatoriale et patronale. Elle impose aux 150 entreprises employant de plus de 5000 salariés en France de mettre en place des plans de prévention, dits «de vigilance», pour prévenir les manquements éthiques ou environnementaux de leurs sous-traitants, aussi bien dans des pays lointains comme le Bangladesh ou le Cambodge qu’en Europe. En cas de non-respect, et après une mise en garde, les sanctions financières, pourront aller jusqu’à 30 millions d’euros pour la société mère. Trois fois plus que prévu à l’origine.
Seules les infractions aux critères établis dans le plan seront prises en considération afin d’éviter que les entreprises ne soient tenues responsables de toutes les dérives de leurs sous-traitants. Cette «vigilance» concerne le travail des enfants, la sécurité, la mise en place d’un système d’alerte pour que les salariés puissent signaler des dysfonctionnements. Les sanctions seront civiles et non pénales comme prévu dans une première version du texte. Mais chacun – particulier, association ou société – peut attaquer une entreprise.
«Sanctions excessives»
Les syndicats, dont la CFDT, et des ONG, comme Amnesty International, Éthique sur l’étiquette ou Sherpa, se réjouissent de cette loi. Mais les uns et les autres jugent l’amende maximale faible au regard des chiffres d’affaires des entreprises concernées. Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif Éthique sur l’étiquette, regrette aussi que «des entreprises aux effectifs inférieurs à 5000 salariés en France échappent à cette loi, qu’il aurait fallu appliquer à toutes. Des PME à risques, par exemple dans l’extraction pétrolière, ne sont pas concernées, c’est dommage.»
Du côté des entreprises, le montant des sanctions est jugé excessif. Plus gênant, c’est la judiciarisation même induite par la loi et les répercussions pour les PME qui hérissent le patronat, Medef en tête. À l’arrivée, les concessions faites pour que le texte soit adopté ne satisfont personne. «C’est une mauvaise réponse à une question importante, estime-t-on au Medef. Ce texte nuit à l’attractivité de la France et à la compétitivité de ses entreprises, aucun autre pays européen n’ayant voté une telle loi à ce jour. Il faudrait que ce débat ait lieu au minimum au niveau de l’Union européenne.» Justement, rétorquent les défenseurs de la loi. «Elle n’est qu’un début et pourra encourager d’autres pays à suivre cette voie», estime Nayla Ajaltouni.
À condition que le Conseil constitutionnel ne retoque pas la loi sur certains points. Chez les parlementaires, Les Républicains comptent déposer un recours. Parmi les moyens invoqués: les contours de la «responsabilité pour fait d’autrui» ne sont à leur sens pas assez précis. Le triplement de l’amende par rapport au montant initial pourrait aussi poser problème. De son côté, le Medef a écrit au Conseil constitutionnel afin d’alerter sur ce texte.
L’OPINION – 22/02/2017
Air France: hôtesses et stewards vent debout contre le projet de nouvelle compagnie
Les pilotes ont donné lundi leur feu vert au projet « Boost », la compagnie à bas coût d’Air France. Très opposés au projet, les navigants envisagent, eux, de lancer une grève
Une intersyndicale réunissant 8 syndicats de personnels de cabine s’est tenue mardi après-midi. Les représentants des navigants envisagent un mouvement de grève : ils estiment que la direction et les pilotes les prennent pour la « variable d’ajustement ». Dans un document interne que l’Opinion a pu consulter, le gain salarial que les pilotes obtiendront après leur accord sur Boost est estimé entre 4 et 10 %, en fonction des vols.
Très vite, les navigants ont tenu à exprimer leur mécontentement. Leurs syndicats se sont réunis sans tarder mardi pour échanger sur la meilleure façon de faire entendre leur opposition. Les discussions ont porté sur la tenue d’une grève. C’est le feu vert donné par les pilotes, lundi, à la création d’une nouvelle compagnie low-cost qui a mis le feu aux poudres. « Pour nous, Boost signifie la fin de notre métier ; si les pilotes s’étaient opposés, la direction aurait renoncé, mais maintenant, c’est fichu… », se désole une hôtesse, qui affiche vingt ans de maison et requiert l’anonymat. Elle regrette le temps béni « où les pilotes savaient défendre un collectif, faisaient corps avec les navigants, et ne pensaient pas juste à leurs privilèges ! »
Pour de nombreux stewards et hôtesses, les pilotes les ont vendus. La réponse positive qu’ils ont donnée au référendum organisé par le SNPL, leur principal syndicat, en est le signe évident. A la question « approuvez-vous l’externalisation d’une partie de l’activité et de la flotte long et moyen-courrier d’Air France dans une nouvelle structure ? », ils ont en effet dit « oui » à 58,1 %. Et ce, alors même que le bureau du SNPL s’était plutôt prononcé contre. Avec 73,8 % de participation, le syndicat n’a pas d’autre choix que de se rallier à cette consultation – sans aucune valeur juridique – mais assure toutefois qu’il ne faut pas prendre ce vote « pour un blanc-seing au projet général d’accord », Trust Together, dont Boost constitue le noyau dur. Le SNPL réclame d’ailleurs des garanties supplémentaires à la direction, d’ici le 24 février, date butoir pour donner leur accord au texte.
Référendum. Lundi, la direction a salué les résultats de ce référendum. Et pour cause. Pour lancer Boost, il lui faut absolument l’aval du SNPL (selon une disposition juridique historique). Aussi a-t-elle poussé un grand ouf de soulagement, mais s’est gardée de tout triomphalisme. Car si elle voit dans Boost le moyen de retrouver des marges de manœuvre, notamment sur la masse salariale, elle sait que la partie est loin d’être gagnée.
A terme, cette nouvelle compagnie doit assurer 20 % du moyen-courrier et 10 % des longs courriers. Les 28 avions qui y seront consacrés seront pilotés par des commandants, pilotes et copilotes Air France. Un contrat unique leur permet d’officier sur la compagnie historique et sur la nouvelle. Mais cette disposition n’est pas prévue pour les hôtesses et stewards. C’est bien là que ça coince. Pour Boost, les équipes de personnels de cabine (PNC) seront constituées par des recrutements extérieurs, payés 40 % moins cher. Pour l’UnsaPNC mais aussi le SnpPNC, qui à eux deux représentent près de 50 % des suffrages, Boost va « venir directement concurrencer les emplois, les conditions de travail et de rémunération à moyen terme [actuels] ». Un tract de l’UnsaPnc stipule : « Pas avant 4 à 5 ans, très certainement, le temps que la compagnie “jumelle” soit totalement opérante avec l’arrivée des avions nécessaires (A350), mais c’est la mort de notre métier. »
Si les navigants sont aussi amers, c’est parce qu’ils ont le sentiment d’être la variable d’ajustement de la compagnie. « Quand Air France perd un milliard, c’est 20 % d’efforts pour nous, quand elle gagne un milliard, c’est 40 % d’efforts supplémentaires pour le PNC », s’insurgent encore les syndicats. La fronde vient aussi après que les navigants ont déjà fait des efforts lors des précédents plans de redressement. Et alors même que les pilotes sont la catégorie qui a le moins souffert : 13 % de gains de productivité, contre 20 % pour les personnels au sol, et 19 % pour les PNC.
Gain salarial. Les « avantages » que la direction a offert aux pilotes ces derniers jours pour emporter leur adhésion à Boost ravivent l’impression du deux poids-deux mesures. Dans un document interne que l’Opinion a pu consulter, le gain salarial que les pilotes obtiendront est estimé entre 4 et 10 %, en fonction des vols. Outre cet intéressement sur leur rémunération, les pilotes ont aussi obtenu plusieurs petits plus non négligeables, comme la mise à disposition d’un téléphone portable pour chacun, le lancement d’un groupe de travail afin de trouver le moyen d’accéder positivement aux demandes de congés, ou encore le remplacement progressif sur moyens courriers de leur vulgaire cassolette équipage par des plateaux-repas Business…
Les huit syndicats de navigants vont se tourner ces prochains jours vers leurs adhérents. Mais l’idée d’une grève est clairement sur la table. La semaine dernière, la présentation des résultats annuels d’Air France-KLM a rappelé combien la situation sociale en France pesait sur les comptes. Les bons chiffres de l’année 2016 sont dus aux deux tiers aux bénéfices de la compagnie néerlandaise ! En 2016, Air France a connu plusieurs mouvements de grève, pour une facture de plus de 130 millions d’euros.
LES ECHOS – 22/02/2017
Nissan teste la colocation automobile à Paris
Le constructeur lance une offre permettant à plusieurs personnes de partager l’usage d’une Micra.
L’objectif est de s’insérer sur le marché des nouveaux services de mobilité.
La colocation est-elle compatible avec l’automobile ? Nissan le pense, et a lancé ce mardi une offre d’un genre inédit, baptisée « Get & Go Micra », qui permet à plusieurs automobilistes de partager l’usage d’une Micra – une citadine comparable à une Clio. Accessible pour l’instant à Paris uniquement – la France est le pays pilote – et dans les départements voisins, le service se veut 100 % numérique (tout est pilotable via une application de smartphone). Après s’être inscrit, l’usager se voit proposer, via une plate-forme logicielle mise en place par RCI Banque – filiale de Renault, allié de Nissan -, une liste de colocataires potentiels proches de chez lui et affichant des besoins horaires complémentaires (usage le matin plutôt que l’après-midi, la semaine plutôt que le week-end…).
De quoi former un groupe d’utilisateurs, qui peut compter jusqu’à cinq membres. « Plus on est nombreux, plus le prix par tête baisse », indique Bernard Loire, le patron des ventes de Nissan pour l’Europe de l’Ouest. Ainsi, pour une Micra partagée par quatre automobilistes et roulant à hauteur de 15.000 km à l’année, le prix par tête – assurance et entretien inclus – est de 87 euros par mois sur un an (la durée de l’engagement). « Au global, en intégrant le carburant et les frais de parking, on arrive sur un budget individuel moyen de 1.700 euros par an. Contre 2.500 euros pour un service équivalent d’autopartage et 3.500 euros pour de la location courte durée », assure Bernard Loire.
Côté carburant, une carte essence est fournie pour payer sans avancer d’argent, avec une facturation individuelle, en fonction du nombre de kilomètres parcourus par chaque utilisateur. Côté parking, soit l’un des colocataires dispose d’une place à partager, soit les colocataires s’arrangent pour payer un parking commun.
Complémentarité des loueurs
Séduisante sur le papier, la solution devra convaincre dans la vie de tous les jours. Sera-t-il si facile pour les utilisateurs d’avoir des besoins totalement complémentaires et de conserver une certaine flexibilité d’usage au quotidien ? La question du tarif, très variable selon le nombre de colocataires et les frais de parking, sera un enjeu clef. Roulant en thermique – essence ou diesel -, la nouvelle Micra – fabriquée en France, à l’usine de Flins – ne permet pas de se dispenser de frais de carburant ou de parking, comme aurait pu le faire un modèle électrique. « Rien n’est figé, on peut proposer d’autres modèles à l’avenir », dit Bernard Loire, qui indique que, en cas de succès, le service pourra être étendu à d’autres villes. La cible : des citadins qui roulent régulièrement, mais trop peu pour amortir le coût d’achat d’une voiture neuve. « A Paris, on a 1.500 voitures qui roulent moins de 2.000 km par an », estime Bernard Loire. Pour Nissan, c’est finalement l’occasion de répondre à l’explosion des nouveaux usages de mobilité (autopartage, VTC, location…), et d’éviter une désintermédiation par des plates-formes comme Uber ou BlaBlaCar.
Maxime Amiot
LE PARISIEN – 22/02/2017
Nicolas Sarkozy rejoint le conseil d’administration de l’hôtelier AccorHotels
L’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, prend la tête… du comité stratégie internationale d’AccorHotels
Nicolas Sarkozy tient sa reconversion. Éliminé dès le premier tour de la primaire de la droite, le 21 novembre, l’ancien chef de l’État avait annoncé vouloir se consacrer à sa «vie privée». Trois mois plus tard, jour pour jour, le voilà de retour dans une fonction inattendue. Ce mardi, le groupe AccorHotels a annoncé la nomination de Nicolas Sarkozy au sein de son conseil d’administration.
«Nicolas Sarkozy présidera le comité stratégie internationale dont les missions et la composition seront précisées lors d’un prochain conseil d’administration», a détaillé le groupe hôtelier dans un communiqué. «Je suis très heureux de participer au développement et au rayonnement international d’AccorHotels, un des fleurons des entreprises françaises», a pour sa part réagi l’intéressé.
Une «parfaite connaissance des enjeux géopolitiques»
Le PDG du groupe, Sébastien Bazin, également cité dans le communiqué, estime que « l’expertise internationale de Nicolas Sarkozy et sa parfaite connaissance des enjeux géopolitiques mondiaux seront de formidables atouts pour le groupe ». Ce poste d’administrateur indépendant serait le premier poste de cette nature occupé par l’ancien président.
AccorHotels exploite sous ses 20 marques Sofitel, Pullman, Novotel, Mercure, Ibis, HotelF1 mais aussi Raffles, Fairmont et Swissôtel, plus de 4000 hôtels, dans 95 pays.
LES ECHOS – 22/02/2017
Bio : le marché français a bondi de 20% en 2016
Les ventes de produits bio ont atteint 7 milliards d’euros en 2016, selon l’Agence Bio. Le nombre de fermes bio a augmenté de 12%.
Le succès du bio s’envole. Le marché a fait un bond de 20% à 7 milliards d’euros en 2016, selon les derniers chiffres fournis par l’Agence Bio. Alors qu’un Français sur deux n’en consommait jamais en 2003, ils sont désormais sept sur 10 à en manger « régulièrement », c’est-à-dire au moins une fois par mois, selon l’Agence Bio. Au quotidien, 15% des Français ont mangé bio en 2016, contre 10% un an avant.
La première raison à cet engouement est la santé. Les amateurs invoquent massivement leur confiance dans les cahiers des charges, les contrôles systématiques, l’absence d’OGM, de produits artificiels et de colorants, ainsi que le bien-être animal. Ils justifient leur préférence par la qualité nutritionnelle des produits, leur goût meilleur et la satisfaction de contribuer à la préservation de l’environnement en privilégiant le bio. Les légumes viennent en tête du Top 5, suivis par les produits laitiers et les oeufs, puis l’épicerie et la viande.
Le sud de la France d’abord
Pour l’Agence Bio, il n’est pas douteux que les consommateurs sont en train de changer leurs habitudes. Les agriculteurs l’ont bien compris. Ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à répondre à cette demande en croissance régulière. Les conversions se traduisent en hectares. Les surfaces bio ont augmenté de 16% en un an à 1,54 million d’hectares. Le nombre de fermes a progressé aussi (+12%). Elles sont plus de 32.300, tirées par les élevages laitiers et les producteurs de viande.
La première région pour le bio est l’Occitanie, devant l’Auvergne et le Nouvelle Aquitaine. Un peloton de tête qui a creusé l’écart avec le reste de la France. Le mouvement de conversion (+9,5%) se retrouve tout naturellement dans les entreprises, chez les importateurs et exportateurs ainsi que dans la distribution. Les ventes ont plus progressé en magasins spécialisés que dans les enseignes mais en importance, les deux circuits sont à peu près ex-aequo.
VIDEO – Le marché français du « bio » atteint les 7 milliards d’euros : http://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/0211814713831-bio-le-marche-en-france-a-bondi-de-20-en-2016-2066608.php
LE FIGARO – 22/02/2017
Alstom: François Hollande se rend à Belfort ce mercredi
Le président de la République doit visiter les sites d’Alstom et de General Electric. Les syndicats, toujours sceptiques sur le devenir des emplois, attendent une garantie du maintien de l’activité de l’usine.
La visite est symbolique et attendue. À quelques mois de la fin de son mandat, François Hollande se rend ce mercredi à Belfort, accompagné du secrétaire d’État chargé de l’Industrie, Christophe Sirugue. Une première dans le cadre de son mandat et qui intervient alors que l’État tente coûte que coûte de préserver l’emploi chez Alstom sur ce site de production. En octobre dernier, le gouvernement avait en effet décidé d’acheter, en direct, quinze rames pour alimenter cette usine, dont la fermeture venait d’être annoncée.
Dans le détail, le programme du président de la République est chargé. A 9 heures, il débutera d’abord par une visite du site de General Electric, puis enchaînera, quarante-cinq minutes plus tard par celui d’Alstom. Il terminera son excursion, annoncée au dernier moment lundi par l’Élysée, par un discours à 10h15.
Pour rappel, François Hollande s’était personnellement impliqué dans le dossier du rachat de la branche énergie d’Alstom par GE, en 2014. Il avait alors reçu le PDG du géant américain, Jeff Immelt, à l’Élysée. À la suite de ce rachat, le site de l’industriel s’était alors recentré sur ses activités de transport. À ce titre, la visite présidentielle n’est pas sans rappeler celle que le Président avait effectuée à Florange pour défendre son bilan auprès des salariés d’ArcelorMittal, en novembre dernier. Les syndicats l’attendent d’ailleurs de pied ferme, avec un seul objectif: l’interpeller sur les 1000 embauches promises par General Electric, d’ici fin 2018. Et pour cause, en janvier 2016, General Electric avait annoncé la suppression de 765 emplois dans l’Hexagone, semant ainsi le trouble dans les esprits.
La SNCF va acheter les 15 rames
«À partir du moment où le Président s’est engagé, il doit maintenant concrétiser ses paroles. Or, il semblerait qu’il y a encore quelques difficultés», assène Olivier Kohler, délégué CFDT, au micro de France Bleu. «Il y a une volonté politique, mais ces commandes promises ne sont pas actées. Nous demandons un réel engagement, une garantie du maintien de l’activité à Belfort». Même son de cloche pour Eddy Cardot, délégué CGT, au micro de France 3. «Les quinze rames TGV, ça nous donne un petit sursis de plus», reconnaît-il. «[Mais] on voudrait que tout soit entériné avant la fin du mandat de François Hollande». Le maire de Belfort tient un discours similaire, mais se veut néanmoins optimiste: «C’est toujours le président de la République et il a le pouvoir de faire changer les choses», indique-t-il à France Bleu.
La semaine dernière, la question des quinze rames est revenue sur la table. Dans un premier temps réticente, la SNCF a fini par accepter de prendre en charge cette commande, que le gouvernement avait décidé de passer en direct pour un montant de 480 millions d’euros. «La décision qui a finalement été prise est équilibrée et plus cohérente», estime des dirigeants de la SNCF, interrogé par Le Figaro , le 15 février dernier. «Nous allons radier 24 rames vieillissantes à un seul niveau pour les remplacer par quinze rames à deux niveaux et donc plus capacitaires. Nous allons économiser 150 millions d’euros que nous aurions dû dépenser en les rénovant». Toujours selon nos informations, cette décision devrait être entérinée demain, jeudi 23 février.
::: POLITIQUE
LE POINT – 22/02/2017
À Londres, Macron cherche à séduire les expatriés
Emmanuel Macron a affirmé que son programme allait contribuer au succès de la France « dans ce nouveau monde » qui implique le Brexit.
Le candidat d’En marche ! à la présidentielle exhorte les Français vivant outre-Manche à venir entreprendre en France. Il avait rencontré avant Theresa May.
Emmanuel Macron en mission séduction. Mardi 21 février, le candidat d’En marche ! à la présidentielle s’exprimait lors d’un meeting à Londres devant plusieurs milliers de personnes. Il a exhorté les Français résidant outre-Manche à venir entreprendre en France. Son ambition : « Retrouver une culture du succès ». Le candidat tenait un meeting en fin de journée dans l’imposant Central Hall Westminster, une salle d’architecture baroque située près du Parlement britannique.
Acclamé à son arrivée, Emmanuel Macron a exprimé devant plus de 2 000 personnes sa volonté de « convaincre » certains des 300 000 Français vivant au Royaume-Uni, dont une majorité à Londres, de « revenir entreprendre, faire en France, innover, chercher, enseigner ». « Je veux que l’on soit un pays où l’on peut faire tout cela », a-t-il dit. En France, « on n’a pas le droit d’échouer, mais pas le droit de réussir trop bien », a-t-il poursuivi, devant un public comptant des entrepreneurs et de nombreux employés de la finance.
« Il faut aimer le succès », ou alors les Français vont « le chercher ailleurs », a-t-il regretté, déplorant la « peur de l’échec » propre, selon lui, à la France. Taclant à plusieurs reprises le candidat LR François Fillon, Emmanuel Macron a évoqué « l’argent qu'[il] a [lui-même] gagné » avant de se lancer en politique. « Je vous rassure, c’est moi qui l’ai gagné. J’avais un travail, ça semble affreux… » a-t-il ironisé. Dans la salle figuraient notamment le footballeur Yohan Cabaye et le député du Parti libéral-démocrate (centre) Nick Clegg, ancien vice-Premier ministre.
Vers un Brexit juste
Selon deux sondages publiés mardi, Emmanuel Macron arrive soit en deuxième position des intentions de vote au premier tour de la présidentielle, ex æquo avec François Fillon, soit troisième derrière ce dernier. Le candidat d’En marche ! a rencontré en début d’après-midi Theresa May au 10, Downing Street, pour évoquer notamment la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.
À l’issue de l’entretien, il a affirmé en anglais avoir exprimé à Theresa May sa « volonté d’aboutir à un Brexit juste », tout « en protégeant les intérêts des Français et des Européens ». « Nous avons parlé de lutte contre le terrorisme, de défense, qui sont des sujets très structurants pour notre pays », a ajouté en français Emmanuel Macron, premier candidat à la présidentielle française reçu par Theresa May.
Un porte-parole de Downing Street a expliqué que cette rencontre avait été organisée à la demande d’Emmanuel Macron et qu’il n’était pas inhabituel qu’un dirigeant britannique reçoive un candidat français, citant Nicolas Sarkozy reçu par Tony Blair en 2007.
« Je veux les banques »
Emmanuel Macron a affirmé que son programme, qu’il n’a pas encore publié, allait contribuer au succès de la France « dans ce nouveau monde » qui implique le Brexit. « Dans mon programme, vous aurez une série d’initiatives pour attirer les gens de talent dans la recherche, et dans de nombreux autres domaines », a-t-il dit, repassant à l’anglais. « Je veux les banques, les talents, les chercheurs, etc. » a-t-il ajouté, laissant présager de son discours très ciblé sur les entrepreneurs.
« Cela fera partie de mon programme de les attirer », en particulier ceux qui sont actuellement au Royaume-Uni, a-t-il insisté, dans un appel du pied à la communauté française. « Je veux les convaincre que la France change […] qu’ils auront l’opportunité de revenir en France dans les prochaines années et d’y rencontrer le succès. » Interrogé sur un possible rapprochement avec le président du MoDem François Bayrou, il a dit ne pas vouloir répondre « à des questions de politique française ».
François Bayrou doit faire une déclaration à la presse mercredi après-midi et les spéculations vont bon train sur ce qu’il pourrait annoncer : nouvelle candidature à la présidentielle ou soutien à un candidat en lice. Gérard Collomb, maire PS de Lyon et proche d’Emmanuel Macron, a dit mardi espérer le soutien de M. Bayrou à son candidat pour éviter « le risque » d’une victoire de Marine Le Pen.
BFM – 21/02/2017
Sécurité sociale: Macron et Fillon livrent leurs pistes d’économies
Cinq candidats à l’élection présidentielle ont défilé ce mardi 21 février au Palais Brogniart pour présenter leur programme en matière de santé. Emmanuel Macron et François Fillon ont présenté des pistes d’économies pour la Sécu, Benoît Hamon a évoqué une réforme du mode de financement des hôpitaux.
Les prétendants à l’Élysée ont passé leur grand oral sur la santé ce mardi 21 février. Les candidats à la présidentielle se sont ainsi succédé au Palais Brongniart pour exposer leurs mesures lors de cet événement organisé par la Mutualité française. L’occasion, pour certains, de livrer quelques pistes d’économies. Voici ce qu’il fallait retenir des interventions d’Emmanuel Macron, François Fillon et Benoît Hamon.
Macron veut investir 5 milliards dans les hôpitaux
Premier à ouvrir le bal, le candidat d’En Marche! a annoncé lors qu’il comptait « améliorer l’organisation de l’hôpital « en le décloisonnant ». Il propose pour cela « de plafonner à 50% » la tarification à l’activité des hôpitaux (T2A), de « renforcer l’autonomie des hôpitaux » ou encore « d’élargir » les groupements hospitaliers de territoire pour avoir en amont une meilleure organisation de l’offre de soins.
Emmanuel Macron a également promis d’investir 5 milliards d’euros dans les hôpitaux et « dans l’innovation médicale ». Par ailleurs, l’ex-ministre de l’Économie a fixé à 2,3% l’objectif d’évolution des dépenses d’assurance-maladie sur la période 2018-2022. Cette hausse modeste nécessiterait de réaliser 15 milliards d’euros d’économies.
Pour y parvenir, Emmanuel Macron entend développer la médecine ambulatoire: « ce qui coûte cher dans le système de santé ce sont les gens qui restent » à l’hôpital, rappelle-t-il. Autre piste: le leader d’En Marche! entend également « lutter contre le gâchis » en permettant la vente de médicaments à l’unité. Par ailleurs, l’ex-ministre de l’Économie promet qu' »aucun soin utile ne serait déremboursé ».
Fillon: « pas question de toucher à l’assurance-maladie »
Le candidat de la droite et du centre était très attendu sur ce sujet après avoir été accusé de vouloir « privatiser » la Sécurité sociale cet hiver. L’ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy a ainsi abandonné la distinction entre « petit » et « gros risques ». « Il n’est pas question de toucher à l’assurance-maladie et encore moins de la privatiser ni même de baisser son taux d’intervention », a-t-il encore déclaré.
François Fillon avait déjà confié au Parisien vouloir ramener les comptes de l’assurance-maladie à l’équilibre d’ici à 2020 en réalisant « 20 milliards d’économies en cinq ans ».
Un objectif d’autant plus ambitieux que l’ex-Premier ministre promet que le niveau de prise en charge des dépenses par l’assurance-maladie « ne diminuera pas ». Il souhaite même que « pour les dépenses les plus coûteuses », les patients n’aient rien à payer de leur poche grâce à un partenariat entre la Sécurité sociale et les mutuelles. Il promet également que les lunettes pour les enfants seront prises en charge à 100%.
Pour réaliser ces 20 milliards d’euros d’économies, François Fillon mise sur « des efforts d’efficience ». « Je fais le pari que la prévention ça rapporte », a-t-il souligné. L’ex-Premier ministre compte également traquer « les soins redondants » et renforcer la lutte contre les fraudes (carte vitale, CMU, etc..).
Par ailleurs, François Fillon a évoqué « la piste » d’une modulation des carrières pour tenir compte de la pénibilité. « Par exemple, il faudrait accepter l’idée que ceux qui ont une espérance de vie plus longue travaillent plus longtemps », a-t-il expliqué. Ce qui, a-t-il reconnu, pourrait également signifier que les ouvriers, eux, pourraient avoir une carrière plus courte.
Hamon veut réformer le financement des hôpitaux
Moins disert sur les pistes d’économies, le vainqueur de la primaire de la gauche annonce toutefois qu’il veut modifier le modèle de financement de l’hôpital, basé « selon la tarification à l’activité ».
« On multiplie les actes pour obtenir un bon financement de l’hôpital. Si un certain nombre d’actes doivent continuer à être financés de cette manière, je pense qu’il faut introduire une notion de financement forfaitaire », a insisté le candidat désigné par la primaire du parti socialiste.
Benoît Hamon considère qu' »il faut augmenter la part de remboursement de la Sécurité sociale » pour les soins dentaires, d’optique et les prothèses auditives.
L’OPINION – 22/02/2017
François Bayrou, dernière cartouche
Déjà trois fois candidat à l’élection présidentielle, le président du MoDem met fin ce mercredi au suspense sur ses intentions. Seul ou avec Emmanuel Macron, il joue son ultime va-tout
François Bayrou doit faire une déclaration ce mercredi à 16 heures 30 depuis le siège du MoDem, qui se réunissait en bureau exécutif mardi soir. Le leader centriste, qui a récemment échangé avec Emmanuel Macron, entretenait mardi encore le suspense sur son intention de se lancer ou pas dans l’élection présidentielle. Le maire de Pau sera mercredi soir l’invité du 20 heures de France 2 puis de la matinale de RTL jeudi matin. Selon l’enquête Ifop-Fiducial pour Paris-Match, iTélé et Sud-Radio publiée mardi soir, François Bayrou ne dépasse pas les 5,5 % d’intentions de vote.
Quand il décroche son téléphone mardi matin, François Bayrou a l’air serein, détendu. Le président du MoDem n’a pas vraiment le ton de celui qui s’apprête à se lancer dans la course à la présidentielle. En fait, il regarde avec amusement toutes les spéculations qui courent autour de lui. Va-t-il s’allier à Emmanuel Macron, après avoir discuté avec lui la semaine dernière, comme l’affirme Le Point ? « Intox », assure un cadre du MoDem. Va-t-il annoncer sa quatrième candidature à l’élection présidentielle, comme le présume Le Figaro ? Lui se plaît à constater l’émulation créée par un suspense savamment entretenu.
Tous les cadres du parti s’astreignent à une réserve qui empêche presque toute discussion normale avec quiconque est en dehors du secret. Drôle d’ambiance au MoDem, où tout le monde attend avec hâte que le suspense soit tranché. Depuis la salle Lecanuet, au rez-de-chaussée du QG parisien, François Bayrou fera une allocution mercredi à 16 heures 30. Un discours d’une trentaine de minutes, retransmis en direct sur les chaînes d’info en continu. « C’est une déclaration solennelle et personnelle. C’est une manière de s’adresser aux Français face caméras », explique-t-on dans son entourage.
Quatuor. Cela fait plusieurs jours que François Bayrou a pris sa décision. Après le bureau exécutif du parti mardi dernier, le maire de Pau a tranché. Rentré dans sa ville pour le week-end avant de rejoindre Paris dimanche soir, il a passé ces derniers jours auprès de sa garde rapprochée, la vice-présidente du MoDem, Marielle de Sarnez, la vice-présidente du Sénat, Jacqueline Gourault et le secrétaire général du parti, Marc Fesneau. C’est au sein de ce quatuor que les échanges à bâtons rompus ont eu lieu toute la journée de lundi pour arrêter la date précise et le format de l’annonce. « On lui a dit ce qu’on ressentait, on voit tous le trouble qui existe dans l’opinion. Aucun d’entre nous n’est rassuré par les propos des candidats à l’élection présidentielle, quels qu’ils soient », raconte l’un d’eux.
Avant l’affaire Fillon, plusieurs cadres du parti doutaient de l’opportunité d’une candidature mais le tumulte à droite a rebattu les cartes. Ils sont finalement plusieurs parmi ses proches à l’avoir encouragé à y aller. « Il a l’envie, les moyens, la carrure, le projet, les idées », plaide Yann Wehrling, président du groupe MoDem au conseil régional d’Ile-de-France. Mais François Bayrou n’a pas le potentiel électoral. Toutes les enquêtes d’opinion le créditent autour de 5 % d’intentions de vote. Et surtout, l’espace politique au centre est déjà largement occupé par Emmanuel Macron, que les sondages donnent autour de 20 %.
À entendre les cadres du parti, il semble pourtant faire peu de doutes que le candidat se lancera. Ils ont toujours un argument pour expliquer pourquoi les obstacles dans sa course vers l’Elysée n’en seront pas. Les 500 parrainages ? Le parti compte plus de 500 élus et sympathisants et autant qui ont systématiquement apporté leur soutien à François Bayrou lors des trois dernières élections présidentielles. Le financement ? « Pas un sujet non plus ». Le MoDem est propriétaire de son siège de la rue de l’Université, dans le très chic 7e arrondissement de Paris, ce qui lui offre une caution substantielle. Le laps de temps très court pour faire campagne ? « Cette campagne sera courte pour tout le monde. Les débats n’ont toujours pas commencé ! », défend un cadre du parti.
Course folle. Dans un contexte où François Fillon n’a plus le boulevard qui lui était promis au sortir de la primaire, comment imaginer que François Bayrou ne se relance pas dans cette course folle, lui qui dit toujours aimer « l’odeur de la poudre » ? Tout le laisse à penser, et pourtant. Dans une campagne présidentielle lunaire et jalonnée d’invraisemblables rebondissements, le leader centriste pourrait à son tour en provoquer un. « Cette campagne attend encore sa surprise », théorisait-il mi-janvier.
Rompre avec le scénario d’une candidature écrit d’avance ne serait-il pas se rallier au jeune et ambitieux Macron ? Les deux hommes se parlent souvent. Mais aucune discussion n’a pour le moment abouti. « Ils se sont dit ce qu’ils avaient à se dire par médias interposés », juge un proche de François Bayrou. « Macron est dans une logique “tous derrière moi”, ça n’est pas comme cela qu’on crée une majorité », repousse Yann Wehrling.
Certes, le rapprochement entre deux personnalités que tout oppose dans leurs parcours n’a rien d’évident. Mais le pragmatisme en politique pourrait les pousser à le faire. « Si on s’alliait avec Macron, on ferait sauter la banque ! », confiait mi-janvier François Bayrou. Il est vrai que le tandem aurait de quoi inquiéter François Fillon, avec qui le lien s’est rompu depuis l’affaire des soupçons d’emplois fictifs de sa famille. Les deux hommes se sont vus pour la dernière fois le 24 janvier, jour des premières révélations du Canard Enchaîné. « Je pense depuis le début que François Bayrou, en raison de son histoire notamment récente, n’a pas de compatibilité avec les électeurs de droite », jugeait la semaine dernière depuis La Réunion le candidat de la droite, visiblement peu inquiet par la potentielle candidature du centriste.
En s’alliant à Emmanuel Macron, François Bayrou pourrait lui apporter l’expérience et la solidité qui lui manque. Quand Emmanuel Macron pourrait apporter à François Bayrou l’image du renouveau, à l’heure où le courant du « dégagisme » souffle sur les partis. Seul ou à deux, la seule certitude dont dispose aujourd’hui le centriste de 65 ans, c’est qu’après trois candidatures, cette élection présidentielle sera la dernière.
LES ECHOS – 22/02/2017
Sortie de l’euro : les effets désastreux du projet économique du FN
L’Institut Montaigne juge que la sortie de l’euro amputerait le PIB de 180 milliards et détruirait plus de 500.000 emplois dans l’Hexagone. L’économie française entrerait dans une ère inconnue.
C’est le pilier du programme économique de Marine Le Pen. La sortie de l’euro et le retour au franc, prônés par la candidate du Front national à l’Elysée, auraient des conséquences désastreuses sur l’activité économique dans l’Hexagone, alerte l’Institut Montaigne .
Le think tank, d’inspiration libérale, s’est penché sur le coût d’une telle mesure, qui n’a jamais été chiffrée par le parti d’extrême droite. En prenant comme hypothèse une dépréciation du taux de change de 20 % et une hausse des taux d’intérêt, il estime que le PIB de la France reculerait de 2,3 % au cours de la première année du retour au franc et serait inférieur de 9 % à long terme (une fourchette de 4 % à 13 % est avancée) par rapport au niveau qu’il aurait atteint sans cette décision.
Soit une perte d’activité de 180 milliards d’euros. Et encore, un tel scénario doit être considéré comme optimiste, prévient l’institut, qui prend pour hypothèse une non-désagrégation de la zone euro, scénario pourtant le plus probable (lire page 4). A long terme, le coût de la sortie de l’euro est évalué à « environ 7.000 euros par emploi résidant en France. L e nombre d’emplois détruits par cette mesure atteindrait plusieurs dizaines de milliers dès la première année, et pourrait largement dépasser un demi-million d’emplois détruits à long terme ».
Fuite des capitaux
Les effets d’une sortie de l’euro passeraient par différents canaux. D’abord, comme la France accuse un lourd déficit extérieur, le franc subirait une dévaluation par rapport à l’euro que le think tank estime à 15 %. « Une dépréciation de ce nouveau franc contribuerait de façon favorable à la croissance à court et moyen termes », via une relance des exportations, admettent les auteurs. Mais rapidement, nos partenaires commerciaux mettraient en place des barrières tarifaires. Deuxième canal de transmission du choc : la monnaie. « Les épargnants français pourraient souhaiter placer leurs capitaux à l’étranger afin de se protéger de la dévaluation anticipée du « nouveau franc » […]. Et les détenteurs de capitaux étrangers placés en France seraient incités à rapatrier leurs capitaux pour se prémunir d’une chute du taux de change », selon l’institut. Les taux d’intérêt grimperaient fortement et, par ricochet, le crédit se raréfierait.
« La fuite des capitaux vers l’étranger, la défiance des ménages et des entreprises vis-à-vis d’une monnaie en dépréciation et le moindre accès des banques aux financements étrangers mettraient les institutions financières en danger », alertent les auteurs. Avec un risque de panique bancaire. Il serait alors « vraisemblablement indispensable de contraindre la politique de change et d’instaurer un contrôle des mouvements transfrontaliers de capitaux ». Comme en Grèce entre 2011 et 2013… Parallèlement, l’inflation risquerait d’accélérer « de manière significative compte tenu de la dépréciation » du nouveau franc, ce qui affecterait le pouvoir d’achat des ménages. Bref, l’économie française serait propulsée dans un monde totalement inconnu.
« Difficultés transitoires »
Pas pour Jean Messiha, le coordinateur du projet de Marine le Pen. « Il n’y aura pas de hausse des taux très forte parce que nous allons revenir sur l’interdiction qui est aujourd’hui faite à la Banque de France de financer le déficit public. Et la remontée de l’inflation n’est pas un problème puisque nous faisons aujourd’hui face à des risques déflationnistes. Les difficultés ne seront que transitoires », assure cet énarque.
Mais changer la loi de 1973 sur le recours à la Banque de France signifierait le retour de la planche à billets, avec une envolée de l’inflation et des conséquences potentiellement encore plus fortes. En outre, « comme il n’existe pas de position consensuelle au sein de la zone euro, la sortie ne peut être concertée. Elle sera donc nécessairement violente », prévient Mathieu Plane, économiste à l’OFCE. Pour Gilles Moec, chef économiste de Bank of America Merrill Lynch, « le fonctionnement de la zone euro a certainement des défauts mais il est préférable d’améliorer l’existant que de tout casser. Car la monnaie unique a tout de même eu de gros avantages pour les Français ». Deux chiffres, parmi d’autres, le prouvent : l’écart de taux d’intérêt entre les emprunts d’Etat allemands et français s’est réduit de 1,5 point depuis la création de l’euro. Et l’inflation est passée de 4,4 % en moyenne par an entre 1981 et 1998 à 1,5 % depuis 1999.
VIDEO – Combien coûterait la sortie de l’Euro voulue par Marine Le Pen ? http://www.lesechos.fr/elections/marine-le-pen/0211812836869-sortie-de-leuro-les-effets-desastreux-du-projet-economique-du-front-national-2066884.php
::: INTERNATIONAL
LE FIGARO – 22/02/2017
Brexit : le divorce imposé avec le Royaume-Uni déchire l’Irlande
INFOGRAPHIE – Dublin plaide pour un accord de sortie favorable aux Britanniques, mais se place du côté de l’UE dans les négociations. La prospérité de la République est en jeu.
Un divorce peut en cacher un autre. Si le Brexit marque la rupture entre le Royaume-Uni et l’Europe, il implique aussi un éloignement entre le pays et son voisin, l’Irlande, victime collatérale du vote des Britanniques. Les relations entre l’ancienne colonie, devenue indépendante au terme d’une guerre de sécession il y a un siècle, et la puissance britannique s’étaient normalisées au point de faire des deux pays les partenaires les plus proches au sein de l’Union européenne. Cette proximité est mise à mal par la décision britannique de quitter l’UE, vécue comme un traumatisme de l’autre côté de la mer d’Irlande. Plus grave crise pour le pays depuis son indépendance, le Brexit met en danger «à la fois notre paix et notre prospérité», déclarait le premier ministre irlandais, Enda Kenny, vendredi, lors du deuxième «sommet de dialogue civique» organisé à Dublin pour évaluer les conséquences de cette décision.
Priorité du gouvernement irlandais: obtenir un accord de commerce le plus favorable possible entre le Royaume-Uni et l’UE. «Pas question de punir Londres», plaide-t-on à Dublin. «L’Irlande et le Royaume-Uni étaient dans les faits un seul marché intérieur. Les entreprises des deux pays sont très imbriquées économiquement. La communauté d’affaires irlandaise espérait que les Britanniques resteraient dans l’Europe», explique Danny McCoy, directeur de l’Ibec, le Medef irlandais. Les craintes sur les conséquences du Brexit portent sur l’impact d’éventuels droits de douane imposés de part et d’autre. Mais aussi, à terme, sur l’avenir de la localisation des multinationales implantées en Irlande si Londres se lance vraiment, comme annoncé, dans la course au dumping fiscal, même si la situation peut à l’inverse présenter aussi des opportunités immédiates à saisir.
Libre circulation
La dépendance irlandaise à l’économie britannique s’est déjà largement atténuée. Lors de l’entrée simultanée des deux voisins dans le marché commun en 1973, le Royaume-Uni absorbait plus des deux tiers des exportations irlandaises contre environ 17% aujourd’hui. Deux fois moins que celles vers le reste de l’Union européenne. Mais cette exposition au grand voisin est plus sensible pour les PME. Selon les calculs d’économistes, la facture du Brexit pourrait s’élever entre 4 et 5 points de PIB pour l’économie irlandaise.
Dublin veut conserver sa zone de libre circulation avec le Royaume-Uni. Le rétablissement d’une frontière physique est vu comme le mal absolu. Celui-ci pourrait raviver les braises pas tout à fait éteintes de trente ans de guerre civile. «Une frontière en dur est inévitable sans un statut spécial pour l’Irlande», craint Gerry Adams, leader du parti nationaliste Sinn Féin. C’est pourquoi le gouvernement irlandais veut placer la protection des accords de paix au cœur des négociations qui vont s’engager entre Londres et Bruxelles. Parmi les particularités locales, les habitants d’Irlande du Nord, britanniques, ont aussi droit à un passeport irlandais et resteront donc citoyens européens. Autant de «circonstances exceptionnelles» que l’Irlande entend faire reconnaître.
Pour autant, Dublin a choisi son camp. Dans les négociations sur le Brexit, «nous serons d’un seul côté de la table, celui de l’UE», affirme Enda Kenny. «Le Brexit est une décision britannique, pas irlandaise ou européenne», justifie-t-il. «Nous ne serons pas les intermédiaires du gouvernement de Londres dans les discussions», ajoute le ministre des Affaires étrangères, Charlie Flanagan. Loin d’écouter les rares voix en faveur d’un «Irexit», la République entend jouer pleinement son rôle au sein d’une Europe à qui elle doit beaucoup.
Le premier ministre Kenny sur le départ
Chef du gouvernement irlandais depuis six ans, Enda Kenny pourrait annoncer sa démission ce mercredi. Il est affaibli par un scandale de corruption dans la police, que son gouvernement est accusé d’avoir couvert. Un lanceur d’alerte aurait été victime d’intimidation alors qu’il dénonçait le laxisme de la police avec les puissants du pays sur leurs infractions routières. Enda Kenny, reconduit il y a un an à la tête d’un gouvernement sans majorité parlementaire, a survécu à un vote de défiance la semaine dernière. Mais il a annoncé qu’il accepterait la pression de son parti Fine Gael (droite) pour céder sa place. Deux de ses ministres sont favoris pour lui succéder.
LE FIGARO – 22/02/2017
Le Kremlin prépare la réélection de Poutine
En 2018, le maître de la Russie l’emportera, mais il faut que son score soit haut comme la participation.
Vladimir Poutine devra être réélu en 2018 pour un quatrième mandat à la tête de la Russie avec un résultat et un niveau de participation électorale le plus élevé possible: tel est le plan sur lequel travaillent les conseillers du président russe selon le récit qu’en faisaient mardi les principaux médias du pays, dûment briefés par le Kremlin. À un an du scrutin, prévu en mars 2018, il ne fait plus guère de doute que l’intéressé briguera une nouvelle fois le fauteuil suprême, ce qui l’emmènera jusqu’en 2024, année où il fêtera ses 72 ans et vingt-quatre ans de pouvoir ininterrompu. «Il est prématuré de faire une quelconque déclaration électorale dans la mesure où l’ordre du jour est actuellement autre», a néanmoins démenti son porte-parole, Dmitri Peskov.
Signes avant-coureurs, Vladimir Poutine a congédié pas moins de cinq gouverneurs, depuis le début de l’année, dont le niveau de popularité et d’efficacité dans les régions qu’ils dirigeaient était sujet à caution: la Carélie et Novgorod au nord-ouest du pays, Riazan, au sud-est de Moscou, Perm et la Bouriatie, respectivement en Oural et en Sibérie. Ces hauts fonctionnaires ont tous été remplacés par de jeunes technocrates, semblables à ceux qui peuplent depuis l’été dernier les couloirs de l’administration présidentielle: un afflux de sang neuf destiné à compenser l’immobilisme qui prévaut au sommet du pouvoir, selon les analystes russes.
Si, en soi, la réélection de Vladimir Poutine semble assurée, le Kremlin planche dès à présent sur la mise en scène de la future victoire. «70-70» apparaît comme l’une des formules fétiches censée résumer l’enjeu, ces deux chiffres figurant respectivement le pourcentage de participation et l’ampleur du score. Or, dans le passé, jamais l’intéressé n’a pu combiner de tels résultats. Le jour venu, «les électeurs devront se bouger le c…», résume un conseiller du Kremlin, cité par le quotidien Komsomolskaïa Pravda. Quitte pour cela à modifier la loi électorale. Les citoyens absents de leur domicile le jour du scrutin, pourraient se présenter à l’improviste au bureau de vote le plus proche. Les jeunes, généralement apathiques quand il s’agit de politique, se verraient offrir l’accès à un jeu informatique après avoir glissé leur bulletin dans l’urne. À titre de plaisanterie, un haut fonctionnaire a évoqué l’idée d’une chasse aux Pokémon dans le bureau électoral.
L’ampleur de la victoire, elle, dépendra du caractère du scrutin, qui ne doit pas ressembler à une compétition mais à un référendum, poursuit le Kremlin. Le principal opposant, Alexeï Navalny, ayant été écarté pour cause de condamnation judiciaire, seuls les libéraux «historiques», tels l’inusable Grigory Yavlinsky (Iabloko), seraient autorisés à concourir. «On ne va pas créer de candidats artificiels, les électeurs ne seraient pas dupes», argumentent les conseillers de Vladimir Poutine. «Il s’agira d’un plébiscite auquel participeront formellement d’autres candidats et dont le résultat devra donner au président les coudées franches pour conduire des réformes économiques impopulaires», décrypte le politologue Igor Bounine. Notamment l’augmentation de l’âge du départ à la retraite.
Enfin, concluent les conseillers du Kremlin, ce résultat statistique devra être obtenu à l’issue d’un scrutin encore plus «transparent, honnête et légitime» qu’auparavant. Ces derniers souhaitent multiplier les caméras dans les bureaux de vote, quitte à fixer leur nombre dans la loi.
Selon Grigory Melkoniants, coprésident de l’ONG Golos, la tâche relève de la quadrature du cercle. Au final, prédit ce défenseur des droits électoraux, «on forcera les gens à voter où on les incitera avec des cadeaux ou des places de spectacle. Comme d’habitude».
Vous souhaitant une bonne journée.
Cordialement,
Elena NATALITCH
Service Presse, Communication / Formation
251, bd Pereire – 75852 PARIS Cedex 17
Tél. : 01 40 55 12 43
Fax : 01 40 55 12 40
https://www.facebook.com/medef.idf
ftpAME2017-09-19T13:35:42+02:00Mots-clés : Actualité, banque de France, MEDEF, Revue de Presse|
::: ILE-DE-FRANCE
LE PROGRES – 16/02/2017
Le préfet d’Auvergne-Rhône-Alpes nommé préfet d’Île-de-France
Michel Delpuech, ancien préfet d’Auvergne-Rhône-Alpes a été nommé préfet d’Île-de-France, mercredi 15 février, en Conseil des ministres. Le préfet des Pays de la Loire le remplacera.
La rumeur a été confirmée. Michel Delpuech, ancien préfet d’Auvergne-Rhône-Alpes a été nommé préfet d’Île-de-France. Il prendra ses nouvelles fonctions à partir du 27 février 2017.
C’est le préfet des Pays de la Loire, Henri-Michel Comet, qui le remplacera, à partir du 6 mars 2017.
Quel rôle pour le préfet ?
Le préfet reste le « dépositaire de l’autorité de l’État dans le département », indique le site vie-publique.fr.
Marc Taubert
BFM – 16/02/2017
Île-de-France: l’activité économique reprend des couleurs
Ces trois derniers mois, les planètes semblent alignées au-dessus de la région Île-de-France, dont l’activité économique présente tous les symptômes de la reprise.
Depuis trois mois, l’activité économique en Île-de-France semble retrouver un nouveau souffle. Après une difficile année 2016, notamment marquée par la baisse de l’activité touristique, la région surfe sur une dynamique. En effet, les principaux indicateurs témoignant d’une bonne santé économique sont au vert, à commencer par l’augmentation de 15% du chiffre d’affaires des entreprises en moyenne sur trois mois, selon un communique du préfet de Paris.
Une progression générale qui touche l’ensemble des secteurs d’activité (industrie manufacturière, BTP, transport…). Le climat des affaires enregistre lui aussi une forte hausse et retrouve un niveau jamais atteint depuis 2011 dans la région. Même son de cloche pour les projets d’investissement et les crédits qui augmentent de 4%, d’après la Banque de France. Sur le front de l’emploi, les bons chiffres de l’activité ont permis une hausse des embauches à hauteur de 6,4% en CDI et 3,3% en CDD. Les demandes de chômage partiel, elles, sont en net recul de 20% sur l’année 2016.
Enfin, le tourisme reprend lui aussi des couleurs. En témoigne le secteur de l’hôtellerie et de la restauration, très touché par les attentats en 2015 et 2016, et qui connaissent une amélioration. Si la reprise du secteur est surtout perceptible en province, le nombre de nuitées enregistrées en Île-de-France a tout de même augmenté de 4,5% fin 2016.
LA TRIBUNE – 16/02/2017
Paris Ile-de-France : une métropole attractive – en p-jointe
::: ECONOMIE
LES ECHOS – 16/02/2017
Assurance-chômage : syndicats et patronat se donnent six semaines pour bâtir un accord
Les partenaires sociaux ont décidé de rouvrir les négociations avortées en juin.Ils visent un accord avant la présidentielle.
Objectif 28 mars ! Réunis mercredi après-midi pour une ultime séance de diagnostic du marché du travail, les partenaires sociaux ont décidé dans la foulée de rouvrir une négociation sur l’avenir de l’Assurance chômage. Le mandat donné deux jours plus tôt à Alexandre Saubot, le vice-président du Medef en charge du social (et patron de la branche métallurgie) avait ouvert la voix aux retrouvailles, huit mois après l’échec du dernier round de discussions. Le contexte, depuis, a été dépollué des débats sur la loi travail, définitivement adoptée. Mais l’approche de la présidentielle et les menaces d’une reprise en main par l’Etat, ont aussi poussé les partenaires sociaux à prouver qu’ils sont capables de prendre leurs responsabilités pour conserver la gestion d’un pan majeur du paritarisme.
Patronat et syndicats ont donc décidé d’avancer vite pour bâtir un nouveau régime. Tel qu’arrêté, le calendrier prévoit quatre séances de négociations : 7 mars, 14 mars, 23 mars et 28 mars. En cas d’accord, ce ne sera pas trop tôt pour le faire homologuer avant le premier tour de la présidentielle. « Nous voulons aller vite étant donné le contexte électoral», a confirmé Véronique Descacq, chef de file pour la CFDT. Oui, « le calendrier est très contraint », a abondé Eric Courpotin pour la CFTC. « La négociation sur l’Assurance-chômage la plus express qu’on ait jamais connu », a même plaisanté Denis Gravouil pour la CGT,
Charge maintenant au Medef de repartir du relevé des discussions tel qu’il est resté en l’état en juin dernier, et de l’amender en ajoutant, notamment, un chapitre sur les contrats courts, peut-être « LE » sujet le plus clivant sur la table (« Les Echos » d’hier). Si les débats s’annoncent vifs, les syndicats ont au moins eu la satisfaction d’entendre Alexandre Saubot leur confirmer qu’il avait mandat d’en discuter « sans tabou ». Sans tabou peut-être mais en rappelant bien la ligne rouge posée par le patronat : pas de hausse du coût du travail.
Pour le Medef, la multiplication des CDD de moins d’un mois est une réalité mais ils ne concernent qu’à peine un peu plus de 2% de la masse salariale en France. Qui plus est, argue-t-il, en stock, le CDI reste le contrat majoritaire depuis des années. « C’est un phénomène particulier qui ne nécessite pas d’en faire le centre de la négociation », a déclaré Alexandre Saubot.
Loin de toute mesure globale, le texte de départ de la négociation, qui devrait être envoyé en fin de semaine prochaine ou au début de la suivante aux syndicats, pourrait donc proposer des mécanismes « incitatifs » pour les branches qui recourent le plus aux contrats courts, la plupart du temps pour répondre à des contraintes opérationnelles d’immédiateté. Seraient concernées l’hôtellerie-restauration, les sondages et le médico-social, quitte, à modifier la loi pour cela. « Toutes les pistes vont être étudiées (…) une modulation des cotisations n’est peut-être pas nécessaires sur tous les secteurs. On verra bien », a estimé Eric Courpotin.
En cas d’accord sur une nouvelle convention, les partenaires sociaux comptent bien aussi mettre l’Etat, à qui ils imputent une partie des 4,3 milliards de déficit annuel des comptes de l’Unédic, devant ses responsabilités. Ils prévoient dores et déjà d’écrire au gouvernement une lettre de griefs, portant notamment sur les frontaliers et le budget de Pôle emploi.
RADIO CLASSIQUE – 16/02/2017
L’invité de l’économie : Pierre GATTAZ, Président du MEDEF
Assurance-chômage, surtaxation des contrats courts…
PODCAST : https://www.radioclassique.fr/radio/emissions/matinale-de-radio-classique/l-invite-de-l-economie/
LE MONDE – 16/02/2017
Le taux de chômage en France a baissé en 2016 pour la deuxième année d’affilée
Le chômage a reculé de 0,2 point en 2016 pour s’établir à 10 %, selon les données publiées, jeudi, par l’Insee.
Pour la deuxième année d’affilée, le taux de chômage a légèrement baissé (de 0,2 point) en 2016 en France, pour s’établir à 9,7 % en métropole et à 10 % de la population active pour la France entière, a annoncé l’Insee jeudi 16 février.
Au 4e trimestre, l’indicateur, mesuré par l’Institut national de la statistique selon les normes du Bureau international du travail (BIT), a terminé l’année sur une baisse de 0,1 point. En revanche, le taux du 3e trimestre a été révisé à la hausse, à 9,8 % en métropole (au lieu de 9,7 %) et à 10,1 % avec l’outre-mer (au lieu de 10 %).
A la fin de 2016, l’Insee a recensé 2,78 millions de chômeurs en métropole, soit 31 000 de moins (- 1,1 %) sur le trimestre et 68 000 de moins (- 2,4 %) sur l’année. Parmi eux, 1,2 million de personnes cherchaient du travail depuis au moins un an. Le taux de chômage de longue durée diminue, à 4,2 % de la population active (- 0,1 point).
La baisse portée par les jeunes
Au 4e trimestre, comme sur l’année, la baisse du chômage est portée par les jeunes (15-24 ans), qui restent malgré tout les plus touchés par le fléau. Leur taux s’établit à 23,3 %, en baisse de 1,7 point sur le trimestre et de 0,7 point sur un an. Quant aux seniors (50 ans et plus), avec un taux de chômage de 6,7 %, leur situation est stable sur un an, malgré une amélioration en fin d’année (- 0,4 point).
La tendance enregistrée par l’Insee se rapproche de celle de Pôle emploi, qui a vu partir 17 400 personnes de sa catégorie A (sans activité) sur le trimestre et 107 400 sur l’année 2016. Mais les baisses enregistrées sur le trimestre et sur l’année sont à nuancer par le fait que le « halo autour du chômage » est, lui, en hausse.
Ces personnes souhaitant travailler, mais non comptabilisées parce qu’elles ne cherchent pas activement ou ne sont pas disponibles immédiatement, étaient 1,5 million au 4e trimestre, un nombre en augmentation de 21 000 sur le trimestre et de 65 000 sur un an.
En revanche, le nombre de personnes en sous-emploi, c’est-à-dire qui souhaiteraient travailler davantage, continue de diminuer (- 0,1 point sur le trimestre, – 0,4 point sur l’année), à 6,2 %. Il s’agit, pour l’essentiel, de travailleurs à temps partiel subi.
En 2015, le taux de chômage avait baissé de 0,1 point sur un an.
LE FIGARO – 16/02/2017
Les robots nous volent-ils nos boulots ?
LE SCAN ÉCO – Le Parlement européen doit adopter ce jeudi une directive sur les robots. Le taux de chômage est toujours très élevé en France et le débat autour de la raréfaction du travail s’intensifie. Mais cette destruction d’emplois n’est-elle pas aussi créatrice ?
Le débat, récurrent, sur une raréfaction du travail liée à l’accélération des mutations technologiques revient en force dans la campagne présidentielle, sur fond de chômage de masse. Propositions phares du candidat socialiste Benoît Hamon, le revenu universel et l’idée de taxer les robots découlent en partie du postulat que la révolution numérique va détruire de nombreux emplois.
Ce diagnostic est-il juste? «La question remonte à l’Antiquité, Aristote pensait déjà que les animaux prendraient le travail des esclaves. Elle ressurgit à chaque vague de mutation technologique, comme la révolte des canuts de Lyon au XIXe siècle liée à la peur des machines», rappelle l’économiste Nicolas Bouzou, du cabinet Asterès. Ce jeudi, le Parlement européen se penche sur une directive sur les robots.
Aujourd’hui, les experts tentent régulièrement de mesurer l’impact des transformations. Un rapport du Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) a estimé en janvier que moins de 10% des emplois risquaient de disparaître en France comme dans d’autres pays de l’OCDE, du fait de l’automatisation et de la numérisation. Des projections bien plus positives que l’étude très commentée parue en 2013 (dite «Frey et Osborne»), et qui tablait sur une suppression de 47% des emplois dans les 20 prochaines années.
Nouvelles perspectives
Plus que la quantité d’emplois impactés, c’est la capacité à en créer de nouveaux qui interroge. «On sait ce qu’on perd, pas ce qu’on gagne. Il y a une vraie incertitude. Mais on sait qu’au cours des vingt dernières années, où l’on a déjà assisté à une numérisation, le volume global de l’emploi a plutôt augmenté», souligne Marie-Claire Carrère-Gée, présidente du COE.
Sergine Dupuy a créé Beeboss, start-up qui propose aux géants de la distribution les services d’autoentrepreneurs afin de compléter leur offre mais qui s’adresse aussi aux particuliers qui préfèrent payer pour s’offrir des services. Pour elle, «la digitalisation ne va pas exiger des caissières qu’elles se mettent à développer des algorithmes, elle va permettre, par exemple, de proposer une nouvelle offre de services grâce à des plateformes de mise en relation pour monter des meubles, faire des courses pour des personnes âgées, etc. Le service à la personne est une mine et il offre aussi des opportunités de travail pour les personnes peu qualifiées. Le digital développe également le commerce». Bref, le champs des emplois à créer est vaste. Et la réponse à cette destruction n’est donc pas que technologique. «Les technologies vont même peut-être aider à maintenir certains emplois ou leur redonner vie. Grâce aux plateformes de mise en relation, un concept a été développé pour permettre aux agriculteurs de partir en vacances tranquillement pendant que quelqu’un trait les vaches», raconte Sergine Dupuy.
Mais pour les «techno-pessimistes», ce phénomène de destruction créatrice s’enraye. D’une part parce que, contrairement à la précédente révolution industrielle, celle que nous vivons aujourd’hui n’a qu’un faible effet sur la croissance, qui ne décolle pas. Ensuite, parce que les progrès de l’intelligence artificielle sont tels que peu à peu, les outils ne sont «plus seulement au service de l’homme, ils prennent une partie des décisions, s’adaptent à notre subjectivité et pourront faire parfois mieux que les hommes lorsque le travail sera trop complexe», analyse le philosophe Raphaël Liogier, auteur de «Sans emploi: condition de l’homme post-industriel».
Pilotes automatiques, aspirateurs intelligents, big data…: étant donné que «la machine remplacera l’homme non plus seulement sur des tâches d’exécution», il existe «une forte probabilité pour que le solde net d’emplois crées par rapport aux emplois détruits soit négatif», prédit aussi la fondation Jean-Jaurès.
Plus qu’en professions supprimées, Raphaël Liogier pense en terme de tâches au sein des métiers: presque toutes seraient selon lui impactées, et plus seulement celles considérées comme «ingrates».
Anticiper les mutations
Conséquence: le travail va se «fragmenter». «Ce qui n’empêche pas de nouvelles activités de se libérer, mais elles ne seront plus structurées comme des emplois» classiques, «correspondant à un espace-temps donné et à un contrat de travail exclusif», selon ce défenseur du revenu universel.
Les nouvelles technologies créent une véritable révolution mais pas seulement dans la suppression ou la création d’emplois. «Le monde du travail évolue au niveau du lien de surbordination, des temps de loisirs, du cumul des sources de revenus», énumère la patronne de Beeboss pour qui «c’est normal d’être sur la défensive. Mais quand on y réfléchit, si pour moi, aujourd’hui, c’est destructeur, pour le collectif, demain, cela permet le développement de business qui créent des emplois».
En gros, «la technologie ne génère pas une raréfaction du travail mais une mutation», appuie Nicolas Bouzou. La preuve: des pays comme la Corée ou la Suisse, bien plus robotisés que la France, affichent un chômage très bas.
L’enjeu principal réside dans l’anticipation de ces mutations, la nécessité de la formation, l’acceptation de redevenir un débutant dans certains cas et l’ouverture à de nouvelles perspectives.
::: ENTREPRISES
LES ECHOS – 16/02/2017
Outre-mer : de nouveaux marchés en vue pour les PME et TPE
Chantier BTP, travaux de renforcement de l’appontement de la Pointe Simon du Grand Port maritime de Martinique a Fort de France.
Travaux realises par l’entreprise Balineau.
La loi Egalité réelle outre-mer prévoit de réserver 30 % des marchés publics aux PME locales. Le dispositif est déjà en cours d’expérimentation sur l’île de la Réunion.
Le marathon parlementaire vient de s’achever pour la loi Egalité réelle de la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts. Le texte, qui ambitionne de combler le fossé économique entre la métropole et les DOM-TOM, n’en est pas ressorti indemne ; il aura été maintes fois réécrit. Son article 19, qui instaure un « small business act » (ou stratégie du bon achat) en faveur des PME ultramarines, a toutefois réussi son examen de passage.
Après moultes tergiversations, les parlementaires l’ont jugé susceptible de passer sous les fourches caudines du droit européen. Et ce alors qu’il grave noir sur blanc la préférence locale en permettant aux pouvoirs publics ultramarins volontaires (Etat et collectivités) de réserver 30 % de leurs marchés aux entreprises locales. Quelques garde-fous ont été placés par les législateurs : cette préférence ne devra pas excéder en volume 15 % du montant annuel moyen des marchés du secteur au cours des trois dernières années. Et l’expérimentation se limite à cinq ans.
Un vrai coup de pouce
Pour les TPE ultramarines, qui constituent aujourd’hui le gros d’un tissu économique local qui continue à s’industrialiser, c’est potentiellement un vrai coup de pouce. « Si les créations sont nombreuses, la durée de vie des entreprises est relativement courte. L’environnement économique explique pour partie cet état de fait : le marché, relativement étroit, est soumis à une forte concurrence, parfois déséquilibrée. Nous souhaitons augmenter la part de marché des PME ultramarines et renforcer leur durée de vie », a fait valoir la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts. Trop éloignées pour gagner les marchés publics de la métropole, les TPE ultramarines n’ont pas davantage accès à ceux des pays voisins, ultraprotectionnistes. Les entreprises du BTP sont les premières touchées par ce déséquilibre.
Au delà du quota, l’objectif est d’accompagner les PME dans la conquête de marchés. Et de redonner de la latitude aux collectivités ultramarines, très frileuses à l’idée de déplaire à Bruxelles. « Les responsables de la commande publique sont avant tout des juristes préoccupés de protéger leur collectivité. Avec ce « small business act », ils vont devenir des agents du développement économique de leur territoire », se réjouit Fabrice Thibier, secrétaire général de l’Association pour le développement industriel de la Réunion.
Plans de sous-traitance
A l’heure actuelle, bon nombre de marchés publics sont attribués à de grands groupes, qui soit sous-traitent à des entreprises locales, soit envoient sur place leurs équipes. La loi leur imposera, en cas de marché supérieur à 500.000 euros, de présenter dès la phase de candidature, leur plan de sous-traitance et les modalités de participation des PME ultramarines. « Elles seront en meilleure position pour négocier que dans la situation actuelle, où les entreprises choisissent leur sous-traitant après avoir gagné le marché et leur mettent ainsi le couteau sous la gorge » estime Dominique Vienne, président de la confédération des PME (CPME) Réunion.
En revanche, nombre de grands groupes continueront à envoyer des équipes sur place, puis à les rapatrier une fois le marché exécuté… sans que l’île en tire le moindre bénéfice. « Il y a un enjeu de qualification de la main d’oeuvre ultramarine que la loi ne résoud pas. Or le marché public pourrait-être un levier, si l’on cessait de privilégier le critère du prix. Insérons de vraies clauses de formation, comme il en existe pour l’insertion », martèle Stéphane Lambert, le patron du Medef de Guyane, qui estime que « la loi est un premier pas mais ne va pas assez loin. »
Un point de vue partagé par de nombreux responsables patronaux ultra-marins. « Il faut aller au delà des belles intentions » confirme Didier Fauchard, le président du Medef Réunion. « Trois sujets n’ont pas été abordés : les délais de paiements des collectivités, l’accompagnement des PME et l’évaluation de cette expérimentation.
Laurence Albert et Bernard Grollier
LA TRIBUNE – 16/02/2017
Automobile : le bénéfice net de Valeo a bondi en 2016
Valeo, dont le chiffre d’affaires a crû de 14% à 16,52 milliards d’euros l’année dernière, s’est félicité d’une accélération des prises de commandes de 17% à 23,6 milliards d’euros
Les profits de l’équipementier automobile français sont venus s’établir juste en dessous d’un milliard d’euros l’an dernier, grâce à une progression des ventes de 11% et d’une forte croissance en Asie.
L’équipementier automobile français Valeo a publié jeudi un bénéfice net en progression de 27% pour 2016, à 925 millions d’euros, fruit de ventes en forte hausse et d’une nouvelle amélioration de la rentabilité.
Valeo, dont le chiffre d’affaires a crû de 14% à 16,52 milliards d’euros l’année dernière, s’est en outre félicité d’une accélération des prises de commandes de 17% à 23,6 milliards d’euros, « confirmant la capacité du groupe à croître structurellement à un rythme supérieur à celui de la production automobile », selon un communiqué. La marge opérationnelle a quant à elle gagné 0,4 point à 8,1% et Valeo a généré un flux de trésorerie libre, indicateur très surveillé dans l’industrie automobile, de 661 millions d’euros (+17%).
Forte croissance en Asie
La progression des ventes a été de 11% à périmètre et changes constants. Les changes ont eu peu d’incidence sur l’année et les trois points supplémentaires de croissance proviennent de l’intégration de deux sociétés allemandes, Peiker (électronique embarquée) et Spheros (air conditonné pour autobus). L’activité « première monte », c’est-à-dire les pièces livrées aux constructeurs pour installation sur des véhicules dans leurs usines, s’est avérée la plus dynamique, avec une croissance organique de 12% à 14,4 milliards d’euros, soit 87% du chiffre d’affaires.
Si l’Europe représente presque la moitié des débouchés commerciaux de Valeo dans cette branche (7 milliards d’euros, +11%), c’est l’Asie qui a connu la croissance la plus importante (+17%), portant les ventes à 3,9 milliards. Cette dernière région a bénéficié d’un bond de l’activité de 22% en Chine, premier marché automobile mondial, le reste du continent progressant de 11%, toujours à changes constants.
Les régions Amérique du Nord (3,1 milliards d’euros, +8%) et Amérique du Sud (296 millions, +7%) sont également dans le vert. Toutes les régions croissent pour Valeo à un rythme bien supérieur à la production automobile.
De l’optimisme en 2017
Pour cette année, l’entreprise dirigée par Jacques Aschenbroich se fixe le but d’une « croissance de son chiffre d’affaires supérieure de plus de 5 points à celle du marché » (8 points réalisés en 2016) ainsi qu’une « légère hausse de la marge opérationnelle » en pourcentage du chiffre d’affaires et avant acquisitions.
Elle a en outre prévu de diffuser le 28 février, à l’occasion d’une journée investisseurs, de nouveaux objectifs à moyen terme. Jusqu’ici, Valeo visait pour 2020 un chiffre d’affaires de 20 milliards d’euros et une marge opérationnelle entre 8 et 9%.
L’OPINION – 16/02/2017
Petits arrangements (entre amis) pour le sauvetage d’Alstom Belfort
La SNCF, qui n’avait rien demandé, va finalement acquérir les 15 rames de TGV promises à Alstom par le gouvernement
Abracadabra. La commande des 15 rames de TGV promises à Alstom par l’État en octobre dernier pour sauver l’usine de Belfort aura bien lieu. Mais pas suivant le schéma initial. À l’origine, Bercy devait financer directement l’investissement et affecter les rames à la ligne Intercités Bordeaux-Marseille en attendant l’hypothétique mise en service des lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse et Montpellier-Perpignan quelques années plus tard. Un plan ubuesque qui posait manifestement des problèmes juridiques, ce qui a conduit à sa révision.
C’est finalement la SNCF, et non son actionnaire, qui va payer la facture. L’exploitant des TGV qui n’avait rien demandé devra débourser entre 470 et 480 millions d’euros pour honorer la promesse publique. Les 15 rames livrées à partir de 2018 ne rouleront pas sur des lignes normales « ce qui paraissait peu cohérent », a admis mercredi un porte-parole du groupe. Elles seront affectées à la ligne à grande vitesse Bordeaux-Paris.
Sauver la face. Ce petit arrangement permet à toutes les parties de sauver la face. Alstom aura bien sa méga-commande, qui évitera le transfert de 400 salariés de Belfort vers d’autres sites voisins du groupe. La SNCF fait contre mauvaise fortune bon cœur en vantant « l’équilibre » de l’opération : ces 15 nouvelles rames à deux étages permettront d’économiser 150 millions d’euros prévus pour rénover 24 vieilles rames. Les coûts de maintenance d’un parc TGV plus homogène seront allégés de « plusieurs centaines de milliers d’euros ». Last but not least, Bercy a promis de réduire de 70 millions d’euros par an pendant 5 ans (à compter de 2017) la contribution que paye l’entreprise pour financer le déficit des lignes Intercités.
Le compte est à peu près bon pour l’entreprise dirigée par Guillaume Pepy, à condition que les promesses ne changent pas d’ici cinq ans. Quant à l’État, il a réussi à refiler le mistigri et peut se targuer de tenir son engagement industriel.
::: SOCIAL
LE POINT – 16/02/2017
Vers la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle
Le burn-out toucherait « des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de personnes », selon le député Gérard Sebaoun.
Des députés proposent que le syndrome d’épuisement professionnel soit reconnu ainsi que la création d’une agence nationale de la santé psychique au travail.
Le burn-out pourrait être reconnu comme maladie professionnelle. C’est en tout cas ce que propose mercredi une mission parlementaire. Pour mieux appréhender cette « réalité grandissante », elle propose aussi la création d’une agence nationale de la santé psychique au travail. Pour Gérard Sebaoun, député PS du Val-d’Oise et rapporteur d’une mission d’information à propos du syndrome d’épuisement professionnel, « les réponses qui ont été données jusqu’à aujourd’hui à cette réalité sont a minima insuffisantes, voire inadéquates ».
« Nous avons encore des difficultés à prendre en compte cette nouvelle souffrance psychique et notamment à la prévenir », a-t-il déclaré lors de la présentation des 27 propositions de la mission, devant la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale. Le burn-out toucherait « des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de personnes », selon Gérard Sebaoun. Mais il n’existe aucune étude épidémiologique spécifique sur le sujet. L’INVS, devenu Santé publique France, évaluait à 30 000 le nombre de travailleurs touchés, sur la période 2007-2012.
25 % de taux d’incapacité
Actuellement, le burn-out n’est pas reconnu dans le tableau des maladies professionnelles. Seuls des comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles peuvent statuer au cas par cas. Cependant, un seuil de 25 % de taux d’incapacité permanente est requis, un « verrou » qui « limite » le nombre de dossiers reconnus (418 en 2015), a regretté Gérard Sebaoun, à l’instar de nombreux professionnels. Après avoir auditionné une centaine de personnes, la mission propose donc « une expérimentation de l’abaissement » à 10 % de ce taux, voire « sa suppression ». Anticipant une « affluence de dossiers », elle demande « d’améliorer considérablement les moyens » des comités. Insistant sur le « problème de définition » du burn-out, le président de la mission, Yves Censi, député LR de l’Aveyron, a prévenu qu’il « sera très important d’être précis » et « ne pas tomber dans les confusions » avec d’autres pathologies : surmenage, anxiété, dépression, etc.
Pour « approfondir les connaissances », la mission suggère également de créer un « centre national de référence consacré à la santé psychique au Travail », placé sous l’autorité de Santé publique France, et d’évaluer le coût économique et social, « astronomique », des pathologies psychiques liées au travail. Il avait été chiffré en 2007 à entre 2 et 3 milliards par an « rien que pour le stress au travail », selon Gérard Sebaoun. Autre proposition : protéger les médecins, notamment du travail, pour qu’ils ne soient pas attaqués par les employeurs lorsqu’ils établissent un lien entre la pathologie et les conditions de travail.
« Stage ouvrier » pour les managers
Les députés souhaitent également faire de la prévention des risques psychosociaux (RPS) un sujet de négociation obligatoire dans les entreprises où la santé au travail « doit devenir un élément clef de la stratégie ». Ils suggèrent aussi d’obliger les managers à effectuer un stage parmi les salariés, sur le modèle des « stages ouvriers », afin de se rendre compte de leurs conditions de travail. Enfin, elle recommande une certification des cabinets spécialisés dans les RPS.
Ce travail parlementaire s’inscrit dans la suite de la loi Rebsamen, qui, en août 2015, avait simplifié la procédure d’accès aux comités régionaux d’évaluation. Un groupe de parlementaires socialistes, emmenés par Benoît Hamon, en était à l’origine. La reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle est inscrite dans le programme du candidat PS à la présidentielle.
::: POLITIQUE
L’OPINION – 16/02/2017
DOM-TOM : le Medef veut peser dans la présidentielle
L’organisation patronale expose ses revendications pour l’outre-mer, dont elle juge le potentiel économique mal exploité.
A quelques semaines de la présidentielle, le Medef veut faire entendre la voix du patronat ultramarin. L’organisation présidée par Pierre Gattaz a publié fin janvier un Livre blanc baptisé « Outre-mer 2020 », état des lieux de la situation économique des territoires d’outre-mer et plaidoyer énergique en faveur d’une nouvelle salve de réformes. « Ce sont des territoires malmenés, alors qu’ils sont en réalité des joyaux oubliés, avec des potentiels de croissance faramineux entre l’économie bleue, la biodiversité, le tourisme, le numérique et les énergies renouvelables », a assuré Pierre Gattaz, lors de la journée de présentation réunissant les représentants patronaux ultramarins. Entre autres aspirations communes, celle d’une fiscalité plus favorable, allégée en charges, qui leur permette de rivaliser avec les pays voisins. Les ultra-marins plaident aussi pour davantage de simplification administrative et des investissements plus poussés dans les infrastructures (transports) qui affichent parfois de sérieux retards.
Un « socle commun » qui ne les empêche pas de réclamer du sur-mesure pour chaque territoire : le maintien de l’octroi de mer (taxe spécifique aux outre-mer sur les produits importés)pour Bernard Edouard, patron du Medef Martinique, un hub portuaire à Saint-Pierre-et-Miquelon, des équipements pour le numérique à La Réunion – seule île à être labellisée French Tech -, ou encore une zone franche à Mayotte, où le coût du travail, supérieur à celui des pays voisins, « devrait encore grimper en 2018 de 15 à 40 % avec la mise en oeuvre du Code du travail », selon le président du Medef local, Thierry Galarme. « Ces voix doivent être entendues », a martelé Pierre Gattaz.
Message aux prétendants
Message aux prétendants à l’Elysée, souvent enclins à choyer l’outre-mer pendant leur campagne. Mais pas uniquement : présente lors de la présentation du Livre blanc, Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer, en a fait une mise au point. « Durant ce mandat, nous avons fait beaucoup de choses pour ces territoires blessés par le chômage. En matière fiscale, nous sommes déjà dans des dispositions particulières, favorables. On peut toujours faire plus, mais on a déjà fait beaucoup », a indiqué la ministre. « Il faut désormais essayer de requestionner ces aides économiques à la lumière des particularismes de chaque territoire, savoir pourquoi certains dispositifs ne marchent pas et les corriger, car ils décrédibilisent l’action publique mais aussi les entreprises, qui peuvent être taxées de chasseurs de primes. »
LE FIGARO – 16/02/2017
Les professions libérales veulent une fiscalité adaptée aux petites entreprises
Le Président de l’UNAPL, Michel Chassang, rappelle que les médecins, avocats, architectes etc. représentent un million d’entreprises et deux millions d’actifs
L’Union nationale des professions libérales (l’UNAPL) présente jeudi ses 20 mesures pour le prochain quinquennat.
Faire des petites entreprises l’étalon des normes sociales et de la fiscalité. C’est le fil rouge des vingt propositions de l’Union nationale des professions libérales (UNAPL) aux candidats à la présidentielle, que Le Figaros’est procurées. «Ce que nous connaissons à ce jour des programmes nous inquiète: rien ne montre que les candidats ont une bonne connaissance des entreprises, et surtout des plus petites d’entre elles», revendique Michel Chassang, son président. Bien que nouvelle adhérente de l’organisation patronale U2P, qui regroupe aussi les artisans, l’UNAPL a développé des propositions spécifiques. Et pour cause. «Nous, libéraux, ne sommes pas considérés comme des entreprises, alors que nous en sommes!», souligne Michel Chassang, qui rappelle que les médecins, avocats, architectes, etc. représentent un million d’entreprises et deux millions d’actifs.
D’abord, l’UNAPL ne veut pas du prélèvement à la source. Pas question que la retenue de l’impôt sur le revenu sur le salaire vienne perturber la bonne marche des petites entreprises. «Évoquer le secret fiscal face à un chef d’entreprise qui n’emploie qu’un seul salarié, c’est ubuesque, critique Michel Chassang. Nous ne pourrons pas faire autrement que connaître la situation fiscale de nos collaborateurs en appliquant le taux de prélèvement envoyé par le fisc!» L’UNAPL appelle à transformer la réforme par un acompte mensuel obligatoire prélevé sur le compte en banque des contribuables.
Mais l’organisation réclame surtout une baisse de la fiscalité sur les libéraux. D’abord, via un abattement de 5,33 % sur les bénéfices imposables des entreprises individuelles soumis à l’impôt sur le revenu. «Un avantage équivalant à la trajectoire de baisse de l’impôt sur les sociétés de 33,33 % à 28 % d’ici à 2020 décidée par le gouvernement», précise Michel Chassang. En un mot, l’UNAPL veut que la fiscalité soit équitable, quelle que soit la structure d’exercice – et donc le mode d’imposition – choisi. Les libéraux veulent aussi que soit «au moins» relevé le seuil d’assujettissement à la taxe sur les salaires. Cette fiscalité, qui s’applique aux entreprises non assujetties à la TVA, pèse surtout sur les professions de santé.
Risque prud’homal
Les libéraux regrettent par ailleurs qu’une des recommandations du rapport Grandguillaume de 2013 sur l’entreprise individuelle ait été enterrée par le gouvernement. À savoir, créer un taux forfaitaire de prélèvement de 15 % sur la part des bénéfices qui est réinvestie dans l’entreprise. Cette mesure serait à même de créer des emplois, défend l’UNAPL. De même, l’organisation aimerait que les TPE (très petites entreprises) et PME puissent créer des provisions pour risque prud’homal. Une disposition de la loi travail censurée par le Conseil constitutionnel pour vice de forme.
Le risque de se faire condamner aux prud’hommes est en effet particulièrement important pour les petits patrons et les libéraux, insiste Michel Chassang. «Il est quasiment certain qu’à un moment ou à un autre, nous ne respectons pas l’une ou l’autre de ces innombrables règles, car nous ne pouvons pas toutes les connaître, explique le médecin. Et pour cause, le droit du travail, illisible, a été modelé sur mesure pour les seules grandes entreprises et pas pour les petites.» L’UNAPL réclame ainsi que les accords de branche prévalent sur les accords d’entreprise, que les TPE n’ont pas les moyens de mettre en place. Elle s’oppose en cela au Medef, défenseur de l’accord d’entreprise.
Pour faire valoir ses propositions, l’UNAPL rencontrera un par un tous les candidats à la présidentielle d’ici à la mi-avril.
LES ECHOS – 16/02/2017
Macron vise 60 milliards d’économies sur le quinquennat
+VIDEO. EXCLUSIF. Le leader d’En marche finalise son cadrage budgétaire qui sera présenté mercredi prochain.La masse salariale de l’Etat et les dotations aux collectivités sont les principaux gisements d’économies identifiés.
Emmanuel Macron entre dans le vif du sujet. Dans une semaine, le candidat d’En marche à l’Elysée présentera le cadrage budgétaire de son programme présidentiel, avant la présentation de celui-ci le 2 mars. Le voile se lève peu à peu sur ses projections en matière budgétaire, alors que le candidat reste très attaqué par François Fillon et Marine Le Pen, notamment sur sa supposée « absence de programme ». Selon nos informations, l’ancien ministre de l’Economie ambitionne de faire baisser sur le prochain quinquennat de trois points de pourcentage le ratio des dépenses publiques par rapport au PIB, actuellement proche de 56,5 %. Trois points qui signifient environ 60 milliards d’euros d’économies. A un horizon plus lointain, l’objectif d’Emmanuel Macron est de faire descendre ce taux à 50 %. « La France est le mauvais élève en Europe dans ce domaine, elle doit retrouver sa crédibilité », assure un proche du candidat. « Tout en le faisant à un rythme acceptable et en préservant notre modèle social », ajoute un autre.
En tablant sur soixante milliards d’économies sur cinq ans, Emmanuel Macron s’inscrit peu ou prou dans les pas de son ancien mentor, François Hollande. Celui-ci avait annoncé 50 milliards d’économie sur trois ans (2015-2017). Il devrait au final n’en réaliser que 40 milliards au mieux. L’ancien ministre de l’Economie veut donc s’attaquer lui aussi au problème, alors même que des nouvelles difficultés s’annoncent pour le futur locataire de l’Elysée. La remontée du loyer de l’argent est attendue à moyen terme, alors que « 40 % de la réduction du déficit intervenue depuis 2011 était due à la baisse des taux d’intérêt », selon Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes. Ce dernier a aussi mis en garde contre l’emballement de la dynamique salariale des administrations publiques, du fait de mesures de revalorisation des carrières et du dégel du point d’indice. « L’augmentation de la masse salariale de l’Etat devrait être équivalente pour 2017 au total de l’évolution intervenue entre 2011 et 2016 », a averti Didier Migaud.
Signe de l’importance de ce dossier, Emmanuel Macron a identifié cette masse salariale des agents de l’Etat – proche des 85 milliards d’euros – comme l’un de ses deux grands postes d’économies. Le deuxième doit passer par une nouvelle réduction des dotations aux collectivités locales, un classique des gouvernements depuis quelques années. Pour l’instant, il n’est pas question de toucher au système de retraite, pourtant le premier levier invoqué à droite pour faire des économies. D’ici à mercredi et la présentation de ce cadrage, des derniers arbitrages peuvent toutefois encore avoir lieu au sein de l’équipe « programme » du candidat, emmenée par Jean Pisani-Ferry, qui a quitté en janvier France Stratégie pour rejoindre le candidat d’En marche.
Emmanuel Macron s’est aussi imposé des règles limitant ses marges de manoeuvre : pas d’augmentation de la pression fiscale, et donc pas de hausse de la TVA, et maintien du déficit public sous la barre des 3 % du PIB, objectif prévu cette année. Cela donne au final un effort d’assainissement budgétaire qui le place à mi-chemin des Républicains et du PS : François Fillon a promis 100 milliards d’économies, quand, à l’inverse, Benoît Hamon ne s’est pas aventuré du tout sur ce terrain, lui qui ne prévoit pas de respecter de toute façon la règle européenne des 3 % de déficit.
VIDEO – Emmanuel Macron vise 60 milliards d’euros d’économies : http://www.lesechos.fr/elections/presidentielle-2017/0211803800132-macron-vise-60-milliards-deconomies-sur-le-quinquennat-2065250.php
Gregoire Poussielgue et Renaud Honoré
LE FIGARO – 16/02/2017
Fillon installe sa campagne sur le terrain de la sécurité
Le candidat de la droite à la présidentielle propose d’abaisser la majorité pénale à 16 ans.
Inaudible, François Fillon? Le candidat de la droite à la présidentielle entend prouver que ni les affaires, ni les manifestations qui troublent ses déplacements ne l’empêcheront plus longtemps de mener campagne. Il a souhaité en faire la démonstration mercredi avec une visite dans l’Oise centrée sur la sécurité. Le contexte s’y prête dramatiquement avec les suites de l’affaire Théo et les débordements qui ont touché plusieurs communes de la banlieue parisienne. Jeudi dernier, déjà, le candidat de LR avait échangé avec des policiers municipaux d’Athis-Mons (Essonne), promettant une grande réforme de la sécurité, avec la création d’un ministère de la Sécurité nationale et 12 milliards d’euros débloqués pour la défense, la police et la justice.
Mais François Fillon n’entend pas en rester là. Car c’est notamment sur les questions régaliennes que le candidat espère marquer des points alors qu’il se trouve en difficulté dans les sondages. D’abord face à Marine Le Pen, dont c’est l’un des thèmes de prédilection. La présidente du FN bénéficie d’un fort crédit auprès des Français sur les sujets relevant de l’autorité et d’un terreau favorable chez les forces de l’ordre. Une étude du Cevipof publiée cet automne indiquait qu’un policier sur deux avait déjà voté pour le FN par le passé et que 57 % d’entre eux déclaraient être prêts à glisser dans l’urne un bulletin Marine Le Pen en 2017. Le député de Paris espère également rattraper son retard sur Emmanuel Macron qui, lui aussi, a prévu de consacrer l’essentiel de son déplacement en Provence-Alpes-Côte d’Azur, vendredi et samedi, au sujet.
Dès son arrivée à Compiègne (Oise), jeudi, le candidat a donc martelé son credo. «Président de la République, je soutiendrai les policiers, a-t-il lancé. Il y a eu des événements à Aulnay-sous-Bois ; si une faute a été commise, elle doit être sanctionnée. Mais cela ne doit pas faire oublier le travail effectué par les policiers.» Les grandes lignes du projet de l’ex-premier ministre concernant la sécurité sont connues depuis longtemps : dépénalisation des petits délits (remplacés par des amendes), exécution effective des peines, construction de 16 000 places de prison, généralisation de l’armement des policiers municipaux et plus forte coordination de ces agents avec ceux de la police et de la gendarmerie nationales.
À Compiègne, le candidat a ajouté une nouvelle mesure. Il s’agit de l’abaissement de la majorité pénale à 16 ans, au lieu de 18 ans actuellement. «Si les nouveaux délinquants mineurs se conduisent comme des adultes délinquants, il convient de les traiter comme tels en supprimant l’excuse de minorité et en abaissant la majorité pénale à 16 ans, explique le candidat. Concrètement, il n’y aura donc plus d’excuse de minorité pour le délinquant de 16 ou 17 ans qui commettra un délit ou un crime. Il sera jugé pour ses actes, comme un adulte.» Pour cela, il faudrait «remettre à plat de manière radicale les ordonnances du 2 février 1945 sur les mineurs», explique un proche du candidat, en reconnaissant que ce ne sera «pas facile».
La mesure prête à débat à droite et ce depuis longtemps. Nicolas Sarkozy l’avait défendue en 2006, François Fillon premier ministre l’avait même inscrite au programme de la session extraordinaire de l’été 2007. Mais le projet de réforme a été remisé et le gouvernement s’est montré sourd aux demandes des députés UMP qui s’étaient mobilisés sur la question en 2011. Durant la campagne de la primaire, en 2016, Nicolas Sarkozy avait à nouveau défendu l’abaissement de la majorité pénale, sans que ses concurrents ne le suivent. «François Fillon ne s’était pas prononcé sur la question jusqu’à présent», précise un proche de l’ex-premier ministre. Certains fillonistes se montrent même réservés sur la question. «Abaisser l’âge de responsabilité pénale et assouplir le Code du travail pour favoriser l’intégration professionnelle des adolescents conduit naturellement à poser la question de la majorité civile et de l’extension du droit de vote à 16 ans», s’inquiète un parlementaire. «J’ai très longtemps hésité sur cette mesure, mais elle est aujourd’hui indispensable compte tenu de la montée de la violence des mineurs», a expliqué François Fillon jeudi.
Quelques heures après le déjeuner de Nicolas Sarkozy et de son ex-premier ministre, l’ajout de cette proposition a également une valeur symbolique. Il fait figure de bonne manière à l’égard des sarkozystes qui restent nombreux à trouver que François Fillon ne leur prête pas assez attention. Ce n’est qu’un début. Dans les jours qui viennent, et notamment lors du déplacement qu’il effectuera vendredi à Tourcoing (Nord), il devrait faire à nouveau des propositions concernant les effectifs de police cette fois.
LE FIGARO – 16/02/2017
Valérie Pécresse : «Il y a un déni de réalité sur l’âge des auteurs de violences»
INTERVIEW – Pour enrayer les violences urbaines, la République doit, selon la présidente LR de la région Ile-de-France, reconquérir ses quartiers en éloignant les auteurs de violences de «leurs territoires».
LE FIGARO. – L’actualité des violences en banlieue parisienne vous fait «pousser un cri d’alarme». Lequel?
Valérie PÉCRESSE. – Il est urgent de prendre conscience de l’ampleur de ce qui est en train de se passer à Paris et en banlieue car il ne s’agit pas de commenter des incidents isolés mais d’organiser une vraie résistance contre la loi des bandes qui s’oppose aujourd’hui à la loi de la République. Le gouvernement dissimule la gravité de la situation. Des dizaines de communes ont été touchées par des casseurs. Dans la nuit de samedi, la préfecture a interdit aux bus de circuler dans tout le département de Seine-Saint-Denis, une décision jamais prise auparavant. Des milliers de Franciliens ont ainsi été empêchés de se déplacer. La gauche est dans un double déni, à la fois sur le constat et sur les solutions.
Que préconisez-vous?
Commençons par ouvrir les yeux et prendre la mesure de ce qui se passe pour poser un diagnostic lucide car ce n’est pas un problème ponctuel: la contestation de l’ordre établi s’étend, ça couve… Il faut mettre un terme à la loi des bandes et des groupuscules qui, sur fond de trafics divers et de communautarisme, font se replier les quartiers sur eux-mêmes. Ils livrent une guerre pied à pied, de territoire, contre tout ce qui incarne l’autorité, le policier, le pompier, mais aussi le maire ou le professeur… en instrumentalisant les plus jeunes. Certes, la police doit être exemplaire et tout dérapage immédiatement sanctionné, mais il faut aussi saluer l’extraordinaire courage et dévouement des forces de sécurité nationales et municipales aujourd’hui confrontées à la violence au quotidien. La République doit reconquérir ces territoires, en abordant sans tabou la question essentielle des mineurs. Chaque candidat à la présidentielle devra faire des choix clairs.
Des mineurs qui feraient l’objet, selon vous, d’un autre déni…
Oui, il y a un déni de réalité sur l’âge des auteurs de violences: ils sont aujourd’hui de plus en plus jeunes. Je reviens de Bobigny où dans la nuit de samedi à dimanche, une cinquantaine d’ados de 12 à 16 ans ont chargé une voiture de la police municipale, blessant à coups de pierres des agents, puis vandalisé et pillé des commerces. Ce sont encore ces jeunes bandes qui s’introduisent dans les établissements scolaires pour commettre des violences sur les proviseurs et les enseignants, comme on l’a vu récemment au Tremblay, à Saint-Denis ou dans le XXe arrondissement de Paris. C’est une bombe à retardement pour l’avenir, une génération qu’on est en train de perdre.
Quelles mesures?
Il faut mettre fin à l’excuse de minorité qui conduit les mineurs à se considérer comme «intouchables» par le juge avant 18 ans. Nous devons impérativement rescolariser les mineurs exclus du système scolaire pour des comportements violents ou des trafics dans des structures adaptées, et pas dans des collèges déjà fragiles. Il faut les contacter un par un et supprimer les allocations familiales en cas de refus de retour à l’école. Le ministère de l’Éducation nationale a le fichier des décrocheurs et refuse de le communiquer à la région pour qu’on puisse agir. Par ailleurs, on ne peut plus laisser les voyous les plus violents arrêtés par la police revenir dans leurs quartiers en attente de leur jugement, mais prononcer systématiquement des mesures d’éloignement. Enfin, plus aucun mineur ne doit être incarcéré dans une prison pour adultes. On sait que ce sont des lieux de recrutement du grand banditisme et du djihadisme. Quant aux réseaux sociaux dont le rôle est majeur, les enquêtes doivent permettre d’identifier et de sanctionner les auteurs des appels à la violence et ceux qui les relaient.
L’OPINION – 16/02/2017
Benoît Hamon : le malaise s’installe dans la campagne
Plusieurs députés se sont plaints du comportement, sur le terrain, des amis de Benoît Hamon.
Au cours d’une réunion houleuse à l’Assemblée, le cœur des députés socialistes a exprimé sa gêne face à un candidat qui préfère fuir la discussion avec les élus qui n’ont pas voté pour lui
Comme chaque semaine, les députés socialistes se sont réunis à huis clos mardi matin salle Victor Hugo, à l’Assemblée nationale. En l’absence du candidat socialiste à l’élection présidentielle, ils ont émis de nombreuses interrogations sur la campagne de Benoît Hamon, avec laquelle ils se retrouvent parfois en porte-à-faux.
Alors que la presse guettait en vain, mardi matin, l’explosion au sein du groupe LR à l’Assemblée nationale, c’est dans le huis clos du groupe socialiste que la déflagration s’est produite. Une semaine après le passage de Benoît Hamon devant les députés PS (une formalité expédiée par le candidat fraîchement investi en quarante-cinq minutes), une dizaine d’élus ont pris la parole ce mardi, pour dire enfin ce qu’ils avaient sur le cœur. « Nous avons eu ce matin une réunion de groupe… comment dire… agitée », reconnaissait mardi soir, au cours du pot de fin de session, Olivier Faure, président du groupe PS.
Loin de figurer parmi les partisans d’Emmanuel Macron (ces derniers, au nombre de trois ou quatre, se sont contentés de boire du petit-lait), les intervenants appartiennent à ce que l’on appelle couramment le « Marais ». Légitimistes, ils ont soutenu la politique de François Hollande durant le quinquennat, appelé à voter Manuel Valls à la primaire de la gauche, et s’apprêtent à entrer en campagne derrière le candidat socialiste, auquel ils n’ont rien à reprocher à titre personnel. Plutôt discrets, ils n’ont pas l’habitude d’intervenir en réunion de groupe.
En l’absence de Benoît Hamon, ils se sont adressés à ses représentants, Jean-Marc Germain, député des Hauts-de-Seine, codirecteur de campagne, et Régis Juanico, député de la Loire, et mandataire financier du candidat. « Cela a été très éruptif, tout le monde s’est lâché », témoigne un participant. « C’était une ambiance tendue et nerveuse, confirme un autre. Les députés sentent la pression de Macron dans leur circonscription, et ils ont le sentiment, face au danger, que Hamon ne fait pas le minimum d’efforts pour recoller les morceaux ». « Il n’y avait ni revanche, ni amertume, tempère un troisième. La question, c’est désormais comment on fait pour se rassembler ». « Les gens se demandent s’ils vont devoir distribuer des tracts dans lesquels ils se déjugent », complète un quatrième.
Les interventions des uns et des autres ont mis en lumière la difficulté de faire campagne pour un candidat minoritaire dans sa propre famille politique. Ainsi François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône, a-t-il fortement déploré la position de Benoît Hamon sur l’usine d’aluminium de Gardanne, qui rejette des boues rouges dans le parc national des Calanques. Là où l’ancien Premier ministre Manuel Valls avait donné cinq ans à l’industriel pour se mettre aux normes, Benoît Hamon a promis, durant la campagne interne, que lui Président, il fermerait l’usine.
Démarche à la Trump ! Ce qui met François-Michel Lambert, député de Gardanne, « très en colère ». Quelque 700 emplois, directs ou indirects, sont en effet concernés. « Benoît Hamon n’écoute ni son propre camp, ni les services de l’Etat, accuse-t-il. Dire Moi je sais, et faire fi de tous les rapports qui ont été rédigés sur le sujet, et des militants sur place, c’est une démarche à la Trump ! » Devant ses collègues, mardi matin, cet ancien député écologiste (il a rejoint le groupe PS en 2015) a fait état des notes envoyées au candidat PS sur le sujet, restées sans réponse. Il a souhaité que Benoît Hamon prenne ses distances avec le « délire médiatique » sur cette affaire, et « revienne vite à une démarche partagée ».
Autre député en colère, David Habib (Pyrénées-Atlantiques) est lui aussi monté au créneau, pour s’inquiéter de l’accord avec les Verts. Alors qu’en 2012, les écologistes de sa circonscription avaient appelé à ne pas voter pour lui au second tour, en dépit d’un accord national avec le PS leur assurant 17 sièges à l’Assemblée, le député redoute de voir les mêmes causes produire les mêmes effets en 2017. « On va offrir à Cécile Duflot la circonscription la plus confortable de France, mais les Verts vont-ils appeler à voter PS au second tour ? », a-t-il interrogé, ajoutant qu’il n’a « pas vocation à faire la courte échelle à des gens qui ne sont pas respectueux des accords ».
Plusieurs députés, comme Michèle Delaunay (Gironde) et Jean-Yves Le Bouillonnec (Val-de-Marne) se sont plaints du comportement, sur le terrain, des amis de Benoît Hamon. « Benoît nous demande d’être loyaux à son égard, je lui demande d’être loyal lui aussi à mon égard », a ainsi lancé l’ancienne ministre déléguée aux Personnes âgées, défiée à Bordeaux par le hamoniste Mathieu Rouveyre. Plus direct, le maire de Cachan a regretté la campagne que mènent contre lui, sur les réseaux sociaux, les hamonistes locaux. « Il faut que le candidat me dise si je suis un problème, a-t-il posé. Si je suis un obstacle, je ne me représenterai pas ».
Dame patronnesse. Le député vallsiste Malek Boutih (Essonne) a évoqué les incidents survenus à Bobigny durant le week-end, sur lesquels le candidat Benoît Hamon n’a guère été entendu. « Ces événements prouvent que la jeunesse de banlieue est prise en otage par les voyous et la racaille, a-t-il asséné. Il faut que la gauche arrête avec son discours de dame patronnesse, et condamne enfin la violence ».
Hugues Fourage (Vendée) a demandé « une clarification du candidat sur un certain nombre de sujets », comme le revenu universel, les dépenses budgétaires ou le 49.3 citoyen. Sur ce dernier point du programme de Benoît Hamon, David Habib a observé qu’il sera « difficile de faire campagne en Loire-Atlantique pour le 49.3 citoyen, alors que le premier geste du candidat est de bafouer le référendum sur Notre-Dame-des-Landes ».
Face aux critiques, les proches de Benoît Hamon n’ont guère apporté de réponses. « De toute façon, vous êtes libres de faire la campagne que vous voulez, on n’attend de personne qu’il ait le petit doigt sur la couture du pantalon », a répliqué en substance Jean-Marc Germain. Ce qui a fait bondir Catherine Beaubatie (Haute-Vienne). « Ce n’est pas cela un parti politique. Un parti, c’est un candidat, un projet, et chaque militant défend le projet », a-t-elle rappelé.
Depuis son investiture, Benoît Hamon fuit la confrontation avec les parlementaires de son camp. « Il ne faut pas oublier les 41 % de Manuel Valls, met en garde Hugues Fourage. C’est à lui de nous tendre la main ». « Il n’y aura pas assez de hamonistes pour faire le PS en entier », sourit Malek Boutih. « Il se prend pour Podemos, il ne veut pas se compromettre avec tout cela », croit comprendre un parlementaire. « On est en train de bien associer les parlementaires à la campagne », assure néanmoins Régis Juanico. Qui a eu mardi une altercation avec l’élu pro-Macron Jean-Louis Gagnaire (Haute-Loire), lui reprochant de « ne pas être à jour de ses cotisations au PS ». Un incident qui ne se reproduira pas : Olivier Faure a demandé mercredi matin aux « camarades qui soutiennent un autre candidat d’avoir la gentillesse de ne plus venir à nos réunions ».
LE PARISIEN – 16/02/2017
Présidentielle : et pendant ce temps, Marine Le Pen trace sa route
Nice (Alpes-Maritimes), lundi. La candidate du Front national, Marine Le Pen, en campagne sur un marché niçois.
Le fait du jour. Alors que la campagne présidentielle ne cesse de nous réserver des surprises, Marine Le Pen creuse son sillon, imperturbable.
Elle engrange, elle engrange… Pendant que François Fillon peine à sortir de la polémique Penelope, que Benoît Hamon en est encore à tenter de rassembler son camp et que les banlieues s’embrasent, Marine Le Pen, elle, déroule. Sans forcer, à son rythme, confortablement installée depuis des mois dans son statut de favorite pour le premier tour de la présidentielle. Sur elle, tout glisse. Elle refuse de rembourser les quelque 300 000 € que lui réclame le Parlement européen pour recouvrir les salaires perçus par des assistants parlementaires qui auraient en fait travaillé pour le FN. Las. La polémique ne prend pas.
A tel point que même ses adversaires politiques en sont désormais à brandir la menace : la candidate du Front national pourrait accéder aux plus hautes fonctions. Celle-là même qui, il y a une semaine, a battu le record d’audience de « l’Emission politique » sur France 2, avec plus de 3,5 millions de téléspectateurs. « On est tous emportés dans une logique politique qui conduit à Marine Le Pen. Attention à elle ! » a récemment averti Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS. « Si Mme Le Pen arrivait au pouvoir, ce serait la faillite au bout de six mois », martèle de son côté François Fillon.
Autant de postures qui, dans l’équipe de campagne de la candidate, font sourire : « C’est la preuve qu’on a gagné la bataille de la crédibilité : plus nos adversaires installent Marine au second tour, plus ils augmentent dans la tête des gens la possibilité que ça arrive », décrypte un membre de son staff. « Il y a encore quelques mois, on aurait pu se dire que l’impossible était impossible. Désormais, l’impossible est clairement possible », renchérit le vice-président du FN, Florian Philippot. « Elle a toujours fait le pari qu’avant la grande recomposition du paysage politique, il fallait passer par une décomposition. On est clairement là-dedans en ce moment », rajoute Philippe Olivier, chargé du pôle communication de la candidate.
Son programme : 100 à 200 milliards de dépenses nouvelles
Alors rue du Faubourg-Saint-Honoré (Paris VIIIe), au QG de campagne, on s’active. Depuis quelques jours, deux tracts, chacun tiré à plus de 4 millions d’exemplaires, sont sortis de presse : un sur la Sécurité sociale pour attaquer Fillon, l’autre de quatre pages pour présenter Marine Le Pen côté vie privée. A la fin du mois, la favorite des sondages entamera par ailleurs, à Nantes (Loire-Atlantique), sa tournée des Zénith, neuf d’ici au premier tour de la présidentielle. « Rien que pour ce premier rendez-vous, une quinzaine de cars de militants venus des départements voisins sont déjà réservés. La salle sera pleine », pronostique Jean-Lin Lacapelle, responsable du pôle mobilisation et militants.
Mais contrairement à 2012, ses grands-messes politiques avaient alors lieu le dimanche, elles auront, cette fois-ci, lieu le samedi. « C’est un choix très stratégique, poursuit Philippot. En s’exprimant le samedi, elle donne le ton du week-end à ses adversaires, notamment pour toutes les émissions politiques. Et on parlera d’elle autour du repas de famille du dimanche. »
Reste que le chemin qui mènerait à une hypothétique victoire est encore long. D’abord parce que Marine Le Pen — quel que soit son adversaire au second tour — est toujours systématiquement battue dans les sondages, et même de très loin. Mais aussi parce que la bataille de la crédibilité sur le terrain économique est pour elle loin d’être gagnée. Et encore moins depuis la présentation de son projet il y a dix jours à Lyon, 100 à 200 milliards de dépenses nouvelles sont envisagées pour renforcer la place et l’autorité de l’Etat, sans montants équivalents côté recettes.
Olivier Beaumont
::: INTERNATIONAL
LE FIGARO – 16/02/2017
Trump et Nétanyahou enterrent la «solution de deux États»
Les deux dirigeants envisagent d’inclure la question palestinienne dans un accord de paix régional.
L’apparition de Donald Trump et Benyamin Nétanyahou côte à côte à la Maison-Blanche mercredi a résumé le message principal de leur premier rendez-vous officiel: l’alliance israélo-américaine sort de l’ère glaciaire où l’avait plongée Barack Obama, soupçonné de penchants propalestiniens. Puisqu’il s’agit avant tout de «changer le théâtre politique de la relation», il importe peu que la conférence de presse commune ait précédé les entretiens entre les deux hommes.
Le président américain et le Premier ministre israélien n’en ont pas eu besoin pour affirmer le «lien indestructible» qui unit leurs deux pays, affichant des positions très proches sur l’Iran et sur le processus de paix au Proche-Orient. Donald Trump a de nouveau critiqué l’accord nucléaire avec Téhéran comme «le pire (qu’il) ait jamais vu», sans toutefois le dénoncer. «J’ai déjà pris de nouvelles sanctions et je ferai plus pour empêcher que l’Iran puisse jamais, jamais développer une arme nucléaire». Benyamin Nétanyahou a salué «sa clarté sur la nécessité de tenir tête au régime terroriste iranien».
Le «négociateur en chef» américain voit un accord de paix au Proche-Orient comme «le deal suprême». Il a confié cette «mission impossible» à son gendre, Jared Kushner, 36 ans, juif orthodoxe proche d’Israël et du mouvement des colons, qui connaît Nétanyahou, un ami de son père, depuis l’enfance. Ses premières consultations ont inclus des ambassadeurs arabes à Washington, en particulier celui des Émirats arabes unis, Youssef al-Otaiba. L’idée de Kushner est de voir plus grand que le rapport de force israélo-palestinien, diluant les complexités de la relation bilatérale dans un accord de paix israélo-arabe incluant l’Arabie saoudite et les monarchies du Golfe.
Trump et Nétanyahou ont confirmé le projet mercredi. «Il y a une chance de parvenir à un accord beaucoup plus large que simplement entre Israéliens et Palestiniens, englobant beaucoup d’autres pays», a déclaré le président, y voyant une stratégie «à laquelle personne n’avait pensé avant», quoi qu’elle reprenne l’initiative de paix arabe de 2005. «Pour la première fois, les pays arabes ne voient pas Israël comme un ennemi, mais de plus en plus comme un allié, a renchéri le Premier ministre. Il y a là une opportunité sans précédent que, je l’espère, nous pourrons saisir.»
Dans cette logique, la nouvelle Administration ne se sent plus tenue par la solution de deux États, qui forme le socle des efforts de paix depuis les accords d’Oslo de 1993. «Je peux vivre avec un ou deux États, a badiné Trump. J’aime celui qu’on a aujourd’hui.» Un haut responsable de la Maison-Blanche avait expliqué avant la rencontre: «Nous n’allons pas dicter les termes de la paix. Une solution de deux États qui n’apporterait pas la paix n’est pas un objectif que quiconque voudrait atteindre.» Reste-t-elle la voie privilégiée d’un règlement? «Peut-être, peut-être pas, ce n’est pas à nous d’imposer cette vision», dit l’entourage de Trump, rompant avec les trois Administrations précédentes.
Les dirigeants palestiniens ont accueilli avec inquiétude cette remise en cause. Le ministère des Affaires étrangères s’est ému «d’une inflexion dangereuse». Hanan Ashrawi, haut responsable de l’OLP, a dénoncé «une déclaration irresponsable qui ne fait pas avancer la paix». Saeb Erekat, qui a participé à toutes les négociations avec Israël depuis vingt-cinq ans, estime que «saper la solution des deux États serait un désastre et une tragédie tant pour les Israéliens que pour les Palestiniens». La «seule alternative», souligne-t-il en effet, «c’est un État démocratique et laïc dans lequel chrétiens, musulmans et juifs auront les mêmes droits» – sauf à créer «un régime d’apartheid inacceptable en 2017».
«Lever un peu le pied»
Aucun contact direct n’a encore eu lieu entre le locataire de la Maison-Blanche et le président palestinien, Mahmoud Abbas. Selon le quotidien Haaretz, cela n’a pas empêché Trump d’annoncer à Nétanyahou: «Les Palestiniens feront des concessions.» Le président américain a aussi appelé Israël à en faire: «J’aimerais vous voir lever un peu le pied» sur la colonisation, a-t-il dit au Premier ministre. Reprenant la terminologie en vigueur sous George Bush, un communiqué de la Maison-Blanche avait postulé la semaine dernière que l’extension des implantations juives en Cisjordanie n’est pas en soi «un obstacle à la paix», mais qu’elle «n’aide pas».
Quant au transfert de l’ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem, jusqu’ici reporté à l’avènement de la paix, «j’aimerais le faire et je me penche sur la question avec attention», a dit Trump. Mais ce «n’est pas une décision facile», a-t-il avoué au journal israélien Israel Hayom.
Philippe Gélie et Cyrille Louis
Vous souhaitant une bonne journée.
Cordialement,
Elena NATALITCH
Service Presse, Communication / Formation
251, bd Pereire – 75852 PARIS Cedex 17
Tél. : 01 40 55 12 43
Fax : 01 40 55 12 40
https://www.facebook.com/medef.idf
ftpAME2017-04-05T09:06:31+02:00Mots-clés : Actualité, Assurance ces dirigeants, MEDEF, Revue de Presse|
Présidentielle : le Medef présente ses doléances économiques et sociales
Unédic : les points durs de la négociation
Dette : le nouveau « rapport Pébereau » sonne l’alarme
Ceta : mythes et réalités autour d’un accord souvent mal compris
[gview file= »http://www.massy-europe.fr/wp-content/uploads/2017/03/MEDEF170215.pdf »]
ftpAME2017-04-05T09:07:25+02:00Mots-clés : Actualité, MEDEF, Revue de Presse|
::: ILE-DE-FRANCE
LE MONDE – 10/02/2017
L’Ile-de-France attend son nouveau préfet
Michel Delpuech, préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, pourrait succéder à Jean-François Carenco.
Qui sera le prochain préfet d’Ile-de-France ? Jean-François Carenco, qui occupe la fonction depuis le 4 mars 2015, doit être nommé, dans les prochains jours, par François Hollande président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Il succédera à Philippe de Ladoucette dont le mandat vient de s’achever. « J’ai sollicité cette nomination, confie M. Carenco, non parce que j’avais peur d’être viré au lendemain de la présidentielle, mais parce que je serai atteint dans un an par la limite d’âge de 65 ans pour les carrières préfectorales. » Le mandat à la tête de l’autorité indépendante chargée de l’accès aux marchés de l’énergie est de six ans.
Avant de signer le décret de nomination de M. Carenco, le président de la République devra avoir désigné son successeur, sans doute au prochain conseil des ministres. « Il n’y a rien de certain encore », s’obstinait à répondre, mercredi 8 février l’entourage du chef de l’Etat. Mais le choix de Michel Delpuech, préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes est qualifié de « possible » à l’Elysée. Ancien élève de l’Ecole nationale d’administration, M. Delpuech, est issu de la promotion Voltaire comme le chef de l’Etat.
A 64 ans, cette promotion serait pour lui un bâton de maréchal. M. Delpuech arrive au terme d’une carrière qui l’aura conduit à être notamment directeur du cabinet du préfet de police de Paris, Philippe Massoni, puis de son successeur Jean-Paul Proust, de 1999 à 2003 sous le quinquennat de Jacques Chirac. ll a été nommé préfet des Hauts-de-Seine en 2003 quand Nicolas Sarkozy était ministre de l’intérieur, avant de devenir préfet de Corse en 2006.
Dossiers chauds
Du coup, même s’il fait figure de favori au sein de l’exécutif, d’autres noms circulent. Dont celui du préfet de police de Paris, Michel Cadot. « Ce choix serait étonnant, car Cadot réussit bien dans sa mission actuelle », avance toutefois un grand commis de l’Etat. Serait également sur les rangs l’actuel préfet des Pays de la Loire, Henri-Michel Comet.
Quel qu’il sera, le successeur de M. Carenco aura plusieurs dossiers chauds à gérer. A commencer par celui des réfugiés. « Parmi les plus grands souvenirs de mon passage en Ile-de-France, j’en citerai un, se souvient M. Carenco. Le 4 novembre [2016], lorsque j’ai dû, en une journée, reloger 4 000 migrants à la rue à Paris. On n’avait que 2 800 places et en deux heures on a réussi à en trouver 1 200 de plus », raconte-t-il. Sur les deux ans écoulés, M. Carenco a « un seul regret », dit-il : l’attitude « fermée » d’une partie des habitants du 16e parisien, à l’annonce de l’ouverture d’un centre pour sans-abri dans le bois de Boulogne. « J’ai le regret de ne pas avoir convaincu ces gens », soupire celui qui a été directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo ministre notamment de l’écologie et de… l’énergie, sous François Fillon.
::: ECONOMIE
LE FIGARO – 10/02/2017
Les indépendants n’en peuvent vraiment plus du RSI, leur régime de protection sociale
INFO LE FIGARO – Ils sont de plus en plus nombreux à le quitter et à opter pour un statut, bien plus cher, assimilé au salariat.
Le divorce semble définitivement consommé. Malgré les efforts entrepris depuis 2012 pour améliorer la gestion du Régime social des indépendants (RSI), ses affiliés n’ont pas retrouvé confiance dans l’organisme. C’est le constat implacable de la troisième édition du baromètre du RSI, réalisé en janvier 2017 par le Syndicat des indépendants (SDI) auprès de 1020 chefs d’entreprise de moins de 20 salariés. Selon cette enquête dontLe Figaro publie les résultats en exclusivité, 78 % des personnes interrogées estiment que le RSI ne s’est pas amélioré ces dernières années. Pire, 76 % ont une appréciation négative de ses services rendus.
L’explication de ce mécontentement est simple: 59 % des dirigeants ont rencontré au moins une difficulté – d’un courrier contradictoire à un défaut de prise en compte du droit à l’indemnité journalière en cas de maladie – avec le RSI ces trois dernières années. «Les résultats de notre enquête sont stables malgré les efforts du RSI et du gouvernement pour répondre aux critiques (amélioration de l’outil informatique, diminution du délai de carence, abaissement des cotisations minimum forfaitaires…), note Marc Sanchez, le secrétaire général du SDI, car personne ne s’est attaqué au cœur du problème: la sécurisation du système.»
Niveau de cotisation
«La méfiance est telle que les chefs d’entreprise sont prêts à payer des cotisations plus élevées, sans gagner forcément plus de protection, pour sortir du RSI et entrer dans un statut assimilé au salariat», ajoute-t-il. Selon l’étude, 23 % des chefs d’entreprise ont ainsi quitté le RSI en 2016. Ils n’étaient que 13 % à avoir franchi le pas en 2015 et 7 % en 2014. Les entrepreneurs optent le plus couramment pour une société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU), qui leur permet de bénéficier d’un statut d’«assimilé salarié» sans avoir à justifier d’un contrat de travail au sein de la structure.
Pour le chef d’entreprise, le passage du RSI au statut de la SASU se traduit pourtant par une augmentation de ses cotisations de 47 % à 63 %. Et ce, sans amélioration notable de la protection puisque le régime de salarié assimilé n’offre pas d’assurance-chômage et des prestations accident de travail et maladies professionnelles moins généreuses que le régime général.
Dans ce contexte de perte de crédibilité du RSI, le SDI plaide pour un rattachement des indépendants au régime général. Le syndicat a testé cette hypothèse auprès des personnes sondées. 46,5 % d’entre elles demandent d’avoir dans ce cas le choix de son niveau de cotisations versées et donc de protection sociale.
Le RSI a été créé en 2006 suite à la fusion de trois caisses de protection sociale des chefs d’entreprise. Le régime gère la couverture maladie des professionnels libéraux, des artisans et des commerçants, et la retraite des artisans et des commerçants. Depuis 2008, le régime centralise les cotisations. Il se partage ensuite avec les Urssaf les sujets de calculs, encaissements, recouvrements…
Dès sa création, l’organisme a été vivement critiqué en raison de nombreux dysfonctionnements informatiques qui ont provoqué des appels de cotisations erronés, des indus à rembourser, des relances inconsidérées… En 2012, la Cour des comptes qualifiait le RSI d’«accident industriel». Depuis, une démarche de fond (mais sans réelle efficacité si on se fie au SDI) a été lancée afin de rétablir la situation critique. Le RSI couvre plus de 6 millions de personnes pour 2,8 millions de cotisants.
LE FIGARO – 10/02/2017
Le Loir-et-Cher veut favoriser l’emploi des allocataires du RSA
Grâce à sa plateforme web Job41, le département les met en contact avec les entreprises locales qui recrutent.
C’est une première en France! Le département du Loir-et-Cher vient de lancer une plateforme Web inédite pour rapprocher les allocataires du revenu de solidarité active (RSA) avec les entreprises locales qui recrutent. «Le nombre de personnes au RSA augmente et représente une charge énorme pour les départements, rappelle Maurice Leroy, président (UDI) du Loir-et-Cher et vice-président de l’association des départements de France. Or de nombreuses entreprises peinent dans le même temps à recruter. Cette situation invraisemblable ne peut pas durer.»
Le principe de sa plateforme, baptisée «Job41», est simple: sur ce site dédié, les allocataires au RSA peuvent créer leur CV en ligne, consulter les offres d’emploi, candidater directement auprès des employeurs. «Tout se fait sur la base du volontariat, personne n’est obligé», insiste Maurice Leroy. Une logique différente donc de celle du Haut-Rhin, qui s’était fait retoquer par le tribunal administratif de Strasbourg pour avoir rendu obligatoires des heures de bénévolat pour toucher le RSA. Lancé le 16 janvier, «Job41» compte déjà 739 inscrits et une soixantaine d’offres d’emploi.
Le département a travaillé avec les équipes locales de Pôle emploi mais aussi avec la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) pour s’assurer de la sécurisation des données. Pilotée par l’ex-député centriste Nicolas Perruchot, premier vice-président du conseil départemental et ancien maire de Blois, l’initiative met l’accent sur la géolocalisation des offres qui permet aux demandeurs d’emploi de sélectionner celles comprises dans un périmètre choisi. Autre atout: la plateforme a été créée par une start-up des quartiers nord de Blois, Neolink, dont la majorité des salariés sont eux-mêmes d’anciens allocataires du RSA. Et le département a recruté deux personnes au RSA pour tenir la hotline et répondre aux questions des utilisateurs.
Baisse des dotations
Pris en tenaille entre la baisse des dotations de l’État et l’augmentation continue du nombre des allocataires du RSA en raison de la hausse du chômage, les départements sont dans une situation financière tendue. Dans le Loir-et-Cher, qui compte 10.000 allocataires au RSA (soit le double par rapport à 2004), cela représente une dépense de 42 millions d’euros que l’État ne rembourse qu’à hauteur de 20 millions.
Pour compenser la différence, le département a fait des économies de fonctionnement, réduit sa masse salariale et utilisé le levier fiscal (augmentation de 5 points de la part départementale sur le foncier bâti). «La seule solution pour faire baisser le coût du RSA, c’est de favoriser le retour à l’emploi. C’est un enjeu vital pour tous les départements», affirme ainsi Maurice Leroy.
La plateforme «Job41» pourrait faire des émules: pas moins de 15 départements, notamment ceux du Nord et de l’Indre-et-Loire, souhaiteraient s’en inspirer et ont pris contact avec les services de Maurice Leroy pour en dupliquer le principe.
Le Nord coupe les vivres à 450 bénéficiaires pour quatre mois
Les services du département du Nord ont suspendu, pour quatre mois, le versement du RSA à 450 bénéficiaires. Au motif qu’ils ne sont pas inscrits à Pôle emploi ou n’ont pas signé la «charte des droits et devoirs», comme c’est obligatoire depuis l’année dernière. Et ce après leur avoir déjà réduit de 100 euros le montant de leur prestation en guise de premier avertissement.
«Il ne s’agit pas de dire que l’allocataire du RSA est l’ennemi du département mais on ne peut pas donner d’aides en aveugle, a justifié Olivier Henno, vice-président en charge de l’insertion, sur Europe 1. Demain, si l’allocataire sanctionné s’inscrit à Pôle emploi ou s’il demande un contrat d’engagement réciproque, il retrouvera immédiatement ses droits.» Mais s’il persiste, il pourra être radié. 45.000 allocataires, sur les 108.000 du département, sont concernés par cette opération vérité, lancée en juin pour limiter l’envolée du coût du RSA.
LE MONDE – 10/02/2017
La France a créé 191 700 emplois marchands en 2016, meilleure performance depuis 2007
L’embellie a notamment concerné les services et l’interim, tandis que l’industrie et la construction ont continué de perdre des emplois.
L’économie française a créé, en net, 191 700 postes dans le secteur marchand en 2016, soit la meilleure performance sur le front de l’emploi privé depuis 2007, selon une estimation de l’Insee publiée vendredi.
Cela constitue une forte accélération sur le marché de l’emploi, après une année 2015 qui avait vu 99 000 postes se créer. La France avait détruit des emplois lors des trois années précédentes.
L’embellie concerne les services et l’intérim
Avec ces créations de poste, les effectifs du secteur marchand ont atteint 16,16 millions de personnes fin 2016, un niveau inédit depuis 2008. L’embellie, l’année dernière a notamment concerné les services et l’interim, tandis que l’industrie et la construction ont continué de détruire des emplois. Avec 654 100 postes, l’intérim a atteint son plus haut niveau depuis 2008. Le secteur est considéré comme précurseur des tendances de l’emploi.
Mais l’emploi de l’industrie (-0,7 % par rapport à 2015) et de la construction (-0,4 %) a contué de se dégrader. Les usines ont ainsi perdu, en quinze ans, près d’un million d’emplois, soit un quart de ses effectifs, tandis que le bâtiment a détruit plus de 200 000 postes depuis 2008.
::: ENTREPRISES
LA TRIBUNE – 10/02/2017
L’aéronautique reste la locomotive du « Made in France » à l’export
Selon le GIFAS, les livraisons aéronautiques et spatiales ont égalé le niveau record de 2015, à 58 milliards d’euros »
L’excédent de la filière aéronautique et spatiale a atteint 18,6 milliards d’euros en 2016, selon le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales.
Que ce soit dit, la filière aéronautique et spatiale reste le premier contributeur excédentaire au solde du commerce extérieur de la France en 2016, a assuré jeudi le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS). Car à la suite de la dégradation des chiffres du commerce extérieur français publié mardi par le ministère de l’Économie (48,1 milliards d’euros de déficit en 2016), « des commentaires ont attribué une part notable de cette détérioration à l’industrie aéronautique et spatiale », explique dans un communiqué le GIFAS, qui n’a pas aimé.
Le GIFAS tient d’ailleurs préciser que « les livraisons aéronautiques et spatiales sont stables en 2016 » mais ont égalé « le niveau record de 2015, à 58 milliards d’euros ». Il précise également que « l’excédent aéronautique et spatial pour 2016 se situe à un excellent niveau à 18,6 milliards d’euros, sans pour autant égaler le record de 22,3 milliards en 2015 ». le GIFAS rappelle que « l’amélioration en décembre 2016 de la balance commerciale tient presque exclusivement au secteur aéronautique ». Les livraisons d’Airbus en décembre ont atteint le montant inédit de 5,8 milliards d’euros, pour 64 appareils livrés depuis la France.
« La filière aéronautique et spatiale française peut donc se féliciter de son excellente et constante contribution au solde du commerce extérieur de la France », estime le GIFAS.
Une année record pour Airbus en termes de livraisons
Airbus a fini l’année 2016 avec 731 commandes nettes au compteur et surtout 688 livraisons, l’indicateur pris en compte par les douanes. Une performance d’ensemble qui ne concerne pas que la France. En revanche, ATR n’a livré que 80 appareils (contre 90 espérés). En dépit d’une année difficile, les ATR-600 sont toutefois arrivés en tête de toutes les ventes d’avions régionaux en 2016, avec 36 commandes d’appareils.
De son côté Dassault Aviation a livré 49 avions d’affaires Falcon (contre 55 en 2015). L’avionneur a par ailleurs remis trois Rafale à l’Égypte l’année dernière (sur un total de neuf appareils). Enfin, héritier de la mythique société Morane-Saulnier, Daher continue de se jouer de la crise de l’aviation d’affaires. Après avoir livré 55 TBM en 2015 et 51 en 2014, le constructeur de petits avions d’affaires mono-turbopropulseurs a livré 54 TBM 900 et TBM 930 en 2016.
Michel Cabirol
LE MONDE – 10/02/2017
La grande mue de Renault-Flins devenue usine Nissan
Le site industriel de la région parisienne produira en majorité des Nissan Micra. Une première dans l’histoire de Renault.
La 4CV, la Frégate, la Dauphine, la 4L, la R16, la R5… Depuis 1952, tous les modèles qui ont fait la saga Renault – constructeur national d’automobiles populaires – sont passés sur les chaînes de l’usine de Flins et ses 237 hectares en bordure de Seine, à une demi-heure de voiture de Paris par l’autoroute de Normandie.
Or, depuis le mois de décembre, un bouleversement managérial est à l’œuvre sur ce site industriel emblématique qui fêtera ses 65 ans en 2017. Pour la première fois dans l’histoire de l’alliance Renault-Nissan, une usine de l’un des deux constructeurs – en l’espèce Renault – fabrique un modèle de l’autre entreprise – en l’occurrence la nouvelle Nissan Micra. Une voiture japonaise dans une usine française, c’était du jamais-vu. L’événement est d’autant plus remarquable qu’il constitue une délocalisation vers un site français depuis l’Inde, où la version précédente de la Micra était fabriquée.
Qualité exigée
Direction la chaîne de montage qui s’allonge sur plusieurs centaines de mètres dans l’un des plus grands bâtiments du site. Des petits robots autonomes, les AGV (automated guided vehicles), poussent en silence des chariots de pièces et des éléments de carrosserie vers les opérateurs, conformément aux règles du « juste à temps » et du credo très japonais du zéro stock (malgré 8 000 références de pièces à gérer).
Alentour, l’environnement rappelle que Flins n’est plus tout à fait une usine franco-française : ici un grand panneau proclame qu’on est « fier de fabriquer Micra », là des affiches énoncent la méthode vertueuse des « 5S », acronyme en japonais des verbes « trier », « ranger », « nettoyer », « standardiser » et « pratiquer ». Plus loin, le sigle jaune et rouge de l’« Alliance Production Way » rappelle que désormais dans toutes les usines de Renault et Nissan – alliés depuis 1999 – on est censé partager les mêmes méthodes de fabrication.
Sur la ligne, il faut un œil un peu averti pour distinguer la nouvelle venue qui vient s’ajouter aux deux modèles déjà fabriqués à Flins depuis 2012 : la Clio IV et le best-seller électrique de Renault, la Zoé. Les véhicules sont sensiblement de la même taille et partagent une partie de leurs pièces. Mais, pour fabriquer Micra, il a fallu intégrer de nouvelles normes de qualité dans le processus industriel, de nouveaux gestes, des procédures inusitées.
Quadragénaire costaud, fine barbe taillée, douze ans d’ancienneté chez Renault, Amadou Fall fait partie de la soixantaine d’ouvriers de Renault partis se former aux méthodes Nissan au Japon. Comme l’indique sa veste violette, M. Fall est devenu à son tour un formateur pour ses collègues de Flins. Ici, tout le monde le concède, le niveau de qualité exigé chez Nissan est un cran au-dessus des standards Renault. « Au Japon, on apprend à être extrêmement méticuleux, témoigne Amadou Fall. Cela n’empêche pas qu’on peut aussi leur apporter notre savoir-faire. »
« Ce qui se passe ici dépasse la simple intégration d’un nouveau modèle dans le processus de production, affirme Olivier Talabard, le directeur de l’usine. Flins est en train de vivre la plus grande transformation de son histoire. » M. Talabard a été nommé il y a trois ans à la tête du site pour enclencher cette mini-révolution. Cent dix millions d’euros ont été investis depuis 2015, 200 embauches en CDI viennent d’être annoncées pour 2017 qui s’ajoutent aux 350 déjà effectuées en deux ans. Des travaux d’envergure ont complètement redessiné l’usine, avec un effort de robotisation accru dans les ateliers qui fabriquent les carrosseries.
« Il n’y a pas de nostalgie »
Afin d’améliorer la qualité – un point-clé pour satisfaire aux exigences de Nissan –, la direction a fait appel aux services des psychologues du travail du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). Un dispositif appelé « dialogue sur la qualité du travail » a été mis en place à l’échelle des unités de production, impliquant des opérateurs référents et une instance de pilotage. « On a pu constater des effets positifs sur la santé, l’absentéisme et l’efficacité en bout de chaîne là où le dispositif fonctionne », explique Jean-Yves Bonnefond, enseignant-chercheur à la chaire de psychologie du travail du CNAM.
Flins est-elle encore une usine Renault ? Mathématiquement, la réponse est non. Sur les 200 000 véhicules censés être produits à l’horizon 2018 (contre 160 000 en 2016), 132 000 seront des Nissan Micra. Les deux tiers. « Est-ce qu’il y a un problème de perte d’identité ? On s’est posé cette question », explique Olivier Talabard. Mais, assure-t-il, « personne [dans l’usine] ne m’a interpellé là-dessus ». « Il n’y a pas de nostalgie, renchérit Franck Daout, délégué central CFDT du groupe Renault. Il y a même une fierté d’avoir été choisi. Et puis la Micra à Flins, c’est d’abord une bonne nouvelle pour le site, sans compter que les salariés ont maintenant pris conscience de la réalité concrète de l’Alliance. »
« Au niveau des salariés de l’usine, ce n’est pas un sujet de discussion, expliquait à l’AFP Olivier Augustin, délégué CGT au comité d’entreprise. Pour nous, c’est une voiture supplémentaire, qu’elle porte le logo Renault ou Nissan. » A la CGT, on aurait plutôt tendance à dénoncer la dégradation des conditions de travail et le recours massif à l’intérim et à quelque 300 sociétés prestataires de services. « Sur les 2 378 salariés de l’usine, 80 % sont des intérimaires, tempête Fabien Gache, délégué central CGT. C’est hallucinant que cela ne choque personne. » Les syndicalistes rappellent aussi que l’usine assemblait encore près de 400 000 voitures par an en 2007. Les Twingo sont désormais montées en Slovénie, et les Clio en partie en Turquie.
Voiture ultratechnologique
L’avenir de Flins, ce sont donc ces 2 000 premières nouvelles Nissan Micra qui, en cet après-midi de février 2016, attendent au soleil d’hiver de partir en concession. Nissan, qui a choisi le site français pour se rapprocher de ses clients européens et parce que l’énorme usine Nissan de Sunderland (Royaume-Uni) tourne à plein, compte sur ce modèle pour se relancer en Europe et plus spécifiquement en France.
L’allié de Renault a vendu 79 200 véhicules en 2016 dans l’Hexagone (– 2,7 %) et vise 85 000 ventes cette année grâce notamment à cette fameuse Micra qui joue la carte de la voiture ultratechnologique. « Plus grande, plus connectée, un peu plus chère aussi. Par rapport à la précédente, on a tout changé sauf le nom », explique Bernard Loire, directeur général de Nissan Europe de l’Ouest. La Micra ambitionne d’entrer dans le « top 10 » français d’un segment très disputé et dominé par… la Clio, sa voisine sur la chaîne de montage.
Éric Béziat
L’EXPRESS – 10/02/2017
Vins et spiritueux: nouveau record pour les exportations françaises
Ventes de champagne dans un magasin de New York le 29 août 2016.
Avec un montant qui avoisine les 4 milliards d’euros, les spiritueux représentent un tiers du montant total des exportations françaises.
Les exportations françaises de vins et spiritueux ont enregistré en 2016 un nouveau record, améliorant légèrement le niveau « historique » de l’année précédente, avec un montant de 11,9 milliards d’euros, a annoncé ce jeudi la Fédération des exportateurs (FEVS).
Cette performance, en hausse de 1,2%, repose principalement sur les spiritueux (+5,2% en valeur) et notamment sur le cognac, dont les exportations ont atteint un niveau record, tant en volume (+5,5%) qu’en valeur (+6,5%). Avec un montant qui avoisine les 4 milliards d’euros, les spiritueux représentent un tiers du montant total des exportations.
Un « dynamisme » salué
La performance globale des alcools français leur permet de conforter leur rang de deuxième poste excédentaire de la balance commerciale de la France, derrière l’aéronautique. « La parité euro/dollar est restée assez favorable à nos exportations », a commenté devant la presse le président de la fédération Christophe Navarre, qui a loué le « dynamisme » des spiritueux.
A l’inverse, il a déploré les difficultés rencontrées au Royaume-Uni, deuxième marché à l’export, dues à la livre sterling qui, dans la foulée du Brexit, a « dévissé et pénalisé nos exportations en Angleterre » (-8%). Cet « effet livre » a pénalisé en premier lieu les vins, qui marquent le pas, à 7,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le monde (-0,8%), après une forte augmentation l’an dernier.
LES ECHOS – 10/02/2017
Nucléaire : incident à la centrale de Flamanville
Le bâtiment a subi un départ d’incendie dans une zone non nucléaire.
L’incident, non classé par l’ASN, n’a pas eu d’impact sur la sûreté nucléaire.
« Un incident industriel banal dans un site industriel qui ne l’est pas. » C’est ainsi que le préfet de la Manche, Jacques Witkowski, a qualifié l’incident qui s’est produit jeudi dans la centrale nucléaire de Flamanville. « Une pièce mécanique a chauffé et provoqué un début d’incendie dans une zone non nucléaire de la centrale », explique-t-on chez EDF. « Ce départ de feu a été très vite maîtrisé, il n’y a eu aucune conséquence sur la sûreté nucléaire ni sur l’environnement. » Cinq personnes ont été légèrement incommodées par des dégagements de fumée.
Alors que la préfecture a suscité une certaine inquiétude en utilisant au départ le terme d’ « explosion », EDF affirme qu’ « il n’y a pas eu d’explosion, mais une détonation », poursuit le porte-parole. Selon l’Autorité de sûreté nucléaire, l’incident n’est pas de nature à être classé parmi ceux qu’elle répertorie. « Nous demanderons à EDF une analyse complète des causes et des conséquences de cet événement », indique un porte-parole aux « Echos ».
L’incident s’est produit dans le réacteur 1 de la centrale, dont la production a été arrêtée. Flamanville compte deux réacteurs habituellement en fonctionnement et, surtout, le chantier de l’EPR, qui fait régulièrement parler de lui pour ses retards et ses surcoûts. Le redémarrage est prévu le 16 février par le gestionnaire de réseau RTE, mais il faudra attendre d’avoir les résultats de l’analyse en cours sur l’incident pour avoir une date très précise.
Les ONG environnementales ont aussitôt réagi. Greenpeace a pointé « le contexte de dégradation grave des réacteurs français » et rappelé que deux incendies récents ont eu lieu sur la centrale de Cattenom, en Moselle. Des incidents survenus eux aussi hors zones nucléaires, donc eux aussi non classés.
« Contexte préoccupant »
L’ASN a jugé dans son dernier rapport sur 2015 que la sûreté d’exploitation des installations s’est « maintenue à un bon niveau ». Cette année-là, 1.039 événements significatifs lui ont été déclarés, dont 938 classés sur l’échelle Ines qui compte sept niveaux (848 de niveau 0, 89 de niveau 1, 1 de niveau 2). Le gendarme du nucléaire ne s’en est pas moins alarmé « d’un contexte préoccupant, porteur d’inquiétude pour l’avenir », compte tenu de la santé financière des acteurs de la filière. Depuis la publication de ce rapport, après les falsifications découvertes à l’usine d’Areva au Creusot, l’ASN a demandé l’arrêt pour contrôle de plusieurs réacteurs nucléaires, dont la plupart ont déjà redémarré.
Vidéo : Faut-il se méfier de la sécurité de notre parc nucléaire ? http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0211789226572-nucleaire-incident-a-la-centrale-de-flamanville-2063953.php
Anne Feitz et Philippe Legueltel
LE FIGARO – 10/02/2017
Total fait mieux que ses grands concurrents
En 2016, face à un environnement dégradé, la compagnie française a été l’une des plus rentables du secteur.
«Ce qu’on contrôle, on le contrôle bien.» Cette phrase, Patrick Pouyanné l’a martelée à l’envi à l’occasion de la présentation des comptes de Total pour 2016. Le PDG de la compagnie pétrolière française a affiché sa satisfaction, alors que le secteur affronte un environnement très contrasté: l’année dernière, le baril a chuté à 44 dollars en moyenne (contre 55 dollars en 2015, soit une baisse de 16%), tandis que les prix du gaz ont dégringolé de 25%.
Face à cette dégradation, Total a beaucoup mieux résisté que les autres majors de l’or noir: son résultat net ajusté, l’indicateur le plus regardé par les investisseurs, s’est élevé à 8,3 milliards de dollars, ce qui lui permet de dépasser à la fois Shell (7,2 milliards), BP (2,6 milliards) et Chevron (1,8 milliard). Seul ExxonMobil, le numéro un incontesté du secteur, fait mieux avec 8,9 milliards.
De son côté, porté par des dépréciations moindres qu’en 2015, le résultat net a bondi de 22% à 6,2 milliards de dollars. Une performance appréciée par les marchés: jeudi, à la Bourse de Paris, l’action Total a clôturé en hausse de 1,27%, à 47,42 euros.
Limitation des coûts
Pour expliquer cette «solidité des fondamentaux», Patrick Pouyanné avance plusieurs éléments: la hausse de la production – 4,5% en 2016, à 2,45 millions de barils équivalent pétrole par jour (mbep/j) – en fait partie. Elle se conjugue à une très bonne tenue des activités aval (raffinage, chimie, stations-service…) qui ont contribué au résultat à hauteur de 5,8 milliards d’euros. Mais surtout, Total a fait preuve d’une très grande discipline de coûts, une orientation assignée par le dirigeant dès sa prise de fonction à l’automne 2014. «Sur les deux dernières années, nous avons réussi à économiser 3 milliards de dollars», s’est-il félicité. Cette exigence est toujours à l’ordre du jour: Total prévoit 500 millions de dollars d’économies supplémentaires pour 2017, et un montant cumulé de 4 milliards en 2018.
Ce resserrement des coûts a permis d’abaisser le seuil de rentabilité des grands projets dans l’amont (exploration production), avec un point mort qui tourne désormais autour de 40 dollars avant versement du dividende et 50 dollars après. Pour certains chantiers, l’effort budgétaire s’est révélé spectaculaire, avec une diminution des devis pouvant aller jusqu’à 30%. Au passage, cela contraint les fournisseurs de Total à faire de gros efforts sur le montant de leurs équipements et/ou de leurs prestations. La pression devrait d’autant moins se relâcher que le groupe doit étudier pas moins de dix projets d’envergure au cours des dix-huit prochains mois.
Cela concerne en particulier le Brésil, un pays devenu hautement stratégique après la conclusion d’un accord avec la compagnie nationale Petrobras sur l’exploitation de plusieurs champs. L’Iran aussi rentre dans ce cadre mais Patrick Pouyanné a prévenu que les dossiers ne seraient examinés qu’à la condition de la traduction de l’accord diplomatique de l’été 2015 – impliquant la levée de plusieurs sanctions.
Pour 2017, Total se livre à une analyse prudente du marché pétrolier. Certes, le baril est reparti à la hausse et semble durablement installé au-dessus de la barre des 50 dollars, mais il reste à voir dans quelle mesure l’accord entre l’Opep et les pays non Opep sur une réduction des livraisons de 1,8 mbj sera respecté. Par ailleurs, les stocks sont supérieurs de 10% à la moyenne. Enfin, la reprise de la production américaine de pétrole et gaz de schiste pourrait elle aussi jouer sur les cours. «Nous évoluons aujourd’hui dans un univers de très forte volatilité, ce qui rend difficile le pilotage d’une compagnie pétrolière», souligne Patrick Pouyanné. Ce qui n’empêche pas qu’il tient bien la barre.
TOTAL, UNE MAJOR EN BONNE FORME
::: SOCIAL
FRANCEINFO – 10/02/2017
Pénurie d’eau à Mayotte : Le MEDEF propose des solutions à la ministre des Outre-mer
Thierry GALARME, Président du MEDEF Mayotte
Le président du MEDEF Mayotte, Thierry Galarme, a écrit, le 8 février 2017, à la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, pour lui proposer des solutions à la crise préoccupante de pénurie d’eau ,telles que des unités mobiles de traitement d’eau.
Thierry Galarme souligne que le problème de la pénurie d’eau monte en puissance au niveau social (ravitaillement en eau potable de la population et des écoles), ainsi qu’au niveau économique (paralysie des secteurs de BTP et de l’hôtellerie).
Le MEDEF Mayotte suggère, parmi les solutions économiques, sans toutefois la privilégier, l’autorisation par l’Etat du recours massif au chômage technique, ce qui aura un coût élevé pour les fonds publics en pure perte…
Le MEDEF demande à la ministre Ericka Bareigts de privilégier une politique plus volontariste qui éviterait le chômage tout en réglant le problème social de la population.
Il propose, pour cela, des unités de traitement de l’eau de mer ou autre pour la rendre potable. Cette technique est parfaitement maîtrisée par Veolia, précise Thierry Galarme. http://technomaps.veoliawatertechnologies.com/traitement-eau-industriell… « Suez environnement présent à Mayotte, au travers de la Star qui gère le traitement des déchets est capable de déployer dans des délais très rapides des unités du même type à plus faible débit mais de nature à tout de même apporter des solutions. J’ai vu le directeur de cette entreprise hier, il me dit avoir fait des propositions au Préfet de Mayotte et qu’il peut activer une solution disponible en 48 heures. Nous tenons donc une solution viable pour surmonter cette crise. », déclare Thierry Galarme.
Ericka BAREIGTS, ministre des Outre-Mer
Le Medef Mayotte met en garde contre les conséquences désastreuses de cette situation si elle perdure : le système actuel des tours en alimentation en eau dans le sud (deux jours de coupure pour un jour d’alimentation en eau) risque de s’étendre au nord de l’île.
« La limitation de l’eau aux rampes d’eau dans les villages est un scénario digne du tiers monde. Ce scénario fait redouter des émeutes dignes des événements de 2011(lors de la grève de 40 jours contre la vie chère), des actes de délinquance, des trafics en tous genres, voire « une guerre de l’eau » comme vous pouvez l’imaginer. », ajoute encore Thierry Galarme.
Il explique également que la pénurie d’eau entraînant la consommation d’eau stockée jusque 48h à 72h voire de l’eau puisée dans les cours d’eau sans précaution d’hygiène entraîne des risques sanitaires majeurs dont des maladies dignes du tiers-monde.
« L’urgence fait basculer le sujet en compétence Etat pour éviter une situation de catastrophe humanitaire. Je pense en clair que pour une fois que nous avons une solution concrète à un problème, nous devons la mettre en œuvre pour éviter de faire de Mayotte un petit Haïti sinistré. », insiste Thierry Galarme.
Selon le Medef, l’Etat devrait positionner les forces de l’ordre pour sécuriser les rampes d’eau, ce qui implique de mobiliser quasiment toutes les forces de l’ordre disponibles sur cette action les démobilisant de la lutte contre la délinquance.
Emmanuel TUSEVO DIASAMVU
::: POLITIQUE
LE FIGARO – 10/02/2017
Travailleurs indépendants: une thématique au cœur de la présidentielle
Si tous les candidats plaident a minima pour une réforme de la protection sociale des indépendants, leurs différences s’expriment sur leur vision de l’économie collaborative.
En parallèle de la question du revenu universel, les nouvelles formes d’emploi et le travail des indépendants se sont imposés au cœur du débat présidentiel. Si tous les candidats plaident a minima pour une réforme de la protection sociale des indépendants, leurs différences s’expriment sur leur vision de l’économie collaborative. Quand François Fillon et Emmanuel Macron entendent sécuriser le statut des travailleurs indépendants pour permettre le développement de ce secteur, Benoît Hamon se pose en protecteur des collaborateurs qu’il promet de requalifier en salariés.
Ce n’est pas, pour l’instant, le sujet de Marine Le Pen, la présidente du FN, en tête des sondages. Virulente contemptrice depuis des années du RSI, elle concentre ses propositions sur le volet de la protection sociale. Elle promet ainsi «qu’une fois au pouvoir» elle mettra en place un «bouclier social» pour les indépendants et organisera des «assises» pour «refondre complètement» le RSI.
François Fillon défend lui une vision plus large du travail indépendant. Il veut en faire son fer de lance contre le chômage et se fixe l’objectif d’un million d’indépendants en plus en cinq ans. L’ex-premier ministre veut assouplir au maximum le statut des microentrepreneurs (nouvelle appellation des autoentrepreneurs) et instaurer en contrepartie pour les artisans et commerçants une franchise de TVA, de même niveau que les nouveaux seuils de chiffre d’affaires des autoentrepreneurs.
Sur le volet protection sociale, François Fillon propose de remplacer le RSI par une caisse des indépendants qui aurait le monopole du calcul, de la collecte et de la gestion des cotisations, responsabilité aujourd’hui partagée entre le RSI et les Urssaf.
Statut social unique
Emmanuel Macron va un cran plus loin dans l’élaboration d’un nouveau statut de l’indépendant. Il propose, sans donner de précision, d’étendre la couverture chômage aux salariés qui démissionnent mais aussi aux artisans, indépendants, professions libérales et entrepreneurs. Le candidat d’En marche! a également inscrit à son programme «une baisse des charges» pour les indépendants. La encore, ni le périmètre ni le montant de la baisse n’est connu. L’ancien ministre de l’Économie plaide enfin pour la suppression du RSI et la création d’«un guichet pour les indépendants au sein du régime général».
Benoît Hamon, le vainqueur de la primaire de la gauche, défend une vision relativement proche: suppression du RSI «qui ne fonctionne pas» et mise en place d’un «statut social unique» de l’actif. «Je rendrai ce statut plus protecteur selon le degré de vulnérabilité des actifs, à partir du socle commun du droit du travail et de la protection sociale», a détaillé fin janvier le député des Yvelines sur RTL.
La ressemblance avec le projet d’Emmanuel Macron s’arrête là. La création de ce statut social unique s’accompagnera en effet d’un vaste effort pour vérifier que les personnes travaillant sous statut d’indépendant pour les plateformes de services (Uber, Deliveroo…) ne sont pas des salariés déguisés. Quant à Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, il promet également de laisser les indépendants s’affilier au régime général.
«Nous sommes encore au milieu du gué. Certains candidats proposent une forme de replâtrage, d’autres vont vers le rattachement au régime général que nous préconisons, mais sans donner le montant des cotisations», indique Marc Sanchez, le secrétaire général du Syndicat des indépendants.
Quant à François Hurel, le président de l’Union des autoentrepreneurs, il estime que le prochain gouvernement disposera de deux leviers pour favoriser le travail indépendant: «La lutte contre les requalifications des collaborateurs en salariés qui créent de l’insécurité et la mise en place d’un terreau juridique favorable à la création de réseaux de travailleurs indépendants.»
LE PARISIEN – 10/02/2017
Présidentielle : le duo Hamon-Jadot, c’est pas (encore) gagné
Benoît Hamon doit verdir un peu son projet pour rendre possible un retrait du candidat écolo à son profit.
Yannick Jadot soumettra les propositions d’alliance au vote des 17 000 participants de la primaire.
De nombreux écueils peuvent empêcher le rapprochement — voulu — entre les candidats socialiste et écologiste.
Et maintenant, la négociation avec Yannick Jadot. Alors que Benoît Hamon met la dernière main à son organigramme de campagne, la recherche d’un accord avec les écologistes, entre elle aussi, dans sa phase finale. Côté Verts, on n’attendait que ça. « Si le rassemblement est possible, organisons-nous. Sinon, on laisse tomber », lance Julien Bayou, le porte-parole d’EELV. Preuve de l’impatience qui règne dans les rangs écolos, leur presque plus candidat Yannick Jadot s’inquiète : « J’ai le sentiment qu’il y a toute une partie du PS qui ne facilite pas la tâche à Hamon. Ils veulent lui faire payer sa ligne politique. C’est important qu’il ne se fasse pas piéger. » Dans sa ligne de mire, le PS, peu enclin à faire des cadeaux aux écologistes qui ont pilonné le quinquennat Hollande.
Mais ces derniers placent, eux aussi, la barre très haut, bien décidés à vendre chèrement les quelques points dont ils disposent encore dans l’électorat. « Il faut se mettre d’accord sur un projet construit, cohérent », explique Jadot. Dimanche, les équipes des deux candidats ont un premier rendez-vous de travail. L’objectif est de parvenir à verdir un peu plus le projet présidentiel de Benoît Hamon afin de rendre possible un retrait du candidat écolo à son profit.
Les demandes des Verts passent mal
L’ancien secrétaire national d’EELV, Pascal Durand, qui représentera Jadot, prévient : « On ne va pas se contenter de positions de principe, aussi bonnes soient-elles. » Les écolos entendent mettre sur la table une vingtaine de mesures qui leur tiennent à coeur. Ils vont notamment défendre la sortie non seulement progressive mais totale du nucléaire, ainsi que — sur le plan électoral — la proportionnelle intégrale. Parmi les autres doléances : promouvoir le zéro pesticide et l’abandon des « projets inutiles » comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et la ligne grande vitesse Lyon-Turin. Des demandes qui seront loin de passer comme une lettre à la poste de la rue de Solferino. « Nous voulons vérifier qu’il y a une concordance, mais nous ne sommes pas dans une logique de lignes rouges », tempère le patron en titre d’EELV, David Cormand.
Mais comme rien n’est jamais simple chez les écolos, tout cela sera soumis à l’approbation des 17 000 votants à la primaire qui a désigné Jadot en novembre. Ainsi en a décidé hier le bureau exécutif d’EELV. Un premier vote par Internet doit avoir lieu en début de semaine prochaine concernant le principe même de la discussion avec l’équipe Hamon. Puis, en cas d’accord, une seconde consultation sera organisée fin février. Deux bonnes occasions pour la base écolo de retoquer le rapprochement avec le PS longtemps honni.
Philippe Martinat et Pauline Théveniaud
L’OPINION – 10/02/2017
Partis politiques: la société civile à la rescousse des candidats
À gauche comme à droite, les états-majors de campagne tentent de faire de la place aux « simples citoyens ». Il ne s’agit plus seulement d’un gadget tant la défiance envers les politiques est forte
« Conseil citoyen » et « 49.3 citoyen » pour Benoît Hamon. Mandat parlementaire impératif pour Jean-Luc Mélenchon. Entrée en masse de simples citoyens à l’Assemblée nationale pour Emmanuel Macron. Irruption en force de la société civile dans l’exécutif pour François Fillon. Les candidats à l’élection présidentielle promettent tous d’aérer la politique en l’ouvrant à ceux qui n’en font pas leur carrière.
La défiance n’a jamais été aussi grande. Selon le baromètre annuel du Cevipof publié mi-janvier, 70 % des personnes sondées estiment que « la démocratie ne fonctionne pas bien en France ». Et seulement 11 % font « confiance » aux partis politiques. Constat accablant. Et si l’élection présidentielle scellait le cercueil de la politique à l’ancienne ?
« Les Français ont envie de s’engager mais plus au sein des partis ou des syndicats », souligne Benjamin Griveaux, porte-parole d’En Marche ! Pour preuve, le foisonnement des associations. « On commence à se rendre compte que les citoyens sont devenus aussi des experts ; 44 % d’une classe d’âge est diplômée. Cela oblige les candidats à se redéfinir par rapport à cette réalité », explique Thierry Mandon, secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et soutien de Benoît Hamon.
Pour les prétendants à l’Élysée, il s’agit simultanément de capter l’énergie de la société civile et de rétablir la confiance. « L’élément fondamental de l’émergence citoyenne, ce sont les réseaux sociaux. Ils abaissent le coût d’entrée la démocratie, poursuit Benjamin Griveaux. Sans eux, jamais on n’aurait pu faire En Marche ! en si peu de temps ». L’un de ceux qui ont le mieux compris le pouvoir des réseaux sociaux, c’est Jean-Luc Mélenchon : 950 000 abonnés sur Twitter, 600 000 sur Facebook, 200 000 sur YouTube… C’est à travers les vidéos sur sa chaîne qu’il interpelle Benoît Hamon. Et c’est sur Facebook live que le candidat socialiste lui répond.
Phase de R&D. François Fillon, lui, compte 75 000 abonnés sur Facebook. En pleine crise, le candidat a assuré qu’il « tiendrait bon » via une vidéo diffusée sur sa page. Même chose pour sa lettre aux Français, publiée mercredi sur le site en même temps que dans Ouest France. Une communication sans intermédiaire. L’ancien PDG de Numéricâble et de Capgemini, Pierre Danon, qui préside le « conseil national de la société civile » de François Fillon, a lancé cette semaine sur Mesopinions.com une pétition de soutien au candidat, signée par 13 000 personnes (400 000 personnes demandent à Pénélope de rembourser dans une autre une pétition).
Pas moins de 500 personnalités ont intégré ce conseil. Une cinquantaine dirigera des pôles thématiques (femmes avec Fillon, sportifs avec Fillon, mid-generation avec Fillon…): des profils variés, comme Murielle Réus, issue de la communication, ou la cofondatrice de Sens commun, Madeleine de Jessey. « Cela permet d’irriguer la campagne électorale dans des milieux professionnels », explique Thierry Solère, porte-parole de François Fillon.
C’était déjà la stratégie adoptée par le candidat lors de la primaire, à travers des groupes de travail. « Pour un même texte, s’il n’y a que la société civile qui s’en charge, ça fait un peu café du commerce ; s’il n’y a que des technos, ça tourne à l’eau tiède ; s’il n’y a que des politiques, la volonté de plaire aux électeurs est trop présente. Les trois réunis forment un bon cocktail », explique Pierre Danon. 70 des 400 mesures du programme Fillon ont été soumises au vote des internautes. Quelque 600 000 personnes y ont participé. « Cela a été très utile pendant la primaire. Maintenant, on est dans une phase opérationnelle, on n’est plus dans une phase de R & D », concède un membre de la campagne. Il n’empêche, en cas de victoire, François Fillon a promis un gouvernement dont la moitié des membres sera issue de la société civile. Audacieux.
De son côté, au-delà de l’élaboration de son programme, Benoît Hamon veut poursuivre pendant sa campagne les échanges avec les citoyens. « Nous allons réunir un conseil citoyen. Ce sera une chambre représentative de la société civile dans ses différentes composantes (âge, appartenance professionnelle, etc.). Elle permettra de tester des idées et d’enrichir les propositions », explique Nicolas Matyjasik, coresponsable du projet présidentiel. « L’ascenseur social est en panne. La parole des élites n’est plus prescriptive. Aujourd’hui, le mouvement politique n’est plus seulement descendant, il est aussi du bas vers le haut », analyse aussi un proche du candidat.
Elites omniscientes. Dans l’organigramme qui sera dévoilé samedi, des représentants de syndicats, d’associations ou encore des intellectuels figureront en bonne place. Jean-Marc Germain, qui dirige la campagne avec Mathieu Hanotin, imagine déjà un débat sur une chaîne d’info entre Éric Woerth, en charge du projet Fillon, et un membre d’une association pour représenter le candidat du PS : « Il faut des gens qui parlent comme tout le monde ». « Quand les sept candidats de la primaire de droite débattaient du CICE, vous pensez que ça parlait aux gens ? », renchérit Nicolas Matyjasik. Sur le fond, il y a la volonté de Benoît Hamon de ne pas apparaître comme un homme providentiel. « Les élites omniscientes, inamovibles, incontestables, ce n’est plus notre manière de faire de la politique », poursuit Nicolas Matyjasik.
Pour Emmanuel Macron, le renouvellement passe par sa volonté de réserver la moitié des 577 circonscriptions législatives à de simples citoyens. « Lorsque vous créez une start-up dans les Quartiers nord de Marseille, vous faites de la politique, presque plus que le député du quartier ! », souligne Benjamin Grivaud. Plusieurs milliers de candidats potentiels se sont déjà fait connaître. « C’est donner l’illusion que chacun peut être candidat car les critères de sélection sont évanescents. Surtout, comment Emmanuel Macron veut-il donner la parole aux citoyens quand son mouvement est si pyramidal ? », s’interroge Thierry Mandon. « On assume que la sélection se passe à Paris à travers une commission, rétorque Benjamin Grivaud. Pour faire émerger la société civile, installer la parité, il faut une action volontariste ».
Dans les faits, l’intégration de la société civile à la classe politique n’a rien d’évident. « À droite, on a toujours été habitué à aligner les élus plus qu’à compter sur des membres de la société civile. Ils ne cohabitent pas, ce sont des campagnes parallèles », résume Thierry Solère. Pourtant, dans tous les états-majors, on sait que la question de la confiance des citoyens structure cette présidentielle.
Jean-Jérôme Bertolus et Caroline Vigoureux
::: INTERNATIONAL
LE MONDE – 10/02/2017
Après le Brexit, Londres lance la contre-attaque
Le maire de la capitale britannique, Sadiq Khan, annonce une tournée commerciale dans cinq villes européennes. Il sera accompagné d’une large délégation d’entreprises.
Depuis le vote en faveur du Brexit, les capitales européennes se sont lancées dans une vaste bataille pour tenter de récupérer des emplois pour le moment implantés à Londres. Lundi 6 février, une délégation parisienne, menée par Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France (Les Républicains), est venue vanter les atouts de la capitale française.
Quelques jours plus tôt, Francfort organisait une réception pour une vingtaine de grandes banques internationales. Dublin, Luxembourg, Madrid ou encore Lisbonne ont également lancé des campagnes de promotion.
Mercredi, Sadiq Khan a lancé la contre-attaque. Le maire de Londres a annoncé qu’il va réaliser une tournée de cinq capitales européennes fin mars : Berlin, Bruxelles, Paris, Madrid et Varsovie. Il sera accompagné d’une large délégation d’entreprises, constituée essentiellement de start-up prometteuses, qui espèrent trouver de nouveaux débouchés. « Je vais porter à nos partenaires européens ce message vital que Londres est ouvert », a expliqué M. Khan, devant un parterre de cent cinquante chefs d’entreprise.
Porte-parole des anti-Brexit
Depuis le référendum, le maire de Londres s’est fait le porte-parole des anti-Brexit. Il faut dire que la ville a voté à 60 % pour rester dans l’Union européenne (UE). Mercredi soir, il ne cachait pas sa déception, car au moment où il prononçait son discours, la Chambre des communes votait à une immense majorité (494 voix contre 122) pour autoriser le déclenchement de l’article 50 du traité de Lisbonne, qui débutera officiellement les négociations pour le retrait du Royaume-Uni de l’UE.
Dans la salle pourtant, l’inquiétude est évidente. Certes, ces chefs d’entreprise ont été soigneusement sélectionnés et sont à la tête de sociétés qui vont bien. Depuis le vote en faveur du Brexit, tous disent que leurs affaires n’ont pas ralenti. Mais aucun ne montre le moindre enthousiasme pour la sortie de l’UE. Leur principal souci : ne pas réduire les flux migratoires.
Inquiétude des entreprises
Husayn Kassai dirige Onfido, une société qui s’occupe de vérifier sur Internet l’identité de personnes (par exemple sur Blablacar d’un passager souhaitant partager un covoiturage). A 27 ans, il a 145 salariés de 44 nationalités différentes. « La vraie question concerne l’immigration, explique cet enfant de Manchester, né d’un père iranien et d’une mère britannique. Londres est cette ville ouverte, où tout le monde est le bienvenu. Le Brexit a cassé cet élan. »
Sandra Sassow partage la même inquiétude. Sa société, Seab Energy, fabrique des machines qui transforment en électricité les déchets alimentaires. Elle est française, son mari est américain, et la moitié de ses 21 employés sont européens. « On vient de signer un très gros contrat en Inde et nous devons doubler notre main-d’œuvre. Mais depuis le Brexit, je reçois beaucoup moins de CV d’Européens qu’auparavant. » Certains de ses salariés espagnols envisagent même de partir. « Ils sont venus parce qu’ils étaient beaucoup mieux payés qu’en Espagne, mais avec la baisse de la livre sterling, cet avantage, converti en euros, a disparu. »
Mme Sassow raconte aussi que les investisseurs posent désormais beaucoup plus de questions qu’avant. « Ils me demandent quels sont mes plans de rechange, ce que je ferais en fonction de l’évolution des négociations du Brexit. »
Certaines entreprises ont aussi décidé d’ajuster leur stratégie. C’est le cas de Rocketseed, une société de vingt-cinq salariés, qui a développé une technologie permettant de suivre les e-mails envoyés (notamment pour savoir si ceux-ci ont été lus). « On s’est dit qu’il y aurait trop d’incertitudes concernant les relations avec l’Europe, alors on a décidé de concentrer notre croissance sur les Etats-Unis », explique Damian Hamp-Adams, son patron.
LES ECHOS – 10/02/2017
Les pays Baltes, nouvelle terre d’exil pour les start-up
La TechChill Riga réunit cette semaine, dans la capitale lettone, les startuppeurs des trois pays Baltes.
Pour dynamiser leur écosystème, la Lettonie, l’Estonie et la Lituanie viennent de prendre des mesures, dont des exemptions fiscales et l’accueil simplifié de personnes originaires de pays non membres de l’Union européenne.
La concurrence entre l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ne s’arrête pas au seuil des start-up, au contraire. Chacune des Républiques baltes vient de prendre des mesures pour attirer à elle des entrepreneurs originaires de pays non membres de l’Union européenne (UE) et promouvoir la scène locale des jeunes pousses en devenir. Une nécessité pour ces Etats aux populations rapidement décroissantes, qui comptent moins de sept millions d’habitants pour l’ensemble des pays. « Plutôt que d’investir dans des usines, les gouvernements commencent à reconnaître le pouvoir de petites équipes ingénieuses », constate Ernests Stals, cofondateur de TechChill Riga, le principal rendez-vous balte des start-up, qui se termine ce vendredi dans la capitale lettonne. L’occasion de passer en revue les mesures adoptées dans ces pays entrés dans l’UE en 2004.
À noter : Lors de l’événement TechChill Riga, un concours de pitchs est organisé, dont le vainqueur se verra offrir un voyage dans la Silicon Valley pour rencontrer des investisseurs.
Lettonie : exemption de charges
Honneur à l’hôte de la sixième édition de TechChill Riga, la Lettonie. Depuis le 1er janvier de cette année, toute start-up âgée de moins de cinq ans et dans laquelle au moins 30.000 euros de capital-risque ont été investis (mais pas plus de 200.000 euros) peut, sous certaines conditions, obtenir une aide financière de l’Etat pendant cinq ans. Il s’agit avant tout d’exemptions de charges sociales et de déductions fiscales. La start-up ne doit payer qu’un montant fixe de 252 euros de charges par employé. Si cette personne gagne plus de 4.050 euros par mois, une taxe est due sur l’excédent. De plus, la Lettonie (2 millions d’habitants) est en train d’assouplir sa législation sur l’immigration des spécialistes IT originaires de pays non membres de l’UE, notamment pour épauler les pépites tech du cru.
111 millions d’euros
Le montant total levé par la start-up BitBury spécialisée dans le bitcoin.
Lituanie : visas facilités
Les talents étrangers sont au cœur du dispositif entré en vigueur depuis janvier en Lituanie (3 millions d’habitants). Le régime « visa start-up » permet à des fondateurs de start-up originaires de pays hors UE (ainsi qu’aux membres de leur famille) d’obtenir des permis de résidence temporaire de manière accélérée. Les demandes sont passées au crible par un jury d’investisseurs et de membres de Startup Lithuania, l’agence chargée du secteur dans ce pays. Plusieurs dizaines de demandes, assure-t-on. Une tournée sera organisée ce printemps en Biélorussie, en Ukraine et en Russie pour promouvoir le nouveau régime.
341.000 euros
C’est le montant total injecté par des investisseurs étrangers en capital-risque, en Lettonie en 2012.
Estonie : recrutements IT
La plus nordique des trois, l’Estonie (1,3 million d’habitants) n’est pas en reste, elle qui passe pourtant pour une terre fertile en start-up (Skype y a été créé, entre autres). Depuis janvier, un programme également baptisé « startup visa » est opérationnel, dans le même but qu’en Lituanie. Valide pendant 18 mois, il permet ensuite de demander un permis de résidence de cinq ans renouvelable. Plus besoin d’investir les 65.000 euros exigés auparavant. Il faut toutefois justifier d’économies correspondant à 130 euros par mois. De plus, le gouvernement a exempté 339 jeunes pousses locales de certaines obligations, ce qui leur permettra d’embaucher plus facilement des experts de pays non membres de l’UE, alors que le pays manque de milliers de spécialistes IT et que les investissements dans les start-up locales ont baissé de plus d’un tiers entre 2015 et 2016.
100 millions d’euros
Les start-up estionniennes ont connu une année record en 2015 avec un total de fonds levés jamais égalé.
Antoine Jacob
LE FIGARO – 10/02/2017
Décret anti-immigration : Donald Trump perd la deuxième manche
VIDÉO – La Cour d’appel de San Francisco a maintenu jeudi soir la suspension du décret présidentiel visant les réfugiés et les ressortissants de sept pays musulmans.
Donald Trump a perdu jeudi soir la deuxième manche de la bataille judiciaire engagée contre son décret limitant l’entrée aux États-Unis de certaines catégories d’étrangers. Dans une décision unanime de 29 pages, assez sévère pour son administration, trois magistrats de la Cour d’appel de San Francisco ont refusé d’annuler l’ordre de suspension qui avait été décrété pour l’ensemble du pays vendredi dernier par un juge de Seattle. Les réfugiés dont le statut avait été approuvé par les autorités d’immigration et les titulaires de visas américains dans les sept pays visés (1) peuvent donc continuer pour l’instant à se rendre aux Etats-Unis.
Quelques minutes après la publication du jugement, Donald Trump a tweeté «On se voit au tribunal, la sécurité de notre pays est en jeu!», indiquant son intention de contester la décision devant la Cour suprême.
Celle-ci a pour tradition d’accorder de larges pouvoirs à l’exécutif dans des domaines tels que l’immigration. Mais elle n’est pas obligée de se saisir d’une affaire et, actuellement limitée à huit membres, (quatre «libéraux» et quatre «conservateurs») se trouve à la merci d’un blocage. Si aucune majorité de cinq juges ne se dégage, sur la saisine ou sur le fond, la Cour fédérale du 9e Circuit gardera le dernier mot.
«Nous gagnerons à la fin, très facilement», a assuré le président depuis le Bureau ovale. La veille, il avait déploré la «politisation» du système judiciaire américain, dans lequel les juges fédéraux sont nommés par le président et confirmés par le Sénat. Lui-même vient de choisir un magistrat solidement conservateur pour occuper le 9e siège vacant à la Cour suprême. C’est aussi un républicain, James Robart, désigné par Bush, qui avait suspendu l’application de son décret en première instance. Et c’est par consensus que les trois juges d’appel (nommés par Carter, Bush et Obama) ont confirmé cette décision jeudi.
«Requête d’urgence»
La Cour fédérale ne se prononçait pas sur la légalité de l’ordonnance présidentielle, mais sur l’opportunité de mettre fin à sa suspension dans l’attente d’un jugement au fond. Elle a cependant balayé un large éventail d’arguments juridiques, au détriment du gouvernement. «Nous considérons qu'(il) n’a pas démontré ses chances de l’emporter sur le fond, ni qu’une levée de la suspension causerait un dommage irréparable», écrivent les juges pour justifier le rejet de la «requête d’urgence» déposée par le ministère de la Justice.
L’Administration Trump est déboutée sur son assertion selon laquelle l’autorité présidentielle en matière d’immigration échapperait entièrement au contrôle des tribunaux. Elle est critiquée pour n’avoir pas démontré en quoi le retour à la situation d’avant le décret provoquerait une insécurité inédite. Elle perd sur le terrain du 5e amendement en privant certains individus des protections légales auxquelles ont droit «toutes les personnes se trouvant aux États-Unis, y compris les étrangers dont la présence est légale ou illégale, temporaire ou permanente». Cette jurisprudence s’étend à certains voyageurs étrangers empêchés de revenir légalement dans le pays.
Vingt États et une centaine d’entreprises de la Silicon Valley avaient déposé devant la Cour des motions de soutien à la démarche amorcée par l’État de Washington et le Minnesotta. Dans leur dernier considérant, les juges d’appel soulignent que «des aspects de l’intérêt public jouent en faveur des deux parties. D’un côté, le public a un intérêt puissant dans la sécurité nationale et la capacité d’un président élu de mettre en œuvre des politiques. De l’autre, le public a aussi intérêt à bénéficier de la liberté de voyager, à éviter la séparation des familles et à être épargné par la discrimination. Nous n’avons pas à caractériser l’intérêt public de manière plus nette. Ces intérêts publics concurrents ne justifient pas de surseoir» à la suspension du décret.
(1)Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie, Yémen.
Vous souhaitant une bonne journée et un agréable week-end.
Cordialement,
Elena NATALITCH
Service Presse, Communication / Formation
251, bd Pereire – 75852 PARIS Cedex 17
Tél. : 01 40 55 12 43
Fax : 01 40 55 12 40
ftpAME2017-04-05T09:09:53+02:00Mots-clés : Actualité, MEDEF, Revue de Presse|
::: ILE-DE-FRANCE
BATIWEB – 08/02/2017
Les PME pleinement associées à la réalisation du Grand Paris Express
Philippe Yvin, président du directoire de la Société du Grand Paris, souhaite qu’au moins 20% des travaux du Grand Paris Express soient exécutés par des PME. Pour stimuler leur implication et mesurer leur participation à la réalisation du projet, il a annoncé la création d’un Observatoire réunissant des chambres consulaires, des organisations patronales et des fédérations professionnelles parmi lesquelles la FFB.
L’Observatoire des PME de la Société du Grand Paris a tenu sa première réunion jeudi 2 février. Lancée par Philippe Yvin, président du directoire de la Société du Grand Paris, l’initiative vise à associer pleinement les TPE et PME à la réalisation du Grand Paris Express.
En effet, « depuis le lancement du projet, la Société du Grand Paris est attentive à ce que la réalisation du Grand Paris Express profite à tous. C’est pourquoi nous imposons qu’une part d’au moins 20 % des travaux soit exécutée par des PME », explique M. Yvin.
Pour s’assurer « du respect de cette clause et stimuler l’implication des PME dans le projet », la Société du Grand Paris a créé cet Observatoire qui bénéficie de l’engagement des chambres consulaires, des organisations patronales et des fédérations professionnelles franciliennes.
Parmi ses membres fondateurs, on retrouve la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Paris Île-de-France, la Chambre des métiers et de l’artisanat (CRMA) Île-de-France, la Confédération des petites et moyennes entreprises Île-de-France et Paris, la Fédération régionale des transports publics (FRTP), la Fédération française du bâtiment (FFB) et le Medef Île-de-France. L’Insee et la Direccte Île-de-France seront également associés aux travaux.
Mesurer la participation des PME
Tous devront travailler « collectivement » à la mise en place d’un instrument de mesure de la participation des TPE et PME à la réalisation du Grand Paris Express. L’Observatoire sera également une plateforme d’échanges qui permettra à la Société du Grand paris « de consolider et maintenir un dialogue continu avec ces entreprises concernant les opportunités offertes par le projet », détaille un communiqué.
Les chantiers du Grand Paris Express sont en effet source de croissance pour les entreprises franciliennes. Ces opportunités dont d’ailleurs répertoriées sur la plateforme CCI Business de la CCI Paris Île-de-France où sont déjà inscrites 650 PME.
L’Observatoire des PME vient ainsi compléter le travail engagé par la Chambre de commerce et d’Industrie de la région qui met à disposition des entreprises des conseillers dans chacun des huit départements franciliens, et s’assure de leur mise en relation avec des maîtres d’ouvrage.
Les résultats de l’Observatoire seront présentés chaque année au Conseil de surveillance et au Comité stratégique de la Société du Grand Paris. Les données relatives à l’implication des PME seront publiées deux fois par an. Les premiers chiffres sont attendus pour le printemps.
Rose Colombel
LE JOURNAL DU GRAND PARIS – 08/02/2017
Le préfet Carenco appelle le Comex logement à poursuivre ses efforts
Installé par le préfet de région, Jean-François Carenco, le comité exécutif sur le logement en Ile-de-France (Comex), regroupant les acteurs publics et privés de la filière, s’est réuni pour la 17e fois. Le bilan est satisfaisant mais « il est impératif de continuer l’effort », selon le préfet.
22,4 %. Telle est la croissance constatée pour l’autorisation de logements en Ile-de-France entre 2015 et 2016. Ce qui porte leur nombre à près de 91 000. Pour les mises en chantier, ce chiffre s’élève à 70 500 logements (+ 12,7 % par rapport à 2015). « Quand je suis arrivé, [l’installation d’un Comex] constituait une innovation, maintenant, les bons résultats du logement témoignent de l’efficacité de ce dispositif », s’est félicité le préfet d’Ile-de-France Jean-François Carenco.
L’instance partenariale serait ainsi, selon la préfecture, à l’origine des bons chiffres et de « l’augmentation historique de la production de logements sociaux ». Le Comex s’est également saisi de la prévention de la dégradation des quartiers pavillonnaires par la création de la Sorepad, fruit d’un partenariat entre Action logement et l’Etablissment public foncier d’Ile-de-France (Epfif).
Objectif atteint pour les territoires de la MGP
L’objectif territorialisé dans la production de logement est atteint voire dépassé pour tous les territoires de la métropole du Grand Paris. Sur les 26 autres territoires analysés par le Comex, sept ne remplissent pas leur objectif de production. Ces objectifs seront intégrés, en ce qui concerne les EPT de la métropole du Grand Paris, au schéma régional de l’habitat et de l’hébergement (SRHH) en cours de consultation auprès des collectivités locales franciliennes.
Cette réunion du Comex, en forme de bilan, a par ailleurs permis de rappeler que deux nouvelles opérations de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national (Orcod-IN) en Ile-de-France, sont en cours de préfiguration. A Mantes-la Jolie (Yvelines), pour le quartier du Val-Fourré, ainsi qu’à Argenteuil, sur celui du Val d’Argent (Val d’Oise). Il est rappelé par ailleurs que 19 collectivités ont été retenues pour l’appel à projets de lutte contre l’habitat indigne lancé par l’Etat. Les études sont en cours de réalisation.
« Il est impératif de continuer l’effort »
« Si les résultats sont bons, il est néanmoins impératif de continuer l’effort », a rappelé le préfet Carenco aux membres du comité. Des efforts articulés autour de quatre axes principaux pour l’année 2017 :
::: ECONOMIE
LES ECHOS – 09/02/2017
Dépense publique : la Cour des comptes sonne l’alarme
Les sages appellent Paris à accentuer l’effort sur la dépense d’ici à 2020.
L’objectif de déficit de 2,7 % en 2017 sera déjà « très difficile à atteindre ».
Le prochain locataire de l’Elysée est prévenu : la France doit beaucoup mieux maîtriser sa dépense publique pour rétablir l’équilibre budgétaire. C’est la mise en garde que vient de faire la Cour des comptes dans son rapport annuel. La juridiction financière prévient qu’il faudra nettement accentuer l’effort comparé à ce qui a été fait ces dernières années. Pour tenir les engagements européens à l’horizon 2020, il faudrait stabiliser les dépenses, voire même les baisser de 0,6 % par an si la croissance économique n’est pas au rendez-vous. Du jamais-vu. Pour mémoire, la dépense publique a progressé de 2,3 % par an en moyenne de 2000 à 2009, puis de 0,8 % entre 2010 et 2015.
Et encore, depuis 2014, la France a bénéficié d’un contexte de taux faibles qui lui a permis de diminuer la charge d’intérêts malgré une augmentation de la dette publique. La Cour note ainsi que, depuis 2012, 40 % de la réduction du déficit sont imputables à la diminution de la charge de la dette. « Certains facteurs qui ont joué positivement ces dernières années pourraient jouer négativement dans les années à venir. Toutes les économies que nous avons pu faire sur la charge d’intérêts ne devraient plus se retrouver », alerte Didier Migaud, le président de la Cour des comptes.
De même, la masse salariale de la fonction publique, relativement maîtrisée ces dernières années, devrait repartir à la hausse sous l’effet du dégel du point d’indice et d’un nouvel accord carrière.
Sous-budgétisation
Selon les magistrats, la masse salariale des administrations publiques augmenterait autant en 2017 sur les six années de 2011 à 2016. L’Etat ne pourra donc plus compter sur ces économies, ni sur celles qu’il a faites récemment sur la contribution au budget de l’Union européenne, estime la Cour des comptes. « Ces dernières années, le déficit a diminué à un rythme moyen de 0,3 % par an, voire 0,2 % pour 2016. Passer de ce rythme constaté à un rythme plus rapide ne va pas de soi », commente Raoul Briet, le président de la première chambre. Pour la Cour des comptes, l’effort doit donc « changer de nature, en s’attachant à réduire les principales sources d’inefficacité de la dépense, mais aussi en effectuant des choix explicites ». L’institution entend par là qu’il faut revoir le périmètre d’action de l’Etat. « Cela signifie éviter les doublons entre Etat et collectivités, et lier la réflexion sur la dépense publique à leur mission », précise Didier Migaud.
Reste à savoir si les candidats à la présidentielle seront sensibles à cet avertissement. Le gagnant du scrutin devra en tout état de cause assumer l’héritage du précédent quinquennat. La Cour des comptes a prévenu que l’objectif de 2,7 % pour 2017 « sera très difficile à atteindre. » Ses inquiétudes portent autant sur la surestimation des recettes que sur la sous-budgétisation des dépenses. En cause : une hypothèse de croissance « globalement un peu élevée » et des dépenses dans les ministères qui repartent à la hausse.
Déficit : ce que disent les candidats
Pour l’instant, seuls François Fillon et Marine Le Pen ont présenté une trajectoire de déficit. Le premier prévoit une « grosse bosse » en 2018 pour financer les baisses d’impôts, puis un retour progressif à l’équilibre des comptes publics à l’horizon 2022. La candidate du FN table sur une hausse du déficit à 4,5 % en 2018 et promet de le ramener à 1,3 % en 2022. Quant à Emmanuel Macron, il considère qu’il n’est « pas pertinent de viser l’équilibre des comptes dans le contexte actuel », mais veut ramener la dépense publique à 50 % du PIB en 2022 (54 % aujourd’hui). Benoît Hamon, lui, veut « en finir avec le dogme du 3 % ».
Ingrid Feuerstein
LES ECHOS – 09/02/2017
Paris Saclay : 5 milliards pour une « impasse »
5,3 milliards d’euros ont été engagés depuis que Nicolas Sarkozy a pris la décison, en 2008,
de créer un pôle scientifique et technologique de rang mondial sur le plateau de Saclay.
La Cour des comptes propose la création d’un responsable interministériel pour dénouer le dossier.
François Hollande voulait en faire « un bon exemple et pas un contre-exemple ». Le projet Paris Saclay, vaisseau amiral de la recherche publique française, n’en prend pas le chemin, à lire le rapport de la Cour des comptes. « Le projet d’université intégrée […] est aujourd’hui dans l’impasse », écrivent les magistrats. Car l’Etat s’y est lancé « sans avoir au préalable défini clairement les moyens permettant de le réaliser ».
Depuis la décision de Nicolas Sarkozy, en 2008, de créer un pôle scientifique et technologique de rang mondial sur le plateau de Saclay, 5,3 milliards d’euros ont été engagés, dont 700 millions pour le volet scientifique, 2,6 milliards pour l’immobilier universitaire et 2 milliards pour les transports. Le site est censé rassembler, à terme, 15 % de la recherche publique française autour des établissements d’enseignement supérieur et de recherche les plus prestigieux – université Paris Sud, Polytechnique, CNRS, CEA… Mais ceux-ci n’arrivent pas à s’entendre sur la gouvernance. Et les différentes tutelles des établissements – Enseignement supérieur, Défense, Bercy – se déchirent. « L’Etat se révèle incapable de parler d’une seule voix » sur ce projet, de fait « en suspens », indique la Cour. Le « pilotage défaillant » pèse lourd sur « le risque de dilution d’une grande ambition », pointe-t-elle. Le projet se résumerait alors « à un rapprochement géographique d’établissements […] sans cohérence réelle ni visibilité internationale ». Des efforts ont, certes, été réalisés, sur des diplômes communs ou « le début de structuration de la recherche ». Mais « la création d’une grande université de recherche intégrant universités et grandes écoles est au point mort ».
« Deux visions s’opposent »
« Deux visions de l’université Paris Saclay s’opposent » parmi les dix-huit membres de la communauté d’universités, poursuit la Cour : d’un côté, celle visant à créer une université unifiée, portée « notamment par l’université Paris Sud » ; de l’autre, celle qui a pour chef de file l’Ecole polytechnique, qui craint de « diluer [sa] réputation d’excellence dans une université encore sans renommée et peu sélective ». Cette « logique divergente » conduit l’université Paris Sud à « aller vers un modèle qui mettrait en commun, au sein de l’université Paris Saclay, les licences, masters et doctorats ainsi que la recherche ». Mais elle fait craindre aux écoles la perte de leur personnalité juridique.
Les commentaires de la Cour sont « quelque peu caricaturaux », réplique le président de l’université Paris Saclay, Gilles Bloch, assurant que la grande majorité des membres adhère à la perspective d’une université Paris Saclay « hybridant les modèles de l’université française classique et des grandes écoles dans un modèle plus performant ». En ligne de mire, le maintien des financements liés aux investissements d’avenir (Idex) pèse lourd : en avril 2016, le jury international a donné 18 mois à Paris Saclay pour clarifier son projet. Trouver une « position convergente » à court terme paraît « difficile », concluent les magistrats. Ils préconisent la désignation d’un responsable interministériel. Ce que l’Ecole polytechnique voit déjà d’un mauvais oeil…
Marie-Christine Corbier
L’OPINION – 09/02/2017
Ecotaxe: un Royal scandale
L’abandon de l’écotaxe va coûter une fortune aux contribuables, dénonce la Cour des comptes. Un fiasco dont la ministre de l’Environnement est la première responsable
La Cour des Comptes consacre un chapitre de son rapport annuel à « l’échec stratégique » et « l’abandon coûteux » de la taxe poids lourd. La ministre de l’Environnement n’en démord pas : « Le gouvernement a fait au mieux » en renonçant ce « système pervers », a réagi Ségolène Royal, se vantant d’avoir « supprimé un système très coûteux pour le remplacer par un prélèvement tout simple sur la consommation de carburant ». Tout simple, et payé par tous les automobilistes.
« Servir l’Etat, dans l’état où il est… », voilà le constat désabusé fait dans un grand soupir par Philippe Séguin, en novembre 2009, peu avant sa mort. Didier Migaud, son successeur au poste de premier président de la Cour des comptes, ne doit pas être loin d’éprouver le même sentiment, tant la lecture du rapport de la juridiction financière sur l’écotaxe est édifiante. « Un échec stratégique, un abandon coûteux » : voilà comment les magistrats de la Rue Cambon intitulent leur chapitre. « Qu’en termes élégants ces choses-là sont dites ! »
En fait, il s’agit d’un désastre, d’un incroyable gâchis de fonds publics qui mériterait de figurer dans un Petit manuel du mauvais ministre. « Les Français règlent l’addition de S.Royal : 1Md pour la fin de l’écotaxe. La lâcheté et le renoncement ont un prix », a ainsi tweeté Nathalie Kosciusko-Morizet. De fait, la responsabilité de Ségolène Royal dans ce fiasco est évidente. Même si la Cour des Comptes ne le dit pas comme ça, son analyse le montre.
Certes, elle n’est pas à l’origine de la « suspension » de cette taxe, annoncée le 29 octobre 2013 par le Premier ministre de l’époque, Jean-Marc Ayrault. Cela sous la pression de violentes manifestations des « bonnets rouges » bretons, qui craignaient que cette mesure pénalise une filière agroalimentaire déjà en plein marasme. L’écotaxe avait pourtant été votée à la quasi-unanimité par les parlementaires en 2009. Elle visait notamment, selon le principe du pollueur-payeur, à assurer une meilleure couverture des coûts d’usage du réseau routier hexagonal par les transports de marchandises. La mise en place du dispositif avait été confiée au consortium franco-italien Ecomouv’ dans le cadre d’un partenariat public-privé, pour un début de collecte en juillet 2013.
Risques identifiés. « Dès que l’écotaxe a été suspendue, nous avons tous travaillé pour imaginer un autre système, confie un proche du dossier. Et nous étions confiants dans le fait que cela pouvait repartir ». La Cour des comptes ne dit pas autre chose. « A la suite de la suspension les administrations ont recherché des solutions contractuelles envisageables… Les deux options les plus solides juridiquement étaient soit la résiliation du contrat de partenariat pour motif d’intérêt général, soit sa continuation normale », peut-on lire dans le rapport. Ceci était clair dès la fin novembre 2013.
Mais, à peine nommée ministre de l’Ecologie, en avril 2014, Ségolène Royal suscite une vive controverse en déclarant que le dossier de l’écotaxe poids lourd doit être remis à plat. Les administrations des transports et des douanes s’engagent donc dans la conception d’un dispositif de substitution sous la forme d’un « péage de transit poids lourds », qui consistait pour l’essentiel à réduire le réseau taxable. « Tout le monde était conscient que cela n’était pas terrible, mais on se disait aussi que c’était un début et qu’ensuite, nous pourrions étendre le dispositif », explique l’un des représentants du ministère des Transports.
La facture n’a pas fini de s’alourdir. Selon nos informations, les sociétés habilités au péage demandent à être elles aussi dédommagées, pour un montant de 270 millions d’euros
Il a suffi que les transporteurs routiers menacent d’une grève pour le 15 octobre 2014 pour que Ségolène Royal les reçoive le 9. « Nous avons décidé de suspendre sine die le dispositif d’écotaxe », déclare-t-elle à l’issue de la réunion. Ecomouv’, son actionnaire italien Autostrade, les conseils juridiques, et même la propre administration de Ségolène Royal, tous apprennent la nouvelle par la presse. Hostile à « l’écologie punitive », la ministre a pris cette décision seule. Pourtant, les risques financiers associés avaient été parfaitement identifiés par chacun de ces acteurs.
De fait, la punition est en fait très sévère pour le contribuable. Catastrophique même. Commençons par l’indemnisation d’Ecomouv’ et de ses partenaires à hauteur de 958 millions d’euros, dont 518 millions ont été payés en 2015, le solde de 440 millions d’euros s’échelonnant entre 2016 et 2024, au rythme de 50 millions d’euros par an.
L’addition va encore grimper. Ces sommes servent à rembourser les banques qui ont prêté à Ecomouv’ qui, bizarrement, existe toujours ! Ségolène Royal n’a pas voulu que l’Etat reprenne directement la dette du consortium – cela aurait fait mauvais effet. Mais s’il s’était retrouvé face aux créanciers, il aurait pu renégocier les prêts et, compte tenu de la baisse des taux d’intérêt, payer nettement moins cher. Encore un surcoût à porter au compte de la ministre de l’Environnement.
La facture n’a pas fini de s’alourdir puisque des demandes d’indemnités sont encore en cours. Elles viennent en particulier des sociétés habilités au péage (Axxés, filiale de Vinci et d’Eiffage ; Eurotoll, filiale de la Sanef…) qui, selon nos informations, demandent à être elles aussi dédommagées, pour un montant de 270 millions d’euros. Quant aux portiques, que l’Etat s’était engagé à démanteler, ils sont en train de rouiller tranquillement sur les routes…
En plus de tout cela, l’écotaxe aurait dû rapporter 7 milliards d’euros de 2015 à 2024 (nets des frais de gestion). Fort habilement, cette perte de recettes a été compensée par une majoration du tarif de la TICPE (taxe intérieure de consommation des produits énergétiques, ex-TIPP). Dans sa réponse à la Cour des Comptes, Bernard Cazeneuve indique qu’il ne partage donc pas « l’affirmation selon laquelle l’abandon aurait été très coûteux pour les finances publiques ». C’est un drôle de calcul.
Il aurait été tout à fait possible de combiner l’écotaxe et la hausse de la TICPE : la première aurait dû être payée par les poids lourds français et étrangers, la seconde l’est à hauteur de 57 % par les automobilistes français. Ségolène Royal a eu le culot de s’en féliciter. « Le gouvernement a fait au mieux, c’est-à-dire a supprimé un système très coûteux pour le remplacer par un prélèvement tout simple sur la consommation de carburant », a-t-elle indiqué, le 8 février, sur Europe 1. Plus c’est gros, plus ça passe : La facture étant payée par les contribuables, elle aurait pu dire aussi que l’on est passé du principe du « pollueur-payeur » à celui du « pollué-payeur ».
LES ECHOS – 09/02/2017
La gestion de la retraite des indépendants à nouveau épinglée
Les dysfonctionnements de la Cipav ne sont pas récents, suscitant la colère des cotisants.
La Cour des comptes met en garde contre le risque d’une « nouvelle catastrophe industrielle », en référence à celle du RSI.
Dans la famille des organismes de protection sociale des travailleurs indépendants, il n’y a pas que le RSI qui pose problème. Dans son dernier rapport annuel, la Cour des comptes se penche sur la Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance-vieillesse des professions libérales. La Cipav est l’organisme qui gère les régimes d’assurance-vieillesse et de décès-invalidité des architectes et géomètres, mais aussi, depuis 2009, une grande partie des autoentrepreneurs. Elle a plus d’un demi-million de cotisants. Son constat est d’autant plus sévère que ce n’est pas la première fois que la Rue Cambon épingle la gestion de cette caisse. En 2014, la Cour avait constaté de graves dysfonctionnements et appelé à des réformes en profondeur pour y remédier. Les problèmes n’ont pas disparu, loin s’en faut, constate-t-elle à la suite d’un nouveau contrôle réalisé en 2016.
Certes, un processus a bien été engagé, mais il est notoirement insuffisant, note le rapport. Non seulement, les pouvoirs publics ont tardé à s’emparer du sujet, ce qui a contribué à aggraver les difficultés, mais les préconisations de la Cour de clarifier la gouvernance des différentes caisses gérant l’assurance-vieillesse des professions libérales, dont la Cipav, n’a pas été suivie. Cette dernière a bien mis en oeuvre un plan de redressement, mais « incomplet » et accompagné d’une augmentation des effectifs « substantielle », qui n’a pas été affectée là où cela aurait été nécessaire.
« Lacunes persistantes »
La gestion financière et immobilière de la Cipav a insuffisamment progressé. Et la Cour constate « des lacunes persistantes dans le service rendu aux usagers », sur le délai de traitement des courriers comme de liquidation des pensions malgré des efforts. S’y ajoute un outil informatique « incomplet et défaillant ».
Dans ce contexte, la Cour est alarmiste sur la dernière réforme lancée sans études préalables, visant à faire basculer un grand nombre de professions de la Cipav vers le RSI, « lui-même très fragile ». Elle y voit le risque d’une « nouvelle catastrophe industrielle », en référence à celle de la création du RSI. Il y a « un fort risque d’échec » lié notamment à « la capacité du RSI à absorber les nouveaux flux d’affiliés ». La Cour des comptes alerte donc sur la nécessité de se fixer comme « objectif premier de retrouver au plus vite une gestion fiable et rigoureuse des droits des intéressés », et notamment de clarifier pour cela les futurs périmètres de la Cipav et du RSI.
::: ENTREPRISES
LE MONDE – 09/02/2017
Le Grand Paris et les aéroports portent la croissance de Vinci
Le groupe de BTP affiche un bénéfice en hausse de 16,2 % en 2016. Le chiffre d’affaires de sa branche aéroports dépasse le milliard d’euros.
Cap sur le Grand Paris. « Des chantiers d’une telle ampleur, je n’en avais jamais vu de toute ma carrière, cela arrive une fois par siècle et peut-être même pas » : mardi 7 février, lors de la présentation des résultats 2016 de Vinci, marqués par un bénéfice en hausse de 16,2 % à 2,37 milliards d’euros, son PDG Xavier Huillard est revenu sur ce projet phare convoité par tous les groupes de BTP.
« Jamais dans l’histoire de la région parisienne, nous ne verrons autant de grues et de chantiers souterrains », ajoute-t-il au sujet de ce programme unique en Europe estimé à 25 milliards d’euros sur vingt ans, et comprenant un métro automatique souterrain sur 200 kilomètres, 68 gares et plus de 250 000 logements. Le chantier démarre vraiment avec le choix des entreprises : « Cette année sera marquée par l’attribution de trois méga lots d’environ 800 millions d’euros et d’un super-méga lot de 1,5 à 2 milliards. »
Le premier contrat a été confié, le 1er février, à un groupement piloté par Bouygues Travaux publics pour la réalisation d’un tronçon du métro Grand Paris Express qui reliera Villejuif à Créteil, au sud-est de la capitale. Il comprend aussi Soletanche Bachy, une filiale de Vinci. Quant à l’attribution du deuxième lot, elle serait très proche.
« Cathédrale souterraine » à la Défense
« Nous sommes face à des défis titanesques de construction », s’enthousiasme M. Huillard en évoquant par exemple la gare qui sera bâtie sous le Centre des nouvelles industries et technologies (CNIT) à la Défense, « une véritable cathédrale souterraine ». « Les défis seront techniques et humains », car il faut à la fois tenir compte d’un sous-sol déjà très encombré et former des personnels à l’utilisation des tunneliers pour forer.
Le chantier du Grand Paris masque cependant des disparités sur le territoire quant à la relance de la construction, avec des différences notables selon les régions. Cette légère reprise n’est pas spécifique à la France. « Après une année de stabilisation en 2016, ce secteur d’activité redémarre un peu partout dans le monde, que ce soit aux Etats-Unis ou en Allemagne », constate le PDG. Plus globalement, il se montre confiant sur l’ensemble de ce groupe de 38 milliards de chiffre d’affaires : « Au vu des carnets de commandes, nous sommes plutôt lucidement optimistes. »
Si M. Huillard peut se féliciter des perspectives de la branche construction, il a les yeux de Chimène pour l’activité de concession et de constructions d’aéroports. En 2016, les chiffres se sont envolés en dépassant le milliard de chiffre d’affaires. Le taux de croissance du trafic de passagers pour l’ensemble des plateformes gérées par Vinci a progressé de 10 %. Mieux : au Portugal, où le français opère dix aéroports, le trafic a crû de 14 %, s’est félicité le PDG. Avec de tels résultats, il se dit « très heureux » du boom de cette activité « extrêmement dynamique ».
Toutefois, M. Huillard se veut prudent pour 2017, car conscient « de ne pouvoir soutenir une telle croissance ». L’an dernier, le groupe a changé de catégorie en devenant le « numéro quatre mondial » du secteur après les arrivées dans son portefeuille des aéroports du Kansai, (Japon), de six plateformes en République dominicaine et de l’aéroport de Lyon. Au total, en 2016, les 35 plateformes de Vinci Aéroports ont accueilli 132 millions de passagers.
« Le trafic aérien va doubler »
Le groupe ne veut pas s’endormir sur ses lauriers et reste à l’affût de possibles acquisitions. Mais le plus difficile, selon son PDG, est de « trouver des opportunités ». Pour élargir son empreinte, Vinci vise « des pays stables sur le plan politique, économique et social » tels que « le Chili ou le Japon ». Pour y parvenir, le groupe a les poches profondes. « Ce n’est pas un problème de capitaux », indique M. Huillard. La preuve : dans les prochains jours, le groupe va remettre une offre en partenariat avec le groupe indien Tata pour construire le nouvel aéroport de Bombay (Inde). Une plateforme créée ex-nihilo qui pourra, in fine, faire transiter « plusieurs dizaines de millions de passagers par an ». Un contrat de « plusieurs centaines de millions d’euros ».
Le patron de Vinci entrevoit un futur radieux pour sa branche aéroports. Selon lui, « le trafic aérien mondial va doubler » à l’avenir, notamment grâce à la consolidation des classes moyennes en Chine et en Inde. Un phénomène qui se double d’une montée en puissance des compagnies aériennes low cost et d’une « vague favorable à la prise en concession » d’aéroports de par le monde. Un dispositif « bien adapté au secteur aérien », ajoute-t-il. L’autre « intérêt de cette activité est que vous pouvez développer le trafic en attirant des compagnies aériennes avec l’ouverture de nouvelles routes ». En 2016, Vinci Aéroports a ainsi ouvert 220 nouvelles routes.
Désormais, M. Huillard voit grand pour sa branche aéroports. Son objectif est que cette activité représente « 5 % du chiffre d’affaires total ». Il y a quatre ans, avant l’acquisition des dix aéroports du Portugal, elle pesait seulement 0,8 % du chiffre d’affaires du groupe. En 2016, elle a atteint 2,8 % des revenus de Vinci.
Dominique Gallois et Guy Dutheil
LES ECHOS – 09/02/2017
Le BTP reste confronté au travail dissimulé
Les salariés d’un sous-traitant de Vinci pour la rénovation du métro à Châtelet-Les Halles n’étaient pas payés.
Epinglé sur le chantier du métro des Halles, Vinci s’est défendu mercredi.
Mais des affaires de ce type surviennent régulièrement.
Une trentaine d’ouvriers kurdes turcs non payés depuis deux à huit mois, dont cinq sans papiers, sur le chantier de rénovation par Vinci du métro à Châtelet-Les Halles (Paris) : la énième affaire de travail dissimulé révélée par un contrôle de l’inspection du travail le 16 janvier est « totalement inacceptable », a martelé mercredi Xavier Huillard, le PDG du groupe mis en cause.
Vinci s’efforce maintenant d’éteindre l’incendie en embauchant les ouvriers du sous-traitant incriminé, FH Services, et négocie avec eux le paiement de leurs arriérés de salaires. « A ce stade, 18 ouvriers ont accepté le contrat de chantier proposé », précise le président de Vinci Construction, Jérôme Stubler.
Vinci a intérêt à donner des gages de bonne volonté car la loi s’est musclée depuis 2014 : elle impose aux « donneurs d’ordre » de vérifier les bulletins de paie et attestations de cotisations sociales de leurs sous-traitants. « Sur ce chantier, c’était la quatrième grève des ouvriers pour non-paiement des salaires depuis novembre 2015, donc Vinci ne pouvait ignorer le problème », assure pourtant Marilyne Poulain, de la CGT, qui a alerté l’Inspection du travail. De fait, mi-2016, Vinci avait mis fin au contrat de son précédent sous-traitant FC10 et, affirme Jérôme Stubler, « avait proposé aux ouvriers de les embaucher via une agence d’intérim, mais ils avaient préféré rejoindre FH Services »… Une nouvelle société du même gérant (turc) que FC10, note la CGT.
L’Inspection du travail vient par ailleurs de boucler son enquête et d’envoyer un procès-verbal au parquet sur une autre affaire extrême, découverte en septembre 2016 : l’emploi, pour la démolition de l’ex-siège parisien de Michelin, avenue de Breteuil, de 25 Maliens sans papiers, via le sous-traitant MT Bat. Le donneur d’ordre était l’entreprise de BTP Capron (80 personnes) qui a, depuis, embauché les 25 sans-papiers. Mais cela n’arrêtera pas les poursuites.
Comment expliquer de tels cas, alors que la loi impose tant de contrôles ? « S’agissant d’un chantier de démolition, mon conducteur de travaux n’y faisait qu’un passage par jour et MT Bat m’a trompé : il ne devait y avoir sur ce chantier que 14 employés ! » – et non 25, tous non déclarés -, justifie le patron de Capron, Edouard Durier, en expliquant que « l’attestation de paiement des cotisations sociales a été contrôlée, mais elle porte toujours sur le trimestre précédent. Or, en l’occurrence, le chantier n’avait pas commencé. L’attestation portait donc sur zéro salarié. C’est fréquent dans les petites entreprises en l’absence de chantiers ». D’autres failles du système sont dénoncées. « Les attestations du sous-traitant peuvent porter sur un nombre de salariés inférieur à la réalité du chantier, explique Maître Aline Chanu, du cabinet Lepany. L’enjeu est de démontrer que le nombre officiel de salariés n’est pas crédible vu la taille du chantier et que le donneur d’ordre ne pouvait pas l’ignorer. »
Badges d’accès
« Nous avons 250.000 chantiers par an, comment tout contrôler ? », soupire Xavier Huillard. La CGT, elle, dénonce une situation qui dure. Les ouvriers gardent souvent les badges d’accès aux chantiers où ils ont travaillé et « un des sans-papiers, à Châtelet-Les Halles, travaillait depuis 2010 pour nombre de filiales de Vinci : il a des badges de Bateg, Dumez, GTM et Sicra », énumère Marilyne Poulain, qui ne s’étonne pas de cette fidélité : « En 2009, des sans-papiers du chantier de Bouygues à la Tour First [La Défense, NDLR] avaient gardé des badges d’autres chantiers passés de Bouygues, dont l’ambassade des Etats-Unis et l’Assemblée nationale, où ils allaient travailler en passant par les parkings ! » poursuit-elle.
Le géant Vinci comme la PME Capron préfèrent évoquer l’avenir que le passé. « Cela fait longtemps qu’on réclame la carte d’identification du BTP, souligne Edouard Durier, chez Capron. Elle arrive enfin, il était temps. » En attendant, la PME redoute le poids de l’amende dont elle risque d’écoper pour l’affaire de l’avenue de Breteuil.
LE FIGARO – 09/02/2017
2016 se termine mieux que prévu pour Sanofi
Grâce à un bon quatrième trimestre, le chiffre d’affaires annuel ressort à 33,8 milliards d’euros, en hausse de 1,2% à taux constants. Le groupe pharmaceutique prévoit 1,5 milliards d’euros d’économies à l’horizon 2018.
Décidément, 2016 a été pour Sanofi une année en dents de scie. Elle a été émaillée de mauvaises surprises, avec notamment les déboires sur le Praluent et dans le diabète ou avec l’échec du rachat de la biotech Medivation.
Pourtant, grâce à un bon quatrième trimestre, le chiffre d’affaires annuel ressort à 33,8 milliards d’euros, en hausse de 1,2% à taux constants. Le bénéfice net progresse lui de 9,8%, à 4,7 milliards d’euros. «Les performances sont meilleures que prévu», résume Olivier Brandicourt, directeur général du groupe tricolore.
Deux métiers de Sanofi se portent bien. La division médecine de spécialités, logée sous l’enseigne Genzyme, affiche une hausse de 17,3% des ventes, qui représentent désormais 15% du chiffre d’affaires total. Une performance due au dynamisme des traitements de la sclérose en plaques, Aubagio et Lemtrada, ainsi qu’aux médicaments contre les maladies rares.
Les vaccins s’avèrent également une valeur sûre. La commercialisation du Dengvaxia contre la dengue, un produit sur lequel Sanofi a misé plus d’un milliard d’euros, est moins rapide que prévu. «On s’attendait à davantage de commandes», explique Olivier Brandicourt en pointant, parmi les freins, les problèmes économiques et politiques au Brésil. Mais cela n’empêche pas les ventes de vaccins d’afficher une hausse de près de 9%.
«Réorganiser, simplifier»
Plus étonnant, aidé par le Toujeo, une nouvelle insuline censée combler la chute des ventes de Lantus, le diabète résiste aux «vents contraires», avec une hausse au quatrième trimestre.
Et Sanofi a d’autres indices de bonne santé à mettre en avant. Des économies, d’abord. Celles-ci se sont élevées à 650 millions d’euros en 2016. Elles atteindront 1,5 milliard à l’horizon 2018, détaille Olivier Brandicourt, qui entend continuer à «réorganiser, simplifier» tout en «soutenant les efforts d’innovation».
Autre point très apprécié des marchés: le dividende. Il est «en hausse pour la 23e année consécutive», insiste Jérôme Contamine, le directeur financier. Autant d’informations goûtées par les marchés, malgré la prévision, déjà annoncée auparavant, d’un bénéfice par action en léger repli en 2017. Le titre a gagné près de 1% mercredi.
L’avenir est beaucoup plus flou, en particulier sur les sujets délicats de 2016. Dans le cardiovasculaire, l’anticholestérol Praluent fait face, entre autres difficultés, à une attaque en justice d’Amgen qui pourrait lui interdire les ventes aux États-Unis à partir du 21 février. Toutefois, persuadé que les arguments du laboratoire américain ne tiennent pas la route, Olivier Brandicourt n’a «pas de plan B».
Dans le cancer, il est «impossible de ne pas être présent», car cela représentera bientôt «25% du marché des médicaments», estime Elias Zerhouni, directeur de la recherche et du développement. Malgré son retard, Sanofi a de quoi y «prendre sa place», selon Olivier Brandicourt. Et ce, sans passer forcément par un achat, malgré la tentative d’acquisition du spécialiste du cancer Medivation l’an dernier. «Nous ne sommes pas dans l’urgence de faire des acquisitions», assure le patron du labo.
LES ECHOS – 09/02/2017
Paris et Berlin testent un itinéraire commun de voiture autonome
Pour tirer le maximum d’enseignements de cette expérimentation, le trajet sera composé d’autoroute et de route, à la fois en milieu urbain et rural.
La France et l’Allemagne vont lancer une expérimentation de voiture autonome, sur un itinéraire entre Metz et la Sarre.
Les automobilistes de Metz peuvent se préparer à croiser… des voitures sans chauffeur. Les ministres des Transports français et allemand ont signé mercredi, à Berlin, une lettre d’intention visant à créer le premier site expérimental transfrontalier au monde pour tester les technologies de conduite autonome. Le parcours, mis en place d’ici à fin mars, ira de Metz à la ville allemande de Merzig, dans la Sarre.
« L’objectif est d’évaluer les potentialités et les impacts de cas concrets de l’utilisation de la conduite automatisée et connectée, sans donner a priori la préférence à une technologie », a déclaré le secrétaire d’Etat français Alain Vidalies. « Les systèmes automatisés et connectés ne peuvent pas se cantonner aux Etats nationaux, a ajouté son homologue allemand, Alexander Dobrindt. Ils doivent fonctionner partout. »
Pour tirer le maximum d’enseignements, le trajet sera composé d’autoroute et de route, à la fois en milieux urbain et rural. Si le lancement est prévu pour le premier trimestre, sa mise en oeuvre devrait prendre plusieurs semaines. Il sera ouvert à tous les constructeurs, équipementiers automobiles ou entreprises des télécommunications ou du numérique.
Eprouver l’interopérabilité
Comme l’Allemagne le fait déjà depuis un an sur un tronçon d’autoroute en Bavière, il s’agit de tester des capteurs et radars, des systèmes de communication entre véhicules, via notamment la technologie 5G, ou d’autres équipements de signalisation. La dimension transfrontalière doit permettre d’éprouver leur interopérabilité. Par ailleurs, des centres de coordination doivent servir de guichet unique dans chaque pays, notamment pour l’homologation des véhicules.
Depuis le double choc du scandale des moteurs diesel truqués par Volkswagen et l’apparition de nouveaux acteurs de la Silicon Valley, comme Tesla ou Google, ou d’Asie, l’industrie automobile allemande est décidée à rattraper son retard dans la voiture électrique et autonome. « Je ne sais pas si nos constructeurs européens resteront parmi les meilleurs dans dix ans », a reconnu Alexander Dobrindt.
Face à cette menace, la France et l’Allemagne veulent aller vite et, ensemble, peser de tout leur poids dans la fixation des futures normes et réglementations. « On va essayer de conserver un temps d’avance dans la compétition mondiale », a renchéri Alain Vidalies. Ces normes peuvent concerner les technologies, mais aussi des questions juridiques. Le « conducteur » doit-il être tenu responsable en cas d’accident, quand bien même il ne serait pas physiquement en train de conduire ? Ces questions, qui font l’objet de discussions au sein de l’ONU, peuvent avoir un impact essentiel sur la conception des véhicules. Berlin vient d’adopter un projet de loi qui rend le conducteur responsable.
Thibaut Madelin
LA TRIBUNE – 09/02/2017
Total démontre sa résilience dans un environnement difficile
Total affiche de meilleurs résultats 2016 que les autres majors.
Le pétrolier français superforme de nouveau le secteur, avec des résultats en baisse de 21% mais sensiblement meilleurs que ceux des majors. Son PDG Patrick Pouyanné maintient le cap pour renforcer la résistance du groupe dans un contexte qu’il juge toujours incertain.
« Ce qu’on contrôle, on le contrôle bien », reconnaît Patrick Pouyanné, le PDG de Total, en commentant les résultats de son groupe pour l’année 2016. Et ce que Total contrôle particulièrement bien, et de mieux en mieux, ce sont ses coûts de production. De 9,9 dollars par baril il y a deux ans, ils sont tombés à 5,9$ en 2016. Ce qui a largement contribué au programme de baisse des coûts, dont les objectifs pour l’année écoulée, de 2,4 milliards de dollars, ont été dépassés pour atteindre 2,8 Mds. Et ce qui permet à Total d’afficher de meilleurs résultats que les majors, qui le surpassent pourtant assez nettement en termes de production. A 8,3 milliards de dollars, son résultat net ajusté est en baisse de 21% sur ceux de 2015, quand Exxon ou Shell affichent, eux, des résultats de 40% inférieurs à ceux de l’année précédente.
Une activité aval très rentable
« Toutes les activités ont contribué à ces résultats, souligne Patrick Pouyanné. Mais c’est dans l’exploration/production que l’écart avec la concurrence est le plus significatif. » Si ses coûts de production sont aussi compétitifs, c’est, affirme-t-il que le groupe, contrairement à ses concurrents, a fait dès 2014 l’analyse d’une crise durable, et non pas d’un simple passage à vide comme celui enregistré en 2008. « Cette fois, il y avait à la fois une offre trop élevée et une demande trop faible ; convaincus d’un cycle baissier durable, nous avons eu la meilleure réaction, ce qui nous donne aujourd’hui un temps d’avance. » Le PDG loue la prise de conscience et la mobilisation de toute l’entreprise autour de cet objectif de réduction des coûts, ainsi qu’un fort soutien de l’aval. Passée « de parent pauvre à star du groupe » avec une rentabilité de 34% (à comparer avec 17% pour le plus performant de ses concurrents), cette activité a aussi servi de modèle en matière de sobriété.
Le programme de cession de 10 milliards est réalisé à 80% (avec notamment la cession d’Atotech), le solde se composant de quelques opérations de taille modeste. Le taux d’endettement est aujourd’hui de 27%, et l’objectif est de le ramener sous la barre des 20%.
Autre différence avec la concurrence, l’effort en recherche/développement dans l’activité oil & gaz s’est accru de 5%.
Un point mort à 50$ le baril
La nouvelle entité « low carbon business », qui regroupe le gaz, l’électricité et les renouvelables (dont les activités de SunPower, Saft ou encore Lampiris) a également contribué positivement aux résultats. Avec 4,7 Mds$ et un résultat de 500 M$, soit une rentabilité de 9% sur les capitaux investis, « c’est encore un business modeste, mais appelé à croître », observe Patrick Pouyanné. Le PDG rappelle que le scénario 2°C dans lequel le groupe s’inscrit, en cohérence avec les objectifs de l’Accord de Paris adopté lors de la COP21, implique de se préparer à une baisse de l’activité pétrolière à horizon 2035/2040 et une hausse du gaz, et de prendre position sur ces activités « bas carbone. »
Les prix bas s’accompagnant de coûts bas, c’est également la concentration sur des actifs à bas coûts et des montants d’investissements par baril nettement inférieurs aux prévisions qui a contribué au programme de réduction des coûts.
Ainsi, 1,25 milliards sont budgétés pour 27 nouveaux puits en 2017, contre 1,4 milliards pour 1,4 Mds$ en 2016.
L’époque est également favorable aux acquisitions à coûts très compétitifs. 900 millions de dollars ont ainsi suffi à l’acquisition de nouvelles réserves en 2016 là où 2 milliards avaient été budgétés. Le groupe entend profiter de ce contexte pour lacer une dizaine de nouveaux projets dans les 18 prochains mois.
En hausse de 4,5% (contre +9% en 2015 mais à comparer avec +1% pour ses concurrents), la production, qui devrait encore s’accroître de 4% en 2017, est en ligne avec l’objectif de croissance annuelle de 5% sur la période 2015/2020. Grâce à quoi, Total est aujourd’hui rentable avec un baril à 40$ avant dividende ou 50$ avec dividende.
Une lutte permanente pour abaisser les coûts de production
Confiant « dans la solidité des résultats et du bilan du groupe, ainsi que dans les perspectives de croissance du cash flow disponible », le groupe propose une augmentation du dividende de 1,6% à 62 centimes, soit 2,45€ sur l’année.
Pas question pour autant de s’endormir sur ses lauriers. Aussi le programme de réduction de coûts va se poursuivre avec un objectif de 3,5 Mds$ en 2017 et 4 Mds$ en 2018, et une « lutte permanente pour continuer d’abaisser les coûts de production », fixés à 5,5 $/baril pour 2017 et 5$/baril pour 2018.
Car le marché demeure volatile, les stocks restent de 10% plus élevés qu’ils ne devraient, et Patrick Pouyanné ne croit pas à une remontée durable des cours à moyen terme. « Le plus difficile, c’est l’incertitude », reconnaît le PDG, qui, dans cet environnement incertain, reste « optimiste grâce aux fondamentaux solides du groupe« .
::: POLITIQUE
LE MONDE – 09/02/2017
Emmanuel Macron, dans les pas économiques de François Hollande
Les mesures distillées par l’ex-ministre de l’économie laissent entrevoir une ligne politique qui poursuit et amplifie celle menée pendant le quinquennat.
Des mesures, oui il y en a, un certain nombre même. Un programme, structuré, construit, pas encore. Il semble qu’il faille encore patienter quelques semaines avant de connaître en détail le projet d’Emmanuel Macron pour la France. En attendant, les électeurs devront se contenter de ce que l’ancien locataire de Bercy a pu distiller ici ou là lors de ses discours de meetings ou interventions à la radio et à la télévision.
Parcours oblige (inspection des finances, banque d’affaires Rothschild et surtout ministère de l’économie), M. Macron est attendu sur les questions économiques. Desquelles risque de dépendre sa crédibilité en tant que présidentiable. Or en la matière, les propositions du candidat Macron peinent encore à convaincre les spécialistes.
« Il y a des choses intéressantes et potentiellement efficaces, mais rien de bien nouveau, remarque Alexandre Delaigue, économiste à l’université Lille-I. C’est la continuité de ce que proposent les hauts fonctionnaires de Bercy depuis un moment et de la politique appliquée par le gouvernement Hollande ces trois dernières années. »
Transformer le CICE
C’est le cas de la mesure sur le temps de travail. Le fondateur d’En Marche ! qui avait à un moment exprimé la volonté de moduler la durée légale du travail en fonction de l’âge est finalement revenu sur cette proposition. Aujourd’hui, il souhaite conserver les 35 heures comme seuil de déclenchement des heures supplémentaires, tout en renvoyant à la possibilité de négocier au sein de l’entreprise des accords primant sur ceux décidés au niveau de la branche. Ce que prévoit déjà peu ou prou la loi El Khomri promulguée en août 2016.
Il en va de même pour la politique fiscalement favorable aux entreprises que le candidat Macron souhaite mettre en place : s’il arrive au pouvoir, l’ex-ministre se propose de transformer le Crédit d’impôts pour la compétitivité et l’emploi (CICE) lancé en 2014 par le gouvernement de Manuel Valls en allégement de charges permanent. Il souhaite, par ailleurs, faire en sorte qu’embaucher une personne au smic ne coûte plus rien à son employeur afin de stimuler le marché de l’emploi. Efficace ? Certes. Nouveau ? Pas tout à fait. « L’idée qu’il faut réduire les charges remonte aux années 1990 », commente M. Delaigue. Mathieu Plane, économiste à l’OFCE, rappelle pour sa part qu’avec le pacte de responsabilité et la prime à l’embauche, « un smic ne coûte en théorie presque plus rien aujourd’hui ».
« Certes M. Macron simplifie les choses pour les entreprises en pérennisant les baisses de charges, une mesure efficace. Mais une fois qu’on a suffisamment baissé le coût du travail, que fait-on pour stimuler le marché du travail ? Car à partir d’un certain seuil, cette politique coûte cher pour un effet dérisoire sur l’emploi, et certains économistes pensent que nous l’avons atteint », analyse M. Delaigue.
Assurance-chômage étendue
Autre travers pointé par les économistes : un risque « d’année blanche » fiscale lors de la mise en place du dispositif. « Le CICE est, comme son nom l’indique, un crédit. Il est donc payé, puis remboursé l’année d’après par le gouvernement. Si le dispositif est mis en place en 2018, le gouvernement devra rembourser celui de 2017, et perdra la somme équivalente cette année-là puisque la baisse directe aura été actée », explique Mathieu Plane. Soit un manque à gagner de plusieurs dizaines de milliards d’euros cette année-là.
Sur l’assurance-chômage, en revanche, tous sont d’accord. Il s’agit là d’une nouveauté. M. Macron propose en effet de l’étendre à tous les actifs, même les démissionnaires et les indépendants. Une évolution qui ne se fera pas sans sacrifices. Ainsi cette nouvelle « sécurité » s’accompagnerait de plus de « flexibilité » : l’obligation de se former pour être indemnisé au bout d’un certain temps, et des sanctions allant jusqu’à l’arrêt de l’indemnisation si le demandeur d’emploi refuse « toute offre raisonnable ». Pour fluidifier le marché du travail, M. Macron souhaite, par ailleurs, assouplir les conditions du licenciement et plafonner les indemnités prud’homales, une mesure un temps envisagée dans la loi travail avant d’être retirée devant l’opposition féroce qu’elle suscitait.
Enfin, la gestion de l’Unedic (organisme qui supervise l’assurance-chômage) sera retirée aux partenaires sociaux et confiée au gouvernement.
LE FIGARO – 09/02/2017
François Fillon revient sur le thème de la sécurité
Mercredi, le déplacement du candidat à Athis-Mons a été perturbé par des militants de la gauche radicale.
Qu’importent les bourrasques, François Fillon continue sa campagne. Après Troyes et avant un aller-retour express pour tenir un meeting jeudi à Poitiers, le candidat à l’élection présidentielle s’est rendu mercredi à Athis-Mons, dans le département de l’Essonne. Échaudée par les précédentes étapes, l’équipe de campagne voulait un déplacement sans heurts. «Le programme a été très fluctuant», confirme un membre de la délégation. Mais c’était compter sans une dizaine de militants mélenchonistes bien informés. Armés de casseroles, de banderoles et de slogans, ils ont attendu l’ancien premier ministre devant toutes les entrées du centre de surveillance urbaine où il devait se rendre. Le lieu, situé dans une ancienne zone industrielle réhabilitée et sans vie, semblait pourtant idéal pour un déplacement balisé autour de questions de sécurité… «Voyou!», «Remboursez nos impôts», pouvait-on lire sur les pancartes pendant qu’une manifestante chantait : «Fillon, t’es cuit, t’as trop de casseroles.»«Il a raison de tenir bon. Il a la solidité et l’ardeur pour affronter les vents contraires», réagit alors un élu LR qui attend patiemment l’ancien premier ministre.
Discours de fermeté
Les slogans, le candidat ne les aura entendus que de loin. À l’intérieur du bâtiment, il n’est question que de sécurité, sujet que François Fillon maîtrise et qui a l’avantage de fédérer la droite. Mi-janvier, un quartier de la ville voisine de Juvisy-sur-Orge a été saccagé par une bande. L’ancien premier ministre s’est alors entretenu avec le jeune maire de la commune, Robin Reda. Le voilà maintenant face à lui et plusieurs édiles du secteur pour présenter des éléments de son programme. «Je veux mettre 12 milliards d’euros de plus sur la défense, la gendarmerie, la police et la justice pour faire un effort de modernisation», explique-t-il face à un mur d’écrans qui centralise les images de vidéosurveillance de la ville. «La police municipale doit être un élément clé de la sécurité publique», ajoute le candidat en proposant de l’armer «systématiquement». Il propose que l’État finance à hauteur de 50 % l’achat de vidéosurveillance. À ses côtés, le député Éric Ciotti, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, et l’ancien patron de la police nationale, Frédéric Péchenard, ne peuvent qu’approuver. Même discours de fermeté à l’évocation des derniers événements d’Aulnay-sous-Bois, où quatre policiers ont été mis en examen après le viol présumé d’un jeune homme, déclenchant des émeutes dans cette ville de banlieue. Évoquant des «fautes» commises par les policiers mis en cause, qui «doivent être sanctionnées», François Fillon a saisi l’occasion d’afficher son soutien aux forces de sécurité en général, «qui n’ont rien à voir là-dedans».
L’ancien premier ministre, qui veut supprimer 500.000 fonctionnaires, précise qu’il épargnera les forces de l’ordre. «Il faudra des moyens humains supplémentaires», dit-il même en indiquant qu’il s’attaquera à la «bureaucratie» et aux «tâches statiques» qui occupent les agents. Autant d’éléments qui ont pour but de rassurer une profession sensible aux arguments de la droite mais désabusée et séduite par le Front national. La veille, Marine Le Pen était justement en visite dans les commissariats de Juvisy-sur-Orge pour dérouler ses propositions.
::: INTERNATIONAL
LE FIGARO – 09/02/2017
Les députés britanniques autorisent Theresa May à déclencher le Brexit
VIDÉO – Le projet de loi sur le déclenchement de l’article 50 a été approuvé hier soir par les députés à une très large majorité.
Tout ça pour ça. Pendant six mois, Theresa May a tenté à tout prix d’éviter de soumettre le déclenchement du Brexit à l’approbation des députés. Sous la contrainte de la Cour suprême, fin janvier, la première ministre avait finalement été obligée de présenter un projet de loi concernant le retrait du Royaume-Uni de l’UE au Parlement. Or l’opposition à laquelle la première ministre craignait de se heurter ne s’est pas matérialisée.
Hier soir, les députés ont voté pour l’activation de l’article 50 du traité de Lisbonne lors d’un vote final aux Communes à 494 voix contre 122. La semaine dernière, 498 députés s’étaient déjà prononcés en faveur du déclenchement du Brexit, au terme d’une seconde lecture du texte. La victoire du gouvernement est pleine et entière: non seulement les membres de la chambre basse ont approuvé le projet de loi à une très large majorité mais ils n’ont pas été en mesure de s’accorder sur un seul amendement.
Theresa May n’a pas remporté la guerre – le texte doit maintenant être examiné par la Chambre des Lords – mais elle peut se féliciter d’avoir mis K.O. la Chambre des Communes. Le «Blitzkrieg» parlementaire imaginé par le gouvernement s’est déroulé comme il avait été prévu par la générale en chef du «hard Brexit»: les députés ont été autorisés à s’exprimer sur le processus, pas à s’emparer du dossier de la sortie de l’UE.
D’abord, parce que 51,9% des électeurs ont voté pour le Brexit le 23 juin dernier. Ensuite, parce qu’au fil des mois, avec l’aide des tabloïds, le gouvernement de Theresa May a instillé un climat très hostile à la moindre remise en cause du bien-fondé de la sortie de l’Europe. Dans les cercles du pouvoir, se prononcer contre le divorce avec les Vingt-Sept équivaut à porter atteinte à l’esprit patriotique britannique.
Un Parti conservateur uni
La victoire qui se profile est d’autant plus savoureuse pour May que l’examen du projet de loi sur le Brexit a mis de nouveau en évidence les divisions au sein du Labour. La semaine dernière, lors du vote initial, 47 députés ont passé outre la consigne de vote donnée par leur leader, Jeremy Corbyn, en votant contre le texte. La rébellion a même gagné l’entourage proche de Corbyn.
La très loyale Diana Abbott, chargée des affaires intérieures au sein du cabinet fantôme travailliste, s’est fait remarquer par son absence mardi dernier. A une heure du vote, la députée londonienne, dont la circonscription a rejeté le Brexit, s’était éclipsée des Communes, prétextant «une migraine». Hier soir, Mme Abbott est rentrée dans le rang mais Clive Lewis, jusqu’alors responsable du commerce au sein de l’équipe Corbyn, a remis sa démission du shadow cabinet. Avant lui, trois autres membres du cabinet fantôme avaient démissionné depuis la fin janvier.
Face à un parti travailliste déchiré, Theresa May peut se féliciter de l’unité du parti conservateur. La première ministre a fait suffisamment de concessions – d’aucuns diront de gestes symboliques – pour décourager les rares élus pro-européens qui siègent encore sur les bancs de la majorité d’attaquer le gouvernement. Pour autant, la cheffe de la majorité aurait tort de s’estimer invincible.
Hier, lors des traditionnelles questions au premier ministre, Theresa May a subi une attaque en règle de Jeremy Corbyn au sujet d’un accord secret que le gouvernement aurait passé avec le comté du Surrey qui menaçait d’augmenter les impôts locaux de 15% pour compenser les coupes budgétaires imposés par le gouvernement. Le Brexit n’est pas le seul dossier brûlant sur lequel la «Dame de fer» va devoir plancher.
L’OPINION – 09/02/2017
Les partenaires commerciaux des Etats-Unis déstabilisés par les menaces de Donald Trump
Donald Trump et son secrétaire au Commerce Wilbur Ross entendent remettre de l’ordre dans les relations commerciales des Etats-Unis
Les chiffres du commerce extérieur pour 2016 ne sont pas près de calmer la colère du président américain à l’égard de la Chine, du Japon, de l’Allemagne et du Mexique
Le déficit commercial des Etats-Unis s’est contracté davantage que prévu en décembre (44,3 milliards de dollars, en baisse de 3,2 %) en raison d’exportations à leur plus haut niveau depuis un an et demi et augmentant plus vite que les importations. Sur l’ensemble de 2016, les Etats-Unis affichent néanmoins un déficit commercial de 502,3 milliards de dollars, soit un pic de quatre ans, en hausse de 0,4 %. Cela représente 2,7 % du produit intérieur brut (PIB) contre 2,8 % en 2015.
Dévoilés mardi, les chiffres du commerce extérieur des Etats-Unis pour l’année 2016 ne devraient pas calmer les ardeurs protectionnistes de Donald Trump. A 502,3 milliards de dollars, le déficit en matière d’échange de biens et de services a encore progressé de 0,4% l’an dernier. Certes, le phénomène s’explique surtout par le fait que les exportations américaines (2209,4 milliards, -2,2%) ont reculé plus fortement que les importations (2711,7 milliards, -1,8%) mais, même en baisse, les déséquilibres demeurent importants avec une poignée de pays.
C’est le cas avec la Chine et l’Allemagne où, bien qu’en repli respectivement de 5,4% et de 13,3%, la balance demeure fortement déficitaire à hauteur de 347 milliards de dollars pour le premier pays et de 64,9 milliards pour le second. Le Japon, dont l’excédent est resté stable à 68,9 milliards, se hisse au deuxième rang des « mauvais partenaires » des Etats-Unis, aux yeux de l’hôte de la Maison blanche. Suivent le Mexique (63,2 milliards de dollars), l’Irlande (35,9 milliards) et l’Italie (28,5 milliards), la France venant loin derrière avec un surplus de 15,8 milliards de dollars. En cumulé, l’Union européenne affiche un excédent de 146,3 milliards de dollars.
Autant dire que les règlements de comptes ne devraient pas tarder. Pour l’instant, Donald Trump a surtout dirigé ses foudres à l’encontre du Mexique en faisant pression, non sans succès, sur les constructeurs automobiles américains et étrangers pour qu’ils abandonnent leurs investissements de l’autre côté du Rio Grande, en les menaçant de taxer leurs importations à hauteur de 35%. Outre sa volonté de faire financer par Mexico la construction d’un mur entre les deux pays, il a déjà prévenu qu’il renégocierait rapidement l’accord de libre échange nord américain (Alena) liant les Etats-Unis au Mexique et au Canada.
Rétorsion. Via ses attaques contre Toyota et sa décision de jeter aux orties l’accord de partanariat transpacifique cher à Tokyo, l’hôte de la Maison blanche a aussi mis la pression sur le Japon au point de pousser Shinzo Abe à se rendre à Washington vendredi pour essayer d’arrondir les angles. Mais la Chine et l’Allemagne n’en sont pas quittes pour autant. Avant son arrivée à la Maison blanche, il n’a eu de cesse de les accuser de « commercer à sens unique » et de bâtir leurs richesses sur le dos des Américains. Ces derniers jours, son « équipe commerciale » s’est attachée à attiser le feu. Aucun pays affichant un important excédent commercial avec les Etats-Unis ne devrait éviter des rétorsions américaines.
En se présentant à Davos comme le nouveau champion du libre-échange, Xi Jinping, le président chinois, a eu droit à un rapide rappel à l’ordre de Wilbur Ross, le secrétaire américain au Commerce. « C’est une chose de parler de libre-échange mais nous aimerions que nos partenaires commerciaux le pratiquent aussi », a-t-il répondu lors de son audition au Sénat américain. Il fustige la Chine, « pays le plus protectionniste parmi les grands pays ». Sans vouloir infliger des droits de douane de 35% sur les produits chinois, comme évoqué par Donald Trump lors de sa campagne électorale, Wilbur Ross a expliqué néanmoins qu’il fallait « punir et sévèrement » les pays ne « respectant pas les règles ».
C’est Peter Navarro, le conseiller national pour le commerce, qui a mené la charge en direction de l’Allemagne. Berlin utilise un « Deutschmark implicite (l’euro) grossièrement sous-évalué » pour exploiter les Etats-Unis et ses partenaires européens, a-t-il récemment dénoncé dans un entretien accordé au Financial Times. Ce qui a amené Angela Merkel à répondre que la Banque centrale européenne était « indépendante » et que son pays ne cherchait pas à l’influencer.
« Bad hombres ». Face à la volonté de Donald Trump d’imposer un rapport de forces avec ses partenaires commerciaux, aucun pays ne semble avoir trouvé à ce jour le ton adéquat. Les ponts semblent coupés avec le Mexique depuis un coup de téléphone houleux où l’hôte de la Maison Blanche aurait menacé son homologue Enrique Peña Nieto d’envoyer ses militaires pour s’occuper des « bad hombres » ( « mauvais hommes ») dont « son armée a peur ». A l’inverse, la Canadien Justin Trudeau qui pourrait se rendre à Washington au début de la semaine prochaine joue la carte de la conciliation…
Mais le pire serait encore à venir. La nouvelle administration veut baisser le taux d’imposition des sociétés de 35% à 20% voire 15% et pousser les entreprises américaines à rapatrier leurs quelque 2300 milliards de dollars de bénéfices parqués dans des paradis fiscaux, en les taxant une bonne fois pour toutes à hauteur de 10%. En outre, elle concocterait une arme fatale sur le plan fiscal : pour les convaincre d’investir aux Etats-Unis, les firmes pourraient ainsi ne plus pouvoir déduire le coût de leurs importations dans le calcul de leurs impôts. Ce qui serait une manière d’arrêter l’hémorragie en matière de commerce extérieur.
LES ECHOS – 09/02/2017
La justice russe élimine un opposant à la présidentielle
AlexeÏ Navalny attendait le verdict au tribunal de Kirov qui pourrait le priver de candidature à la présidentielle de 2018.
Alexei Navalny déclaré inéligible pour mars 2018.Un autre opposant empoisonné.
Voilà une décision de justice fort opportune pour le pouvoir russe dans l’optique de la présidentielle. L’un des principaux leaders de l’opposition et héraut de la lutte contre la corruption, Alexei Navalny, ne devrait pas pouvoir affronter Vladimir Poutine lors du scrutin de mars 2018. Il a été jugé coupable mercredi de détournement de fonds par un tribunal de Kirov, une décision de justice qui se traduit automatiquement par une inéligibilité. Alexei Navalny a répliqué que la Constitution lui permettait, au contraire, de concourir.
Ce charismatique blogueur anti-corruption de trente-neuf ans au programme par ailleurs nationaliste, fait valoir que les accusations de détournement de 377.000 euros d’une exploitation forestière de la région sont totalement loufoques et constituent une machination politique. Ces accusations lui avaient déjà valu d’être condamné à cinq ans de prison en 2013, mais il avait réussi à faire casser ce jugement par la Cour Suprême en novembre dernier. Il a aussi fait condamner, jeudi, la Russie devant la Cour européenne des droits de l’homme pour détention arbitraire. Pas certain toutefois qu’il parvienne à faire casser le verdict de mercredi et donc à sauver sa candidature.
Verrouiller le scrutin
Alexei Navalny, qui venait d’inaugurer son premier local de campagne à Saint-Pétersbourg, continue d’être populaire auprès d’une frange de la nouvelle classe moyenne russe, libérale et exaspérée par la corruption. C’est lui qui, pendant les manifestations de 2011-2012, avait initié le slogan fédérateur contre Vladimir Poutine, « chef du parti des bandits et des voleurs. » Il a publié récemment des informations sur la luxueuse propriété du premier ministre Dmitry Medvedev et a osé déposer une plainte à Moscou accusant Vladimir Poutine d’avoir ordonné l’octroi de 1,5 milliard d’euros de fonds publics au groupe de pétrochimie dont l’un des principaux actionnaires serait marié à une des filles du chef du Kremlin. Alexei Navalny avait marqué les esprits en septembre 2013, aux élections municipales de Moscou en obtenant 27 % des voix face au maire de Moscou sortant Sergueï Sobianine.
Ce développement laisse augurer d’une volonté du Kremlin de verrouiller totalement le scrutin présidentiel, encore une fois. D’autant plus que le leader de PARNAS, un autre parti d’opposition, Vladimir Kara-Murza, est hospitalisé depuis une semaine suite à un mystérieux empoisonnement. Il avait déjà survécu en juin 2015 à un empoisonnement du même genre, dont ses proches avaient attribué la responsabilité au FSB. Vladimir Kara- Murza est aussi un dirigeant de premier plan de « Open Russia », une ONG coordonnant les mouvements de la société civile travaillant à assurer des élections libres et transparentes en Russie.
La volonté du Kremlin et des services de sécurité est de ne rien laisser au hasard à la présidentielle pourrait laisser Vladimir Poutine face à quelques adversaires plus ou moins comparses comme cela a été le cas en 2012. Au risque d’ailleurs d’ôter tout intérêt au scrutin et donc de déprimer le taux participation, ce qui chagrinerait fort le Kremlin.
Yves Bourdillon avec Benjamin Quénelle
Vous souhaitant une bonne journée.
Cordialement,
Elena NATALITCH
Service Presse, Communication / Formation
251, bd Pereire – 75852 PARIS Cedex 17
Tél. : 01 40 55 12 43
Fax : 01 40 55 12 40
ftpAME2017-09-19T13:35:42+02:00Mots-clés : Actualité, banque de France, MEDEF, Revue de Presse|
::: ILE-DE-FRANCE
LE PARISIEN – 08/02/2017
Ile-de-France : Cazeneuve et Pécresse relancent un plan d’investissement de 7,4 Mds€
Massy, ce mardi. Jean-Michel Baylet, ministre de l’Aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales,
Bernard Cazeneuve, Premier ministre, Valérie Pecresse, présidente du conseil régional d’Ile-de-France et Jean-François Carenco, préfet de la région Ile-de-France et préfet de Paris,
lors de la signature de l’avenant du contrat de plan Etat-Region pour la période 2015-2020.
Il donne les grandes lignes de ce que sera l’Ile-de-France de demain, notamment en termes de transports. Réunis ce mardi à Massy, Bernard Cazeneuve, le Premier ministre, et Valérie Pecresse, présidente du conseil régional d’Ile-de-France, ont signé un avenant au contrat plan Etat-Région 2015-2020. Un document qui a pour but d’accélérer la réalisation de ces nombreux projets au coût pharaonique de 7,4 Mds€ (3 Mds€ versés par l’Etat, 4,4 Mds€ par la région). Nous vous en présentons les grandes lignes.
« Impulser une dynamique anti bouchons »
En mars 2017, un Plan spécial anti-bouchons sera lancé en Île-de-France, avec des moyens supplémentaires de très grande envergure (200 M€). Il prévoit notamment le contournement d’Orly. Le contournement routier par l’est de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle va également être lancé. Contre les embouteillages, des études d’aménagements de l’autoroute A86 seront également menées. Enfin, l’élargissement de la Francilienne à l’Est pour faciliter le contournement de l’agglomération parisienne va se poursuivre.
De vieux projets relancés
On en parle depuis longtemps. L’Etat et la région promettent qu’ils verront le jour dans les prochaines années. Le projet de prolongement du RER Éole (Paris-La Défense-Mantes-la-Jolie), qui réclame à lui seul plus de 2 Mds€, va être relancé. Tout comme plusieurs projets de tramways : le Tram-Train Massy-Évry, le T9 (Paris-Orly) ou le T1 à l’Est-Val de Fontenay. Plusieurs prolongements de métros sont également en études ou en travaux, comme le prolongement de la ligne 11 à Rosny ou la ligne 10 à Ivry-sur-Seine.
Autres objectifs : essaimer un peu partout sur le territoire de « nouveaux pôles gares multimodaux », comme Cergy ou La Défense, mais aussi travailler aux futures gares du Grand Paris Express des lignes 15 Sud et 16, à Issy-les-Moulineaux et à Chelles. Enfin, l’électrification de la ligne P (Paris-Troyes) va être poursuivie.
Favoriser le trafic fluvial
Les transports du futur se feront également sur l’eau. Un partenariat du Stif avec la société Batobus va permettre aux Franciliens de se déplacer au quotidien sur la Seine à un tarif préférentiel. Par ailleurs, le contrat plant Etat-Région envisage d’accélérer le développement des ports franciliens et la remise en état d’écluses du bassin de la Seine. Il comprend aussi un volet sur le financement de la réhabilitation de l’écluse de Méricourt (Yvelines).
Modernisation des trains
Au volet modernisation des trains, Valérie Pécresse a annoncé ce mardi un renouvellement du matériel roulant des RER, avec la commande de 700 trains neufs ou rénovés d’ici 2021 pour 9,5 Mds€, pris en charge à 100 % par le Stif.
Enseignement supérieur et recherche
Le conseil plan Etat-Région ne concerne pas que les transports, mais aussi l’enseignement supérieur. Il acte le démarrage des travaux de la bibliothèque du Campus Condorcet à Aubervilliers (75 M€). Au programme également, la construction du nouveau site « Picpus – Nation » de l’Université Paris III (20 M€) et la réhabilitation de l’IUT de l’Université de Cergy-Pontoise à Neuville. Le plan prévoit aussi l’extension du bâtiment Ader sur le site de la Cité Descartes, le projet d’extension de l’antenne de Paris-II Assas à Melun et le projet de bâtiment dédié aux maladies psychiatriques sur le campus Henri Mondor à Créteil.
Gérald Moruzzi
::: ECONOMIE
LES ECHOS – 08/02/2017
Salaires : la réalité des écarts selon les conventions collectives
Le salaire net mensuel moyen d’un salarié couvert par une convention collective était de 2.240 euros, hors apprenti, en 2014, selon une étude publiée ce mardi par la Dares. Mais cette moyenne recouvre des situations très différentes.
Pour gagner sa vie, mieux vaut travailler dans la métallurgie que la coiffure… Une étude de la Direction de la recherche du ministère du travail (Dares) portant sur les conventions collectives, mise en ligne ce mardi, vient mettre en chiffres les écarts de salaire entre les branches d’activité.
Au total, le salaire mensuel net moyen d’un équivalent temps plein hors apprenti était de 2.240 euros en 2014 pour les 15,3 millions de salariés couverts par une convention collective de branche. Mais cette moyenne recouvre des situations très différentes. Ainsi, dans les branches de plus de 50.000 salariés, elle s’échelonne entre 1.350 euros dans la coiffure et 4.360 euros chez les cadres de la métallurgie.
Ces éléments le confirment s’il en était besoin, le niveau du salaire moyen dépend « en grande partie » de la structure socio-professionnelle du salariat de chaque branche. Avec une « prime » liée au taux d’encadrement. « Les branches ayant un salaire moyen supérieur à 2.600 euros ont au moins 20 % de leurs effectifs composés de cadres », note la Dares.
Mieux vaut travailler dans l’industrie pharmaceutique que dans une pharmacie
Mais au sein même des catégories professionnelles, tous les secteurs ne se valent pas. Pour les cadres, mieux vaut travailler dans l’industrie pharmaceutique que dans une pharmacie … Dans le premier cas, comme dans le transport aérien, la chimie ou la banque, le salaire moyen est au dessus de 5.000 euros tandis que dans le second cas, il tourne entre 2.800 et 3.000 euros, comme dans le commerce de détail de fruits et légumes ou la restauration rapide. Pour les employés, le salaire dans les pharmacies d’officine et celui dans l’industrie pharmaceutique sont aux deux bouts de l’échelle (1.660 euros contre 2.960 euros).
Cette dernière fait aussi partie des huit industries qui paient les ouvriers à temps plein plus de 2.000 euros. contre 1.280 euros seulement dans le secteur de la propreté. Mais ce n’est pas seulement parce que l’un paie mieux que l’autre. « Au sein de chaque catégorie socio-professionnelle, les différences salariales s’expliquent aussi par l’hétérogénéité des postes occupés et par les différences de structure par âge », note l’étude du ministère du travail.
Elle évalue en outre à 7% la part des salaires mensuels nets en équivalent temps plein compris entre 1 et 1,05 SMIC parmi les salariés couverts par une convention collective, dont 90% sont des ouvriers ou employés. Cette proportion inférieure à celle des smicards dans l’ensemble du salariat du privé est liée au fait que les grilles salariales conventionnelles démarrent au-dessus du salaire minimum dans une bonne partie des branches.
Là encore, le pourcentage varie fortement d’une branche à l’autre : moins de 1% dans la métallurgie, le personnel au sol des transports aériens ou, toujours, l’industrie pharmaceutique ; 25% dans la coiffure ou la propreté. A l’autre extrême, près de 12% des salariés bénéficiant d’une convention collective perçoivent plus de 3 fois le SMIC.
LE PARISIEN – 08/02/2017
Le nouveau réquisitoire de la Cour des comptes
Dans son rapport annuel, la Cour estime que les 1,5% de croissance avancé par Bercy dans son projet de loi de finance sont optimistes.
Dépenses publiques, fiasco de l’écotaxe… le rapport annuel de la Cour des comptes se montre sévère avec la gestion du gouvernement et pessimiste quant aux prévisions de Bercy.
La Cour des comptes vient de rendre son rapport public annuel. L’épais document – plus de 1000 pages ! – des sages de la rue Cambon porte un coup assez sévère aux prévisions du gouvernement pour l’année à venir. La Cour estime que les 1,5% de croissance avancé par Bercy dans son projet de loi de finance sont optimistes, rappelant que l’OCDE et la Banque de France privilégie l’hypothèse d’une croissance entre 1,1% et 1,3%. Pour l’institution, la baisse des taux d’intérêts en 2016 explique en grande partie le léger fléchissement du déficit à 3,3% (-0,2 points).
Attention donc, car la remontée des taux pourrait soudainement alourdir la note dès 2017, alors que la France n’est toujours pas rentrée dans les clous européens. Bref, la Cour met en garde contre toute tentation de relâchement budgétaire, alors que plusieurs candidats à la présidentielle envisagent de s’affranchir de la règle des 3%.
« Le redressement de nos comptes publics est encore loin d’être acquis et nos finances publiques sont encore fragiles et vulnérables, ce qui tend à nos isoler et nous affaiblir », avait déjà prévenu Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, lors de l’audience de rentrée mi-janvier. Enfin, le gouvernement table sur une baisse des dépenses de l’assurance-chômage, mais rien ne permet selon la Cour des Comptes de certifier qu’elle aura lieu.
La hausse des dépenses de l’Etat pointée du doigt. Pour 2016, le rapport déplore une augmentation des dépenses de l’Etat de 3%, pointant du doigt une hausse des effectifs de 14 000 agents dans la fonction publique ainsi qu’une revalorisation salariale pour certains fonctionnaires. La Cour délivre quand même un bon point aux collectivités territoriales qui poursuivent leurs efforts de baisse de la dépense publique… même si celui-ci ne sera que de 1Mdsd’€ contre 2Mds d’€ prévus initialement. Les dépenses de l’assurance maladie, elles, continuent d’augmenter (2 ,1% en 2017).
Problème récurrent, certaines missions de l’Etat ou prestations sociales sont sous-budgétisées : c’est le cas des opérations militaires extérieures de l’armée, provisionnées à hauteur de 450M d’€ alors qu’environ 1 milliard est dépensé ces dernières années. Une critique adressée par la Cour au ministère de la Défense depuis longtemps… « Aucune économie structurelle » n’est clairement présente dans la loi de finance du gouvernement selon l’institution.
Alerte sur les effectifs des CRS et des gendarmes. A l’inverse, la Cour pointe une évolution préoccupante des effectifs effectifs des CRS et de gendarmes. Depuis 2010, ils ont chuté de 7,5% alors que la protection des Français a dû être renforcée sur fond de menace terroriste. La crise migratoire, mais aussi la Cop 21 et l’Euro 2016 ont mis à rude épreuve les forces de sécurité. L’élargissement continu des missions est donc visé : il représente un surcoût pour l’Etat et une fatigue supplémentaire pour les policiers et gendarmes « déjà engagés au maximum des possibilités opérationnelles sur le terrain ».
La formation professionnelle, un terreau propice pour la fraude. Autre situation épinglée par les magistrats, celle de la formation professionnelle qui coûte 11 Mds d’€ chaque année aux entreprises. Une somme que l’Etat prend en charge indirectement à hauteur de 4,8 Mds d’€. Le hic ? La puissance publique apparaît inefficace dans ses contrôles, notamment contre la fraude, tant du côté des entreprises que de celui des salariés. Une remise à plat de la gestion des organismes chargés de collecter les versements des entreprises pour la formation professionnelle est préconisée.
Mic-mac à Levallois (Hauts-de-Seine). Cette année, le rapport de la Cour pourrait prendre un tour particulièrement politique. La haute institution s’est penchée sur la gestion de la ville de Levallois-Perret. Son maire, Patrick Balkany, est déjà mis en examen, notamment pour corruption passive et blanchiment de fraude fiscale aggravée. Les sages dénoncent « un système peu transparent, générateur d’irrégularités et de dérives », ainsi qu’« une information incomplète et biaisée à destination de l’assemblée constituante ». Ils pointent du doigt « des élus municipaux exposés à des situations de conflits d’intérêts », « des anomalies dans la gestion des ressources humaines » et « des pratiques contraires au droit de la commande publique ».
Le gâchis de l’écotaxe. Autre chapitre éminement politique du rapport la Cour revient sur le fiasco de l’éco-taxe, mesure phare de l’action de Ségolène Royal au ministère de l’environnement enterrée par le gouvernement. de Manuel Valls. Cette redevance pour les poids lourds circulant en France avait été abandonnée fin 2014 après la grogne des Bonnets rouges. A l’arrivée, la facture avait été salée pour les finances publiques – 1,2 Mds d’€. Les sages ont des mots particulièrement durs, évoquant « un échec traduisant un perte de vision stratégique » ainsi qu’« un gâchis patrimonial, économique, financier, industriel et social ».
Matthieu Pelloli et Jean-Victor Semeraro
LE FIGARO – 08/02/2017
La formation continue: ses 32 milliards de dépenses par an et son risque élevé de fraude
Face à un secteur à la gouvernance très complexe et malgré de nombreuses réformes qui n’ont en rien simplifié un système complexe, les magistrats de la Cour des comptes demandent à l’État de mener une véritable politique de lutte contre la fraude pour limiter les abus les plus fréquents.
Malgré de multiples réformes, le système de la formation professionnelle reste particulièrement complexe en France. La formation est désormais considérée par Bruxelles comme un secteur concurrentiel comme les autres. Il se distingue cependant par sa grande proximité avec les pouvoirs publics -l’État et les régions restant les premiers financeurs de la formation des chômeurs- et l’implication des syndicats et du patronat au cœur de sa gouvernance via les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA).
Cette alchimie complexe, conjuguée à l’importance des sommes -32 milliards d’euros en 2014 au total qui naviguent dans le système- a toujours favorisé les soupçons de fraude ou de financements occultes. La Cour des comptes les partage. «La formation professionnelle est exposée à des risques d’irrégularités et de fraude, en raison de l’importance des montants en jeu, de la multiplicité des prestataires dispensant des formations, de l’absence de régulation et de la faiblesse des contrôles», notent ses experts.
Moins de 1% des prestataires de formation contrôlés
Les magistrats recensent les plus classiques: fausses listes d’émargement, surfacturation des heures de stage, détournements du champ de la formation professionnelle. Du côté des entreprises, plusieurs contrôles ont mis à jour un procédé consistant à recruter des salariés sous contrat de professionnalisation, sans leur donner la formation pour laquelle l’entreprise reçoit pourtant une subvention. Au sein des organismes paritaires, qui prennent en charge plus de 40% des dépenses de formation des entreprises, des cas de création de dossiers fictifs de remboursement ont été aussi repérés.
Au regard de ces enjeux, les magistrats jugent l’activité de contrôle par l’État particulièrement faible. Ainsi en 2014, ses services ont contrôlé moins de 1% des prestataires de formation susceptibles de l’être. Ils appellent alors de leurs vœux l’instauration d’une véritable politique de lutte anti-fraude avec des visites régulières aussi bien auprès des organismes paritaires que des sociétés de formation.
LE FIGARO – 08/02/2017
La fin de l’écotaxe poids lourds a coûté plus de 1 milliard d’euros aux contribuables
VIDÉOS – La Cour des comptes reproche vivement au gouvernement sa gestion dans le dossier de l’écotaxe poids lourd. Elle y voit «un échec stratégique et un abandon coûteux».
C’est l’histoire d’un fiasco que décrit par le menu la Cour des comptes dans son rapport annuel 2017. Votée à la quasi-unanimité par le parlement en 2009, dans l’élan du Grenelle de l’environnement, l’écotaxe poids lourds n’a finalement jamais vu le jour. Face à la révolte des «bonnets rouges» en Bretagne, qui détruisaient les portiques de l’écotaxe dans la région, le gouvernement Ayrault a décidé sa suspension. Une décision «prise dans la précipitation», selon les magistrats financiers, sans «qu’aucune analyse préalable de la portée de cette décision n’ait été conduite».
Et les dysfonctionnements ne se sont pas arrêtés là. S’en sont suivis des mois d’atermoiement, dus notamment à des divergences au sein de l’exécutif. A l’origine, le ministère de l’Écologie voulait maintenir la possibilité de mettre en œuvre la taxe, qui devait frapper les poids lourds utilisant 15.000 kilomètres de routes nationales ou importantes et qui devait financer la construction d’infrastructures, notamment ferroviaires ; le premier ministre avait, lui, comme objectif d’éviter que l’État paye les premiers loyers à Ecomouv’, l’opérateur privé choisi pour mettre en œuvre l’écotaxe.
Des indemnisations mal négociées et des risques de contentieux
Puis, alors que des projets alternatifs de taxation des poids lourds existaient, Ségolène Royal, ministre de l’écologie depuis avril de cette année-là, a annoncé le 9 octobre 2014, la suspension sine die de l’écotaxe. Le contrat avec Ecomouv’ a été résilié le 30 octobre. «Cette nouvelle décision n’a pas été davantage préparée que la précédente», tacle la Cour.
Surtout, elle a coûté cher. Il a fallu indemniser Ecomouv’ à hauteur de 181 millions d’euros pour la suspension de la taxe en 2014. Sachant que, selon la Cour, payer des loyers à la société n’aurait coûté que de 148 millions, voire 100 à 120 millions. Dit autrement, l’État – et donc le contribuable – ont perdu de l’argent avec l’option prise par le premier ministre d’éviter de payer les redevances. Quant à l’indemnisation liée à la résiliation définitive du contrat, elle a coûté 777 millions d’euros aux finances publiques! Pis, la Cour estime que l’État, en demandant que le paiement de cette indemnité soit étalé de 2016 à 2024, a renchéri la facture de 35 millions… Des éléments contestés par le gouvernement dans sa réponse à la Cour, qui juge que les deux indemnisations auraient été majorées de 100 millions chacune sans ces négociations. Quoi qu’il en soit, malgré ces indemnisations, s’ajoutent des risques de contentieux, évalués à 270 millions d’euros.
Actifs vendus pour une bouchée de pain
En outre, «les administrations ont engagé des dépenses de 70 millions entre 2008 et 2015, qui s’avèrent rétrospectivement inutiles», souligne la Cour. Des emplois avaient été créés aux Douanes, un système d’information mis en place… Quant aux portiques et autres éléments, qui valaient 652 millions d’euros, ils ne servent plus à rien. Certains ont été vendus, mais à prix cassé, si bien que l’État n’a récupéré que 2,19 millions. «Les serveurs informatiques ont été vendus à 2% de leur valeur», pointent ainsi les magistrats financiers.
Certes, le gouvernement a décidé de compenser la perte liée à la disparition de l’écotaxe en relevant la TICPE sur le gazole (taxe intérieure de consommation des produits énergétiques). Les finances publiques dans leur ensemble devraient en sortir gagnantes (pour 1,5 milliard d’euros de 2015 à 2024), la TICPE étant un impôt dynamique. Mais alors que les camions étrangers traversant la France auraient payé 31% de l’écotaxe, ils ne contribuent qu’à 2% de la TICPE selon la Cour ou 15% selon le gouvernement, ces transporteurs faisant peu le plein en France. Bref, le rééquilibrage des charges entre camionneurs français et étrangers est manqué. L’abandon de la taxe poids lourd constitue «un gâchis patrimonial, social et industriel» conclut la Cour. On ne saurait dire moins.
LES ECHOS – 08/02/2017
L’inquiétant creusement du déficit commercial français
Le déficit commercial est reparti à la hausse en 2016, à 48,1 milliards d’euros, après quatre années de baisse. Le solde des biens manufacturés s’est alourdi de plus de 10 milliards, dépassant son record de 2011.
« L’année 2016 n’a pas été bonne pour le commerce extérieur, ce n’est pas la peine de tourner autour du pot. » Matthias Fekl, le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, a lui-même résumé, ce mardi, la situation. Pour la première fois depuis quatre ans, le déficit commercial des biens a augmenté. Il atteint 48,1 milliards d’euros en 2016, soit 2,5 milliards d’euros de plus que l’année précédente. A titre de comparaison, sur les onze premiers mois de l’an passé, l’Allemagne affiche un excédent commercial de 234 milliards d’euros.
Mais le chiffre français cache en fait une aggravation bien plus inquiétante. Car la facture énergétique a reculé, elle, de plus de 8 milliards d’euros en 2016 avec la baisse du prix du pétrole. Le solde des biens manufacturés, c’est-à-dire hors agriculture, énergie et matériel militaire, s’est creusé de plus de 10 milliards d’euros l’an passé. Il s’est élevé à 35 milliards d’euros, dépassant son record de 2011. On est donc loin du déficit zéro, hors énergie, fixé par François Hollande lors de son arrivée à l’Elysée et abandonné deux ans plus tard. Ce chiffre seul dit beaucoup sur la faiblesse du tissu productif français en général et de l’industrie en particulier. Il montre surtout qu’il n’y a pas eu d’amélioration de la compétitivité française depuis 2012.
Contre-performance pour l’automobile
Plus en détail, cette aggravation du déficit global s’explique par la contre-performance de trois secteurs traditionnellement très dynamiques : l’aéronautique, l’automobile et l’agriculture, qui « contribuent le plus fortement à la dégradation du commerce extérieur », selon Matthias Fekl. Le solde de l’automobile s’est dégradé de 2,5 milliards en un an et le problème est grave, parce que structurel. La hausse des importations de véhicules, notamment en provenance d’Allemagne, a fortement progressé tandis que l’excédent enregistré par les équipementiers, lui, s’est réduit. Ces derniers ont tendance à suivre leurs clients, les fabricants, et donc à délocaliser. « C’est un élément d’inquiétude », a avoué le secrétaire d’Etat.
Les difficultés qu’a connues le secteur aéronautique l’an passé, et en premier lieu Airbus, apparaissent, en revanche, conjoncturelles. L’avionneur a pâti de retards de livraison en 2016 dûs à des problème d’approvisionnement qui ont ralenti les chaînes de production toulousaines. Dès cette année, l’excédent commercial que dégage traditionnellement ce secteur devrait augmenter. Il en est de même pour l’agriculture. En raison d’une météo capricieuse en 2016, les récoltes ont été mauvaises.
Autre raison de l’accroissement du déficit commercial global qui pourrait se révéler n’être que temporaire : les importations d’équipements mécaniques, électroniques et informatiques ont été fortes. Cela s’explique au moins en partie par le dynamisme de l’investissement des entreprises, tirés l’an passé par la mesure de sur-amortissement des investissements productifs.
Dans une étude récente, les économistes de Coe-Rexecode notaient que, depuis 2012, les coûts salariaux horaires dans l’industrie manufacturière en France avaient progressé de 4,8 %, « soit un rythme nettement plus modéré que dans la moyenne de la zone euro (7,3 %) et qu’en Allemagne (+9,3 %) ». Les mesures du gouvernement ont permis de modérer le coût du travail mais elles n’ont donc pas à elles seules suffi à redresser la barre. Le prochain exécutif est prévenu.
LES ECHOS – 08/02/2017
Commerce extérieur : les services touchés par la crise du tourisme
La balance commerciale des services, auparavant largement excédentaire, est à l’équilibre en 2016.
C’était un des points forts du commerce extérieur français. Ce secteur de l’économie a dégagé pendant plus de quinze ans des excédents récurrents qui ont atteint près de 25 milliards d’euros certaines années, comme en 2012. C’est fini. Le secteur des services affiche désormais une balance commerciale à peine excédentaire. L’excédent s’est élevé à 400 millions d’euros en 2016, contre 8 milliards l’année précédente.
En 2015, les trois quarts de cet excédent provenaient des dépenses des touristes étrangers en France. Celles-ci se sont effondrées l’an dernier, de 6 %. « Le contexte post-attentats, la mauvaise météo et les mouvements sociaux au printemps ont eu un impact sur le tourisme », a expliqué Matthias Fekl, le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur. En effet, l’an dernier, l’hôtellerie française a enregistré 4 millions de nuitées d’étrangers en moins qu’en 2015. Quant aux résidences et villages de vacances, la chute représente 2 millions de nuitées selon l’Insee. La dégradation est inquiétante, car le tourisme est un des atouts de la France et un secteur important dans l’économie.
Baisse du prix des destinations lointaines
Parallèlement, les Français dépensent, eux, de plus en plus à l’étranger, ce qui s’explique notamment par la baisse du prix des destinations lointaines. Les services de transport sont aussi moins rémunérateurs. La faiblesse des échanges de marchandises pèse sur leur prix. Enfin, on assiste à une tendance à « l’externationalisation des services support par les entreprises dans les pays émergents », a indiqué Matthias Fekl. Récemment, l’institut COE-Rexecode remarquait que « la part des exportations françaises de services dans le total de la zone euro poursuit sa chute : elle s’établit au deuxième trimestre 2016 à 14,4 %, soit son plus bas niveau depuis 2000 ». Bref, quelles qu’en soient les raisons, l’exportation de services, un des moteurs de l’économie française, a calé l’an passé.
La balance française des transactions courantes – qui prend en compte les exportations et importations de biens et services ainsi que les dividendes et salaires perçus et reçus de l’étranger et les investissements – est de plus en plus déficitaire. Alors que le déficit courant ne représentait que 0,2 % du PIB en 2015, il atteint 1,1 % de la richesse nationale produite en 2016. Pas de quoi paniquer à court terme, puisque Bruxelles considère qu’il n’y a danger qu’à partir d’un déficit courant représentant 4 % du PIB. Mais l’Allemagne, elle, devrait dégager un excédent de plus de 9 % de son PIB. Un record mondial qui prouve que les économies des deux pays divergent. De façon plus profonde, leurs intérêts commerciaux aussi ne sont plus convergents. Ce n’est pas une bonne nouvelle à l’heure du Brexit et de l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche.
::: ENTREPRISES
LES ECHOS – 08/02/2017
Agriculture : les défaillances d’exploitations en forte hausse
Les redressements ou mises en liquidation ont augmenté de 4 % en 2016.
En crise profonde, le secteur est le seul à afficher cette tendance.
L’agriculture est à la traîne. C’est la seule activité économique où les défaillances d’entreprises se sont encore aggravées en 2016, avec une nouvelle hausse de +4 %, pour 1.331 redressements ou mises en liquidation. Certaines productions agricoles sont encore plus mal loties que l’ensemble du secteur. C’est le cas de l’élevage, où les défaillances ont fait un bond de +30 % pour ce qui concerne la production laitière et +83 % dans le cas des élevages de porcs.
Dans tous les autres secteurs de l’économie, elles ont diminué de plus de 8 % selon la société Altares. Les entreprises non agricoles ont gagné en profitabilité, selon Thierry Millon, le directeur des études chez Altares, grâce aux mesures gouvernementales telles que le Cice (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi), le pacte de responsabilité ou la baisse du pétrole.
Dans le secteur de l’agriculture, accablé par deux années de crise très profonde – crise du porc, impact de la fin des quotas laitiers… -, cela n’a pas suffi. Pourtant, selon le ministère de l’Agriculture, l’Etat a accordé 2,8 milliards d’euros d’allégements de charges sociales et fiscales supplémentaires aux entreprises agricoles et agroalimentaires en 2016 par rapport à 2012, à la veille de la mise en oeuvre du Cice et du pacte de solidarité.
Il faut néanmoins noter que l’essentiel de la baisse de charges (1,14 milliard) qui bénéficient aux exploitants agricoles concerne les charges patronales. L’impact du Cice, lui, est près de trois fois moindre, à 392 millions d’euros, tandis que la baisse des cotisations individuelles des exploitants a atteint 675 millions d’euros. Xavier Beulin, le président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA), met en garde contre une interprétation trop rapide des chiffres et souligne que « les charges sociales des agriculteurs ont baissé parce que leurs revenus ont baissé ».
En 2017, « l’impact de ces allégements devrait plus se ressentir en 2017 du fait de la mesure annoncée par Manuel Valls, Premier ministre en février 2016, de diminution de 10 points des charges sociales combinée à un revenu en retrait », précise encore Xavier Beulin. Et pourtant, la FNSEA s’attend à une accélération des défaillances cette année.
Selon le ministère de l’agriculture, la diminution des charges sur l’ensemble de la filière devrait atteindre 4,06 milliards d’euros au total, dont 2,26 milliards bénéficiant aux agriculteurs et 1,8 milliard aux coopératives et aux industries agroalimentaires.
Pas mieux en fin d’année
Tous secteurs de l’économie confondus, le quatrième trimestre a vraiment confirmé l’amélioration de l’état de santé des entreprises françaises, avec une nouvelle baisse des défaillances par rapport à la même période des trois années précédentes. Là encore, l’agriculture est à contre-courant. On ne voit pas poindre le moindre signe d’amélioration en fin d’année.
Au global, l’emploi dans les secteurs de l’agriculture et de l’agroalimentaire représente 1.200.000 salariés équivalents temps plein, employés par 241.000 établissements – une masse salariale de 34 milliards d’euros, dont 23 milliards d’euros entrant dans l’assiette du Cice.
Marie-Josée Cougard
LE FIGARO – 08/02/2017
BNP Paribas accélère sa transformation digitale
Pour investir 3 milliards d’ici à 2020 et augmenter ses profits, la banque va lancer un plan d’économies de 3,4 milliards.
BNP Paribas a très bien traversé l’année 2016. Malgré un environnement de taux très bas pesant sur ses marges et un durcissement réglementaire, la première banque française a dégagé un bénéfice net de 7,7 milliards d’euros, en hausse de 15,1 % par rapport à 2015. Un résultat comparable à ceux enregistrés en 2010 et en 2007, avant la crise financière.
BNP Paribas se fixe désormais pour objectif de faire croître ce résultat d’au moins 6,5 % par an en moyenne, d’ici à 3 ans. Dans le même temps, ses revenus devraient augmenter de plus 2,5 % annuellement en moyenne. Pour y parvenir, la banque de la rue d’Antin s’appuiera sur son nouveau plan de développement 2017-2020, dont les détails seront dévoilés le 20 mars.
Ce plan ambitieux a été conçu à partir d’hypothèses économiques prudentes (remontée graduelle des taux d’intérêt et croissance modérée dans la zone euro et aux États-Unis). Il repose sur l’investissement de 3 milliards d’euros, essentiellement dans le numérique.
Tous les métiers de la banque seront concernés par l’accélération de la «transformation digitale» et l’utilisation des données des clients. À commencer par la banque de détail, dont le réseau poursuivra sa mue. Le nombre d’agences devrait donc continuer à diminuer pour s’adapter à la moindre fréquentation des clients. Dans les pays du Vieux Continent où elle est très présente (Belgique, Italie, France), le nombre d’agences a déjà fondu de plus de 10 % depuis 2012. En France, 236 agences ont discrètement fermé leur porte en quatre ans (1964 agences au total fin 2016).
3,4 milliards d’euros d’économies entre 2017 et 2020
En parallèle, Hello Bank! continuera à monter en puissance. La banque en ligne compte aujourd’hui 2,5 millions de clients en Europe, dont 284.000 en France (et 1,54 million en Allemagne). Les dirigeants de la banque constatent depuis l’automne et l’annonce des hausses de tarifs bancaires, une augmentation des demandes d’ouvertures de comptes dans l’Hexagone. La banque d’affaires et les services financiers (leasing automobile, crédit conso…) accéléreront aussi leur digitalisation.
Ces investissements seront financés par des économies. BNP Paribas entend réaliser 3,4 milliards d’euros d’économies entre 2017 et 2020. Avec cette réduction de coûts massives et ces investissements, la banque espère générer 2,7 milliards d’euros d’économies par an à partir de 2020.
Contrairement au plan précédent (2014-2016), «l’objectif ne réside pas dans ces seules économies, mais bien dans la transformation qualitative de notre modèle bancaire au service du client» obtenu grâce aux transformations digitales, a expliqué mardi Jean-Laurent Bonnafé, directeur général de BNP Paribas. Au cours des trois prochaines années, le groupe a aussi prévu de verser 50 % de ses bénéfices sous forme de dividende, contre 45 % en 2016. Cela aboutira à un dividende en hausse moyenne de 9 % par an.
Chute de l’action en Bourse
Pour autant, l’action BNP Paribas, qui a atteint des sommets début janvier (62 euros), a dévissé de 4,77 % (à 57,15 euros) mardi à la Bourse de Paris. Et entraîné dans son sillage, les autres valeurs bancaires françaises. «Le plan de développement est prudent. Tenant compte des contraintes réglementaires et de la concurrence accrue dans la banque de détail, il prévoit une hausse timide de l’activité, pour mettre l’accent comme le précédent sur les gains d’efficacité, tirés cette fois par la digitilsation», estime Gildas Surry, analyste chez Axiom IM.
La banque de détail reste sous pression en France alors que l’arrivée prochaine d’Orange Bank sur le marché fait craindre une guerre de prix et un effondrement des marges comparable à celui qui a suivi l’entrée de l’opérateur Free sur le marché de la téléphonie mobile. De plus, la loi Macron, qui facilite depuis le 6 février les démarches des particuliers pour changer d’établissement, pourrait favoriser les banques en ligne, aux tarifs moins élevés, au détriment des établissements traditionnels.
Les résultats de BNP Paribas au quatrième trimestre, ont aussi déçu les investisseurs. «Ils étaient inférieurs aux attentes des analystes et les perspectives pour la banque de détail en 2017 sont jugées un peu faibles par le marché», estime Daniel Larrouturou, directeur général délégué de Diamant Bleu Gestion. «En 2017, les revenus de la banque de détail en France vont continuer de se dégrader, de façon moins importante qu’en 2016 mais ils subiront encore la pression des taux bas», a expliqué Thierry Laborde, directeur général adjoint de BNP Paribas. La banque anticipe toutefois de meilleures perspectives en France à partir de 2018.
En revanche, au cours des trois derniers mois de l’année, la situation a été nettement plus positive dans le pôle Corporate and Institutional Banking (CIB) où, à l’instar de nombreux acteurs du secteur financier, BNP Paribas a bénéficié du bond des activités de courtage, qui a suivi l’élection de Donald Trump aux États-Unis.
::: SOCIAL
LE FIGARO – 08/02/2017
À Chartres, des médecins manifestent contre la violence
REPORTAGE – Il y a une semaine, le docteur Patrick Rousseaux a été tué par un ex-patient à son cabinet de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir).
C’est «un sentiment de peine mêlé d’effroi et de colère» que les médecins sont venus exprimer mardi devant la préfecture d’Eure-et-Loir à Chartres. Une cinquantaine de médecins, mais aussi quelques infirmières ou pharmaciens, arborant un brassard blanc en signe de deuil, ont manifesté, une semaine après le meurtre d’un confrère, tué par un ex-patient à son cabinet de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir). Également en signe de solidarité, environ la moitié des cabinets médicaux avaient fermé leurs portes dans la matinée en Eure-et-Loir, selon le syndicat départemental des médecins.
«On voit bien que les incivilités augmentent!, s’exclame le Dr Jean-Paul Ortiz, président national de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF). C’est tous les jours, y compris dans les petites villes… Si ça continue la désertification médicale va encore s’accentuer.» Isabelle, généraliste, raconte que son associée «a déplaqué de Trappes, car elle n’en pouvait plus»: «Agressée plusieurs fois, elle avait demandé à la police d’être accompagnée dans ses visites de nuit, mais cela lui avait été refusé.»
Président de la Fédération des médecins de France, le Dr Jean-Paul Hamon rapporte l’histoire d’«une de mes anciennes internes, dans le 92, qui a fait une consultation dans un logement où flottait un drapeau de Daech…». Et aussi celle de cette femme médecin, à La Réunion, qui a signalé, en décembre, aux services sociaux une petite fille marquée de brûlures de fer à repasser. «Trois jours après, le père venait avec un fusil de chasse, la menaçant d’incendier son cabinet et sa voiture!, indique-t-il. J’ai écrit au ministère, à l’Élysée, au Défenseur des droits. Seul ce dernier s’est mobilisé. Il a fallu faire un rappel au procureur pour qu’il contacte le médecin. Que penser d’un État qui ne respecte pas ses médecins?» Une autre généraliste renchérit: «On est un maillon invisible, et pourtant un ciment sociétal.» «La ministre viendra-t-elle demain à l’enterrement?, s’interroge-t-elle. Qui s’intéresse à nous? On abuse de nous sur tous les fronts.»
À 14h30, une délégation a été reçue par le préfet. «Les solutions sont toutes sur la table!, indique le Dr Ortiz. Nous réclamons des boutons d’alerte, comme dans les bijouteries ou les banques. Des caméras de surveillance aux abords des cabinets, qu’on puisse être accompagné en cas de visite la nuit et que nos numéros de portables soient reconnus dans les commissariats, de manière à être prioritaires. Cela fonctionne déjà dans certains départements.»
«En trois mois, on en est au quatrième cas dramatique, poursuit le Dr Ortiz. Bref, il y a tellement de choses à faire. Qu’attend le gouvernement? Le prochain mort?» Le docteur Patrick Rousseaux, 64 ans, avait été retrouvé par son associé mercredi 1er février, lardé de 48 coups de couteau. Interpellé aux Mureaux (Yvelines), un homme de 41 ans, ancien patient du Dr Rousseaux, a été placé en garde à vue peu de temps après. La veille, une violente agression avait lieu à Limoux (Aude). Selon le journal L’Indépendant, un généraliste entamait sa journée de consultation, quand un patient, mécontent de devoir rester trop longtemps en salle d’attente, l’a frappé, avant de lui jeter une pierre au visage.
En 2015, 924 attaques verbales ou physiques ont été répertoriées par l’Observatoire de la sécurité des médecins. «Mais tous les vigiles, toutes les caméras du monde et tous les doubles sas, déplore le Dr Hamon, seront impuissants à arrêter cette violence insidieuse et perverse qui conduit parfois les médecins et les autres soignants au suicide. Trois plus que dans la population générale.»
L’Ordre des médecins réclame des solutions pérennes
La Santé, l’Intérieur, la Justice. Pas moins de trois ministères s’étaient penchés, le 20 avril 2011, au chevet des professionnels de santé, pour signer, avec les conseils de l’Ordre concernés, un protocole relatif à leur sécurité. Une circulaire du ministère de l’Intérieur suivait le 6 juin de la même année pour préciser aux préfets comment mettre en œuvre, au niveau local, ce protocole national. Hélas, six ans plus tard, 42 départements ne l’ont toujours pas signé. Dans les autres, de nombreuses expérimentations ont été tentées. «Il faut en finir avec cette culture, bien française, de l’expérimentation, s’agace le Dr Patrick Bouet, président de l’Ordre national des médecins, et il faut aujourd’hui regarder quelles sont les solutions qui ont donné des résultats et que nous ayons la volonté de les généraliser sur le territoire.»
Une volonté que l’Ordre a semble-t-il évoquée le 15 décembre dernier chez le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux. «Nous n’avons pas, pour l’instant, été suivis par la ministre de la Santé», regrette le médecin. Les solutions ne manquent pas: création d’un bouton d’appel d’urgence, accompagnement des professionnels de santé par des agents lors de visites sensibles, géolocalisation des médecins ou encore vidéosurveillance… «Des dizaines d’initiatives ont été prises, il faut maintenant évaluer et généraliser», explique le Dr Bouet.
::: POLITIQUE
LE PARISIEN – 08/02/2017
Présidentielle : la visite nocturne de Hamon sur un chantier du métro parisien
Le député des Yvelines était en visite de 02H00 à 03H00 du matin à la station Raspail sur la ligne 4.
Le candidat à l’élection présidentielle s’est rendu dans la nuit de mardi à mercredi sur un chantier du métro parisien.
«La France ne s’arrête pas de vivre entre 21H00 et 07H00, notamment dans les services publics qui assurent une continuité». Pour cette raison, Benoît Hamon s’est rendu dans la nuit de mardi à mercredi sur un chantier du métro parisien afin notamment de mettre en lumière les difficiles «conditions de travail». Le candidat socialiste à l’élection présidentielle a prévenu qu’il effectuerait «beaucoup de déplacements de nuit» durant la campagne présidentielle et jusqu’au premier tour le 23 avril.
«Ca m’intéresse de voir comment on peut améliorer les conditions de ceux qui travaillent la nuit, surtout quand ce sont des situations extrêmement exposées à des tâches répétitives, à des cadences qui sont dures, au travail en extérieur», a-t-il poursuivi.en visite de 2 heures à 3 heures du matin à la station Raspail sur la ligne 4.
«La France des invisibles»
«Il y a des métiers qui abîment les organismes et le compte pénibilité mis en oeuvre sous le précédent quinquennat et qui doit se déployer maintenant, doit à mes yeux être renforcé afin que ceux qui ont eu un métier pénible puissent partir plus tôt à la retraite», a précisé Benoît Hamon, en exprimant sa volonté de parler «positivement» de «la France des invisibles».
L’actuel compte de prévention pénibilité, qui fait partie du compte personnel d’activité mis en place par la loi Travail votée en 2016, permet d’accumuler des points et de bénéficier en échange de formation, d’un temps partiel ou d’un départ anticipé à la retraite.
Casque de chantier sur la tête et gilet fluo orange sur les épaules, Benoît Hamon s’est rendu sur les quais en réfection de la station, où s’affairaient une grosse vingtaine d’ouvriers de la RATP. «On a une grosse machine comme la RATP qui travaille 24 heures sur 24. Comme usager on n’en est pas toujours 100% satisfait (…) mais il y a quand même là une qualité de service public qu’on nous envie dans le monde entier», a-t-il estimé.
L’ancien ministre de l’Education a également réaffirmé son souhait de placer «la question sociale au coeur de l’élection présidentielle», en répondant à des problématiques concrètes du «quotidien des Français»
Il a aussi décoché une flèche à ceux qui attaquent sa proposition de revenu universel en lui reprochant de ne pas être le candidat du travail. «Ce sont les paresseux de la pensée qui disent ça. Pour le coup, revenu universel c’est travail universel car si on donne les moyens à chacun de disposer d’instruments pour pouvoir s’il le veut réduire son temps de travail, cela libère du travail, créé de l’emploi», a-t-il répondu.
LE FIGARO – 08/02/2017
La droite resserre les rangs derrière François Fillon
VIDÉO – «Il n’y a pas de plan B, il y a un plan A comme attaque», a lancé devant ses troupes le candidat de la droite et du centre, qui entend relancer une campagne entravée depuis quinze jours.
François Fillon est à l’offensive. Avant de publier, ce mercredi, une «lettre aux Français» dans la presse quotidienne régionale – véritable plaidoyer pro domo -, le candidat a consacré sa matinée de mardi à remobiliser les parlementaires, avant de se rendre l’après-midi à Troyes (Aube), chez le sénateur maire LR François Baroin.
Mais en fin de journée, dans son édition de mercredi, Le Canard enchaîné faisait état, pour la troisième semaine consécutive, de nouvelles révélations sur l’épouse du candidat. Penelope Fillon aurait touché 45.000 euros d’indemnités de licenciement, payées par l’Assemblée nationale, en deux fois «alors que, selon le journal satirique, la législation ne prévoit pas un tel niveau d’indemnités de licenciement pour un collaborateur parlementaire». L’hebdomadaire affirme que l’épouse du candidat a perçu, en août 2002, «16.000 euros d’indemnités, soit l’équivalent de cinq mois de salaires» tandis qu’elle avait retrouvé un mois plus tôt un emploi auprès du suppléant de François Fillon, Marc Joulaud. L’épouse du candidat aurait également touché, en novembre 2013, «29.000 euros de primes» après avoir de nouveau travaillé pendant un an et demi pour son mari redevenu député.
Dans un communiqué publié mardi soir, intitulé «Les mensonges du Canard enchaîné », François Fillon dénonce les «erreurs manifestes» de l’article du journal. Il souligne que «les chiffres (…) rendus publics lundi (lors de sa conférence de presse, NDLR) comprenaient la totalité des sommes figurant sur les bulletins de paye de (son) épouse, y compris les indemnités diverses de fin de contrat». Et il affirme que Penelope Fillon n’a pas reçu, en novembre 2013, la somme de 29.000 euros mais «7754,02 euros comprenant les congés payés».
Cette nouvelle polémique peut-elle remettre en cause les bénéfices de la séance de motivation du matin, au QG parisien du candidat? François Fillon a certes donné du «mes chers amis» aux parlementaires Républicains et centristes qu’il a reçus pendant une petite heure. Mais c’est à une reprise en main en bonne et due forme qu’il s’est livré. Un participant décrit «une organisation militaire». «Il n’y a pas de plan B, il y a juste un plan A comme attaque», a lancé le candidat, qui a consacré l’essentiel de son intervention à reprendre les arguments qu’il avait développés la veille face à la presse. «À travers cette crise, c’est bien la question de la séparation des pouvoirs et de l’indépendance des pouvoirs qui est posée», a insisté le député de Paris. Relayant la ligne de défense de ses avocats, il a martelé: «Un parlementaire ne peut pas faire l’objet d’une incrimination pénale pour détournement de fonds publics.»
François Fillon a en outre annoncé plusieurs réaménagements dans son dispositif de campagne. Les deux présidents de groupes de l’Assemblée nationale et du Sénat, Christian Jacob et Bruno Retailleau, vont désormais se partager la direction politique de la campagne. «C’est un resserrement du dispositif, et la présence de Jacob dans le cœur du réacteur garantit la proximité avec tous les députés», se félicite le sénateur LR de la Manche, Philippe Bas.
Et pour mettre un terme aux cafouillages dans la communication du candidat, qui avait six porte-parole de campagne, François Fillon a promu mardi Thierry Solère, l’ex-président du comité d’organisation de la primaire, comme «seul porte-parole officiel». Le député LR des Hauts-de-Seine coordonnera les interventions «de tous ceux qui ont accès aux médias», selon les termes utilisés par le candidat.
Pour bien montrer que l’ancien premier ministre est le porte-drapeau de la droite et du centre, la parole a été donnée lors de cette réunion aux présidents des groupes centristes de l’Assemblée nationale et du Sénat, Philippe Vigier et François Zocchetto. «Sans cette alliance, on ne gagnera pas, car la tentation est forte, chez les centristes, d’aller chez Emmanuel Macron», a expliqué en substance le patron des députés centristes. Mais derrière cet appel à l’union demeure la question centrale des investitures accordées à l’UDI. «On a compris que l’UDI était tout à fait disposée à soutenir notre candidat… pourvu que nous lui donnions les circonscriptions qu’ils demandent», ironise un élu LR.
Après les interventions «officielles», des doigts se sont levés dans la salle. Outre le président du Sénat Gérard Larcher, un seul parlementaire a pu s’exprimer: le député UDI des Français de l’étranger Meyer Habib. S’adressant à l’auditoire, François Fillon avait évoqué un peu plus tôt les «doutes» éprouvés par «certains» élus de LR. «Je ne leur en veux pas», avait assuré le candidat. «Je lui ai répondu que tout le monde avait douté, même si certains seulement le lui avaient dit, mais que depuis sa conférence de presse, c’était l’unité absolue derrière lui, Républicains et centristes confondus», confie Meyer Habib.
François Fillon a effectivement déjoué toute tentative de «plan B». «Il n’y avait pas de consensus possible faisant l’unanimité sur un autre nom», estime Philippe Bas. «Avec le retrait réaffirmé à trois reprises d’Alain Juppé, il n’y a pas de plan B qui tienne la route», admet Philippe Gosselin. Une semaine plus tôt, le député LR de la Manche avait lancé un appel au maire de Bordeaux, qui y a donc répondu par une fin de non-recevoir.
Jugeant que le candidat avait été «très bon» lors de sa conférence de presse, les parlementaires ont retrouvé mardi un espoir qui reste néanmoins fragile. «On sentait un regain d’optimisme dans l’assistance, mais toujours teinté d’incertitude sur le rebond dont François Fillon peut bénéficier dans l’opinion», confie Christian Kert.
En réalité, tous ont envie de tourner la page et d’entrer pleinement en campagne. Même si, comme l’a affirmé le député du Nord et ex-sarkozyste Sébastien Huyghe, «la colère des électeurs de droite est à la hauteur de leur déception». Avant les nouvelles révélations du Canard, les réactions relevaient plutôt du soulagement. «Fillon, c’est le patron, tout le monde est derrière lui», résumait Valérie Boyer (Bouches-du-Rhône). Son collègue Marc Le Fur (Côtes-d’Armor) fustigeait «un complot organisé». «La droite a un candidat très légitime, dont la campagne est entravée par des affaires lancées en pâture à l’opinion publique», dénonçait encore Philippe Goujon (Paris).
Dans sa «Lettre aux Français», Fillon cherche à répondre au «trouble» de l’opinion, qu’il «comprend parfaitement». Il réaffirme qu’il a «toujours agi dans la stricte légalité et dans la plus parfaite honnêteté» et réitère ses «excuses» pour ne pas avoir interrompu plus tôt sa collaboration avec sa femme. «Reste à savoir quelle va être la température donnée par les sondages. On ne pourra pas les ignorer», estime néanmoins un élu filloniste.
Judith Waintraub et Sophie Huet
L’OPINION – 08/02/2017
Remue-ménage en vue à la DGSE
L’après-Hollande se prépare déjà en coulisses dans le monde des services secrets. Nomination à la DGSE, réforme des structures existantes, les services de renseignements seront en haut de l’agenda du prochain chef de l’Etat
Alors que la France est toujours sous la menace terroriste et que les tensions internationales s’avivent, le directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure, Bernard Bajolet, doit en principe quitter son poste le 21 mai prochain, jour de son 68ème anniversaire. Sa succession est ouverte et elle sera l’un des premiers dossiers sur le bureau du prochain chef de l’Etat élu le 7 mai, qui pourrait également avoir à engager des réformes de structures. Plusieurs schémas sont sur la table. Dans les équipes de campagne, les spécialistes phosphorent.
C’est un anniversaire qui tombe un peu trop tôt. Le 21 mai prochain, Bernard Bajolet aura 68 ans et, atteignant la limite d’âge, il devra quitter son poste de directeur de la DGSE. Élu deux semaines auparavant, le nouveau président de la République devra nommer son successeur à la tête des services secrets. Ce sera l’une de ses toutes premières nominations importantes, à moins que le gouvernement ne parvienne à bricoler un dispositif juridique permettant à Bernard Bajolet d’assumer lui-même un bref intérim. Quoi qu’il en soit, le renseignement et la DGSE s’imposent en haut de l’agenda du futur chef de l’État.
Dans les équipes de campagnes, les experts s’activent… discrètement. Ainsi, chez Emmanuel Macron, François Heisbourg, président de l’International Institute for Strategic Studies, ou l’ambassadeur Jean-Claude Cousseran, ancien directeur de la DGSE (2000-2002) sont écoutés. À droite François Fillon s’appuie d’abord sur son ancien directeur de cabinet à Matignon Jean-Paul Faugère, pour traiter ses sujets sensibles.
Tous les lobbies, tous les spécialistes, toutes les ambitions font le siège des vainqueurs potentiels de la présidentielle. Pour certains, les résultats des primaires n’ont pas été à la hauteur de leurs espérances. Les milieux policiers notamment, misaient sur Nicolas Sarkozy et Manuel Valls. Las ! La défaite d’Alain Juppé a également douché quelques espoirs…
Stagiaire. Chacun arrive avec son idée, qui de nouvelles têtes, qui de réformes de structures. Pour l’heure, peu de noms circulent quant à un successeur possible de Bernard Bajolet à la tête de la DGSE. Ce diplomate est un proche de longue date de François Hollande qu’il tutoie pour l’avoir accueilli comme stagiaire de l’ENA à l’ambassade d’Alger. Pour la première fois, l’idée d’une nomination interne est envisagée, avec la promotion d’un des principaux cadres du Service.
Jusqu’à présent, les directeurs de la DGSE ont toujours été choisis à l’extérieur, parmi les militaires, les préfets ou les diplomates, comme si le gouvernement se méfiait de la « Centrale ». Pour beaucoup, une promotion interne confirmerait la confiance que l’hôte de l’Élysée témoigne au personnel de ce service de l’État, certes un peu particulier, mais qui a acquis une nouvelle légitimité au sein des institutions publiques.
À droite, certains experts s’interrogent sur une réforme en profondeur du renseignement. Deux grands sujets sont sur la table : le rôle du Coordonnateur national du renseignement (CNR) à l’Élysée et la création d’une NSA à la française, en cassant la DGSE en deux entités.
Créé en 2008 par Nicolas Sarkozy, le CNR n’a jamais complètement trouvé sa place dans le dispositif du renseignement. En neuf ans, cinq hommes ont occupé ce poste, dont quatre sous François Hollande. Le CNR est entouré d’une toute petite équipe de six personnes installée rue de l’Élysée et qui n’a pas de rôle opérationnel direct. Certains souhaitent donner plus d’importance au CNR, peut-être en y nommant un général spécialiste du renseignement. Il s’agirait alors de piloter les différents services de la communauté du renseignement depuis l’Élysée, sur le modèle du Director of National Intelligence (DNI) américain.
Naturellement, les grands patrons des services, comme la DGSE ou la DGSI – ou ceux qui aspirent à le devenir – voient cette perspective d’un très mauvais œil. L’expérience américaine aurait plutôt tendance à leur donner raison : Washington a rajouté un niveau bureaucratique à un univers qui n’en manquait pas. L’exemple britannique invite aussi à la prudence, comme on l’a vu à l’époque de la guerre d’Irak (2003) : lorsque le renseignement est dirigé d’en haut, par le niveau politique, la tentation est forte de faire dire aux services uniquement ce que le pouvoir a envie d’entendre… La pluralité des sources est, à cet égard, une garantie pour la qualité du travail des services et pour la liberté de choix des décideurs.
Ecosystème. Néanmoins, une meilleure coopération entre les différents services est une nécessité, qui n’échappe à aucun spécialiste. Certes, d’importants progrès ont été réalisés ces dernières années, mais l’alternance politique et de nouvelles réformes pourraient être l’occasion de relancer des rivalités. Parmi ces réformes, l’idée de couper la DGSE en deux revient sur la table. Les policiers de la DGSI se plaignent parfois de ne pas avoir suffisamment accès aux interceptions qui relèvent de la Direction technique (DT) de la DGSE. D’où le projet de créer une « agence » chargée uniquement des interceptions, comme la NSA américaine ou le CGHQ britannique, et qui alimenterait les autres services.
La DGSE est évidemment vent debout contre cette perspective, qui la priverait de la moitié de ses effectifs, en sortant la DT de son « écosystème ». La DGSE entend rester un « service intégré », gage, selon elle, de son efficacité à moindres frais. Autre menace vue du Boulevard Mortier : l’idée de lui retirer son bras armé pour les opérations clandestines, le Service Action. Comme le SAS britannique ou le JSOC américain, le Commandement des opérations spéciales (qui relève des armées) pourrait récupérer ces missions. Au risque d’une confusion entre opérations militaires et clandestines. Seules ces dernières ne sont pas publiquement assumées par le gouvernement.
D’autres propositions, comme celle de la commission Fenech sur les attentats visant à la création d’une Agence nationale de lutte contre le terrorisme, sont également avancées. Mais comme le dit un haut fonctionnaire au cœur du dossier, invitant à la prudence, « on doit améliorer les choses, mais c’est aussi simple que de changer les pièces d’une voiture en train de rouler ». Car, face à la menace terroriste et à la montée des tensions internationales, le renseignement ne peut se payer le luxe d’une sortie de route, pour une réforme mal pensée. Ou mal conduite.
::: INTERNATIONAL
LE MONDE – 08/02/2017
Le Parlement écossais se prononce contre le lancement du « Brexit »
Les députés écossais ont voté symboliquement mardi contre le projet de loi du autorisant la première ministre britannique Theresa May à lancer le processus du Brexit.
Le Parlement écossais, dominé par les indépendantistes du Parti national écossais (Scottish National Party, SNP), a voté symboliquement, mardi 7 février, à une majorité écrasante contre le projet de loi du gouvernement britannique autorisant la première ministre Theresa May à lancer le processus du Brexit – la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE).
Ce vote, acquis par 90 voix contre le projet et 34 pour, n’a aucun poids à Londres. La Cour suprême a statué en janvier : seul le Parlement à Westminster devait être consulté sur le Brexit, s’opposant à une consultation des Parlements régionaux. Et ce sera le cas mercredi : les députés britanniques voteront en première lecture sur le texte permettant de lancer la procédure de divorce d’avec l’UE, avant son examen par la chambre des Lords.
Cela n’a pas empêché le SNP de présenter son vote comme « l’un [d]es plus significatifs dans l’histoire du Parlement écossais depuis la dévolution » accordée aux Parlements régionaux, selon la première ministre, Nicola Sturgeon : « Ce vote est beaucoup plus que symbolique. C’est un test-clé pour savoir si la voix de l’Ecosse est écoutée et si nos souhaits peuvent être pris en compte au sein du processus britannique [de sortie de l’UE]. »
Le Parti travailliste écossais en renfort
Le Parti travailliste écossais, fort de vingt-quatre représentants au Parlement régional, avait également fait part de son opposition au projet de loi gouvernemental, apportant ainsi suffisamment de voix au SNP – qui a 63 représentants sur 129 – pour assurer le résultat du vote. Sa cheffe, Kezia Dugdale, a toutefois appelé Nicola Sturgeon à cesser d’utiliser le Brexit pour brandir la menace d’un nouveau référendum sur l’indépendance.
Lors du référendum de 2014, Edimbourg s’était vu promettre d’être considéré comme un « partenaire égal » à Londres au sein du Royaume-Uni si la région rejetait la scission, ce qu’elle a fait par 55 % des voix. Vingt mois plus tard, l’Ecosse a voté à 62 % pour rester dans l’UE, mais le Brexit l’a emporté avec 52 % des voix dans l’ensemble du pays.
L’Irlande du Nord a elle aussi voté majoritairement pour le maintien dans l’UE, tandis que le pays de Galles s’est rallié à la position de l’Angleterre, favorable à une sortie.
LES ECHOS – 08/02/2017
Varsovie et Berlin tentent de resserrer leurs liens
« L’Allemagne et la Pologne sont deux Etats européens qui ont un rôle important à jouer du fait des changements en cours dans l’Union européenne »,
a déclaré la Première ministre polonaise Beate Szydlo aux côtés d’Angela Merkel à Varsovie
Varsovie a réservé un accueil chaleureux à Angela Merkel, qui a insisté sur les valeurs.
L’élection de Donald Trump aux Etats-Unis et le vote britannique en faveur du Brexit rebattent les cartes en Europe. Après s’être opposés sur la politique d’asile , Berlin et Varsovie ont cherché mardi à ressouder les liens alors que Bruxelles menace le gouvernement polonais de suspendre ses droits de vote au sein de l’Union européenne (UE) à cause de sa politique jugée autoritaire.
« L’Allemagne et la Pologne sont deux Etats européens qui ont un rôle important à jouer du fait des changements en cours dans l’Union européenne », a déclaré la Première ministre polonaise Beate Szydlo aux côtés d’Angela Merkel, venue à Varsovie pour un déplacement de plus de sept heures.
Kaczynski « pro-Merkel »
Détail crucial, la chancelière allemande devait ensuite rencontrer Jaroslaw Kaczynski, chef de file du parti conservateur Droit et Justice (PiS) perçu comme celui qui tire les ficelles à Varsovie. « Merkel serait le mieux pour nous », avait pris soin de déclarer celui-ci auparavant à la « Frankfurter Allgemeine Zeitung » tout en critiquant Martin Schulz, le rival d’Angela Merkel . L’an dernier, Jaroslaw Kaczynski avait fustigé la politique de migrants de cette dernière et jugé que l’Allemagne n’était pas à la hauteur de la « domination discrète » qu’elle exerce en Europe.
Changement de donne diplomatique
L’élection de Donald Trump, qui plaide pour un resserrement des liens avec Vladimir Poutine et le Brexit, qui prive l’Union d’un ardent défenseur d’une ligne dure face à Moscou, incitent toutefois Varsovie à revoir sa copie et se retourner vers Angela Merkel, qui sert de rempart contre l’ennemi héréditaire russe et se dit prête à assumer plus de responsabilité en matière de défense.
Témoin de ce rapprochement, la chancelière et la Première ministre ont décidé de mettre en place un groupe de travail sur le projet controversé de nouvel oléoduc russo-européen, que Berlin avait poussé . « P our la Pologne, il n’est pas acceptable que Nordstream 2 soit réalisé », a martelé Beate Szydlo.
Dérive autoritaire
Angela Merkel, qui s’est posée face à Donald Trump en garante des valeurs libérales et démocratiques, s’est félicitée que le gouvernement polonais veuille répondre aux questions de la Commission européenne sur l’Etat de droit, l’indépendance des médias et de la justice.
Bruxelles s’inquiète d’une dérive autoritaire en Pologne. « Je souhaite que la discussion soit très constructive », a dit l’ancienne citoyenne de RDA en invitant la Pologne à être à la hauteur de son passé. « Solidarnosc a aussi marqué ma vie », a-t-elle dit en soulignant l’influence du syndicat sur la fin de la guerre froide. « De cette période, nous savons à quel point les sociétés plurielles, une justice indépendante et les médias sont importants car tout ceci n’existait pas avant ».
La veille, le vice-président de la Commission européenne Jyrki Katainen avait menacé Varsovie de suspendre ses droits de vote . « On ne peut pas passer de compromis sur l’Etat de droit. Soit vous respectez l’Etat de droit, soit ce n’est pas le cas », a dit le Finlandais à Reuters. Une telle mesure devrait toutefois être votée à l’unanimité par les autres Etats membres. Or la Hongrie a signalé son soutien à son voisin.
Thibaut Madelin et Gabriel Grésillon
LE FIGARO – 08/02/2017
Commerce : Trump déterminé à réduire le déséquilibre avec la Chine
La nouvelle Administration américaine est prête à remettre en question des décennies de prinicipes fondamentaux du commerce international pour favoriser ses intérêts.
La Chine reste le premier pays avec lequel les États-Unis accumulent un déficit commercial en 2016. Pour autant la situation globale du commerce américain ne se détériore guère. Le déficit est presque inchangé l’an dernier par rapport à 2015, grimpant de 500,4 à 502,3 milliards de dollars, selon les chiffres publiés mardi par le département du Commerce. L’écart avec la Chine atteint encore 347 milliards de dollars, mais recule de 5,5 %. Le Japon, l’Allemagne et le Mexique sont loin derrière, avec des déficits entre 63 et 69 milliards de dollars.
Pour Donald Trump, ce déficit prouve que l’Amérique est victime d’un système international défavorable à ses intérêts. Sa priorité est donc de changer d’approche pour «remettre l’Amérique au premier rang». Le Sénat n’a toujours pas confirmé les choix du nouveau président aux postes clés de secrétaire au Commerce et de négociateur commercial. Mais Wilbur Ross et Robert Lighthizer, les deux personnalités désignées par Donald Trump pour ces fonctions, semblent déterminés à remettre en question plusieurs décennies de principes fondamentaux du commerce international pour rééquilibrer les échanges commerciaux américains.
Sanctions pénalisantes
La confrontation avec le Mexique a déjà commencé. La renégociation du traité de libre-échange de 1994 doit s’engager au printemps, sous la menace de droits de douane américains. Surtout, dans le but d’arracher des concessions à la Chine, jugée encore plus déloyale et destructrice de l’emploi industriel américain, beaucoup croient la nouvelle Administration capable d’imposer des sanctions pénalisantes à Pékin, au point de mettre les États-Unis en marge de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
À ses yeux, les règles actuelles privent l’Amérique de son principal moyen de pression: l’accès à son immense marché domestique. De fait, l’organisation forcerait Washington à pratiquer une politique perçue par Donald Trump comme un désarmement unilatéral profitant avant tout à la Chine.
Vous souhaitant une bonne journée.
Cordialement,
Elena NATALITCH
Service Presse, Communication / Formation
251, bd Pereire – 75852 PARIS Cedex 17
Tél. : 01 40 55 12 43
Fax : 01 40 55 12 40
ftpAME2017-04-05T09:10:58+02:00Mots-clés : Actualité, MEDEF, Revue de Presse|
::: ILE-DE-FRANCE
CONSTRUCTION CAYOLA – 02/02/2017 – en p-jointe
Grand Paris : l’Observatoire des PME se met en place
La Société du Grand Paris a réuni le 1er février dernier pour la première fois les membres fondateurs de l’Observatoire des PME (CCI, CRMA, Capeb, FRTP, FFB, Medef Ile-de-France, Insee et Direccte Ile-de-France). L’objectif : mettre en place un instrument de mesure de la participation des PME/TPE à la réalisation du Grand Paris Express.
L’Observatoire se veut également une plate-forme d’échanges pour consolider et maintenir un dialogue continu avec les PME/TPE concernées par les opportunités qu’offre ce formidable projet. Les données relatives à l’implication des PME dans la réalisation du nouveau métro seront publiées deux fois par an. Les premiers chiffres seront présentés au printemps.
“Depuis le lancement du projet, la Société du Grand Paris est attentive à ce que la réalisation du Grand Paris Express profite à tous. C’est pourquoi nous imposons qu’une part d’au moins 20 % des travaux soit exécutée par des PME. Pour nous assurer du respect de cette clause et stimuler l’implication des PME dans le projet, nous mettons en place un Observatoire qui bénéficie de l’engagement des chambres consulaires, des organisations patronales et des fédérations professionnelles franciliennes“, précise le président de la SGP, Philippe Yvin.
L’Observatoire des PME complète un travail engagé depuis déjà un an par la CCI Paris Île-de-France. Sa plate-forme, CCI Business, informe les entreprises franciliennes sur les opportunités de croissance offertes par les chantiers du Grand Paris Express. 650 PME sont déjà inscrites sur cette plate-forme. Elles bénéficient de l’appui de conseillers dans chacun des huit départements franciliens, qui les mettent en relation avec les maîtres d’ouvrage.
Les résultats des travaux de l’Observatoire seront présentés chaque année au Conseil de surveillance et au Comité stratégique de la Société du Grand Paris.
94.CITOYENS.COM – 02/02/2017 – en p-jointe
LE PARISIEN – 03/02/2017
Bureaux : les deux plus grosses transactions 2017 en Ile-de-France sont signées à Nanterre
Nanterre. Visuel du projet de siège pour Vinci dans le quartier des Groues.
Deux des quatre plus grosses transactions immobilières qui se concrétiseront en 2017 en Ile-de-France concernent des immeubles de bureaux à Nanterre. Il s’agit du futur siège du groupe de construction français Vinci (74 000 m²) dans le quartier des Groues, et du regroupement des sites franciliens de l’assureur français Groupama sur les Terrasses.
C’est ce qui ressort de la présentation ce jeudi matin place Vendôme à Paris de l’étude annuelle sur le marché francilien du cabinet britannique Knight Frank, spécialiste de l’immobilier d’entreprise en France et à l’international.
Le siège du groupe Vinci, actuellement à Rueil-Malmaison, s’installera en 2020 dans un ensemble neuf à construire à côté de la U Arena et au pied de la future gare de Nanterre-La Folie, où arriveront le RER E et la ligne 15 du Grand Paris Express. Conçus par les architectes Jean-Paul Viguier et Marc Mimram, ces bâtiments seront construits partiellement sur la gare Eole. Ils permettront de rassembler sur un même site le siège social du groupe et ses pôles d’activités, soit 4 000 collaborateurs de Vinci.
Groupama va quant à lui regrouper à partir de cette année ses différentes implantations franciliennes dans plusieurs immeubles, près de la préfecture de Nanterre. Au total, environ 3 000 collaborateurs vont s’y installer d’ici trois ans, dans cinq bâtiments, dont l’assureur sera locataire. Les immeubles West Park 1 (14 300 m²) et West Park 2 (18 100 m²) auparavant occupés par HSBC et EDF et en cours de rénovation, seront occupés dès l’été 2017, puis West Park 3 (1 200 m²) en octobre. Les deux derniers bâtiments, occupés actuellement par RTE et AXA, seront mis à disposition de Groupama entre 2018 et 2020.
Florence Hubin
GLOBAL SECURITY MAG – 02/02/2017 – en p-jointe
LES ECHOS – 03/02/2017
Actus franciliennes
LA TRIBUNE – 03/02/2017
Voies sur berges : “La voiture n’est pas un modèle rationnel de transport” (1/2)
“La voiture n’est pas un modèle rationnel de transport. À 15 km/h, elle est moins rapide que le métro ou qu’un vélo. Surtout, en termes de capacité de transport, une voie pour voiture a moins de capacité qu’une voie pour vélo ou de bus”, explique Christophe Najdovski, adjoint aux transports à la Ville de Paris.
Alors que la bataille des chiffres fait rage autour de la fermeture des voies sur berges, La Tribune a rencontré les messieurs « transports » côté Ville et côté Région. S’ils sont tous deux d’accord sur la nécessité de réduire le trafic automobile en ville, ils divergent sur la méthode à utiliser. Ainsi que sur la place à consacrer aux voitures, notamment en matière d’infrastructures. Entretien, côté Ville, avec Christophe Najdovski, adjoint aux transports à la Ville de Paris.
LA TRIBUNE – La période d’essai de la fermeture des berges de Seine s’achèvera fin mars. Quels en sont les premiers enseignements ?
CHRISTOPHE NAJDOVSKI – Tout d’abord, il ne s’agit pas d’une période d’essai mais d’une période d’observation, pour ce qui est un engagement de campagne de notre programme commun avec Anne Hidalgo. Et ce projet est tout de même soutenu par la majorité des Parisiens. Selon plusieurs sondages, 60 % étaient favorables à la piétonisation des voies sur berge en amont et 55 % au moment de sa mise en place, c’est-à-dire au plus fort de la polémique. Un arrêté conjoint a été pris par la préfecture de Police et la mairie de Paris, instituant une aire piétonne sur ce qui était auparavant une autoroute urbaine. D’ailleurs, si l’on replace ce projet dans un contexte historique, rappelons qu’il y a cinquante ans, ces berges étaient en partie piétonnes ! Cette autoroute urbaine a été créée ex nihilo, afin d’amener de la circulation automobile là où il n’y en avait pas auparavant.
Cette période d’observation a été établie pour voir si l’on constate la thrombose qui avait été évoquée : ce n’est pas le cas. Les chiffres montrent une diminution des flux de circulation sur les itinéraires de report entre les mois de septembre et de décembre 2016. Il y a du report sur le boulevard Saint-Germain et sur les quais hauts, mais la circulation sur la berge a disparu. Les reports se sont diffusés, en partie peut-être sur le périphérique, et aussi grâce à un phénomène d’évaporation.
Comprenez-vous l’opposition de la présidente de Région et des 168 élus de banlieue qui se sont associés au recours déposé par Valérie Pécresse le 24 novembre dernier devant le tribunal administratif ?
Les maires de banlieues qui s’opposent à la piétonisation des berges font dans leurs villes des zones limitant la vitesse à 30 km/h et des centres-villes piétonniers. Pourquoi Paris n’aurait-elle pas le droit de le faire ? Aujourd’hui on constate, et c’est la DRIEA (Direction régionale et interdépartementale de l’équipement et de l’aménagement d’Île-de-France) qui le dit, qu’une bonne partie de la congestion autoroutière provient de ces mesures municipales. Le trafic, qui auparavant se faisait sur les voies secondaires, se reporte sur les autoroutes, qui à la base, étaient faites pour les trajets de longue distance. Aujourd’hui, elles sont empruntées pour quelques kilomètres entre deux sorties… Les travaux du tramway Nord et ceux des gares du Grand Paris Express créent aussi des perturbations. C’est donc bien plus complexe que les seules voies sur berge ! On n’a pas réduit les flux entrants, mais on peut aménager l’espace public pour le partager. Par exemple en créant un réseau express vélo d’est en ouest, notamment sur les Champs-Élysées.
Outre les aménagements que vous êtes en train de réaliser, que faudrait-il changer pour améliorer la situation ?
Aujourd’hui l’un des grands défauts, c’est l’absence de régulation sur le stationnement et l’absence de contrôles de la part de la préfecture de Police. On décompte actuellement quelque 90 % de fraude au paiement du stationnement de surface ! Sans parler des incivilités… Il faudrait remettre des agents de la circulation.
La Ville a pris du retard du fait de son architecture institutionnelle : Paris n’a pas la main sur la politique des transports – le Stif (Syndicat des transports d’Île-de-France) est présidé par la présidente de la Région. Ce qui n’est pas le cas des autres métropoles. Le maire de Paris est celui qui a le moins de pouvoirs en France. Mais avec le vote de la loi sur le statut de Paris, à partir du printemps, pour la première fois de son histoire, la maire de Paris aura de vrais pouvoirs en matière de circulation.
Vous êtes donc convaincu que cet aménagement va dans le bon sens et que cela va permettre, à terme, de diminuer le nombre de voitures en ville ? Finalement, c’est le changement qui pose problème ?
Il y a 15 ans, Bertrand Delanoë avait déclenché des cris d’orfraie avec ses couloirs de bus : ça allait être l’apocalypse. Or, personne ne les remettrait en cause aujourd’hui. C’est un éternel recommencement. Le rapport à l’automobile est passionné. Il y a eu un mouvement d’adaptation des villes à la voiture depuis l’avènement de l’automobile, qui a entraîné de la pollution, de la congestion, puis une remise en cause : il faut réduire la place de la voiture et la partager avec d’autres modes de déplacements comme les transports publics.
Il faut aussi prendre en compte la question de la fréquence d’utilisation du véhicule ! Les gens continuent de prendre leur voiture, mais moins souvent. C’est ce qui crée de l’évaporation. On n’a pas forcément réduit les flux aux portes de Paris, mais seulement au centre. Alors oui, entre 16 heures et 21 heures c’est compliqué. Mais on ne va pas en rester là. Nous avons lancé pour l’autopartage le service SVP, qui met plus de 200 places de parking en surface à la disposition d’opérateurs tels que Zipcar, et nous travaillons à réaliser des aires de covoiturage aux portes de Paris (porte d’Auteuil et à l’est de Paris).
Pourquoi êtes-vous contre le plan routier du Stif qui vise, notamment, à fluidifier la circulation afin de diminuer la pollution liée à la congestion ?
Nous ne sommes pas d’accord avec les infrastructures routières supplémentaires que cela implique. Sur l’intensification de la route, en revanche, on se rejoint. On pourrait transporter plus de personnes avec moins de véhicules. Cette équation est possible si on s’en donne les moyens avec des lignes de bus express, du covoiturage… C’est la solution à l’échelle de l’Île-de-France et cela se répercute ensuite dans Paris.
C’est une chimère de penser que les infrastructures vont tout régler. La réalité aujourd’hui, c’est que les routes sont sous-utilisées. Avec une moyenne de 1,2 occupant, la voiture n’est pas un instrument capacitaire. Dans une rue comme Rivoli, si vous faites disparaître la carrosserie des véhicules, il y a moins de monde sur la chaussée que sur les trottoirs aux heures de pointe. La voiture n’est pas un modèle rationnel de transport. À 15 km/h, elle est moins rapide que le métro ou qu’un vélo. Surtout, en termes de capacité de transport, une voie pour voiture a moins de capacité qu’une voie pour vélo ou de bus.
Le projet de piétonisation des voies sur berge pourrait-il être remis en cause, notamment sous un nouveau gouvernement ?
On regardera cartes sur table quels sont les flux de circulation. Pour cela, un comité de suivi, composé de la mairie de Paris et de la préfecture de police, se réunit régulièrement. La Ville de Paris a ses propres mesures, grâce à ses capteurs, pour suivre l’évolution de la situation et observer la circulation sur les itinéraires de report, c’est-à-dire les quais hauts, le boulevard Saint-Germain et le périphérique. Mais la mairie ne compte pas revenir en arrière. Dans les textes, la maire de Paris a la compétence de prendre cette décision, après avis conforme de la préfecture de Police, qui aurait un droit de veto si elle émettait un avis défavorable.
Quel que soit le résultat des prochaines échéances électorales, je ne vois pas comment un nouveau gouvernement pourrait recentraliser ce qui a déjà été décentralisé. Paris est une ville particulière : l’État n’est jamais loin, mais sur les questions de choix à opérer, c’est nous qui allons devenir compétents en vertu de la future loi sur le statut de Paris, qui doit être votée en février. Je n’imagine pas qu’un nouveau pouvoir revienne sur cette question.
Propos recueillis par Dominique Pialot et Mounia Van de Casteele
LES ECHOS – 03/02/2017
Les Champions de la Croissance 2017 en Île-de-France
En septembre dernier, les Echos et Statista lançaient une grande enquête visant à répertorier les entreprises dont le chiffre d’affaires avait le plus progressé sur la période 2012-2015. Alors que le palmarès vient d’être dévoilé dans les pages des Echos Week-End et via notre dossier dédié, gros plan sur les régions qui abritent ces nouveaux Champions de la Croissance.
L’Île-de-France abrite 215 Champions de la Croissance, dont le tout premier du classement : Theano Advisors. Cabinet de conseil en stratégie auprès de grands groupes industriels (aéronautique, défense, transports, constructeurs automobiles), de services (banque, assurance, immobilier) et d’organismes publics a bénéficié d’un chiffre d’affaires en 2015 frôlant les 15 millions d’euros, et compte déjà aujourd’hui une quarantaine de professionnels répartis dans des bureaux en France et en Allemagne.
Autre Champion en Île-de-France, la société Drone Volt – spécialisée dans la conception et la commercialisation de drones civils à usage professionnel -, un secteur en pleine croissance et qui a permis à la société de connaître un taux de croissance annuel moyen de 2358,646% entre 2012 et 2015. Le classement témoigne de la diversification des secteurs dans la région, puisque les cinq premières entreprises appartiennent aussi bien au conseil, à l’industrie, qu’au commerce de détail et aux télécommunications. La tendance est toutefois au développement des sociétés dans les services informatiques, avec à la quatrième place Kameleoon, une plateforme offrant des solutions d’optimisation de la conversion pour les commerces électroniques.
En savoir plus : http://www.lesechos.fr/infographie/TABLO_Champions/TAB_27/Tab27-Ile-de-france.html
LES ECHOS – 03/02/2017
JO : dernière ligne droite pour Paris 2024
Le CIO annoncera le nom de la ville organisatrice des Jeux Olympiques de 2024 le 13 septembre prochain.
Paris 2024 remet ce vendredi le dernier volet de son dossier de candidature.
Il met notamment en avant des Jeux « compacts » et accessibles.
Budapest, Los Angeles et Paris : les trois villes encore candidates à l’organisation des Jeux Olympiques et Jeux Paralympiques d’été de 2024 entrent ce vendredi dans la dernière ligne droite de la minutieuse procédure du Comité international olympique (CIO), avec pour date d’arrivée le 13 septembre prochain, celle du choix fatidique du CIO à Lima, capitale du Pérou.
Le comité de candidature de chacune des trois villes doit en effet remettre à l’institution Olympique, sise à Lausanne, le troisième et dernier livret de leur dossier, élément déterminant dans le choix que feront les membres votants du CIO (87 des 95).
Sur le plan formel, cette troisième partie des dossiers de candidature porte sur les conditions de livraison des Jeux, l’expérience proposée et leur héritage, et fait la synthèse des deux premières.
De fait, la candidature parisienne, portée par la structure Paris 2024, coprésidée par le triple champion olympique de canoë Tony Estanguet et l’ancien président de la Fédération internationale de rugby Bernard Lapasset, met l’accent sur un dispositif compact avec, notamment, 85 % des athlètes logés à moins de 30 minutes de leur lieu de compétition. Autre ligne directrice : le développement durable avec, entre autres, une possibilité de transport en commun pour l’ensemble des spectateurs se rendant sur les sites.
Billets à partir de 15 euros
S’agissant de l’organisation, ce livret III précise les garanties du comité d’organisation en matière de capacités hôtelières à disposition mais aussi des tarifs pratiqués. Pour ce qui concerne les capacités, Paris 2024 frappe fort puisque s’engageant sur un total de 57.000 chambres, alors que le CIO en demande 40.000. A ce stade, le nombre de visiteurs étrangers n’est en revanche pas à préciser, indique-t-on chez Paris 2024. Ce même livret III détaille un autre aspect crucial des JO : la billetterie. Dans ce domaine, Paris 2024 a été prudent en se basant sur un taux de remplissage des enceintes de 85 % (75 % pour les Jeux Paralympiques), alors qu’il a dépassé les 95 % pour les JO de Londres de 2012, la référence la plus pertinente. Par ailleurs, Paris 2024 joue la carte de l’accessibilité avec la moitié des billets à un prix inférieur à 50 euros et un prix de départ de 15 euros (10 euros pour les Jeux Paralympiques).
Ce sujet billetterie est capital puisqu’il verrouille le financement du comité d’organisation des Jeux. Concrètement, la vente de billets doit lui apporter 1 milliard d’euros de recettes dans le cadre du projet parisien sur un budget de 3,6 milliards, le CIO apportant une dotation de 1,7 milliard, le solde étant couvert par les opérations de marketing domestiques.
En parallèle, le budget d’investissement pour les territoires, qui englobe notamment le village Olympique et le centre aquatique, est chiffré à 3 milliards avec un financement à parité public-privé.
Enfin, la période qui s’ouvre à compter de ce vendredi sera cruciale. Les comités de candidature ont désormais la possibilité de faire la promotion de leur projet. Ainsi, Paris 2024 tiendra dès ce vendredi, en fin d’après-midi, une conférence de presse, visant les médias internationaux. Dans la foulée, sera dévoilée sa « signature » internationale, cette fois-ci en anglais. Une autre illustration des leçons tirées de l’échec cuisant pour les Jeux de 2012.
Christophe Palierse
::: ECONOMIE
LE FIGARO – 03/02/2017
Comment le fisc et la Sécu vont taxer les revenus de l’économie collaborative
Les plateformes comme AirBnB ou Leboncoin devront alerter les utilisateurs sur leurs obligations fiscales et sociales.
Louer son appartement, partager sa voiture… Les revenus tirés de toutes ces activités facilitées par les plateformes numériques sont potentiellement soumis à l’impôt et aux cotisations sociales. Le ministère des Finances a précisé à quelles conditions en septembre. Côté cotisations, de nouvelles dispositions ont été votées à l’automne. Mais il est difficile de s’y retrouver. Le ministère des Finances a donc mis en ligne jeudi des fiches pratiques. Les plateformes numériques vont devoir rediriger leurs usagers vers ces documents, précise un décret à paraître vendredi. Elles devront aussi leur fournir un récapitulatif annuel de leurs revenus – certaines le font déjà – afin d’aider les particuliers à remplir leur déclaration annuelle de revenus.
Le fisc et la Sécu scindent en deux groupes les revenus des adeptes de BlaBlaCar, eBay ou Airbnb. Ce qui relève du partage de frais (covoiturage…) n’est tout d’abord ni imposable ni soumis aux cotisations sociales. Et rien d’autre: tout le reste, comme la location de sa voiture, de son appartement ou de sa tondeuse, intéresse le fisc et les Urssaf. Le régime d’imposition dépend ensuite des niveaux de recettes générées. À 305 euros ou moins par an, le principe est l’exonération mais l’obligation de déclaration demeure. À moins de 32.900 euros (plafond 2016), le particulier peut opter pour le régime simplifié «micro-BIC», avec lequel les recettes sont imposées à l’impôt sur le revenu mais après un abattement pour frais de 50 %. Au-delà, le droit commun des professionnels s’applique (déclaration spécifique, facturation de la TVA, etc.).
En matière de Sécurité sociale, si l’activité est jugée «professionnelle» – ce qui dépend des activités -, il faut s’enregistrer sur le site guichet-entreprise.fr. Avec un chiffre d’affaires inférieur à 33.100 euros (plafond 2017), il est conseillé de s’inscrire en tant que microentrepreneur (ex-autoentrepreneur). Au-delà, le droit commun des professionnels s’applique également.
Offrir, contre rémunération, une place dans sa voiture lors d’un trajet n’est en principe ni imposé ni soumis aux cotisations. Mais encore faut-il respecter quelques règles. Le déplacement doit d’abord être effectué pour son propre compte, sans gonfler la facture pour réaliser un profit. Le voyage doit être facturé en fonction du coût réel (selon le barème de l’administration, auquel on ajoute les éventuels péages). Enfin, le coût du trajet doit être divisé par le nombre de voyageurs, conducteur compris. Si l’un de ces critères n’est pas rempli, alors le conducteur doit payer charges sociales et impôts en fonction de ses revenus.
Que ce soit pour une nuit ou trois semaines, la location de son logement est soumise à l’impôt sur le revenu. Il faut donc reporter ses recettes dans sa déclaration de revenus. Côté cotisations sociales, c’est plus compliqué sauf pour les chambres d’hôtes, qui bénéficient d’une approche particulière. Si les recettes sont inférieures à 23.000 euros par an, alors elles sont assimilées à des revenus du patrimoine, sans cotisation sociale à la clé mais avec 15,5 % de prélèvements sociaux. Au-delà de 23.000 euros, il s’agit de revenus professionnels. Il faut alors suivre les règles générales évoquées plus haut.
Sécurité sociale et fisc considèrent différemment les revenus générés par la location d’un bien. La première ne prélève rien sur les revenus inférieurs à 7846 euros (barème 2017), qui relèvent de «la gestion du patrimoine privé». L’administration fiscale applique en revanche les grands principes en fonction du montant des recettes générées.
En matière de vente de biens, sur eBay ou Leboncoin par exemple, les règles appliquées par la Sécu et le fisc sont les mêmes: si les objets ont été achetés en vue d’être revendus, l’activité est considérée comme professionnelle et doit donc être déclarée. Sinon, ils sont exonérés d’impôts et de cotisations sociales.
::: ENTREPRISES
LA TRIBUNE – 03/02/2017
Industrie du futur : la France joue l’union sacrée
La prochaine édition de la Hannover Messe, le plus grand salon industriel du monde, se déroulera du 24 au 28 avril dans la capitale du Land de Basse-Saxe.
Le thème de cette année : l’industrie intégrée.
Lors de la prochaine édition de la Hannover Messe, le plus grand salon industriel au monde, qui se déroulera en avril, les entreprises françaises seront toutes réunies sous la bannière tricolore.
En dépit des succès de certaines filières, notamment aéronautiques et spatiales, on dit l’industrie tricolore en souffrance.
Depuis le début des années 80, plus de deux millions d’emplois dans le secteur manufacturier ont été détruits. La part de l’industrie dans la valeur ajoutée est passée de 20% à 12,3%, contre 23% en Allemagne. La balance commerciale est en déficit depuis 2003.
Des millions de contacts à la clé
Le développement des nouvelles technologies peut-elle rebattre les cartes ? Beaucoup y croient dans le camp des industriels français. Comme en janvier, où les start-up de la French tech avaient débarqué en force lors du CES de Las Vegas, les entreprises françaises ont bien l’intention d’attirer les regards lors de la prochaine édition de la Hannover Messe, le plus grand salon industriel du monde, qui se déroulera du 24 au 28 avril dans la capitale du Land de Basse-Saxe.
” Lors de la précédente édition, en 2016, plus de 200.000 personnes ont arpenté les travées du salon. Plus de six millions de contacts d’affaires ont été réalisés par les exposants. Ces statistiques devraient évoluer à la hausse cette année. Plus d’une centaine de pays seront présents “, avance Marc Siemering, le directeur de la Hannover Messe dont le thème principal est cette année l’industrie intégrée. ” La transition numérique ne crée pas seulement de nouvelles valeurs en améliorant les installations et les machines. Elle s’empare aussi de nouveaux champs d’activités et accroît la productivité “, poursuit Marc Siemering.
Un point d’entrée unique, le pavillon France
Jusqu’ici disséminées dans les 24 halls du salon, la centaine d’industriels français qui feront le déplacement seront pour la plupart réunis sous les couleurs du Pavillon France organisé par Business France. Ce n’est pas une première – le pavillon existait dansles secteurs Energy et sous-traitance – mais il semble que le mouvement de concentration s’amorce. En effet, pour la seconde année consécutive fois, le secteur “Digital factory” rassemblera le savoir-faire français dans ce domaine.
En effet, la réputation des entreprises françaises à jouer leur carte seule sur les salons et foires internationales n’est plus à faire. Une pratique qui se différencie de celle de l’Allemagne et de l’Italie qui, par ailleurs, affichent des capacités à l’export bien plus imposantes que celles de la France. Ainsi, la France compte environ 125.000 entreprises exportatrices, quand nos partenaires et concurrents en affichent respectivement le double et le triple.
” Lors de ce salon, elles pourront témoigner de leur capacité à apporter des solutions innovantes et ce, à tous les stades du processus industriel “, explique Philippe Richert, l’ancien ministre chargé des collectivités territoriales du gouvernement Fillon aujourd’hui à la tête de la présidence du conseil régional du Grand Est, qui enverra à Hanovre une délégation d’entreprises régionales, réunies sous le pavillon France.
Concrètement, elles peuvent donc s’emparer de niches, de secteurs aujourd’hui en plein développement. Reconstruire des filières jadis d’excellence serait donc illusoire. La France ne pourra plus briller et concurrencer l’Allemagne dans le secteur de la machine-outil par exemple, ou la Chine et l’Inde dans le textile.
LA TRIBUNE – 03/02/2017
Hôtellerie : la stratégie des professionnels face à leurs concurrents numériques
“On n’a jamais été opposé à la modernité. Tout ce que l’on demande c’est de l’équité et de la transparence”, insiste Roland Héguy, président de l’Umih.
En cette année focalisée sur l’agenda politique, les professionnels du tourisme en profitent pour dévoiler leurs priorités pour leur secteur aujourd’hui en difficulté. Une situation qui s’explique en partie par le poids des plateformes numériques comme Airbnb, dont les hôteliers attendent une concurrence loyale et de la transparence.
Pays le plus visité au monde avec 84,5 millions de touristes, la France voit paradoxalement ses hôtels, cafés et restaurants dans le rouge. Pour la deuxième année consécutive, leur chiffre d’affaires est en baisse. Le cabinet MKG Hospitality estime leur manque à gagner à 650 millions d’euros pour l’hôtellerie, voire 900 millions d’euros en comptant la restauration en 2016.
En pleine année électorale, les professionnels du secteur, représentés par l’Union des métiers et des industries hôtelières (Umih) et le Groupement national des chaînes hôtelières (GNC) en tête, ont livré mardi leurs priorités aux candidats à la présidentielle, mais aussi aux législatives et sénatoriales.
“L’hébergement hybride aura un impact durable sur les taux d’occupation“
Outre des demandes d’allègements et de rationalisation réglementaire et fiscale, ainsi qu’un plan gouvernemental de 100 millions d’euros destiné à la “promotion de la destination France” -pour redorer l’image du pays après la série d’attentats et les agressions de touristes asiatiques-, les professionnels font face à un défi au long court : la bataille face aux plateformes numériques.
Dans une étude publiée en septembre dernier, le cabinet KPMG a estimé que l’année 2017 sera très difficile pour le secteur, surtout à cause du poids de ces concurrents désormais bien installés. “L’hébergement hybride aura un impact durable sur les taux d’occupation”, a commenté Stéphane Botz, responsable du pôle hôtellerie de KPMG France, dans les colonnes des Echos. Le cabinet parlait même de risques de faillites importants.
Une concurrence loyale garantie
Les hôteliers sont conscients du poids d’Airbnb et consort, dont l’activité en France pèse désormais 2 milliards d’euros, soit 15% du chiffre d’affaires de l’activité d’hébergement des hôtels. Les professionnels pointent l’“opacité” de leurs pratiques. “On n’a jamais été opposé à la modernité. Tout ce que l’on demande c’est de l’équité et de la transparence”, insiste Roland Héguy, président de l’Umih.
Une équité et une transparence pourtant consacrées dans la loi. Transmission automatique des données, blocage au-delà de 120 jours, taxe de séjour… la France a bâti un cadre réglementaire pour réguler l’activité des plateformes. En l’attente de la publication de l’ensemble des décrets d’application, les professionnels se disent néanmoins satisfaits des textes votés. “Il n’est pas utile d’en rajouter, l’essentiel est là. Ce que nous avons obtenu en France est supérieur à ce que nos confrères ont obtenu ailleurs dans le monde”, souligne Jacques Barré, président du GNC. “On demande simplement que la loi soit respectée et que la concurrence loyale soit garantie.”
S’inspirer de l’offre des plateformes numériques
Une fois à armes égales, l’enjeu pour les hôteliers est de proposer une offre capable de concurrencer les plateformes à long terme. Outre l’hébergement, la location d’un appartement sur Airbnb ou Abritel comprend parfois des services de conciergerie, voire même des prestations de restauration, autrement dit des services traditionnellement proposés par l’hôtellerie.
En réponse, les professionnels à leur tour empiètent sur les plates bandes des plateformes numériques. “Ce sont des aiguillons pour les hôteliers pour adapter leur offre”, explique Jacques Barré. S’appuyant sur la philosophie du partage et de la collaboration, certains commencent à proposer de nouveaux services : comme des guides touristiques interactifs, ou de la restauration collaborative.
Se réapproprier leur présence sur le web
Enfin, les hôteliers veulent reprendre en main leur présence sur internet. D’abord leur e-réputation, en luttant contre les faux avis distillés sur des sites comme Booking.com et TripAdvisor. Ce dernier n’a d’ailleurs toujours pas adopté la norme Afnor, alors que 200 sites d’avis en ligne s’y sont pliés.
En outre, les professionnels comptent engager une réflexion au niveau européen sur la question de la propriété intellectuelle. Ils s’estiment floués par les agences de voyage en ligne qui se sont constituées des murs de mots-clés et captent l’essentiel des recherches de nuitées d’hôtels sur les moteurs de recherche.
LE PARISIEN – 03/02/2017
EDF : nouvelles coupures dans les effectifs
Face aux difficultés financières, EDF devrait annoncer vouloir amplifier et prolonger son plan de réduction d’effectifs pour arriver à 62 050 salariés en 2019 contre 67 200 à la fin 2015
Au mois d’avril, Jean-Bernard Lévy, le pdg d’EDF avait assuré que le plan d’économies dans l’entreprise d’un milliard d’euros jusqu’en 2019 ne serait pas accompagné de nouvelles suppressions d’emplois. En quelques mois, la situation a changé. Ce jeudi, lors du comité central d’entreprise, EDF devrait annoncer une amplification et une prolongation de son plan de réduction d’effectifs annoncé l’an dernier.
Après avoir recruté pendant plusieurs années, l’électricien avait annoncé en janvier 2016, une baisse de ses effectifs de 5%, «sans aucun licenciement» sur trois ans (2016-2018), soit environ 3 500 postes en moins.
Désormais, EDF prévoit la suppression de 5 200 à 7 000 postes en quatre ans avec pour objectif de porter ses effectifs entre 60 200 et 62 050 salariés contre 67 200 à la fin 2015. Au total, cette baisse des effectifs sera de 7,7% à 10,4% en quatre ans. Un effort qui intervient alors que l’Etat, son actionnaire à près de 85%, va renflouer à hauteur de trois milliards d’euros le groupe qui est endetté à hauteur de 37,5 milliards d’euros.
Si un accord visant à «anticiper l’évolution de l’emploi» dans l’entreprise sur la période 2016-2019 a été signé en novembre avec des dispositifs de fin de carrière, de mobilité interne,…, ces réductions d’effectifs inquiètent les syndicats. Selon eux, les salariés des fonctions support (achats, juridique, RH, commercial, logistique…) sont les plus touchés. En outre, l’intersyndicale CGT, SUD, CFE-CGC, CFDT, FO et CFTC alerte aussi sur les baisses d’effectifs qui «menacent la recherche.»
Pour les syndicats, tailler dans les effectifs est un choix «facile» et une vision à court terme. Cela pourrait pénaliser dans l’avenir EDF dans ses futures échéances avec la construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point en Angleterre, la maintenance du parc des centrales nucléaires vieillissantes,… En outre, les syndicats veulent savoir si ces suppressions de postes incluent ou non la fermeture anticipée de la centrale nucléaire de Fessenheim.
La CGT a annoncé qu’elle allait demander lors du CCE à EDF de revoir sa copie.
Pour en savoir plus : http://www.leparisien.fr/economie/emploi/edf-nouvelles-coupures-dans-les-effectifs-02-02-2017-6647985.php
LE FIGARO – 03/02/2017
Areva franchit une étape de sa restructuration
Le groupe nucléaire tient vendredi une assemblée générale. Une double augmentation de capital doit être entérinée, de même que l’arrivée d’investisseurs japonais.
Le redressement d’Areva est un long parcours qui passe par une série d’étapes significatives. L’assemblée générale du groupe nucléaire, vendredi à La Défense (Hauts-de-Seine), en est une. À l’ordre du jour, une double augmentation de capital, l’une de 2 milliards d’euros pour NewCo – le nom actuel du nouvel Areva, recentré autour du cycle du combustible (mines, enrichissement, retraitement) -, l’autre de 3 milliards d’euros pour Areva SA, chargée en particulier de l’exécution d’Olkiluoto 3 – le chantier du réacteur de nouvelle génération EPR en Finlande. Quant à la partie Areva NP – la branche réacteurs et services d’Areva -, elle doit rejoindre EDF, dans le cadre d’une recomposition de la filière nucléaire française approuvée par les pouvoirs publics.
Si elle est entérinée, cette double augmentation de capital ne sera pas toutefois immédiatement sur les rails. En effet, la Commission européenne a assorti le restructuration du nucléaire français de deux conditions: d’une part, l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) doit déclarer conforme la cuve de l’EPR de Flamanville 3 (Manche) qui fait actuellement l’objet de tests de résistance. Par ailleurs, le rapprochement entre EDF et Areva NP doit recevoir l’aval de Bruxelles et justifier ainsi qu’il ne présente aucun problème de concurrence. Il est difficile de connaître le calendrier de ces deux conditions mais selon les observateurs du secteur, ces dossiers devraient être tranchés au cours du premier semestre 2017. En attendant que NewCo et Areva SA puissent disposer de cet apport d’argent frais, l’État s’engagera à hauteur d’un prêt relais.
Le volet des cessions est presque achevé
Dans le cadre de l’augmentation de capital de NewCO, une enveloppe de 500 millions d’euros devrait être apportée par de nouveaux investisseurs. Ceux-ci sont japonais, avec respectivement Mistsubishi – un partenaire de longue date d’Areva – et JNFL, présent sur l’aval du cycle nucléaire. Au départ, il était également question que des investisseurs chinois puissent également s’engager, en l’occurrence l’électricien CNNC, mais les discussions ont finalement capoté. Dans l’entourage d’Areva, on note simplement que la porte n’est pas définitivement fermée.
En marge de cette double augmentation de capital, le groupe nucléaire poursuit d’autres chantiers de sa restructuration. Parmi ceux-là, le volet des cessions est presque achevé. Areva travaille également sur un plan de performance qui doit lui permettre d’économiser un milliard d’euros sur la période 2015-2018: à la date d’aujourd’hui, ce programme est déjà couvert à hauteur de 75%.
::: POLITIQUE
LE JDD – 03/02/2017
Les écolos sont pour un “projet commun” avec Hamon voire… un candidat commun
INFO JDD – Les discussions entre Benoît Hamon, Yannick Jadot et David Cormand ont visiblement porté leurs fruits. Après ces premiers contacts, le gouvernement du parti EELV a adopté ce jeudi un texte appelant à “construire un projet commun” et envisageant, au détour d’une phrase, un candidat commun.
Il manquait quelque chose d’officiel. Les rencontres de Benoît Hamon avec le candidat d’EELV Yannick Jadot, puis avec le patron du parti écolo David Cormand, montraient déjà une dynamique. Ce jeudi, le gouvernement du parti (le bureau exécutif – BE – dans le langage d’EELV) a acté ce rapprochement. Avec la victoire de Hamon, la situation a changé. “Une nouvelle espérance peut naître qui débouche sur une victoire”, affirme le texte du BE, signé par Yannick Jadot et David Cormand, que nous avons pu consulter et qui vient d’être transmis aux adhérents pour initier le débat.
“Il faut qu’Hamon s’autonomise de l’aile droite de son parti”
Le but? “Construire un projet commun”. Rien de moins. “Nous devons ouvrir le dialogue avec Benoit Hamon, Jean-Luc Mélenchon et tous ceux qui se retrouvent dans cet esprit de recherche de convergences, pour construire un projet commun. Personne ne serait à la hauteur de l’enjeu si chacun continuait à faire campagne dans son sillon, sans tenter de construire la convergence capable de faire gagner l’écologie”, poursuit ce texte. EELV envisage même déjà un nouveau vote : “Si jamais les choix que nous avons faits venaient à être modifiés, l’ensemble des adhérentes et des adhérents seront amenés à se prononcer.” “On est ouvert à l’idée d’un vaste rassemblement mais on n’est pas non plus naïfs, on a déjà donné avec les promesses de François Hollande. Il faut qu’Hamon s’autonomise de l’aile droite de son parti”, déclare Alain Coulombel, chargé du projet chez les écolos.
Une démarche qui répond aussi aux souhaits du PCF. “Nous appelons toutes les forces de la gauche au dialogue pour construire le rassemblement” afin de déboucher sur “un pacte de majorité de gauche”, défendait mardi Pierre Laurent, le secrétaire national du parti.
Un candidat commun?
Le texte des écologistes va encore plus loin. “Il y a urgence à dépasser les egos et les appareils politiques pour privilégier le projet de société et la dynamique collective. Sans préalable sur qui serait notre candidat commun.” Sans préalable, certes, mais cette phrase est clairement une façon d’indiquer qu’un candidat commun est une perspective. Un candidat commun ? “Nous ne sommes pas fermés à cette idée-là si les conditions sont réunies. Mais il faut qu’elles le soient et pour qu’elles le soient, il ne faudrait pas que Hamon cherche trop à courir après les amis de Valls”, explique un pilier du parti. “On verra, rien n’est fermé”, affirme Alain Coulombel. “Ce texte a pour vocation de lancer le débat en interne et d’informer sur ce qu’il se passe. Pas de retirer Yannick, pas de signer un accord avec un parti tierce, et n’augure rien de la suite des discussions sur la présidentielle”, estime pour sa part Sandra Regol, la porte-parole du parti.
Pour ce faire, les écologistes veulent clarifier la situation sur trois points : la transition énergétique, une sixième république et la refondation de l’Europe. A priori, rien d’insurmontable. “On veut avoir une approche globale, présidentielle et législatives”, indique le directeur de campagne de Benoît Hamon, Mathieu Hanotin. “Oui, il y a l’idée d’avoir une plateforme de législatives et une plateforme de gouvernement”, abonde David Cormand. “Contrairement à 2012, on est dans une situation radicalement différente. Là, nous sommes plutôt dans un dialogue sur le fond puisque Benoît Hamon a développé un projet écologiste”, ajoute-t-il.
L’OPINION – 03/02/2017
Macron: on demande le programme !
Fréquemment attaqué sur l’absence de mesures concrètes à présenter, le candidat progressiste contourne les codes de la présidentielle, et proposera un « contrat avec la nation »
Emmanuel Macron, en pleine ascension dans les sondages, réunit ses supporters samedi à Lyon, pour un grand meeting de mobilisation autour de sa candidature. Mercredi, pendant deux heures sur France Inter et pendant son interview à TF1, le fondateur d’En Marche ! s’est efforcé de démontrer qu’il a bien un projet, dont le détail et le chiffrage seront dévoilés fin février.
Emmanuel Macron va se livrer à une nouvelle démonstration de force, samedi à Lyon, huit semaines après le meeting de la porte de Versailles, à Paris. Quelque 15 000 personnes se sont inscrites pour venir écouter le fondateur d’En Marche !, au Palais des Sports. Le candidat a demandé à ses soutiens de faire le déplacement. De nouveaux visages plus ou moins connus, plus ou moins surprenants apparaîtront dans les premiers rangs, venus de la société civile et de tous les bords politiques, quand Benoît Hamon, dimanche matin à la Mutualité, ne devrait être entouré que de militants socialistes et associatifs. Alors que les deux anciens ministres de François Hollande se disputent l’image de la modernité, rien n’est laissé au hasard. « Il le veut comme un meeting de lancement de campagne », affirme un proche.
Le candidat progressiste arrivera sur les bords du Rhône porté par une vague de sondages flatteurs. Pour la première fois, les courbes de François Fillon et d’Emmanuel Macron se sont croisées mercredi, dans un sondage Elabe pour Les Echos. Le candidat LR, plombé par le Penelopegate, ne se qualifie plus pour le second tour (il est à 19 ou 20 % selon que François Bayrou est candidat ou non). L’ancien ministre de l’Economie en profite pour le doubler (22-23 %), et se retrouve en finale face à Marine Le Pen (26-27).
Le candidat ne considère pas avoir changé de statut pour autant dans la course présidentielle. « Ce n’est pas un statut (de favori), c’est un mouvement qui est en cours », a-t-il commenté jeudi au Salon des entrepreneurs. « Tout le monde voit bien que cela a un côté conjoncturel, il monte parce que Fillon baisse », relativise l’un de ses conseillers.
Ticket d’entrée. Le Rolling Ifop-Paris Match, lancé mercredi, confirme la dynamique. « C’est une percée inédite, note Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. On n’avait jamais vu cela dans l’histoire de la Ve République : inconnu il y a deux ans et demi, jamais élu, il arrive à tutoyer le second tour de la présidentielle ! Ni Jean-Pierre Chevènement en 2002, ni François Bayrou en 2007, n’y était parvenu ». Le politologue souligne que « l’émiettement de la gauche » et la « fragilisation des partis de gouvernement » font baisser le ticket d’entrée pour le second tour, qui se situe désormais un peu au-dessus de 20 %.
Candidat attrape-tout, Emmanuel Macron trouve un tiers de ses intentions de vote chez les anciens électeurs de François Hollande, 30 % chez ceux de François Bayrou, 15 % chez ceux de Nicolas Sarkozy. Mais la structure de son électorat potentiel reste fragile : « 42 % seulement des personnes qui choisissent Macron aujourd’hui sont sûres de leur vote », souligne le politologue. Une incertitude due, selon lui, à « un positionnement jamais vu auparavant », qui fait fi du traditionnel clivage droite-gauche. « Il nous faut stabiliser notre électorat », convient-on dans l’entourage du candidat.
Ce n’est cependant pas la seule faiblesse d’Emmanuel Macron. Le candidat ne parvient pas à lever les doutes qui entourent sa candidature. Doutes sur le programme essentiellement. Samedi à Lyon, il prononcera une « déclaration de politique générale », explique son entourage. Mais toujours pas de feuille de route pour les cinq ans à venir. Mercredi soir sur TF1, Emmanuel Macron s’est agacé que la question du programme lui soit une nouvelle fois posée. « J’ai posé une vision, un cap, une cohérence, s’est-il défendu, un projet que j’égrène dans sa cohérence depuis le 10 décembre ».
« François Fillon a mis sur la table un programme qu’il change tous les jours, Benoît Hamon a fait un programme qu’il ne tient pas, qu’il va devoir modifier », a-t-il contre-attaqué. « Les programmes ne sont jamais appliqués », répète-t-on dans son entourage. « Ce n’est pas le fond du programme qui fait l’adhésion, c’est ce qu’on incarne », juge un parlementaire proche du candidat.
« A un moment, la question lui sera posée par l’opinion : where is the beef ? », prédit un très proche de Manuel Valls, faisant référence à l’interpellation de Walter Mondale à Gary Hart durant les primaires démocrates de 1984, alors que le sémillant sénateur américain ne faisait campagne que sur sa personnalité. « Il n’y aura pas un programme, du type les 110 propositions de Mitterrand ou les 60 engagements de Hollande », assure cependant un proche. Mais un « contrat avec la nation », synthèse de ses propositions budgétées, annoncé pour fin février.
Cercles concentriques. Au sein de son mouvement, Emmanuel Macron a établi un fonctionnement très centralisé, où tout remonte à lui et tout procède de lui. « Tout le monde a accès à lui, tout le monde a son portable », confie un membre du staff. « Est-ce que ça vole ? » est son interrogation fétiche, lorsqu’une mesure lui est proposée.
Le candidat, à moins de 80 jours du premier tour, n’a toujours pas de directeur de campagne. Très exigeant avec son entourage, il avale note sur note, délègue peu et dort quatre à cinq heures par nuit. « Il descend à un niveau de détail impressionnant », confie un membre de l’équipe. « Tu vas mourir », lui a lancé un jour un élu effaré.
Comme François Mitterrand, il fonctionne par cercles concentriques, qui ne se croisent pas. Comme François Hollande, sur les sujets qu’il ne connaît pas (la sécurité par exemple), il fait venir à lui les spécialistes, les écoute longuement, puis fait son miel. « Il est capable de rendre des arbitrages qui ne correspondent pas à son intention de départ », témoigne un marcheur. Emmanuel Macron ne se prive pas non plus de solliciter les conseils de certaines personnalités, comme l’ancien maire PS de Paris Bertrand Delanoë.
« Que tout repose sur lui, c’est une fragilité », s’inquiète un parlementaire de ses soutiens. « J’ai travaillé avec Jospin, il décidait de tout lui aussi », relativise un autre. « Avec cent hommes déterminés, on peut prendre le pouvoir », aurait lancé un jour François Mitterrand à Pierre Mauroy. Emmanuel Macron a manifestement la même conviction.
LE FIGARO – 03/02/2017
Fillon continue, la droite s’inquiète
VIDÉO – Décidé à se battre, l’ancien premier ministre n’est toujours pas parvenu à dissiper les doutes sur sa capacité à mener la campagne présidentielle.
Tous les regards se sont tournés jeudi soir vers Penelope Fillon. La discrète, l’amoureuse des jardins et des chevaux s’est retrouvée héroïne malgré elle de l’émission Envoyé spécial de France 2. L’émission a récupéré les rushes de l’interview qu’elle avait accordée le 18 mai 2007 au quotidien britannique Daily Telegraph, et dans laquelle elle déclarait: «Je n’ai jamais été l’assistante de mon mari et je ne me suis pas non plus occupée de sa communication.»
Un nouveau coup dur pour François Fillon, qui a été accueilli jeudi aux cris de «Fillon démission!» lors d’un déplacement à Charleville-Mézières (Ardennes). Décidé à aller «jusqu’au bout» de sa campagne présidentielle, l’ancien premier ministre avait choisi ses mots: «Ces attaques contre un candidat investi et légitimé non seulement par les siens mais par des millions de Français sont d’une violence inouïe.»
Animé par «une colère froide face à toute cette meute qui se complaît dans cette entreprise de démolition», Fillon a dénoncé «ces attaques (qui) ne sortent pas de nulle part, (qui) ont été soigneusement préparées, mijotées dans les arrière-cuisines des officines qu’on découvrira un jour». Et le député de Paris d’insister: «Je ne suis pas dupe: ce n’est pas la justice que l’on cherche, mais à me casser. Et, au-delà de ma seule personne, à casser la droite, à lui voler son vote.»
Des remontées catastrophiques
Fillon a eu beau demander mardi matin aux troupes parlementaires de «tenir quinze jours», beaucoup pensent en réalité que «ça ne peut plus durer». Après avoir affirmé mardi que le résultat de la primaire était «caduc», malgré ses 4,4 millions de participants, le député du Rhône, Georges Fenech, a poursuivi l’offensive en proposant mercredi à ses collègues de signer un appel demandant la convocation d’un «conseil national extraordinaire des Républicains»pour que le parti «reprenne son destin en main».
Tout en affirmant son attachement à la «présomption d’innocence», ce magistrat de formation estime que «les derniers événements judiciaires remettent en cause la légitimité du candidat issu des élections primaires pour porter le projet». Sa conclusion vaut condamnation de la candidature Fillon: «Le redressement de la France (…) ne pourra être mis en œuvre que dans la clarté, la transparence et l’exemplarité». Les députés, sonnés, n’ont pas dû se précipiter pour signer ce texte puisque, jeudi, Fenech leur a donné «un délai de réflexion supplémentaire jusqu’au 6 février à 15 heures». «C’est malin de sa part, commente un élu qui souhaite rester anonyme. D’ici à lundi, il y aura eu l’émission d’Élise Lucet, de nouveaux sondages vraisemblablement catastrophiques, et on se sera fait insulter sur les marchés. Ça ne peut que booster les signatures!»
Gérard Larcher, qui préside le comité politique de LR, a proposé mercredi soir que cette instance se réunisse désormais toutes les semaines et non plus tous les quinze jours. Le président du Sénat a estimé que «le candidat doit être présent le plus souvent possible», ce qui correspond aux souhaits des élus. La réunion de mardi prochain sera d’autant plus suivie que, selon les parlementaires, «les remontées des territoires (sur cette affaire) sont catastrophiques».
Après celle de Philippe Gosselin en faveur d’une candidature de recours d’Alain Juppé, une autre offensive a été lancée par l’ex-sarkozyste Sébastien Huyghe, qui a tweeté jeudi: «Il est urgent de convoquer le bureau politique des Républicains, dont la dernière réunion remonte au 29 novembre 2016.» Mais François Fillon a opposé une fin de non-recevoir à la réunion du bureau politique, trop sarkozyste à ses yeux.
Incontestablement, la tension grandit de jour en jour et les langues se délient. Évoquant les salaires alloués à l’épouse et à deux des enfants de Fillon, un poids lourd de LR lance: «Les montants perçus sont choquants, mais ce n’est pas éliminatoire. Ce qui est éliminatoire, c’est le mensonge!»
L’eurodéputé Renaud Muselier ne fait pas dans la nuance: «Le problème, c’est qu’aujourd’hui le crédit de François Fillon est complètement annihilé, a-t-il relevé sur France Bleue Provence. Il n’a plus la capacité de défendre son projet, il n’a plus la capacité de défendre notre famille politique. Il est obligé de se défendre toute la journée, lui.» Muselier ne voit pas comment le candidat peut se remettre des dégâts politiques de l’affaire: «Tout cela est condamnable sur le plan moral, même si ce n’est pas forcément illégal.» Les électeurs de droite sont aussi en plein doute, si l’on en croit un sondage Kantar Sofres, diffusé jeudi, dans lequel François Fillon perd quatre points, à 27 % de bonnes opinions. Il arrive loin derrière le trio de tête formé d’Emmanuel Macron (38 %), Benoît Hamon (33 %) et Jean-Luc Mélenchon (33 %).
Sophie Huet et Judith Waintraub
::: INTERNATIONAL
LE MONDE – 03/02/2017
Sommet de l’UE à Malte : migrations et Trump au menu
Les dirigeants européens vont tenter d’afficher leur unité, vendredi à Malte, pour faire face au défi migratoire, mais aussi de fixer un cap à l’Union, ébranlée par le Brexit et l’arrivée de l’administration Trump.
Malte, qui assure la présidence semestrielle tournante de l’UE, a tiré le signal d’alarme : le printemps pourrait être synonyme de nouvelle crise migratoire. Dix mois après la quasi-fermeture de la route passant par la mer Egée, un nombre record de traversées a été enregistré via la Méditerranée centrale : plus de 181 000 tentatives en 2016, dont 90 % depuis la Libye. La priorité est de soutenir et de former les gardes-côtes libyens, qui opèrent dans leurs eaux territoriales, où ne peuvent entrer les opérations de sauvetage et de surveillance chapeautées par l’UE. L’Union se fixerait également pour objectif d’améliorer la situation économique des communautés locales en Libye et d’assurer de bonnes conditions d’accueil aux migrants stoppés. L’idée de voir s’ouvrir des camps depuis lesquels les migrants pourraient directement déposer leur demande d’asile en Libye se heurte au problème de l’instabilité politique et sécuritaire du pays. Les Etats voisins d’Afrique du Nord seront également sollicités par l’UE.
Au déjeuner, les 28 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE s’entretiendront des défis engendrés par la nouvelle donne géopolitique, en particulier des débuts tonitruants de Donald Trump. Face au protectionnisme prôné outre-Atlantique, quel rôle doit endosser l’UE dans l’ordre mondial ? Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a vivement pris à partie Washington en début de semaine, qualifiant d’« inquiétantes » les premières décisions prises et la nouvelle administration qui remet en cause, à ses yeux, sept décennies de politique étrangère américaine. L’ombre de M. Trump devrait aussi planer sur la deuxième partie du sommet qui se déroulera sans le Royaume-Uni, de facto écarté depuis le vote en faveur du Brexit, pour une discussion sur l’avenir de l’UE.
Jeanne Cavelier
LE MONDE – 03/02/2017
Le gouvernement britannique a rendu public son Livre blanc sur le Brexit
Le document fixe les plans du Royaume-Uni en vue de la négociation à venir avec ses partenaires européens sur la sortie de l’Union européenne.
Le Royaume-Uni, fort de sa santé économique et de sa solide démocratie, se trouve en position de force pour négocier un « nouveau partenariat positif et constructif » avec l’Union européenne, affirme le Livre blanc sur le Brexit, publié jeudi 2 février par le gouvernement britannique. Révélé au lendemain d’un vote massif du Parlement, autorisant Theresa May à déclencher la procédure de divorce, le document de 75 pages reprend les principaux points développés le 17 janvier par la première ministre, lorsqu’elle avait annoncé à ses « frères d’Europe » sa décision de rompre avec le marché unique européen, tout en réclamant un statut douanier favorable.
« Parce que nous sommes un grand pays mondial avec tant à offrir à l’Europe et tant à offrir au monde », a écrit Mme May dans l’avant-propos du document, où elle se prévaut de l’unité nationale, elle s’attend à ce que la négociation avec les Vingt-Sept, qui devrait s’ouvrir en mars, soit « un succès ».
Annoncé comme « stratégique », le Livre blanc dresse en réalité un catalogue des ambitieux objectifs de Londres sans préciser la méthode retenue pour les atteindre. D’ailleurs, pour « garantir le meilleur résultat », le gouvernement « gardera scrupuleusement pour lui [ses] positions et devra parfois être prudent dans ses commentaires publics », prévient le document, qui promet une « sortie en douceur au bénéfice de tous ».
La question du statut des expatriés
En matière économique, il est de nouveau question de parvenir à « un accord de libre-échange ambitieux et global » avec l’Union européenne, afin d’établir les relations commerciales « les plus libres et les plus fluides possible en matière de biens et de services ». Le déficit commercial du Royaume-Uni avec l’Union est, comme de coutume, présenté comme un avantage pour les Britanniques.
Selon cette rhétorique, l’Europe aurait davantage à perdre de l’établissement de barrières douanières que Londres. Une autre vision consiste à mettre en regard le fait que 46 % des exportations du Royaume-Uni sont destinées à l’Europe tandis que le Royaume-Uni ne représente que 5 % du commerce extérieur des Vingt-Sept.
Le Livre blanc décrit la City de Londres comme « la seule plate-forme [financière] mondiale dont continuera de dépendre l’UE ». L’Union aurait donc intérêt à rechercher « des arrangements en vue d’une coopération mutuelle ». Sur la question sensible du futur statut des expatriés, le document s’en tient à la position connue depuis des semaines : Londres souhaite stabiliser « à la première occasion » le droit au séjour et au travail des Européens. Mais le gouvernement britannique, faisant mine d’oublier qu’il est en position de demandeur et que les Vingt-Sept souhaitent négocier collectivement ce dossier, assure que « cela n’a pas été possible » jusqu’à présent faute d’une garantie de réciprocité pour ses ressortissants.
Presque rien à propos du coût de la procédure
Affirmant que les droits sociaux liés à l’UE seront préservés pour les travailleurs britanniques, Downing Street affirme même que le Royaume-Uni est plus généreux que l’Europe en matière de congés, au prix d’une erreur cocasse dans un croquis du Livre blanc, selon lequel les salariés britanniques bénéficient de quatorze semaines de congés payés par an (au lieu de 5,6 en réalité). Le document affirme, enfin, que les étudiants européens continueront de pouvoir venir étudier au Royaume-Uni, mais il reste muet sur l’accès des travailleurs.
Tandis que le ministre du Brexit, David Davis, affirme que « le meilleur est à venir » pour le Royaume-Uni, les travaillistes prétendent que le Livre blanc « ne dit rien ». Ils protestent contre sa publication tardive, au lendemain du vote donnant carte blanche à Theresa May pour engager le Brexit. Centré sur l’avenir des relations économiques et commerciales avec le continent, obsession logique des autorités britanniques, le document est en revanche presque muet sur le coût de cette procédure de divorce, premier point crucial de la négociation qui va s’ouvrir.
La somme dont doit s’acquitter Londres pour solder les nombreux comptes et chantiers en cours, y compris la retraite de ses fonctionnaires européens, est estimée entre 40 milliards et 60 milliards d’euros. « Il se peut que nous souhaitions participer à des programmes européens, indique le document. Dans ce cas, il serait raisonnable que nous contribuions de façon appropriée ». Mais « une fois que nous aurons quitté l’UE, ajoute le Livre blanc à l’adresse des électeurs et contribuables britanniques, nous ne serons plus contraints de contribuer largement au budget de l’UE ».
LES ECHOS – 03/02/2017
La lune de miel entre Trump et les grands patrons est déjà terminée
L’interdiction d’entrée aux Etats-Unis prononcée à l’égard des citoyens de sept pays de confession musulmane
a provoqué la consternation des grands patrons américains, pour des raisons économiques autant que morales
(de gauche à droite : Jeff Bezos (Amazon), Larry Page (Alphabet Inc.) Sheryl Sandberg (Facebook), le vice-président Mike Pence)
Une quinzaine de PDG sont reçus à la Maison-Blanche ce vendredi. L’idée de restreindre les visas des salariés très diplômés sème la discorde.
L’interdiction d’entrée aux Etats-Unis prononcée à l’égard des citoyens de sept pays de confession musulmane (Iran, Irak, Yémen, etc.) a provoqué la consternation des grands patrons américains, pour des raisons économiques autant que morales. L’éventualité de voir Donald Trump bientôt restreindre les visas proposés aux meilleurs ingénieurs de la planète a consommé la rupture , dans ce qui s’apparente cette fois-ci à une vraie menace pour les grands champions nationaux (Facebook, Goldman Sachs, Microsoft, etc.).
Car si le premier décret risque de frapper quelques dizaines de salariés par entreprise, tout au plus, le deuxième peut potentiellement casser le « moteur même de l’économie » , s’alarme Blake Irving, patron de GoDaddy (gestion de noms de domaines sur Internet).
Les grands patrons fustigent Trump ouvertement
Le patronat avait jusqu’alors accordé le bénéfice du doute au nouveau président. Il s’était même enthousiasmé pour sa promesse de restreindre la réglementation et les impôts. Les derniers jours ont sonné la fin de la lune de miel : de Tesla à Starbucks, en passant par Google et JP Morgan, les grands patrons du pays sont désormais nombreux à fustiger ouvertement la politique de Donald Trump, bien qu’avec une certaine prudence publique. Il y a encore deux semaines, le patron d’Amazon, Jeff Bezos, promettait de créer 100.000 emplois aux Etats-Unis, en laissant le nouveau président s’octroyer le mérite du projet. Mais l’heure n’est plus aux faux-semblants : depuis le début de la semaine, le même Jeff Bezos travaille avec parlementaires et avocats pour faire barrage aux plans migratoires de la Maison-Blanche.
Forum stratégique
Le sujet devrait aussi dominer le « forum stratégique » qui rassemblera, ce vendredi, le président et une quinzaine des plus grands PDG du pays (IBM, JP Morgan, Walmart, BlackRock, etc.). À l’ordre du jour officiel figurent la régulation, la fiscalité, la place des femmes en entreprise et le commerce. Mais la question de l’immigration risque d’occulter toutes les autres, tant les conséquences potentielles sont graves. Dans des groupes tels qu’Amazon, Twitter et Uber, les développeurs informatique sont pour plus de 70 % étrangers, témoigne Vivek Ravisankar, qui travaille pour le cabinet de recrutement HackerRank.
Protéger les fameux visas H1B
Le projet de décret préparé par la Maison-Blanche vise clairement ces salariés : il appelle à protéger « les emplois, les salaires et le bien-être des travailleurs américains » en réduisant notamment les fameux visas H1B , utilisés à Wall Street et dans la Silicon Valley pour recruter des étrangers qualifiés. Ces visas tirent les salaires à la baisse, estime Donald Trump, et sont utilisés de manière abusive par certaines entreprises pour ne pas avoir à recruter d’Américains. Un lot de 85.000 visas H1B est accordé chaque année, un nombre jugé déjà très insuffisant par le patronat.
La Maison-Blanche menace de le réduire encore davantage. De nouvelles règles doivent être fixées dans les trois mois qui viennent, indique-t-elle dans le projet de décret. Les chefs d’entreprise vont tout faire pour l’en dissuader d’ici là.
LES ECHOS – 03/02/2017
Décrets anti-immigration de Trump : la tech remontée, l’industrie inquiète
Très exposés à l’international, les grands conglomérats industriels américains s’inquiètent de la nouvelle politique d’immigration
Nombre d’entreprises ont réagi aux mesures contre l’immigration, dont les effets sont de nature très diverse d’un secteur à l’autre.
La tech à la pointe de la contestation
Les géants de la tech n’ont jamais porté le candidat Trump dans leur coeur. Amazon, Apple, Google ou encore Microsoft se retrouvent en toute logique à la pointe de la contestation contre le locataire de la Maison-Blanche. Ils ne digèrent pas le décret du 27 janvier, qui risque de les priver des talents dont ils ont besoin. Mais le pire est peut-être à venir pour eux, avec le projet de réforme des visas des travailleurs étrangers, leur vivier en développeurs et ingénieurs informatiques. Une lettre ouverte à Donald Trump serait en préparation pour rappeler les bienfaits de l’immigration sur l’économie américaine. Jeff Bezos, le PDG d’Amazon, étudie les moyens juridiques de faire annuler la mesure. Les groupes télécoms, qui ont tout à gagner des projets de dérégulation de Trump, restent muets pour l’instant.
Des géants de l’industrie inquiets
Très exposés à l’international, les grands conglomérats industriels américains s’inquiètent de la nouvelle politique d’immigration. Leader emblématique du domaine, General Electric génère plus de la moitié de ses revenus hors des Etats-Unis. « Il est important que les Etats-Unis conservent de bonnes relations avec nos clients potentiels dans le monde, a souligné jeudi le patron du groupe, Jeff Immelt, dans un entretien à Bloomberg. A la fin des fins, si nous voulons créer plus d’emplois, il ne faut pas que nous nous mettions à dos le reste du monde. » Si UTC, Dow Chemical ou Lockheed Martin affirment comprendre la volonté du président de favoriser le made in America, les restrictions de la Maison-Blanche en matière d’immigration suscitent une levée de boucliers. Coca-Cola a proclamé son soutien aux idéaux de diversité et d’équité tandis que le patron de Nike a écrit à ses employés en indiquant que le groupe s’opposerait « à toute forme de discrimination ». « Nike croit dans un monde où chacun célèbre la puissance de la diversité », a expliqué Mark Parker. « Ces valeurs, ajoute-t-il, sont menacées par le décret présidentiel interdisant les réfugiés autant que les visiteurs de sept pays à majorité musulmane. »
Une industrie automobile devenue prudente
Alors que Trump menace d’instaurer une taxe de 35 % sur les véhicules importés du Mexique, les industriels ont quasiment tous annoncé des plans d’investissement et d’embauche sur le territoire américain, la palme revenant à Ford, qui a annulé un projet d’usine au Mexique. Mais tous restent inquiets. Fruit d’un flux international de composants et pièces détachées, la chaîne de valeur automobile s’accommode mal du protectionnisme. Le secteur a néanmoins choisi ses combats. Seul Ford a manifesté son inquiétude face au décret anti-réfugiés : « Nous ne soutenons et ne soutiendrons aucune politique allant à l’encontre de nos valeurs », a réagi Mark Fields, le patron de Ford. Reste un terrain plus consensuel : les réglementations environnementales, que Trump veut assouplir. Une demande unanime des industriels.
Les banques en retrait
Même si Goldman Sachs, Citi et JP Morgan se sont exprimés en début de semaine, les banques ne se sont pas précipitées pour condamner le décret anti-réfugiés de Trump, dont l’impact est sur elles assez limité. Depuis la victoire de Trump, l’industrie financière est sur un petit nuage. Grandes gagnantes de la nouvelle administration, les maisons de Wall Street devraient bénéficier à plein de la vague de dérégulation promise par le nouveau président. Jusqu’à récemment, elles saluaient même « l’optimisme croissant » de leurs clients, observé dans leurs réseaux d’agences, selon le PDG de Bank of America. Très exposé au Mexique, où il compte investir 1 milliard de dollars, Citi est en revanche sur la réserve. John Corbat, son PDG, a d’ailleurs été l’un des plus critiques sur le décret anti-réfugiés.
Maxime Amiot, Romain Gueugneau, Emmanuel Grasland et Elsa Conesa
Vous souhaitant une bonne journée et un agréable week-end.
Cordialement,
Elena NATALITCH
Service Presse, Communication / Formation
251, bd Pereire – 75852 PARIS Cedex 17
Tél. : 01 40 55 12 43
Fax : 01 40 55 12 40