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RUGBY : le RCME en PRO-D2 !!!

2017-03-17T21:39:45+01:00Mots-clés : , |

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RUGBY : MASSY-LIMOGES – SAM 25/03 16.00

2017-03-18T11:33:45+01:00Mots-clés : , |

Nous avons des places gratuites pour la main courante

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BADMINTON : Coupe de la Ligue des Entreprises 2017 !

2017-03-17T16:37:03+01:00Mots-clés : , |

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La conjoncture économique pour les entreprises : prévisions XERFI

2017-03-17T15:13:00+01:00Mots-clés : , , |

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Revue de presse du MEDEF IDF du 15 Mars 2017

2017-03-16T10:21:37+01:00Mots-clés : , , |

 

::: ILE-DE-FRANCE

LE FIGARO – 15/03/2017

Voies sur berges: Pécresse tend la main à Hidalgo

INFOGRAPHIE – La prĂ©sidente de la rĂ©gion ĂŽle-de-France propose un retour Ă  la carte, selon les saisons, d’une file de voiture le long de la Seine.

MĂŞme s’il a pris ce mardi des allures bien policĂ©es, le combat autour de la fermeture des berges rive droite aux voitures Ă  Paris continue bel et bien. Ainsi, en dĂ©but de matinĂ©e, lors d’une confĂ©rence de presse, la prĂ©sidente (LR) de la rĂ©gion ĂŽle-de-France a dit vouloir «sortir de cette crispation» autour de ce projet controversĂ© et imposĂ© avec «brutalité». Alors qu’elle s’oppose depuis le dĂ©but Ă  cette piĂ©tonnisation en vigueur depuis septembre et qu’elle a pris la tĂŞte de la contestation menĂ©e par de nombreux Ă©lus, ValĂ©rie PĂ©cresse a annoncĂ© un soutien financier pour accompagner cet amĂ©nagement. Elle propose une enveloppe de 50 millions d’euros pour financer douze mesures qui iront dans le sens d’une baisse du trafic automobile comme le souhaite la maire de Paris, Anne Hidalgo. Parmi ces rĂ©alisations, la crĂ©ation de trois parkings aux portes de la capitale, le dĂ©veloppement d’une navette fluviale sur la Seine, ou encore la mise en place d’un bus Ă©lectrique traversant la capitale d’est en ouest et passant par les quais hauts.

Mais, en tendant la main Ă  son adversaire politique, ValĂ©rie PĂ©cresse corrige au passage la copie de cette dernière en voulant un retour Ă  gĂ©omĂ©trie variable de la voiture sur ce tronçon de 3,3 km. Au lieu de n’avoir que des piĂ©tons et des vĂ©los en contrebas le long de la Seine, elle propose le retour d’une voie rĂ©servĂ©e au trafic routier. En hauteur sur le quai haut et selon deux scĂ©narios possibles, elle suggère la mise en place d’une ligne rĂ©servĂ©e Ă  un bus Ă©lectrique. Celle-ci cohabiterait avec des voitures qui, sur deux ou trois voies, rouleraient soit Ă  30 km/h soit Ă  50 km/h. L’ensemble de ce projet reposerait, par ailleurs, sur le principe de «flexibilité». La place de l’automobile serait rĂ©ajustĂ©e en fonction des besoins diffĂ©rents selon les jours de la semaine ou encore les saisons. Sans remettre en cause la piĂ©tonnisation, ValĂ©rie PĂ©cresse souhaite «y aller progressivement».

Or le maintien du trafic routier le long de la Seine est pour l’instant, selon elle, une nĂ©cessitĂ©. Selon son comitĂ© d’Ă©valuation de la fermeture des voies sur berges, que prĂ©side Pierre Carli, Paris est toujours autant congestionnĂ©. «Les embouteillages se sont aggravĂ©s depuis la piĂ©tonnisation de cette voie et ne vont pas, assure-t-il, vers une diminution promise par Christophe Najdovski, l’adjoint aux transports Ă  la mairie de Paris.» En Ă©voquant le «principe d’Ă©vaporation du trafic», celui-ci avait assurĂ© que les usagers allaient, de guerre lasse, finir par dĂ©laisser le volant. Or, pour Pierre Carli, il n’en est rien. Les itinĂ©raires de report sont toujours autant saturĂ©s, avec en prime une hausse de la pollution sonore sur le quai haut.

Mais les consĂ©quences sur la qualitĂ© de l’air demeurant toujours incertaines, le responsable du comitĂ© a demandĂ© un rallongement de trois mois de la pĂ©riode de test, qui doit s’achever mi-avril prochain. Au terme de cette pĂ©riode, le prĂ©fet de police de Paris pourrait si nĂ©cessaire adresser des recommandations Ă  la Ville de Paris.

Face aux critiques de ValĂ©rie PĂ©cresse, Christophe Najdovski a rĂ©pliquĂ©, mardi après-midi sur le mĂŞme ton. Avec courtoisie. Tout en se rĂ©jouissant du «revirement salutaire» de cette dernière autour de ce projet, il a favorablement accueilli ces douze mesures, dont certaines vont dans le sens de celles dĂ©jĂ  Ă©mises par Anne Hidalgo. Mais l’idĂ©e d’un retour de la voiture sur les berges a Ă©tĂ© balayĂ©e. «Inenvisageable», a dĂ©clarĂ© l’Ă©lu Vert de Paris.

Angélique Négroni

 

 

LES ECHOS – 15/03/2017

Voies sur berges : Pécresse et Hidalgo font un pas l’une vers l’autre

 

Valérie Pécresse dénonce depuis des mois la « rapidité et la brutalité » d’une mesure créatrice, à ses yeux, d’embouteillages à Paris et en banlieue.

La présidente de la région Ile-de-France ne remet pas fondamentalement en cause la piétonisation des voies sur berge mais demande des aménagements au moins temporaires pour que des voitures puissent y circuler à vitesse réduite. Les mesures d’accompagnement qu’elle propose intéressent le Mairie de Paris.

Proposer des solutions. C’est la ligne dĂ©fendue ce mardi matin par ValĂ©rie PĂ©cresse dans la polĂ©mique qui l’oppose Ă  la maire de Paris, Anne Hidalgo, depuis l’annonce de fermeture d’une partie de la voie sur berge rive droite Ă  la circulation automobile. Pour la prĂ©sidente LR du Conseil rĂ©gional d’Ile-de-France, la fameuse « Ă©vaporation du trafic » annoncĂ©e lors de la fermeture de cet axe tarde Ă  se produire.

La circulation se reporte sur les itinĂ©raires alternatifs avec, Ă  la clef, un allongement des temps de parcours, une augmentation importante du bruit. L’impact sur la qualitĂ© de l’air est plus dĂ©licat Ă  mesurer, selon le professeur Pierre Carli, mĂ©decin chef du Samu et prĂ©sident du comitĂ© rĂ©gional d’Ă©valuation de la fermeture des voies sur berge parisiennes. « Il faut ĂŞtre extrĂŞmement prudent, les phĂ©nomènes climatiques modifient beaucoup la rĂ©alitĂ© de la mesure », prĂ©vient-il. Un nouveau modèle mathĂ©matique, permettant de s’affranchir de l’effet mĂ©tĂ©o devrait ĂŞtre prĂŞt fin mars et il a obtenu de ValĂ©rie PĂ©cresse de prolonger l’Ă©tude pendant trois mois, demande d’autant plus volontiers acceptĂ©e que les phĂ©nomènes de pollution de l’air sont particulièrement actifs au printemps.

Développer la circulation douce

Sans attendre, la rĂ©gion a demandĂ© Ă  l’Institut d’amĂ©nagement et d’urbanisme (IAU) de travailler sur des scĂ©narios alternatifs. « Nous voulons rĂ©concilier trois idĂ©es, rĂ©sume Chantal Jouanno, vice-prĂ©sidente de la rĂ©gion chargĂ© de l’Ă©cologie, moins de pollution de l’air et par le bruit, conserver la mobilitĂ© et faire davantage de place Ă  la circulation douce, c’est-Ă -dire les piĂ©tons, le vĂ©lo et le transport en commun ». Surtout, l’ex-secrĂ©taire d’Etat Ă  l’Ecologie de Nicolas Sarkozy insiste sur la « flexibilitĂ© » des propositions qui pourraient s’appliquer diffĂ©remment « selon les saisons, les jours et les heures de la journĂ©e ou les type de vĂ©hicule ».

Retour des voitures sous conditions

Concrètement, la rĂ©gion est prĂŞte Ă  mettre 50 millions d’euros sur la table pour rĂ©gler le problème. Sa proposition la plus spectaculaire est de rĂ©tablir la circulation, Ă  30 km/h sur le quai bas en utilisant la chaussĂ©e conservĂ©e Ă  la demande des autoritĂ©s pour des motifs de sĂ©curitĂ©. Le quai haut accueillerait une voie rĂ©servĂ©e Ă  un bus Ă  haut niveau de service, l’actuelle ligne 73 – allongĂ©e – du pont de Saint-Cloud Ă  la gare de Lyon. Ces bus deviendraient Ă©lectriques au rythme des l’Ă©quipement des dĂ©pĂ´ts qui ne disposent pas actuellement de la puissance nĂ©cessaire pour les recharger. Le site propre de ce bus serait contigu Ă  trois voies accessibles aux voitures roulant Ă  30 km/h.

Enfin, tant le quai bas que le quai haut laisseraient de l’espace partagĂ© entre piĂ©tons et vĂ©los – dans les deux sens – pour le premier et dans un sens pour le second. La voie routière « basse » serait reliĂ©e Ă  celle du quai haut par des bretelles. Une variante, qui semble ĂŞtre davantage lĂ  pour la forme, serait d’utiliser la voie basse comme axe de transit Ă  50km/h, mais sans sortie intermĂ©diaire possible.

Développer les transports en commun

Outre la modernisation et l’allongement de la ligne de bus 72, Ă©valuĂ© Ă  30 millions d’euros financĂ© par l’Etat et la rĂ©gion, le STIF payant les vĂ©hicules, la rĂ©gion souhaite convaincre la mairie de Paris de l’aider Ă  trouver des terrains et de cofonancer trois parkings cumulant 1.000 places aux portes d’Auteuil, Maillot et de Bercy pour inciter les banlieusards Ă  prendre le bus. Parallèlement elle est prĂŞte Ă  renforcer, pour 1 million d’euros, l’offre sur la ligne 1 du mĂ©tro, qui suit le mĂŞme itinĂ©raire et Ă  dĂ©velopper le transport fluvial de passagers sur la Seine au-delĂ  de ce que permet dĂ©jĂ  son rĂ©cent accord avec la compagnie privĂ©e Batobus.

Enfin, ValĂ©rie PĂ©cresse rappelle son attachement aux parkings de dissuasion dans les gares de banlieue. Elle propose aussi d’aider, financièrement, la mairie de Paris Ă  Ă©quiper de feux intelligents six carrefours concernant les itinĂ©raires alternatifs de la voie sur berge. Des aides pour l’isolation phonique des façades des immeubles soumis au bruit des embouteillages des voies sur berge, et l’application de revĂŞtements de chaussĂ©e plus silencieux figurent aussi au catalogue de ces propositions remises au prĂ©fet de police, Ă  la MĂ©tropole du Grand Paris et Ă  la Mairie de Paris.

Revirement spectaculaire

Cette dernière a rĂ©agi ce mardi après-midi en saluant « la volontĂ© de la rĂ©gion d’accompagner la piĂ©tonnisation ». Christophe Najdovski, adjoint Ă  la maire de Paris, prend acte de ce « revirement salutaire » et veut y voir « une attitude dĂ©sormais constructive de l’exĂ©cutif rĂ©gional ». Cependant, poursuit-il, « des dĂ©saccords persistent (…). La rĂ©ouverture aux voitures d’une voie sur les quais bas (…) n’est pas envisageable ». Sur d’autres propositions, l’adjoint d’Anne Hidalgo ajoute : « Ce sont des propositions que nous ne manquerons pas d’Ă©tudier ».

Valérie Pécresse avait commencé ses annoncent en déclarant vouloir sortir des blocages entre Paris et la banlieue.

Dominique Malecot

 

 

BFM TV – 15/03/2017

Voies sur berge: Valérie Pécresse propose des mesures « pour sortir du blocage »

La prĂ©sidente de la rĂ©gion Ile-de-France a prĂ©sentĂ© ce mardi une sĂ©rie de mesures destinĂ©es Ă  « sortir du blocage » de la piĂ©tonisation des voies sur berge dont l’expĂ©rimentation arrive Ă  son terme Ă  la fin du mois. Pour ValĂ©rie PĂ©cresse, cette pĂ©riode n’a pas permis de rĂ©sorber la pollution ni de rĂ©duire le trafic, elle souhaite donc notamment le retour d’une voie circulable sur les quais bas qui pourrait n’ĂŞtre ouverte qu’une partie de l’annĂ©e.

Vidéo : http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/voies-sur-berge-valerie-pecresse-propose-des-mesures-pour-sortir-du-blocage-923703.html

 

 

LE MONDE – 15/03/2017

Voies sur berge : Valérie Pécresse prône une « circulation apaisée »

Reprochant à la Mairie de Paris de ne pas avoir prévu de mesures compensatoires pour la banlieue, la région Ile-de-France avance son plan.

Hasard du calendrier et de la météorologie, la région Ile-de-France a présenté ses « scénarios alternatifs de piétonisation douce » et « mesures compensatoires à la fermeture des voies sur berge », mardi 14 mars, jour d’un niveau pic de pollution qui a incité la Mairie de Paris à décréter le stationnement résidentiel gratuit. Devançant la fin de la période d’expérimentation des voies sur berge piétonnes prévue le 26 mars, la présidente de la région (LR), Valérie Pécresse, a exposé sa riposte au dispositif lancé par la maire Anne Hidalgo.

Accompagnée de Chantal Jouanno, vice-présidente chargée de l’écologie et du développement durable, et du professeur Pierre Carli, médecin chef du SAMU de Paris et président du Comité régional de suivi et d’évaluation des impacts de la piétonisation des voies sur berge à Paris, Mme Pécresse a dévoilé deux scénarios alternatifs « pour rendre la piétonisation plus douce ».

Selon les estimations du comité d’évaluation, qui regroupe notamment les représentants d’Airparif, de Bruitparif, du Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF), l’accroissement du temps de parcours aux heures de pointe, entre janvier 2016 et janvier 2017, était de 39 % le matin (+ 3 min) et de 73 % (+ 7,5 min) sur la partie haute entre la place de la Concorde et le port de l’Arsenal. La mesure de bruit sur les quais hauts aurait varié de + 60 % à + 125 % selon les points étudiés. Et les émissions de polluants auraient, elles, augmenté de 50 % pour les NOx comme pour les particules fines.

Partant de ce constat, le comité, mis en place par l’exécutif régional de droite à la veille de la fermeture à la circulation automobile de la voie express Georges-Pompidou, le 18 octobre 2016, propose la « création d’une voie de circulation apaisée » sur le quai bas, « en ouvrant la voie de sécurité, actuellement réservée aux secours, à la circulation de véhicules roulant à 30 km/h ». Des sorties permettraient la remontée vers les voies hautes. Une alternative consisterait à utiliser cette même voie, sur le quai bas, pour une circulation à 50 km/h, « afin d’assurer le transit entre la Concorde et l’Arsenal », sans dégagement vers la partie haute.

« Des variantes sont possibles, a expliqué Mme Pécresse au Monde. On peut envisager de n’ouvrir cette voie que l’hiver, qu’aux heures de pointe ou encore de la réserver aux véhicules les moins polluants : électriques, hybrides, vélos… »

Au total, une douzaine de « mesures compensatoires » sont avancées par la région, parmi lesquelles la création de « six carrefours intelligents » dans Paris, soit la « gestion en temps réel des feux de circulation en fonction de l’état du trafic ». La région préconise aussi « l’optimisation de la circulation des véhicules de services urbains », notamment en modifiant les horaires des services de propreté, et la « réorganisation des chantiers qui bloquent la circulation ». Mme Pécresse propose encore la création de mille places de parking aux portes de Paris (porte d’Auteuil, porte Maillot et porte de Bercy), une étude exploratoire sur la relance d’une navette fluviale, le renforcement de la ligne 1 de métro, ou la création d’un bus électrique « à haut niveau de service » (BHNS) , véhicule à forte fréquence et à grande capacité circulant sur une voie dédiée entre le parc de Saint-Cloud et la gare de Lyon.

« Main tendue »

Critiquant la façon dont la piétonisation des voies sur berge a été décidée par Anne Hidalgo, « sans concertation, sans aucune mesure compensatoire pour les habitants de banlieue », la présidente de région dit vouloir « apaiser le débat » avec ces solutions. « C’est une main tendue à 50 millions d’euros que mettrait la région, y compris dans la création des carrefours intelligents dans Paris », dit-elle.

Mme Pécresse soutient le professeur Pierre Carli, qui demande une prolongation de trois mois de la période d’expérimentation. « Il faut absolument que l’on dispose d’une année pleine pour évaluer les conséquences de cette piétonisation en toute saison, avec les pics de pollution fréquents en mai et juin, plaide Valérie Pécresse. Il faut aller jusqu’à l’été et à la mise en place de Paris Plages ».

Lors d’un point presse organisé sur les bords de Seine, mardi en fin de journée, Christophe Najdovski, adjoint (EELV) aux transports de la ville de Paris, a salué la volonté « désormais constructive » de l’exécutif régional d’« accompagner » le projet de piétonisation des voies sur berge auquel la maire de Paris, Anne Hidalgo n’entend pas renoncer. « La réouverture aux voitures d’une voie sur les quais bas n’est pas envisageable », a précisé l’élu parisien. Il s’est néanmoins réjoui des engagements pris par Mme Pécresse sur la création d’un BHNS sur les quais hauts, le développement du transport fluvial des personnes, celui de parkings relais et de covoiturage aux portes de Paris, ainsi que sur le co-financement de protections phoniques et de « carrefours intelligents » fluidifiant le trafic.

Patricia Jolly et Rémi Barroux

 

::: ECONOMIE

LE FIGARO – 15/03/2017

Assurance-chômage : les négociateurs font du surplace

Le patronat promet de préciser sa ligne sur les contrats courts lors de la prochaine séance, le 23 mars.

Unedic, acte 2! L’ambiance Ă©tait constructive, ce mardi, pour la deuxième sĂ©ance de renĂ©gociation de la convention d’assurance-chĂ´mage, une semaine après la reprise des discussions entre les partenaires sociaux. Si tous les protagonistes autour de la table veulent aboutir, l’exercice reste difficile pour parvenir Ă  un accord.

Le patronat a notamment prĂ©sentĂ© aux syndicats une version, retouchĂ©e Ă  la marge, de son projet de convention qui attĂ©nue lĂ©gèrement les efforts demandĂ©s aux plus de 50 ans. Il propose ainsi maintenant que l’entrĂ©e dans la filière sĂ©nior, ouvrant droit Ă  trois ans d’indemnisation, soit progressive de 50 Ă  59 ans. Il n’a en revanche fait aucune concession sur les contrats courts, point clĂ© de la nĂ©gociation pour un rĂ©gime qui accuse un dĂ©ficit annuel de 4 milliards d’euros et dont la dette dĂ©passe dĂ©jĂ  les 30 milliards.

Le dĂ©bat est sur ce point toujours le mĂŞme: les syndicats veulent taxer le recours trop frĂ©quent aux CDD de moins d’un mois, tandis que le patronat prĂ©fère laisser les secteurs qui en consomment le plus s’autorĂ©guler. Et ce, au motif que «taxer les contrats courts revient Ă  accroĂ®tre le chĂ´mage», a une nouvelle fois le matin mĂŞme rappelĂ© Pierre Gattaz, le prĂ©sident du Medef. «On va droit Ă  l’Ă©chec s’il n’y a pas, le 23 mars, une vraie proposition sur les contrats courts», prĂ©vient toutefois Michel Beaugas (FO). «Tant que le patronat ne dit pas ce qu’il est capable de mettre sur la table, on ne pourra pas avancer», abonde VĂ©ronique Descacq (CFDT). Les syndicats rĂ©clament notamment un cadre national d’encadrement du recours aux contrats courts et non de le dĂ©lĂ©guer aux branches oĂą d’Ă©ventuelles nĂ©gociations «renverraient aux calendes grecques», justifie Éric Courpotin (CFTC).

«On va faire mieux», promet Alexandre Saubot, le chef de file de la dĂ©lĂ©gation patronale. Tout en rappelant que les contrats courts ne reprĂ©sentent «que 2 % de la masse salariale, qu’ils ne sont pas dommageables pour l’assurance-chĂ´mage, ne correspondent pas Ă  une explosion de la prĂ©caritĂ© et restent très ciblĂ©s dans certains secteurs très limitĂ©s».

Refonte des modalités de calcul du salaire journalier

Alexandre Saubot, qui prĂ©side l’UIMM (mĂ©tallurgie), sait bien qu’il lui faudra bouger sur ce point s’il veut un accord et avancer sur d’autres dossiers. Comme sur la refonte des modalitĂ©s de calcul du salaire journalier de rĂ©fĂ©rence, point sur lequel les deux parties s’accordent, afin de supprimer des effets d’optimisation permettant Ă  certains chĂ´meurs, cumulant allocations et contrats courts, de gagner plus qu’un salariĂ© en CDI. Mais reste Ă  placer le curseur! Ce qui est loin d’ĂŞtre un dĂ©tail car les Ă©conomies varient, selon le scĂ©nario retenu, de 50 millions d’euros par an (proposition FO) Ă  1,2 milliard (Medef) en passant par 400 millions (CFDT).

Les partenaires sociaux n’ont plus que deux sĂ©ances (les 23 et 28 mars) pour tomber d’accord, selon le calendrier qu’ils se sont fixĂ©. Ils espèrent casser les vellĂ©itĂ©s des candidats Ă  la prĂ©sidentielle qui veulent les mettre au pas, Ă  commencer par Emmanuel Macron qui propose de mettre fin au paritarisme et de laisser l’État reprendre la main.

Marie-Cécile Renault

 

 

CAPITAL – 15/03/2017

La négociation Unedic suspendue aux contrats courts

PARIS (Reuters) – Les nĂ©gociations entre partenaires sociaux gestionnaires de l’assurance chĂ´mage restent suspendues Ă  des concessions patronales sur la question des contrats de travail de courte durĂ©e, qui bloque la possibilitĂ© d’avancer sur d’autres sujets.

Les organisations syndicales ont mis en demeure mardi le Medef de mettre sur la table une proposition pour enrayer le recours croissant Ă  ces contrats de moins d’un mois, pour la prochaine sĂ©ance plĂ©nière, le 23 mars.

« On a dit qu’on avait entendu le message et qu’on ferait mieux la prochaine fois », a dĂ©clarĂ© Ă  la presse le nĂ©gociateur de l’organisation patronale, Alexandre Saubot. « On est en train de faire le tour des branches et de regarder le sujet de près. »

Cette question a dĂ©jĂ  fait capoter les nĂ©gociations sur une nouvelle convention de l’Unedic en juin 2016.

AiguillonnĂ©s par la proximitĂ© de l’Ă©lection prĂ©sidentielle, syndicats et patronat se sont donnĂ© six semaines, le 15 fĂ©vrier, pour s’accorder sur une nouvelle convention leur permettant de garder la main sur la gestion de l’assurance chĂ´mage.

Il leur restera, après le 23 mars, un ultime rendez-vous pour boucler un accord avant la présidentielle.

La CFDT propose de moduler les cotisations selon la durée des contrats et Force ouvrière (FO) un système de bonus-malus.

Mais le Medef, la CPME (ex-CGPME) et l’U2P (ex-UPA) refusent jusqu’ici d’envisager une règle gĂ©nĂ©rale, surtout si elle prend la forme d’une augmentation de cotisation patronale, et veulent renvoyer la question Ă  des nĂ©gociations de branche.

Ces organisations patronales invoquent la grande diversitĂ© du phĂ©nomène des contrats de très courte durĂ©e et le fait qu’il ne touche, selon elles, qu’environ 2% de la masse salariale.

« L’analyse ne peut ĂŞtre autre chose que sectorielle », a maintenu mardi Alexandre Saubot. « La question Ă  laquelle on doit rĂ©pondre d’ici la prochaine sĂ©ance est celle des outils, voies et moyens » de corriger ce phĂ©nomène « quand s’est possible ».

Parmi les schĂ©mas envisagĂ©s du cĂ´tĂ© patronal, il a Ă©voquĂ© la mise en place de groupements d’employeurs dans les secteurs qui recourent massivement Ă  ces contrats pour des remplacements. Une forme de mutualisation donnant aux salariĂ©s concernĂ©s « plus de stabilité » grâce Ă  des contrats plus longs.

SCÉNARIOS

Les syndicats insistent pour leur part sur la nĂ©cessitĂ© d’un cadre national et interprofessionnel, mĂŞme s’il est susceptible d’ĂŞtre ensuite dĂ©clinĂ© au niveau des branches.

« Le 23, il nous faudra du concret. On ne se contentera pas d’un renvoi vers une nĂ©gociations de branche, alors que les branches sont en pleine restructuration », a ainsi dĂ©clarĂ© le nĂ©gociateur de la CFTC, Eric Courpotin.

Les organisations syndicales font en outre de la proposition du Medef sur les contrats courts un préalable pour avancer sur les autres sujets délicats en négociation. « Tout est lié à ça », a résumé la négociatrice de la CFDT, Véronique Descacq.

Il reste au demeurant des Ă©carts importants sur les autres sujets clefs, dont le Medef attend au moins un milliard d’euros de rĂ©duction du dĂ©ficit de l’Unedic.

Il s’agit notamment du calcul du salaire journalier de rĂ©fĂ©rence (SJR), base des indemnitĂ©s chĂ´mage, de l’âge d’entrĂ©e dans la filière senior (fixĂ© aujourd’hui Ă  50 ans) et du relèvement du plafond de l’assiette des cotisations.

L’impact des scĂ©narios proposĂ©s pour le calcul du SJR en matière de diminution des dĂ©penses d’allocations vont de 50 millions d’euros par an en rĂ©gime de croisière pour celui de FO Ă  400 millions pour celui de la CFDT et 1,2 milliard pour la proposition patronale, selon le chiffrage de l’Unedic.

Porter le plafond de l’assiette des cotisations Ă  huit fois celui de la SĂ©curitĂ© sociale au lieu de quatre, comme le propose FO, rapporterait 423 Ă  434 millions de recettes supplĂ©mentaires.

Quant aux rĂ©ductions de dĂ©penses d’indemnisation des seniors, elles vont de 150 millions d’euros dans le scĂ©nario proposĂ© par FO Ă  660 millions dans celui du Medef, en passant par 440 millions pour la CFDT et 330 millions pour la CFTC.

La prĂ©cĂ©dente session de nĂ©gociation, le 7 mars, s’Ă©tait dĂ©roulĂ©e dans un climat sensiblement plus optimiste.

« On a cru voir arriver le printemps mais on est encore en hiver », a souligné le négociateur de FO, Michel Beaugas.

Emmanuel Jarry

 

::: ENTREPRISES

LA TRIBUNE – 15/03/2017

Air France : une partie des hôtesses et stewards valide le nouvel accord collectif

 

Les adhĂ©rents de l’UNAC, l’un des trois syndicats reprĂ©sentatifs des PNC d’Air France ont votĂ© en faveur du nouvel accord collectif proposĂ© par la direction. Ce syndicat devrait signer cet accord ouvert Ă  signature aujourd’hui. Sans le vote de l’un des deux autres syndicats reprĂ©sentatifs, le texte ne sera pas validĂ©.

ConsultĂ©s par rĂ©fĂ©rendum, les hĂ´tesses et stewards de l’UNAC, l’un des trois syndicats reprĂ©sentatifs de cette catĂ©gorie de personnels Ă  Air France se sont prononcĂ©s favorablement pour l’accord collectif ouvert Ă  signature jusqu’au 15 mars par la direction. L’UNAC qui avait le seul Ă  nĂ©gocier cet accord après la dĂ©cision vers le 20 fĂ©vrier des deux autres syndicats, le SNPNC et l’UNSA, de quitter la table des nĂ©gociations, devrait donc signer le texte ce mercredi. Le SNPNC et l’UNSA, ne le signeront pas. Ils ont au contraire lancĂ© un prĂ©avis de grève du 18 au 20 mars.

La signature de l’UNAC ne sera pas suffisante pour valider l’accord si au moins un des deux syndicats rĂ©fractaires ne change son fusil d’Ă©paule. S’ils maintiennent leur opposition, la direction pourra mettre en place de manière unilatĂ©rale ses mesures qui seront moins-disantes par rapport Ă  celles prĂ©vues dans l’accord. Autre possibilitĂ©. Que l’UNAC, confortĂ©e par sa consultation interne, lance un rĂ©fĂ©rendum Ă  l’ensemble des PNC d’Air France.

Ce qu’il y a dans l’accord

Qu’y-a-t-il dans l’accord proposĂ© ? La direction a indiquĂ© que les congĂ©s annuels et compositions d’Ă©quipage resteraient les mĂŞmes, ainsi que le calcul de rĂ©munĂ©ration et les Ă©volutions de carrières (sauf pour les futurs embauchĂ©s dont l’Ă©volution serait ralentie pendant trois ans).

Les congĂ©s annuels et les compositions d’Ă©quipage ne bougent pas. Le calcul de la rĂ©munĂ©ration non plus. Ni mĂŞme les Ă©volutions de carrière, Ă  l’exception des nouvelles embauches pour que ces dernières ne soient pas avantagĂ©es (qu’elles ne rĂ©alisent pas leur carrière en 25 ans alors que les PNC dĂ©jĂ  en place la feront en 28 ans Ă  cause des mesures de blocage du plan Transform 2015). En revanche, il est prĂ©vu de raccourcir les temps de rotation de 48H Ă  24H sur plusieurs escales (aujourd’hui, les PNC restent plus longtemps en escale que les pilotes) et de modifier le dispositif de « rĂ©serve » des personnels.

Le texte inclut aussi des accords de principe sur certains points dont le dĂ©tail devra ĂŞtre nĂ©gociĂ© ultĂ©rieurement, comme la crĂ©ation d’un secteur moyen et long-courrier oĂą les PNC nouvellement embauchĂ©s volontaires, pourront Ă  la fois travailler sur les deux types de vol (aujourd’hui, ils sont soit sur l’un soit sur l’autre). Au total, le gain pour Air France est de 0,5% par an (sur 1 milliard de masse salariale PNC) sur 4 ans. L’Objectif est en fait de porter sur la nouvelle compagnie Ă  coĂ»ts rĂ©duits que projette Air France (projet Boost) les Ă©conomies du poste PNC. Si cette nouvelle compagnie est lancĂ©e, ses PNC seraient embauchĂ©s Ă  des conditions de travail et de rĂ©munĂ©ration infĂ©rieures de 35 Ă  40% Ă  celles d’Air France.

La direction a également ouvert à signature un projet (à durée indéterminée) précisant les garde-fous concernant le projet Boost (limitation à 28 avions, pas de transfert des PNC d »Air France vers cette nouvelle compagnie, mais des passerelles de Boost à Air France).

Fabrice Gliszczynski  

 

 

LE FIGARO – 15/03/2017

Nouvelle réunion entre les VTC et Uber pour relever les grilles tarifaires

Les principales associations de dĂ©fense des chauffeurs VTC se rĂ©unissent ce mercredi avec le gĂ©ant amĂ©ricain Uber. La discussion doit porter sur les tarifs pratiquĂ©s par l’application, jugĂ©s insuffisants par les chauffeurs.

Une nouvelle bataille se prĂ©pare dans la guerre qui oppose les chauffeurs VTC et Uber, la principale plateforme de rĂ©servation en ligne. Les grands syndicats des professionnels VTC rencontrent ce mercredi les reprĂ©sentants Uber, en prĂ©sence de Bernard Maurin, Ă©missaire du ministère des Transports. Vendredi dernier, une intersyndicale (CFDT, Capa-VTC, Actif-VTC, UDCF) a fait parvenir au gĂ©ant amĂ©ricain un courrier de revendications tarifaires et opĂ©rationnelles, pour amĂ©liorer la situation des chauffeurs, grandement dĂ©gradĂ©e par l’agressivitĂ© commerciale d’Uber dans le dĂ©veloppement de son rĂ©seau en France. Les dernières tentatives de nĂ©gociation avaient Ă©chouĂ©.

Pour l’intersyndicale, il faut relever l’ensemble des tarifs

Pour l’intersyndicale, chaque composant du prix de trajet doit ĂŞtre relevĂ©, pour permettre aux conducteurs de faire face Ă  leurs frais. Ainsi, la première demande concerne la commission que charge Uber, qui avait Ă©tĂ© relevĂ©e de 20 Ă  25%, et sur laquelle les reprĂ©sentants veulent revenir. Les syndicats demandent Ă©galement un relèvement du minimum de course, de la prise en charge, du prix au kilomètre et Ă  la minute. Ils souhaitent par ailleurs la mise en place d’un temps d’attente facturĂ©, lorsque le client tarde Ă  monter dans le vĂ©hicule.

Les dĂ©fenseurs des chauffeurs pointent Ă©galement du doigt l’offre de service Uberpool, qui profite largement Ă  la plateforme amĂ©ricaine mais pĂ©nalise les chauffeurs. Cette forme de prise en charge permet Ă  plusieurs clients de monter dans le mĂŞme vĂ©hicule et de partager le trajet, ce qui implique de nombreuses montĂ©es et descentes de passagers. Outre un manque Ă  gagner en termes de chiffre d’affaires, du fait des distances plus courtes, la situation est devenue intolĂ©rable pour les VTC: les clients sont de plus en plus nombreux Ă  menacer de poster des avis nĂ©gatifs sur les chauffeurs qui acceptent d’autres clients. Pour rĂ©soudre ce casse-tĂŞte, les syndicats demandent Ă  rĂ©server Uberpool Ă  la tranche de nuit (21h-5h). D’après eux, Uber devrait Ă©galement prendre en charge la TVA sur ces trajets, et mettre en place une commission supplĂ©mentaire et une tarification plus Ă©levĂ©e.

«Cette rĂ©union est celle de la concrĂ©tisation, après de grandes avancĂ©es de principe depuis dĂ©cembre», affirme Fabien Tosolini de la CFDT Transports, qui voit par ailleurs dans la prĂ©sence d’un reprĂ©sentant du gouvernement «un atout pour la sĂ©rĂ©nitĂ© des dĂ©bats», et espère qu’Uber prendra en compte les revendications «rĂ©alistes» de l’intersyndicale.

Les chauffeurs Uber, des salariés comme les autres?

En fĂ©vrier dernier, Uber avait admis les difficultĂ©s rencontrĂ©es par certains chauffeurs, et proposĂ© «un dispositif financier, technique et humain» pour rĂ©soudre les problèmes de rentabilitĂ©. Outre un soutien au chiffre d’affaires, l’entreprise veut former les chauffeurs Ă  «mieux gĂ©rer leur activité», et les aider Ă  rĂ©duire leurs coĂ»ts (vĂ©hicule, assurance, comptabilité…).

Cette volontĂ© d’assistance a ses limites, et Uber souhaite Ă  tout prix Ă©viter que la justice ne requalifie les chauffeurs en salariĂ©s de l’entreprise. Joint par le Figaro, Sayah Baaroun du syndicat UNSA transport voit dans cette dĂ©marche une prise en otage du marchĂ© VTC: «Uber n’est pas un dĂ©cideur mais une simple plateforme de mise en relation», qui n’a absolument pas Ă  imposer sa stratĂ©gie: «on ne peut accepter qu’Uber dĂ©cide des tarifs pour les chauffeurs. Leur Ă©conomie de pĂ©age est devenue une Ă©conomie de brigandage». Le syndicat fait cavalier seul et propose un minimum de rentabilitĂ© calculĂ© Ă  partir des coĂ»ts rĂ©els constatĂ©s par les chauffeurs VTC. Il appelle de plus Ă  une manifestation place de la RĂ©publique après la rĂ©union, rassemblant toutes les professions «ubĂ©risĂ©es»: chauffeurs mais aussi coursiers Ă  vĂ©lo, autres victimes rĂ©centes des plateformes d’intermĂ©diation.

Luc Antoine Lenoir

 

 

LE PARISIEN – 15/03/2017

Alerte aux coupures d’Ă©lectricitĂ© et de gaz pour impayĂ©s

 

Le 31 mars marquera la fin de la trĂŞve hivernale des expulsions locatives mais aussi la reprise des coupures d’Ă©lectricitĂ© ou de gaz pour impayĂ©s.

En 2016, 604 000 foyers ont subi des coupures pour impayés. Une hausse globale de 5 % et de 25 % rien que pour le gaz.

Le 31 mars sera, pour beaucoup, Ă  marquer d’une pierre noire. Le jour correspond Ă  la fin de la trĂŞve hivernale des expulsions locatives mais aussi Ă  la reprise des coupures d’Ă©lectricitĂ© ou de gaz pour impayĂ©s. Or, «après un hiver plus rigoureux que le prĂ©cĂ©dent, je m’attends Ă  une forte reprise des interruptions de fourniture», souligne Jean Gaubert, le MĂ©diateur national de l’Ă©nergie. InstaurĂ©e en 2013, cette trĂŞve hivernale Ă©vite aux usagers de se retrouver dans le noir ou sans chauffage entre le 1er novembre et le 31 mars. Durant ces cinq mois, les fournisseurs (EDF, Engie, Direct Energie…) n’ont le droit qu’Ă  des rĂ©ductions de puissance, sauf pour les trois millions de bĂ©nĂ©ficiaires des tarifs sociaux de l’Ă©nergie.

Des aides pour les foyers en difficulté

Dès le 1er avril, une vague de coupures pour impayĂ©s risque donc de dĂ©ferler. Car le nombre de familles qui peinent Ă  rĂ©gler leurs factures est considĂ©rable. L’an dernier, près de 604 000 coupures ont Ă©tĂ© mises en Ĺ“uvre Ă  la demande des fournisseurs. Soit plus de 2 850 par jour dans toute la France ! Globalement, le chiffre est en hausse de 5 % par rapport Ă  2015, et de 25 % rien que pour le gaz.

«Certains fournisseurs ont appliquĂ© une politique plus systĂ©matique de coupures, d’autres ont peut-ĂŞtre anticipĂ© le fait que, depuis le 17 aoĂ»t 2016, on ne peut plus rĂ©clamer plus de quatorze mois d’arriĂ©rĂ©s de paiement au lieu de deux ans», observe Jean Gaubert.

«Nous conseillons aux consommateurs en difficultĂ© de s’adresser Ă  leur fournisseur pour obtenir un Ă©chelonnement de leur dette ou de faire appel aux services sociaux pour les aider», dit-il.

Un service gratuit de règlement des litiges

En cas de contestation, les clients peuvent aussi faire appel au MĂ©diateur, qui a mis en ligne un service gratuit de règlement des litiges*. Au-delĂ , «je propose de contraindre les propriĂ©taires de logements mal isolĂ©s Ă  faire les travaux nĂ©cessaires sous peine d’ĂŞtre obligĂ©s de payer une partie de la facture», insiste le MĂ©diateur.

Autre revendication, «il faut revaloriser le montant du chèque Ă©nergie». S’adressant aux cinq Ă  six millions de foyers en situation de prĂ©caritĂ© Ă©nergĂ©tique — ceux qui consacrent plus de 10 % de leur budget aux dĂ©penses d’Ă©nergie dans leur logement —, ce dispositif, destinĂ© Ă  remplacer les actuels tarifs sociaux, doit ĂŞtre gĂ©nĂ©ralisĂ© au 1er janvier 2018. Il apportera aux mĂ©nages Ă  faibles revenus une aide moyenne de 150 € par an. Largement insuffisant pour le MĂ©diateur de l’Ă©nergie, qui souhaite que ce montant soit portĂ© Ă  250 € par an. Mais «je suis moins ambitieux que la Fondation AbbĂ© Pierre, note Jean Gaubert, qui veut, elle, tripler le montant du chèque Ă©nergie».

LE CHIFFRE : 10 %

C’est le pourcentage du budget consacrĂ© aux factures d’ Ă©lectricitĂ© et de gaz par les mĂ©nages en situation de prĂ©caritĂ© Ă©nergĂ©tique.

* Solution en ligne aux litiges d’Ă©nergie : www.sollen.fr.

 

Erwan Benezet et Marc Lomazzi

 

 

LE FIGARO – 15/03/2017

EDF fait le plein de soleil et de vent

Le groupe, qui met en service un parc éolien en Ardèche, accélère dans les énergies renouvelables.

Le virage d’EDF dans les Ă©nergies renouvelables est en train de s’accĂ©lĂ©rer. Mardi, une Ă©tape importante a Ă©tĂ© franchie avec la mise en service du parc Ă©olien de Montagne-ArdĂ©choise (Ardèche). Sa capacitĂ© installĂ©e –  66,5 mĂ©gawatts (MW) avec 26  turbines – en fait la plus puissante installation dans la rĂ©gion Auvergne-RhĂ´ne-Alpes. Elle produira pendant 25 ans l’Ă©quivalent de la consommation annuelle en Ă©lectricitĂ© de 72.000 habitants, soit plus de 20 % de la population ardĂ©choise, souligne-t-on chez EDF Énergies Nouvelles (EDF EN), la filiale du groupe pour les Ă©nergies vertes. L’investissement s’Ă©lève Ă  quelque 100 millions d’euros. Sur un trimestre, l’entreprise a raccordĂ© presque autant de mĂ©gawatts qu’en 2016 – avec deux nouveaux parcs dans l’HĂ©rault et les PyrĂ©nĂ©es-Orientales.

EDF EN se dĂ©veloppe aussi dans l’Ă©nergie solaire. Ă€ la fin de la semaine dernière, l’industriel a remportĂ© deux projets de centrales au sol – pour une capacitĂ© de 15 MW – dans le cadre de l’appel d’offres organisĂ© par la Commission de rĂ©gulation de l’Ă©nergie (CRE). Actuellement, son parc photovoltaĂŻque atteint 209 MW. Surtout, EDF EN, qui a construit 10 % des installations solaires en activitĂ© dans l’Hexagone, se relance complètement sur ce segment. «Au dĂ©but des annĂ©es 2010, nous avions dĂ©cidĂ© de rĂ©duire la voilure et revendu ainsi une partie de notre portefeuille ; aujourd’hui, nous recrĂ©ons une dynamique, commente Nicolas Couderc, directeur France et Ă©nergies rĂ©parties. L’objectif est de redevenir un acteur majeur du solaire dans le sillage d’une technologie qui progresse Ă  grands pas.»

Cap 2030

Toutes ces initiatives s’inscrivent dans le plan stratĂ©gique Cap 2030, prĂ©sentĂ© Ă  l’automne 2015 et qui prĂ©voit de doubler la capacitĂ© renouvelable d’EDF – de 28 Ă  50 gigawatts (GW). «Pour ce faire, nous allons mettre en service de 5 Ă  6 GW en France au cours des quinze prochaines annĂ©es, soit un rythme annuel de 150 Ă  200 MW, prĂ©cise Nicolas Couderc. C’est l’occasion de rappeler que le territoire national est le premier pays en termes d’activitĂ©s et d’emplois pour EDF EN, avec une part de près de 15 %.» L’enveloppe globale des projets se partagera de manière Ă©quitable entre les Ă©nergies marines – avec l’Ă©olien en mer comme tĂŞte de pont – et les Ă©nergies terrestres (Ă©olien et solaire). Nicolas Couderc se fĂ©licite des avancĂ©es administratives concernant le dĂ©veloppement du renouvelable en France, «dans le sens d’une simplification des procĂ©dures et d’un dialogue plus constructif entre les diffĂ©rents acteurs».

Enfin, la montĂ©e en puissance d’EDF EN se vĂ©rifie Ă©galement dans le succès de ses offres en autoconsommation. Celles-ci permettent aux clients – entreprises comme particuliers – de consommer eux-mĂŞmes l’Ă©nergie produite par les panneaux solaires installĂ©s sur leur toit par EDF EN. L’activitĂ© est en plein essor.

Moins de renouvelable pour RWE

RWE rĂ©flĂ©chit Ă  cĂ©der une partie d’Innogy, sa filiale dans les Ă©nergies renouvelables. Mardi, l’Ă©lectricien allemand a indiquĂ© que cette option stratĂ©gique est dĂ©sormais sur la table, le conseil d’administration l’ayant autorisĂ© Ă  ramener sa part Ă  51 %, contre 76,8 % actuellement. Selon Bloomberg, Engie (ex-GDF Suez) pourrait ĂŞtre intĂ©ressĂ©. InterrogĂ©, le groupe français n’a fait aucun commentaire.

«Les conditions semblent un peu difficiles, souligne un spĂ©cialiste du secteur. Non seulement Innogy coĂ»te cher – avec une capitalisation proche de 20 milliards d’euros – mais l’intĂ©rĂŞt se justifie d’abord et avant tout en devenant actionnaire majoritaire.» Ces rumeurs ont, en tout cas, contribuĂ© Ă  faire bondir le cours de RWE, qui prenait près de 7 % mardi après-midi Ă  la Bourse de Francfort.

Frédéric de Monicault

 

::: SOCIAL

LES ECHOS – 15/03/2017

L’interdiction du voile islamique en entreprise validĂ©e par les juges europĂ©ens

 

Au sein de l’entreprise Webhelp, Ă  Saint-Avold (Moselle).

MalgrĂ© les deux arrĂŞts rendus mardi, les juges europĂ©ens n’ont pas tranchĂ© la question de la validitĂ© de l’interdiction des signes religieux pour  éviter les tensions internes entre salariĂ©s.

La Cour de justice de l’Union europĂ©enne a validĂ© mardi la disposition de la loi travail, qui autorise en France les entreprises Ă  prohiber les signes religieux dans leur règlement intĂ©rieur.
Mais cette interdiction doit être justifiée par un objectif légitime, comme la neutralité vis-à-vis des clients.

Ce sont deux arrĂŞts très attendus qu’a rendus mardi la Cour de justice de l’Union europĂ©enne (CJUE). Ils concernent le port de signes religieux au travail. Le sujet a Ă©tĂ© portĂ© sur la place publique en France avec l’affaire Babilou : le licenciement d’une des salariĂ©es de cette crèche privĂ©e ayant dĂ©cidĂ© de porter un foulard islamique. Ce licenciement, qui avait fini par ĂŞtre validĂ© par la justice hexagonale, avait donnĂ© lieu Ă  une rĂ©forme lĂ©gislative Ă©tendant aux structures privĂ©es d’accueil de petite enfance l’obligation de neutralitĂ© appliquĂ© aux services publics. Mais quid des entreprises privĂ©es ?

C’est sur ce sujet que se sont penchĂ©s les juges europĂ©ens, et leur dĂ©cision a une portĂ©e majeure. Saisis par la justice belge du licenciement d’une rĂ©ceptionniste qui refusait d’enlever son voile, ils ont en effet ouvert une porte aux entreprises sur le sujet en s’appuyant sur la libertĂ© d’entreprendre. L’arrĂŞt reconnaĂ®t Ă  l’entreprise qui veut «  afficher une image de neutralitĂ© vis-Ă -vis de ses clients » de pouvoir Ă©dicter une règle interne d’interdiction des signes religieux, mais aussi politiques et philosophiques.

Les juges europĂ©ens jugent en effet l’objectif « lĂ©gitime » et les moyens de le rĂ©aliser « proportionnĂ©s ». Ils considèrent donc que, dans ce cas, il est possible d’instaurer une diffĂ©rence de traitement « indirectement fondĂ©e sur la religion ou sur les convictions ».

Cette dĂ©cision valide de fait une disposition introduite par la loi El Khomri dans le Code du travail qui autorise les entreprises Ă  «  insĂ©rer dans le règlement intĂ©rieur une clause relative au principe de neutralitĂ© et imposer aux salariĂ©s une restriction de la manifestation de leurs convictions, notamment politiques et religieuses, Ă  condition qu’elle soit justifiĂ©e par l’exercice d’autres libertĂ©s et droits fondamentaux ou par les nĂ©cessitĂ©s du bon fonctionnement de l’entreprise et qu’elle soit proportionnĂ©e au but recherchĂ©. »

Mais l’entreprise ne peut pas tout s’autoriser, avertissent les juges europĂ©ens sur la seconde affaire – française – sur laquelle ils se sont prononcĂ©s. En l’espèce, aucune règle gĂ©nĂ©rale n’avait Ă©tĂ© Ă©dictĂ©e. L’entreprise avait licenciĂ© une de ses salariĂ©es refusant d’enlever son foulard Ă  la suite d’une plainte d’un client auquel elle avait Ă©tĂ© assignĂ©e par son employeur. La dĂ©cision des juges europĂ©ens est sĂ©vère : les « considĂ©rations subjectives » du client ne sauraient constituer une « exigence professionnelle essentielle et dĂ©terminante », avertissent-ils, pointant une discrimination.

Des points à préciser

Attention, a donc tweetĂ© l’Observatoire de la laĂŻcitĂ©, « la Cour de justice europĂ©enne ne dit pas que l’interdiction du voile est toujours possible ». Elle ne s’est en effet pas prononcĂ©e dans l’absolu sur la question des signes religieux. Elle ne tranche en particulier pas une question majeure : celle de la validitĂ© de l’interdiction des signes religieux pour  éviter les tensions internes entre salariĂ©s. Une entreprise qui se lancerait dans une telle aventure prendrait un gros risque juridique. Les arrĂŞts de la Cour europĂ©enne ne ferment en tout cas pas un dossier particulièrement sensible. Et qui devrait donner lieu encore Ă  une abondante jurisprudence, tant il reste de points Ă  prĂ©ciser.

LeĂŻla de Comarmond

 

 

LE FIGARO – 15/03/2017

Discrimination Ă  l’emploi : Accor et Courtepaille Ă©pinglĂ©s

Mardi, Ă  l’issue d’une confĂ©rence sur les discriminations dans l’accès Ă  l’emploi liĂ©es Ă  l’origine, Myriam El Khom­ri a pointĂ© du doigt le groupe hĂ´telier Accor et la chaĂ®ne de restaurants Courtepaille.

C’est une petite bombe qu’a lâchĂ©e mardi soir Myriam El Khomri, Ă  l’issue d’une confĂ©rence sur les discriminations dans l’accès Ă  l’emploi liĂ©es Ă  l’origine. Selon la technique anglo-saxonne du «Name and Shame», la ministre du Travail a pointĂ© du doigt deux entreprises mauvaises Ă©lèves en termes de discrimination Ă  l’embauche, Ă  savoir le groupe hĂ´telier Accor et la chaĂ®ne de restaurants Courtepaille.

«La situation de ces deux entreprises est particulièrement prĂ©occupante. D’une part, parce que le testing a clairement conclu Ă  un risque Ă©levĂ© de discriminations. D’autre part, parce qu’elles ne sont pas parvenues, malgrĂ© de multiples relances, Ă  produire un plan d’action satisfaisant pour remĂ©dier Ă  leur situation», a commentĂ© la ministre, qui s’apprĂŞte Ă  porter les deux cas devant le DĂ©fenseur des droits.

La diffusion de ces noms vient de loin. Elle est issue de la campagne de testing, envoi de faux CV, menée par le ministère entre avril et septembre 2016, auprès de quarante entreprises de plus de 1.000 salariés mais aussi de recruteurs dans la fonction publique. Le but de ces testings était de mesurer si, à compétences égales, un changement de patronyme induisait des réponses différentes des employeurs. Sur les quarante entreprises testées, douze ont révélé des écarts de traitement entre candidatures très significatifs, toujours au détriment des candidatures maghrébines.

Les entreprises ont Ă©tĂ© reçues par le ministère et priĂ©es de prĂ©senter des plans d’actions correctrices destinĂ©s Ă  amĂ©liorer leurs pratiques de recrutement. Le ministère avait mandatĂ© un cabinet d’audit, Vigeo Eiris, pour analyser les plans d’actions des entreprises recalĂ©es. Seuls Accor et Courtepaille n’ont donc pas rĂ©ussi Ă  dĂ©montrer l’efficacitĂ© de leurs procĂ©dures pour assurer l’Ă©galitĂ© de traitement dans toutes les Ă©tapes du processus de recrutement.

Des testings annuels

«On a Ă©tĂ© dans une dĂ©marche de dialogue et d’accompagnement. Les entreprises ont reçu de multiples relances», a commentĂ© l’entourage de la ministre du Travail, Ă©tonnĂ© du peu de rĂ©pondant des deux groupes. Du cĂ´tĂ© de Courtepaille, on se dĂ©clare aussi «surpris d’ĂŞtre citĂ© par le ministère, ce que nous avons appris le matin mĂŞme de l’annonce. Le testing s’Ă©tait pourtant bien passĂ©. Des risques avaient Ă©tĂ© identifiĂ©s sur les restaurants mais deux plans d’actions ont Ă©tĂ© envoyĂ©s en dĂ©but d’annĂ©e, sans aucun retour du ministère», a prĂ©cisĂ© une reprĂ©sentante de l’entreprise. Accor n’a pas souhaitĂ© mardi soir rĂ©agir Ă  la dĂ©cision.

La ministre souhaite que cette opĂ©ration de testing soit renouvelĂ©e chaque annĂ©e. Un prochain exercice est prĂ©vu en septembre. Les discriminations Ă  l’embauche, bien que lourdement condamnĂ©es par la loi, restent prĂ©gnantes en France. Dans une Ă©tude de fin 2014, l’Institut Montaigne a dĂ©montrĂ© qu’Ă  diplĂ´mes Ă©gaux un candidat prĂ©sumĂ© catholique ou juif a besoin d’envoyer trois Ă  quatre fois moins de CV qu’un candidat prĂ©sumĂ© musulman pour recevoir une proposition d’entretien.

Anne de Guigné

 

 

LES ECHOS – 15/03/2017

Signes religieux au travail, un phénomène en hausse

La publication en janvier d’un guide gouvernemental est une des indications de la montée de la question du fait religieux en entreprise.

« Un ou plusieurs salariĂ©s de la mĂŞme religion demandent Ă  organiser une fĂŞte religieuse au sein de l’entreprise. Dois-je/Puis-je refuser ? » « En raison de ses convictions religieuses, un(e) salariĂ©(e) refuse d’exĂ©cuter certaines tâches de son travail ou de travailler Ă  certains moments. Puis-je le/la sanctionner ? » Au dĂ©but de cette annĂ©e, le ministère du Travail a publiĂ© un « Guide du fait religieux en entreprise » qui se veut avant tout très pratique. Après les arrĂŞtĂ©s, mardi, de la Cour de justice europĂ©enne, il va devoir l’enrichir sur la question de la neutralitĂ© vis-Ă -vis des clients.

Ce guide est nĂ© « d’une demande croissante » des organisations syndicales, patronales et des DRH, qui avaient « l’impression qu’ils ne disposaient pas des outils leur permettant de rĂ©pondre Ă  des cas concrets », a-t-on expliquĂ© au ministère du Travail lors de sa prĂ©sentation. Longtemps concentrĂ©e dans la sphère publique, avec les polĂ©miques sur le voile Ă  l’Ă©cole et dans les services publics, la question des signes religieux s’est dĂ©placĂ©e dans la sphère Ă©conomique.

La comparaison des Ă©ditions 2015 et 2016 du sondage rĂ©alisĂ© pour l’institut Randstad et l’Observatoire du fait religieux en entreprise (Ofre) montre que le sujet progresse : 50 % des salariĂ©s interrogĂ©s avaient notĂ© plusieurs manifestations du fait religieux en 2015, ils Ă©taient deux tiers en 2016. « Seuls 9 % des cas relèvent d’un comportement transgressif », insistait Ă  l’automne 2016 Lionel HonorĂ©, professeur des universitĂ©s et directeur de l’Ofre, commentant le sondage qui ne donnait pas d’indication, en revanche, sur la progression Ă©ventuelle de l’islamophobie dans l’entreprise.

« Permis de discriminer » ?

Signe que le sujet prĂ©occupe les employeurs, l’Institut Montaigne a organisĂ© il y a quelques mois un colloque sur la question du fait religieux en entreprise. Mais du cĂ´tĂ© patronal, on relativise le problème. « Dans la très grande majoritĂ© des entreprises, ces cas se règlent Ă  l’intĂ©rieur de l’entreprise. C’est un problème de management et de règlement intĂ©rieur. Il faut le rĂ©gler au cas par cas », a affirmĂ© mardi le prĂ©sident du Medef, Pierre Gattaz.

Mais, alertent les avocats de salariĂ©s, en autorisant les entreprises Ă  intĂ©grer le principe de neutralitĂ© religieuse dans leur règlement intĂ©rieur, la loi El Khomri, confortĂ©e par la Cour de justice de l’UE, pourrait changer la donne. C’est aussi ce que craint le Collectif contre l’islamophobie en France, qui estime qu’elle pourrait « donner un permis de discriminer aux entreprises les moins bienveillantes ». Ce qui est en tout cas probable, c’est que l’on assiste Ă  une multiplication du contentieux sur le fait religieux en entreprise.

LeĂŻla de Comarmond

 

::: POLITIQUE

LE FIGARO – 15/03/2017

Présidentielle: les CCI auditent les projets des candidats

Les reprĂ©sentants de Macron, Fillon, Le Pen et Hamon ont dĂ©fendu leur vision de l’entrepreneuriat.

Les candidats et leurs proches commencent Ă  ĂŞtre rompus Ă  l’exercice: se montrer le plus convaincant devant un parterre choisi. Ce mardi, les reprĂ©sentants d’Emmanuel Macron, François Fillon, Marine Le Pen et BenoĂ®t Hamon sont venus dĂ©fendre leur vision de l’apprentissage et de l’entrepreneuriat devant des chefs d’entreprise des Chambres de commerce et d’industrie (CCI).

C’est Anne-Marie Idrac, l’ancienne patronne de la SNCF et ministre du Commerce extĂ©rieur de Jacques Chirac, ayant rejoint En marche! en janvier, qui a ouvert le bal, en lançant que «notre candidat est celui du travail» et celui de la «sim-pli-fi-ca-tion». Ce dernier mot a fait office de fil rouge dans son discours. La transformation du CICE en baisse de cotisations pĂ©rennes, la simplification des instances reprĂ©sentatives du personnel, la suppression du rĂ©gime social des indĂ©pendants (RSI), le remplacement de l’ISF par un impĂ´t sur la fortune immobilière, le renforcement «primordial» de l’apprentissage… Ces propositions du candidat Macron permettront de «retrouver l’esprit de conquĂŞte, votre esprit», a-t-elle lancĂ© avant de conclure, sans provoquer d’enthousiasme dans la salle, que «vous et nous avons les mĂŞmes sujets de prĂ©occupations!».

C’est un autre ex-ministre, de Nicolas Sarkozy, qui lui a succĂ©dĂ©: HervĂ© Novelli, pour François Fillon. «Les entreprises françaises souffrent des handicaps qui les empĂŞchent d’ĂŞtre Ă  armes Ă©gales dans la compĂ©tition internationale. Et c’est souvent la faute des pouvoirs publics», a-t-il dit en prĂ©ambule d’une prĂ©sentation teintĂ©e d’humour. Pour favoriser leur environnement, le candidat LR propose notamment une baisse massive de 25 milliards d’euros de prĂ©lèvements pour les entreprises, Ă  laquelle s’ajoute la transformation du CICE en baisse de charges.

Tout pour l’apprentissage

Le dispositif ISF-PME – qui encourage l’investissement dans l’Ă©conomie – trouvera son Ă©quivalent via une dĂ©duction sur l’impĂ´t sur le revenu après la suppression de l’ISF. Fillon veut, en outre, faire de l’apprentissage «une voie noble» d’accès Ă  l’emploi des jeunes, en consacrant davantage de moyens par redĂ©ploiement des fonds des contrats d’avenir et de gĂ©nĂ©ration (1,2 milliard par an).

Place ensuite Ă  Nicolas Bay, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du FN. La salle s’agite un peu, permettant Ă  quelques patrons de s’Ă©clipser. «Les rĂ©formes que prĂ©conise Marine Le Pen sont radicalement diffĂ©rentes de celles que voudrait M. Gattaz!, lance-t-il en introduction, pour camper l’ambiance. Chez nous, la prioritĂ© va aux TPE et aux PME, contrairement Ă  ce que proposent nos concurrents.» Et de revenir sur les principales propositions: protectionnisme, retour Ă  une monnaie nationale, mais aussi allĂ©gement de la complexitĂ© pour les entreprises, abaissement des charges sociales, refonte du RSI, recentrage du crĂ©dit impĂ´t recherche vers les PME, dispositif premier emploi, dĂ©veloppement de l’alternance, etc. La salle est un peu perdue par la vitesse du dĂ©bit du n° 3 du FN mais se montre sensible au fait qu’il ait abordĂ©, point par point, les 9 propositions faites aux candidats par les CCI Ă  l’occasion de ce dĂ©bat…

Non prĂ©vu quelques heures avant de monter sur l’estrade, le reprĂ©sentant de BenoĂ®t Hamon, Jean-Patrick Gille, a cherchĂ© Ă  jouer l’empathie. «Je suis une sorte de bonus, après deux heures et demie que vous vous tapez la droite!», dĂ©bute le dĂ©putĂ© PS. Rires… Avant de dĂ©buter son intervention par le revenu universel «qui permet Ă  chacun, surtout les entrepreneurs qui prennent des risques, de bĂ©nĂ©ficier d’une protection». Puis de rĂ©veiller son auditoire en mettant «quiconque au dĂ©fi d’expliquer dans les trente secondes comment fonctionne la taxe d’apprentissage!». Et enfin de conclure avec humour, après une question sur la baisse des crĂ©dits aux CCI votĂ©e par la majoritĂ©: «On aurait dĂ» s’arrĂŞter avant les questions…»

Marie Visot

 

 

LE MONDE – 15/03/2017

Présidentielle : Valls lâche Hamon sans pour autant rallier Macron

L’ex-premier ministre ne parrainera pas le candidat PS, mais n’a pas annoncé son soutien au leader d’En marche ! Il veut se préparer à participer à une future majorité présidentielle.

Les mots ont fusé, tranchants. A quarante jours du premier tour de l’élection présidentielle, Manuel Valls réunissait, mardi 14 mars au soir, ses soutiens dans la salle Colbert de l’Assemblée nationale, pleine à craquer, afin de préciser sa position. Alors qu’il s’était engagé à soutenir le vainqueur de la primaire à gauche, en janvier, l’ancien premier ministre a confirmé devant ses amis – dont une petite centaine de parlementaires – qu’il ne donnerait pas son parrainage à Benoît Hamon. Il a jugé que le candidat du Parti socialiste, pourtant largement vainqueur le 29 janvier (avec plus de 58 % des voix), était lancé dans une inquiétante « dérive » empreinte d’« une forme de sectarisme ».

Mais Manuel Valls n’a pas annoncé pour autant son soutien à Emmanuel Macron. « Je ne parrainerai personne et je n’ai aucune leçon de responsabilité ou de loyauté à recevoir », a-t-il insisté, alors que certains de ses proches, dont le sénateur du Val-de-Marne Luc Carvounas, l’appelaient à « mouiller la chemise » pour le candidat du PS, tout en respectant les « règles » de la primaire. « Je ne quitte pas le PS mais donner mon parrainage à Hamon serait incompréhensible pour les Français », a résumé M. Valls, en brandissant sa « sincérité ».

L’ancien chef du gouvernement, qui a noté que la campagne de l’ex-frondeur ne décollait pas, reste en désaccord profond avec M. Hamon sur la dette, la sortie du nucléaire ou l’Europe. Il désapprouve aussi ses orientations stratégiques. « Hamon veut créer un Podemos, “corbyniser” le parti, mais avec cette ligne-là, il n’y a pas de futur », a expliqué M. Valls, qui a mis en garde contre une rupture avec la gauche de gouvernement.

PS au bord de l’abîme

L’ancien premier ministre, qui a acté une cassure entre ces deux gauches qu’il jugeait jadis « irréconciliables », semble avoir renoncé à peser sur le PS en tant que tel. Un parti que lui et ses amis réformistes voient comme étant au bord de l’abîme, « condamné à un long crépuscule, comme le PCF avant lui », explique le député de la Gironde Gilles Savary.

Désireux d’occuper une place centrale dans la recomposition politique à l’œuvre, M. Valls mise désormais sur le Parlement qui sera un lieu hautement stratégique après les législatives de juin, alors qu’aucun candidat n’est assuré à ce stade d’obtenir une majorité lui permettant de gouverner sans soutiens.

S’il a laissé à chacun la liberté de choisir entre M. Hamon ou M. Macron, le député de l’Essonne a toutefois appelé ses amis à rester groupés dans une « maison des progressistes » dont lui-même serait le gardien et qui aurait vocation, notamment si Emmanuel Macron était élu le 7 mai, à participer à la future majorité, au coup par coup ou sur la base d’un accord.

« Valls propose une issue au peuple des socialistes égarés. Il veut prendre la tête du courant de la gauche réformiste pour créer ensuite un rapport de force avec le futur président », analyse l’un de ses soutiens. « Il faudra tenir le pays, a résumé M. Valls. Si la gauche est incapable d’être responsable, elle sortira de l’Histoire. »

Alors même que M. Macron refuse désormais les ralliements groupés et ne semble guère désireux de voir arriver dans son mouvement les hollandais ou les vallsistes, l’ancien premier ministre n’a pas annoncé le moindre ralliement à En marche ! Il ne devrait pas le faire explicitement avant le premier tour, sauf si la menace d’un second tour Le Pen-Fillon prenait de l’ampleur. « Il n’y a aucun intérêt à aller vers quelque maison d’hôte que ce soit à l’heure actuelle », a confirmé le patron des sénateurs PS et ex-directeur de la campagne de M. Valls à la primaire, Didier Guillaume, alors que M. Macron a assuré qu’il n’avait « pas fondé une maison d’hôte ».

Ses proches divisés

  1. Valls et ses amis se réuniront une nouvelle fois juste avant le premier tour pour affiner leur position. Mais l’ancien premier ministre a d’ores et déjà critiqué le « raidissement » de Benoît Hamon qui a multiplié les attaques à l’encontre de M. Macron, accusé d’être un « marchepied » vers le FN. « Ça rendra les coalitions difficiles après, regrette Gilles Savary. Or, si l’on doit participer à une future majorité, il faut qu’on y soit prêts. Nous ne voulons pas d’une politique du pire ! »

Le même soir, sur le plateau de TF1, Benoît Hamon qui rentrait tout juste d’un déplacement de campagne aux Antilles a contre-attaqué, jugeant que les électeurs de la primaire « se [sentaient] trahis » par la défection de Valls et appelant « les Français de gauche à submerger ces petits calculs ». « En démocratie, le respect de la parole donnée, c’est important (…) Le respect de l’issue du scrutin, c’est important », a-t-il martelé. Avant lui, le président du groupe PS à l’Assemblée, Olivier Faure, avait appelé lui aussi M. Valls à « respecter sa parole donnée » lors de la primaire.

« Les Français qui ont voté à la primaire sont abasourdis de voir que des candidats s’interrogent à respecter leurs engagements », insiste de son côté le député de la Nièvre Christian Paul, proche d’Arnaud Montebourg mais rallié à Benoît Hamon.

Ce sujet divise les proches de M. Valls depuis plusieurs semaines. A l’issue de cette réunion à huis clos, mardi soir, le sénateur Luc Carvounas, soutien de M. Hamon, et le ministre Jean-Marie Le Guen, tenté de rallier M. Macron, se sont vertement invectivés, sous le regard consterné du ministre Jean-Vincent Placé, qui a tenté de calmer le jeu. Dans Le Monde, en début de semaine, le sénateur avait laissé entendre que les ralliés au leader d’En marche ! n’étaient pas « au rendez-vous de l’Histoire ».

Solenn de Royer et Cédric Pietralunga

 

 

L’OPINION – 15/03/2017

François Fillon: la nouvelle épreuve

Candidat à l’Elysée désormais mis en examen, François Fillon n’a pas répondu aux questions des juges. Il poursuit sa campagne. Finis les doutes. L’Opinion raconte l’histoire secrète de ce jour où il a pensé renoncer

Le candidat de la droite a été mis en examen pour détournement de fonds publics et complicité d’abus de biens sociaux dans l’affaire des emplois de sa famille. François Fillon a été entendu avec 24 heures d’avance par les juges. Il a refusé de répondre à leurs questions et lu devant eux une déclaration. Si Marine Le Pen est elle aussi mise en examen, le parquet financier a ouvert une enquête préliminaire pour favoritisme concernant les conditions d’organisation du déplacement ministériel d’Emmanuel Macron en 2016 à Las Vegas.

François Fillon est désormais un candidat à l’Elysée mis en examen. Avec 24 heures d’avance sur la date initialement fixée, l’ex-Premier ministre a répondu à la convocation des juges d’instruction Serge Tournaire, Aude Buresi et Stéphanie Tachaud. Il a refusé de répondre à leurs questions et a lu devant eux une lettre, où il a réaffirmé que l’emploi de son épouse en tant qu’assistante parlementaire et conseillère éditoriale à La Revue des Deux Mondes n’était en rien fictif.

« En définitive, depuis l’origine, la charge de la preuve a été renversée, me mettant dans l’obligation, contrairement à la règle, de démontrer mon innocence, c’est-à-dire l’effectivité du travail de mon épouse, quelles qu’en aient été les formes », a-t-il notamment déclaré dans cette note dévoilée par Le Figaro. Pour justifier son choix de ne pas répondre à leurs questions, il a également indiqué que « le calendrier de cette procédure, en plein cœur de la campagne présidentielle, lui imposait le choix de cette déclaration. »

Course-poursuite. Anticiper, banaliser : ce sont les deux maĂ®tres mots qui ont guidĂ© la stratĂ©gie filloniste dans cette nouvelle Ă©preuve. En rĂ©pondant en avance Ă  la convocation des juges, François Fillon a Ă©vitĂ© la course-poursuite avec les camĂ©ras et pris de court les chaĂ®nes d’info continue. Sa convocation terminĂ©e, il a ensuite sciemment repris le cours de sa campagne, rĂ©pondant Ă  une invitation du congrès annuel des chasseurs, comme les autres candidats, signant – enfin – l’accord lĂ©gislatif avec l’UDI. Mercredi, il tiendra un meeting surprise dans le Vaucluse ; jeudi il sera Ă  Caen. « Il faut faire du bruit politique autour du bruit politico-judiciaire », a prĂ©conisĂ© son porte-parole Luc Chatel, lors d’une rĂ©union prĂ©parant cette sĂ©quence.

Dans l’entourage du candidat, on estime qu’elle aura peu d’impact dans l’opinion ; la mise en examen pour détournement de fonds publics et complicité d’abus de biens sociaux étant depuis longtemps annoncé (François Fillon l’a fait lui-même lundi dans Les Echos). Ces derniers jours, de nouvelles révélations (comme celle sur les costumes offerts) sont venues s’ajouter. La mise en examen de son épouse, voire de deux de ses enfants, est aussi probable. Que cela produira-t-il dans l’opinion ? Jusqu’à présent, l’électorat de droite tient. Mais tout rebond pour François Fillon, largement distancé par Emmanuel Macron, a été impossible.

Ludovic Vigogne

 

::: INTERNATIONAL

LES ECHOS – 15/03/2017

Ce projet de taxe américain qui affole les groupes français

 

Illustrant la foi du groupe CMA CGM dans les échanges transatlantiques, le « Benjamin Franklin », le plus grand porte-conteneurs ayant jamais fait escale aux Etats-Unis, était inauguré en février 2016 à Long Beach en Californie.

Les Etats-Unis envisagent une taxe aux frontières de 20 %, qui serait très pénalisante pour les entreprises qui exportent outre-Atlantique.
L’inquiétude est vive dans le luxe, les vins et spiritueux et l’aéronautique.

Taxer les importations pour relancer la production amĂ©ricaine. La rĂ©forme fiscale en prĂ©paration aux Etats-Unis suscite de grandes inquiĂ©tudes chez les entreprises françaises. Luxe, vins et spiritueux, aĂ©ronautique, pharmacie… De nombreux secteurs industriels pourraient ĂŞtre affectĂ©s par cette « border adjustment tax », si elle est votĂ©e par le Congrès.

Le principe consiste Ă  intĂ©grer les importations dans l’assiette de l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s, ce qui reviendrait Ă  les taxer Ă  20 % et Ă  exonĂ©rer les exportations. Une nouvelle forme de fiscalitĂ© sur les flux sanctionnant les entreprises qui exportent aux Etats-Unis sans produire localement.

Plus qu’une simple taxe

Cette rĂ©forme s’accompagnerait d’un changement des règles d’amortissement pour inciter les sociĂ©tĂ©s Ă  investir aux Etats-Unis. « C’est beaucoup plus sophistiquĂ© qu’une simple taxe sur les importations. Ce serait un changement radical qui obligerait l’Europe Ă  repenser son propre système fiscal », avertit Geoffroy Roux de BĂ©zieux, vice-prĂ©sident dĂ©lĂ©guĂ© du Medef. Ce ­projet protectionniste s’inscrirait dans une vaste rĂ©forme incluant une baisse du taux d’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©s (IS) et le rapatriement des bĂ©nĂ©fices Ă©trangers des sociĂ©tĂ©s amĂ©ricaines.

 « Ce serait une rĂ©forme de grande ampleur, que l’on pourrait comparer Ă  l’invention de la TVA dans les annĂ©es 1950. D’ailleurs, cette taxe aurait un effet proche de celui de la TVA sur les importations en renchĂ©rissant le coĂ»t des produits importĂ©s, sauf qu’elle introduit une discrimination avec les exportations », explique Guillaume Le Camus, associĂ© du cabinet Baker & McKenzie. Si les Etats-Unis envisagent de telles grandes manoeuvres, c’est que leur système fiscal, ajoute-t-il, est perçu comme Ă  bout de souffle. « La fiscalitĂ© amĂ©ricaine repose sur un taux d’IS Ă©levĂ©, d’environ 38 %, et sur une assiette mitĂ©e. En outre, le rĂ©gime d’imposition mondial n’encourage pas la production locale. C’est une des raisons des nombreuses opĂ©rations d' »inversion » provoquant des dĂ©parts de siège Ă  l’Ă©tranger lors de fusions-acquisitions. »

Quelle riposte ?

Face Ă  ce projet, les entreprises craignent que la rĂ©action europĂ©enne ne soit pas Ă  la hauteur. « Nous sommes face Ă  une montĂ©e du protectionnisme en matière fiscale qui n’est, Ă  ce stade, pas apprĂ©hendĂ©e par les candidats Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle en France », s’alarme l’Association française des entreprises privĂ©es (Afep). François Fillon et Emmanuel Macron proposent pourtant une forte baisse du taux d’IS. « Le principe de cette baisse est une très bonne chose, mais ce n’est pas une rĂ©ponse suffisante et adĂ©quate », estime l’association, qui reprĂ©sente quelque 80 grands groupes français. Quant Ă  la taxe de 3 % sur les importations proposĂ©e par Marine Le Pen, « ce serait un suicide total pour la France, rĂ©agit Pierre Gattaz, le patron du Medef. Notre marchĂ© est trop petit pour que l’on puisse survivre en se repliant sur nous-mĂŞmes ».

Dans les grandes entreprises, les rĂ©actions sont diverses. Les secteurs les plus concernĂ©s – luxe, vins et spiritueux – sont entrĂ©s dans une phase de lobbying intense, en s’alliant avec des entreprises amĂ©ricaines, comme Walmart, très remontĂ©es contre cette taxe. Une rĂ©union avec plusieurs groupes français s’est tenue Ă  Bercy ces derniers jours pour rĂ©flĂ©chir Ă  une riposte. La saisine de l’OMC fait dĂ©bat par crainte d’accĂ©lĂ©rer la sortie des Etats-Unis de l’organisation. Le ministre des Finances, Michel Sapin, devrait Ă©voquer le sujet avec ses homologues canadien et mexicain, plus concernĂ©s encore que la France, lors du sommet du G20 qui dĂ©bute vendredi Ă  Baden-Baden.

VIDEO – Ce projet de taxe amĂ©ricain qui affole les groupes français : https://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/0211878243136-ce-projet-de-taxe-americain-qui-affole-les-groupes-francais-2072395.php

Marie Bellan et Ingrid Feuerstein

 

 

L’OPINION – 15/03/2017

Avec les élections aux Pays-Bas, l’Europe confrontée à une nouvelle vague populiste

 

Geert Wilders (à droite) a réussi à imposer un débat sur l’islam au Premier ministre sortant Mark Rutte

L’Union européenne entre dans une zone de turbulences avec les élections générales aux Pays-Bas mercredi, avant-goût de ce qui pourrait se passer dans les mois suivants en France et en Allemagne

Les élections législatives ont lieu ce 15 mars aux Pays-Bas. A la veille du scrutin, le leader de l’extrême-droite néerlandaise était crédité dans un sondage de 16% des voix (24 sièges sur 150), au coude à coude avec le VVD, le parti libéral du premier ministre sortant (18%, 27 élus). Les chrétiens-démocrates conservateurs (CDA) sont donnés troisièmes avec 12,5% des voix.

Confrontée à une forte montée populiste lors des élections européennes, au printemps 2014, l’UE pourrait connaître une nouvelle poussée de fièvre cette année à l’occasion d’une série de scrutins à hauts risques. Les Pays-Bas risquent, en effet, de donner le ton pour la suite des événements, à l’occasion des élections générales qui se déroulent ce mercredi. Suivra la France pour des scrutins présidentiel et législatifs incertains où le Front national est en passe de jouer les premiers rôles. Puis l’Allemagne où Angela Merkel n’est pas assurée de retrouver une majorité au Bundestag cet automne et où l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) va tenter de conforter sa percée.

En trois ans, les causes de la colère ont changé. Elle ne tient plus tant à la situation économique, plus ou moins rétablie dans l’UE, qu’à la forte poussée migratoire et aux attentats terroristes enregistrés dans nombre de pays. Preuve en est, l’économie néerlandaise où tous les clignotants sont au vert. Après une croissance de 2,1 % l’an dernier, les Pays-Bas devraient enregistrer cette année une nouvelle progression de 2,3 % du produit intérieur brut (PIB), selon les spécialistes de Rabobank, le premier établissement financier du pays.

De 6,2 % en 2016, le taux de chômage devrait continuer à décroître à 5,1 %, puis 4,6 % en 2018. Les finances publiques sont assainies avec un excédent budgétaire attendu à 0,5 % du PIB, tandis que la dette devrait être ramenée de 62 % à 60 % du PIB. La confiance des consommateurs et des entreprises est ainsi au plus haut depuis la crise. Ce qui n’empêche pas la coalition au pouvoir, composée du Parti populaire libéral et démocrate (VVD) de Mark Rutte, l’actuel Premier ministre, et des travaillistes du PvdA, de se retrouver en difficulté à la veille du scrutin, face au Parti de la liberté (PVV) de Geert Wilders.

« Malaise grandissant ». La crise diplomatique entre la Turquie et les Pays-Bas, ainsi que les violents incidents à Rotterdam entre manifestants turcs et police néerlandaise après l’annulation d’un meeting organisé par Ankara, ont encore apporté le week-end dernier de l’eau au moulin de celui qui mène campagne contre la menace islamiste. Le leader de l’extrême droite néerlandaise est crédité dans un des derniers sondages de 16 % des voix (24 sièges sur 150) au coude à coude avec le VVD (18 %, 27 élus). Les Chrétiens-démocrates conservateurs (CDA) sont donnés troisième avec 12,5 % des voix.

« En matière d’immigration, la perception est que nous avons accueilli énormément de musulmans ces derniers temps même si les chiffres sont modestes et équivalents à ceux qui ont suivi la guerre du Kosovo (il y a eu 31 000 demandeurs d’asile l’an dernier) », explique un élu du Parti libéral-démocrate (D66). Que sa formation arrive ou non en tête du scrutin, Geert Wilders a d’ores et déjà réussi à imposer les grands thèmes du débat. Au pouvoir depuis plus de six ans, Mark Rutte a été amené à reconnaître le « malaise grandissant » de ses concitoyens à l’égard des étrangers. Et à durcir le ton avec la Turquie.

Schizophrénie. Le leader charismatique du PVV a aussi réussi à donner corps à l’idée d’une sortie de l’Union européenne des Pays-Bas, pourtant signataires du traité de Rome. Qu’importe que 70 % des Néerlandais soient opposés à un « Nexit » et que le système rende quasi-impossible un accord entre la Chambre des députés et le Sénat pour la tenue d’un tel scrutin ! Seuls le Parti socialiste (PS) et celui des plus de 50 ans (50PLUS) se montrent favorables à la tenue d’un référendum, et encore dans le seul but de limiter les pouvoirs de la Commission. Geert Wilders peut se targuer aussi d’avoir poussé Mark Rutte à une attitude schizophrénique qui le fait s’afficher libéral à Bruxelles et critique une fois de retour au pays !

Le paysage politique néerlandais est plus morcelé que jamais. Avec un scrutin à la proportionnelle sur une base nationale, il y avait 17 partis représentés au Parlement depuis 2012. Aujourd’hui, après une sélection parmi les 81 formations enregistrées sur la ligne de départ, 28 sont en lice, allant du Parti des défenseurs des animaux à celui de l’être humain et de l’esprit, en passant par des mouvements issus des communautés marocaine (380 000 personnes) et turque (400 000). Pas de quoi faciliter la formation d’un gouvernement !

S’il n’avait eu besoin « que » de cinquante-quatre jours en 2012 pour trouver une majorité en ralliant le Parti travailliste (PvdA) à son VVD, il en avait fallu 125 à Mark Rutte pour réunir une coalition deux ans auparavant, grâce au soutien passif de Wilders. Au lendemain du 15 mars, cela risque de prendre beaucoup plus de temps à celui qui sera chargé par la reine des Pays-Bas de trouver un accord avec quatre voire cinq partis. Pas du meilleur effet alors que l’Union européenne doit répondre à de nombreux défis internes (Grèce, migrants, terrorisme) et externes (Trump, Poutine). Sans parler des interrogations sur son avenir.

Gilles Sengès

 

 

 

Vous souhaitant une bonne journée.

 

Cordialement,

 

 

Elena NATALITCH

Service Presse, Communication / Formation

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Hand-Ball : Le MEHB Ă  une mi-temps de l’exploit

2017-03-15T17:45:32+01:00Mots-clés : , , , |

Massy craque en fin de match

Le MEHB reçoit dans un COS chauffĂ© Ă  blanc, le leader de Proligue Tremblay. L’armada jaune et bleu fait figure de grand favori pour une montĂ©e en Lidl Starligue.

C’est pourtant les Lions qui dominent les dĂ©bats en dĂ©but rencontre avec un Jesper Meinby Pedersen dĂ©cisif sur des tirs longue distance (4 buts).

Tremblay tente de se reprendre mais tombe sur une défense massicoise solidaire. Vladimir Perisic sort le grand jeu derrière (12 parades 38%) et permet aux Lions de mener 15-9 à la pause.

 

En seconde pĂ©riode le MEHB peut creuser l’Ă©cart mais tombe sur un Patrice Annonay des grands soirs (15 arrĂŞts 41%). L’ancien gardien du PSG, permet aux Tremblaysiens de reprendre confiance. Un autre ancien parisien, Samuel Honrubia, se montre rĂ©aliste (7 buts 88%), Tremblay recolle 17-17 Ă  la 42e minute.

Le dernier quart d’heure est compliquĂ© pour les Massicois qui ne trouvent plus de solutions offensives. David Christmann utilise la fraicheur de ses remplaçants pour creuser l’Ă©cart en fin de match. Le MEHB s’incline finalement 23-28.

Le MEHB  reste 4e de Proligue et va se dĂ©placer lors de deux prochaines journĂ©es. Tout d’abord Ă  Cherbourg puis Dijon avant de recevoir le 1er Avril Limoges.

 

Nous vous donnons rendez-vous le :

Samedi 1 Avril

Ă  20h30 au COS

Massy Essonne Handball vs Limoges

 

Vendredi 7 Avril 2017 : MASSY en 2025

2017-04-09T15:24:23+02:00Mots-clés : , , , , , , |

Vendredi 7 Avril 2017 : MASSY en 2025

L’AME reçoit l’association des chefs d’entreprise du Nord – Essonne : ACE-CEE

8h30 – 10h00

AERO91 (garage OPEL, JEEP, KIA, Eléphant Bleu)

13 avenue du Maréchal Juin
91300 Massy
01 69 75 18 31

Programme

  • Massy en 2025 : la fin des grands projets Place du Grand Ouest  et des Franciades puis, perspectives pour 2025 : transports, nouveaux quartiers, place dans le territoire , dans l’économie, Place des entreprises et des zones industrielles dans le contexte global et dans la politique de la ville.

Par M. Bernard LAFFARGUE, Maire adjoint à l’urbanisme, aux transports, chargé du quartier Atlantis, Président de Paris Sud Aménagement

Et M. Willem PAUWELS, Directeur Général de Paris Sud Aménagement

  • Point d’avancement des travaux de coopĂ©ration avec la Pologne par Olivier VACCA
  • MEDEF Sport Essonne
  • Brèves de PĂ´le Emploi
...

Pôle emploi : nouveau service simplifié : « je recrute »

2017-03-15T14:39:26+01:00

« Je Recrute », l’application pour les entreprises

« Je Recrute » est une application gratuite proposée par Pôle emploi pour accompagner les entreprises dans leur recrutement. L’application est téléchargeable gratuitement et permet de parcourir les CV de plus de 5 millions de candidats !

SIMPLICITÉ ET MOBILITÉ : UNE APPLICATION PENSÉE POUR LES RECRUTEURS

L’interface et les services proposés au sein de l’application « Je Recrute » ont été conçus afin de correspondre au mieux aux besoins et aux processus de recrutement des employeurs français.

L’application permet ainsi en quelques clics de :

  • trouver des profils correspondant Ă  un besoin de recrutement,
  • visualiser le CV et le parcours des candidats (expĂ©riences, formations),
  • sĂ©lectionner des candidats et les ajouter Ă  vos favoris,
  • gĂ©rer les candidatures (CV retenu / non retenu, candidat contactĂ©),
  • envoyer une proposition aux candidats,
  • sauvegarder vos recherches.

Complémentaire de l’espace entreprises de pole-emploi.fr, l’application « Je Recrute » est totalement synchronisée avec l’espace entreprises : vous pouvez passer de votre ordinateur à votre smartphone ou tablette sans aucune déperdition d’informations. Pratique pour échanger sur vos profils favoris lors de votre prochaine réunion d’équipe ou pour continuer vos recherches pendant votre déplacement chez un client.

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLICATION SUR SMARTPHONE OU TABLETTE

Bouton Google Play

Bouton App Store

LA SÉCURITÉ AVANT TOUT

Afin de garantir un haut niveau de sécurité et de confidentialité des données personnelles (processus de recrutement en cours, contact des candidats), l’application demande aux recruteurs de se connecter pour bénéficier de l’ensemble des fonctionnalités . À noter que les identifiants sont les mêmes que l’espace de recrutement sur pole-emploi.fr.

15/03/2017 : apprentissage développeur informatique : Marvin SALMAS

2017-03-21T09:17:45+01:00Mots-clés : |

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